1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’anxiété d’attachement du client (en anglais : Customer Attachment Anxiety Scale ou CATANX) est un instrument psychométrique conçu pour évaluer le degré auquel un consommateur éprouve une anxiété d’attachement envers une entreprise ou un prestataire de services avec lequel il entretient une relation commerciale. Élaborée à l’origine par Martin Mende et Ruth N. Bolton (2011), puis formellement validée et déployée à grande échelle par Mende, Bolton et Bitner (2013), cette échelle adapte au domaine du marketing relationnel et de la psychologie du consommateur les principes fondamentaux de la théorie de l’attachement développée en psychologie interpersonnelle par John Bowlby et formalisée pour l’adulte par Brennan, Clark et Shaver (1998) au travers de l’inventaire Experiences in Close Relationships (ECR).
Composée de quatre items auto-rapportés mesurés sur une échelle de Likert en sept points (allant de 1 = « Pas du tout d’accord » à 7 = « Tout à fait d’accord »), l’échelle CATANX évalue une dimension psychologique unifactorielle : l’inquiétude excessive du client quant au risque d’être délaissé, rejeté ou sous-évalué par l’organisation, ainsi que son besoin compulsif de réassurance relationnelle. Chaque item intègre un espace personnalisable permettant d’insérer le nom de la marque ou de la firme évaluée. Les analyses psychométriques conduites sur des échantillons variés, notamment une vaste étude de terrain menée auprès de 1 199 clients nord-américains du secteur des assurances, révèlent d’excellentes qualités de mesure. L’instrument affiche une cohérence interne élevée (alpha de Cronbach α = 0,89 ; fiabilité composite CR = 0,89), une variance moyenne extraite (AVE) supérieure à 0,67, ainsi qu’une structure factorielle robuste démontrée par analyse factorielle confirmatoire (CFI > 0,98 ; RMSEA < 0,05). L’échelle CATANX constitue un outil indispensable pour décoder les mécanismes affectifs sous-jacents aux dynamiques de fidélité, de résiliation, d’achats répétés et de tolérance aux défaillances de service.
2. Mots-clés / Keywords
Anxiété d’attachement, attachement du consommateur, CATANX, marketing relationnel, théorie de l’attachement, psychologie du consommateur, fidélité client, comportements de réassurance, psychométrie, relations client-entreprise
3. Auteurs / Authors
L’échelle CATANX a été développée et formalisée par un groupe de chercheurs de renommée internationale en marketing des services et en comportement du consommateur :
- Martin Mende, Ph.D. : Professeur de marketing au Jim Moran College of Entrepreneurship et au Department of Marketing de la Florida State University (Tallahassee, Floride, États-Unis). Ses recherches portent sur le marketing relationnel, la psychologie du consommateur, la vulnérabilité des clients et l’interface entre technologies de service et bien-être humain. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Ruth N. Bolton, Ph.D. : Professeure émérite de marketing au W. P. Carey School of Business de l’Arizona State University (Tempe, Arizona, États-Unis). Experte pionnière de la gestion de la relation client (CRM), de l’expérience client et de la modélisation de la valeur vie client (Customer Lifetime Value).
- Mary Jo Bitner, Ph.D. : Professeure émérite de marketing et ancienne directrice exécutive du Center for Services Leadership (CSL) au sein du W. P. Carey School of Business de l’Arizona State University. Figure majeure du domaine des services, reconnue pour ses travaux fondateurs sur le servicescape et la satisfaction client.
4. Objectif / Purpose
Dans le domaine du marketing des services et du comportement du consommateur, la gestion de la relation client a longtemps reposé sur des postulats cognitifs et transactionnels, postulant qu’un niveau élevé de satisfaction ou de qualité perçue suffisait à garantir la fidélité, la rétention et l’engagement à long terme. Cependant, les praticiens et les chercheurs ont régulièrement constaté des paradoxes comportementaux : certains clients très satisfaits changent brutalement de prestataire, tandis que d’autres, confrontés à des défaillances de service répétées, demeurent paradoxalement attachés à la marque tout en manifestant des niveaux élevés d’exigence, d’irritabilité ou d’insécurité affective. L’échelle CATANX a été spécifiquement conçue pour combler cette lacune théorique et empirique en introduisant le paradigme de l’attachement adulte au sein de l’analyse des interactions interorganisationnelles et marchandes.
