1. Résumé
L’Échelle d’anxiété pour enfants de Spence (Spence Children’s Anxiety Scale, SCAS), développée initialement par la professeure Susan H. Spence en 1997 et 1998, est un instrument d’auto-évaluation psychométrique de référence internationale conçu pour quantifier la gravité et la fréquence des manifestations anxieuses chez les enfants et les jeunes adolescents âgés de 8 à 12 ans (avec des déclinaisons adaptées aux enfants d’âge préscolaire et aux adolescents). Conçue pour pallier les insuffisances des instruments traditionnels de première génération, qui appréhendaient l’anxiété infantile sous un angle unidimensionnel ou par simple transposition descendante des modèles adultes, la SCAS opérationnalise rigoureusement les critères diagnostiques du DSM-IV.
L’échelle est composée de 44 items, dont 38 évaluent des symptômes anxieux spécifiques répartis en six sous-échelles cliniques : l’anxiété de séparation, la phobie sociale, le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), le trouble panique avec agoraphobie, l’anxiété généralisée, et les peurs des blessures physiques (phobies spécifiques). Six items intercalaires à valence positive sont intégrés afin de réduire les biais de réponse stéréotypée et l’effet de fatigue. Les enfants répondent sur une échelle ordinale de fréquence à 4 points (0 = Jamais, 1 = Parfois, 2 = Souvent, 3 = Toujours). Le temps d’administration est particulièrement court, n’excédant pas 10 minutes.
D’un point de vue psychométrique, la SCAS présente d’excellentes qualités métrologiques. La consistance interne de l’échelle totale est remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach de 0,92 dans les échantillons normatifs initiaux (N = 2 052) et des alphas oscillant entre 0,60 et 0,82 pour les différentes sous-échelles. La fidélité test-retest à 6 mois s’élève à r = 0,60 pour le score global. La validité convergente est démontrée par une corrélation élevée (r = 0,71) avec l’échelle révisée d’anxiété manifeste pour enfants (RCMAS). L’analyse factorielle confirmatoire corrobore un modèle hiérarchique à six facteurs de premier ordre sous-tendus par un facteur général d’anxiété de second ordre.
2. Mots-clés
Échelle d’anxiété pour enfants de Spence, SCAS, anxiété infantile, psychopathologie développementale, anxiété de séparation, phobie sociale, trouble panique, trouble obsessionnel-compulsif, anxiété généralisée, psychométrie, évaluation clinique, DSM-IV.
3. Auteurs
L’instrument a été conçu et validé par :
- Susan H. Spence, Ph.D. : Professeure émérite à la School of Applied Psychology et au Griffith Institute for Health, Université Griffith, Queensland, Australie. Spécialiste mondialement reconnue des troubles anxieux et dépressifs chez les jeunes et du développement des interventions numériques en santé mentale.
- Collaborateurs clés des versions dérivées et transversales :
- Ronald M. Rapee, Ph.D. : Professeur au Centre for Emotional Health, Université Macquarie, Sydney, Australie (co-auteur de la version préscolaire).
- Paula M. Barrett, Ph.D. : Professeure associée, Université du Queensland, Australie (co-auteure de la version adolescente).
- Cynthia M. Turner, Ph.D. : Chercheuse clinicienne, Université du Queensland, Australie.
- Sanne Nauta, Ph.D. : Département de psychologie clinique, Université de Groningue, Pays-Bas (auteure principale de la version parentale SCAS-P).
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Spence Children’s Anxiety Scale (SCAS) est d’offrir une évaluation standardisée, multidimensionnelle et écologiquement valide de la sévérité des manifestations anxieuses chez l’enfant. Historiquement, l’évaluation de l’anxiété chez l’enfant reposait sur des outils tels que le Revised Children’s Manifest Anxiety Scale (RCMAS) ou le State-Trait Anxiety Inventory for Children (STAIC). Bien que robustes pour évaluer un facteur d’affectivité négative diffuse ou d’anxiété générale, ces outils présentaient deux lacunes conceptuelles majeures identifiées par Spence (1998) :
- Absence de correspondance avec la nosographie clinique : Les instruments historiques échouaient à différencier les syndromes anxieux identifiés par les classifications diagnostiques contemporaines, telles que l’anxiété de séparation, l’agoraphobie, les obsessions-compulsions ou la phobie sociale.
