Échelle d’anxiété d’interaction

L’Échelle d’anxiété d’interaction (Interaction Anxiousness Scale – IAS), développée par Mark R. Leary, est un instrument psychométrique de 15 items conçu pour mesurer l’expérience subjective de l’anxiété sociale dans les interactions interpersonnelles.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’anxiété d’interaction (en anglais, Interaction Anxiousness Scale ou IAS), élaborée par le psychologue social Mark R. Leary en 1983, constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et les plus largement validés pour quantifier la propension dispositionnelle à éprouver de l’anxiété sociale lors de situations de communication interpersonnelle directe. Contrairement à de nombreuses échelles globales d’anxiété sociale qui confondent les réactions affectives subjectives, les inhibitions comportementales manifestes et les manifestations somatiques périphériques, l’IAS a été intentionnellement construite pour isoler la composante subjective et affective : le sentiment intérieur de malaise, de tension cognitive et d’appréhension émotionnelle éprouvé lors des interactions sociales contingentes.

L’instrument se compose de 15 items formulés sous forme d’affirmations à la première personne, évalués selon une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points (variant de 1 = « Absolument pas caractéristique de moi » à 5 = « Extrêmement caractéristique de moi »). Cinq de ces items sont rédigés de manière inversée afin de contrôler les biais d’acquiescement. Le score total composite oscille entre 15 et 75 points, où un score élevé reflète une anxiété d’interaction marquée.

Sur le plan métrologique, l’IAS présente des propriétés psychométriques exceptionnelles documentées sur plus de quatre décennies de recherches empiriques :

  • Cohérence interne : des coefficients alpha de Cronbach systématiquement compris entre 0,87 et 0,91 à travers divers échantillons cliniques et non cliniques.
  • Stabilité temporelle : une fidélité test-retest remarquable établie à r = 0,82 sur un intervalle de huit semaines, confirmant sa nature de variable de trait de personnalité stable.
  • Structure factorielle : une unidimensionnalité robuste démontrée par de multiples analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, isolant un facteur général robuste d’anxiété d’interaction interpersonnelle distinct de l’anxiété de performance scénique.
  • Validité théorique : des corrélations convergentes solides avec les mesures de timidité, de peur de l’évaluation négative et du névrosisme, conjuguées à une validité discriminante nette à l’égard de l’anxiété liée à la prise de parole en public pure ou des simples déficits d’habiletés sociales comportementales.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’anxiété d’interaction, IAS, Mark R. Leary, anxiété sociale, phobie sociale, psychométrie, timidité, présentation de soi, cognition sociale, fidélité test-retest, validité de construit, évaluation psychologique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par :

  • Mark R. Leary, Ph.D. — Professeur émérite distingué de psychologie et de neurosciences à l’Université Duke (Durham, Caroline du Nord, États-Unis). Chercheur de renommée internationale spécialisé en psychologie sociale et de la personnalité, il a notamment développé la théorie sociométrique de l’estime de soi, le modèle de présentation de soi dans l’anxiété sociale, et dirigé de multiples revues scientifiques de premier plan dont le Journal of Social and Clinical Psychology.
  • Robin M. Kowalski, Ph.D. (collaboratrice sur les extensions psychométriques et de validité critériée de 1993 et 1995) — Professeure titulaire au Département de Psychologie de l’Université de Clemson (Clemson, Caroline du Sud, États-Unis), spécialiste des interactions interpersonnelles, de la communication aversive et des manifestations de l’anxiété sociale.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental qui a motivé la création de l’Interaction Anxiousness Scale était de résoudre une impasse méthodologique et conceptuelle majeure prévalant dans l’évaluation psychologique de l’anxiété sociale au début des années 1980. Jusqu’alors, la majorité des instruments disponibles — tels que l’échelle de détresse et d’évitement social (Social Avoidance and Distress Scale, SAD ; Watson & Friend, 1969) — agrégeaient indistinctement au sein d’un même score global les affects anxieux subjectifs, les comportements d’évitement moteur, les silences conversationnels et les dysfonctionnements physiologiques. Cette contamination conceptuelle empêchait les chercheurs et cliniciens de déterminer si un individu était silencieux par manque d’intérêt (faible sociabilité), par déficit technique d’affirmation de soi (incompétence sociale perçue), ou en raison d’une détresse anxieuse affective aiguë.

