1. Résumé
L’Échelle d’attachement adulte révisée (Adult Attachment Scale – Revised, AAS-R), développée par la psychologue sociale Nancy L. Collins en 1996 sur la base des travaux séminaux de Collins et Read (1990), constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus rigoureux et les plus influents pour mesurer les modèles internes opérants de l’attachement chez l’adulte. Conçue initialement pour pallier les limites des classifications typologiques discrètes issues des paradigmes de Hazan et Shaver (1987), cette échelle opérationnalise l’attachement sous la forme d’un continuum dimensionnel continu. L’instrument est composé de 18 items cotés sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout caractéristique de moi ») à 5 (« Très caractéristique de moi »).
L’AAS-R propose une double modalité d’évaluation : une version axée spécifiquement sur les relations amoureuses (Romantic relationships) et une version élargie aux relations interpersonnelles proches en général (Close Relationships Version). L’analyse structurale permet deux modes de cotation complémentaires. Le modèle primaire à trois facteurs comprend les sous-échelles Proximité (Close, 6 items), mesurant le degré de confort face à la proximité émotionnelle et à l’intimité ; Dépendance (Depend, 6 items), évaluant la capacité à faire confiance et à s’appuyer sur autrui en cas de besoin ; et Anxiété (Anxiety, 6 items), quantifiant la peur du rejet, de l’abandon et de l’insuffisance d’amour de la part du partenaire. Le modèle dimensionnel alternatif regroupe les dimensions Close et Depend pour former un macro-facteur bipolaire d’Évitement (Avoidance, 12 items), articulé autour des axes orthogonaux majeurs de l’anxiété et de l’évitement de l’attachement formalisés par Brennan, Clark et Shaver (1998).
Les études de validation psychométrique démontrent une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach variant généralement entre 0,72 et 0,85 selon les sous-échelles, une excellente stabilité temporelle test-retest sur plusieurs mois, ainsi qu’une validité convergente et prédictive robuste vis-à-vis de la satisfaction conjugale, de la communication au sein du couple, des mécanismes de régulation émotionnelle et des processus d’attribution cognitive lors de situations conflictuelles.
2. Mots-clés
Attachement adulte, Adult Attachment Scale, Nancy Collins, modèles internes opérants, relations amoureuses, intimité émotionnelle, anxiété d’abandon, évitement de l’intimité, psychométrie, régulation affective, soutien social, psychologie des relations de couple, dépendance interpersonnelle, échelle de Likert, évaluation dimensionnelle.
3. Auteurs
L’Échelle d’attachement adulte révisée (AAS-R) a été conçue et révisée par :
- Dr. Nancy L. Collins : Professeure émérite de psychologie au Département des sciences psychologiques et cérébrales (Department of Psychological & Brain Sciences) de l’Université de Californie à Santa Barbara (UCSB), États-Unis. Spécialiste de renommée mondiale en psychologie sociale et affective, ses recherches pionnières portent sur les processus d’attachement chez l’adulte, le don et la réception de soutien social au sein des couples, ainsi que les liens entre cognition sociale et santé physique. Courriel institutionnel : [email protected].
- Dr. Stephen J. Read (co-auteur de la version originale de 1990) : Professeur de psychologie à l’Université de Californie du Sud (USC), États-Unis. Ses travaux portent sur la modélisation des réseaux neuronaux, la personnalité et les représentations cognitives des relations interpersonnelles.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle d’attachement adulte révisée est de quantifier avec précision les représentations cognitives et affectives que les individus entretiennent à l’égard d’eux-mêmes et de leurs partenaires dans le contexte de relations intimes. Historiquement, l’attachement chez l’adulte était évalué à l’aide de descriptions narratives globales et catégorielles issues des travaux de Cindy Hazan et Phillip Shaver (1987), lesquelles assignaient les individus de manière rigide à l’un des trois profils typologiques inspirés de Mary Ainsworth : sécurisant, insécurisant-évitant, ou insécurisant-anxieux/ambivalent. Cette approche catégorielle présentait d’importantes limites statistiques et conceptuelles, masquant les variations subtiles de degré intra-individuelles et empêchant l’évaluation de profils mixtes.
