1. Résumé
L’Échelle d’anxiété en interaction sociale (Social Interaction Anxiety Scale ou SIAS), initialement développée par Richard P. Mattick et J. Christopher Clarke (1989, 1998), constitue l’un des instruments d’auto-évaluation psychométrique les plus validés et largement employés à l’échelle internationale pour mesurer la détresse affective et cognitive éprouvée lors des situations d’échange interpersonnel. Conçue pour être jumelée à l’Échelle de phobie sociale (Social Phobia Scale ou SPS), la SIAS cible spécifiquement la peur d’initier et de maintenir une conversation, d’interagir avec des pairs, des figures d’autorité ou des partenaires potentiels, se distinguant ainsi de la peur d’être observé en train d’accomplir une tâche motrice ou de performance publique (focalisée par la SPS). L’instrument se compose de 20 items auto-rapportés, évalués sur une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Pas du tout caractéristique ou vrai pour moi ») à 4 (« Extrêmement caractéristique ou vrai pour moi »), incluant trois items inversés (items 5, 9 et 11).
Sur le plan métrologique, la SIAS présente une consistance interne exceptionnelle, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,88 et 0,94 au sein d’échantillons cliniques diagnostiqués avec un trouble anxiété sociale (TAS), et entre 0,86 et 0,90 dans la population générale. La stabilité temporelle test-retest s’avère robuste (r > 0,90 à un mois d’intervalle). Les analyses factorielles révèlent principalement une structure unifactorielle dominante correspondant à l’anxiété d’interaction sociale, bien que la présence d’un facteur de méthode lié aux items inversés ait été documentée, conduisant certains auteurs à proposer des versions alternatives sans ces items ou des formes abrégées (telles que le SIAS-6). Dotée d’une validité discriminante remarquable permettant de distinguer l’anxiété sociale de l’agoraphobie ou de la dépression majeure, la SIAS demeure un outil de référence incontournable tant pour l’évaluation diagnostique que pour le suivi de l’efficacité thérapeutique dans les protocoles de psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC).
2. Mots-clés
Anxiété sociale, phobie sociale, SIAS, psychométrie, évaluation clinique, interactions interpersonnelles, validité de construit, consistance interne, cognition sociale, thérapie cognitivo-comportementale.
3. Auteurs
L’Échelle d’anxiété en interaction sociale a été conçue et standardisée par les chercheurs australiens :
- Richard P. Mattick, Ph.D. : Professeur émérite en psychologie clinique et toxicomanie au sein du National Drug and Alcohol Research Centre (NDARC), Faculté de Médecine, Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW Sydney), Australie.
- J. Christopher Clarke, Ph.D. : Chercheur et clinicien senior affilié au Département de Psychologie de l’Université de Sydney, Australie, pionnier de l’étude comportementale des phobies et des troubles anxieux.
Leurs travaux conjoints ont débuté à la fin des années 1980 à Sydney, formalisés par un manuscrit non publié en 1989 qui a circulé massivement dans la communauté clinique internationale, avant la publication définitive des données normatives complètes dans la revue de référence Behaviour Research and Therapy en 1998.
4. Objectif
L’objectif premier de la SIAS est de fournir une quantification standardisée, précise et sensible aux variations cliniques de l’angoisse éprouvée par un individu lorsqu’il s’engage dans des contextes d’interaction sociale réciproque. Sur le plan sémiologique, le Trouble Anxiété Sociale (TAS), tel que défini par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5-TR), englobe deux dimensions phénoménologiques distinctes mais interconnectées : l’anxiété de performance sous le regard d’autrui (scrutiny fear) et l’anxiété d’interaction dyadique ou groupale. Avant les travaux de Mattick et Clarke, les outils disponibles, tels que l’échelle de phobie sociale de Watson et Friend (SAD, Social Avoidance and Distress Scale), ne permettaient pas de dissocier de manière opérationnelle ces deux spectres sémiologiques.
