Échelle d’anxiété gériatrique – GAS Version 1.0

L’Échelle d’anxiété gériatrique (GAS Version 1.0) est un instrument d’évaluation psychométrique validé mesurant l’anxiété somatique, cognitive et affective chez les personnes âgées.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’anxiété gériatrique (Geriatric Anxiety Scale – GAS Version 1.0) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation spécialement conçu pour mesurer les manifestations de l’anxiété chez les personnes âgées. Développée par Daniel L. Segal et ses collaborateurs en 2010 à l’Université du Colorado à Colorado Springs, la GAS comble une lacune méthodologique majeure : la plupart des échelles d’anxiété préexistantes ont été validées auprès de cohortes d’adultes jeunes ou d’âge moyen et confondent fréquemment les manifestations somatiques bénignes du vieillissement ou des comorbidités médicales avec une détresse anxieuse clinique.

L’outil comprend un total de 30 items notés sur une échelle de type Likert en 4 points allant de 0 (« Not at all » / Jamais) à 3 (« All of the time » / Tout le temps). La cotation clinique et psychométrique repose sur les 25 premiers items, produisant un score global d’anxiété variant de 0 à 75, décomposable en trois dimensions factorielles robustes : la sous-échelle Somatique (9 items), la sous-échelle Cognitive (8 items) et la sous-échelle Affective (8 items). Les items 26 à 30 constituent un module d’investigation complémentaire non inclus dans le calcul du score global, ciblant des préoccupations psychosociales et existentielles particulièrement prévalentes au cours du grand âge, telles que la santé physique, les finances, les enfants, la mort et la peur de devenir un fardeau pour ses proches.

Les études empiriques rapportent d’excellentes propriétés psychométriques. La consistance interne est remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant entre 0,91 et 0,93 pour l’échelle globale dans les populations non cliniques et cliniques, et variant de 0,77 à 0,83 pour les sous-échelles. La validité convergente est confirmée par des corrélations robustes avec d’autres mesures de référence telles que l’Inventaire d’anxiété de Beck (BAI) et l’Inventaire d’anxiété état-trait (STAI), tandis que la validité divergente permet une discrimination efficace vis-à-vis des symptômes dépressifs purs évalués par la Geriatric Depression Scale (GDS). Une forme abrégée à 10 items (GAS-10) a également été isolée pour le dépistage ultra-rapide en milieu de soins primaires et hospitaliers gériatriques.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’anxiété gériatrique, GAS 1.0, gérontopsychologie, psychopathologie du vieillissement, évaluation psychométrique, anxiété somatique, anxiété cognitive, anxiété affective, dépistage gériatrique, validité factorielle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle d’anxiété gériatrique (GAS Version 1.0) a été élaborée par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie clinique et en vieillissement :

  • Daniel L. Segal, Ph.D. : Professeur de psychologie au Département de psychologie de l’Université du Colorado à Colorado Springs (UCCS), États-Unis. Spécialiste internationalement reconnu de l’évaluation diagnostique, de la psychopathologie du vieillissement et du suicide chez les personnes âgées. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Alyssa June, M.A. / Ph.D. : Chercheuse et psychologue clinicienne affiliée à l’Université du Colorado à Colorado Springs au moment du développement initial de l’instrument.
  • Matthew Payne, M.A. : Collaborateur de recherche au sein du Aging Center de l’Université du Colorado à Colorado Springs.
  • Frederick L. Coolidge, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Colorado à Colorado Springs, expert en psychométrie, neurosciences cognitives et génétique comportementale.
  • Brian C. Yochim, Ph.D., ABPP : Neuropsychologue clinicien, affilié au VA Palo Alto Health Care System et à l’École de médecine de l’Université Stanford, expert dans le diagnostic différentiel entre déclin cognitif et troubles affectifs du sujet âgé.
  • Anne Elizabeth Mueller, Ph.D. : Docteure en psychologie clinique (UCCS), ayant étendu la validation psychométrique de la GAS auprès d’échantillons communautaires, médicaux et psychiatriques dans sa thèse doctorale de référence (2014).