Nancy L. Collins et Stephen J. Read ont décomposé ces paragraphes descriptifs en assertions élémentaires distinctes afin d’évaluer les composantes sous-jacentes de ces styles relationnels. Lors de la révision de 1996, Collins a affiné la formulation des énoncés pour isoler plus nettement la propension à rechercher ou fuir la proximité affective, la capacité à accorder sa confiance et à tolérer l’interdépendance mutuelle, et l’hypersensibilité à la menace d’abandon ou de désintérêt affectif.
Dans le domaine de la recherche scientifique, l’AAS-R permet d’examiner comment les différences individuelles d’attachement façonnent :
- Les processus d’attribution causale lors de conflits relationnels (par exemple, interpréter le retard d’un conjoint comme une marque de négligence délibérée plutôt que comme un imprévu extérieur).
- La prestation de soins et de soutien (caregiving) : la manière dont un partenaire perçoit et répond aux signaux de détresse de l’autre.
- Les stratégies de régulation des émotions face au stress aigu ou à la maladie chronique.
- L’évolution longitudinale de la stabilité et de la satisfaction conjugale.
Dans la pratique clinique et la thérapie de couple, l’AAS-R constitue un outil de médiation diagnostique précieux. Elle permet aux thérapeutes d’identifier rapidement les vulnérabilités relationnelles sous-jacentes des consultants, d’expliciter les dynamiques d’évitement ou d’hyperactivation affective, et de concevoir des interventions ciblées visant à développer une base de sécurité relationnelle (earned security).
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par l’AAS-R correspond aux modèles internes opérants (Internal Working Models) de l’attachement, théorisés initialement par John Bowlby. Ces modèles consistent en des structures cognitives et des schémas mnésiques intégrant des croyances sur la valeur de soi (modèle de soi : suis-je digne d’amour et d’attention ?) et sur la disponibilité et la bienveillance des figures d’attachement (modèle d’autrui : autrui est-il fiable, accessible et sécurisant ?). L’AAS-R opérationnalise ce construit à travers trois dimensions interdépendantes mais distinctes :
Dimension Proximité (Close)
La sous-échelle Close mesure le niveau de confort psychologique ressenti par l’individu face à l’intimité physique et émotionnelle, au partage de soi et au rapprochement affectif. Les individus obtenant des scores élevés sur cette dimension acceptent volontiers que leur partenaire découvre leur vulnérabilité, ne redoutent pas la fusion émotionnelle et perçoivent l’intimité comme une source de réconfort et d’épanouissement. À l’inverse, un score faible reflète un malaise aigu face à la proximité interpersonnelle, une tendance à ériger des barrières défensives rigides et une préférence marquée pour une distance émotionnelle protectrice (ex. item 1 : « I find it relatively easy to get close to people » ; item 13 inversé : « I am uncomfortable when anyone gets too emotionally close to me »).
Dimension Dépendance (Depend)
La sous-échelle Depend évalue la mesure dans laquelle une personne estime pouvoir s’appuyer sur autrui, lui accorder une confiance fondamentale et compter sur sa disponibilité en cas de détresse ou de besoin d’aide. Cette dimension reflète la composante de « fiabilité perçue d’autrui ». Un score élevé traduit une conviction intime que les figures d’attachement seront présentes, soutenantes et fidèles. Un score bas dénote une méfiance généralisée, une anticipation de trahison ou d’abandon, et une hyper-autonomie défensive où l’individu refuse toute forme d’interdépendance par peur d’être déçu (ex. item 5 : « I am comfortable depending on others » ; item 7 inversé : « I find that people are never there when you need them »).