La SIAS a été spécifiquement conçue pour combler cette lacune clinique. Elle évalue l’anxiété anticipatoire, les appréhensions cognitives et les réactions d’inhibition comportementale déclenchées par l’acte même d’interagir : entamer un dialogue, soutenir le regard d’un interlocuteur, exprimer une divergence d’opinion, converser avec des personnes exerçant une autorité hiérarchique, aborder des partenaires romantiques potentiels ou s’intégrer à un cercle social préexistant. L’objectif fondamental est d’offrir aux praticiens et aux chercheurs un profil quantitatif distinct du sous-type de phobie sociale généralisée, souvent associé à une altération globale du fonctionnement professionnel, académique et relationnel.
En pratique clinique, l’échelle remplit une triple fonction :
- Le dépistage et l’aide diagnostique : Elle permet d’identifier rapidement la sévérité des symptômes anxieux relationnels et d’orienter le diagnostic différentiel, notamment pour séparer l’anxiété sociale des manifestations du trouble de la personnalité évitante ou du trouble du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle.
- La formulation de cas cognitivo-comportementale : En décomposant les situations anxiogènes (figures d’autorité, groupes, interactions en tête-à-tête), elle aide le thérapeute à cartographier les cibles d’exposition graduée et les biais d’interprétation cognitive du patient.
- La mesure de l’efficacité thérapeutique : Utilisée pré-, per- et post-traitement, la SIAS permet de mesurer avec une grande précision l’amplitude des progrès thérapeutiques résultant de protocoles tels que l’exposition in vivo, la restructuration cognitive ou l’entraînement aux compétences sociales.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par la SIAS est l’anxiété d’interaction sociale. Ce construit se définit comme un état d’appréhension émotionnelle intense, d’inhibition motrice et verbale, et de préoccupation cognitive centrée sur la menace d’une évaluation négative, rejetant ou ridiculisant le sujet lorsqu’il participe à une communication bidirectionnelle.
Distinction conceptuelle : Anxiété d’interaction versus Anxiété de performance / observation
La spécificité théorique majeure de la SIAS réside dans sa différenciation d’avec la peur d’observation passive (mesurée par la Social Phobia Scale ou SPS). Alors que la SPS évalue la terreur d’être regardé pendant l’exécution d’une tâche unilatérale (manger, boire, écrire, parler en public, où le regard d’autrui est perçu comme un faisceau d’inspection critique), la SIAS capture la déstabilisation psychique induite par l’échange actif et réciproque. Dans l’interaction sociale, l’individu doit continuellement décoder le comportement verbal et non verbal de son vis-à-vis, formuler des réponses appropriées en temps réel, gérer les silences et maintenir une régulation émotionnelle adéquate. La complexité cognitive et l’imprévisibilité inhérentes à l’interaction décuplent la sensation de vulnérabilité chez le patient phobique social.
Les dimensions symptomatiques sous-jacentes
Bien que l’échelle fournisse un score global unique, le construit s’articule autour de plusieurs manifestations cliniques fondamentales :
- L’inhibition communicative et verbale : La difficulté à trouver des sujets de conversation (Item 11 inversé), la peur de ne pas savoir quoi dire (Item 15) et la croyance anticipatoire d’émettre des propos embarrassants ou inadaptés (Item 17).
- La gestion du contact interpersonnel direct : La sensation d’angoisse lors du contact visuel (Item 2) et le malaise éprouvé lors d’une interaction en tête-à-tête (Item 8). L’évitement du regard fonctionne ici à la fois comme un symptôme d’inconfort et comme un comportement de sécurité visant à rompre la connexion affective perçue comme menaçante.
- L’asymétrie relationnelle et l’exposition hiérarchique : La panique déclenchée par la communication avec des figures d’autorité (enseignant, supérieur hiérarchique ; Item 1) ou avec des partenaires perçus comme très séduisants (Item 14), contextes où le coût perçu de l’erreur sociale est jugé catastrophique.
- L’affirmation de soi et la gestion du désaccord : La crainte de manifester une divergence d’opinion (Item 13), traduisant une intolérance aiguë au conflit relationnel et la conviction que le désaccord entraînera irrémédiablement le rejet ou l’hostilité d’autrui.
- L’intégration et l’aisance dans les groupes : L’inconfort lors des rassemblements informels ou festifs (Items 4, 7, 9 inversé, 16, 19) et la peur paranoïde d’être ignoré, rejeté ou marginalisé par le groupe (Item 18).