- Paradigme de transposition descendante (downward extension) : La majorité des échelles pédiatriques découlaient d’une simplification des instruments pour adultes, postulant de manière erronée que la phénoménologie de l’anxiété infantile reproduit trait pour trait celle de l’adulte, sans tenir compte des spécificités développementales cognitives et affectives.
Dans les applications cliniques, la SCAS remplit plusieurs missions essentielles. Premièrement, elle sert d’outil de dépistage précoce (screening) en milieu scolaire ou hospitalier pour repérer les enfants présentant un risque élevé de trouble intériorisé. Deuxièmement, elle facilite l’investigation anamnestique en fournissant un profil symptomatique différentiel qui oriente l’entretien clinique structuré (par exemple le ADIS-C/P ou le K-SADS). Troisièmement, la SCAS constitue une mesure d’évolution clinique (outcome measure) indispensable pour apprécier la réponse thérapeutique au fil des séances de psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou d’interventions pharmacologiques.
Dans les applications de recherche, la SCAS est employée pour investiguer l’épidémiologie des sous-types d’anxiété, tester des modèles étiologiques développementaux, étudier la comorbidité entre les troubles anxieux et les troubles dépressifs, et mesurer l’efficacité d’interventions préventives universelles ou ciblées à l’échelle de populations scolaires.
5. Construit psychologique
La SCAS conceptualise l’anxiété infantile non pas comme un phénomène monolithique, mais comme un construit composite structuré autour de six dimensions cliniques distinctes, correspondant aux entités diagnostiques du DSM-IV. Chaque dimension reflète une constellation singulière de réponses physiologiques, cognitives et comportementales face à des stresseurs ou des stimuli perçus comme menaçants :
1. Anxiété de séparation (6 items)
Cette dimension évalue l’angoisse excessive et inappropriée sur le plan développemental concernant la séparation d’avec les figures d’attachement primaires (les parents ou tuteurs). Les items ciblent la peur d’être seul à la maison, la difficulté ou le refus de s’endormir sans la présence parentale, la réticence à découcher, et l’inquiétude récurrente qu’un malheur n’arrive à la famille ou à soi-même lors des moments d’éloignement. Exemples d’items : « I worry about being away from my parents », « I feel scared if I have to sleep on my own ».
2. Phobie sociale / Anxiété sociale (6 items)
Cette sous-échelle mesure la peur marquée et persistante des situations sociales ou de performance où l’enfant est exposé au regard d’autrui ou risque d’être scruté. Le construit englobe la crainte d’agir de façon embarrassante, la peur de parler en public devant la classe, l’appréhension des interactions avec les pairs, et la préoccupation excessive du jugement d’autrui. Exemples d’items : « I feel afraid that I will make a fool of myself in front of people », « I feel afraid if I have to talk in front of my class ».
3. Trouble obsessionnel-compulsif (6 items)
Classé parmi les troubles anxieux dans le DSM-IV, le TOC est caractérisé dans la SCAS par des pensées intrusives répétitives perçues comme indésirables (obsessions) et des comportements ritualisés ou des actes mentaux stéréotypés visant à neutraliser l’angoisse ou à prévenir un événement redouté (compulsions). Les items interrogent les vérifications répétées (lumières, serrures), les rituels de lavage ou de rangement, et les pensées « magiques » ou neutralisantes. Exemples d’items : « I have to keep checking that I have done things right », « I have to do some things over and over again ».