Dimension Anxiété (Anxiety)
La sous-échelle Anxiety quantifie l’hyperactivation du système d’attachement, caractérisée par une préoccupation constante à l’égard de l’amour du partenaire, une peur panique de l’abandon, du rejet affectif ou de la rupture. Les sujets affichant des scores élevés sur cette dimension manifestent une vigilance exacerbée aux indices de désengagement supposé du partenaire, un besoin compulsif de réassurance et une anxiété quant à leur propre valeur affective. Cette sous-échelle correspond directement au modèle négatif de soi (ex. item 3 : « I often worry that romantic partners don’t really love me » ; item 9 : « I often worry that romantic partners won’t want to stay with me »).
Modèle bidimensionnel alternatif (Anxiété et Évitement)
Collins (1996) a explicité qu’en combinant les items des dimensions Close et Depend (après inversion appropriée des scores), les chercheurs peuvent générer une dimension globale d’Évitement (Avoidance) constituée de 12 items. Ce modèle réconcilie l’AAS-R avec les modèles factoriels d’ordre supérieur prévalant dans la littérature (Bartholomew & Horowitz, 1991 ; Brennan et al., 1998) :
- Sécurisant : Anxiété basse, Évitement bas (scores élevés en Proximité et Dépendance).
- Préoccupé / Anxieux-ambivalent : Anxiété élevée, Évitement bas.
- Détaché / Évitant-dédaigneux : Anxiété basse, Évitement élevé.
- Craintif-évitant / Désorganisé : Anxiété élevée, Évitement élevé.
6. Cadre théorique
L’Échelle d’attachement adulte révisée s’ancre directement dans la théorie de l’attachement développée par le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby (1969, 1973, 1980) et enrichie sur le plan empirique par la psychologue du développement Mary Ainsworth (1978). Bowlby a postulé que l’être humain naît doté d’un système motivationnel inné – le système d’attachement – dont la fonction biologique et évolutive est de maintenir la proximité physique avec une figure protectrice (le donneur de soins ou caregiver) afin d’assurer la survie face aux dangers environnementaux.
Au fil des interactions répétées durant la petite enfance, l’enfant intériorise les réponses de son environnement sous forme de modèles internes opérants. Lorsque la figure parentale répond de façon prévisible, chaleureuse et sensible aux signaux de détresse, l’enfant développe un attachement sécurisant, intégrant l’idée que le soi est aimable et qu’autrui est secourable. Si les réponses parentales sont rejetantes, punitives ou imprévisibles, l’enfant met en place des stratégies d’adaptation secondaires dites insécurisantes : la désactivation du système (évitement défensif) ou son hyperactivation (anxiété et dépendance collante).
À la fin des années 1980, Cindy Hazan et Phillip Shaver ont révolutionné la psychologie sociale en avançant l’hypothèse audacieuse que l’amour romantique adulte relève du même système d’attachement biologique que le lien unissant le nourrisson à sa mère. Dans les relations amoureuses, le partenaire romantique devient la figure d’attachement principale, servant à la fois de havre de sécurité (vers lequel on se tourne en période de détresse pour trouver du réconfort) et de base de sécurité (à partir de laquelle on s’élance pour explorer le monde, entreprendre des projets et déployer son autonomie).
Nancy L. Collins (1996) a enrichi ce cadre théorique en appliquant les paradigmes de la psychologie cognitive sociale aux modèles internes d’attachement. Collins conçoit ces modèles non pas comme des traits figés et monolithiques, mais comme des structures de connaissances complexes et dynamiques composées de représentations déclaratives et procédurales. Dans son article séminal de 1996, elle a démontré que les styles d’attachement influencent directement trois cascades cognitives et comportementales majeures :
- L’explication et l’attribution : Face à une situation relationnelle ambiguë ou déplaisante (par exemple, un partenaire distant ou préoccupé), les individus anxieux attribuent spontanément cette attitude à des causes internes stables et malveillantes (manque d’amour), tandis que les individus sécurisants invoquent des facteurs circonstanciels temporaires (stress professionnel).