4. Objectif / Purpose

Contexte clinique et épidémiologique

L’anxiété chez l’adulte vieillissant représente un enjeu de santé publique majeur, fréquemment sous-diagnostiqué et sous-traité. Bien que la prévalence des troubles anxieux caractérisés selon le DSM demeure élevée chez les aînés (estimée entre 5 % et 15 % en population générale et jusqu’à 30 % en milieu de soins de longue durée), la symptomatologie clinique se manifeste souvent de manière atypique. Les personnes âgées ont tendance à minimiser l’expression émotionnelle explicite de la détresse psychologique (« je me sens anxieux ») et à la canaliser à travers des plaintes somatiques polymorphes, des ruminations centrées sur les incapacités fonctionnelles ou des préoccupations d’isolement social.

L’objectif fondamental de la Geriatric Anxiety Scale (GAS Version 1.0) est de fournir un instrument standardisé, fiable et adapté aux spécificités neurobiologiques, cognitives et socioculturelles du vieillissement pour mesurer l’anxiété multidimensionnelle chez les personnes âgées de 60 ans et plus. Avant l’émergence de la GAS, les cliniciens et chercheurs utilisaient couramment des instruments tels que le Beck Anxiety Inventory (BAI) ou l’échelle d’anxiété de Hamilton (HAMA). Or, ces outils présentent des limites méthodologiques sévères lorsqu’ils sont appliqués au troisième âge : ils contiennent une proportion massive d’items neurovégétatifs (tachycardie, tremblements, vertiges, dyspnée) qui peuvent découler d’affections médicales courantes (hypertension artérielle, bronchopneumopathie chronique obstructive, maladie de Parkinson) ou d’effets indésirables pharmacologiques, induisant ainsi un nombre inacceptable de faux positifs.

Applications en recherche et en pratique clinique

La GAS a été construite pour remplir plusieurs finalités scientifiques et thérapeutiques complémentaires :

  • Dépistage et évaluation diagnostique : Identifier rapidement la présence, la sévérité et la typologie des manifestations anxieuses au sein de contextes variés tels que les cliniques de médecine générale, les services de gériatrie hospitalière, les unités de psychiatrie gériatrique et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).
  • Différenciation syndromique : Distinguer les symptômes anxieux purs des plaintes dépressives souvent intriquées dans le syndrome d’anxiété-dépression gériatrique, grâce à une formulation linguistique évitant le recouvrement diagnostique.
  • Mesure de l’efficacité thérapeutique : Servir d’indicateur sensible au changement au cours d’essais cliniques pharmacologiques (ex. inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) ou d’interventions non médicamenteuses telles que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) adaptée aux personnes âgées et les approches de pleine conscience.
  • Exploration phénoménologique : Le module d’items 26 à 30 permet d’explorer des thématiques existentielles propres au vieillissement (la dépendance physique, les craintes financières dans un contexte de revenus fixes, l’angoisse de mort et le syndrome du nid vide ou les inquiétudes relatives à la descendance), offrant au clinicien des cibles de verbalisation cruciales pour l’alliance thérapeutique.

5. Construit psychologique / Construct

La GAS Version 1.0 opérationnalise l’anxiété gériatrique comme un construit tripartie hiérarchique composé d’une dimension générale de détresse anxieuse et de trois composantes primaires distinctes mais interdépendantes (somatique, cognitive et affective), complétées par un domaine contextuel d’inquiétudes spécifiques au grand âge.

1. La composante somatique (9 items)

Cette dimension capture l’activation physiologique involontaire et les sensations corporelles associées à l’hyperéveil du système nerveux autonome sympathique. Cependant, contrairement aux échelles antérieures, les items de la GAS ont été soigneusement calibrés pour refléter une détresse anxieuse perceptible plutôt qu’une pathologie d’organe autonome pure. La composante somatique explore les manifestations telles que l’accélération du rythme cardiaque (item 1 : « My heart raced or beat strongly »), la sensation d’essoufflement ou d’oppression respiratoire (item 2 : « My breath was short »), les perturbations gastro-intestinales (item 3 : « I had an upset stomach »), les troubles de l’initiation et du maintien du sommeil (items 8 et 9), l’agitation motrice (item 17 : « I had a hard time sitting still »), la fatigabilité psychomotrice (item 21) et les tensions musculo-squelettiques (items 22 et 23). Ces items mesurent la façon dont l’affect anxieux s’incarne somatiquement sans requérir d’expertise médicale pour la formulation de la plainte.