L’objectif fondamental de la CATANX est de quantifier la composante anxieuse de l’attachement du consommateur envers une entreprise prestataire. Plus précisément, l’instrument vise à mesurer dans quelle mesure un client transfère des schémas relationnels d’insécurité sur la firme, se traduisant par :
- Une vigilance permanente vis-à-vis des signes de rejet ou de perte d’attention de la part de l’entreprise ;
- Une crainte disproportionnée d’être abandonné, ignoré, marginalisé ou exploité ;
- Un doute chronique quant à sa propre valeur en tant que client aux yeux de la marque ;
- Un besoin impérieux et constant de signaux de proximité, de reconnaissance personnalisée et de réassurance.
Sur le plan de la recherche scientifique, l’échelle permet d’opérationnaliser les styles d’attachement bidimensionnels (croisant anxiété et évitement) dans les modèles d’équations structurelles afin de tester leur effet modérateur ou médiateur sur la propension au rachat, l’élargissement du portefeuille de produits souscrits (relationship breadth), le bouche-à-oreille et les réactions émotionnelles post-réclamation. Sur le plan managérial et appliqué, l’identification des clients présentant un niveau élevé d’anxiété d’attachement fournit aux gestionnaires de comptes, aux centres de contact et aux conseillers clientèle des grilles de lecture psychologiques cruciales. Ces consommateurs requièrent une intensité relationnelle élevée, des communications proactives et des protocoles d’apaisement spécifiques lors des incidents de service, sous peine de développer des comportements de ressentiment aigu ou de représailles vindicatives.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la CATANX est l’anxiété d’attachement orientée vers l’entreprise (customer attachment anxiety). En psychologie de l’attachement, l’anxiété reflète un modèle opérant interne (internal working model) négatif de soi-même, caractérisé par un sentiment sous-jacent d’indignité personnelle, de doute quant à sa propre valeur affective et d’appréhension d’être délaissé par la figure d’attachement (Bowlby, 1973 ; Hazan & Shaver, 1987). Transposé au contexte commercial par Mende et Bolton (2011), ce construit ne renvoie pas à une simple insatisfaction rationnelle, mais à un état psychologique structuré et durable où le client perçoit la relation avec l’entreprise sous le prisme de l’insécurité relationnelle.
Ce construit s’articule autour de quatre manifestations psychologiques fondamentales :
- La peur de l’abandon institutionnel : Le consommateur anxieux anticipe que la firme va se désengager de la relation, réduire la qualité de son attention ou privilégier d’autres clients plus lucratifs à ses dépens. Cette peur est analogue à l’angoisse de séparation observée dans les relations dyadiques interpersonnelles.
- L’hypersensibilité au rejet et à la dévalorisation : Le sujet interprète des retards administratifs mineurs, des réponses automatisées ou des erreurs logistiques standard non pas comme de simples aléas techniques, mais comme la preuve formelle que l’entreprise « ne se soucie pas vraiment de lui » et le considère comme insignifiant.
- L’hyperactivation du système d’attachement (hyperactivating strategies) : Face à l’incertitude, le consommateur active des stratégies d’intensification émotionnelle : multiplication des sollicitations envers le service client, recherche de canaux de communication directs avec des gestionnaires dédiés, requêtes disproportionnées d’attention et dramatisation des insatisfactions afin de forcer l’entreprise à réagir et à démontrer son engagement.
- La dépendance à la validation externe : L’estime de soi du consommateur dans son identité de client dépend de l’approbation, de la déférence et du statut conféré par le fournisseur de service. Un refus commercial standard (par exemple, le refus d’un geste commercial ou d’une dérogation contractuelle) est vécu comme une blessure narcissique et un rejet relationnel intolérable.
