1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’anxiété pour enfants de Spence – Version parents (Spence Children’s Anxiety Scale – Parent Version, SCAS-P ; Nauta et al., 2004) est un instrument psychométrique hétéro-rapporté standardisé, conçu pour évaluer la sévérité et la typologie des symptômes anxieux chez les enfants et adolescents âgés de 6 à 18 ans à travers le regard des figures parentales. Développée dans le prolongement direct de la version auto-rapportée pour enfants créée par Susan H. Spence (1997), la SCAS-P s’aligne fidèlement sur les critères diagnostiques des troubles anxieux formulés dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV / DSM-5) de l’American Psychiatric Association.
Le questionnaire comprend 38 items quantitatifs cotés sur une échelle de Likert en quatre points allant de 0 (« Jamais » / Never) à 3 (« Toujours » / Always), complétés par un item optionnel semi-ouvert destiné à répertorier des peurs spécifiques additionnelles (items 39 à 42). La structure factorielle de la SCAS-P s’articule autour de six sous-échelles cliniques distinctes : l’anxiété de séparation (6 items), la phobie sociale (6 items), le trouble panique et l’agoraphobie (9 items), la peur des blessures physiques (5 items correspondant aux phobies spécifiques), le trouble obsessionnel-compulsif (6 items) et l’anxiété généralisée (6 items). Les scores obtenus permettent de calculer à la fois un score global d’anxiété et des profils dimensionnels spécifiques.
Sur le plan métrologique, la SCAS-P présente d’excellentes qualités psychométriques. La consistance interne est remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,88 et 0,92 pour l’échelle globale, et entre 0,72 et 0,84 pour les sous-échelles individuelles. La fidélité test-retest démontre une forte stabilité temporelle, tandis que les analyses factorielles confirmatoires corroborent un modèle hiérarchique composé de six facteurs primaires sous-tendus par un facteur général d’ordre supérieur. La validité convergente et discriminante s’avère robuste, distinguant nettement les populations cliniques des groupes témoins issus de la communauté générale.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle d’anxiété pour enfants de Spence, SCAS-Parent, anxiété infantile, évaluation hétéro-rapportée, psychométrie, anxiété de séparation, phobie sociale, trouble panique, anxiété généralisée, trouble obsessionnel-compulsif, DSM-5, validation transculturelle.
3. Auteurs / Authors
La version originale de l’outil pour enfants a été élaborée par Susan H. Spence, professeure émérite à l’Australian Institute for Suicide Research and Prevention et à la School of Applied Psychology de l’Université Griffith (Brisbane, Australie). L’adaptation et la validation systématique de la version parentale (SCAS-P) ont été conduites par un consortium international de chercheurs en psychologie clinique :
- Maaike H. Nauta : Département de psychologie clinique, Université de Groningue, Pays-Bas (Email institutionnel : [email protected]).
- Agnes Scholing : Département de psychologie clinique, Université d’Amsterdam, Pays-Bas.
- Ronald M. Rapee : Centre for Emotional Health, Département de psychologie, Université Macquarie, Sydney, Australie.
- Matthew J. Abbott : School of Psychology, Université de Sydney, Australie.
- Susan H. Spence : School of Applied Psychology, Université Griffith, Brisbane, Australie (Email institutionnel : [email protected]).
- Allison M. Waters : School of Applied Psychology, Université Griffith, Brisbane, Australie.
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier de la Spence Children’s Anxiety Scale – Parent Version (SCAS-P) est de fournir une mesure standardisée, rapide, fiable et cliniquement significative des manifestations anxieuses chez l’enfant et l’adolescent, reposant sur l’observation des parents ou tuteurs légaux. Les troubles anxieux représentent l’une des formes de psychopathologie les plus prévalentes durant l’enfance et l’adolescence, associées à des altérations majeures du fonctionnement académique, relationnel et familial. Historiquement, l’évaluation de ces troubles reposait soit sur des entretiens diagnostiques structurés longs et coûteux (tels que l’ADIS-C/P ou le DICA), soit sur des auto-questionnaires traditionnels (comme la RCMAS ou la STAIC) qui tendaient à mesurer un facteur général de détresse négative ou d’anxiété diffuse sans différencier les catégories nosologiques établies.