- L’expérience émotionnelle : Les modèles d’attachement régulent le seuil de déclenchement de la colère, de la peur, de la tristesse ou de la honte en situation de tension interpersonnelle.
- Le comportement interactionnel : Les attentes façonnent les conduites effectives envers le partenaire (retrait défensif, hostilité revendicatrice ou communication constructive ouverte), créant ainsi des prophéties autoréalisatrices qui renforcent et pérennisent les croyances initiales du modèle interne.
7. Validité
L’AAS-R a fait l’objet de rigoureuses évaluations de validité psychométrique dans des contextes transculturels variés et au sein de diverses populations (étudiants, couples mariés, populations cliniques).
Validité de construit
La validité de construit de l’échelle repose sur sa capacité à refléter fidèlement l’architecture théorique des modèles internes d’attachement. Les recherches démontrent que les scores aux sous-échelles Close et Depend sont fortement et positivement corrélés entre eux (généralement r = 0,45 à 0,60), tout en montrant une corrélation négative modérée avec la sous-échelle Anxiety (r = -0,25 à -0,40). Ces résultats corroborent la distinction théorique entre le sentiment d’inconfort face à l’interdépendance (évitement) et la crainte du rejet (anxiété).
Validité convergente
La validité convergente de l’AAS-R a été confirmée par de nombreuses corrélations significatives avec d’autres mesures de référence du fonctionnement relationnel et de la personnalité :
- Échelles d’attachement concurrentes : Les dimensions Anxiety et le composite Avoidance de l’AAS-R présentent des corrélations très élevées (r > 0,70) avec les échelles correspondantes de l’Experiences in Close Relationships (ECR ; Brennan et al., 1998) et du Relationship Styles Questionnaire (RSQ ; Bartholomew & Horowitz, 1991).
- Estime de soi et concept de soi : La sous-échelle Anxiety présente une forte corrélation négative avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r = -0,45 à -0,55), tandis que la dimension Depend est corrélée positivement avec le sentiment d’efficacité personnelle interpersonnelle.
- Modèles du Big Five : L’anxiété de l’AAS-R est systématiquement associée au névrosisme (Neuroticism), alors que la proximité (Close) est positivement associée à l’extraversion et à l’agréabilité.
Validité prédictive et de critère
Les études expérimentales et observationnelles menées par Collins (1996) ainsi que par Collins, Ford, Guichard et Allard (2006) ont démontré la remarquable valeur prédictive de l’AAS-R :
- Qualité et pérennité conjugale : Des scores élevés en proximité et en dépendance prédisent un niveau élevé de satisfaction relationnelle, de confiance mutuelle et une probabilité significativement réduite de séparation conjugale à 2 ans d’intervalle.
- Biais d’attribution en situation de conflit : Dans des protocoles de laboratoire simulant des comportements négatifs du partenaire, les participants présentant des scores élevés en anxiété attribuaient de façon préférentielle les torts à un désamour fondamental de leur partenaire (β = 0,38, p < 0,001), déclenchant de vives réactions de détresse affective.
- Comportements de soutien : Lors de tâches de stress dyadique aigu, les individus évitants (faibles scores en Close et Depend) offrent moins de soutien instrumental et affectif à leur conjoint anxieux, confirmant l’impact direct du style d’attachement sur les processus comportementaux réels.
8. Fidélité
La fidélité de l’Échelle d’attachement adulte révisée a été éprouvée sur le plan de la consistance interne et de la stabilité temporelle.
Consistance interne
Dans l’échantillon princeps de Nancy L. Collins (1996, N = 417), les analyses de cohérence interne mesurées par le coefficient alpha de Cronbach ont révélé des valeurs tout à fait satisfaisantes pour des échelles composées de seulement 6 items chacune :
- Sous-échelle Proximité (Close) : α = 0,77 à 0,82 selon les sous-échantillons.
- Sous-échelle Dépendance (Depend) : α = 0,78 à 0,84.
- Sous-échelle Anxiété (Anxiety) : α = 0,83 à 0,87.
