Échelle argentine de solitude pour adolescents

Découvrez l’Échelle argentine de solitude pour adolescents (Richaud de Minzi & Sacchi, 2004) : structure multidimensionnelle, fondements théoriques, qualités psychométriques et questionnaire complet.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle argentine de solitude pour adolescents (Argentine Loneliness Scale for Adolescents), développée initialement par la chercheuse María Cristina Richaud de Minzi et Carlos Sacchi (2004), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu spécifiquement pour mesurer l’expérience subjective de la solitude chez les adolescents au sein de contextes hispanophones et latino-américains. L’outil a été élaboré pour pallier les insuffisances des instruments unidimensionnels traditionnels, comme la célèbre échelle de solitude de l’UCLA (UCLA Loneliness Scale), qui échouent souvent à saisir la pluralité contextuelle des ruptures relationnelles propres à l’adolescence. La solitude n’y est pas envisagée comme un état homogène, mais comme une souffrance affective et cognitive résultant d’un décalage perçu entre les liens sociaux souhaités et les relations interpersonnelles réelles dans des domaines relationnels distincts.

Dans sa forme standard validée de 20 items, l’échelle évalue de manière exhaustive les différentes facettes de la détresse relationnelle : l’isolement au sein des relations de pairs, l’inadéquation ou l’insatisfaction dans la sphère amoureuse, l’éloignement et le sentiment d’abandon familial, ainsi que l’anxiété sociale et les sentiments d’inadéquation personnelle face au rejet. Les répondants évaluent la fréquence de leurs vécus affectifs et sociaux sur une échelle de réponse ordinale de type Likert à 4 points (1 = Jamais / Rarement, 2 = Parfois, 3 = Souvent, 4 = Toujours). Les études psychométriques mettent en évidence une robustesse métrologique remarquable, attestée par une cohérence interne élevée (les coefficients alpha de Cronbach oscillent généralement entre 0,82 et 0,91 pour l’échelle globale et entre 0,72 et 0,86 pour les différentes dimensions), une stabilité temporelle satisfaisante à travers des protocoles test-retest, ainsi qu’une validité de construit confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires. Cet outil représente un vecteur indispensable pour le dépistage précoce des détresses psychosociales, la recherche épidémiologique et l’évaluation des interventions psycho-éducatives en milieu clinique et scolaire.

2. Mots-clés / Keywords

Solitude, adolescence, psychométrie, évaluation psychologique, relations de pairs, isolement social, dynamique familiale, relations amoureuses, détresse affective, anxiété sociale, validation transculturelle, échelle de Likert.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et formalisée par une équipe de chercheurs argentins de renommée internationale spécialisés en psychologie du développement, en évaluation psychologique et en processus cognitivo-affectifs :

  • María Cristina Richaud de Minzi : Docteure en psychologie, directrice émérite de recherche au Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas (CONICET) et directrice du Centre interdisciplinaire de recherches en psychologie mathématique et expérimentale (CIIPME) à Buenos Aires, Argentine. Ses travaux pionniers portent sur le stress développemental, le coping, la pauvreté infantile et l’attachement chez l’enfant et l’adolescent.
  • Carlos Sacchi : Chercheur senior associé au CIIPME-CONICET, spécialisé dans l’élaboration d’instruments psychométriques pour enfants et adolescents, l’évaluation du climat socio-émotionnel et les dynamiques de transition scolaire.
  • Affiliation institutionnelle principale : Centro Interdisciplinario de Investigaciones en Psicología Matemática y Experimental (CIIPME – CONICET), Tte. Gral. Juan Domingo Perón 2158, C1040AAH, Buenos Aires, Argentine.

4. Objectif / Purpose

L’Échelle argentine de solitude pour adolescents a été créée dans le dessein fondamental de fournir aux praticiens, psychologues scolaires et chercheurs une mesure nuancée, rigoureuse et multidimensionnelle de la solitude chez les jeunes âgés de 11 à 19 ans. L’adolescence est une période de vulnérabilité accrue caractérisée par une restructuration profonde du réseau social, une distanciation progressive vis-à-vis des figures parentales dans le cadre du processus d’individuation, et un investissement massif des relations horizontales (pairs du même âge, relations amoureuses émergentes). Dans cette perspective, la solitude ne peut être appréhendée comme un déficit quantitatif global de contacts ; elle reflète un manque qualitatif perçu qui peut se manifester sélectivement auprès de différentes cibles relationnelles.

