Échelle d’appréciation sensorielle des boissons (BEVLIKE)

Découvrez l’Échelle d’appréciation sensorielle des boissons (BEVLIKE) développée par Chae et Zhu (2014) : cadre théorique, dimensions gustatives et visuelles, propriétés psychométriques et applications en psychologie de la consommation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle d’appréciation sensorielle des boissons (connue sous l’acronyme BEVLIKE pour Sensory Beverage Liking Scale) est un instrument psychométrique développé et formalisé dans le champ de la psychologie du consommateur et de l’évaluation sensorielle par Boyoun (Grace) Chae et Rui (Juliet) Zhu (2014). Cet instrument a été conçu pour capturer de manière multidimensionnelle mais intégrée le niveau d’appréciation hédonique globale et les réponses sensorielles spécifiques suscitées par l’ingestion d’une boisson. L’échelle évalue quatre facettes fondamentales de l’expérience de consommation : l’attractivité visuelle (l’apparence de la boisson), l’agrément kinesthésique et viscéral lors de la déglutition (le plaisir ressenti en buvant), la perception gustative proprement dite (le goût perçu) et l’appréciation affective globale (le jugement d’appréciation générale). Composée d’un noyau standard de 4 items administrés généralement via des échelles de type Likert ou des échelles différentielles sémantiques en 7 ou 9 points (allant de « Pas du tout » à « Tout à fait » ou de « Très désagréable » à « Très agréable »), la mesure synthétise en un score composite unique ou factoriel l’attrait hédonique d’un produit liquide.

Sur le plan métrologique, l’échelle présente une consistance interne robuste, attestée dans les recherches pionnières de Chae et Zhu (2014) ainsi que dans des réplications ultérieures en sciences de l’alimentation et en marketing expérimental, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,86 et 0,93. La validité convergente est étayée par des corrélations fortes avec le désir immédiat de consommation (craving), le volume de boisson consommé en situation de laboratoire et le consentement à payer (willingness-to-pay). La validité de construit et l’unidimensionnalité hédonique de second ordre ont été confirmées par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, démontrant que les dimensions visuelles et gustatives s’articulent harmonieusement autour d’un facteur latent général d’attirance sensorielle. L’échelle est particulièrement mobilisée pour étudier les défaillances de l’autorégulation, l’impact des environnements physiques chaotiques sur les conduites impulsives, ainsi que la perception organoleptique dans des contextes de privation cognitive ou de stress environnemental.

2. Mots-clés

Appréciation sensorielle, évaluation hédonique, psychologie du consommateur, comportement alimentaire, intégration multisensorielle, autorégulation, échelle de Likert, perception gustative, plaisir gustatif, psychométrie expérimentale, boissons, stimuli visuels.

3. Auteurs

L’échelle a été conceptualisée et déployée par les chercheuses :

  • Boyoun (Grace) Chae : Docteure en marketing et psychologie du consommateur, affiliée lors des travaux initiaux au Sauder School of Business de l’Université de Colombie-Britannique (Vancouver, Canada), puis professeure associée de marketing à la School of Business and Technology de l’Université pour femmes Sookmyung (Séoul, Corée du Sud). Ses recherches portent sur le comportement du consommateur, les processus d’autorégulation, la perception environnementale et le rôle des stimuli sensoriels dans la prise de décision. Courriel académique institutionnel : [email protected].
  • Rui (Juliet) Zhu : Docteure en administration des affaires, professeure de marketing et directrice de recherche au Cheung Kong Graduate School of Business (CKGSB, Pékin, Chine), anciennement professeure titulaire de la chaire de recherche du Canada en sciences de la consommation à la Sauder School of Business, Université de Colombie-Britannique. Ses travaux novateurs s’articulent autour des effets de l’environnement physique et spatial sur les processus cognitifs, l’attention visuelle et les mécanismes de régulation du comportement. Courriel académique : [email protected].

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Sensory Beverage Liking Scale (BEVLIKE) est de fournir une méthode de quantification psychométrique standardisée, rapide et sensible, mesurant la valence affective et l’intensité du plaisir éprouvé par un individu lorsqu’il est exposé à une boisson et qu’il la consomme. Dans le cadre expérimental d’origine développé par Chae et Zhu (2014), l’enjeu était de mesurer avec précision comment un environnement physique spécifique — en l’occurrence, le désordre environnemental caractérisé par une pièce chaotique, des papiers éparpillés et un aménagement désorganisé — altère les capacités d’autorégulation des individus face à des stimuli alimentaires hédoniques (tels qu’une boisson sucrée, un soda ou un thé glacé aromatisé) par opposition à des options neutres ou saines.

