1. Résumé
L’Échelle d’anomie de Srole (initialement désignée sous le terme d’A-scale ou Srole’s Anomia Scale) constitue l’un des instruments psychométriques et sociologiques les plus influents du XXe siècle pour l’évaluation de l’état psychologique d’aliénation, de déréliction sociale et de désespoir normatif chez l’individu. Conçue à l’origine par le sociologue américain Leo Srole dans le cadre de la célèbre étude épidémiologique de santé mentale urbaine de Midtown Manhattan (publiée en 1956), cette échelle opérationnalise la notion sociologique d’anomie — conceptualisée initialement par Émile Durkheim et reformulée par Robert K. Merton — en la transposant au niveau de l’expérience subjective de l’acteur social, état que Srole a qualifié d’« anomia ».
L’instrument se compose classiquement de 5 items fondamentaux dans sa forme originale épurée, et a été étendu à 9 items dans diverses versions et enquêtes comparatives ultérieures, notamment au sein du General Social Survey (GSS) et des travaux de l’Institute for Social Research (ISR) de l’Université du Michigan. Les items explorent le sentiment d’impuissance politique, la perception d’une détérioration globale du sort de l’homme ordinaire, l’effondrement des repères moraux, la méfiance interpersonnelle généralisée et le pessimisme quant à l’avenir. Le format de réponse historique propose un choix trichotomique (« D’accord » / agree, « Pas d’accord » / disagree, et « Indécis » ou « Ne sait pas » / can’t decide), fréquemment adapté en échelle de Likert à plusieurs points selon les protocoles d’enquête contemporains.
D’un point de vue psychométrique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,70 et 0,84 selon les populations et le nombre d’items retenus (5 ou 9 items). Les analyses de validité de construit démontrent des corrélations négatives robustes avec le statut socio-économique, l’intégration sociale, l’estime de soi et la participation politique, ainsi que des associations positives fortes avec le sentiment d’aliénation, la dépression, l’autoritarisme et l’ethnocentrisme. L’échelle d’anomie de Srole demeure un étalon de référence pour la sociologie quantitative, la psychologie sociale et la psychiatrie communautaire.
2. Mots-clés
Anomie, Leo Srole, aliénation sociale, désintégration normative, désespoir existentiel, échelle psychométrique, isolement social, attitudes sociopolitiques, impuissance, Midtown Manhattan Study
3. Auteurs
L’instrument a été développé et validé par Leo Srole (1908–1993), sociologue et épidémiologiste social américain. Au moment de la création et de la publication princeps de l’instrument en 1956, Leo Srole exerçait comme directeur de recherche en sociologie au sein du département de psychiatrie du Cornell University Medical College (New York Hospital), dans le cadre de la vaste enquête interdisciplinaire Midtown Manhattan Mental Health Study dirigée conjointement avec Thomas A. C. Rennie.
Par la suite, Srole a occupé des postes professoraux émérites à l’Université Columbia (Columbia University College of Physicians and Surgeons), où il a poursuivi ses travaux sur la psychiatrie sociale, la stratification urbaine et les déterminants structurels de la santé mentale jusqu’à la fin de sa carrière académique.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle d’anomie de Srole est de quantifier le degré de déconnexion, d’impuissance subjective et de désillusion qu’éprouve un individu à l’égard de son environnement social et des structures institutionnelles qui l’entourent. Alors que la sociologie durkheimienne abordait l’anomie comme une propriété macro-sociale caractérisée par la faillite des règles morales et la dérégulation des désirs, Leo Srole a cherché à combler le fossé entre la théorie macro-sociologique et la psychologie individuelle en forgeant un outil de mesure direct de l’« anomie intériorisée » ou anomia.
Dans le domaine de la recherche fondamentale en sciences sociales, l’échelle a été conçue pour analyser les interrelations entre l’intégration socioculturelle, l’appartenance de classe, la mobilité sociale descendante et la vulnérabilité psychologique. Elle permet d’étudier comment les mutations économiques rapides, la désagrégation des réseaux de soutien communautaire et la bureaucratisation des sociétés modernes engendrent chez les citoyens un sentiment d’inutilité, de cynisme et d’isolement moral.
