Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS)

Découvrez l’Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS) : cadre théorique de Hull-Spence, validité, fidélité, analyse factorielle et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (Taylor’s Manifest Anxiety Scale, TMAS) constitue l’un des instruments pionniers et fondamentaux de l’évaluation psychométrique de l’anxiété en tant que trait général de personnalité. Développée initialement par la psychologue américaine Janet Taylor Spence au début des années 1950 au sein de l’Université de l’Iowa, cette échelle a été conçue pour opérationnaliser le concept d’anxiété manifeste conçu comme une pulsion interne ou un niveau d’activation générale (« drive ») dans le cadre théorique de l’apprentissage élaboré par Clark L. Hull et Kenneth W. Spence. L’objectif premier n’était pas purement nosologique ou diagnostique, mais expérimental : identifier les différences individuelles d’excitabilité et de réactivité physiologique susceptibles d’influencer la performance lors de tâches de conditionnement classique et d’apprentissage moteur ou verbal.

L’instrument se compose classiquement de 50 items cibles issus du pool initial d’items du Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI), sélectionnés par consensus d’experts cliniciens pour leur représentativité des manifestations manifestes et somatiques de l’angoisse. Les items adoptent un format d’auto-évaluation binaire dichotomique (Vrai / Faux). Au fil des décennies, des variantes abrégées comportant 28, 38 ou 50 items ont été standardisées et traduites à travers le monde. Les dimensions sous-jacentes englobent l’anxiété chronique, l’hyperréactivité autonome et somatosensorielle, les troubles du sommeil associés aux tensions internes, le sentiment d’inadéquation personnelle et la tension musculaire motrice. Sur le plan psychométrique, le TMAS présente une excellente cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,82 et 0,91) ainsi qu’une fidélité test-retest remarquable à court et moyen terme ($r = 0,81$ à $0,89$). Sa validité de construit et sa validité convergente avec d’autres mesures de détresse psychologique comme le STAI (State-Trait Anxiety Inventory) et le BDI (Beck Depression Inventory) en font une mesure historique incontournable en psychométrie clinique et expérimentale.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’anxiété manifeste de Taylor, TMAS, anxiété-trait, psychométrie, théorie de l’apprentissage de Hull-Spence, Minnesota Multiphasic Personality Inventory, hyperréactivité autonome, somatisation, évaluation clinique, fidélité test-retest, validité de construit, auto-évaluation psychologique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée par :

4. Objectif / Purpose

L’Échelle d’anxiété manifeste de Taylor a été spécifiquement conçue pour combler une lacune méthodologique majeure qui entravait la recherche expérimentale sur le comportement au milieu du XXe siècle : l’absence d’un instrument psychométrique standardisé, objectif et économique permettant de quantifier le niveau de pulsion (« drive » $D$) d’un individu en laboratoire. Dans les paradigmes classiques de conditionnement palpébral (eyeblink conditioning) développés par Kenneth Spence, les chercheurs avaient besoin de stratifier les sujets humains en fonction de leur niveau présumé d’excitabilité émotionnelle de base afin d’éprouver les hypothèses formulées par Clark Hull sur l’interaction entre l’habitude ($H$) et la pulsion ($D$) dans la force de la réponse ($E = H \times D$). Janet Taylor a postulé que l’anxiété clinique ou manifeste représentait l’analogue humain le plus direct de l’état de pulsion générale accrue.

En pratique clinique et psychologique, l’objectif du TMAS a rapidement dépassé le strict cadre du laboratoire de psychologie expérimentale. L’échelle est devenue un outil de dépistage systématique de la vulnérabilité anxieuse générale, permettant :

  • D’évaluer la sévérité globale des symptômes manifestes, comportementaux, cognitifs et végétatifs de l’anxiété chronique chez des populations étudiantes, professionnelles ou psychiatriques ;
  • D’analyser la contribution de l’anxiété de trait dans les dysfonctionnements cognitifs, notamment les déficits attentionnels, la vulnérabilité au stress et la baisse de performance lors de tâches académiques complexes ;
  • De différencier les populations cliniques souffrant de troubles névrotiques ou de troubles de l’humeur par rapport aux témoins sains, en observant la composante somatique prédominante de leur symptomatologie ;
  • D’explorer les interrelations théoriques entre l’anxiété manifeste, les mécanismes de défense psychologiques et les comportements d’inhibition ou d’évitement.