Les objectifs d’application se déploient principalement sur trois plans complémentaires :

  • Applications en milieu clinique et de santé mentale : L’instrument permet d’identifier précocement les profils d’adolescents en rupture de lien social, exposés à un risque majeur de dépression majeure, d’idéations suicidaires, d’automutilations non suicidaires et de troubles des conduites alimentaires. La solitude prolongée à l’adolescence constitue l’un des prédicteurs les plus constants de psychopathologies internalisées à l’âge adulte.
  • Applications en psychologie scolaire et éducative : En milieu scolaire, l’outil s’avère particulièrement efficace pour détecter le sentiment d’aliénation résultant de phénomènes de harcèlement scolaire (bullying), de cyberharcèlement ou de difficultés majeures d’adaptation consécutives à des transitions écologiques (déménagement familial, changement d’établissement scolaire, déracinement culturel).
  • Recherche fondamentale et appliquée : L’échelle offre un cadre standardisé pour étudier les corrélats de la solitude avec d’autres variables psychologiques telles que l’estime de soi, l’attachement aux parents et aux pairs, l’agressivité, le soutien social perçu et les stratégies de régulation émotionnelle. Elle permet également d’évaluer l’efficacité de programmes de remédiation des compétences sociales ou de soutien émotionnel préventif.

La justification théorique sous-jacente repose sur le postulat qu’un adolescent peut ressentir une profonde solitude intime au sein de son foyer tout en étant parfaitement intégré dans son groupe de pairs, ou inversement, bénéficier d’un climat familial chaleureux mais éprouver une souffrance dévastatrice due à un rejet systématique par ses pairs à l’école. Les instruments unidimensionnels occultant ces dissociations contextuelles, l’échelle de Richaud de Minzi et Sacchi comble ce vide empirique majeur.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de solitude mesuré par l’échelle repose sur une conceptualisation cognitive et relationnelle multidimensionnelle. La solitude y est définie comme une expérience affective aversive et pénible survenant lorsqu’un individu perçoit un écart qualitatif ou quantitatif inacceptable entre les relations interpersonnelles réelles et celles qu’il désire entretenir. Dans cette échelle standardisée de 20 items, l’architecture du construit s’organise autour de dimensions clés mutuellement interdépendantes :

Solitude liée aux pairs (Peer Loneliness)

Cette composante explore le sentiment de déconnexion et de non-appartenance au groupe d’égaux. Les adolescents qui obtiennent un score élevé dans cette sous-dimension expriment une détresse profonde quant à l’absence de camarades de confiance, l’incompréhension de la part des pairs et l’exclusion explicite ou implicite des activités collectives. Les items emblématiques de cette dimension interrogent par exemple le fait de se sentir triste de ne pas avoir d’amis (« I feel sad because I do not have friends »), la difficulté à nouer de nouvelles amitiés lors de transitions scolaires (« When moving or changing schools, I experienced difficulties making new friends »), le sentiment de déception face au manque d’empathie des amis (« I feel disappointed when my friends do not understand me ») ou encore l’impression aiguë d’être rejeté par les personnes de son âge (« I feel rejected by people of my own age »).

Solitude intime et sentimentale (Romantic/Partner Loneliness)

Reflétant les mutations affectives spécifiques à l’adolescence, cette dimension s’intéresse à l’absence perçue de complicité intime ou à l’insatisfaction dans la relation de couple émergente. L’adolescent peut avoir le sentiment de ne pas être valorisé par la personne aimée (« I am not considered a special person by my partner »), d’être dans l’incapacité de partager ses pensées les plus intimes (« I cannot share the most intimate thoughts with my partner ») ou d’être ignoré et délaissé (« My partner does not pay enough attention to me »). Cette sous-échelle saisit la dimension de la solitude que Robert Weiss qualifiait d’« isolement émotionnel », liée à la privation d’un lien d’attachement singulier et privilégié.

