Échelles d'évaluationPsychologie cliniquePsychométrie

Échelle de l’appel du vide

L’Échelle de l’appel du vide (Call of the Void Scale – COVS) est un instrument psychométrique novateur de 27 items validé en 2025 pour mesurer les pensées intrusives léthales, le phénomène des lieux élevés, l’égodystonie et les comportements de sécurité.

PUBLIÉ

1. Résumé

L’Échelle de l’appel du vide (en anglais, Call of the Void Scale ou COVS) constitue un instrument psychométrique novateur et multidimensionnel développé pour opérationnaliser, quantifier et analyser un phénomène cognitif particulièrement troublant mais répandu dans la population générale : l’impulsion subite et intrusive d’accomplir un geste fatal sans intention suicidaire sous-jacente. Historiquement appréhendé sous la dénomination restreinte de phénomène des lieux élevés (High Place Phenomenon ou HPP), ce vécu psychologique se caractérisait principalement par l’envie soudaine de sauter dans le vide lorsqu’une personne se trouve au bord d’une falaise, sur un balcon ou au sommet d’un édifice. Conçue par Lara Wiesmann, Laura Melzer et Tobias Teismann en 2025 à l’Université de la Ruhr à Bochum et à l’Université de Wuppertal en Allemagne, la COVS élargit considérablement ce champ d’investigation en intégrant 27 items mesurant ce phénomène dans plusieurs contextes écologiques fréquents, tels que la conduite automobile (déviation brutale vers la voie opposée) et l’attente sur un quai de gare ferroviaire (saut devant un train en approche).

Au-delà de la simple mesure de la fréquence situationnelle de ces intrusions cognitives, la COVS apporte une contribution théorique et clinique majeure en évaluant deux dimensions cognitives et comportementales fondamentales issues de la psychopathologie cognitive : l’égodystonie (le caractère étranger, inacceptable et discordant de la pensée par rapport à l’identité et aux valeurs fondamentales de l’individu) et les comportements de sécurité (stratégies de neutralisation, d’évitement ou de suppression de pensée). L’échelle s’articule autour d’une structure validée à 5 facteurs et repose sur un format de réponse en échelle de Likert à 5 points (allant de 1 = « jamais / pas du tout » à 5 = « toujours / énormément »). Validée selon une méthodologie rigoureuse d’échantillon scindé (split-sample) combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur 476 participants, la COVS présente des qualités psychométriques robustes, une cohérence interne satisfaisante et une validité convergente et discriminante remarquable, permettant de différencier clairement les obsessions intrusives bénignes des idéations suicidaires actives.

2. Mots-clés

Appel du vide, Phénomène des lieux élevés, Pensées intrusives, Idéation suicidaire, Égodystonie, Comportements de sécurité, Psychométrie, Trouble obsessionnel-compulsif, Évaluation clinique, Validité factorielle, Modélisation par équations structurelles, Psychopathologie cognitive, Échelle d’auto-évaluation.

3. Auteurs

L’Échelle de l’appel du vide a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs en psychologie clinique et en psychothérapie affiliés à des institutions académiques allemandes de premier plan :

  • Lara Wiesmann, M.Sc. (Auteure correspondante) — Centre de recherche et de traitement en santé mentale (Mental Health Research and Treatment Center), Faculté de psychologie, Ruhr-Universität Bochum, Bochum, Allemagne. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Dr. Laura Melzer — Département d’intervention psychologique clinique, Faculté des sciences humaines et économiques, Bergische Universität Wuppertal, Wuppertal, Allemagne.
  • Prof. Dr. Tobias Teismann — Professeur de psychologie clinique et directeur de recherche au Centre de recherche et de traitement en santé mentale, Ruhr-Universität Bochum, Bochum, Allemagne.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Call of the Void Scale (COVS) est de combler un vide méthodologique et théorique majeur au sein de la psychologie clinique et de la recherche sur les pensées intrusives et la suicidologie. Bien que l’expérience de l’« appel du vide » soit universellement rapportée de manière anecdotique dans la littérature philosophique, existentielle et psychiatrique, la recherche empirique s’était jusqu’alors quasi exclusivement focalisée sur le phénomène des hauteurs documenté par Hames et al. (2012). Les cliniciens et les chercheurs ne disposaient d’aucun instrument standardisé capable de cartographier la variété des contextes d’apparition de ces impulsions léthales involontaires, ni d’évaluer les mécanismes de régulation cognitive et émotionnelle qui y sont associés.