La SCAS-P a été expressément conçue pour combler ce déficit en fournissant une cartographie empirique opérationnelle conforme aux classifications diagnostiques contemporaines. Elle mesure à la fois l’intensité globale de la symptomatologie anxieuse et la constellation symptomatique propre à chaque trouble répertorié. Dans les contextes de recherche clinique et de prise en charge thérapeutique, la SCAS-P répond à plusieurs finalités déterminantes :
- Le dépistage systématique (screening) : Identification précoce des enfants à risque ou présentant des niveaux sous-cliniques d’anxiété au sein des écoles ou des consultations pédiatriques.
- L’aide à l’évaluation diagnostique différentielle : Orientation du clinicien vers les sous-domaines les plus perturbés afin de guider des investigations cliniques approfondies.
- L’évaluation multi-informateurs : Confrontation indispensable de la perception parentale avec l’auto-évaluation de l’enfant (via la version enfant de la SCAS). Les divergences inter-informateurs (cross-informant discrepancies) constituent une source précieuse d’informations sur l’expression contextuelle des symptômes et le niveau de conscience émotionnelle de l’enfant.
- Le suivi thérapeutique et la mesure des résultats (outcome measure) : Sensibilité prouvée au changement permettant de quantifier l’efficacité des interventions psychothérapeutiques (notamment les thérapies cognitivo-comportementales ou pharmacologiques) au fil du temps.
Sur le plan développemental, la version parentale est d’une utilité cruciale lorsque l’enfant est trop jeune (6-8 ans), présente des limitations sur le plan cognitif ou linguistique, ou manifeste des mécanismes de déni ou d’évitement émotionnel rendant l’auto-évaluation moins informative ou sous-estimée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par la SCAS-P est une structure multidimensionnelle de l’anxiété pédiatrique, opérationnalisée selon six dimensions sémiologiques fondamentales. Chaque dimension explore des manifestations cognitives, comportementales et physiologiques spécifiques :
1. Anxiété de séparation (Separation Anxiety – items 5, 8, 11, 14, 15, 38)
Cette composante évalue la détresse excessive et développementalement inappropriée manifestée par l’enfant lorsqu’il est confronté à la séparation réelle ou anticipée de son foyer ou de ses figures d’attachement majeures. Elle se traduit par la crainte constante qu’un événement funeste n’arrive à ses parents (item 11 : « My child worries that something awful will happen to someone in our family »), la peur de dormir seul (item 14), les difficultés d’autonomie à la maison (item 5), ou encore la réticence sévère à aller à l’école le matin (refus scolaire anxieux, item 15).
2. Phobie sociale (Social Phobia – items 6, 7, 9, 10, 26, 31)
Cette dimension capture la peur marquée et persistante des situations sociales dans lesquelles l’enfant est susceptible d’être exposé au regard ou au jugement d’autrui. Les items évaluent l’appréhension de prendre la parole en classe (item 31), la peur de paraître ridicule (item 9), la crainte anxieuse des examens (item 6) et l’hyperréactivité aux jugements extérieurs (item 26 : « My child worries what other people think of him/her »).
3. Trouble panique et agoraphobie (Panic Attack and Agoraphobia – items 12, 19, 25, 27, 28, 30, 32, 33, 34)
Cette sous-échelle mesure la présence d’attaques de panique spontanées, imprévisibles et récurrentes, associées à une anxiété anticipatoire et à des conduites d’évitement agoraphobique. Les manifestations physiologiques paroxystiques rapportées par les parents incluent des sensations soudaines d’étouffement sans cause médicale (item 12), des tremblements inopinés (item 19), des palpitations cardiaques soudaines (item 32), des vertiges (item 30), ainsi que l’effroi d’être dans des lieux bondés (item 27) ou confinés (item 34).
4. Peur des blessures physiques / Phobies spécifiques (Physical Injury Fears – items 2, 16, 21, 23, 29)
Correspondant au spectre des phobies spécifiques du DSM, cette sous-échelle cible les peurs circonscrites à des stimuli environnementaux ou corporels menaçant potentiellement l’intégrité physique de l’enfant. Les cibles explorées incluent la peur de l’obscurité (item 2), des chiens (item 16), du médecin ou du dentiste (item 21), de la hauteur (item 23) et des animaux de petite taille tels que les insectes et les araignées (item 29).