Dans les contextes de santé publique, de psychiatrie communautaire et de psychologie clinique, l’échelle de Srole a été largement employée pour identifier les facteurs d’aliénation précurseurs ou concomitants des troubles de l’humeur, du syndrome dépressif, de l’abus de substances et du comportement suicidaire. L’évaluation de l’anomie permet aux cliniciens et aux épidémiologistes de saisir comment la perception d’un tissu social défaillant et hostile altère le bien-être subjectif, détruit le sentiment d’efficacité personnelle et alimente une apathie délétère pour le fonctionnement adaptatif.
En outre, dans le champ de la science politique et de la sociologie électorale, cet instrument sert à documenter la désaffection démocratique, le désengagement civique, la montée du populisme et l’adhésion aux idéologies autoritaires, l’individu anomique manifestant fréquemment une méfiance radicale envers les élites institutionnelles conjuguée à une intolérance accrue envers les minorités perçues comme concurrentes.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par l’Échelle d’anomie de Srole correspond à un état de désorientation psycho-sociale multidimensionnel articulé autour de cinq composantes phénoménologiques majeures. Bien que l’échelle soit couramment utilisée comme un score unidimensionnel global reflétant le continuum intégration-anomie, Srole a minutieusement décliné ce construit en sous-composantes théoriques interreliées :
1. Perception de l’indifférence des leaders communautaires et politiques
Cette dimension évalue le sentiment que les détenteurs de l’autorité et les responsables publics sont inaccessibles, déconnectés des réalités populaires et intrinsèquement insensibles aux besoins de l’homme ordinaire. L’individu ressent une rupture du contrat républicain ou civique : il perçoit qu’adresser des requêtes aux élus ou participer au débat public est une entreprise vaine (incarnée par l’item 4 : There’s little use writing to public officials because they often aren’t really interested in the problems of the average man).
2. Perception d’un ordre social rétrograde et imprévisible
L’individu anomique éprouve la conviction que l’organisation économique et sociale est fondamentalement défavorable au citoyen moyen et que les conditions d’existence ne cessent d’empirer plutôt que de progresser. Cette perception contredit les idéaux de progrès social et de méritocratie (illustrée par l’item 2 : In spite of what some people say, the lot of the average man is getting worse, not better).
3. Rétraction temporelle et perte d’emprise sur l’avenir
Face à une société perçue comme chaotique, instable et dénuée de garanties, le sujet abandonne toute planification à long terme. Cette composante traduit un fatalisme existentiel où l’individu se replie sur une existence au jour le jour, estimant inutile ou irrationnel d’anticiper le lendemain ou de former des projets d’avenir stables (reflétée par l’item 1 : Nowadays, a person has to live pretty much for today and let tomorrow take care of itself, et renforcée par l’item 3 concernant l’absurdité de donner naissance à un enfant dans un monde sans avenir intelligible).
4. Érosion du cadre moral et désillusion axiologique
Cette composante capture l’effondrement des repères éthiques partagés et la vacuité du sens. L’acteur social a le sentiment que les normes traditionnelles du bien et du mal ont été supplantées par un pragmatisme cynique ou une logique purement instrumentale axée sur la survie ou l’argent (mise en lumière par les items 7, 8 et 9, où le gain financier devient la valeur dominante indépendamment de la légitimité morale des moyens employés, menant à une interrogation sur la valeur intrinsèque de l’existence : wondering whether anything is worthwhile).
5. Rupture de la solidarité interpersonnelle et méfiance sociale généralisée
La dernière composante porte sur l’atomisation des rapports humains, où autrui n’est plus perçu comme un partenaire fiable ou un soutien potentiel, mais comme un agent indifférent voire hostile. L’individu anomique éprouve un sentiment aigu de solitude psychologique, constatant l’effritement des liens de confiance primaire et secondaire (items 5 et 6 : These days a person doesn’t really know whom he can count on et Most people really don’t care what happens to the next fellow).
6. Cadre théorique
L’infrastructure conceptuelle de l’Échelle d’anomie de Srole plonge ses racines dans les grandes théories sociologiques de la modernité et de la désorganisation sociale. Deux figures tutélaires encadrent cette généalogie intellectuelle :
La filiation durkheimienne
Émile Durkheim a introduit le concept d’anomie dans De la division du travail social (1893) et l’a systématisé dans son étude monumentale Le Suicide (1897). Pour Durkheim, l’anomie survient lorsque les transformations économiques et industrielles rapides dépassent la capacité de la société à produire des régulations morales adéquates. Il en résulte un état de dérèglement où les désirs individuels, privés de limites normatives claires, deviennent illimités et insatiables, conduisant à une souffrance existentielle chronique et au suicide anomique. Toutefois, Durkheim a conçu l’anomie comme un état structurel et morphologique de la société (un « fait social » extérieur et contraignant), et non comme une disposition psychologique individuelle.