- La divulgation de soi (self-disclosure) : La tension ressentie à l’idée d’aborder des aspects personnels ou de révéler ses états émotionnels internes (Item 3), perçus comme exposant des faiblesses intolérables.
6. Cadre théorique
Le développement de la SIAS s’inscrit au cœur des modèles cognitivo-comportementaux de l’anxiété sociale, en particulier les conceptualisations développées par David M. Clark et Adrian Wells (1995), ainsi que par Ronald M. Rapee et Richard G. Heimberg (1997).
Le modèle cognitif de Clark et Wells (1995)
Selon le modèle de Clark et Wells, les individus souffrant d’anxiété sociale abordent les situations interactives avec une série de croyances dysfonctionnelles rigides. Ces croyances s’articulent sur trois niveaux : des standards de performance sociale excessivement élevés (« Je dois toujours paraître spirituel et captivant »), des croyances conditionnelles relatives aux conséquences de leur comportement (« Si je laisse un silence s’installer, on pensera que je suis incompétent »), et des croyances inconditionnelles négatives sur le soi (« Je suis ennuyeux, anormal, fondamentalement inadéquat »).
Lorsqu’ils entrent dans une interaction sociale ciblée par la SIAS, ces schémas sont activés, ce qui déclenche une chaîne de réactions cognitives et somatiques :
- Le basculement vers l’attention focalisée sur le soi (self-focused attention) : L’attention du sujet se détourne des indices environnementaux pour se river sur ses sensations physiologiques internes (rythme cardiaque, rougeur, tremblement) et sur une représentation visuelle subjective de lui-même (« le soi en tant qu’objet social »), vue de la perspective d’un observateur critique.
- L’utilisation de comportements de sécurité : Pour prévenir la catastrophe redoutée (être jugé négativement), le sujet met en place des manœuvres de sauvegarde (éviter le regard, répéter mentalement ses phrases, censurer ses opinions), qui ont pour effet pervers d’accroître son malaise et de parasiter la fluidité de la conversation.
Le modèle cognitif-comportemental de Rapee et Heimberg (1997)
Le modèle de Rapee et Heimberg met l’accent sur le traitement simultané de la menace interne et externe. Dans une situation d’interaction sociale, l’individu compare constamment la perception qu’il a de sa propre performance à un standard d’évaluation présumé imposé par l’auditoire. Dès qu’un écart est perçu entre ce standard idéalisé et la performance réelle estimée, l’individu anticipe une sanction sociale inévitable (moquerie, rejet, mépris). La SIAS opérationnalise précisément ce décalage cognitif en mesurant l’intensité de l’inconfort généré par l’obligation de soutenir une communication réciproque sous la menace permanente d’une évaluation disqualifiante.
7. Validité
L’Échelle d’anxiété en interaction sociale a fait l’objet de nombreuses validations empiriques documentant son excellente architecture psychométrique à travers diverses cultures et populations cliniques.
Validité convergente
La validité convergente de la SIAS est démontrée par des corrélations fortes et statistiquement significatives avec d’autres échelles mesurant la psychopathologie phobique sociale :
- Corrélations très élevées avec la Liebowitz Social Anxiety Scale (LSAS, r compris entre 0,70 et 0,84).
- Corrélations substantielles avec l’inventaire d’anxiété et de phobie sociale (SPAI, r > 0,75).
- Corrélations significatives avec la Brief Fear of Negative Evaluation Scale (BFNE, r compris entre 0,55 et 0,70), confirmant que l’anxiété d’interaction est indissociable de la peur du jugement d’autrui.
Validité discriminante
La SIAS possède une remarquable capacité à distinguer l’anxiété sociale des autres entités diagnostiques anxieuses et thymiques :
- Dans l’étude princeps de Mattick et Clarke (1998) ainsi que dans les travaux de validation croisée de Brown et al. (1997), les scores à la SIAS étaient significativement plus élevés chez les patients atteints de phobie sociale comparativement à des patients diagnostiqués avec un trouble panique avec agoraphobie, un trouble d’anxiété généralisée (TAG) ou des sujets témoins sains.