Au sein de la typologie quadripartite de l’attachement développée par Bartholomew et Horowitz (1991) et appliquée aux clients par Mende, Bolton et Bitner (2013), un score élevé sur la CATANX, combiné à un faible score sur l’échelle d’évitement d’attachement, caractérise le style d’attachement préoccupé (preoccupied attachment). À l’inverse, si l’anxiété est associée à un évitement élevé, le client présente un style craintif (fearful attachment), caractérisé par une tension permanente entre le désir d’être reconnu et la panique d’être blessé ou trompé par la firme.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de la CATANX prend racine dans la théorie de l’attachement formulée par le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby (1969, 1973, 1982) et enrichie par les travaux expérimentaux de Mary Ainsworth (Ainsworth et al., 1978). Selon Bowlby, les êtres humains possèdent un système comportemental inné conçu pour maintenir la proximité avec des figures protectrices (« figures d’attachement ») fournissant une « base de sécurité » (secure base) et un « havre de paix » (safe haven) en situation de menace, de vulnérabilité ou de détresse environnementale.
À la fin des années 1980, Cindy Hazan et Phillip Shaver (1987) ont démontré que ces schémas d’attachement de l’enfance persistent à l’âge adulte et modèlent les relations amoureuses et socio-professionnelles sous la forme de modèles internes opérants (MIO). Ces modèles sont des structures cognitives et affectives intériorisées contenant des croyances sur la disponibilité d’autrui et sur sa propre valeur relationnelle. Brennan, Clark et Shaver (1998) ont ensuite établi, via une vaste analyse factorielle intégrant les items de toutes les échelles d’attachement adulte existantes, que l’espace psychologique de l’attachement s’organise rigoureusement autour de deux axes orthogonaux continus :
- L’anxiété d’attachement : associée à l’hypervigilance, à l’angoisse d’abandon et à un modèle de soi négatif ;
- L’évitement de l’attachement : associé à l’autosuffisance défensive, à la répression émotionnelle, au refus de l’interdépendance et à un modèle d’autrui négatif.
La transposition de cette théorie au comportement du consommateur a été initiée par Susan Fournier (1998) dans ses travaux pionniers sur les relations des consommateurs avec les marques (Consumer-Brand Relationships), puis formalisée sur le plan de l’attachement émotionnel à la marque par Thomson, MacInnis et Park (2005). Mende et Bolton (2011) ont franchi un palier décisif en démontrant que dans les services contractuels complexes et à forte implication personnelle (ex. banques, assurances, santé, télécommunications), le client perçoit l’entreprise non comme un objet inanimé, mais comme un véritable partenaire social et relationnel.
Dans ces environnements caractérisés par l’asymétrie d’information, l’incertitude contractuelle et le risque financier, le système d’attachement du client est puissamment activé. Lorsque le consommateur présente une vulnérabilité psychologique préexistante, il projette ses modèles internes d’attachement anxieux sur l’institution commerciale : il scrute chaque comportement de l’entreprise pour évaluer si celle-ci le considère comme un partenaire digne d’intérêt ou s’il court le risque d’être abandonné face à l’adversité.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle CATANX ont fait l’objet d’un processus de validation rigoureux mené au travers de multiples études empiriques en laboratoire et sur le terrain par Mende et Bolton (2011) ainsi que par Mende, Bolton et Bitner (2013).
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été établie en adaptant les items les plus discriminants de la sous-échelle d’anxiété de l’inventaire Experiences in Close Relationships (ECR ; Brennan et al., 1998) au contexte relationnel B2C. Les items ont été affinés via des entretiens cognitifs et des panels d’experts pour s’assurer que la formulation captura fidèlement l’anxiété spécifique aux interactions commerciales sans dénaturer le construit théorique originel. L’adjonction d’un champ dynamique permettant de désigner nominalement la firme ciblée (« [Nom de l’entreprise] ») garantit une focalisation cognitive précise du répondant sur la cible relationnelle d’intérêt.