4. Trouble panique et agoraphobie (9 items)
Cette dimension saisit la survenue d’attaques de panique récurrentes et inattendues, marquées par des symptômes neurovégétatifs intenses (dyspnée, tachycardie, tremblements, étourdissements), couplées à l’anxiété anticipatoire de refaire une crise et à l’évitement agoraphobique de lieux d’où il pourrait être difficile de s’échapper ou d’obtenir de l’aide (foules, transports en commun, cinémas, espaces clos). Exemples d’items : « All of a sudden I feel really scared for no reason at all », « I am afraid of being in crowded places ».
5. Anxiété généralisée (6 items)
Cette sous-échelle reflète une anxiété et des soucis excessifs, incontrôlables et chroniques concernant une multitude d’événements du quotidien (résultats scolaires, santé des proches, avenir). Elle capte également les manifestations somatiques de tension telles que les maux de ventre et les sensations de nervosité diffuse. Exemples d’items : « I worry about things », « When I have a problem, I get a funny feeling in my stomach ».
6. Peurs des blessures physiques (5 items)
Cette dimension opérationnalise les phobies spécifiques fréquentes chez l’enfant, orientées vers la préservation de l’intégrité corporelle : la peur du noir, des animaux menaçants (chiens), des insectes/araignées, des hauteurs ou ascenseurs, et des soins médicaux/dentaires. Exemples d’items : « I am scared of the dark », « I am scared of dogs », « I am scared of going to the doctors or dentists ».
Items de remplissage à valence positive (6 items)
Afin de rompre la valence émotionnelle exclusivement négative du test et d’atténuer le biais d’acquiescement ou la détresse de passation, 6 items neutres ou valorisants sont disséminés dans le questionnaire (ex. : « I am good at sports », « I feel happy », « I like myself »). Ces items ne sont pas comptabilisés dans le calcul des scores anxieux.
6. Cadre théorique
Le développement de la SCAS s’inscrit au carrefour de la psychopathologie développementale, du modèle tripartite des émotions de Clark et Watson, et des modèles cognitivo-comportementaux de l’anxiété (Beck, Clark, Rapee) :
1. La théorie cognitive des troubles anxieux : Selon les postulats de Beck et de ses successeurs, les troubles anxieux sont sous-tendus par des schémas cognitifs de vulnérabilité caractérisés par une surestimation systématique de la probabilité et de la gravité du danger, combinée à une sous-estimation des capacités personnelles d’adaptation (coping) et des ressources externes de secours. Dans la SCAS, ce traitement biaisé de l’information s’exprime à travers les items d’inquiétude cognitive et de pensées intrusives catastrophiques.
2. Le modèle de la triple vulnérabilité de Barlow : La structure de la SCAS fait écho au modèle étiologique de David H. Barlow, qui distingue :
- Une vulnérabilité biologique générale (neuroticisme, hyperréactivité du système nerveux autonome) qui alimente le facteur général d’anxiété de second ordre ;
- Une vulnérabilité psychologique générale (sentiment précoce d’incontrôlabilité des événements de vie) ;
- Une vulnérabilité psychologique spécifique façonnée par les apprentissages vicariants, les conditionnements et les stéréotypes éducatifs, qui oriente les symptômes vers des cibles précises (séparation, interactions sociales, stimuli corporels ou objets phobogènes).
3. Les perspectives de l’attachement et du développement : Chez l’enfant, l’anxiété de séparation est intimement liée à la théorie de l’attachement de John Bowlby. La menace d’indisponibilité de la figure d’attachement active le système d’alarme comportemental. Spence a reconnu que l’angoisse de séparation constitue un précurseur développemental normal qui ne devient pathologique que lorsqu’il persiste au-delà du seuil développemental typique et entrave l’autonomisation scolaire et relationnelle.
4. Le modèle nosologique du DSM-IV : Contrairement aux théories psychanalytiques postulant une angoisse unique dérivée de conflits inconscients, Spence a bâti son échelle sur la nosographie descriptive empirique. La SCAS démontre empiriquement que les catégories diagnostiques décrites chez l’adulte et l’adolescent possèdent une validité structurale dès l’âge de 8 ans chez l’enfant.