Sur le plan de la justification clinique contemporaine, le TMAS conserve un intérêt diagnostique et heuristique prépondérant pour documenter l’évolution longitudinale des symptômes physiques de l’anxiété (manifestations cardiovasculaires, gastro-intestinales, motrices et neurovégétatives) que les inventaires contemporains plus cognitifs négligent parfois au profit des ruminations ou des métacognitions.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par le TMAS est l’anxiété manifeste (manifest anxiety), définie comme une tendance durable de la personnalité à présenter des réactions manifestes, observables et conscientes de tension intérieure, d’appréhension et d’hyperexcitabilité du système nerveux autonome. Contrairement aux approches psychanalytiques de l’époque qui se focalisaient sur les conflits inconscients refoulés, Taylor a délibérément ciblé les signes accessibles à l’introspection directe du patient. Bien que conçue initialement comme une mesure globale unidimensionnelle de l’anxiété générale, l’analyse approfondie du contenu révèle cinq facettes distinctes mais étroitement corrélées :

1. L’anxiété chronique et l’appréhension cognitive diffuse

Cette dimension reflète un état de préoccupation perpétuelle, d’attente anxieuse et d’anticipation constante d’événements néfastes futurs. Les individus à score élevé rapportent s’inquiéter de manière excessive pour des motifs mineurs et expriment un sentiment récurrent d’insécurité psychologique. Des énoncés comme l’item 8 (« I worry quite a bit over possible misfortunes ») ou l’item 24 (« I feel anxiety about something or someone almost all of the time ») capturent cette hypervigilance cognitive permanente.

2. L’hyperréactivité physiologique et autonome

L’activation du système nerveux autonome sympathique constitue le cœur somatique du construit du TMAS. Cette composante quantifie la propension à déclencher des réponses végétatives intenses en réponse à des stimuli neutres ou modérément stressants : sueurs profuses même par temps frais (item 12), palpitations cardiaques et dyspnée (item 14), perturbations gastro-intestinales (diarrhée, spasmes digestifs ; items 7 et 17), rougissements incontrôlés (items 10 et 13) et instabilité vasomotrice périphérique (item 11).

3. Les troubles du sommeil et la tension nocturne

L’angoisse interfère directement avec la régulation des cycles veille-sommeil. Les individus anxieux manifestent des insomnies d’endormissement dues à une rumination incessante, un sommeil agité et haché, ainsi qu’une hyperémotivité nocturne. Cette dimension est illustrée par l’item 18 (« I have had periods in which I lost sleep over worry ») et l’item 27 (« Sometimes I become so excited I find it hard to get to sleep »), traduisant une incapacité chronique au désengagement cognitif et à l’apaisement somatique.

4. Le sentiment d’inadéquation personnelle et la vulnérabilité sociale

Cette facette évalue la composante affective négative et l’érosion de l’auto-efficacité. L’anxiété manifeste s’accompagne d’une hypersensibilité au jugement d’autrui, d’un sentiment d’embarras récurrent, d’un manque aigu de confiance en soi et d’une auto-évaluation dévalorisante. Les items 19 (« I am easily embarrassed »), 31 (« I certainly feel useless at times ») et 36 (« I am certainly lacking in self-confidence ») mesurent la fragilité de l’estime de soi sous-jacente au tableau anxieux.

