1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’anxiété préscolaire de Spence (en anglais, Spence Preschool Anxiety Scale ou PAS) constitue l’un des instruments psychométriques hétéro-évaluatifs les plus rigoureusement validés pour le dépistage et l’évaluation des manifestations anxieuses chez les enfants d’âge préscolaire, âgés de 2 ans et demi à 6 ans et demi. Développée par Susan H. Spence, Ronald M. Rapee et leurs collaborateurs en 2001, cette échelle a été conçue pour transposer les critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV, puis alignée avec le DSM-5) à la sémiologie développementale propre à la petite enfance. L’instrument comprend un tronc commun de 28 items principaux cotés par les parents ou les tuteurs légaux sur une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Pas du tout vrai » / Not True at All) à 4 (« Très souvent vrai » / Very Often True), complété par une section facultative de dépistage des traumatismes comprenant 1 item dichotomique de filtre et 5 items évaluant le stress post-traumatique.
La structure factorielle standardisée du score global (somme des items 1 à 28) se décline en cinq sous-échelles corrélées reflétant les grands tableaux cliniques de la nosologie pédiatrique : l’anxiété généralisée (5 items), l’anxiété sociale (6 items), les peurs de blessures physiques (7 items), l’anxiété de séparation (5 items) et les manifestations obsessionnelles-compulsives (5 items). Les recherches psychométriques attestent d’une cohérence interne excellente, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,86 et 0,92 pour l’échelle totale, et entre 0,65 et 0,84 pour les facteurs spécifiques. La validité convergente et la fidélité test-retest confortent sa robustesse dans les contextes de recherche épidémiologique, d’évaluation clinique pédopsychiatrique et de suivi thérapeutique longitudinal en thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
2. Mots-clés / Keywords
Échelle d’anxiété préscolaire de Spence, PAS, anxiété infantile, petite enfance, anxiété de séparation, anxiété sociale, phobies spécifiques, trouble d’anxiété généralisée, psychométrie pédiatrique, évaluation parentale, DSM-5, validation transculturelle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en psychopathologie développementale de l’enfant et de l’adolescent :
- Susan H. Spence, Ph.D. : Professeure émérite à l’École de psychologie appliquée et au Griffith Health Institute, Université Griffith (Brisbane, Queensland, Australie). Spécialiste internationale des troubles anxieux et dépressifs chez les jeunes, elle a également mis au point la version pour enfants d’âge scolaire (Spence Children’s Anxiety Scale, SCAS). Contact académique : [email protected].
- Ronald M. Rapee, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au Centre for Emotional Health, Université Macquarie (Sydney, Nouvelle-Galles du Sud, Australie). Expert mondial des facteurs étiologiques et des interventions précoces dans l’anxiété sociale et familiale.
- Carolyn McDonald : Chercheuse associée en psychologie clinique, Centre for Emotional Health, Université Macquarie (Sydney, Australie).
- Marissa Ingram : Chercheuse et psychologue clinicienne affiliée à l’Université Macquarie (Sydney, Australie).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’anxiété préscolaire de Spence est d’offrir une évaluation psychométrique dimensionnelle et standardisée des symptômes anxieux spécifiquement adaptés au stade développemental des tout-petits (2,5 à 6,5 ans). Durant cette période critique, les manifestations émotionnelles et comportementales se situent souvent à la frontière ténue entre peurs transitoires normatives (peur du noir, méfiance envers les étrangers, réactions d’angoisse face à la séparation) et syndromes anxieux cliniquement significatifs nécessitant une intervention spécialisée. L’échelle répond à la nécessité impérieuse d’identifier précocement les profils à risque avant que les trajectoires d’évitement ou d’inhibition comportementale ne se cristallisent en troubles chroniques au début de la scolarisation formelle.
Dans les contextes cliniques, l’instrument permet aux pédopsychiatres, psychologues pour enfants et pédiatres d’établir un profil symptomatique multidimensionnel. Plutôt que de catégoriser l’enfant de manière binaire (anxieux / non-anxieux), le praticien obtient une cartographie différentielle des difficultés : prédominance de craintes somatiques, inhibitions sociales, rituels compulsifs, détresse de séparation ou inquiétudes diffuses incontrôlables. Ces données constituent un levier fondamental pour individualiser la formulation de cas clinique, concevoir des protocoles de guidance parentale et paramétrer les modules d’exposition graduelle en psychothérapie cognitive et comportementale. Par ailleurs, la répétition de la passation de l’outil au fil des séances fournit une mesure objective de l’efficacité thérapeutique et du rétablissement fonctionnel.
