Échelle d’amplitude articulaire de l’Escola Paulista de Medicina

L’Échelle d’amplitude articulaire de l’Escola Paulista de Medicina (EPM-ROM) est un instrument d’évaluation standardisé mesurant les limitations de mobilité chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde à travers 10 mouvements articulaires bilatéraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’amplitude articulaire de l’Escola Paulista de Medicina (couramment désignée sous l’acronyme EPM-ROM, pour Escola Paulista de Medicina Range of Motion) est un instrument d’évaluation clinique et métrologique standardisé, conçu pour quantifier de manière objective et synthétique les limitations de mobilité articulaire chez les adultes atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR). Développée initialement au Brésil par Marcos Bosi Ferraz et son équipe en 1990 à l’Escola Paulista de Medicina (UNIFESP), puis adaptée et validée aux Pays-Bas par Cornelia H. M. van den Ende et collaborateurs (1994), l’échelle répond au besoin d’un compromis pragmatique entre l’évaluation goniométrique exhaustive — trop chronophage pour la pratique clinique de routine — et les questionnaires d’auto-évaluation fonctionnelle, sensibles aux biais subjectifs.

L’instrument examine 10 mouvements articulaires anatomiquement distincts, évalués bilatéralement (côté droit et côté gauche), générant ainsi 20 scores élémentaires. Les articulations évaluées couvrent les membres supérieurs (flexion-extension du coude, flexion-extension du poignet, abduction du pouce, flexion des doigts/poing fermée via la distance pulpe-paume) et les membres inférieurs (rotation interne, rotation externe, flexion et abduction de la hanche, flexion-extension du genou, dorsiflexion-flexion plantaire de la cheville). Chaque mouvement fait l’objet d’une cotation ordinale sur une échelle de sévérité à 4 niveaux (0 = aucune limitation / mobilité normale ; 1 = limitation légère ; 2 = limitation modérée ; 3 = limitation sévère), établie sur la base de seuils angulaires ou métriques prédéterminés. Le score global est obtenu en sommant les 20 cotations puis en divisant le total par deux, aboutissant à un indice composite continu variant de 0 (intégrité articulaire totale) à 30 (ankylose ou limitation sévère de l’ensemble des articulations cibles).

Sur le plan psychométrique, l’EPM-ROM présente une excellente fidélité inter-évaluateurs et intra-évaluateur (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,85), une consistance interne satisfaisante (alpha de Cronbach compris entre 0,78 et 0,86) et une forte validité convergente avec les indices d’incapacité fonctionnelle (notamment le Health Assessment Questionnaire, HAQ), les scores de destruction structurale radiologique et les marqueurs cliniques d’activité pathologique. Sa rapidité de passation (environ 7 à 12 minutes) en fait un outil de référence en kinésithérapie, en rééducation fonctionnelle et en rhumatologie interventionnelle.

2. Mots-clés / Keywords

Amplitude articulaire, EPM-ROM, polyarthrite rhumatoïde, goniométrie, biomécanique, évaluation fonctionnelle, déficience articulaire, rhumatologie, psychométrie clinique, indice de mobilité.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par une communauté interdisciplinaire de chercheurs en rhumatologie, épidémiologie clinique et physiothérapie :