- Bien qu’elle soit modérément corrélée avec les mesures de dépression comme le Beck Depression Inventory (BDI, r oscillant entre 0,35 et 0,50), ces associations reflètent la comorbidité fréquente entre le TAS et les troubles dépressifs secondaires sans altérer la spécificité du construit anxieux social.
- Peters (2000) a confirmé que la SIAS discrimine avec une haute sensibilité les patients présentant un sous-type généralisé d’anxiété sociale de ceux présentant un sous-type circonscrit ou d’autres troubles anxieux.
Validité prédictive et sensibilité au changement
La SIAS fait preuve d’une excellente sensibilité aux effets des interventions thérapeutiques. Les études d’essais cliniques randomisés évaluant l’efficacité des protocoles de TCC ou de pharmacothérapie (ISRS) démontrent des tailles d’effet pré-post traitement particulièrement élevées (d de Cohen souvent supérieur à 1,0), reflétant une baisse drastique des scores parallèle à la rémission symptomatique globale.
8. Fidélité
Les propriétés de fidélité de la SIAS ont été confirmées à maintes reprises dans des cohortes cliniques, universitaires et communautaires à travers le monde.
Consistance interne
La cohérence interne globale de l’échelle est exemplaire :
- Dans l’échantillon initial de Mattick et Clarke (1998), le coefficient alpha de Cronbach atteignait 0,94 chez les patients phobiques sociaux et 0,88 dans un échantillon d’étudiants de premier cycle.
- L’étude de validation de Brown et al. (1997), menée auprès d’une cohorte clinique hétérogène de troubles anxieux, a rapporté un alpha de 0,89 pour la SIAS.
- Des adaptations internationales (francophone, hispanophone, germanophone, chinoise) confirment systématiquement des indices de consistance interne compris entre 0,86 et 0,93.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest de la SIAS démontre que l’instrument capture une dimension stable de la personnalité plutôt qu’une fluctuation émotionnelle transitoire lorsqu’aucune intervention n’est menée :
- Mattick et Clarke (1998) ont rapporté un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,92 sur un intervalle d’un mois chez des sujets témoins.
- Sur des périodes plus longues allant de 4 à 12 semaines en liste d’attente clinique, les coefficients demeurent hautement stables (r compris entre 0,79 et 0,89), attestant de l’excellente invariance temporelle de l’évaluation en l’absence de thérapie active.
9. Analyse factorielle
L’exploration de la dimensionalité de la SIAS a suscité des débats psychométriques riches et méthodologiquement stimulants au sein de la littérature spécialisée.
Structure unifactorielle princeps
Dans leurs analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales, Mattick et Clarke (1998) ont identifié un facteur général dominant expliquant la majeure partie de la variance des réponses, justifiant ainsi l’utilisation d’un score total composite unique représentant le continuum de l’anxiété d’interaction sociale.
L’artefact des items inversés (Effet de méthode)
Cependant, des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ultérieures menées par plusieurs équipes indépendantes (notamment Osman et al., 1998 ; Rodebaugh et al., 2004 ; Fergus et al., 2012) ont fréquemment mis en évidence des lacunes d’ajustement pour le modèle unifactoriel strict à 20 items. Ces études ont révélé que les trois items formulés de manière positive et inversés au codage :
- Item 5 : « I find it easy to make friends my own age. »
- Item 9 : « I am at ease meeting people at parties, etc. »
- Item 11 : « I find it easy to think of things to talk about. »
tendaient à saturer sur un second facteur résiduel distinct, interprété non pas comme une dimension clinique séparée mais comme un « effet de méthode » typique induit par la formulation inverse. Les saturations factorielles de ces trois items sur le facteur principal d’anxiété sociale sont régulièrement plus faibles (souvent < 0,40) que celles des 17 autres items libellés de façon directe (qui présentent des saturations robustes comprises entre 0,55 et 0,85).
Modèles alternatifs et versions courtes
Face à ce constat psychométrique, plusieurs solutions ont été validées :
- Le modèle bifactoriel ou à deux facteurs corrélés : Séparant l’anxiété d’interaction directe du sentiment d’aisance sociale perçue.