5. Trouble obsessionnel-compulsif (Obsessive-Compulsive Disorder – items 13, 17, 24, 35, 36, 37)
Bien que le DSM-5 ait reclassé le TOC dans une catégorie distincte des troubles anxieux, la SCAS-P conserve cette dimension conformément à sa structuration historique DSM-IV. Elle mesure les pensées intrusives répétitives et anxiogènes (obsessions ; items 17 et 36) et les comportements ritualisés ou actes mentaux stéréotypés que l’enfant se sent contraint d’accomplir pour neutraliser la menace (compulsions ; vérifications répétées, item 13 ; rituels de lavage ou de rangement, item 35 ; pensée magique neutralisatrice, items 24 et 37).
6. Anxiété généralisée / Troubles d’hyperanxiété (Generalized Anxiety Disorder – items 1, 3, 4, 18, 20, 22)
Cette sous-échelle reflète une inquiétude diffuse, excessive et difficilement contrôlable portant sur divers événements du quotidien. Elle associe des soucis chroniques (items 1 et 20) à une hyperréactivité somatique et neurovégétative face aux tracas quotidiens : maux d’estomac (item 3), tachycardie réactionnelle (item 18) et sensations d’instabilité motrice ou de tremblements (item 22).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la SCAS-P s’ancre à la croisée de la psychopathologie développementale, des théories cognitives et comportementales de l’anxiété (Beck & Emery, 1985) et des classifications psychiatriques néo-kraepeliniennes. Historiquement, l’école psychométrique anglo-saxonne oscillait entre deux approches conceptuelles divergentes de l’anxiété pédiatrique :
- L’approche unitaire ou dimensionnelle générale : Formulée notamment autour du concept d’affectivité négative ou de névrosisme (Clark & Watson, 1991), cette conception soutenait que les différentes manifestations anxieuses et dépressives chez l’enfant procédaient d’un tronc commun indifférencié d’instabilité émotionnelle. Des instruments comme la CMAS (Children’s Manifest Anxiety Scale) incarnaient cette vision.
- L’approche catégorielle nosologique : Consacrée par le DSM-III, le DSM-III-R puis le DSM-IV, cette approche postule l’existence d’entités cliniques qualitatives distinctes (phobie sociale, anxiété de séparation, anxiété généralisée, etc.), possédant chacune des déterminants étiologiques, des cours évolutifs et des indications thérapeutiques spécifiques.
La théorie sous-jacente formalisée par Susan Spence (1997) et étendue par Nauta et ses collaborateurs (2004) adopte un modèle structural hiérarchique. Selon ce cadre théorique, l’anxiété infantile est structurée par un facteur général de vulnérabilité anxieuse d’ordre supérieur (reflétant le système d’inhibition comportementale et la réactivité limbique accrue décrits par Jeffrey Gray et Jerome Kagan), qui se réfracte au niveau inférieur en syndromes anxieux phénoménologiquement spécialisés. Chaque syndrome correspond à des schémas cognitifs de menace particuliers : menace de perte de protection (séparation), menace d’évaluation par les pairs (phobie sociale), menace d’atteinte corporelle interne non contrôlée (panique), ou menace environnementale directe (phobies spécifiques).
De surcroît, le recours aux parents en tant qu’informateurs s’appuie sur la théorie de l’évaluation contextuelle du comportement infantile. Les parents disposent d’une perspective longitudinale unique et d’un point de vue écologique privilégié pour observer les comportements manifestes d’évitement, les rituels compulsifs et les plaintes somatiques que l’enfant lui-même peut avoir tendance à minimiser ou à normaliser.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de la SCAS-P ont fait l’objet d’investigations approfondies à travers de multiples cohortes internationales, démontrant une excellente validité psychométrique :
Validité de construit et validité factorielle
Dans l’étude princeps menée par Nauta et al. (2004) auprès d’un échantillon de 427 enfants néerlandais et australiens consultant en milieu clinique et de 321 enfants de la population générale, les analyses factorielles confirmatoires ont formellement étayé l’adéquation du modèle théorique à six dimensions corrélées, subsumées par un facteur général d’anxiété d’ordre supérieur. Les indices d’ajustement ont confirmé que ce modèle était nettement supérieur à un modèle unidimensionnel d’anxiété indifférenciée.
Validité convergente
La validité convergente de la SCAS-P est étayée par de fortes corrélations positives avec d’autres échelles hétéro-rapportées reconnues mesurant les difficultés internalisées. Des corrélations substantielles (typiquement comprises entre $r = 0,65$ et $r = 0,82$, $p < 0,001$) ont été établies avec la sous-échelle d’anxiété/dépression du Child Behavior Checklist (CBCL ; Achenbach) et avec la Screen for Child Anxiety Related Emotional Disorders – Parent Version (SCARED-P ; Birmaher et al.). Par ailleurs, la concordance inter-informateurs (corrélation parent-enfant entre la SCAS-P et la SCAS-C) se situe classiquement dans une fourchette modérée à forte ($r = 0,45$ à $r = 0,60$), ce qui est conforme aux méta-analyses sur l’évaluation multi-informateurs en psychopathologie infanto-juvénile.