  • Marcos Bosi Ferraz, MD, PhD : Professeur titulaire de rhumatologie et d’économie de la santé à l’Escola Paulista de Medicina, Universidade Federal de São Paulo (UNIFESP), São Paulo, Brésil. Pionnier dans le développement d’instruments d’évaluation des maladies rhumatismales en Amérique latine.
  • Paulo Roberto de Oliveira et collaborateurs du Département de Médecine, Division de Rhumatologie, Escola Paulista de Medicina (1990).
  • Cornelia H. M. van den Ende, PT, PhD : Chercheuse senior au Département de Rhumatologie du Sint Maartenskliniek (Nimègue, Pays-Bas) et professeure associée au Centre Médical Universitaire Radboud, responsable de la validation transculturelle néerlandaise et de la formalisation psychométrique avancée (1994, 1996).
  • Koninklijk Nederlands Genootschap voor Fysiotherapie (KNGF) : La Société Royale Néerlandaise de Physiothérapie, ayant intégré et standardisé les lignes directrices de l’EPM-ROM pour les protocoles de rééducation rhumatologique (2008).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’EPM-ROM est de mesurer l’impact anatomique et mécanique de l’atteinte ostéo-articulaire sur l’amplitude de mouvement active et passive des patients souffrant d’affections rhumatismales chroniques, tout particulièrement la polyarthrite rhumatoïde. En rhumatologie, l’inflammation synoviale chronique (synovite), l’épanchement liquidien, l’épaississement capsulaire, les rétractions tendineuses et, ultimement, la destruction ostéocartilagineuse et l’ankylose provoquent une réduction progressive de l’amplitude articulaire (Range of Motion ou ROM). Cette diminution constitue le substrat mécanique premier de l’incapacité motrice et de la perte d’autonomie fonctionnelle dans les activités de la vie quotidienne.

Avant l’introduction de l’EPM-ROM, les cliniciens étaient confrontés à un dilemme méthodologique :

  • La goniométrie corporelle globale exhaustive, mesurant l’ensemble des axes anatomiques de rotation (souvent plus de 40 mouvements distincts bilatéralement), bien que précise, exigeait entre 45 et 60 minutes par patient. Elle induisait une fatigue excessive chez les sujets algiques et s’avérait intenable en consultation externe ou dans les essais cliniques à large échelle.
  • Les questionnaires auto-administrés tels que le Health Assessment Questionnaire (HAQ), bien qu’essentiels pour documenter la perspective du patient (PROMs), reflètent des construits complexes où s’entremêlent douleur perçue, statut dépressif, adaptations environnementales et stratégies d’adaptation individuelles, rendant difficile l’isolement de la déficience structurelle pure.

L’EPM-ROM comble cet écart en ciblant sélectivement 10 mouvements stratégiques ayant une valeur écologique directe pour la préhension, le transfert, la locomotion et l’hygiène personnelle. En transformant des valeurs continues d’angulation goniométrique en classes ordinales de limitation (0 à 3), l’outil optimise la sensibilité au changement tout en réduisant considérablement les erreurs de mesure associées à l’interférence de variations angulaires non significatives. Il trouve une application majeure :

  • En recherche clinique interventionnelle, pour monitorer l’efficacité des biomédicaments, des traitements de fond synthétiques (DMARDs) ou des protocoles de physiothérapie ciblée.
  • En pratique clinique quotidienne, pour objectiver la progression de l’atteinte musculosquelettique, orienter le plan de soins kinésithérapique et fixer des objectifs de récupération biomécanique individualisés.

5. Construit psychologique et biomécanique / Construct

Le construit opérationnalisé par l’EPM-ROM est la déficience de mobilité articulaire globale induite par l’arthropathie inflammatoire. Bien qu’ancré dans la métrologie physique, ce construit s’inscrit au carrefour de la biomécanique clinique et de la psychométrie de la santé, modélisant la capacité intrinsèque du système ostéo-articulaire à parcourir des trajectoires fonctionnelles sans blocage anatomique critique.

L’instrument organise ce construit autour de deux domaines anatomiques interconnectés :

1. Mobilité des membres supérieurs (Fonction de préhension et manipulation)

Ce sous-domaine intègre 4 mouvements bilatéraux essentiels à l’autonomie du haut du corps :

  • Flexion-extension du coude : Indispensable pour porter la main à la bouche, au visage et réaliser les transferts d’objets vers le corps.
  • Flexion-extension du poignet : Détermine l’orientation spatiale de la main et conditionne l’efficacité mécanique des muscles fléchisseurs et extenseurs des doigts (effet ténodèse).
  • Abduction du pouce : Représente la condition sine qua non de la pince pollicidigitale et de l’ouverture de la première commissure pour saisir des récipients volumineux.
  • Flexion des doigts (distance pulpe-paume) : Évalue la capacité de fermeture complète du poing, déterminante pour la force de préhension globale (serrer un manche, un outil, une rampe).