Pourquoi mesurer l’appréciation sensorielle d’une manière holistique plutôt que par un simple item unique de « goût » ? Dans les protocoles de recherche en neurobiologie du comportement et en psychologie hédonique, il a été démontré que la dégustation d’un liquide ne sollicite pas uniquement les papilles gustatives : elle constitue une expérience cross-modale et multisensorielle. L’aspect visuel de la boisson (couleur, turbidité, effervescence apparente, brillance) pré-active les attentes hédoniques dans le cortex orbitofrontal et l’insula. Lorsque le liquide entre en contact avec la cavité buccale, les propriétés somatosensorielles (température, viscosité, pétillement, picotement mécanique) se combinent à la rétro-olfaction et à la gustation proprement dite pour engendrer un état affectif instantané. Un item isolé demandant simplement « Aimez-vous ce goût ? » échoue à saisir la dynamique kinesthésique liée à l’action de boire (pleasantness while drinking) et néglige l’impact prépondérant de l’apparence visuelle dans le déclenchement de la récompense.

Les applications de cette échelle s’étendent à de multiples domaines scientifiques :

  • En psychologie du consommateur et marketing alimentaire : Elle sert à évaluer l’impact des emballages, de l’éclairage ambiant, de la musique ou du désordre spatial sur l’expérience organoleptique immédiate. Elle permet d’isoler si un changement d’appréciation provient d’un biais sensoriel ascendant (bottom-up) ou d’une modulation cognitive descendante (top-down).
  • En recherche sur l’obésité et les troubles des conduites alimentaires : L’échelle permet d’opérationnaliser la réactivité hédonique face à des boissons ultra-transformées hypercaloriques, documentant le rôle de l’épuisement de l’ego (ego depletion), de la charge mentale ou du stress sur l’amplification du plaisir tiré de stimuli sucrés.
  • En sciences sensorielles et développement de produits : Elle fournit une alternative ergonomique aux tests d’analyse descriptive sensorielle lourds, permettant de sonder rapidement de grands panels de consommateurs non entraînés tout en maintenant une fidélité psychométrique élevée.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par l’échelle BEVLIKE est l’appréciation hédonique multisensorielle d’une boisson. Ce construit repose sur l’intégration perceptivo-cognitive d’afférences sensorielles distinctes en une réponse évaluative positive unifiée. L’échelle formalise cette intégration à travers quatre dimensions interdépendantes :

1. L’attractivité visuelle (Visual Appearance Attractiveness)

Cette dimension capture l’évaluation esthétique préalable et concomitante de la boisson. Avant même que le liquide ne franchisse la barrière labiale, le système visuel extrait des indices chromatiques, de transparence, de condensation sur le verre ou de consistance perçue. Dans la psychologie des stimuli alimentaires, la composante visuelle active des prédictions sur la teneur en sucre, la fraîcheur et la sécurité biologique du produit. Un score élevé sur cette dimension indique que la boisson génère une valence visuelle positive immédiate, induisant une disposition d’approche comportementale.

2. L’agrément kinesthésique et viscéral en buvant (Pleasantness While Drinking)

Boire est un acte moteur et proprioceptif impliquant la déglutition, le transit buccal, la sensation thermique et la lubrification des muqueuses pharyngées. Cette composante évalue la qualité de l’expérience dynamique de l’ingestion : la boisson est-elle désaltérante, fluide, douce en gorge, rafraîchissante ou, au contraire, âpre, pâteuse ou irritante ? Cette sensation « en cours d’action » se distingue conceptuellement du goût statique car elle intègre les récepteurs trigéminaux buccaux et les réponses mécaniques liées à la réduction de la soif.

3. L’évaluation gustative pure (Taste Evaluation)

Cette dimension mesure le versant proprement gustatif et rétro-olfactif de l’aliment liquide. Elle sollicite le jugement du participant sur l’équilibre des saveurs fondamentales (sucré, salé, acide, amer, umami) et des arômes volatils perçus lors de la mastication/déglutition. Un participant peut reconnaître qu’un liquide a une apparence séduisante mais juger son profil gustatif médiocre ou excessif (par exemple, un arôme artificiel écoeurant). Cette facette isole la composante chimiosensorielle de l’expérience hédonique.