5. La tension motrice et l’agitation psychomotrice

La décharge motrice de la pulsion anxieuse se traduit par des manifestations neuromusculaires concrètes : tremblements des extrémités lors de l’exécution de mouvements volontaires (item 5), sentiment permanent de travailler sous une tension insupportable (item 4), impatience motrice face à l’attente (item 26) et sensation d’effondrement psychologique imminent (item 37).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de la TMAS s’enracine directement dans le courant néo-béhavioriste américain des années 1940-1950, et plus particulièrement dans la théorie de la réduction de la pulsion de Hull-Spence (Hull-Spence drive theory). Clark L. Hull avait formalisé un modèle mathématique rigoureux de la performance comportementale selon lequel le potentiel d’évocation d’une réponse ($_{S}E_{R}$) est le produit multiplicatif de la force de l’habitude ($_{S}H_{R}$) et de la pulsion totale non spécifique présente dans l’organisme ($D$), soit :

$_{S}E_{R} = _{S}H_{R} \times D$

Kenneth W. Spence a étendu cette formulation en postulant que les stimuli aversifs inconditionnés suscitent une réponse émotionnelle interne implicite ($r_{e}$), dotée de propriétés dynamogéniques augmentant le niveau global de $D$. Janet Taylor a émis l’hypothèse complémentaire selon laquelle les individus diffèrent de façon stable et mesurable dans l’intensité de cette réaction émotionnelle : les personnes hautement anxieuses posséderaient une réactivité émotionnelle de base ($r_{e}$) plus vive, ce qui induit un niveau de pulsion ($D$) systématiquement plus élevé que chez les sujets faiblement anxieux.

Ce cadre théorique entraîne des prédictions expérimentales différentielles majeures, abondamment documentées dans la littérature psychologique :

  • Tâches d’apprentissage simples : Lorsque la réponse requise est la seule réponse dominante de la hiérarchie des habitudes de l’individu (comme le réflexe de clignement d’œil lors d’un souffle d’air cornéen), une augmentation de $D$ démultiplie directement la force de l’habitude dominante. Par conséquent, les individus ayant un score élevé au TMAS acquièrent le conditionnement plus rapidement que les individus à faible score.
  • Tâches d’apprentissage complexes ou compétitives : Lors de tâches impliquant de multiples réponses concurrentes (par exemple, l’apprentissage de listes de syllabes sans sens avec fortes interférences ou la résolution de problèmes abstraits), l’élévation de $D$ dynamise simultanément les réponses erronées si celles-ci sont initialement plus fortes dans la hiérarchie que la réponse correcte. En conséquence, les sujets à score élevé au TMAS voient leur performance chuter comparativement aux sujets peu anxieux, validant la fameuse loi de Yerkes-Dodson sur la relation en U inversé entre activation et performance.

Le TMAS a ainsi marqué une rupture épistémologique historique : il a permis de transposer les théories de l’apprentissage animal au domaine de la psychologie de la personnalité humaine en reliant l’introspection clinique aux mécanismes neurophysiologiques et comportementaux.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques du TMAS ont fait l’objet de centaines d’investigations empiriques au sein de la littérature internationale, confirmant la robustesse de sa validité sous divers aspects :

Validité de construit

La validité de construit a été initialement établie par la méthode des juges experts. Janet Taylor a soumis 200 items du MMPI à cinq cliniciens chevronnés (psychiatres et psychologues cliniciens) avec la consigne stricte de ne retenir que les items décrivant indiscutablement des manifestations patentes d’anxiété conformément aux observations cliniques. Un accord unanime a été atteint sur environ 65 items, réduit ultérieurement à 50 items présentant les meilleurs indices de discrimination item-total ($r_{bis} > 0,40$). Les études expérimentales ont ensuite validé que les individus du quartile supérieur au TMAS conditionnent significativement plus vite dans le paradigme palpébral que ceux du quartile inférieur, vérifiant ainsi l’hypothèse théorique sous-jacente.

Validité convergente

Le TMAS présente des corrélations positives élevées et statistiquement significatives avec les instruments d’évaluation de l’anxiété et du névrosisme développés ultérieurement :

  • Corrélation de $r = 0,73$ à $0,85$ avec l’échelle d’anxiété-trait du STAI (State-Trait Anxiety Inventory de Spielberger) ;
  • Corrélation de $r = 0,70$ à $0,81$ avec l’échelle de névrosisme de l’EPI (Eysenck Personality Inventory) et de l’EPQ d’Eysenck ;
  • Corrélation modérée à forte de $r = 0,60$ à $0,72$ avec l’inventaire de dépression de Beck (BDI), traduisant le facteur commun d’affectivité négative partagé par les troubles anxieux et dépressifs ;
  • Corrélation de $r = 0,78$ avec l’échelle d’anxiété de l’IPAT de Cattell.