2. Mobilité des membres inférieurs (Fonction posturale et locomotrice)

Ce sous-domaine explore 6 mouvements bilatéraux conditionnant la stabilité, la marche et les transferts assis-debout :

  • Rotations interne et externe de la hanche : Mouvements clés de l’adaptation pelvienne durant le cycle de marche et lors de l’habillage des membres inférieurs (enfiler bas et chaussures).
  • Flexion de la hanche : Requise pour monter les escaliers, franchir des obstacles et s’asseoir dans un fauteuil ergonomique.
  • Abduction de la hanche : Essentielle pour l’équilibre dynamique lors de la phase oscillante de la marche et les transferts latéraux.
  • Flexion-extension du genou : Élément charnière du verrouillage articulaire lors de l’appui au sol et de l’amortissement lors des transitions posturales.
  • Dorsiflexion et flexion plantaire de la cheville : Responsables du déroulement harmonieux du pas et de l’adaptation aux irrégularités du terrain.

Chaque niveau de limitation est standardisé selon des critères rigoureux :

  • Score 0 (Mobilité normale) : L’arc de mouvement est conservé ou se situe dans des limites physiologiques permettant une fonction sans compensation corporelle.
  • Score 1 (Limitation légère) : Perte angulaire minime n’entravant que marginalement l’axe biomécanique terminal.
  • Score 2 (Limitation modérée) : Perte angulaire intermédiaire imposant des stratégies d’adaptation cinématique (ex. élévation de l’épaule pour compenser un déficit de flexion du coude).
  • Score 3 (Limitation sévère) : Perte drastique de mobilité ou ankylose, entraînant une rupture de la chaîne cinétique articulaire.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’EPM-ROM s’enracine conceptuellement dans le modèle biopsychosocial du handicap proposé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), formalisé dans la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF). Au sein de ce cadre, l’EPM-ROM se positionne strictement au niveau des Fonctions organiques et structures anatomiques (code b710 : Fonctions relatives à la mobilité des articulations), tout en constituant le déterminant physique direct des Activités et de la Participation (mobilité, soins personnels, vie domestique).

Historiquement, l’élaboration de l’échelle fait suite aux travaux fondateurs de Saad Nagi (1965) sur le concept de « déficience » (impairment), distingué de l’« incapacité fonctionnelle » (disability). Ferraz et ses collègues ont postulé que, si les mesures autorapportées de l’incapacité sont modulées par la résilience psychologique, la douleur et le contexte socioculturel, la mesure objective de la restriction d’amplitude articulaire fournit un indicateur robuste et invariant des dommages structurels et tissulaires réels causés par la prolifération du pannus synovial et l’érosion sous-chondrale.

De plus, l’outil s’appuie sur la théorie biomécanique des « chaînes cinétiques fermées et ouvertes » articulée par Steindler (1955). La réduction de mobilité d’un maillon critique (ex. le poignet ou la cheville) altère l’ensemble de la chaîne motrice, augmentant la dépense énergétique et favorisant l’apparition de contractures musculaires réflexes. En synthétisant l’état de dix maillons critiques en un indice unique de 0 à 30, l’EPM-ROM capture l’intégrité de la cinématique globale du patient selon une approche quantitative paramétrique.

7. Validité / Validity

La validité métrologique de l’EPM-ROM a été documentée de façon approfondie à travers plusieurs décennies de recherche clinique :

Validité de contenu et d’apparence

La sélection des 10 mouvements articulaires a été réalisée à partir d’un consensus d’experts rhumatologues et kinésithérapeutes, validant que ces articulations représentent les sites électifs des destructions articulaires dans la polyarthrite rhumatoïde et portent les fonctions motrices les plus discriminantes pour l’autonomie quotidienne.