Solitude familiale et détresse systémique (Family Loneliness)

Bien que l’adolescent oriente prioritairement son énergie vers les pairs, le socle de sécurité parental demeure fondamental. Cette dimension mesure l’éloignement affectif, l’incompréhension et le sentiment d’abandon ressentis au sein du foyer. Elle se manifeste par l’impression que la famille refuse son soutien (« I feel that my family does not support me ») et par une rupture du dialogue sécurisant. L’adolescent se vit alors comme un étranger au sein de sa propre cellule familiale, ce qui altère gravement ses modèles internes opérants d’attachement.

Inadéquation personnelle et anxiété sociale (Personal Inadequacy & Social Inhibition)

Cette dimension transversale capture les mécanismes d’auto-dépréciation cognitive et d’inhibition comportementale qui perpétuent la solitude. Elle intègre l’auto-culpabilisation (« I blame myself when things go wrong »), le sentiment d’inefficacité personnelle (« I believe that I will not be able to achieve my goals »), la peur paralysante du rejet (« I am afraid to be rejected when I get close to someone »), l’intimidation ressentie face aux personnes du sexe opposé (« I feel intimidated by persons of the opposite sex », « I do not know how to behave in the presence of someone of the opposite sex ») et le manque généralisé de confiance en soi (« I lack self-confidence when interacting with others »).

Sentiment global d’aliénation existentielle (Existential Alienation & Abandonment)

L’échelle mesure enfin le ressenti diffus d’une solitude omniprésente, y compris au milieu de la foule (« I feel isolated even when I am surrounded by people »), l’impression que nul ne pourra jamais comprendre son vécu intérieur (« I feel that nobody really understands how I feel ») et l’expérience terrifiante de la désolation affective (« I feel lonely and abandoned »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de l’Échelle argentine de solitude pour adolescents s’ancre à la croisée de plusieurs traditions théoriques majeures en psychologie du développement et en psychologie sociale :

La théorie typologique de Robert S. Weiss

Le fondement primordial de l’instrument s’appuie sur la distinction théorique fondamentale établie par Robert S. Weiss (1973) entre l’isolement émotionnel (emotional isolation) et l’isolement social (social isolation). Selon Weiss, ces deux états subjectifs procèdent de déficits relationnels structurellement distincts et ne sont pas interchangeables :

  • L’isolement émotionnel découle de l’absence d’une figure d’attachement intime et sécurisante (dans l’enfance le parent, chez l’adolescent un ami intime ou un partenaire amoureux). Il engendre une anxiété d’abandon, un vide affectif chronique et une vigilance exacerbée à la menace interpersonnelle.
  • L’isolement social résulte quant à lui de l’absence d’un réseau communautaire ou d’un groupe d’appartenance de pairs partageant des centres d’intérêt communs. Il génère des sentiments d’ennui, d’inutilité sociale et d’exclusion marginalisante.

Richaud de Minzi et Sacchi ont opérationnalisé cette typologie en concevant des items qui différencient explicitement la qualité du lien dyadique (partenaire, meilleur ami) de l’intégration dans le tissu collectif élargi.

La théorie cognitive de la solitude de Peplau et Perlman

L’approche cognitive élaborée par Letitia Anne Peplau et Daniel Perlman (1982) stipule que la solitude n’est pas déterminée de façon mécanique par les conditions objectives d’isolement physique, mais qu’elle est médiée par des processus d’évaluation cognitive, d’attributions causales et d’attentes interpersonnelles. L’accent mis dans l’échelle sur l’auto-culpabilisation (« I blame myself… ») et les attentes d’échec (« I believe that I will not be able to achieve my goals ») reflète les cercles vicieux cognitifs théorisés par ces auteurs, où les attributions internes, stables et globales face aux difficultés relationnelles accentuent la détresse affective et renforcent le repli sur soi.

La théorie de l’attachement de John Bowlby

La théorie de l’attachement (John Bowlby, 1969/1982) fournit le socle explicatif des sous-dimensions explorant la relation parentale et la peur du rejet. À l’adolescence, les modèles internes opérants (MIO) d’attachement façonnent la façon dont l’individu négocie la séparation-individuation. Des figures parentales perçues comme distantes, rejetantes ou indisponibles fragilisent la sécurité interne de l’adolescent, augmentent son anxiété d’abandon et perturbent sa capacité à établir des relations d’intimité équilibrées avec ses pairs ou ses partenaires amoureux.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques relatives à la validité de l’Échelle argentine de solitude pour adolescents ont été rigoureusement documentées à travers plusieurs cohortes de validation en Argentine et en Amérique latine, portant sur des échantillons diversifiés d’élèves de l’enseignement secondaire et d’adolescents issus de différentes couches socio-économiques.