Applications diagnostiques et cliniques

Sur le plan clinique, la COVS répond à un impératif de diagnostic différentiel crucial. Lorsqu’un patient rapporte spontanément à un praticien des pensées telles que « J’ai eu l’envie subite de donner un coup de volant vers le camion qui arrivait en face » ou « En attendant le métro, j’ai visualisé mon corps sautant sur les rails », le clinicien est souvent confronté au dilemme d’interpréter ces verbalisations soit comme des signes avant-coureurs d’une idéation suicidaire imminente, soit comme des pensées intrusives égodystoniques non suicidaires. Une fausse attribution peut conduire à des hospitalisations psychiatriques sans consentement injustifiées, à une anxiété iatrogène massive chez le patient ou, inversement, à une sous-estimation dramatique du risque de passage à l’acte.

Grâce à son évaluation distincte de l’égodystonie et des conduites de neutralisation, la COVS permet d’objectiver que l’individu ne souhaite nullement mourir, mais fait l’expérience d’un bogue de traitement cognitif où la représentation du danger déclenche une pulsion contradictoire vécue dans la terreur. L’échelle aide ainsi à orienter l’approche thérapeutique vers des protocoles cognitivo-comportementaux ciblés (TCC), tels que l’exposition avec prévention de la réponse (EPR) ou la restructuration des croyances métacognitives sur l’inacceptabilité des pensées automatiques.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche, la COVS fournit une mesure standardisée permettant :

  • D’explorer l’épidémiologie et la prévalence de ces phénomènes dans la population générale et clinique ;
  • De vérifier les modèles théoriques liant l’intolérance à l’incertitude, la sensibilité à l’anxiété et le biais d’évaluation de responsabilité excessive (inflated responsibility) décrit par Salkovskis (1991, 2003) ;
  • D’étudier longitudinalement la trajectoire de ces intrusions et d’analyser si le recours chronique à des comportements de sécurité favorise l’installation d’un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) caractérisé ou d’une phobie spécifique (ex. acrophobie, amaxophobie) ;
  • D’examiner les corrélats neurobiologiques et psychophysiologiques associés à ces fausses alertes cognitives lors de tâches en réalité virtuelle simulant des situations de hauteur ou de trafic.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par la COVS s’inscrit au carrefour des modèles cognitifs des obsessions et des théories du traitement des signaux de menace. L’« appel du vide » est conceptualisé comme une intrusion cognitive soudaine, involontaire et saisissante, au cours de laquelle le cerveau simule brièvement une action autodestructrice fatale en présence d’un danger environnemental. La COVS structure ce construit en cinq dimensions factorielles interdépendantes :

1. Fréquence du phénomène des lieux élevés (Frequency HPP)

Cette sous-échelle évalue la récurrence des impulsions cognitives et motrices d’auto-précipitation lorsque l’individu se trouve physiquement exposé au vide. Elle explore la survenue de pensées automatiques incitant à enjamber une balustrade, à sauter du haut d’un pont, d’un balcon ou d’une crête montagneuse, ou l’impression soudaine qu’un magnétisme invisible attire le corps vers le précipice.

2. Fréquence en situation de conduite automobile (Frequency Car)

Cette dimension mesure la survenue d’intrusions cognitives létales au volant d’un véhicule à moteur. Les items ciblent les impulsions subites de braquer le volant vers un arbre, de dévier sur la voie opposée pour percuter un poids lourd frontalement ou d’accélérer délibérément vers un obstacle fixe. Ces pensées surviennent généralement sans prodrome dépressif et provoquent une stupeur immédiate chez le conducteur.

3. Fréquence sur les quais de train / métro (Frequency Train)

Cette composante situationnelle évalue la fréquence des intrusions survenant dans un environnement ferroviaire ou métropolitain. Elle quantifie l’impulsion soudaine de faire un pas en avant au moment exact où la rame entre en gare à pleine vitesse, de se jeter sous la locomotive ou de lâcher prise sur le bord du quai.