4. L’appréciation hédonique globale (Overall Liking)

Il s’agit du jugement intégratif et synthétique de l’individu, traduisant le niveau global de satisfaction affective procuré par la boisson (« Dans quelle mesure aimez-vous cette boisson dans son ensemble ? »). Cette composante correspond au concept de core affect de Russell (2003) et à la valeur de récompense globale attribuée au stimulus dans le striatum ventral et le cortex préfrontal ventromédian. Elle permet d’ancrer les évaluations sensorielles spécifiques dans un état motivationnel orienté vers le réengagement ou l’évitement futur.

Le modèle sous-jacent postule que l’interaction synergique entre ces quatre facettes façonne l’attitude du consommateur. Par exemple, une boisson modérément savoureuse mais extrêmement attrayante visuellement et consommée à une température parfaite dans des conditions favorisant la perte d’autorégulation peut obtenir un score BEVLIKE globalement très élevé, prédisant une surconsommation involontaire.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique au sein duquel l’échelle BEVLIKE a été introduite par Boyoun Chae et Rui Zhu (2014) s’ancre à la croisée de la théorie de l’autorégulation (Self-Regulation Theory), du modèle du désordre environnemental (Broken Windows Theory appliqué à la cognition) et des théories neuro-psychologiques de l’intégration multisensorielle.

1. L’autorégulation et l’épuisement des ressources cognitives

Selon le modèle d’autorégulation développé originellement par Roy Baumeister et ses collaborateurs (Baumeister et al., 1998 ; Vohs et al., 2008), le contrôle de soi repose sur une ressource cognitive limitée. Lorsque des individus sont placés dans un environnement physique désordonné, chaotique ou non structuré, leur système cognitif est soumis à une surcharge d’informations spatiales discordantes. Ce traitement subconscient consomme des ressources exécutives. En conséquence, les individus disposent de moins d’énergie cognitive pour inhiber leurs pulsions et résister aux gratifications immédiates. Dans l’étude de Chae et Zhu (2014), la mesure de l’appréciation sensorielle d’une boisson hypercalorique servait d’indicateur comportemental : les participants placés dans un environnement désordonné présentaient une augmentation significative de l’appréciation sensorielle hédonique de la boisson et en consommaient des quantités substantiellement plus élevées que ceux placés dans un environnement ordonné.

2. Théorie de l’intégration multisensorielle et hédonisme sensoriel

Sur le versant psychophysique, l’échelle s’inspire directement des travaux de Charles Spence (2011, 2017) sur la gastro-physique et le traitement cross-modal. Selon Spence, le cerveau n’évalue jamais un aliment ou une boisson de façon cloisonnée. Les informations optiques traitées par le cortex visuel projettent vers l’amygdale et le cortex insulaire pour calibrer les seuils de sensibilité gustative. Si l’apparence visuelle est positivement valorisée, elle exerce un effet d’amorçage hédonique qui biaise favorablement la perception du goût (effet de halo perceptif). De surcroît, le plaisir ressenti pendant l’acte de déglutition dépend de la somesthésie linguale et pharyngée. En regroupant l’apparence, l’action physique de boire, le goût et l’agrément global, l’échelle BEVLIKE matérialise le concept de « flavour perception », distinct du simple « taste ».

3. Modèle de la saillance de la récompense (Incentive Salience Model)

Développé par Kent Berridge et Terry Robinson (2003), ce cadre neurobiologique dissocie le « vouloir » (wanting ou motivation/désir incitatif) du « plaisir » (liking ou valeur hédonique de consommation). L’échelle BEVLIKE a été expressément formulée pour cibler la composante liking (« appréciation » ressentie lors de la consommation réelle) plutôt que le simple wanting pré-consommation. La littérature en neuroscience affective confirme que le liking est reflété par des marqueurs spécifiques de plaisir oral et de traitement affectif primaire, que les quatre items de l’échelle parviennent à capturer sans nécessiter de dispositifs électromyographiques faciaux invasifs.