- Score composite Évitement (Avoidance, 12 items) : α = 0,85 à 0,88.
Les corrélations item-total corrigées oscillent pour la quasi-totalité des énoncés entre 0,42 et 0,68, témoignant d’une bonne homogénéité de chaque construit sans redondance sémantique excessive.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La stabilité test-retest de l’AAS-R a été examinée sur des intervalles allant de 2 mois à 8 mois. Collins et Read (1990) ont rapporté des coefficients de corrélation test-retest à deux mois de :
- r = 0,68 pour la dimension Proximité.
- r = 0,71 pour la dimension Dépendance.
- r = 0,74 pour la dimension Anxiété.
Sur des périodes plus longues (6 à 12 mois), les corrélations se maintiennent entre 0,55 et 0,65, reflétant la nature des modèles d’attachement : des structures relativement stables de la personnalité, mais qui demeurent ouvertes à des réajustements à la suite d’événements de vie majeurs ou de transitions relationnelles significatives.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle sous-jacente à l’AAS-R a fait l’objet de nombreuses validations par analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Dans l’étude originale de Collins et Read (1990), une analyse en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Oblimin) sur un ensemble étendu d’items a extrait trois facteurs distincts rendant compte de la majeure partie de la variance commune. Ces trois facteurs correspondaient précisément au confort face à la proximité (Close), à la capacité de s’appuyer sur autrui (Depend) et à la peur d’être abandonné ou non aimé (Anxiety). Lors de la révision de 1996, Collins a réanalysé les 18 items épurés, confirmant une structure nette où :
- Les items 1, 6, 8, 12, 13 et 17 saturent de façon prépondérante sur le facteur Close (saturations factorielles comprises entre 0,51 et 0,76).
- Les items 2, 5, 7, 14, 16 et 18 saturent principalement sur le facteur Depend (saturations factorielles entre 0,48 et 0,79).
- Les items 3, 4, 9, 10, 11 et 15 saturent exclusivement sur le facteur Anxiety (saturations factorielles entre 0,58 et 0,81).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des études factorielles confirmatoires ultérieures (notamment celles compilées par Brennan, Clark et Shaver en 1998) ont testé et comparé l’ajustement de modèles concurrents : un modèle unifactoriel global, le modèle trifactoriel originel de Collins (Close, Depend, Anxiety), et un modèle bifactoriel orthogonal ou corrélé d’ordre supérieur (Anxiety vs Avoidance). Les résultats démontrent que le modèle trifactoriel et le modèle bidimensionnel supérieur présentent d’excellents indices d’adéquation aux données :
- Ratio Chi-carré / degrés de liberté (χ²/df) < 2,5.
- Indice d’ajustement comparatif (CFI) > 0,92.
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90.
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % : 0,045 – 0,068).
Bien que les dimensions Close et Depend soient fortement corrélées (partageant un fondement commun d’orientation vers l’évitement), les modèles séparant ces deux facettes obtiennent souvent un ajustement statistique légèrement supérieur au modèle à deux facteurs stricts, justifiant ainsi l’utilité clinique et empirique de conserver les trois scores distincts pour affiner l’analyse des styles d’attachement.
10. Instrument de mesure
- Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / en ligne.
- Nombre d’items : 18 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne du singulier.
- Versions disponibles :
- Romantic relationships version : cible spécifiquement les relations de couple et les partenaires amoureux.
- Close Relationships version : cible les relations interpersonnelles proches en général (famille, amis intimes, partenaires).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points graduée comme suit :
- 1 = Not at all characteristic of me (Pas du tout caractéristique de moi)
- 2 = Slightly characteristic of me (Légèrement caractéristique de moi)
- 3 = Moderately characteristic of me (Moyennement caractéristique de moi)
- 4 = Very characteristic of me (Très caractéristique de moi)
- 5 = Extremely characteristic of me (Extrêmement caractéristique de moi / Tout à fait caractéristique de moi)
- Procédure de cotation primaire (3 sous-échelles) :
- Sous-échelle Proximité (CLOSE) : Items 1, 6, 8*, 12, 13*, et 17*. Calculer la moyenne des 6 items après inversion des items avec astérisque (*).