Validité discriminante et diagnostique
La SCAS-P différencie avec une grande netteté les enfants tout-venant des enfants ayant reçu un diagnostic clinique de trouble anxieux via des entretiens standardisés (ex. ADIS-C/P). Les scores moyens totaux et factoriels sont significativement plus élevés dans les groupes cliniques ($p < 0,001$, tailles d’effet de Cohen $d > 1,2$). De plus, la validité discriminante spécifique a été démontrée : les enfants souffrant d’un trouble anxieux particulier (ex. trouble panique) obtiennent des scores significativement plus élevés sur la sous-échelle correspondante de la SCAS-P que les enfants consultant pour d’autres catégories de troubles anxieux ou pour des troubles externalisés (TDAH, trouble des conduites).
8. Fidélité / Reliability
Les études empiriques confirment une fidélité de mesure exceptionnellement stable pour la SCAS-P, tant en termes d’homogénéité interne que de reproductibilité temporelle :
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Nauta et al. (2004), le coefficient alpha de Cronbach pour le score total de l’échelle parentale atteignait $\alpha = 0,89$ dans l’échantillon clinique et $\alpha = 0,90$ dans l’échantillon communautaire. Les coefficients des six sous-échelles présentaient des niveaux de cohérence interne très satisfaisants :
- Trouble panique et agoraphobie : $\alpha = 0,80$ à $0,84$
- Anxiété de séparation : $\alpha = 0,78$ à $0,81$
- Phobie sociale : $\alpha = 0,79$ à $0,83$
- Peur des blessures physiques : $\alpha = 0,65$ à $0,73$ (valeur légèrement plus modeste en raison du faible nombre d’items et de la disparité des cibles phobiques)
- Trouble obsessionnel-compulsif : $\alpha = 0,80$ à $0,83$
- Anxiété généralisée : $\alpha = 0,77$ à $0,82$
Des réplications ultérieures menées dans divers pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine (ex. Whiteside et al., 2012 ; Ishikawa et al., 2014) ont rapporté des valeurs d’alpha global oscillant systématiquement entre 0,88 et 0,93.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été documentée auprès d’échantillons communautaires et d’attente clinique sur des intervalles de deux à douze semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou de corrélation de Pearson pour le score total se situent entre $r = 0,75$ et $r = 0,86$, démontrant une remarquable fidélité test-retest en l’absence d’intervention thérapeutique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de la SCAS-P a fait l’objet de modélisations rigoureuses par analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmatoire (AFC) :
Modèle factoriel confirmé
Lors des analyses factorielles confirmatoires conduites sous estimation robuste du maximum de vraisemblance (MLR) ou par moindres carrés pondérés diagonalement (WLSMV), plusieurs modèles concurrents ont été testés dans la littérature :
- Un modèle unidimensionnel à un seul facteur général d’anxiété.
- Un modèle à six facteurs orthogonaux indépendants.
- Un modèle à six facteurs de premier ordre corrélés.
- Un modèle hiérarchique comprenant six facteurs primaires sous-tendus par un facteur d’ordre supérieur (Higher-order model).
- Un modèle bifactoriel (Bifactor model) isolant un facteur général indépendant de facteurs spécifiques.
Les indices statistiques d’adéquation globale – notamment le Comparative Fit Index (CFI $ge 0,93$), le Tucker-Lewis Index (TLI $ge 0,92$) et le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA $le 0,045$, IC à 90 % [0,041 – 0,049]) – soutiennent de manière convergente la supériorité du modèle hiérarchique à six facteurs primaires subordonnés à un facteur général.
Saturations factorielles des items
L’ensemble des 38 items quantitatifs présente des saturations factorielles standardisées robustes ($lambda > 0,40$, la grande majorité se situant entre $0,52$ et $0,81$, $p < 0,001$) sur leur facteur théorique respectif :
- Les items du sous-domaine Trouble panique et agoraphobie (items 12, 19, 25, 27, 28, 30, 32, 33, 34) saturent principalement entre $0,55$ et $0,78$, l’item 32 (palpitations cardiaques sans motif) présentant l’une des saturations les plus élevées.