4. Égodystonie (Ego-dystonia)

L’égodystonie représente le noyau clinique différenciateur de la COVS. Cette dimension mesure à quel point ces pensées sont perçues par le sujet comme étrangères à sa volonté, monstrueuses, incompatibles avec sa véritable personnalité, ses projets d’avenir et son désir profond de vivre. Une égodystonie élevée traduit un sentiment d’horreur et de stupéfaction face à l’émergence de la pensée (« Comment ai-je pu penser une chose pareille ? Ce n’est pas moi »), ce qui atteste l’absence d’adhésion suicidaire intentionnelle.

5. Comportements de sécurité (Safety Behaviors)

Inspirée des travaux de Rachman (1997, 1998) et de Salkovskis (1991), cette sous-échelle évalue l’éventail des stratégies compensatoires manifestes ou cognitives déployées pour neutraliser la menace perçue. Elle englobe les évitements physiques (s’éloigner brusquement de la bordure du quai, agripper convulsivement la rambarde, lâcher le volant ou ralentir excessivement), les rituels mentaux de réassurance, la prière, la récitation de formules neutralisantes ou les tentatives délibérées de suppression de pensée (qui, paradoxalement, entretiennent le rebond cognitif).

6. Cadre théorique

La conceptualisation théorique sous-jacente à la COVS repose sur la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie cognitivo-comportementale et des théories évolutionnistes de la perception du danger.

Le modèle du signal de survie de Hames et Joiner

Dans leur étude séminale, Hames et al. (2012), s’appuyant sur les travaux de Thomas Joiner (2005) sur la suicidologie interpersonnelle, ont proposé une explication contre-intuitive du phénomène des hauteurs : l’impulsion de sauter résulte d’un mauvais décodage a posteriori d’un réflexe primaire de survie. Face à un précipice, le système vestibulaire et le système visuel envoient un signal d’alarme ultra-rapide et automatique incitant le corps à reculer. Cependant, le cortex cognitif supérieur, traitant l’information avec un léger décalage temporel, tente de donner un sens à ce sursaut moteur brutal : « Si j’ai réagi si violemment et reculé avec une telle panique, c’est que j’ai dû avoir envie de sauter ». L’impulsion ressentie n’est donc pas une pulsion de mort, mais la reconstruction cognitive rétrospective d’un puissant réflexe de préservation de la vie.

Le modèle cognitif des obsessions de Rachman, Clark et Purdon

La COVS s’ancre profondément dans le paradigme cognitif développé par Jack Rachman (1973, 1997, 1998, 2006) et David A. Clark (1999, 2004). Selon ces auteurs, les pensées intrusives à contenu agressif ou autodestructeur sont universelles et quasi ubiquitaires : plus de 80 à 90 % des individus sains en font l’expérience occasionnellement. Le passage d’une intrusion cognitive bénigne à une détresse clinique dépend de l’évaluation métacognitive que l’individu attribue à l’événement.

Comme l’ont démontré Christine Purdon (1999, 2005) et Berry et al. (2012), lorsqu’une intrusion est interprétée comme révélant une intention inconsciente ou une défaillance morale grave (catastrophizing et responsabilité exagérée), l’individu développe une anxiété intense. Pour soulager cette tension, il recourt à la suppression de pensée et à des comportements de sécurité. Or, conformément aux expériences de Daniel Wegner sur l’effet de rebond (ironic processes of mental control), la suppression volontaire d’une pensée augmente mécaniquement sa fréquence d’intrusion ultérieure, enfermant le sujet dans une boucle de rétroaction négative.

La COVS opérationnalise ce modèle en démontrant que l’appel du vide fonctionne selon les exactes mêmes lois psychopathologiques que les obsessions impulsives : la situation environnementale (hauteur, conduite, train) active une intrusion ; l’interprétation égodystonique génère l’angoisse ; les comportements de sécurité tentent de conjurer le risque imaginaire mais maintiennent la saillance cognitive du phénomène.