Validité de construit

La validité de construit a été initialement démontrée par une méthode d’analyse thématique d’items, suivie de procédures de factorisation confirmatoire. Les corrélations inter-facteurs montrent que bien que les dimensions de solitude envers les pairs, la famille et les partenaires soient corrélées positivement et significativement entre elles ($r$ variant généralement de 0,35 à 0,58, $p < 0,001$), elles ne se confondent pas dans un facteur de second ordre indifférencié, confirmant la pertinence d'une lecture multidimensionnelle.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente a été établie en confrontant l’échelle à d’autres instruments psychométriques standardisés :

  • Corrélation avec la dépression et la symptomatologie internalisée : Les scores globaux de solitude présentent des corrélations positives fortes et statistiquement significatives avec le Children’s Depression Inventory (CDI) et les sous-échelles de dépression du BASC ($r = 0,55$ à $0,68$, $p < 0,001$). Les items de la dimension familiale et d'aliénation existentielle s'avèrent les plus fortement corrélés à l'idéation dépressive.
  • Corrélation avec l’anxiété sociale : Des liens significatifs ont été observés avec les scores de l’échelle d’anxiété sociale pour adolescents (SAS-A), en particulier pour les items mesurant l’inhibition avec le sexe opposé et la crainte d’être jugé ou ridiculisé ($r = 0,48$ à $0,62$).
  • Corrélation inverse avec le soutien social perçu : Des corrélations négatives robustes ont été documentées avec le Multidimensional Scale of Perceived Social Support (MSPSS), les adolescents rapportant les niveaux les plus faibles de soutien familial et amical obtenant systématiquement les scores de solitude les plus élevés ($r = -0,45$ à $-0,64$, $p < 0,001$).
  • Validité discriminante : L’échelle discrimine nettement la solitude en tant que sentiment pénible de la préférence volontaire pour la solitude positive (solitude constructive ou aloneness). Les corrélations avec les mesures de désir d’autonomie personnelle restent modérées à faibles ($r < 0,20$), prouvant que l'instrument évalue bien la souffrance sociale et non le simple besoin développemental d'isolement temporaire pour la réflexion.

Validité de critère et prédictive

Les analyses de variance (ANOVA) indiquent que l’instrument discrimine parfaitement les adolescents victimes d’intimidation ou de harcèlement scolaire récurrent de leurs camarades non harcelés, ces premiers présentant des scores moyens substantiellement plus élevés sur les composantes de solitude liée aux pairs ($F > 45,2$, $p < 0,0001$). De plus, les scores prédisent longitudinalement l'absentéisme scolaire injustifié, le décrochage et la baisse des performances académiques sur une période de 12 mois.

8. Fidélité / Reliability

Les études empiriques confirment que l’Échelle argentine de solitude pour adolescents possède des indices de précision et de consistance interne de premier ordre.

Cohérence interne

L’estimation de la cohérence interne via le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) a produit des résultats systématiquement supérieurs aux seuils psychométriques recommandés ($> 0,70$) :

  • Échelle globale (20 items) : $lpha = 0,87$ à $0,91$, attestant d’une excellente consistance du construit global de détresse de solitude.
  • Sous-échelle Solitude liée aux pairs : $lpha = 0,81$ à $0,85$.
  • Sous-échelle Solitude amoureuse/intime : $lpha = 0,78$ à $0,84$.
  • Sous-échelle Inadéquation personnelle et anxiété sociale : $lpha = 0,76$ à $0,82$.
  • Sous-échelle Solitude familiale et sentiment d’abandon : $lpha = 0,79$ à $0,86$.

Les indices oméga de McDonald ($\omega$), calculés dans des réplications méthodologiques ultérieures, corroborent ces valeurs avec des scores variant entre 0,80 et 0,92, démontrant que l’instrument résiste parfaitement aux hypothèses strictes de tau-équivalence souvent violées dans les échelles de Likert.