Sur le plan de la recherche scientifique, l’échelle comble un déficit historique en matière d’outils d’hétéro-évaluation adaptés à la petite enfance. Elle est intensivement mobilisée dans les études épidémiologiques longitudinales explorant la persistance des symptômes émotionnels, les trajectoires d’inhibition comportementale, l’influence des styles parentaux (surprotection, anxiété maternelle/paternelle), ainsi que dans les essais contrôlés randomisés évaluant des programmes d’intervention universelle ou ciblée (par exemple, le programme Cool Little Kids développé par l’équipe de Rapee). En garantissant une harmonisation étroite avec les taxonomies internationales du DSM, l’échelle facilite les comparaisons transculturelles et l’intégration des données dans les méta-analyses contemporaines.
5. Construit psychologique / Construct
L’architecture conceptuelle de l’échelle d’anxiété préscolaire de Spence repose sur un modèle hiérarchique : un facteur d’ordre supérieur d’anxiété globale sous-tend cinq composantes cliniques spécifiques distinctes mais corrélées, reflétant les entités nosologiques décrites chez le jeune enfant, complétées par un module d’impact traumatique :
1. L’anxiété généralisée (Generalized Anxiety – items 1, 4, 8, 14, 28)
Cette dimension capture la tendance à des inquiétudes excessives, diffuses, chroniques et incontrôlables portant sur des événements du quotidien. Chez l’enfant préscolaire, cela se manifeste par une incapacité à interrompre le flux d’inquiétudes (item 1), une tension motrice, une agitation ou une irritabilité consécutive à l’état de préoccupation (item 4), des perturbations du sommeil (difficultés d’endormissement dues aux soucis, item 8), un temps considérable de la journée monopolisé par des appréhensions variées (item 14) et un besoin persistant et disproportionné d’être rassuré par l’adulte face à des situations banales (item 28).
2. L’anxiété sociale (Social Anxiety – items 2, 5, 11, 15, 19, 23)
Ce construit quantifie la peur persistante et débilitante des contextes d’évaluation ou d’interaction sociale. Dans la sphère préscolaire, il s’exprime par la crainte de paraître ridicule ou incompétent (items 2 et 19), l’inhibition extrême à l’idée d’adresser la parole à un adulte référent tel que l’éducateur ou l’enseignant pour demander de l’aide (item 5), la panique ou le mutisme face à des individus inconnus (item 11), l’angoisse de performance lors de prises de parole en groupe (ex. le rituel du show and tell ou présentations collectives, item 15) et la réticence sévère à s’approcher d’un groupe de pairs pour s’intégrer à leurs jeux récréatifs (item 23).
3. Les peurs de blessures physiques (Physical Injury Fears – items 7, 10, 13, 17, 20, 24, 26)
Correspondant au spectre des phobies spécifiques de l’enfance, cette sous-échelle évalue les réactions de terreur face à des stimuli environnementaux ou situationnels concrets susceptibles de causer un dommage ou perçus comme menaçants : vertige et peur des hauteurs (item 7), claustrophobie ou évitement des espaces clos et bondés (item 10), astraphobie ou peur panique des orages (item 13), appréhension anxieuse du milieu aquatique ou de la natation (item 17), phobies zoologiques incluant les insectes/araignées (item 20) et les chiens (item 24), ainsi que l’achluophobie ou peur invalidante de l’obscurité (item 26).
4. L’anxiété de séparation (Separation Anxiety – items 6, 12, 16, 22, 25)
Cette dimension mesure la détresse développementalement inappropriée éprouvée par l’enfant lors de l’éloignement réel ou anticipé de ses figures d’attachement primaires. Les manifestations caractéristiques comprennent le refus ou l’extrême difficulté à s’endormir sans la présence du parent ou loin du domicile familial (item 6), les ruminations catastrophiques sur un malheur ou un accident survenant aux parents (item 12), la peur irrationnelle d’être victime d’un événement tragique (disparition, enlèvement) empêchant les retrouvailles (item 16), une détresse aiguë avec pleurs ou agrippement au moment de la dépose à la crèche, à l’école ou chez une garde d’enfants (item 22), et la récurrence de cauchemars thématisant la rupture du lien parental (item 25).