2. La composante cognitive (8 items)

La dimension cognitive opérationnalise les dysfonctionnements du traitement de l’information, les pensées automatiques dysfonctionnelles et les processus métacognitifs de rumination et de perte d’agentivité. Elle inclut les manifestations de dépersonnalisation et de déréalisation (item 4 : « I felt like things were not real or like I was outside of myself »), l’impression terrifiante d’une perte d’autocontrôle mental ou comportemental (item 5 : « I felt like I was losing control »), et les déficits de l’attention sélective induits par la charge mentale de l’anxiété (item 12 : « I had difficulty concentrating »). Elle sonde également le sentiment de sidération ou de brouillard cognitif (item 16 : « I felt like I was in a daze »), l’excès de soucis chroniques et l’incapacité subjective à les interrompre (items 18 et 19), la perte du sentiment d’auto-efficacité personnelle (item 24 : « I felt like I had no control over my life ») et l’appréhension catastrophique de menaces imminentes indéterminées (item 25 : « I felt like something terrible was going to happen to me »).

3. La composante affective (8 items)

La dimension affective regroupe les tonalités émotionnelles, la labilité de l’humeur et les composantes relationnelles de la détresse anxieuse. Chez l’aîné, l’anxiété se traduit fréquemment non pas par une peur panique explicite, mais par une irritabilité accrue, des accès de colère soudains et une hyperréactivité sensorielle. Cette dimension comprend la sensibilité accrue au regard d’autrui et la peur du ridicule (items 6 et 7), l’irritabilité et les explosions émotionnelles (items 10 et 11), le réflexe de sursaut exagéré (item 13 : « I was easily startled or upset »), l’anhédonie anxieuse et le désengagement des activités gratifiantes (item 14), le sentiment d’isolement relationnel (item 15 : « I felt detached or isolated from others ») et l’état de tension nerveuse interne diffuse (item 20 : « I felt restless, keyed up, or on edge »).

4. Les domaines de préoccupation gériatrique (Items 26 à 30)

Bien que dissociés du score total sommatique-cognitif-affectif afin de ne pas fausser la métrique dimensionnelle du construit d’anxiété générale, ces 5 items fournissent une valeur écologique irremplaçable. Ils évaluent les cibles thématiques prépondérantes chez les aînés : les inquiétudes financières face à l’érosion du pouvoir d’achat à la retraite (item 26), les craintes pour la santé physique et la vulnérabilité biologique (item 27), les soucis relatifs aux descendants (item 28), l’anxiété existentielle face à la finitude et la mort (item 29 : « I was afraid of dying »), et enfin la peur de la dépendance et de l’institutionnalisation (item 30 : « I was afraid of becoming a burden to my family or children »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle cognitivo-comportemental et le paradigme tripartie de l’émotion

Le cadre théorique de la GAS s’ancre dans le modèle tripartie de l’anxiété proposé initialement par Peter Lang (1968) et formalisé ultérieurement dans les approches cognitives de l’émotion de David Barlow et d’Aaron T. Beck. Selon ce modèle, tout état anxieux émerge de l’interaction dynamique entre trois systèmes de réponse partiellement désynchronisés :

  • Le système neurovégétatif et physiologique (réactions de lutte ou de fuite médiées par l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et le système sympathique).
  • Le système cognitif et verbal (schémas de menace, biais attentionnels orientés vers le danger, intolérance à l’incertitude et ruminations).
  • Le système comportemental et expressif (comportements d’évitement, agitation motrice, instabilité affective et retrait social).

Segal et ses collègues (2010) ont adapté cette architecture théorique aux spécificités de la sénescence en postulant que chez la personne âgée, les interactions entre ces trois systèmes sont modulées par les modifications physiologiques liées à l’âge (diminution de la variabilité du rythme cardiaque, fragilité somatique) et par les transformations des rôles sociaux.