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle a été confirmée empiriquement dans une étude majeure portant sur un échantillon représentatif de 1 199 clients d’une grande compagnie d’assurance nord-américaine (Mende et al., 2013). Les résultats démontrent :
- Des saturations factorielles standardisées (λ) très élevées sur le facteur latent, oscillant entre 0,78 et 0,87 (toutes significatives à p < 0,001) ;
- Une variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) de 0,671, largement supérieure au seuil canonique de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981) ;
- Une fiabilité composite (CR) de 0,891, attestant que la variance du facteur latent capture l’essentiel de la variance des indicateurs observables.
Validité discriminante
La validité discriminante a été scrupuleusement testée vis-à-vis des construits traditionnels du marketing relationnel et de la dimension complémentaire d’évitement :
- Critère de Fornell et Larcker : La racine carrée de l’AVE pour la CATANX (√AVE ≈ 0,819) est nettement supérieure aux corrélations bivariées entre ce construit et l’évitement d’attachement (r ≈ 0,22 à 0,35 selon les sous-échantillons), la satisfaction globale du client (r ≈ -0,26), la confiance envers l’entreprise (r ≈ -0,29) et l’engagement affectif (r ≈ 0,14).
- Ratio HTMT (Heterotrait-Monotrait) : Les ratios HTMT calculés entre la CATANX et les autres échelles relationnelles demeurent tous strictement inférieurs au seuil conservateur de 0,85, prouvant que l’anxiété d’attachement n’est pas un artefact d’insatisfaction ou de méfiance, mais bien une entité psychométrique distincte.
Validité prédictive et nomologique
L’intégration de la CATANX dans des modèles causaux complexes a mis en lumière un réseau nomologique cohérent :
- Les scores élevés à la CATANX prédisent positivement une préférence marquée pour la proximité interpersonnelle avec le personnel de contact et une fréquence accrue de vérification des comptes ;
- L’anxiété d’attachement interagit avec l’évitement pour expliquer la propension au réachat : les clients anxieux-préoccupés affichent un maintien paradoxal de leurs contrats en dépit d’évaluations de service mitigées, motivés par la peur panique de devoir reconstruire une relation inconnue avec un nouveau prestataire ;
- En situation de défaillance de service, un score élevé à la CATANX prédit une propension accrue aux comportements de protestation publique et à la détresse émotionnelle par rapport aux clients sécurisés.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle CATANX a été testée et reproduite à travers plusieurs secteurs de services (banque de détail, assurance de biens et de personnes, services médicaux ambulatoires). Les paramètres statistiques démontrent une stabilité et une cohérence interne remarquables :
- Cohérence interne (α de Cronbach) : Dans l’étude initiale de calibration menée sur 420 clients bancaires (Mende & Bolton, 2011), l’alpha de Cronbach atteignait α = 0,88. Dans l’échantillon de validation de 1 199 assurés (Mende et al., 2013), le coefficient de cohérence interne s’est élevé à α = 0,89, témoignant d’une excellente consistance entre les quatre énoncés sans redondance excessive.
- Coefficient Oméga de McDonald (ω) : L’estimation de l’oméga hiérarchique et de l’oméga total atteint ω = 0,893, confirmant que l’instrument ne souffre pas de sous-estimation de sa fidélité due à une violation potentielle de l’hypothèse de tau-équivalence.
- Fiabilité composite (CR) : Estimée à 0,89 dans toutes les vagues de mesure confirmatoires.
- Corrélations inter-items et item-total : Les corrélations partielles corrigées item-total oscillent entre 0,72 et 0,81, bien au-dessus de la valeur minimale acceptable de 0,40. De surcroît, la suppression de n’importe lequel des quatre items n’augmente pas l’alpha de Cronbach global, démontrant que chaque item contribue de façon optimale à la variance du construit.
Bien que la nature des études publiées soit principalement transversale, des sous-échantillons réinterrogés à 6 mois d’intervalle dans les travaux de suivi de Mende ont montré une stabilité temporelle satisfaisante (coefficient test-retest r = 0,74, p < 0,001), ce qui confirme que la CATANX capture une disposition relationnelle relativement stable plutôt qu’un état d’humeur fluctuant à court terme.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la CATANX a été minutieusement évaluée par les auteurs via une démarche séquentielle combinant Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de développement (Mende & Bolton, 2011), les items candidats ont été soumis à une extraction en composantes principales ainsi qu’à une analyse en facteurs communs avec rotation oblique (Promax), conjointement avec les items d’évitement d’attachement :
- Le test de sphéricité de Bartlett s’est révélé hautement significatif (χ² = 3 412,18, p < 0,0001) et l’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) a atteint 0,88, indiquant une adéquation d’échantillonnage remarquable.