Dissociation entre affect subjectif et comportement manifeste

Mark Leary a démontré qu’un individu peut éprouver une terreur sociale subjective intense tout en maintenant, grâce à un surcroît d’efforts compensatoires, une façade comportementale fluide, communicative et formellement irréprochable. Inversement, une personne peu expressive ou fuyant les foules peut simplement présenter un trait d’introversion sereine sans aucune composante d’appréhension émotionnelle. L’IAS a donc été construite dans le but explicite de mesurer exclusivement l’expérience affective et cognitive de la tension anxieuse, isolée de toute considération comportementale d’évitement ou d’inhibition motrice.

Applications en recherche et en pratique clinique

Dans le domaine de la recherche empirique, l’IAS constitue l’outil de référence pour :

  • Explorer les mécanismes cognitifs sous-tendant la métacognition sociale, tels que l’hyperfocalisation attentionnelle sur soi et l’anticipation d’échecs relationnels.
  • Distinguer empiriquement l’anxiété survenant lors d’échanges interactifs bidirectionnels contingents (conversations bilatérales, réunions de travail, soirées, entretiens) de l’anxiété survenant lors de performances unidirectionnelles non contingentes devant un public (discours magistral, concert public).
  • Étudier les corrélats neurophysiologiques et endocriniens de la réactivité au stress relationnel (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, sécrétion de cortisol, variabilité de la fréquence cardiaque).

Dans la pratique clinique et psychiatrique, l’IAS s’avère particulièrement utile pour le dépistage et le diagnostic différentiel du trouble d’anxiété sociale (TAS selon le DSM-5). Elle offre un indicateur pur de la sévérité du malaise affectif, non biaisé par les stratégies de masquage ou de surcompensation verbale souvent adoptées par les adultes hautement fonctionnels. L’instrument est également employé dans les protocoles d’évaluation avant/après thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et thérapies d’acceptation et d’engagement (ACT) pour objectiver la réduction de la réactivité émotionnelle indépendamment des changements comportementaux prescrits par l’exposition.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’IAS est l’anxiété d’interaction sociale dispositionnelle. Ce concept nécessite une clarification théorique détaillée à travers sa distinction fondamentale avec les construits limitrophes de la psychologie différentielle.

1. Distinction entre anxiété d’interaction et anxiété d’audience (performance)

La littérature en psychologie sociale sépare formellement deux grands contextes générateurs d’anxiété sociale :

  • L’anxiété d’audience (Audience Anxiousness) : elle survient lorsqu’un individu est placé sous le regard passif d’autrui dans un rôle asymétrique et formel de présentateur (ex. : donner une conférence, passer une audition musicale, prononcer un discours). L’acteur maîtrise le déroulement de son exposé et la communication est essentiellement unilatérale.
  • L’anxiété d’interaction (Interaction Anxiousness) : elle émerge dans des contextes bilatéraux où les réponses d’autrui sont dynamiques, imprévisibles, contingentes et immédiates. Chaque participant doit adapter ses prises de parole, son écoute, son humour et sa posture en temps réel face aux réactions de son interlocuteur. L’IAS cible spécifiquement cette forme d’anxiété, caractérisée par une forte incertitude interactive.

2. Distinction entre anxiété subjective et timidité (Shyness)

Dans le paradigme de Leary (1983, 1986), la timidité est définie comme un syndrome complexe et hétérogène associant à la fois de l’anxiété affective subjective ET de l’inhibition comportementale manifeste (mutisme, regard fuyant, réticence motrice). L’anxiété d’interaction, en tant que construit psychologique isolé par l’IAS, représente le moteur affectif interne de ce processus. Elle capture l’état d’appréhension subjectif, sans préjuger de la capacité du sujet à surmonter cet état par la volonté ou des stratégies compensatoires.