Validité discriminante

Bien que le TMAS partage une variance commune avec la dépression en raison du construit global de détresse psychologique, il discrimine avec précision les individus souffrant de troubles anxieux caractérisés (trouble panique, anxiété généralisée) des populations cliniques non anxieuses (schizophrénie stabilisée, troubles de la personnalité sans composante anxieuse, témoins sains sans psychopathologie). Les corrélations avec les traits de personnalité sans lien théorique direct avec la névrose (comme l’ouverture à l’expérience ou l’agréabilité du modèle Big Five) sont faibles ou négligeables ($r < 0,15$).

Validité prédictive

De nombreuses études ont démontré que les scores élevés au TMAS prédisent avec succès la réactivité physiologique au stress en laboratoire (élévation accrue de la conductance cutanée, libération amplifiée de cortisol salivaire, accélération de la fréquence cardiaque sous menace de choc électrique) ainsi que les difficultés d’ajustement émotionnel face aux stresseurs académiques et professionnels réels.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique du TMAS a été solidement documentée sur des cohortes variées, attestant d’une grande stabilité temporelle et d’une cohérence interne robuste :

Cohérence interne

Bien que les items soient hétérogènes dans leurs manifestations (alternant signes somatiques, cognitifs et affectifs), le coefficient de cohérence interne mesuré par la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) ou par l’alpha de Cronbach oscille de manière constante entre 0,82 et 0,92 selon les échantillons étudiés :

  • Échantillon initial d’étudiants de l’Iowa (Taylor, 1953) : KR-20 estimé à 0,89 ;
  • Études de réplication clinique en psychiatrie adulte : coefficients $\alpha$ variant de 0,86 à 0,91 ;
  • Forme abrégée de 38 items : $\alpha = 0,84$ ; forme de 28 items : $\alpha = 0,82$.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle est particulièrement remarquable, attestant que le TMAS quantifie un trait durable de personnalité plutôt qu’un état émotionnel transitoire :

  • À un intervalle de 3 semaines : coefficient de corrélation test-retest $r = 0,89$ (Taylor, 1953) ;
  • À un intervalle de 4 semaines : $r = 0,88$ ;
  • À un intervalle de 5 mois : $r = 0,82$ ;
  • À un intervalle de 9 à 17 mois : les coefficients de fidélité demeurent remarquablement stables, se maintenant entre 0,68 et 0,74, illustrant la persistance à long terme de l’anxiété de trait chez l’adulte.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que Janet Taylor ait initialement postulé un construit global unidimensionnel, l’application ultérieure des techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) a permis de clarifier la structure multidimensionnelle interne du TMAS.

Structure factorielle exploratoire (AFE)

Dès les années 1960 et 1970, des analyses factorielles en composantes principales suivies de rotations Varimax ou Oblimin ont été menées sur les 50 items (notamment par O’Connor, Lorr, et Swang). Ces investigations ont systématiquement mis en évidence l’existence d’un facteur général d’ordre supérieur (« Névrosisme / Affectivité négative ») qui explique entre 28 % et 36 % de la variance totale, ainsi que plusieurs facteurs primaires distincts :

  • Facteur 1 : Réactivité autonome et somatisation (items saturants : 7, 10, 11, 12, 13, 14, 16, 17 ; saturations comprises entre 0,42 et 0,68). Ce facteur regroupe les manifestations physiques et végétatives de l’anxiété.
  • Facteur 2 : Appréhension cognitive et inquiétude chronique (items saturants : 8, 21, 24, 28, 29 ; saturations de 0,48 à 0,72). Il capture la propension aux ruminations et aux soucis disproportionnés.
  • Facteur 3 : Inadéquation personnelle et mésestime de soi (items saturants : 31, 35, 36, 40, 46, 47 ; saturations de 0,51 à 0,75). Il renvoie à la certitude de manquer de valeur ou de compétence personnelle.
  • Facteur 4 : Agitation motrice et tension neuromusculaire (items saturants : 4, 5, 26, 34, 44 ; saturations de 0,40 à 0,65). Ce facteur capture l’agitation physique et la sensation d’être sous tension permanente.
  • Facteur 5 : Perturbations du sommeil et labilité affective (items saturants : 18, 22, 23, 27, 30 ; saturations de 0,38 à 0,61).