7. Validité
La validité de la SCAS a été exhaustivement examinée dans des dizaines d’études internationales portant sur des échantillons communautaires et cliniques totalisant plusieurs dizaines de milliers de participants :
Validité de construit
Dans l’étude princeps de Spence (1998) menée sur 2 052 enfants âgés de 8 à 12 ans à Brisbane (Australie), la validité de construit a été appuyée par une structure factorielle confirmatoire démontrant que les 38 items symptomatiques s’ajustent de manière optimale au modèle théorique à six facteurs corrélés, reflétant fidèlement l’organisation nosologique du DSM-IV.
Validité convergente
La SCAS montre de solides corrélations avec d’autres échelles d’anxiété pédiatriques établies :
- Une corrélation de r = 0,71 (p < 0,001) a été observée entre le score total de la SCAS et le score total de la Revised Children’s Manifest Anxiety Scale (RCMAS), attestant qu’elles partagent une variance substantielle du construit anxieux général.
- Des corrélations significatives modérées à fortes (r = 0,50 à 0,68) ont été rapportées avec les sous-échelles d’internalisation du Child Behavior Checklist (CBCL) et du Youth Self-Report (YSR) d’Achenbach.
Validité discriminante et diagnostique
L’échelle discrimine de façon remarquable les enfants tout-venant des enfants consultant en pédopsychiatrie :
- Les enfants diagnostiqués avec un trouble anxieux spécifique obtiennent des scores significativement plus élevés sur la sous-échelle correspondante de la SCAS que les enfants sains ou les enfants présentant d’autres troubles anxieux (par exemple, un score très supérieur en anxiété de séparation chez les enfants atteints d’un trouble anxiété de séparation avéré).
- L’instrument différencie nettement les enfants anxieux des enfants souffrant de troubles extériorisés purs (trouble oppositionnel avec provocation, TDAH) et montre une corrélation modérée (r ≈ 0,45-0,55) avec les échelles de dépression (comme le CDI), illustrant la distinction attendue entre anxiété et dépression malgré une comorbidité intériorisée fréquente.
Sensibilité au changement thérapeutique
De nombreux essais contrôlés randomisés évaluant des programmes de thérapie cognitivo-comportementale (tels que Cool Kids ou Friends for Life) ont démontré que les scores à la SCAS diminuent de manière significative et cliniquement pertinente après traitement, reflétant fidèlement la rémission diagnostique observée aux entretiens semi-structurés.
8. Fidélité
Les propriétés de fidélité de la SCAS attestent d’une excellente précision de mesure et d’une stabilité temporelle conforme aux attentes développementales :
Consistance interne
La cohérence des items au sein de l’échelle totale et de ses dimensions a été confirmée à travers de multiples cohortes :
- Score total de la SCAS : Le coefficient alpha de Cronbach est exceptionnellement élevé, atteignant α = 0,92 dans l’échantillon normatif australien original de Spence (1998), et oscillant systématiquement entre 0,90 et 0,94 dans les adaptations internationales (Pays-Bas, Allemagne, Iran, Japon, France).
- Sous-échelles :
- Trouble panique et agoraphobie : α = 0,82
- Trouble obsessionnel-compulsif : α = 0,73
- Anxiété généralisée : α = 0,73
- Anxiété de séparation : α = 0,70
- Phobie sociale : α = 0,70
- Peurs des blessures physiques : α = 0,60 (l’alpha légèrement plus modeste s’explique par le faible nombre d’items [5 items] et l’hétérogénéité des stimuli phobogènes évalués, tels que chiens, piqûres, obscurité).
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été évaluée par Spence (1998) auprès d’un sous-échantillon de 344 enfants réévalués après un intervalle substantiel de 6 mois :
- Le coefficient de corrélation test-retest pour le score total s’élève à r = 0,60 (p < 0,001), ce qui témoigne d’une stabilité modérée à satisfaisante sur un intervalle temporel long à cet âge charnière du développement.