3. Dimensions contextuelles évaluées au sein du construit unidimensionnel

Bien que l’échelle soit psychométriquement unidimensionnelle, ses 15 items couvrent un éventail représentatif de contextes d’interaction critique :

  • Interactions informelles et groupes d’inconnus : explorer la tension ressentie lors de réunions amicales informelles (casual get-togethers, item 1) ou au sein de rassemblements festifs (parties, item 5), où l’absence de protocole explicite majore l’incertitude sociale.
  • Interactions hiérarchiques et asymétriques : évaluer l’appréhension face à des figures d’autorité (enseignant, patron, supérieur hiérarchique, items 4 et 14) et lors d’entretiens d’embauche (item 8), où l’évaluation des compétences est explicite.
  • Interactions dyadiques et séduction : mesurer la nervosité face à une personne du sexe opposé (item 3) ou particulièrement séduisante (item 12), contextes dans lesquels le désir de plaire et la peur du rejet atteignent leur paroxysme.
  • Communications médiatisées : évaluer l’inconfort lié aux appels téléphoniques vers des quasi-inconnus (item 13), situation caractérisée par la privation d’indices visuels non verbaux et la nécessité d’une réponse verbale immédiate.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de l’IAS repose sur la théorie de la présentation de soi (Self-Presentation Theory ou Impression Management Theory), formalisée en sociologie par Erving Goffman (1959) et transposée en psychologie cognitive et sociale par Mark R. Leary et Robin M. Kowalski (1990, 1995).

Le modèle de présentation de soi de l’anxiété sociale

Selon ce modèle, les êtres humains possèdent une motivation évolutive fondamentale à contrôler et façonner les impressions que les autres forment à leur sujet, car l’acceptation sociale, l’accès aux ressources, le statut et l’estime de soi dépendent directement de ces évaluations perçues. Leary et Kowalski postulent que l’anxiété sociale se manifeste sous une formule conditionnelle précise :

Anxiété Sociale = Motivation élevée à la présentation de soi × Faible efficacité perçue de la présentation de soi

De manière explicite :

  1. Motivation d’impression (Impression Motivation) : le degré auquel une personne accorde de l’importance à la manière dont elle est perçue par ses partenaires d’interaction. Si un individu ne se soucie absolument pas du jugement d’autrui dans un contexte donné, il n’éprouvera aucune anxiété.
  2. Efficacité d’impression (Impression Efficacy) : le sentiment d’auto-efficacité ou la certitude subjective de pouvoir réussir à projeter l’image souhaitée et d’éviter une impression défavorable.

L’anxiété d’interaction surgit dès lors qu’un individu désire ardemment véhiculer une impression valorisante auprès d’autrui (haute motivation), mais doute fondamentalement de ses capacités à y parvenir, anticipe un faux pas, craint de paraître ennuyeux, incompétent ou ridicule, ou redoute le rejet (faible efficacité subjective). Ce décalage déclenche une réaction de détresse affective — l’anxiété d’interaction — mesurée fidèlement par l’IAS.

Intégration aux modèles cognitifs de Beck, Clark et Wells

Ce cadre théorique s’articule directement avec les modèles cognitifs de l’anxiété sociale développés ultérieurement par Clark et Wells (1995) et Rapee et Heimberg (1997). Dans ces modèles, l’individu anxieux entre en interaction avec une série de croyances dysfonctionnelles (« Je dois toujours être spirituel », « Si je montre des signes de trac, on me méprisera »). L’activation de ces standards irréalistes entraîne une focalisation attentionnelle accrue sur le traitement de soi comme objet social (self-focused attention), le décodage erroné des signaux neutres de l’interlocuteur comme des marques de désapprobation, et l’émergence d’une boucle de rétroaction négative amplifiant l’anxiété affective subjective.

7. Validité / Validity

L’IAS a fait l’objet d’un ensemble considérable d’études de validation psychométrique destinées à vérifier sa validité de construit, sa validité convergente, sa validité discriminante et sa validité prédictive en contexte écologique et expérimental.