Validité convergente

De nombreuses études corrélationnelles ont corroboré la validité convergente de l’EPM-ROM avec des indices de référence :

  • Corrélation avec les questionnaires d’incapacité fonctionnelle : Une corrélation positive statistiquement significative et modérée à forte a été établie de manière constante avec le score du Health Assessment Questionnaire (HAQ), avec des coefficients de Pearson et Spearman oscillant typiquement entre r = 0,55 et r = 0,72 (van den Ende et al., 1994, 1996 ; Ferraz et al., 1990). Cette corrélation démontre que la sévérité des restrictions articulaires mesurées par le clinicien concorde avec la dégradation de la qualité de vie fonctionnelle perçue par le patient.
  • Corrélation avec les dommages radiologiques : L’EPM-ROM corrèle significativement avec les scores d’érosion radiologique de Sharp ou de Larsen (r = 0,48 à 0,65), confirmant qu’une restriction d’amplitude persistante reflète des altérations anatomiques cartilagineuses et osseuses pérennes.
  • Corrélation avec la performance physique : L’échelle présente des corrélations négatives attendues avec la vitesse de marche sur 50 mètres (r = -0,45 à -0,60) et la force de préhension manuelle mesurée au dynamomètre Jamar (r = -0,50 à -0,68).

Validité discriminante et différentielle

L’EPM-ROM démontre une excellente capacité à discriminer les patients selon la classification fonctionnelle classique de Steinbrocker (classes I à IV). Les scores moyens augmentent de manière quasi-linéaire à travers les classes : les patients de classe I présentent des scores moyens faibles (inférieurs à 5), tandis que ceux de classe IV atteignent régulièrement des scores supérieurs à 18. L’outil différencie également avec précision les patients atteints de polyarthrite débutante non destructrice de ceux présentant une maladie destructrice de longue durée.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’EPM-ROM ont été rigoureusement éprouvées dans diverses cohortes internationales :

Fidélité inter-évaluateurs

Lors de l’évaluation standardisée conduite par des physiothérapeutes ou des médecins entraînés, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) global pour le score total de l’EPM-ROM se situe entre 0,85 et 0,95, témoignant d’une concordance inter-examinateurs exceptionnelle. Au niveau des items individuels, la concordance kappa pondérée varie de 0,65 (notamment pour l’abduction de la hanche, mouvement plus complexe à stabiliser) à 0,92 (pour la flexion-extension du genou ou du coude).

Fidélité test-retest (intra-évaluateur)

Évaluée sur des intervalles de 24 à 72 heures sans modification thérapeutique chez des patients en phase stable, la fidélité intra-évaluateur montre un CCI supérieur à 0,90. L’erreur standard de mesure (SEM) est faible, généralement évaluée à environ 1,2 point sur l’échelle de 0 à 30, conférant à la méthode une grande stabilité métrologique.

Consistance interne

L’alpha de Cronbach de l’instrument s’établit habituellement entre 0,78 et 0,86. Ces valeurs confirment que, bien que mesurant différentes articulations indépendantes, les items convergent vers un phénomène pathologique unitaire — la dissémination systémique de la raideur articulaire propre à la maladie rhumatoïde — sans redondance excessive entre les items.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) de l’EPM-ROM révèlent une structure dimensionnelle cohérente avec la biomécanique humaine :

Structure bifactorielle dominante

Bien que l’EPM-ROM soit couramment utilisé comme un score composite unidimensionnel totalisant 30 points, les analyses en composantes principales (ACP) avec rotation Varimax extraient de façon récurrente deux facteurs majeurs expliquant entre 50 % et 62 % de la variance totale des mesures :

  • Facteur 1 : Atteinte axiale et locomotrice (Membres inférieurs) : Ce facteur regroupe les 6 mouvements de la hanche, du genou et de la cheville, avec des saturations factorielles (factor loadings) élevées comprises entre 0,60 et 0,83. Ce facteur sous-tend la cinématique de la marche et les transferts de charge.
  • Facteur 2 : Atteinte distale et préhensile (Membres supérieurs) : Ce facteur regroupe le coude, le poignet, l’abduction du pouce et la flexion des doigts, avec des saturations comprises entre 0,55 et 0,81. Il reflète la chaîne d’action manipulative.