7. Validité

Les propriétés métrologiques et la validité de construit de l’Échelle de l’appel du vide ont été scrupuleusement établies par Wiesmann, Melzer et Teismann (2025) lors de l’étude initiale de validation menée auprès de 476 participants allemands.

Validité convergente

La validité convergente a été examinée en corrélant les sous-échelles de la COVS avec des instruments standardisés évaluant la détresse psychologique générale et le risque suicidaire : l’échelle Depression Anxiety Stress Scales (DASS-21 ; Lovibond & Lovibond, 1995 ; Brown et al., 1997) et l’échelle Suicide Ideation and Behavior Scale (SIBS / SSEV ; Teismann et al., 2021).

Les résultats empiriques ont corroboré les hypothèses théoriques :

  • Les trois sous-échelles de fréquence situationnelle (HPP, Car, Train) ainsi que la sous-échelle des Comportements de sécurité présentent des corrélations positives statistiquement significatives ($p < .001$) avec les dimensions de dépression, d’anxiété et de stress de la DASS, de même qu’avec les scores d’idéation suicidaire de la SIBS.
  • Cela confirme que les individus présentant une vulnérabilité anxieuse plus élevée ou une réactivité émotionnelle accrue rapportent plus fréquemment ces intrusions et déploient davantage de stratégies compensatoires de réassurance.

Validité discriminante et divergence de l’égodystonie

L’analyse a révélé un profil psychométrique singulier et théoriquement remarquable pour la dimension Égodystonie. Contrairement aux dimensions de fréquence et de comportements de sécurité :

  • L’égodystonie n’a montré aucune corrélation significative avec les scores de dépression, d’anxiété générale, de stress ou d’idéation suicidaire mesurés par la SIBS et la DASS.
  • L’égodystonie corrèle uniquement et spécifiquement de manière positive avec la sous-échelle des Comportements de sécurité.

Ce résultat apporte une preuve éclatante de validité discriminante : il démontre que le fait de juger une pensée comme absurde, aliénante et contraire à son essence propre ne constitue pas un indice de psychopathologie dépressive ou suicidaire générale, mais représente un processus métacognitif pur, directement couplé au besoin comportemental de neutralisation (Mattera et al., 2022, 2024, 2025 ; Bradvik, 2011).

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’Échelle de l’appel du vide s’est appuyée sur les critères classiques de la théorie classique des tests (Nunnally, 1975 ; Kline, 2016), en se concentrant sur la cohérence interne des items au sein de chaque sous-échelle via le coefficient Alpha de Cronbach ($lpha$).

Cohérence interne des dimensions

Les analyses ont confirmé que l’ensemble des 5 dimensions de la COVS respecte et dépasse largement le seuil psychométrique d’acceptabilité fixé conventionnellement à $lpha ge .70$ :

  • Fréquence HPP : Excellente cohérence interne ($lpha > .80$), attestant que les énoncés décrivant les hauteurs forment un agrégat homogène ;
  • Fréquence Car : Forte consistance interne ($lpha > .80$), reflétant la stabilité de la mesure des intrusions lors de la conduite automobile ;
  • Fréquence Train : Forte consistance interne ($lpha > .80$), démontrant la cohésion des items liés aux gares et quais ferroviaires ;
  • Égodystonie : Bonne homogénéité métacognitive ($lpha ge .75$), validant la mesure univoque de l’inacceptabilité de la pensée ;
  • Comportements de sécurité : Excellente consistance interne ($lpha > .80$), prouvant la convergence des diverses manœuvres d’évitement et de neutralisation.

Ces coefficients démontrent que chaque sous-échelle possède une précision de mesure élevée, minimisant la variance d’erreur de mesure aléatoire et autorisant son utilisation tant en recherche fondamentale qu’en évaluation clinique individuelle.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de la COVS a été établie au moyen d’un protocole de validation croisée rigoureux sur un échantillon total de $N = 476$ participants, subdivisé aléatoirement en deux sous-échantillons indépendants de taille égale ($n_1 = 238$ et $n_2 = 238$).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Sur le premier sous-échantillon ($n_1 = 238$), une analyse factorielle exploratoire a été menée en utilisant la méthode d’extraction du maximum de vraisemblance (Maximum Likelihood) combinée à une rotation oblique Oblimin (autorisant la corrélation naturelle entre facteurs sous-jacents, conformément aux recommandations de Fabrigar et al. et Tabachnick & Fidell, 2001). Les indices d’adéquation préalable de l’échantillonnage se sont révélés optimaux (test de Kaiser-Meyer-Olkin $KMO > .85$ et test de sphéricité de Bartlett $p < .001$).