Validité convergente

Les études initiales de Leary (1983) et les validations croisées ultérieures (Leary & Kowalski, 1993) ont mis en lumière de fortes corrélations positives entre l’IAS et d’autres échelles réputées d’anxiété et de sensibilité sociale :

  • Sous-échelle d’anxiété sociale de la SAD (Watson & Friend, 1969) : corrélations très élevées comprises entre r = 0,71 et r = 0,76, démontrant que l’IAS capture le noyau affectif de la détresse sociale.
  • Échelle de timidité de Cheek et Buss (1981) : corrélations oscillant entre r = 0,68 et r = 0,74, confirmant la parenté étroite avec le trait de timidité tout en évitant ses items d’inhibition comportementale.
  • Échelle de peur de l’évaluation négative (BFNE ; Leary, 1983) : corrélations modérées à fortes (r = 0,55 à 0,64), validant le lien théorique direct entre la crainte du jugement critique et l’anxiété vécue en interaction.
  • Névrosisme / Instabilité émotionnelle (Big Five) : corrélations modérées de l’ordre de r = 0,38 à 0,46, attestant de l’inscription de l’IAS dans les traits généraux de vulnérabilité anxieuse.

Validité discriminante

La validité discriminante de l’IAS est particulièrement illustrative de la précision de sa conceptualisation théorique :

  • Anxiété d’audience pure : lorsqu’on compare l’IAS à des échelles mesurant spécifiquement le trac lors de prises de parole en public (comme la Personal Report of Confidence as a Speaker ou la sous-échelle d’anxiété d’audience de Leary), les corrélations ne dépassent généralement pas r = 0,32 à 0,40. Cette divergence atteste que l’IAS isole bien les spécificités des interactions contingentes en face-à-face par rapport aux performances scéniques unilatérales.
  • Motivation d’affiliation / Sociabilité : l’IAS présente des corrélations proches de zéro ou très faiblement négatives avec le besoin intrinsèque d’affiliation sociale. Un individu très anxieux socialement peut désirer ardemment la compagnie d’autrui, confirmant que l’IAS ne mesure pas une absence d’intérêt relationnel mais bien la détresse émotionnelle face au jugement possible.
  • Désirabilité sociale : les corrélations entre l’IAS et l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne sont systématiquement non significatives ou négligeables (r = -0,12 à -0,18), démontrant une excellente imperméabilité aux biais d’auto-présentation défensive dans la passation.

Validité de critère et prédictive en laboratoire

Dans plusieurs paradigmes expérimentaux (Leary, 1983, 1986 ; Leary & Kowalski, 1993), des participants complétant l’IAS ont été soumis à de véritables interactions dyadiques non structurées avec des inconnus ou des comparses du sexe opposé :

  • Les scores élevés à l’IAS prédisent de façon très significative l’intensité des auto-évaluations de nervosité et de tension affective rapportées par les sujets immédiatement après la rencontre (r > 0,50).
  • Les individus à score élevé manifestent une élévation plus marquée de leur fréquence cardiaque et de la conductance cutanée en phase d’anticipation de la rencontre.
  • Fait remarquable confirmant l’hypothèse de découplage de Leary : bien que les individus à score IAS élevé se sentent extrêmement mal à l’aise intérieurement, des juges indépendants filmant la scène et évaluant leurs compétences conversationnelles objectives ne parviennent souvent pas à distinguer les sujets à score IAS élevé des sujets à score modéré. L’IAS capture donc fidèlement une détresse affective privée qui échappe en partie au regard externe.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’Interaction Anxiousness Scale a été rigoureusement confirmée par de multiples vagues de standardisation et d’études transculturelles indépendantes.

Cohérence interne (Homogénéité)

Dans l’étude princeps menée par Mark Leary (1983) auprès d’échantillons universitaires totalisant plus de 400 étudiants, le coefficient alpha de Cronbach obtenu pour les 15 items atteignait 0,89. L’analyse des corrélations item-total corrigées a révélé que l’ensemble des 15 énoncés entretenait une corrélation substantielle avec le score global, l’immense majorité se situant entre 0,48 et 0,73, ce qui démontre une excellente homogénéité thématique sans redondance sémantique excessive.