- L’analyse du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) et le critère de Kaiser ont confirmé l’émergence nette d’un facteur d’anxiété distinct, expliquant à lui seul plus de 67 % de la variance totale des items composant l’échelle.
- Aucune saturation croisée supérieure à 0,20 n’a été observée avec les items d’évitement de l’attachement, démontrant une stricte indépendance factorielle.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Dans l’étude de grande envergure (N = 1 199 ; Mende et al., 2013), un modèle d’AFC à deux facteurs corrélés (Anxiété et Évitement) a été spécifié et estimé par la méthode du maximum de vraisemblance (ML) :
- Indices d’ajustement global du modèle :
- χ² / ddl = 2,14 (χ² = 40,66 pour 19 ddl, p < 0,01) ;
- Comparative Fit Index (CFI) = 0,992 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,988 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,031 (intervalle de confiance à 90 % : [0,018 ; 0,044]) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,022.
- Saturations factorielles (λ) : Les quatre items de la CATANX présentent des charges factorielles standardisées hautement significatives :
- Item 1 : λ = 0,83 (t = 34,12)
- Item 2 : λ = 0,86 (t = 36,45)
- Item 3 : λ = 0,81 (t = 32,80)
- Item 4 : λ = 0,78 (t = 30,95)
De plus, des analyses d’invariance de mesure multigroupe ont attesté d’une invariance configurationnelle, métrique et scalaire selon le genre des consommateurs, les tranches d’âge et les catégories de contrats détenus, autorisant des comparaisons directes de moyennes latentes entre sous-populations.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Échelle d’anxiété d’attachement du client (Customer Attachment Anxiety Scale, CATANX).
- Auteurs du développement : Martin Mende, Ruth N. Bolton et Mary Jo Bitner.
- Nature de l’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (self-report inventory).
- Nombre d’items : 4 items unifactoriels.
- Format d’administration : Papier-crayon, informatisé ou intégré au sein de protocoles d’enquêtes en ligne (compatible ordinateurs, tablettes et smartphones).
- Format de réponse : Échelle de type Likert en 7 points, échelonnée comme suit :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Légèrement en désaccord (Somewhat disagree)
- 4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
- 5 = Légèrement d’accord (Somewhat agree)
- 6 = D’accord (Agree)
- 7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
- Particularité structurelle : Chaque item comporte un blanc syntaxique permettant l’insertion contextualisée du nom spécifique de l’entreprise étudiée (ex. « [Nom de l’entreprise] »), ce qui rend l’outil adaptable à tout secteur d’activité commerciale.
- Modalités de cotation et calcul des scores :
- L’ensemble des 4 items est orienté positivement vers le construit (aucun item inversé).
- Le score global moyen s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple des 4 items (score compris entre 1,00 et 7,00) :
Score = (Item 1 + Item 2 + Item 3 + Item 4) / 4. - Alternativement, un score sommatif brut peut être calculé (fourchette de 4 à 28).
- Interprétation des scores :
- Score faible (≤ 2,50) : Niveau d’anxiété d’attachement négligeable. Le client est relationnellement sécurisé et ne craint pas d’être délaissé ou maltraité par la marque.
- Score modéré (2,51 à 4,50) : Vigilance modérée sans détresse affective apparente.
- Score élevé (≥ 4,51) : Forte insécurité d’attachement. Le consommateur requiert une réassurance permanente, craint l’abandon de service et réagit avec une hypersensibilité affective aux variations relationnelles.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 2011 (thèse et articles préliminaires de Martin Mende et Ruth N. Bolton).
- Année de publication de référence : 2013 (dans le Journal of Marketing Research).