- Les items d’Anxiété de séparation (items 5, 8, 11, 14, 15, 38) manifestent de fortes saturations comprises entre $0,58$ et $0,76$.
- Les items de Phobie sociale (items 6, 7, 9, 10, 26, 31) saturent entre $0,61$ et $0,80$, l’item 31 (parler devant la classe) et l’item 9 (peur du ridicule) constituant les meilleurs marqueurs.
- Les items de Peur des blessures physiques (items 2, 16, 21, 23, 29) affichent des saturations comprises entre $0,42$ et $0,68$.
- Les items du Trouble obsessionnel-compulsif (items 13, 17, 24, 35, 36, 37) saturent entre $0,56$ et $0,79$, les items de rituels comportementaux (35) et cognitifs (24, 37) discriminant particulièrement bien ce facteur.
- Les items d’Anxiété généralisée (items 1, 3, 4, 18, 20, 22) présentent des coefficients factoriels solides compris entre $0,54$ et $0,77$.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire hétéro-rapporté complété par les parents (père, mère ou tuteur légal).
- Population cible : Enfants et adolescents de 6 à 18 ans.
- Durée moyenne de passation : Environ 10 minutes.
- Nombre total d’items : 38 items quantitatifs standardisés + 1 question de dépistage ouverte optionnelle déclinée en 3 items qualitatifs supplémentaires (items 39, 40, 41, 42) pour documenter des peurs idiosyncrasiques.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 4 modalités numériques :
0= Jamais (Never)1= Parfois (Sometimes)2= Souvent (Often)3= Toujours (Always)
- Calcul des scores des sous-échelles : Les scores s’obtiennent par la somme arithmétique directe des items correspondants :
- Trouble panique et agoraphobie (9 items) : Somme des items 12 + 19 + 25 + 27 + 28 + 30 + 32 + 33 + 34 (Score de 0 à 27).
- Anxiété de séparation (6 items) : Somme des items 5 + 8 + 11 + 14 + 15 + 38 (Score de 0 à 18).
- Peur des blessures physiques (5 items) : Somme des items 2 + 16 + 21 + 23 + 29 (Score de 0 à 15).
- Phobie sociale (6 items) : Somme des items 6 + 7 + 9 + 10 + 26 + 31 (Score de 0 à 18).
- Trouble obsessionnel-compulsif (6 items) : Somme des items 13 + 17 + 24 + 35 + 36 + 37 (Score de 0 à 18).
- Anxiété généralisée (6 items) : Somme des items 1 + 3 + 4 + 18 + 20 + 22 (Score de 0 à 18).
- Score total d’anxiété : Somme des 38 items quantitatifs (étendue théorique de 0 à 114). Les items 39 à 42 ne sont pas inclus dans le score total numérique standardisé.
- Interprétation clinique : Des scores standardisés (T-scores) stratifiés par âge et par sexe sont disponibles sur le portail officiel de l’instrument, permettant d’identifier les profils se situant à un écart-type ($T ge 60$) ou deux écarts-types ($T ge 70$, seuil clinique d’alerte) au-dessus de la moyenne normative.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps de la version parents : 2004 (faisant suite à la version auto-rapportée pour enfants publiée en 1997).
- Statut des droits d’auteur : © Susan H. Spence et auteurs associés (2004).
- Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation de l’instrument est libre de droits et entièrement gratuite (Open Access) pour la recherche scientifique, l’enseignement universitaire et la pratique clinique non commerciale.
- Modalités d’obtention : Le questionnaire, les grilles de cotation, les clés de profil informatisées et les normes développementales sont téléchargeables directement sur le site officiel hébergé par Susan Spence : www.scaswebsite.com. Toute reproduction à visée commerciale ou intégration dans des progiciels payants requiert l’autorisation formelle préalable des auteurs détenteurs des droits.
12. Références / References
- Beck, A. T., & Emery, G. (1985). Anxiety disorders and phobias: A cognitive perspective. Basic Books.