- Le modèle unifactoriel à 17 items (SIAS-Straightforward) : Préconisé par Rodebaugh et al. (2007), consistant à éliminer purement et simplement les items 5, 9 et 11. Cette version présente des indices d’adéquation nettement supérieurs (CFI > 0,95, RMSEA < 0,06) tout en maintenant une excellente validité clinique.
- La forme abrégée SIAS-6 : Développée par Peters et al. (2012) et validée par Le Blanc et al. (2014), comprenant 6 items hautement discriminants, particulièrement utile pour les suivis longitudinaux répétés en routine clinique.
10. Instrument de mesure
Caractéristiques formelles de l’instrument
- Type de passation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (rempli par le patient ou le participant).
- Nombre total d’items : 20 propositions descriptives rédigées à la première personne du singulier.
- Temps moyen de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
- 0 = Not at all characteristic or true of me (Pas du tout caractéristique ou vrai pour moi)
- 1 = Slightly characteristic or true of me (Légèrement caractéristique ou vrai pour moi)
- 2 = Moderately characteristic or true of me (Modérément caractéristique ou vrai pour moi)
- 3 = Very characteristic or true of me (Très caractéristique ou vrai pour moi)
- 4 = Extremely characteristic or true of me (Extrêmement caractéristique ou vrai pour moi)
Cotation et calcul des scores
- Procédure de recodage : Les items 5, 9 et 11 sont formulés positivement et doivent faire l’objet d’une inversion stricte de score avant le calcul global :
0 = 4,1 = 3,2 = 2,3 = 1,4 = 0. - Score total : Somme des scores attribués aux 20 items (après inversion des items 5, 9 et 11). Le score total théorique est compris entre 0 et 80.
- Points de coupure (Cut-offs) cliniques recommandés :
- Score < 34 : Niveau infra-clinique d’anxiété d’interaction sociale (communément observé dans la population générale saine).
- Score entre 34 et 42 : Anxiété sociale modérée à significative ; présence probable d’une anxiété sociale spécifique ou débutante.
- Score ≥ 34 (ou 36 selon les étalonnages) : Seuil clinique conventionnel indiquant une haute probabilité de diagnostic de Trouble Anxiété Sociale (sensibilité et spécificité optimales > 80 %).
- Score ≥ 43 : Anxiété d’interaction sociale sévère, indicative du sous-type de phobie sociale généralisée, justifiant la mise en œuvre d’une prise en charge psychothérapeutique ciblée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
Historique et année de parution
L’échelle a été initialement diffusée sous la forme d’un rapport de recherche académique non publié en 1989 par Richard P. Mattick et J. Christopher Clarke, avant d’être officiellement publiée avec l’ensemble de ses normes dans un article princeps en 1998 dans la revue Behaviour Research and Therapy.
Droits d’auteur et accessibilité
La SIAS fait partie du domaine public de la recherche clinique universitaire. Les auteurs ont conçu cet outil afin de stimuler la recherche fondamentale et clinique sur les troubles anxieux. En conséquence :
- Tarification : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite (aucun coût de licence ni d’achat de matériel commercial n’est exigé).
- Permissions d’usage : L’échelle peut être librement reproduite et administrée par des psychologues, psychiatres, chercheurs et étudiants dans le cadre de leur pratique clinique ou de projets scientifiques académiques, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence (Mattick & Clarke, 1998).
- Utilisations commerciales : Toute intégration de l’échelle au sein d’une plateforme commerciale fermée, d’une application payante ou d’un essai financé par l’industrie pharmaceutique nécessite l’accord explicite des détenteurs des droits ou de l’éditeur scientifique du journal original (Elsevier).