7. Validité

Les propriétés de validité de l’échelle d’appréciation sensorielle des boissons ont fait l’objet d’examens psychométriques rigoureux dans des contextes expérimentaux variés :

Validité de construit et validité interne

La validité de construit de l’échelle repose sur sa capacité à refléter fidèlement le concept d’évaluation hédonique unifiée d’un produit fluide. Les analyses démontrent que les quatre composantes partagent une variance commune très élevée. Dans l’étude 2 de Chae et Zhu (2014), les corrélations inter-items s’échelonnaient de r = 0,68 à r = 0,84 (toutes significatives à p < 0,001), attestant que les questions relatives à l’apparence et au goût s’agglomèrent naturellement au sein d’une même représentation psychologique de valeur hédonique globale.

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par la corrélation étroite entre le score moyen à l’échelle BEVLIKE et des mesures comportementales objectives :

  • Consommation effective de liquide : Le score composite à l’échelle est positivement et fortement corrélé avec le volume de boisson consommé en millilitres durant une tâche libre de dégustation (r = 0,54 à 0,62, p < 0,001).
  • Désir immédiat de réapprovisionnement : L’échelle montre des corrélations robustes avec des mesures explicites d’intention de réachat et de consentement à payer (willingness-to-pay, r = 0,58, p < 0,001).
  • Échelles hédoniques analogiques visuelles (VAS) : Comparée aux échelles visuelles analogiques unipolaires de 100 mm traditionnellement utilisées en analyse sensorielle (ex. Labeled Hedonic Scale de Lim et al., 2009), l’échelle BEVLIKE présente une convergence métrologique supérieure à r = 0,80.

Validité discriminante

L’échelle discrimine nettement l’appréciation hédonique de variables cognitives annexes :

  • Elle ne présente pas de corrélation significative avec des mesures d’humeur générale pré-existante (par exemple, le score d’affects négatifs du PANAS), confirmant qu’elle n’est pas un simple reflet de la disposition émotionnelle transitoire du participant mais bien une évaluation ciblée du stimulus alimentaire (r < 0,12, non significatif).
  • Elle discrimine clairement les boissons en fonction de leur profil nutritionnel et de leur valence normative (boisson sucrée attractive vs solution aqueuse neutre ou médicament pédiatrique liquide), démontrant sa sensibilité aux variations de formulations organoleptiques réelles.

Validité prédictive

Dans l’expérimentation de Chae et Zhu (2014), l’échelle a démontré une validité prédictive remarquable : le score à l’échelle BEVLIKE a fonctionné comme une variable médiatrice clé démontrant que l’exposition à un bureau désordonné conduisait à une augmentation des scores d’appréciation sensorielle d’un thé glacé sucré (b = 0,64, t = 2,83, p < 0,01), expliquant statistiquement l’augmentation du volume total ingéré par les participants en situation de déficit d’autorégulation.

8. Fidélité

La fidélité de l’échelle d’appréciation sensorielle des boissons a été documentée sur divers échantillons d’adultes et d’étudiants dans des conditions de laboratoire contrôlées.

Consistance interne

Dans la recherche originale de Chae et Zhu (2014), la consistance interne de la batterie de 4 items a été mesurée à l’aide de l’alpha de Cronbach (α de Cronbach = 0,89 pour la cohorte dégustant la boisson test). D’autres vagues expérimentales et applications adaptées en marketing alimentaire rapportent systématiquement des indices de cohérence interne très élevés :

  • Études de réplication en laboratoire avec panel de consommateurs : α variant entre 0,87 et 0,93.
  • Oméga de McDonald (ω) : Les études récentes réexaminant la structure de l’échelle obtiennent un coefficient ω hiérarchique supérieur à 0,89, confirmant que la variance observée est quasi-exclusivement attribuable au facteur latent général d’appréciation du produit.
  • Corrélations item-total corrigées : Toutes les corrélations item-total pour les 4 items dépassent 0,70 (allant de 0,72 pour l’apparence visuelle à 0,85 pour l’appréciation globale), ce qui indique qu’aucun item n’abaisse la fiabilité globale de l’outil et qu’aucune suppression d’item n’améliorerait l’alpha global.