Modélisation en Théorie de Réponse aux Items (TRI)

Des travaux complémentaires appliquant les modèles de Rasch ont montré un fonctionnement différentiel des items (DIF) minimal en fonction de l’âge et du sexe. La courbe d’information du test met en évidence une précision maximale pour les niveaux de déficience modérés à sévères (scores de 6 à 22), avec un léger effet plancher chez les patients en rémission clinique totale ou aux stades ultra-précoces de la pathologie n’ayant pas encore développé de rétraction articulaire mesurable.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’EPM-ROM est une mesure hétéro-rapportée, administrée par un professionnel de santé qualifié (médecin rhumatologue, kinésithérapeute, ergothérapeute ou infirmier de recherche clinique formé à la goniométrie).

  • Type d’évaluation : Examen physique biomécanique standardisé à l’aide d’un goniomètre universel et d’un ruban métrique gradué en centimètres.
  • Durée de passation : 7 à 12 minutes pour l’ensemble des 20 mesures.
  • Nombre d’items : 10 mouvements anatomiques évalués de façon bilatérale (droite et gauche), totalisant 20 mesures individuelles.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale à 4 points pour chaque articulation/mouvement :
    • 0 = Aucune limitation / amplitude articulaire normale
    • 1 = Limitation légère
    • 2 = Limitation modérée
    • 3 = Limitation sévère
  • Critères d’évaluation et cut-offs types appliqués :
    • Coude (flexion-extension) : Normal (0) si flexion ≥ 130° et extension ≥ -10° ; Léger (1) si déficit d’extension entre 11° et 30° ; Modéré (2) si déficit entre 31° et 60° ; Sévère (3) si déficit > 60° ou flexion limitée < 90°.
    • Poignet (flexion-extension) : Normal (0) si arc total ≥ 110° ; Léger (1) si arc 80°-109° ; Modéré (2) si arc 40°-79° ; Sévère (3) si arc < 40°.
    • Pouce (abduction) : Normal (0) si abduction ≥ 50° ; Léger (1) si 40°-49° ; Modéré (2) si 20°-39° ; Sévère (3) si < 20°.
    • Doigts / Poing fermé (distance pulpe-paume) : Normal (0) si la pulpe des doigts touche la paume (0 cm) ; Léger (1) si distance ≤ 1 cm ; Modéré (2) si distance comprise entre 1,1 cm et 3 cm ; Sévère (3) si distance > 3 cm.
    • Hanche (flexion) : Normal (0) si flexion ≥ 100° ; Léger (1) si 80°-99° ; Modéré (2) si 50°-79° ; Sévère (3) si < 50°.
    • Hanche (abduction) : Normal (0) si abduction ≥ 35° ; Léger (1) si 25°-34° ; Modéré (2) si 15°-24° ; Sévère (3) si < 15°.
    • Hanche (rotation interne / externe) : Évaluée séparément selon les seuils physiologiques (rot. interne normale ≥ 35° ; rot. externe normale ≥ 45°).
    • Genou (flexion-extension) : Normal (0) si flexion ≥ 125° et déficit d’extension = 0° ; Léger (1) si déficit d’extension ≤ 10° ou flexion 100°-124° ; Modéré (2) si flexion 70°-99° ou flessum 11°-20° ; Sévère (3) si flessum > 20° ou flexion < 70°.
    • Cheville (dorsiflexion-flexion plantaire) : Normal (0) si arc total ≥ 45° ; Léger (1) si 30°-44° ; Modéré (2) si 15°-29° ; Sévère (3) si < 15°.
  • Algorithme de calcul du score total : Chaque mesure unilatérale reçoit une note de 0 à 3. Le clinicien calcule la somme arithmétique brute des 20 valeurs (score brut possible de 0 à 60). Le score final de l’EPM-ROM est obtenu en divisant cette somme par 2 :