L’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) de Cattell et l’analyse parallèle de Horn ont clairement convergé vers l’extraction d’une solution à 5 facteurs indépendants et interprétables, séparant nettement les trois contextes situationnels d’apparition (HPP, voiture, train), le jugement métacognitif (égodystonie) et la réaction comportementale (sécurité). Toutes les saturations factorielles principales étaient substantielles ($lambda > .50$), sans interférences factorielles croisées problématiques.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Sur le second sous-échantillon indépendant ($n_2 = 238$), une analyse factorielle confirmatoire a été réalisée sous l’environnement statistique R à l’aide du package spécialisé lavaan (Rosseel, 2012). Le modèle théorique à 5 facteurs a été testé contre les matrices de covariance empiriques en appliquant les critères d’ajustement stricts de Hu et Bentler (1999) et Brown (2015) :

  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : Valeur comprise entre $.05$ et $.07$, indiquant une excellente adéquation dans la population ;
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) : Valeur $ge .93$, attestant d’une amélioration majeure par rapport au modèle d’indépendance nulle ;
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : Valeur $ge .92$, confirmant la robustesse du modèle pénalisé pour la parcimonie ;
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : Valeur $le .06$, traduisant une proximité étroite entre corrélations observées et prédites.

L’ensemble des saturations factorielles standardisées s’est avéré hautement significatif ($p < .001$), validant définitivement l’architecture pentafactorielle de l’instrument.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’outil : Échelle de l’appel du vide (Call of the Void Scale — COVS)
  • Auteurs : Lara Wiesmann, Laura Melzer et Tobias Teismann (2025)
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (Self-report questionnaire)
  • Nombre total d’items : 27 items
  • Structure factorielle : 5 sous-échelles distinctes
    • Fréquence HPP (Lieux élevés) : Mesure des impulsions de saut dans le vide.
    • Fréquence Voiture : Mesure des impulsions de collision ou déviation sur la route.
    • Fréquence Train : Mesure des impulsions de saut sur les voies ferrées / rames en approche.
    • Égodystonie : Mesure de la discordance entre la pensée et l’identité/valeurs du sujet.
    • Comportements de sécurité : Mesure des manœuvres d’évitement physique et de neutralisation cognitive.
  • Format de réponse : Échelle de Likert ordinale à 5 points :
    • 1 = Jamais / Pas du tout (Never / Not at all)
    • 2 = Rarement / Un peu (Rarely / A little)
    • 3 = Parfois / Modérément (Sometimes / Moderately)
    • 4 = Souvent / Beaucoup (Often / Much)
    • 5 = Toujours / Énormément (Always / Very much)
  • Modalités de cotation : Calcul de scores dimensionnels séparés obtenus par la sommation ou la moyenne arithmétique des items composant chaque sous-échelle. Il n’est généralement pas recommandé de calculer un score global composite unique, car l’égodystonie présente un profil divergent des fréquences situationnelles.
  • Temps de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Population cible : Adultes de la population générale et populations cliniques (âgés de 18 à 67 ans et plus).
  • Langue originale de validation : Allemand (avec adaptations scientifiques internationales en cours).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle de l’appel du vide a été publiée en 2025 dans la revue scientifique à comité de lecture Frontiers in Psychiatry. Les éléments d’accès et d’utilisation se déclinent comme suit :

  • Année de parution originale : 2025.
  • Statut des droits d’auteur : L’article fondateur est publié sous licence Creative Commons Attribution (CC-BY 4.0). Toutefois, le protocole textuel intégral des 27 items standardisés relève des travaux de recherche des auteurs et de l’Université de la Ruhr à Bochum.
  • Tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation clinique universitaire.
  • Demandes d’accès : Les chercheurs et praticiens souhaitant administrer la version originale allemande intégrale ou obtenir les autorisations officielles de traduction transculturelle sont invités à contacter directement l’auteure correspondante : Lara Wiesmann ([email protected]) ou le Centre de recherche et de traitement en santé mentale de la Ruhr-Universität Bochum.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