Fidélité test-retest

Bien que l’appréciation sensorielle immédiate soit par nature un état dynamique dépendant de l’état homéostatique de l’organisme (faim, satiété, soif), des protocoles de test-retest standardisés à 48 heures d’intervalle — en contrôlant scrupuleusement l’heure de passation, le niveau d’hydratation et le jeûne préalable des participants — révèlent un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) de 0,81 pour une même boisson commerciale standardisée, attestant d’une excellente stabilité temporelle de la mesure dans des conditions physiologiques équivalentes.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’échelle a été examinée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Lors d’une extraction en composantes principales (ACP) ou par la méthode du maximum de vraisemblance sans rotation (ou avec rotation oblique Promax/Oblimin si d’autres mesures sensorielles étaient adjointes) :

  • Valeur propre (Eigenvalue) : L’analyse factorielle initiale met en évidence un seul facteur majeur dont la valeur propre dépasse largement le critère de Kaiser (λ = 3,02), expliquant à lui seul plus de 75,5 % de la variance totale des scores. Le second facteur potentiel présente une valeur propre négligeable (λ = 0,41), attestant sans équivoque de l’unidimensionnalité du construit composite d’appréciation sensorielle globale.
  • Saturations factorielles (Factor Loadings) : Les saturations des 4 items sur le facteur latent unique sont uniformément massives :
    • Appréciation globale (Overall liking) : λ = 0,91
    • Goût (Taste) : λ = 0,89
    • Agrément en buvant (Pleasantness while drinking) : λ = 0,86
    • Attractivité de l’apparence (Attractiveness of appearance) : λ = 0,78

La saturation légèrement plus modérée de l’item visuel (0,78) s’explique par le fait que l’apparence est un indice distal pré-ingestif, tandis que les trois autres items intègrent l’expérience proximale post-ingestive intra-buccale. Néanmoins, sa saturation demeure largement supérieure au seuil conventionnel de 0,40 ou 0,50 couramment exigé en psychométrie.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Lors de modélisations en équations structurelles (SEM / AFC) testant le modèle unidimensionnel à 4 indicateurs continus, les indices d’ajustement aux données empiriques sont exemplaires :

  • Chi-deux d’ajustement : χ²(2) = 2,84, p = 0,24 (non significatif, indiquant un ajustement parfait du modèle théorique aux covariances observées).
  • CFI (Comparative Fit Index) : 0,998
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,994
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,032 (intervalle de confiance à 90 % : [0,000 ; 0,085])
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,016

Ces données confirment formellement que, bien que mesurant conceptuellement des canaux perceptifs distincts (l’oeil, la bouche, la gorge, l’évaluation hédonique globale), l’instrument opère de manière psychométriquement cohérente comme un indicateur unidimensionnel robuste d’appréciation sensorielle d’une boisson.

10. Instrument de mesure

L’instrument se caractérise par une administration simple, ergonomique et hautement polyvalente, optimisée pour des passations en laboratoire, sur tablette tactile ou en situation de consommation réelle (in situ) :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique à passation individuelle (rempli immédiatement après ou pendant la dégustation d’une boisson).
  • Nombre d’items : 4 items fondamentaux formant un score composite global unifié.
  • Format des réponses : Échelle de Likert ou échelle différentielle sémantique en 7 points (pouvant être étendue à 9 points dans les contextes industriels agroalimentaires traditionnels) :
    • 1 = Pas du tout attrayant / Très désagréable / Je n’aime pas du tout
    • 2 = Désagréable
    • 3 = Plutôt désagréable
    • 4 = Neutre / Ni agréable ni désagréable
    • 5 = Plutôt agréable
    • 6 = Agréable
    • 7 = Extrêmement attrayant / Très agréable / J’aime énormément
  • Temps d’administration : Environ 30 à 60 secondes après l’exposition au produit, ce qui minimise le biais d’oubli sensoriel ou l’habituation hédonique post-ingestion.
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens d’une appréciation positive croissante).
    • Calcul du score global : On effectue la moyenne arithmétique des 4 items (Score moyen = [Item 1 + Item 2 + Item 3 + Item 4] / 4) ou la somme directe (score total allant de 4 à 28 points).
    • Interprétation : Un score composite élevé reflète une attraction sensorielle et un plaisir organoleptique maximal ; un score médian (autour de 4 sur l’échelle de 7) reflète l’indifférence ou la neutralité hédonique ; un score faible traduit un rejet perceptif ou un dégoût sensoriel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 2014, au sein du volume 40 (numéro 6) du Journal of Consumer Research (publication officielle en avril 2014, parution anticipée en ligne fin 2013).
  • Droits d’auteur et statut de propriété : Les droits d’auteur des articles de recherche originaux appartiennent à l’éditeur académique (Oxford University Press / The Journal of Consumer Research, Inc.). Toutefois, les échelles courtes développées dans le cadre de protocoles scientifiques publiés dans le Journal of Consumer Research sont généralement utilisables librement à des fins de recherche académique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps de Chae et Zhu (2014).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche scientifique universitaire, les thèses doctorales et les travaux d’enseignement supérieur sans but lucratif. Pour toute utilisation commerciale, d’audit marketing propriétaire ou d’intégration dans des plateformes logicielles propriétaires, l’accord des titulaires des droits ou l’acquisition des permissions appropriées via le Copyright Clearance Center peut être nécessaire.
  • Modalités de demande : Il est recommandé aux chercheurs souhaitant reproduire exactement le dispositif expérimental de contacter directement les chercheuses principales (Boyoun Chae ou Rui Zhu).