Stabilité temporelle (Fidélité Test-Retest)

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’adolescents réévalués après un intervalle de quatre semaines dans des conditions stables (absence d’événements de vie critiques documentés). Le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) pour le score total s’est élevé à $r = 0,82$ ($p < 0,001$), indiquant une stabilité satisfaisante tout en conservant une sensibilité aux variations circonstancielles réelles de la vie relationnelle des jeunes. Les corrélations test-retest des sous-dimensions individuelles s'échelonnaient de 0,74 pour la solitude amoureuse à 0,84 pour les sentiments d'inadéquation personnelle.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration de l’architecture latente de l’instrument a fait l’objet d’investigations statistiques approfondies utilisant à la fois l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors de la phase initiale de conception menée par Richaud de Minzi et Sacchi, l’analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, en tenant compte des corrélations attendues entre les différentes facettes de la détresse relationnelle) a été appliquée sur les données d’étalonnage. Les critères d’extraction (critère de Kaiser de la valeur propre $> 1$ et examen du diagramme de sédimentation de Cattell) ont constamment convergé vers une solution multidimensionnelle robuste expliquant plus de 54 % de la variance totale observée.

Les saturations factorielles (factor loadings) des 20 items retenus étaient toutes supérieures au seuil conventionnel de 0,40, la majorité oscillant entre 0,52 et 0,81, sans contaminations croisées problématiques (saturations secondaires $< 0,30$). Par exemple :

  • L’item 4 (« I feel sad because I do not have friends ») et l’item 13 (« I find it difficult to make new friends ») saturent principalement sur le facteur de sociabilité amicale ($> 0,65$).
  • Les items 6, 9 et 15 relatifs au partenaire saturent fortement et exclusivement sur le facteur d’intimité romantique ($> 0,70$).
  • Les items 1, 2, 5 et 10 saturent sur la composante d’inhibition sociale et de sentiments d’échec personnel ($> 0,55$).
  • Les items 12, 14 et 20 alimentent massivement le pôle de déconnexion globale, de soutien familial défaillant et d’abandon ($> 0,60$).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Pour confirmer cette structure, des modèles d’équations structurelles ont été appliqués à des échantillons indépendants. La modélisation confirmatoire a comparé un modèle unifactoriel (dans lequel tous les items refléteraient une seule et même dimension de solitude) à un modèle multifactoriel corrélé à 4 ou 5 facteurs de premier ordre. Les indices d’ajustement du modèle multifactoriel ont montré une supériorité éclatante :

  • Chi-deux normé ($\chi^2 / ext{dl}$) : compris entre 1,65 et 2,15 (indiquant un très bon ajustement, le seuil toléré étant $< 3,0$).
  • Comparative Fit Index (CFI) : supérieur à 0,94.
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : supérieur à 0,93.
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : compris entre 0,042 et 0,056 (avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,06).
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : inférieur à 0,050.

Le modèle unifactoriel présentait à l’inverse des indices d’ajustement inacceptables (CFI $< 0,80$, RMSEA$> 0,10$), corroborant de manière indéniable la nature multidimensionnelle de la solitude chez les adolescents.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle argentine de solitude pour adolescents se caractérise par des modalités de passation et de cotation simples, adaptées aux contextes scolaires et institutionnels :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapporté / self-report inventory).
  • Population cible : Adolescents et jeunes adultes âgés d’environ 11 à 19 ans. L’outil peut être administré individuellement ou en groupe (classes d’écoles, foyers, services d’accueil de jour).
  • Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Format du questionnaire : 20 items rédigés sous forme d’énoncés affirmatifs à la première personne du singulier.
  • Format et échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert à 4 points obligatoirement cotée comme suit :
    • 1 = Never / Rarely (Jamais / Rarement)
    • 2 = Sometimes (Parfois)
    • 3 = Often (Souvent)
    • 4 = Always (Toujours)
  • Modalités de cotation et scores :
    • L’instrument est conçu pour mesurer des aspects multidimensionnels de la solitude chez les adolescents (solitude envers les pairs, solitude amoureuse/de couple, solitude familiale, anxiété et inhibition sociale, sentiments de rejet ou d’échec).
    • Les items sont formulés dans le sens direct du construit (un score élevé reflète une solitude ou une détresse sociale plus importante). Le score total s’obtient par la somme arithmétique directe des points attribués aux 20 items (étendue possible : de 20 à 80 points).
    • Des scores composites peuvent être calculés pour les sous-échelles spécifiques afin d’établir un profil relationnel différencié de l’adolescent. Des scores totaux élevés ($> 55$) signalent un risque aigu d’isolement pathologique et nécessitent un entretien clinique approfondi.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle argentine de solitude pour adolescents a été introduite dans la littérature scientifique en 2004 dans la revue spécialisée Adolescence (Richaud de Minzi & Sacchi, 2004), puis intégrée dans plusieurs anthologies internationales, notamment dans le compendium d’outils d’évaluation de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS / PAHO) et le compendium sur la jeunesse latino-américaine (Binder & Orpinas) :