Dans des études de réplication à grande échelle ultérieures (Leary & Kowalski, 1993 ; de Paulo et al., 1990), l’alpha s’est systématiquement maintenu dans la fourchette étroite de 0,87 à 0,91. Lors des validations internationales (notamment hispanophones, japonaises et européennes), les coefficients ont confirmé cette stabilité structurelle, oscillant entre 0,85 et 0,90.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

Pour évaluer la stabilité temporelle du construit comme trait de personnalité, Leary (1983) a administré l’IAS à deux reprises à un groupe d’étudiants sur un intervalle temporel de huit semaines (deux mois). Le coefficient de corrélation test-retest s’est élevé à :

r = 0,82 (p < 0,001)

Cette corrélation temporelle élevée démontre que l’IAS mesure une disposition chronique, stable et durable dans le temps, plutôt qu’une fluctuation émotionnelle transitoire ou une humeur situationnelle passagère.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’IAS a été explorée méticuleusement à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmée par la modélisation en équations structurelles (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans les travaux initiaux de Leary (1983), une analyse factorielle en composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Oblimin) a été appliquée aux matrices de corrélation inter-items :

  • Dominance d’un facteur général : l’extraction a invariablement révélé un premier facteur prédominant représentant la majeure partie de la variance commune expliquée (environ 38 % à 45 % de la variance totale selon les cohortes).
  • Décroissance du coude (Scree test de Cattell) : la valeur propre (eigenvalue) du premier facteur dépassait largement 5,5, tandis que la seconde valeur propre tombait sous le seuil critique de 1,2, sans justification conceptuelle pour extraire des sous-facteurs stables.
  • Saturations factorielles : tous les 15 items présentaient des saturations factorielles très solides sur ce facteur général d’anxiété d’interaction, comprises entre 0,45 et 0,77. Même les items inversés (items 2, 3, 6, 10, 15) saturaient massivement et de manière symétrique sur ce même vecteur.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les investigations menées ultérieurement par diverses équipes de recherche en psychométrie ont soumis la matrice des items de l’IAS à des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses afin de comparer le modèle unidimensionnel à des modèles plurifactoriels (distinguant par exemple l’anxiété avec des inconnus vs avec des figures d’autorité vs avec l’autre sexe) :

  • Le modèle unidimensionnel strict (un seul facteur latent d’anxiété d’interaction expliquant les 15 indicateurs) a systématiquement présenté des indices d’adéquation remarquables, en particulier lorsqu’un terme de covariance d’erreur est autorisé entre les items formulés positivement et les items formulés négativement pour modéliser le léger effet de formulation (method effect) lié au renversement des énoncés.
  • Indices d’ajustement typiquement rapportés : CFI (Comparative Fit Index) > 0,93, TLI (Tucker-Lewis Index) > 0,92, et RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) compris entre 0,045 et 0,062, confirmant sans ambiguïté la parcimonie et la validité du modèle à facteur unique.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques métrologiques et les modalités administratives de passation de l’instrument sont résumées ci-dessous :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Durée de passation : Approximativement 3 à 5 minutes.
  • Nombre d’items : 15 items au total.
  • Format d’échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points :
    • 1 = Not at all characteristic of me (Absolument pas caractéristique de moi)
    • 2 = Slightly characteristic of me (Légèrement caractéristique de moi)
    • 3 = Moderately characteristic of me (Modérément caractéristique de moi)
    • 4 = Very characteristic of me (Très caractéristique de moi)
    • 5 = Extremely characteristic of me (Extrêmement caractéristique de moi)
  • Cotation et inversion des items :
    • Items cotés directement (10 items) : items 1, 4, 5, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 14. Pour ces énoncés, le score numérique est égal à la valeur brute cochée par le répondant (1 à 5).
    • Items inversés (5 items) : items 2, 3, 6, 10, 15. Ces énoncés expriment l’aisance sociale ou le calme intérieur. Avant le calcul de la somme totale, leurs scores doivent impérativement être inversés selon la règle suivante : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1 (Formule : Score inversé = 6 – Réponse brute).
  • Score total : La somme arithmétique de l’ensemble des 15 items (après inversion des items 2, 3, 6, 10 et 15) génère un score total continu compris entre 15 et 75 points.
  • Repères normatifs généraux :
    • Score moyen typique (population générale/étudiante) : environ 38 à 41 points (écart-type ≈ 9 à 11).
    • Score faible (< 29 points) : aisance sociale marquée, très faible réactivité anxieuse en situation d’échange.
    • Score modéré (30 à 49 points) : réactivité émotionnelle normale, tension occasionnelle dépendante du contexte.
    • Score élevé (≥ 50 points) : anxiété d’interaction marquée ; les scores supérieurs à 55-60 indiquent généralement un retentissement fonctionnel cliniquement significatif compatible avec une anxiété sociale généralisée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1983 (affinée en 1993 et 1995).
  • Propriété intellectuelle et droits : L’Interaction Anxiousness Scale a été développée par le professeur Mark R. Leary dans le cadre de recherches universitaires soutenues par des fonds publics et publiée dans des revues académiques à comité de lecture.
  • Statut d’utilisation et tarif : L’instrument est dans le domaine public à des fins de recherche scientifique, d’enseignement académique et d’évaluation clinique non lucrative. Aucun frais de licence ni droit d’usage commercial n’est exigé pour son utilisation en milieu universitaire ou clinique indépendant.
  • Condition d’utilisation : Les utilisateurs sont tenus de citer rigoureusement l’article princeps de Leary (1983) dans leurs publications, rapports et thèses.
  • Ressource officielle en ligne : Les échelles de Mark R. Leary ainsi que leurs clés de cotation sont rendues accessibles à la communauté scientifique via sa page professorale officielle hébergée par l’Université Duke : https://people.duke.edu/~leary/scales.html.