La reformulation mertonienne
Dans son article séminal de 1938, « Social Structure and Anomie », Robert K. Merton a réorienté l’anomie vers l’étude de la discordance structurelle entre les buts culturels valorisés par la société (par exemple, le succès financier du « rêve américain ») et les moyens institutionnalisés légitimes accessibles aux différentes classes sociales pour atteindre ces buts. Lorsque l’accès aux moyens légitimes est bloqué pour les classes défavorisées mais que l’impératif de réussite persiste, la tension engendre des modes d’adaptation déviants, l’anomie caractérisant l’affaiblissement de l’attachement aux normes régulatrices.
L’apport épistémologique de Leo Srole : De l’anomie à l’« anomia »
L’innovation majeure de Leo Srole (1956) a consisté à formuler la contrepartie psychologique de l’anomie macro-sociologique, qu’il a nommée anomia pour éviter toute confusion épistémologique. Selon Srole, si l’anomie caractérise l’état d’un système social dont les normes sont désintégrées, l’anomia désigne l’état psychologique subjectif de l’individu qui se vit comme exclu, marginalisé, aliéné et coupé de la trame sociale commune.
Srole conçoit l’anomie comme l’extrémité négative d’un continuum bipolaire dont l’autre pôle est l’intégration sociale (eunomia). Dans ce cadre théorique, l’intégration sociale n’est pas seulement une position objective dans un organigramme social, mais un sentiment vécu d’appartenance à une communauté morale solide, porteuse de prévisibilité, de reconnaissance mutuelle et de valeurs partagées.
7. Validité
Depuis sa publication princeps en 1956, l’Échelle d’anomie de Srole a fait l’objet d’innombrables investigations psychométriques destinées à éprouver sa validité de construit, sa validité de critère, ainsi que sa validité convergente et discriminante.
Validité de construit et corrélats sociologiques
Dans l’échantillon initial de Midtown Manhattan (Srole, 1956 ; N = 1 668 résidents urbains), l’échelle a démontré une validité de construit exceptionnelle en révélant une association linéaire inverse très marquée avec le statut socio-économique (mesuré par le niveau d’éducation, le revenu et le prestige professionnel). Les individus issus des strates socio-économiques les plus basses présentaient des scores d’anomie significativement plus élevés que ceux des classes moyennes et supérieures, confirmant l’hypothèse de Merton selon laquelle l’expérience de la privation relative et de la restriction des opportunités alimente la détresse anomique.
Les travaux ultérieurs de Wendell Bell (1957) ont étendu ces résultats en confirmant que l’anomie mesurée par l’instrument de Srole est étroitement corrélée à l’isolement social objectif, à la faible participation aux associations volontaires et à l’absence de réseaux amicaux et de parenté structurés.
Validité convergente
L’échelle présente des corrélations positives statistiquement significatives avec divers instruments mesurant des construits apparentés :
- L’échelle d’aliénation de Dean (1961), notamment les dimensions d’impuissance (powerlessness, r = 0,55 à 0,68) et d’isolement social (social isolation, r = 0,48 à 0,62).
- L’échelle d’autoritarisme (l’échelle F d’Adorno et al.), avec des corrélations moyennes variant de r = 0,35 à 0,50, traduisant le lien théorique entre l’effondrement des repères démocratiques et l’attrait pour un ordre autoritaire compensatoire.
- Les mesures de préjugés et d’ethnocentrisme : Srole (1956) a documenté une corrélation substantielle (r = 0,43) entre des scores élevés d’anomie et des attitudes discriminatoires envers les minorités religieuses et raciales.
- L’échelle de désespoir de Beck (Beck Hopelessness Scale), montrant des recouvrements notables (r = 0,45 à 0,60) sur les items relatifs à l’impossibilité d’envisager un avenir digne et sûr.
Validité discriminante et critiques méthodologiques
La validité discriminante de l’échelle a suscité des débats intenses au cours des décennies 1960 et 1970. Des chercheurs tels que Carr (1971) et Phillips (1967) ont soulevé la question de la contamination possible des réponses par le biais d’acquiescement (la tendance à répondre affirmativement indépendamment du contenu), étant donné que tous les items de l’échelle originale de Srole sont formulés dans le sens de l’anomie. Néanmoins, des études ayant introduit des versions inversées ou balancées des items ont démontré que, bien que l’acquiescement gonfle marginalement les scores chez les répondants peu scolarisés, le facteur sous-jacent d’anomie conserve sa validité discriminante vis-à-vis de l’intelligence verbale, du conformisme social et de la désirabilité sociale.