La perspective de la psychopathologie développementale du grand âge

D’un point de vue psychopathologique, la conception de la GAS repose sur les travaux de gérontologie cognitive et la théorie de la sélectivité socio-émotionnelle de Laura Carstensen. Si la régulation émotionnelle tend globalement à s’optimiser avec l’âge (effet de positivité), la survenue de stresseurs chroniques incontrôlables — tels que la perte de mobilité, le veuvage, le déclin cognitif débutant ou l’imminence de la mort — peut saturer les capacités d’adaptation de l’individu. L’anxiété prend alors la forme d’une hypervigilance somato-affective ou d’un évitement expérientiel marqué.

En intégrant simultanément des critères d’évaluation axés sur les manifestations universelles du Trouble Anxieux Généralisé (TAG) selon le DSM-IV-TR (puis DSM-5) et des indicateurs de préoccupations spécifiques à la vieillesse, la GAS s’inscrit au carrefour de la nosographie psychiatrique descriptive et de la psychologie différentielle du cours de la vie (life-span developmental psychology).

7. Validité / Validity

L’ensemble des travaux de validation menés par Segal et al. (2010), prolongés par l’étude doctorale approfondie de Mueller (2014) et diverses validations internationales transculturelles, établissent des preuves empiriques rigoureuses quant à la validité de la GAS Version 1.0.

Validité de contenu et validité apparente

La sélection initiale des items a été soumise à un panel d’experts universitaires en gérontologie, neuropsychologie et psychométrie. Les items formulés évitent volontairement le jargon abstrait et adoptent une terminologie simple, concrète et accessible, adaptée aux individus présentant de légers ralentissements cognitifs non démentiels. Les items somatiques ont été épurés de manière à exclure les symptômes purement attribuables au déclin physique ordinaire sans tonalité d’hyperéveil anxieux.

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et de forte magnitude entre le score total de la GAS (items 1 à 25) et plusieurs échelles psychométriques d’anxiété établies de longue date :

  • Une corrélation positive très élevée avec l’Inventaire d’anxiété de Beck (BAI) : $r = 0,70$ à $0,80$ ($p < 0,001$).
  • Une corrélation robuste avec l’Inventaire d’anxiété état-trait, forme état (STAI-S) : $r = 0,65$ à $0,74$, et forme trait (STAI-T) : $r = 0,72$ ($p < 0,001$).
  • Des corrélations substantielles entre les sous-échelles respectives de la GAS et les dimensions homologues d’autres instruments d’évaluation de la détresse émotionnelle.

Validité discriminante et différentielle

Un enjeu critique chez la personne âgée réside dans la séparation clinique entre l’anxiété et la dépression, deux entités souvent associées à des niveaux élevés d’affectivité négative générale. Bien que la GAS corrèle modérément avec l’Échelle de dépression gériatrique (Geriatric Depression Scale – GDS, $r \approx 0,55$ à $0,62$), les analyses de régression multiple et les comparaisons de modèles confirmatoires démontrent que la GAS capture une variance unique attribuable à l’anxiété physiologique et cognitive qui n’est pas expliquée par le score de la GDS.

De plus, la GAS démontre une excellente capacité à différencier les personnes âgées issues de la communauté sans pathologie psychiatrique de celles consultant en clinique ambulatoire de santé mentale ou hospitalisées pour troubles anxieux caractérisés, avec des tailles d’effet larges ($d$ de Cohen > 1,10).

Validité prédictive et sensibilité au diagnostic clinique

Dans l’échantillon clinique examiné par Mueller (2014), les analyses de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont montré que le score global de la GAS discrimine avec une haute précision les patients répondant aux critères diagnostiques d’un trouble anxieux (selon les entretiens structurés MINI ou SCID) : l’aire sous la courbe (AUC) se situe systématiquement entre 0,84 et 0,91. Des seuils cliniques opérationnels ont ainsi été validés pour guider la décision diagnostique :

  • Score de 0 à 15 : Niveau d’anxiété minimal ou normal.
  • Score de 16 à 25 : Anxiété légère.
  • Score de 26 à 35 : Anxiété modérée.
  • Score de 36 et plus : Anxiété sévère nécessitant une prise en charge clinique spécialisée.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la GAS Version 1.0 a été documentée sur de vastes cohortes de personnes âgées autonomes vivant à domicile, de résidents en structures médicalisées et de patients psychiatriques gériatriques.