12. Références
Les publications fondatrices et validations métrologiques majeures de la SIAS comprennent :
- Blanc, A. L. Le, Bruce, L. C., Heimberg, R. G., Hope, D. A., Blanco, C., Schneier, F. R., & Liebowitz, M. R. (2014). Evaluation of the psychometric properties of two short forms of the Social Interaction Anxiety Scale and the Social Phobia Scale. Assessment, 21(3), 312–323. https://doi.org/10.1177/1073191114521279
- Brown, E. J., Turovsky, J., Heimberg, R. G., Juster, H. R., Brown, T. A., & Barlow, D. H. (1997). Validation of the Social Interaction Anxiety Scale and the Social Phobia Scale across the anxiety disorders. Psychological Assessment, 9(1), 21–27. https://doi.org/10.1037/1040-3590.9.1.21
- Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (Eds.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). Guilford Press.
- Fergus, T. A., Valentiner, D. P., McGrath, P. B., Gier-Lonsway, S. L., & Kim, H.-S. (2012). Short forms of the Social Interaction Anxiety Scale and the Social Phobia Scale. Journal of Personality Assessment, 94(3), 310–320. https://doi.org/10.1080/00223891.2011.648296
- Mattick, R. P., & Clarke, J. C. (1989). Development and validation of measures of social phobia scrutiny fear and social interaction anxiety. Unpublished manuscript, University of New South Wales, Sydney, Australia.
- Mattick, R. P., & Clarke, J. C. (1998). Development and validation of measures of social phobia scrutiny fear and social interaction anxiety. Behaviour Research and Therapy, 36(4), 455–470. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)10031-6
- Mattick, R. P., & Peters, L. (1988). Treatment of severe social phobia: Effects of guided exposure with and without cognitive restructuring. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 56(2), 251–260. https://doi.org/10.1037/0022-006X.56.2.251
- Mattick, R. P., Peters, L., & Clarke, J. C. (1989). Exposure and cognitive restructuring for social phobia: A controlled study. Behavior Therapy, 20(1), 3–23. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(89)80117-3
- Osman, A., Gutierrez, P. M., Barrios, F. X., Kopper, B. A., & Chiros, C. E. (1998). The Social Phobia and Social Interaction Anxiety Scales: Evaluation of psychometric properties. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 20(3), 249–264. https://doi.org/10.1023/A:1023068807896
- Peters, L. (2000). Discriminant validity of the Social Phobia and Anxiety Inventory (SPAI), the Social Phobia Scale (SPS) and the Social Interaction Anxiety Scale (SIAS). Behaviour Research and Therapy, 38(9), 943–950. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(99)00131-X
- Rapee, R. M., & Heimberg, R. G. (1997). A cognitive-behavioral model of anxiety in social phobia. Behaviour Research and Therapy, 35(8), 741–756. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)00022-3
- Rodebaugh, T. L., Woods, C. M., Thissen, D. M., Heimberg, R. G., Chambless, D. L., & Rapee, R. M. (2004). More information from fewer questions: The factor structure and item properties of the Social Phobia Scale and the Social Interaction Anxiety Scale. Journal of Anxiety Disorders, 18(6), 849–867. https://doi.org/10.1016/j.janxdis.2003.10.007
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
0 = Not at all characteristic or true of me.
1 = Slightly characteristic or true of me.
2 = Moderately characteristic or true of me.
3 = Very characteristic or true of me.
4 = Extremely characteristic or true of me.
Note: Reverse scored items: 5, 9, 11
- I get nervous if I have to speak with someone in authority (teacher‚ boss‚ etc.).
- I have difficulty making eye contact with others.
- I become tense if I have to talk about myself or my feelings.
- I find it difficult to mix [mixing] comfortably with the people I work with.
- I find it easy to make friends my own age.
- I tense up if I meet an acquaintance in the street.
- When mixing socially‚ I am uncomfortable.
- I feel tense if I am alone with just one other person.
- I am at ease meeting people at parties‚ etc.
- I have difficulty talking with other people.
- I find it easy to think of things to talk about.
- I worry about expressing myself in case I appear awkward.
- I find it difficult to disagree with another’s point of view.
- I have difficulty talking to attractive persons of the opposite sex.
- I find myself worrying that I won’t know what to say in social situations.
- I am nervous mixing with people I don’t know well.
- I feel I’ll say something embarrassing when talking.
- When mixing in a group‚ I find myself worrying I will be ignored.
- I am tense mixing in a group.
- I am unsure whether to greet someone I know only slightly.