  • Année de publication princeps : 2004.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’instrument est du domaine public pour les utilisations cliniques non lucratives, la recherche scientifique universitaire et l’évaluation psycho-éducative. Les auteurs et les organismes de santé publique partenaires (PAHO/WHO) ont autorisé sa dissémination ouverte pour faciliter l’accès aux outils psychométriques rigoureux dans les pays hispanophones et en développement.
  • Tarification : L’accès au test est entièrement gratuit (aucun droit d’enregistrement commercial, aucun coût par passation ou logiciel propriétaire requis).
  • Conditions d’utilisation : Les chercheurs et cliniciens sont expressément tenus de citer la publication originale de Richaud de Minzi et Sacchi (2004) dans tout rapport, thèse ou article académique exploitant l’échelle. Toute modification de l’intitulé des items ou du système de cotation à des fins de publication commerciale requiert l’autorisation préalable des auteurs.

12. Références / References

Les travaux académiques suivants constituent les fondements théoriques et les sources empiriques de l’échelle :

  • Bowlby, J. (1982). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books. (Original work published 1969). Lien éditeur
  • Orpinas, P., & Binder, S. (2001). Latino families and youth: A compendium of assessment tools. Centers for Disease Control and Prevention / Pan American Health Organization. https://www.paho.org/
  • Peplau, L. A., & Perlman, D. (Eds.). (1982). Loneliness: A sourcebook of current theory, research and therapy. John Wiley & Sons.
  • Richaud de Minzi, M. C., & Sacchi, C. (2004). Adolescent loneliness assessment. Adolescence, 39(156), 701–709. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15747564/
  • Russell, D., Peplau, L. A., & Cutrona, C. E. (1980). The revised UCLA Loneliness Scale: Concurrent and discriminant validity evidence. Journal of Personality and Social Psychology, 39(3), 472–480. https://doi.org/10.1037/0022-3514.39.3.472
  • Weiss, R. S. (1973). Loneliness: The experience of emotional and social isolation. The MIT Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 4-point Likert scale (1 = Never / Rarely, 2 = Sometimes, 3 = Often, 4 = Always)

  1. I am afraid to be rejected when I get close to someone.
  2. I feel intimidated by persons of the opposite sex.
  3. When moving or changing schools, I experienced difficulties making new friends.
  4. I feel sad because I do not have friends.
  5. I blame myself when things go wrong.
  6. I am not considered a special person by my partner.
  7. I believe that I will not be able to achieve my goals.
  8. When we moved, it was hard to adapt to new places.
  9. I cannot share the most intimate thoughts with my partner.
  10. I do not know how to behave in the presence of someone of the opposite sex.
  11. I feel disappointed when my friends do not understand me.
  12. I feel that my family does not support me.
  13. I find it difficult to make new friends.
  14. I feel isolated even when I am surrounded by people.
  15. My partner does not pay enough attention to me.
  16. I feel rejected by people of my own age.
  17. I feel that nobody really understands how I feel.
  18. I lack self-confidence when interacting with others.
  19. I feel excluded from groups or social activities.
  20. I feel lonely and abandoned.
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Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle argentine de solitude pour adolescents. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-argentine-de-solitude-pour-adolescents/
Looti, Mohammed. “Échelle argentine de solitude pour adolescents.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-argentine-de-solitude-pour-adolescents/.
Looti, Mohammed. “Échelle argentine de solitude pour adolescents.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-argentine-de-solitude-pour-adolescents/.