5. Les manifestations obsessionnelles-compulsives (Obsessive Compulsive Disorder – items 3, 9, 18, 21, 27)
Bien que le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) soit aujourd’hui classé de façon autonome dans le DSM-5, cette sous-échelle conserve une valeur diagnostique majeure en ciblant les rituels moteurs et mentaux précoces : vérifications répétitives (s’assurer qu’une porte est fermée, un robinet coupé, item 3), lavages compulsifs et itératifs des mains tout au long de la journée (item 9), exigences rigides d’ordre, de symétrie et de positionnement précis d’objets pour conjurer des catastrophes (item 18), pensées ou représentations mentales indésirables, absurdes et récurrentes (item 21), et recours à des pensées magiques répétitives (comptage, mots spéciaux) servant d’annulateur symbolique de la menace (item 27).
6. Dépistage des traumatismes et stress post-traumatique (items 29 à 34)
Un module complémentaire de 6 items évalue l’exposition à un choc traumatique potentiel (item 29 dichotomique Oui/Non avec description narrative), suivi, le cas échéant, de 5 items évaluant les symptômes cardinaux du trouble de stress post-traumatique (reviviscences nocturnes, réactivité de détresse aux rappels indiciels, reviviscences comportementales soudaines et activations neurovégétatives périphériques).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’échelle d’anxiété préscolaire de Spence s’inscrit au carrefour de trois paradigmes cardinaux de la psychologie contemporaine : la psychopathologie développementale, la théorie de l’attachement de John Bowlby et les modèles cognitivo-comportementaux du traitement de l’information émotionnelle théorisés notamment par Aaron T. Beck et Ronald M. Rapee.
Le postulat développementaliste soutient que l’anxiété n’est pas un phénomène figé mais une fonction adaptative dynamique évoluant selon les étapes du développement neurologique et cognitif. Selon Kagan et ses travaux sur l’inhibition comportementale face à la nouveauté, certains enfants possèdent une vulnérabilité tempéramentale neurobiologique (hyperréactivité amygdalienne) qui les prédispose aux réactions d’évitement. Spence et collaborateurs ont pris soin d’ancrer les items dans l’écologie concrète du préscolaire (le moment du coucher, les jeux partagés, la classe maternelle, la séparation matinale) afin de distinguer le pic normal des peurs enfantines d’une dérégulation émotionnelle caractérisée par sa persistance, son intensité disproportionnée et son coût adaptatif.
Le cadre théorique de l’attachement bowlbyen éclaire singulièrement la dimension d’anxiété de séparation. Face à une menace potentielle ou perçue, le système d’attachement de l’enfant est activé pour restaurer la proximité protectrice de la figure d’attachement (le caregiver). Lorsque ce mécanisme dysfonctionne, ou en présence d’un attachement insécure-anxieux/ambivalent, la perspective de séparation induit une panique catastrophique, illustrée par la crainte de disparition ou de mort parentale capturée par les items de l’échelle.
Sur le plan cognitivo-comportemental, les travaux de Rapee et Spence modélisent l’anxiété comme le produit de biais de traitement cognitif (hypervigilance envers les signaux de menace, surévaluation de la probabilité du danger et sous-estimation de ses propres compétences d’adaptation), renforcés par des boucles de rétroaction d’évitement comportemental et de réassurance parentale. Les comportements obsessionnels et de réassurance compulsive (items 18, 27, 28) agissent comme des stratégies de neutralisation de l’anxiété à court terme, mais verrouillent le trouble à long terme en empêchant l’habituation émotionnelle et la restructuration cognitive spontanée.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle d’anxiété préscolaire de Spence ont fait l’objet d’investigations exhaustives dans diverses cohortes cliniques et communautaires internationales.
Validité de construit
La validité de construit a été solidement corroborée dès l’étude princeps de Spence, Rapee, McDonald et Ingram (2001) menée auprès de 875 parents d’enfants d’âge préscolaire (âgés de 3 à 5 ans). Les analyses factorielles confirmatoires ont démontré que le modèle à cinq facteurs corrélés sous-tendus par un facteur d’ordre supérieur offrait un ajustement statistique satisfaisant aux données empiriques, confirmant que l’anxiété chez le jeune enfant est déjà différenciée en syndromes identifiables plutôt que vécue comme une détresse indifférenciée.
Validité convergente et concurrente
L’échelle présente des corrélations positives statistiquement significatives et élevées avec d’autres mesures de référence du tempérament et de la psychopathologie pédiatrique :
- Corrélations élevées avec les sous-échelles d’intériorisation (Internalizing problems) du Child Behavior Checklist (CBCL 1½-5) d’Achenbach (typiquement r = 0,68 à 0,78).
- Corrélations significatives avec les échelles d’inhibition comportementale et de timidité tempéramentale (ex. le Short Temperament Scale for Toddlers/Children).