8. Fidélité
La fidélité de l’Échelle d’anomie de Srole a été rigoureusement documentée à travers de multiples échantillons nationaux et multiculturels :
Consistance interne
Dans la recherche originale de Srole (1956), la fidélité a été évaluée à l’aide des techniques d’analyse d’échelle de Guttman, l’échelle atteignant un coefficient de reproductibilité élevé de 0,90, ce qui attestait que l’ensemble des 5 items originaux formait une échelle quasi-parfaite selon les standards méthodologiques de l’époque.
Dans les études psychométriques modernes utilisant le coefficient alpha de Cronbach :
- Pour la version brève à 5 items, l’alpha de Cronbach se situe généralement entre 0,68 et 0,76 dans les grands échantillons représentatifs de la population générale (comme dans les cohortes du General Social Survey analysées par Robinson et Shaver, 1969).
- Pour la version étendue à 9 items, le coefficient alpha de Cronbach augmente couramment dans une fourchette allant de 0,78 à 0,84, reflétant une consistance interne satisfaisante pour une échelle de recherche sociologique et épidémiologique.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les études de stabilité temporelle indiquent que l’anomie mesurée par Srole capture davantage une attitude sociopsychologique stable ou un trait dispositionnel acquis qu’un état d’humeur purement transitoire. Sur des intervalles de deux à quatre semaines, les corrélations test-retest rapportées dans la littérature oscillent entre r = 0,75 et r = 0,83. Sur des périodes longitudinales plus étendues (un à deux ans), les coefficients de corrélation se maintiennent entre r = 0,55 et r = 0,65, les fluctuations reflétant fidèlement les variations objectives de l’environnement économique des répondants (perte d’emploi, rupture familiale ou crise institutionnelle majeure).
9. Analyse factorielle
La dimensionnalité factorielle de l’Échelle d’anomie de Srole a fait l’objet de nombreuses explorations tant exploratoires (AFE) que confirmatoires (AFC) au sein de la littérature psychométrique :
Structure unidimensionnelle originale
Dans la formulation initiale de Srole (1956), l’instrument a été conçu comme une mesure unidimensionnelle représentant le continuum sous-jacent intégration-anomie. Les analyses factorielles en composantes principales menées par John P. Robinson et Phillip R. Shaver (1969) sur de vastes cohortes ont historiquement soutenu cette interprétation : un facteur principal dominant émerge systématiquement, expliquant entre 35 % et 45 % de la variance totale pour les 5 items classiques, avec des saturations factorielles (factor loadings) robustes s’étalant de 0,52 à 0,74.
Modèles multidimensionnels et analyses factorielles confirmatoires
Avec l’adjonction de nouveaux items et le recours à l’analyse factorielle confirmatoire (AFC), plusieurs chercheurs (notamment Teevan, 1975 ; Travis, 1993) ont mis en évidence l’existence de sous-dimensions distinctes mais fortement corrélées (corrélations inter-facteurs généralement supérieures à r = 0,50) :
- Facteur 1 : Aliénation politique et institutionnelle (saturé principalement par les items concernant le désintérêt des représentants publics et l’inefficacité des démarches civiques, loadings de 0,65 à 0,78).
- Facteur 2 : Pessimisme existentiel et temporel (saturé par les items relatifs à l’injustice de mettre un enfant au monde, au déclin de la condition humaine et à l’incapacité de planifier le futur, loadings de 0,58 à 0,72).
- Facteur 3 : Méfiance sociale et effondrement éthique (saturé par les items décrivant l’absence de personnes fiables, l’indifférence d’autrui et la primauté exclusive de l’argent sur les principes moraux, loadings de 0,60 à 0,75).
Les indices d’ajustement des modèles confirmatoires à trois facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur d’anomie générale de second ordre indiquent un ajustement excellent aux données empiriques (ex. : RMSEA < 0,05, CFI > 0,95, TLI > 0,93), corroborant la pertinence de calculer à la fois un score composite unique et, le cas échéant, des sous-scores dimensionnels pour des investigations granulaires.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique et sociologique standardisé.