Modélisation confirmatoire (AFC)

Les études modernes d’analyse factorielle confirmatoire démontrent qu’un modèle hiérarchique bifactoriel (un facteur général d’anxiété manifeste associé à des facteurs de groupe spécifiques pour les manifestations somatiques et cognitives) présente un ajustement supérieur aux données comparé au modèle strictement unidimensionnel : indices d’ajustement $CFI > 0,91$, $TLI > 0,90$, et $RMSEA \approx 0,052$. Cette structure confirme que le score total reflète fidèlement un niveau général d’anxiété tout en agrégeant des signaux somatopsychiques hautement différenciés.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques opérationnelles et les modalités d’administration du TMAS se présentent comme suit :

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory) évaluant la personnalité et l’anxiété de trait.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée individuelle/collective.
  • Nombre d’items : 50 items cibles dans la forme originale standard (la version expérimentale complète comportait 225 items au total, intégrant 175 items neutres du MMPI servant de « leurres » ou tampons pour dissimuler l’objet réel du test). La version isolée la plus couramment utilisée comprend 38 à 50 items.
  • Format de réponse : Choix forcé dichotomique binaire : True (Vrai) ou False (Faux).
  • Modalités de cotation :
    • Chaque réponse indiquant la présence d’une manifestation anxieuse reçoit la valeur de 1 point.
    • Chaque réponse indiquant l’absence d’anxiété reçoit la valeur de 0 point.
    • Le score total varie de 0 à 50 (pour la version intégrale de 50 items) ou de 0 à 38 (pour la forme réduite).
  • Clé de cotation (Scoring Key) :
    • Items cotés « Vrai » (True = 1 point) : 4, 5, 7, 8, 10, 12, 13, 15, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 24, 26, 27, 28, 29, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37 (ainsi que les items 39, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49 dans l’extension à 50 items).
    • Items inversés cotés « Faux » (False = 1 point) : 1, 2, 3, 6, 9, 11, 14, 16, 23, 25, 30, 38 (et 50).
  • Interprétation normative :
    • Score de 0 à 12 : Niveau d’anxiété faible à très faible (stabilité émotionnelle élevée).
    • Score de 13 à 19 : Niveau d’anxiété moyen / normatif dans la population générale.
    • Score de 20 à 27 : Anxiété modérée à élevée (vulnérabilité au stress notable).
    • Score de 28 à 50 : Anxiété manifeste sévère à très sévère (symptomatologie somatique et cognitive majeure, pertinence d’une investigation clinique).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Les informations relatives au statut juridique, aux droits d’utilisation et à l’historique du test sont les suivantes :

  • Année de publication initiale : 1951 (première version de travail universitaire) ; publication de référence officielle en 1953 dans le Journal of Abnormal and Social Psychology.
  • Statut des droits d’auteur et domaine public : L’article original de 1953 a publié l’intégralité des items sans dépôt de brevet commercial restrictif. De nos jours, le TMAS classique est considéré dans la communauté scientifique internationale comme un instrument faisant partie du domaine public académique à des fins exclusives de recherche scientifique et d’enseignement supérieur.
  • Frais d’utilisation : Gratuit ($0) dans le cadre de recherches non commerciales, d’études universitaires et de thèses. Aucun droit d’usage n’est exigible pour l’échelle autonome historique.
  • Restrictions relatives au MMPI : Étant donné que les items d’origine sont extraits du MMPI (détenu commercialement par University of Minnesota Press), la reproduction d’instruments dérivés à visée commerciale lucrative peut être soumise à des restrictions de propriété intellectuelle. Toutefois, l’utilisation académique de l’échelle TMAS de Taylor en tant qu’instrument de recherche autonome est universellement admise et libre de droits.