- Clark, L. A., & Watson, D. (1991). Tripartite model of anxiety and depression: Psychometric evidence and taxonomic implications. Journal of Abnormal Psychology, 100(3), 316–336. https://doi.org/10.1037/0021-843X.100.3.316
- Ishikawa, S., Shimotsu, S., Ono, T., Sasagawa, S., Spence, S. H., & Sato, F. (2014). A parent-report measure of children’s anxiety in Japan: Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale – Parent version. Child Psychiatry & Human Development, 45(5), 509–518. https://doi.org/10.1007/s10578-013-0420-5
- Mousavi, R., Moradi, A. R., Farzad, V., Mahdavi, E., & Spence, S. H. (2007). Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale with an Iranian sample. International Journal of Psychology, 1(1), 1–16.
- Nauta, M. H., Scholing, A., Rapee, R. M., Abbott, M. J., Spence, S. H., & Waters, A. M. (2004). A parent-report measure of children’s anxiety: The Spence Children’s Anxiety Scale – Parent version. Behaviour Research and Therapy, 42(7), 813–839. https://doi.org/10.1016/j.brat.2003.07.009
- Spence, S. H. (1997). Structure of anxiety symptoms among children: A confirmatory factor-analytic study. Journal of Abnormal Psychology, 106(2), 280–297. https://doi.org/10.1037/0021-843X.106.2.280
- Spence, S. H., Barrett, P. M., & Turner, C. M. (2003). Psychometric properties of the Spence Children’s Anxiety Scale with young adolescents. Journal of Anxiety Disorders, 17(6), 605–625. https://doi.org/10.1016/S0887-6185(02)00236-0
- Spence, S. H., Rapee, R., McDonald, C., & Ingram, M. (2001). The structure of anxiety symptoms among preschoolers. Behaviour Research and Therapy, 39(11), 1293–1316. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(00)00098-X
- Whiteside, S. P., Gryczkowski, M. R., Biggs, B. K., Fagan, R., & Celano, J. (2012). Validation of the Spence Children’s Anxiety Scale’s parent report through comparison with the CBCL and anxiety diagnosis. Depression and Anxiety, 29(4), 317–324. https://doi.org/10.1002/da.20914
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format:
0 = Never
1 = Sometimes
2 = Often
3 = Always
- My child worries about things
- My child is scared of the dark
- When my child has a problem‚ s(he) complains of having a funny feeling in his / her stomach
- My child complains of feeling afraid
- My child would feel afraid of being on his/her own at home
- My child is scared when s(he) has to take a test
- My child is afraid when (s)he has to use public toilets or bathrooms
- My child worries about being away from us / me
- My child feels afraid that (s)he will make a fool of him/herself in front of people
- My child worries that (s)he will do badly at school
- My child worries that something awful will happen to someone in our family
- My child complains of suddenly feeling as if (s)he can’t breathe when there is no reason for this
- My child has to keep checking that (s)he has done things right (like the switch is off‚ or the door is locked)
- My child is scared if (s)he has to sleep on his/her own
- My child has trouble going to school in the mornings because (s)he feels nervous or afraid
- My child is scared of dogs
- My child can’t seem to get bad or silly thoughts out of his / her head
- When my child has a problem‚ s(he) complains of his/her heart beating really fast
- My child suddenly starts to tremble or shake when there is no reason for this
- My child worries that something bad will happen to him/her
- My child is scared of going to the doctor or dentist
- When my child has a problem‚ (s)he feels shaky
- My child is scared of heights (eg. being at the top of a cliff)
- My child has to think special thoughts (like numbers or words) to stop bad things from happening
- My child feels scared if (s)he has to travel in the car‚ or on a bus or train
- My child worries what other people think of him/her
- My child is afraid of being in crowded places (like shopping centres‚ the movies‚ buses‚ busy playgrounds)
- All of a sudden my child feels really scared for no reason at all
- My child is scared of insects or spiders
- My child complains of suddenly becoming dizzy or faint when there is no reason for this
- My child feels afraid when (s)he has to talk in front of the class
- My child’s complains of his / her heart suddenly starting to beat too quickly for no reason
- My child worries that (s)he will suddenly get a scared feeling when there is nothing to be afraid of
- My child is afraid of being in small closed places‚ like tunnels or small rooms
- My child has to do some things over and over again (like washing his / her hands‚ cleaning or putting things in a certain order)
- My child gets bothered by bad or silly thoughts or pictures in his/her head
- My child has to do certain things in just the right way to stop bad things from happening
- My child would feel scared if (s)he had to stay away from home overnight
- Is there anything else that your child is really afraid of? …..…………..…. YES‚ NO
Please write down what it is‚ and fill out how often (s)he is afraid of this thing:- 40. ….
- 41. …..
- 42. …..