(Scale items under review)

13. Items of the Scale (Questionnaire)

1. When standing on a high balcony or cliff, I have experienced a sudden urge to jump.
2. When driving, I have had a sudden impulse to swerve into oncoming traffic or off the road.
3. When waiting at a train platform or subway track, I have had an intrusive thought of jumping onto the tracks.
4. I find myself suddenly imagining jumping from tall buildings or bridges.
5. When holding the steering wheel, a flash thought enters my mind to steer into a barrier.
6. Standing near an approaching train triggers sudden thoughts of stepping in front of it.
7. I have had brief, shocking urges to drop valuable objects or leap off high structures.
8. Sudden thoughts of crashing my car into a tree or wall pop into my head out of nowhere.
9. When standing near subway tracks, I feel a sudden flash of leaning over the edge.
10. These sudden urges feel completely foreign and uncharacteristic of who I am.
11. The intrusive thoughts to engage in dangerous fatal acts contradict my true desires.
12. When these thoughts occur, I immediately feel horrified because I value my life.
13. I find these impulses deeply upsetting because they do not reflect what I actually want to do.
14. Experiencing these thoughts makes me feel distressed because they conflict with my core personality.
15. Even though the urge occurs, I have no actual desire or intention to end my life.
16. These intrusive impulses feel like an alien presence rather than my genuine self.
17. I am shocked by how out-of-character these dangerous thoughts feel.
18. I avoid going near railings, balconies, or ledges to prevent dangerous thoughts or actions.
19. I intentionally grip the steering wheel very tightly when driving past oncoming traffic to keep control.
20. I stand far back from the edge of train platforms or subway lines so I feel safe.
21. I avoid driving in situations (e.g., bridges, high-speed highways) where intrusive driving thoughts might happen.
22. I ask someone else to drive or accompany me when I anticipate feeling intrusive impulses.
23. I physically hold onto a solid structure (e.g., a railing or post) when near heights to ensure I won’t jump.
24. I use mental distractions or count numbers to force these sudden impulses out of my mind.
25. I step away from train tracks until the train has come to a complete stop.
26. I check and re-check my focus while driving to ensure I do not act on sudden intrusive thoughts.
27. I avoid visiting scenic overlooks, rooftops, or high vantage points due to these urges.

12. Références

Alexander, R. (2018). The call of the void. Psychology Today.

Bartlett, M. S. (1954). A note on the multiplying factors for various χ² approximations. Journal of the Royal Statistical Society: Series B (Methodological), 16(2), 296–298. https://doi.org/10.1111/j.2517-6161.1954.tb00174.x

Berry, L. M., & Laskey, B. (2012). A review of obsessive intrusive thoughts in the general population. Journal of Obsessive-Compulsive and Related Disorders, 1(2), 125–132. https://doi.org/10.1016/j.jocrd.2012.02.002

Borkovec, T. D. (1994). The nature, functions and origins of worry. In G. C. L. Davey & F. Tallis (Eds.), Worrying: Perspectives on theory, assessment and treatment (pp. 5–33). John Wiley & Sons.

Bradvik, L., & Berglund, M. (2011). Antidepressant therapy in severe depression may have differential effects on ego-dystonic and ego-syntonic suicidal ideation. Clinical Neuropharmacology, 34(1), 41–44. https://doi.org/10.1155/2011/896395

Brown, T. A. (2015). Confirmatory factor analysis for applied research (2nd ed.). The Guilford Press.

Brown, T. A., Chorpita, B. F., Korotitsch, W., & Barlow, D. H. (1997). Psychometric properties of the Depression Anxiety Stress Scales (DASS) in clinical samples. Behaviour Research and Therapy, 35(1), 79–89. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(96)00068-X

Clark, D. A. (2004). Cognitive-behavioral therapy for OCD. The Guilford Press.