Consistance interne

L’évaluation de l’homogénéité des items révèle une consistance interne exceptionnelle :

  • Score total de la GAS (25 items) : Le coefficient $\alpha$ de Cronbach atteint 0,91 dans l’étude princeps de Segal et al. (2010) auprès d’un échantillon communautaire d’adultes âgés, et s’élève à 0,93 dans l’échantillon clinique et médical rapporté par Mueller (2014).
  • Sous-échelle Somatique (9 items) : $\alpha = 0,77$ à $0,84$.
  • Sous-échelle Cognitive (8 items) : $\alpha = 0,81$ à $0,87$.
  • Sous-échelle Affective (8 items) : $\alpha = 0,78$ à $0,83$.
  • Forme abrégée GAS-10 : L’échelle courte présente également une cohérence remarquable pour un instrument de 10 items, avec un $\alpha$ de Cronbach compris entre 0,85 et 0,89.

Les corrélations item-total corrigées pour les 25 items de cotation sont toutes supérieures au seuil conventionnel de 0,40, la majorité se situant entre 0,50 et 0,75, confirmant qu’aucun item n’introduit de bruit de mesure parasite.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès de sous-échantillons stables sur des intervalles de deux à quatre semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) et le coefficient de Pearson $r$ test-retest pour le score total s’élèvent à $r = 0,84$ ($p < 0,001$), indiquant une excellente stabilité temporelle des scores en l’absence d’intervention thérapeutique, tout en conservant une réactivité démontrée aux changements post-thérapeutiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors de la phase de conception initiale menée par Segal et al. (2010), une analyse factorielle exploratoire utilisant l’extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, en raison de la corrélation théorique attendue entre les dimensions de l’anxiété) a été réalisée sur les 25 items de base. L’examen des valeurs propres (critère de Kaiser > 1) et du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell) a clairement mis en évidence une structure tripartite dominant la variance :

  • Facteur 1 (Somatique) : Regroupe les items décrivant les tensions musculaires, palpitations, vertiges, essoufflement et perturbations du sommeil, avec des saturations factorielles (factor loadings) substantielles s’échelonnant de 0,48 à 0,79.
  • Facteur 2 (Cognitif) : Isole les items liés à la perte perçue de contrôle, aux ruminations, aux difficultés de concentration et à la déréalisation, présentant des saturations allant de 0,52 à 0,81.
  • Facteur 3 (Affectif) : Sature principalement sur l’irritabilité, les colères impulsives, la peur d’être jugé ou humilié et le sentiment d’isolement/tension, avec des saturations comprises entre 0,46 et 0,75.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires conduites par Mueller (2014) sur des cohortes indépendantes ont comparé plusieurs modèles théoriques concurrents :

  1. Un modèle unidimensionnel à un seul facteur général d’anxiété.
  2. Un modèle à trois facteurs orthogonaux indépendants.
  3. Un modèle à trois facteurs corrélés (Somatique, Cognitif, Affectif).
  4. Un modèle bifactoriel ou hiérarchique de second ordre, postulant un facteur général d’anxiété gériatrique chapeautant les trois dimensions primaires.