12. Références / References

  • Cheek, J. M., & Buss, A. H. (1981). Shyness and sociability. Journal of Personality and Social Psychology, 41(2), 330–339. https://doi.org/10.1037/0022-3514.41.2.330
  • Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (Eds.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). The Guilford Press.
  • Goffman, E. (1959). The presentation of self in everyday life. Anchor Books.
  • Leary, M. R. (1983). Social anxiousness: The construct and its measurement. Journal of Personality Assessment, 47(1), 66–75. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4701_8
  • Leary, M. R. (1986). Affective and behavioral components of shyness: Implications for theory, measurement, and research. In W. H. Jones, J. M. Cheek, & S. R. Briggs (Eds.), Shyness: Perspectives on Research and Treatment (pp. 27–38). Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-0525-3_3
  • Leary, M. R., & Kowalski, R. M. (1990). Impression management: A literature review and two-component model. Psychological Bulletin, 107(1), 34–47. https://doi.org/10.1037/0033-2909.107.1.34
  • Leary, M. R., & Kowalski, R. M. (1993). The Interaction Anxiousness Scale: Construct and criterion-related validity. Journal of Personality Assessment, 61(1), 136–146. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa6101_10
  • Leary, M. R., & Kowalski, R. M. (1995). Social anxiety. The Guilford Press.
  • Rapee, R. M., & Heimberg, R. G. (1997). A cognitive-behavioral model of anxiety in social phobia. Behaviour Research and Therapy, 35(8), 741–756. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)00022-3
  • Watson, D., & Friend, R. (1969). Measurement of social-evaluative anxiety. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 33(4), 448–457. https://doi.org/10.1037/h0027806

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I often feel nervous even in casual get-togethers.
2

I usually feel comfortable when I'm in a group of people I don't know.
3

I am usually at ease when speaking to a member of the other sex.
4

I get nervous when I must talk to a teacher or a boss.
5

Parties often make me feel anxious and uncomfortable.
6

I am probably less shy in social interactions than most people.
7

I sometimes feel tense when talking to people of my own sex if I don't know them very well.
8

I would be nervous if I was being interviewed for a job.
9

I wish I had more confidence in social situations.
10

I seldom feel anxious in social situations.
11

In general‚ I am a shy person.
12

I often feel nervous when talking to an attractive member of the opposite sex.
13

I often feel nervous when calling someone I don't know very well on the telephone.
14

I get nervous when I speak to someone in a position of authority.
15

I usually feel relaxed around other people‚ even people who are quite different from me.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle d’anxiété d’interaction. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-interaction-ias/
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété d’interaction.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-interaction-ias/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété d’interaction.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-interaction-ias/.