- Pour les sous-échelles individuelles, les coefficients s’échelonnent entre r = 0,45 et r = 0,55. Les auteurs notent une légère décroissance des scores lors de la seconde passation, phénomène classique d’atténuation du retest et d’évolution maturative naturelle des craintes infantiles.
- Des études indépendantes ayant appliqué un intervalle plus court (2 à 4 semaines) rapportent des coefficients de fidélité test-retest nettement plus élevés, généralement situés entre r = 0,75 et r = 0,85.
9. Analyse factorielle
L’architecture factorielle de la SCAS a fait l’objet d’investigations approfondies à l’aide de l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) dès la publication princeps de Susan H. Spence en 1997 dans le Journal of Abnormal Psychology :
Évaluation des modèles concurrents
Spence (1997) a testé plusieurs modèles factoriels rivaux auprès de 2 052 écoliers australiens :
- Modèle unidimensionnel : Postulant un facteur unique de détresse anxieuse indifférenciée. Ce modèle a présenté des indices d’ajustement inacceptables (RMSEA > 0,08, TLI < 0,80), invalidant l’hypothèse d’une anxiété infantile homogène.
- Modèle à facteurs indépendants : Postulant six facteurs orthogonaux sans corrélation entre eux. Ce modèle a également été rejeté en raison des covariations réelles entre dimensions anxieuses.
- Modèle à six facteurs corrélés : Ce modèle a démontré un ajustement excellent aux données, chaque item saturant significativement sur son facteur cible respectif avec des saturations factorielles généralement supérieures à 0,45 (variant de 0,35 à 0,72).
- Modèle hiérarchique de second ordre : Ce modèle postule six facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général d’anxiété de second ordre. Les indices d’ajustement (CFI = 0,93, TLI = 0,92, RMSEA = 0,042) ont confirmé que la variance partagée entre les sous-échelles est adéquatement expliquée par un construit global d’anxiété de second ordre, justifiant à la fois le calcul de scores spécifiques par dimension et l’utilisation d’un score total combiné.
Invariance de mesure transculturelle
Des analyses factorielles confirmatoires multigroupes menées dans plus de 20 pays (dont les travaux de Muris et al. en Europe occidentale, Essau et al., et Mousavi et al.) ont démontré l’invariance métrique et scalaire de la structure à 6 facteurs selon le sexe et l’âge, ainsi qu’une équivalence transculturelle remarquable, prouvant que les syndromes anxieux infantiles s’organisent selon les mêmes dimensions universelles indépendamment du contexte culturel.
10. Instrument de mesure
La passation et la cotation de la SCAS obéissent à des règles standardisées et simples :
- Nature de l’épreuve : Questionnaire d’auto-évaluation papier-crayon ou numérique (auto-rapporté par l’enfant).
- Population cible : Enfants et jeunes adolescents âgés de 8 à 12 ans (pouvant être étendu jusqu’à 15 ans avec la version pour adolescents).
- Nombre total d’items : 44 items au total :
- 38 items cliniques d’anxiété symptomatique ;
- 6 items intercalaires positifs (items 11, 17, 25, 30, 37, 42) non comptabilisés dans le calcul des scores ;
- 1 question ouverte finale optionnelle (item 44) permettant d’indiquer une peur non répertoriée et sa fréquence.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert à 4 points :
- 0 = Never (Jamais)
- 1 = Sometimes (Parfois)
- 2 = Often (Souvent)
- 3 = Always (Toujours)
- Cotation des sous-échelles : Le score de chaque dimension s’obtient en sommant les scores des items qui la composent :
- Anxiété de séparation : items 5, 8, 12, 15, 16, 43 (Score max : 18)
- Phobie sociale : items 6, 7, 9, 10, 28, 34 (Score max : 18)
- Trouble obsessionnel-compulsif : items 14, 19, 26, 39, 40, 41 (Score max : 18)
- Panique et agoraphobie : items 13, 21, 27, 29, 31, 32, 33, 35, 36 (Score max : 27)
- Anxiété généralisée : items 1, 3, 4, 20, 22, 24 [items de menace somatique et d’inquiétude] (Score max : 18)
- Peurs des blessures physiques : items 2, 18, 23, 24 [selon répartition normée], 38 (Score max : 15)
- Score total : Somme des 38 items anxieux (score brut maximal = 114).