Les indices d’adéquation ont confirmé la supériorité statistique du modèle hiérarchique et du modèle à trois facteurs corrélés : le ratio chi-deux/degrés de liberté ($\chi^2/dl < 2,1$), l’indice de comparaison de Bentler (CFI > 0,93), l’indice de Tucker-Lewis (TLI > 0,92) et l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA $\approx 0,049$, intervalle de confiance à 90 % : [0,041 ; 0,057]). Ces résultats valident de façon indiscutable la pertinence de calculer à la fois des scores de sous-échelles spécifiques et un score global d’anxiété dans la pratique clinique et la recherche.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté) ; administrable également sous forme d’hétéro-évaluation assistée par le clinicien en cas de troubles visuels ou moteurs légers du patient.
  • Population cible : Adultes âgés de 60 ans et plus, résidant en communauté, en résidences seniors, en milieu hospitalier ou en milieu de soins psychiatriques.
  • Nombre total d’items : 30 items répartis comme suit :
    • 25 items contribuant au calcul du score clinique global et des 3 sous-échelles factorielles.
    • 5 items additionnels (items 26 à 30) analysant les préoccupations matérielles, physiques et existentielles de la personne âgée (santé, argent, enfants, peur de la mort, peur d’être une charge pour autrui).
    • Une version abrégée validée de 10 items (GAS-10) existe pour le dépistage rapide.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 4 points appliquée sur l’expérience vécue au cours de la semaine écoulée :
    • 0 = Not at all (Pas du tout / Jamais)
    • 1 = Sometimes (Parfois)
    • 2 = Most of the time (La plupart du temps)
    • 3 = All of the time (Tout le temps)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Score Global (Total Score) : Somme arithmétique directe des items 1 à 25. Échelle théorique de 0 à 75 points. Les scores élevés indiquent une symptomatologie anxieuse plus sévère.
    • Sous-échelle Somatique (9 items) : Somme des items 1, 2, 3, 8, 9, 17, 21, 22 et 23 (Étendue : 0 à 27 points).
    • Sous-échelle Cognitive (8 items) : Somme des items 4, 5, 12, 16, 18, 19, 24 et 25 (Étendue : 0 à 24 points).
    • Sous-échelle Affective (8 items) : Somme des items 6, 7, 10, 11, 13, 14, 15 et 20 (Étendue : 0 à 24 points).
    • Items de préoccupation (Items 26 à 30) : Notés individuellement de 0 à 3, non intégrés au score total afin de ne pas contaminer la métrique dimensionnelle du construit d’anxiété.
    • GAS-10 (Forme courte) : Somme directe des 10 items sélectionnés (Étendue : 0 à 30 points).
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes pour la version complète à 30 items ; moins de 2 à 3 minutes pour la forme courte GAS-10.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication princeps : 2010 (Segal, June, Payne, Coolidge, & Yochim). Extension psychométrique majeure en 2014 (Mueller).
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle détenue par les auteurs (Daniel L. Segal et collaborateurs) et le journal de publication d’origine (Journal of Anxiety Disorders, Elsevier).
  • Conditions d’accès et tarifs : L’échelle est disponible gratuitement à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation clinique standard. Les cliniciens et chercheurs indépendants peuvent l’utiliser sans redevance financière, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence originale de 2010.
  • Utilisation commerciale et adaptations : Toute utilisation dans le cadre d’essais thérapeutiques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique, d’intégration dans des logiciels payants ou de traduction officielle nécessite l’obtention préalable d’une autorisation écrite auprès du Dr Daniel L. Segal à l’Université du Colorado à Colorado Springs.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de validation de la GAS comprennent notamment :

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Total Score = sum of items 1 through 25.
1

My heart raced or beat strongly.
2

My breath was short.
3

I had an upset stomach.
4

I felt like things were not real or like I was outside of myself.
5

I felt like I was losing control.
6

I was afraid of being judged by others.
7

I was afraid of being humiliated or embarrassed.
8

I had difficulty falling asleep.
9

I had difficulty staying asleep.
10

I was irritable.
11

I had outbursts of anger.
12

I had difficulty concentrating.
13

I was easily startled or upset.
14

I was less interested in doing something I typically enjoy.
15

I felt detached or isolated from others.
16

I felt like I was in a daze.
17

I had a hard time sitting still.
18

I worried too much.
19

I could not control my worry.
20

I felt restless‚ keyed up‚ or on edge.
21

I felt tired.
22

My muscles were tense.
23

I had back pain‚ neck pain‚ or muscle cramps.
24

I felt like I had no control over my life.
25

I felt like something terrible was going to happen to me.
26

I was concerned about my finances.
27

I was concerned about my health.
28

I was concerned about my children.
29

I was afraid of dying.
30

I was afraid of becoming a burden to my family or children.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle d’anxiété gériatrique – GAS Version 1.0. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-geriatrique-gas-version-1-0/
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété gériatrique – GAS Version 1.0.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-geriatrique-gas-version-1-0/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’anxiété gériatrique – GAS Version 1.0.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-anxiete-geriatrique-gas-version-1-0/.