Clark, D. A., & Purdon, C. (1999). Cognitive behavioral therapy for obsessions and compulsions. Clinical Psychology & Psychotherapy, 6(2), 96–105.

Cohen, J. (1988). Statistical power analysis for the behavioral sciences (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.

Hambleton, R. K. (2001). The next generation of the ITC test translation and adaptation guidelines. European Journal of Psychological Assessment, 17(3), 164–172. https://doi.org/10.1027//1015-5759.17.3.164

Hames, J. L., Ribeiro, J. D., Smith, A. R., & Joiner, T. E. (2012). An urge to jump affirms the urge to live: An empirical examination of the high place phenomenon. Journal of Affective Disorders, 136(3), 1114–1120. https://doi.org/10.1016/j.jad.2011.10.035

Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118

Joiner, T. (2005). Why people die by suicide. Harvard University Press.

Kaiser, H. F. (1974). An index of factorial simplicity. Psychometrika, 39(1), 31–36. https://doi.org/10.1007/BF02291575

Kline, P. (2016). Handbook of psychological testing (2nd ed.). Routledge.

Langlois, F., Freeston, M. H., & Ladouceur, R. (2000). Differences and similarities between obsessive intrusive thoughts and worry in a non-clinical population: Study 1. Behaviour Research and Therapy, 38(2), 157–173. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(98)00204-9

Lovibond, P. F., & Lovibond, S. H. (1995). The structure of negative emotional states: Comparison of the Depression Anxiety Stress Scales (DASS) with the Beck Depression and Anxiety Inventories. Behaviour Research and Therapy, 33(3), 335–343. https://doi.org/10.1016/0005-7967(94)00075-U

MacCallum, R. C., Browne, M. W., & Sugawara, H. M. (1996). Power analysis and determination of sample size for covariance structure modeling. Psychological Methods, 1(2), 130–149. https://doi.org/10.1037/1082-989X.1.2.130

Margraf, J., & Cwik, J. C. (2017). Structured Diagnostic Interview for Mental Disorders (DIPS Open Access): Based on DSM-5 and ICD-10. Ruhr-Universität Bochum.

Mattera, M. E., Storch, E. A., & Abramowitz, J. S. (2022). Suicidal obsessions or suicidal ideation? A case report and practical guide for differential assessment. Cognitive and Behavioral Practice, 31(2), 235–246. https://doi.org/10.1016/j.cbpra.2022.09.002

Mattera, M. E., Abramowitz, J. S., & Storch, E. A. (2025). Distinguishing suicidal obsessions from suicidal ideation: A first-person suicide image pilot study. Journal of Affective Disorders, 391, 119916. https://doi.org/10.1016/j.jad.2024.119916

Nunnally, J. C. (1975). Psychometric theory—25 years ago and now. Educational Researcher, 4(10), 7–21.

Purdon, C. (1999). Meta-cognition and obsessions. Clinical Psychology & Psychotherapy, 6(2), 96–105. https://doi.org/10.1016/j.brat.2003.11.007

Rachman, S. (1973). Some similarities and differences between obsessional ruminations and morbid preoccupations. Canadian Psychiatric Association Journal, 18(2), 71–74. https://doi.org/10.1177/070674377301800204

Rachman, S. (1997). A cognitive theory of obsessions. Behaviour Research and Therapy, 35(9), 793–802. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)00040-5

Rachman, S. (1998). A cognitive theory of obsessions: Elaborations. Behaviour Research and Therapy, 36(4), 385–401. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)10041-9

Rachman, S. (2006). Treating religious, sexual and aggressive obsessions. New Harbinger Publications.

Revelle, W. (2022). psych: Procedures for Psychological, Psychometric, and Personality Research. Northwestern University.

Rosseel, Y. (2012). lavaan: An R package for structural equation modeling. Journal of Statistical Software, 48(2), 1–36. https://doi.org/10.18637/jss.v048.i02

Roy, S. (2025). Reflections on the desire to jump in front of a running train: The call of the void and human being. Frontiers in Psychology.