- Interprétation et seuils cliniques :
- Les scores bruts sont convertis en T-scores normalisés (Moyenne = 50, Écart-type = 10) selon l’âge et le sexe de l’enfant à partir des tables normatives publiées.
- T-score < 60 : Niveau d’anxiété dans la norme attendue (moins d’un écart-type au-dessus de la moyenne).
- T-score entre 60 et 69 : Niveau d’anxiété subclinique ou élevé (1 à 2 écarts-types au-dessus de la moyenne). Justifie une surveillance et un examen clinique approfondi.
- T-score ≥ 70 : Niveau d’anxiété très élevé (seuil clinique supérieur à 2 écarts-types). Forte probabilité d’un diagnostic avéré nécessitant une prise en charge spécialisée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1997 (étude factorielle) / 1998 (publication de l’échelle princeps).
- Statut des droits d’auteur et permissions : Susan H. Spence a généreusement placé l’instrument sous un statut de libre accès (open-access) pour la recherche académique et la pratique clinique non commerciale. Aucune redevance financière n’est exigée.
- Tarif d’utilisation : Gratuit (accès libre).
- Site officiel de diffusion : Le questionnaire, les grilles de cotation automatisée, les tables de normes internationales et les traductions validées dans plus d’une trentaine de langues sont accessibles sur le portail officiel de l’auteure : www.scaswebsite.com.
- Condition d’usage diagnostique : Les auteurs stipulent expressément que la SCAS est un instrument de mesure symptomatique et ne saurait à elle seule fonder un diagnostic formel ; tout score élevé doit impérativement être corroboré par une évaluation pédopsychiatrique ou un entretien clinique structuré.
12. Références
Mousavi, R., Moradi, A. R., Farzad, V., Mahdavi, E., & Spence, S. H. (2007). Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale with an Iranian sample. International Journal of Psychology, 1(1), 1–16.
Muris, P., Schmidt, H., & Merckelbach, H. (2000). Correlations among two self-report questionnaires for measuring DSM-defined anxiety disorder symptoms in children: The Spence Children’s Anxiety Scale and the Screen for Child Anxiety Related Emotional Disorders. Personality and Individual Differences, 28(2), 333–346. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(99)00102-6
Nauta, M. H., Scholing, A., Rapee, R. M., Abbott, M., Spence, S. H., & Waters, A. (2004). A parent-report measure of children’s anxiety: Psychometric properties and comparison with children’s self-report in a clinic and normal sample. Behaviour Research and Therapy, 42(7), 813–839. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(03)00200-6
Spence, S. H. (1997). Structure of anxiety symptoms among children: A confirmatory factor-analytic study. Journal of Abnormal Psychology, 106(2), 280–297. https://doi.org/10.1037/0021-843X.106.2.280
Spence, S. H. (1998). A measure of anxiety symptoms among children. Behaviour Research and Therapy, 36(5), 545–566. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(98)00034-5
Spence, S. H., Barrett, P. M., & Turner, C. M. (2003). Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale with young adolescents. Journal of Anxiety Disorders, 17(6), 605–625. https://doi.org/10.1016/S0887-6185(02)00236-0
Spence, S. H., Rapee, R., McDonald, C., & Ingram, M. (2001). The structure of anxiety symptoms among preschoolers. Behaviour Research and Therapy, 39(11), 1293–1316. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(00)00098-X