- Les scores des sous-échelles spécifiques corrèlent de façon hautement congruente avec les symptômes correspondants évalués lors d’entretiens diagnostiques structurés conduits avec les parents (tels que l’Anxiety Disorders Interview Schedule for DSM-IV: Child and Parent Versions, ADIS-C/P).
Validité discriminante
La validité discriminante est appuyée par des corrélations faibles à modérées avec les échelles d’extériorisation comportementale (troubles des conduites, agressivité, oppositionnalisme) du CBCL (généralement r < 0,35), démontrant que l’outil isole précisément la symptomatologie internalisée sans la confondre avec l’agitation ou l’indiscipline générale. De surcroît, l’échelle discrimine de façon statistiquement robuste les enfants issus de populations cliniques référés pour des troubles anxieux des enfants issus d’échantillons communautaires tout-venant, ces derniers obtenant des scores moyens significativement plus faibles sur l’ensemble des dimensions.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de l’instrument est confortée par des indices de cohérence interne et de stabilité temporelle documentés dans de nombreuses publications internationales.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon de dérivation australien initial (Spence et al., 2001, N = 875), les coefficients de cohérence interne se sont révélés très satisfaisants :
- Score total d’anxiété (items 1 à 28) : α = 0,86 à 0,92 selon les sous-échantillons.
- Anxiété généralisée : α = 0,76 à 0,82.
- Anxiété sociale : α = 0,78 à 0,84.
- Peurs de blessures physiques : α = 0,72 à 0,79.
- Anxiété de séparation : α = 0,74 à 0,81.
- Manifestations obsessionnelles-compulsives : α = 0,65 à 0,73 (légèrement inférieur en raison du caractère plus rare et hétérogène de ces comportements à cet âge).
Des réplications ultérieures menées en Europe (Espagne, Italie, Pays-Bas) et en Asie (Chine, Japon) ont rapporté des valeurs d’alpha pour l’échelle globale systématiquement supérieures à 0,85.
Fidélité test-retest et accord inter-évaluateurs
La stabilité temporelle évaluée sur un intervalle de 2 à 4 semaines auprès d’échantillons communautaires montre des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) ou de corrélation de Pearson de l’ordre de r = 0,75 à 0,88 pour le score total, indiquant une consistance remarquable des observations parentales en l’absence de thérapie. L’accord inter-juges entre père et mère (accord inter-parental) se situe dans une fourchette modérée à bonne (r = 0,55 à 0,70), ce qui concorde avec la littérature générale en hétéro-évaluation pédiatrique où les contextes d’interaction parent-enfant peuvent varier légèrement.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La clarification de la structure factorielle a constitué l’un des apports méthodologiques majeurs de l’article de Spence et al. (2001). Initialement, les auteurs ont conduit des analyses factorielles exploratoires (AFE) sur un premier sous-échantillon, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) par modélisation en équations structurales (SEM) sur un second sous-échantillon indépendant pour départager plusieurs modèles théoriques concurrents :
- Un modèle unidimensionnel où l’ensemble des items reflèterait un facteur d’anxiété général sans différenciation.
- Un modèle à cinq facteurs indépendants (non corrélés).
- Un modèle à cinq facteurs corrélés de premier ordre.
- Un modèle hiérarchique comprenant un facteur général d’ordre supérieur (« Anxiété globale ») expliquant la variance commune entre les cinq facteurs de premier ordre (Anxiété généralisée, Anxiété sociale, Peurs de blessures physiques, Anxiété de séparation, et Manifestations obsessionnelles-compulsives).
Les indices d’ajustement ont unanimement confirmé la supériorité du modèle hiérarchique à cinq facteurs (ou du modèle à 5 facteurs corrélés, empiriquement quasi-équivalent). Les saturations factorielles des items sur leurs dimensions respectives sont robustes, la majorité se situant entre 0,45 et 0,78. Par exemple, les items de phobies physiques (comme les orages ou les chiens) présentent des saturations très élevées (> 0,60) sur le facteur « Physical Injury Fears », tandis que les items d’inhibition sociale (parler devant le groupe, aborder des pairs) chargent lourdement sur l’anxiété sociale. Les corrélations entre les cinq facteurs de premier ordre sont modérées à fortes (allant de 0,40 à 0,65), justifiant pleinement l’extraction du score total d’anxiété globale.
Les recherches d’invariance de mesure à travers les genres (filles vs garçons) et les groupes d’âge (2,5-4 ans vs 4-6,5 ans) confirment une invariance métrique et scalaire, garantissant que les différences de scores observées reflètent d’authentiques variations cliniques plutôt qu’un biais d’instrumentation.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé à remplir de manière autonome par les parents ou les personnes assurant la garde principale de l’enfant :
- Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé hétéro-évalué par les parents (parent-report).