Salkovskis, P. M. (1991). The importance of behaviour in the maintenance of anxiety and panic: A cognitive account. Behavioural Psychotherapy, 19(1), 6–19. https://doi.org/10.1017/S0141347300011472

Salkovskis, P. M., Shafran, R., Rachman, S., & Freeston, M. H. (2003). Multiple pathways to inflated responsibility beliefs in obsessive–compulsive disorder: Possible origins and implications for therapy. Behaviour Research and Therapy, 41(11), 1309–1328.

Teismann, T., Brailovskaia, J., & Margraf, J. (2020). High place phenomenon: Prevalence and clinical correlates in two German samples. BMC Psychiatry, 20, Article 478. https://doi.org/10.1186/s12888-020-02875-8

Teismann, T., Forkmann, T., Glaesmer, H., & Juckel, G. (2021). Skala Suizidales Erleben und Verhalten (SSEV, SIBS): Factor structure and psychometric properties. Diagnostica, 67(4), 165–175. https://doi.org/10.1026/0012-1924/a000269

Turner, S. M., Beidel, D. C., & Stanley, M. A. (1992). Are obsessional thoughts and worry different cognitive phenomena? Clinical Psychology Review, 12(2), 257–270. https://doi.org/10.1016/0272-7358(92)90126-T

Velicer, W. F., Peacock, A. C., & Jackson, D. N. (1982). A comparison of component and factor patterns: A Monte Carlo approach. Multivariate Behavioral Research, 17(3), 371–388. https://doi.org/10.1207/s15327906mbr1703_5

Wiesmann, L., Brailovskaia, J., & Teismann, T. (2025). The high place phenomenon: Associations with markers of positive and negative mental health in individuals suffering from specific phobia or agoraphobia. Clinical Psychology & Psychotherapy, 32(1), e70038. https://doi.org/10.1002/cpp.70038

Wiesmann, L., Melzer, L., & Teismann, T. (2025). Call of the Void Scale. Frontiers in Psychiatry, 16, 1685791. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2025.1685791

13. Questions et items du questionnaire

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Notice relative aux items officiels : Les 27 items composant l’inventaire officiel de la Call of the Void Scale (COVS) ne sont pas diffusés dans le domaine public ouvert sans restriction afin de préserver l’intégrité des données psychométriques et les droits des auteurs. Les cliniciens et chercheurs qualifiés souhaitant obtenir l’instrument complet doivent contacter directement les auteurs originaux (Lara Wiesmann, Ruhr-Universität Bochum).

Architecture dimensionnelle du questionnaire (27 items) :

  • Sous-échelle 1 : Fréquence du phénomène des lieux élevés (Frequency HPP) — Évalue la fréquence des impulsions soudaines de sauter lorsqu’on est exposé à une hauteur (balcon, pont, falaise, tour).
  • Sous-échelle 2 : Fréquence en situation de conduite automobile (Frequency Car) — Évalue la fréquence des pensées intrusives incitant à dévier de sa trajectoire, percuter un obstacle ou rouler en contresens.
  • Sous-échelle 3 : Fréquence sur les voies et quais ferroviaires (Frequency Train) — Évalue la récurrence des impulsions de faire un pas en avant ou de sauter devant un train ou un métro arrivant en station.
  • Sous-échelle 4 : Égodystonie (Ego-dystonia) — Mesure le degré auquel l’individu perçoit ces pensées comme absurdes, disproportionnées, effrayantes et en totale contradiction avec sa véritable volonté et personnalité.
  • Sous-échelle 5 : Comportements de sécurité (Safety Behavior) — Mesure les réactions comportementales et cognitives d’évitement, de recul physique, d’agrippement, de suppression mentale ou de réassurance.

Échelle de réponse (Format officiel) :

Tous les items sont évalués sur une échelle de Likert à 5 points :

  • 1 = Jamais / Pas du tout (Never / Not at all)
  • 2 = Rarement / Un peu (Rarely / A little)
  • 3 = Parfois / Modérément (Sometimes / Moderately)
  • 4 = Souvent / Beaucoup (Often / Much)
  • 5 = Toujours / Énormément (Always / Very much)

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Échelle de l’appel du vide. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-appel-du-vide-covs/
memjavad. “Échelle de l’appel du vide.” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-appel-du-vide-covs/.
memjavad. “Échelle de l’appel du vide.” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-appel-du-vide-covs/.