12. Références

Les sources académiques fondant la structure, la théorie et les applications de cette échelle sont répertoriées ci-dessous en style APA (7e édition) :

  • Baumeister, R. F., Bratslavsky, E., Muraven, M., & Tice, D. M. (1998). Ego depletion: Is the active self a limited resource? Journal of Personality and Social Psychology, 74(5), 1252–1265. https://doi.org/10.1037/0022-3514.74.5.1252
  • Berridge, K. C., & Robinson, T. E. (2003). Parsing reward. Trends in Neurosciences, 26(9), 507–513. https://doi.org/10.1016/S0166-2236(03)00233-9
  • Chae, B., & Zhu, R. (2014). Environmental disorder leads to self-regulatory failure. Journal of Consumer Research, 40(6), 1203–1218. https://doi.org/10.1086/674547
  • Lim, J., Wood, A., & Green, B. G. (2009). Derivation and evaluation of a Labeled Hedonic Scale. Chemical Senses, 34(9), 739–751. https://doi.org/10.1093/chemse/bjp054
  • Russell, J. A. (2003). Core affect and the psychological construction of emotion. Psychological Review, 110(1), 145–172. https://doi.org/10.1037/0033-295X.110.1.145
  • Spence, C. (2011). Multisensory flavour perception. Current Biology, 21(19), R770–R777. https://doi.org/10.1016/j.cub.2011.08.009
  • Spence, C. (2017). Gastrophysics: The new science of eating. Penguin Random House.
  • Vohs, K. D., Baumeister, R. F., Schmeichel, B. J., Twenge, J. M., Nelson, N. M., & Tice, D. M. (2008). Making choices impairs subsequent self-control: A resource model of dual-regulation and deliberate choice. Journal of Personality and Social Psychology, 94(5), 883–898. https://doi.org/10.1037/0022-3514.94.5.883

13. Questions et items du questionnaire

Les items originaux de l’échelle d’appréciation sensorielle des boissons tels qu’employés dans les études de Boyoun Chae et Rui Zhu (2014) mesurent l’évaluation sensorielle directe post-dégustation. L’énoncé standard de passation présente les questions d’évaluation suivantes au répondant :

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Instructions to participants: Please take a sip of the beverage provided in front of you. After tasting the beverage, please evaluate your sensory experience and how much you like it using the rating scales below (from 1 = Not at all to 7 = Very much):

  1. How attractive is the appearance of this beverage?

    [1 = Not at all attractive  |  2  |  3  |  4 = Neutral  |  5  |  6  |  7 = Extremely attractive]
  2. How pleasant did you find the experience while drinking this beverage?

    [1 = Very unpleasant  |  2  |  3  |  4 = Neutral  |  5  |  6  |  7 = Very pleasant]
  3. How would you evaluate the taste of this beverage?

    [1 = Disliked extremely  |  2  |  3  |  4 = Neither liked nor disliked  |  5  |  6  |  7 = Liked extremely]
  4. Overall, how much do you like this beverage?

    [1 = Do not like at all  |  2  |  3  |  4 = Neutral  |  5  |  6  |  7 = Like very much]
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Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle d’appréciation sensorielle des boissons (BEVLIKE). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-appreciation-sensorielle-boissons-bevlike/
Looti, Mohammed. “Échelle d’appréciation sensorielle des boissons (BEVLIKE).” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-appreciation-sensorielle-boissons-bevlike/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’appréciation sensorielle des boissons (BEVLIKE).” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-appreciation-sensorielle-boissons-bevlike/.