- Sous-échelle Dépendance (DEPEND) : Items 2*, 5, 7*, 14, 16*, et 18*. Calculer la moyenne des 6 items après inversion des items avec astérisque (*).
- Sous-échelle Anxiété (ANXIETY) : Items 3, 4, 9, 10, 11, et 15. Calculer la moyenne directe des 6 items.
- Procédure de cotation alternative (2 dimensions) :
- Dimension Anxiété (ANXIETY) : Items 3, 4, 9, 10, 11, et 15 (moyenne directe).
- Dimension Évitement (AVOID) : Items 1*, 2, 5*, 6*, 7, 8, 12*, 13, 14*, 16, 17, et 18. Calculer la moyenne des 12 items après inversion des items avec astérisque (*).
- Règle d’inversion des items (*) : Pour les items inversés, appliquer la transformation numérique : Score inversé = 6 – Score brut (ex. un score de 1 devient 5, un score de 2 devient 4, etc.).
- Temps de passation estimé : 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de création initiale : 1990 (Collins & Read).
- Année de révision : 1996 (Collins).
- Statut des droits d’auteur et licence : L’Échelle d’attachement adulte révisée (AAS-R) a été mise dans le domaine public académique par Nancy L. Collins. Elle est mise à disposition pour la recherche scientifique, l’enseignement universitaire et l’évaluation clinique non commerciale sans frais d’acquisition (open access / free of charge).
- Tarification : Gratuit pour une utilisation universitaire et de recherche à but non lucratif.
- Modalités d’autorisation : Aucune autorisation préalable formelle n’est requise pour utiliser l’instrument dans le cadre de recherches académiques ou de thèses universitaires, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence de Collins & Read (1990) et Collins (1996). Pour l’obtention de manuscrits non publiés, de normes spécifiques ou d’autorisations pour usage commercial, les utilisateurs peuvent contacter directement l’auteur à l’adresse électronique : [email protected].
12. Références
Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à l’Échelle d’attachement adulte révisée comprennent :
- Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of attachment: A psychological study of the Strange Situation. Lawrence Erlbaum Associates.
- Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226–244. https://doi.org/10.1037/0022-3514.61.2.226
- Bartholomew, K., & Shaver, P. R. (1998). Methods of assessing adult attachment: Do they converge? In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment theory and close relationships (pp. 25–45). Guilford Press.
- Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
- Bowlby, J. (1973). Attachment and loss: Vol. 2. Separation: Anxiety and anger. Basic Books.
- Bowlby, J. (1980). Attachment and loss: Vol. 3. Loss: Sadness and depression. Basic Books.
- Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview. In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment theory and close relationships (pp. 46–76). Guilford Press.
- Collins, N. L. (1996). Working models of attachment: Implications for explanation, emotion, and behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 71(4), 810–832. https://doi.org/10.1037/0022-3514.71.4.810
- Collins, N. L., Ford, M. B., Guichard, A. C., & Allard, L. M. (2006). Working models of attachment and attribution processes in intimate relationships. Personality and Social Psychology Bulletin, 32(2), 201–219. https://doi.org/10.1177/0146167205280907
- Collins, N. L., Ford, M. B., Guichard, A. C., & Feeney, B. C. (2006). Responding to need in intimate relationships: Normative processes and individual differences. In M. Mikulincer & G. S. Goodman (Eds.), Dynamics of romantic love: Attachment, caregiving, and sex (pp. 149–189). Guilford Press.
- Collins, N. L., & Read, S. J. (1990). Adult attachment, working models, and relationship quality in dating couples. Journal of Personality and Social Psychology, 58(4), 644–663. https://doi.org/10.1037/0022-3514.58.4.644
- Hazan, C., & Shaver, P. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511–524. https://doi.org/10.1037/0022-3514.52.3.511