- Format d’administration : Papier-crayon, passation assistée par ordinateur (CAPI/CASI), entretien en face-à-face ou enquête en ligne auto-administrée.
- Nombre total d’items : 9 items (version complète issue des développements de l’ISR / General Social Survey, incluant le noyau originel des 5 items de 1956).
- Échelle et modalités de réponse : Modalités de réponse historiques trichotomiques : « D’accord » (agree), « Pas d’accord » (disagree) et « Indécis / Ne sait pas » (can’t decide).
- Cotation et calcul des scores :
- Dans la cotation binaire classique de Srole, une réponse affirmative (« D’accord ») reflétant l’orientation anomique est codée 1 point.
- Les réponses de désaccord (« Pas d’accord ») ou indécises (« Ne sait pas ») sont traditionnellement codées 0 point (ou selon les variantes méthodologiques, la réponse indécise est exclue ou affectée d’une valeur intermédiaire).
- Le score global d’anomie s’obtient en sommant le nombre de réponses orientées vers l’anomie, générant un score total compris entre 0 et 9 (ou entre 0 et 5 dans la version abrégée). Un score plus élevé indique un niveau plus sévère d’anomie, d’aliénation et de désespérance sociale.
- Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de conception originale : 1956 (première publication académique formelle par Leo Srole).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’Échelle d’anomie de Srole a été développée dans le cadre de recherches académiques subventionnées par des fonds publics et des fondations universitaires. Elle relève du domaine public scientifique.
- Tarifs d’utilisation : Aucun coût d’acquisition ; l’utilisation est entièrement gratuite et libre de droits pour les travaux de recherche, l’enseignement universitaire et les enquêtes épidémiologiques non commerciales.
- Conditions d’autorisation : Aucune licence commerciale n’est requise. Les chercheurs utilisant l’échelle sont tenus de citer les publications originales de Leo Srole (1956) ainsi que les recueils méthodologiques de référence (tels que Robinson & Shaver, 1969) dans leurs communications et publications scientifiques.
12. Références
Bell, W. (1957). Anomia, social isolation and class structure. Sociometry, 20(2), 105–116. https://doi.org/10.2307/2785932
Carr, L. G. (1971). The Srole items and acquiescence. American Sociological Review, 36(2), 287–293. https://doi.org/10.2307/2094046
Dean, D. G. (1961). Alienation: Its meaning and measurement. American Sociological Review, 26(5), 753–758. https://doi.org/10.2307/2090204
Durkheim, É. (1897). Le suicide : Étude de sociologie. Félix Alcan.
Merton, R. K. (1938). Social structure and anomie. American Sociological Review, 3(5), 672–682. https://doi.org/10.2307/2084686
Phillips, D. L. (1967). Social class and psychological disturbance: The influence of the respondent’s sex and form of questions. Sociometry, 30(4), 412–421. https://doi.org/10.2307/2786196
Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of social psychological attitudes. Institute for Social Research, University of Michigan. https://www.psc.isr.umich.edu/dis/infoserv/isrpub/pdf/Measuresofsocialpsychologicalattitudes_2928_.PDF
Srole, L. (1956). Social integration and certain corollaries: An exploratory study. American Sociological Review, 21(6), 709–716. https://doi.org/10.2307/2088422
Teevan, J. J., Jr. (1975). On measuring anomia: Suggested modification of the Srole scale. The Pacific Sociological Review, 18(2), 159–170. https://doi.org/10.2307/1388656
Travis, R. (1993). The MOS alienation scale: An alternative to Srole’s anomia scale. Social Indicators Research, 28(1), 71–91. https://doi.org/10.1007/BF01083431
13. Questions et items du questionnaire
Response options: « agree », « disagree » and « can’t decide. »
- Nowadays‚ a person has to live pretty much for today and let tomorrow take care of itself.
- In spite of what some people say‚ the lot (situation/condition) of the average man is getting worse‚ not better.
- It’s hardly fair to bring a child into the world with the way things look for the future.
- There’s little use writing to public officials because they often aren’t really interested in the problems of the average man. [Most public officials (people in public office) are not really interested in the problems of the average man.]
- These days a person doesn’t really know whom he can count on.
- Most people really don’t care what happens to the next fellow.
- Next to health‚ money is the most important thing in life .
- You sometimes can’t help wondering whether anything is worthwhile.
- To make money there are no right and wrong ways anymore‚ only easy and hard ways.