- Population cible : Enfants d’âge préscolaire, généralement âgés de 2 ans et demi à 6 ans et demi (30 à 78 mois).
- Nombre total d’items : 34 items au total, structurés en :
- 28 items principaux cotés sur une échelle ordinale (items 1 à 28).
- 1 item filtre dichotomique sur l’exposition traumatique (item 29 : Oui / Non avec description narrative qualitative).
- 5 items additionnels de stress post-traumatique complétés uniquement si l’item 29 est positif (items 30 à 34).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points de fréquence/vraisemblance cotée de 0 à 4 :
- 0 = Not True at All (Pas du tout vrai)
- 1 = Seldom True (Rarement vrai)
- 2 = Sometimes True (Parfois vrai)
- 3 = Quite Often True (Assez souvent vrai)
- 4 = Very Often True (Très souvent vrai)
- Cotation et sous-échelles :
- Generalized Anxiety (Anxiété généralisée) : Somme des items 1 + 4 + 8 + 14 + 28 (Score de 0 à 20).
- Social Anxiety (Anxiété sociale) : Somme des items 2 + 5 + 11 + 15 + 19 + 23 (Score de 0 à 24).
- Obsessive Compulsive disorder (Trouble obsessionnel-compulsif) : Somme des items 3 + 9 + 18 + 21 + 27 (Score de 0 à 20).
- Physical Injury Fears (Peurs de blessures physiques) : Somme des items 7 + 10 + 13 + 17 + 20 + 24 + 26 (Score de 0 à 28).
- Separation Anxiety (Anxiété de séparation) : Somme des items 6 + 12 + 16 + 22 + 25 (Score de 0 à 20).
- Score Total d’Anxiété (Total Score) : Somme arithmétique globale des items 1 à 28 (Score variant de 0 à 112).
- Module optionnel de stress post-traumatique (items 30 à 34) : Somme des items 30 à 34 (Score de 0 à 20), analysé séparément.
- Durée approximative de passation : Environ 8 à 12 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’Échelle d’anxiété préscolaire de Spence a été formellement publiée dans sa version de référence en 2001 par Susan H. Spence, Ronald M. Rapee, Carolyn McDonald et Marissa Ingram. Fidèle à la philosophie de diffusion académique de sa créatrice, l’instrument est mis à disposition sous un régime de libre accès pour la recherche non commerciale et la pratique clinique (Open Access / Free for Research and Clinical Practice).
Les cliniciens, psychiatres, psychologues et chercheurs universitaires peuvent télécharger librement le questionnaire, ses clés de cotation, ainsi que les tables normatives correspondantes (établies par tranches d’âge et par sexe) directement sur le portail officiel dédié conçu par la Pr Spence : www.scaswebsite.com. Aucune redevance financière ni redevance de licence n’est requise pour un usage clinique direct ou dans le cadre de protocoles d’investigation académique à but non lucratif. Toute utilisation à des fins commerciales, intégration dans des progiciels payants ou modification substantielle de la structure de l’échelle requiert en revanche l’autorisation écrite formelle des détenteurs des droits d’auteur.
12. Références / References
Voici les références bibliographiques fondamentales au format APA (7e édition) documentant la construction, la validation et les applications de l’instrument :
- Spence, S. H., Rapee, R., McDonald, C., & Ingram, M. (2001). The structure of anxiety symptoms among preschoolers. Behaviour Research and Therapy, 39(11), 1293–1316. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(00)00098-X
- Spence, S. H. (1997). Structure of anxiety symptoms among children: A confirmatory factor-analytic study. Journal of Abnormal Psychology, 106(2), 280–297. https://doi.org/10.1037/0021-843X.106.2.280
- Spence, S. H., Barrett, P. M., & Turner, C. M. (2003). Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale with young adolescents. Journal of Anxiety Disorders, 17(6), 605–625. https://doi.org/10.1016/S0887-6185(02)00236-0
- Edwards, S. L., Rapee, R. M., Kennedy, S., & Spence, S. H. (2010). The assessment of anxiety symptoms in preschool-aged children: The revised Preschool Anxiety Scale. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 39(3), 400–409. https://doi.org/10.1080/15374411003691701
- Rapee, R. M., Kennedy, S., Ingram, M., Edwards, S., & Sweeney, L. (2005). Prevention and early intervention of anxiety disorders in inhibited preschool children. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 73(3), 488–497. https://doi.org/10.1037/0022-006X.73.3.488