12. Références / References

Les références fondatrices et études psychométriques de référence relatives au TMAS comprennent :

  • Bendig, A. W. (1956). The development of a short form of the Manifest Anxiety Scale. Journal of Consulting Psychology, 20(5), 384. https://doi.org/10.1037/h0045580
  • Hull, C. L. (1943). Principles of Behavior: An Introduction to Behavior Theory. Appleton-Century-Crofts.
  • Spence, K. W. (1956). Behavior Theory and Conditioning. Yale University Press. https://doi.org/10.1037/10029-000
  • Spence, K. W., & Taylor, J. A. (1951). Anxiety and strength of the UCS as determiners of the amount of eyelid conditioning. Journal of Experimental Psychology, 42(3), 183–188. https://doi.org/10.1037/h0061585
  • Swang, J. I. (1974). The « AAA Syndrome »: Relationships Between Alienation, Anxiety and Aggression (Publication No. 7511254) [Doctoral dissertation, University of Oklahoma Health Sciences Center]. University Microfilms International.
  • Taylor, J. A. (1951). The relationship of anxiety to the conditioned eyelid response. Journal of Experimental Psychology, 41(2), 81–92. https://doi.org/10.1037/h0059485
  • Taylor, J. A. (1953). A personality scale of manifest anxiety. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 48(2), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0056264
  • Taylor, J. A. (1956). Drive theory and manifest anxiety. Psychological Bulletin, 53(4), 303–320. https://doi.org/10.1037/h0045638

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: True / False

  1. I do not tire quickly
  2. I believe I am no more nervous than others
  3. I have very few headaches
  4. I work under a great deal of tension
  5. I frequently notice my hand shakes when I try do something
  6. I blush no more often than others
  7. I have diarrhea one a month or more
  8. I worry quite a bit over possible misfortunes
  9. I practically never blush
  10. I am often afraid that I am going to blush
  11. My hands and feet are usually warm enough
  12. I sweat very easily even on cool days
  13. Sometimes when embarrassed, I break out in a sweat
  14. I hardly ever notice my heart pounding, and I am seldom short of breath
  15. I feel hungry almost all of the time
  16. I am very seldom troubled by constipation
  17. I have a great deal of stomach trouble
  18. I have had periods in which I lost sleep over worry
  19. I am easily embarrassed
  20. I am more sensitive than most other people
  21. I frequently find myself worrying about something
  22. I wish I could be as happy as others seem to be
  23. I am usually calm and not easily upset
  24. I feel anxiety about something or someone almost all of the time
  25. I am happy most of the time
  26. It makes me nervous to have to wait
  27. Sometimes I become so excited I find it hard to get to sleep
  28. I have sometimes felt that difficulties piling up so high I couldn’t get over them
  29. I admit I have felt worried beyond reason over small things
  30. I have very few fears compared to my friends
  31. I certainly feel useless at times
  32. I find it hard to keep my mind on a task or job
  33. I am usually self-conscious
  34. I am inclined to take things hard
  35. At times I think I am no good at all
  36. I am certainly lacking in self-confidence
  37. I sometimes feel that I am about to go to pieces
  38. I am entirely self-confident
  39. I have been afraid of things or people that I know could not hurt me.
  40. I certainly feel useless at times.
  41. I find it hard to keep my mind on a task or job.
  42. I am more self-conscious than most people. [I am usually self-conscious.]
  43. I am the kind of person who takes things hard. [I am inclined to take things hard.]
  44. I am a very nervous person. [I am a high-strung person.]
  45. Life is often a strain for me. [Life is a strain for me much of the time.]
  46. At times I think I am no good at all.
  47. I am not at all confident of myself. [I am certainly lacking in self-confidence.]
  48. At times I feel that I am going to crack up. [I sometimes feel that I am about to go to pieces.]
  49. I don’t like to face a difficulty or make an important decision. [I shrink from facing a crisis or difficulty.]
  50. I am very confident of myself. [I am entirely self-confident.]
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-manifeste-de-taylor-tmas/
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-manifeste-de-taylor-tmas/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-manifeste-de-taylor-tmas/.