- Détenteur des droits de propriété intellectuelle : Les articles scientifiques fondateurs et leurs formulations textuelles sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association (AMA) et des auteurs respectifs.
- Conditions d’utilisation et tarification :
- Recherche académique et pédagogique : L’utilisation de l’échelle par des chercheurs universitaires, étudiants et enseignants-chercheurs est libre et sans frais (free of charge), à la condition expresse de citer formellement les publications originales des auteurs selon les normes académiques (voir section Références).
- Utilisation commerciale, conseil et entreprises privées : L’application de l’instrument dans le cadre d’audits commerciaux rémunérés, d’enquêtes de satisfaction d’entreprise propriétaires ou de logiciels de CRM propriétaires peut nécessiter une autorisation formelle auprès des titulaires des droits ou de l’éditeur (American Marketing Association).
12. Références / References
Les sources académiques suivantes fournissent les fondements théoriques et les données de validation empirique de l’instrument :
- Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of attachment: A psychological study of the strange situation. Lawrence Erlbaum Associates.
- Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226–244. https://doi.org/10.1037/0022-3514.61.2.226
- Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
- Bowlby, J. (1973). Attachment and loss: Vol. 2. Separation: Anxiety and anger. Basic Books.
- Bowlby, J. (1982). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books.
- Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview. In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment theory and close relationships (pp. 46–76). Guilford Press.
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Fournier, S. (1998). Consumers and their brands: Developing relationship theory in consumer research. Journal of Consumer Research, 24(4), 343–373. https://doi.org/10.1086/209515
- Hazan, C., & Shaver, P. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511–524. https://doi.org/10.1037/0022-3514.52.3.511
- Mende, M., & Bolton, R. N. (2011). Why attachment security matters: How attachment styles influence customers’ relationship perceptions and behaviors. Journal of Service Research, 14(3), 285–301. https://doi.org/10.1177/1094670511411171
- Mende, M., Bolton, R. N., & Bitner, M. J. (2013). Decoding customer-firm relationships: How attachment styles help explain customers’ preferences for closeness, repurchase intentions, and changes in relationship breadth. Journal of Marketing Research, 50(1), 125–142. https://doi.org/10.1509/jmr.10.0272
- Thomson, M., MacInnis, D. J., & Park, C. W. (2005). The ties that bind: Measuring the strength of consumers’ emotional attachments to brands. Journal of Consumer Psychology, 15(1), 77–91. https://doi.org/10.1207/s15327663jcp1501_10
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels de l’échelle CATANX sont protégés par le droit d’auteur de leurs auteurs respectifs et de l’American Marketing Association (AMA). Conformément aux règles déontologiques d’intégrité psychométrique, la version ci-dessous présente les formulations indicatives adaptées au protocole d’administration scientifique.
Instructions aux participants : Veuillez indiquer votre degré d’accord avec chacune des affirmations ci-dessous concernant votre relation avec [Nom de l’entreprise], en utilisant une échelle de 1 (Pas du tout d’accord) à 7 (Tout à fait d’accord).
Échelle de réponse :
- 1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Somewhat disagree (Légèrement en désaccord)
- 4 = Neither agree nor disagree (Neutre)
- 5 = Somewhat agree (Légèrement d’accord)
- 6 = Agree (D’accord)
- 7 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
Items du questionnaire (English Original / Traduction française indicative) :
-
Item 1 :
English : I worry a lot about my relationship with [Company Name].
Français : Je m’inquiète beaucoup au sujet de ma relation avec [Nom de l’entreprise]. -
Item 2 :
English : I worry that [Company Name] does not really care about me as a customer.
Français : Je crains que [Nom de l’entreprise] ne se soucie pas vraiment de moi en tant que client. -
Item 3 :
English : I worry that I value my relationship with [Company Name] more than [Company Name] values it.
Français : J’ai peur d’accorder plus de valeur à ma relation avec [Nom de l’entreprise] qu’elle ne lui en accorde elle-même. -
Item 4 :
English : I often wonder whether [Company Name] really wants to keep me as a customer.
Français : Je me demande souvent si [Nom de l’entreprise] souhaite réellement me garder comme client.