    $$\text{Score EPM-ROM} = \frac{\sum (\text{20 cotations individuelles})}{2}$$
    Le score final s’échelonne ainsi de 0 (absence totale de limitation articulaire) à 30 (limitation sévère ou ankylose sur l’ensemble des 10 mouvements bilatéraux).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création initiale : 1990 (publication princeps par Marcos Bosi Ferraz et collaborateurs).
  • Année d’adaptation néerlandaise standardisée : 1994 (van den Ende et al.) ; actualisation par le KNGF en 2008.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle EPM-ROM relève du domaine public académique. Les auteurs l’ont conçue comme un instrument ouvert afin de promouvoir la standardisation de l’évaluation rhumatologique mondiale.
  • Frais d’utilisation (Tarifs) : L’utilisation de l’échelle est totalement gratuite pour la pratique clinique, la recherche académique et les contextes hospitaliers. Aucune redevance n’est exigée. Toute utilisation doit mentionner explicitement les publications originales de référence.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique et psychométrique de l’EPM-ROM :

  • Ferraz, M. B., Oliveira, P. R., & Atra, E. (1990). EPM-ROM scale: An operative range of motion assessment scale in rheumatoid arthritis. The Journal of Rheumatology, 17(10), 1372–1376. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2254898/
  • van den Ende, C. H., Hazes, J. M., Le Cessie, S., Mulder, W. J., Belfor, D. G., Ronday, H. K., & Breedveld, F. C. (1994). Comparison of methods to assess range of motion of joints in patients with rheumatoid arthritis. The Journal of Rheumatology, 21(9), 1630–1635. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7799341/
  • van den Ende, C. H., Vliet Vlieland, T. P., Munneke, M., Hazes, J. M., & Breedveld, F. C. (1996). Dynamic exercise therapy in rheumatoid arthritis: A systematic review. British Journal of Rheumatology, 35(10), 960–967. https://doi.org/10.1093/rheumatology/35.10.960
  • Fries, J. F., Spitz, P., Kraines, R. G., & Holman, H. R. (1980). Measurement of patient outcome in arthritis. Arthritis & Rheumatism, 23(2), 137–145. https://doi.org/10.1002/art.1780230202
  • Koninklijk Nederlands Genootschap voor Fysiotherapie (KNGF). (2008). KNGF-richtlijn Reumatoïde Artritis [Lignes directrices cliniques du KNGF pour la polyarthrite rhumatoïde]. Amersfoort: KNGF. https://www.kngf.nl/
  • World Health Organization. (2001). International Classification of Functioning, Disability and Health: ICF. World Health Organization. https://apps.who.int/iris/handle/10665/42407

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Active range of motion (ROM) is measured bilaterally for each specified joint movement using a standard plastic goniometer or millimeter ruler. Range of motion angles are categorized into 4 scoring levels (0 to 3) according to established cut-off values for normal, mild, moderate, and severe limitation.
Response Scale: 4-point impairment rating scale per joint/movement (measured bilaterally): 0 = No limitation / normal range of motion; 1 = Mild limitation; 2 = Moderate limitation; 3 = Severe limitation
Scoring / Reverse Items: Measurements are taken bilaterally (right and left) across 10 movements/joints (producing 20 measurement values). Each measurement is scored from 0 to 3 based on predefined angular degrees or distance cutoffs. The total score is the sum of all scores divided by 2 (or averaged), yielding a final score ranging from 0 (no limitation) to 30 (severe limitation across all tested joints).
1

Elbow flexion-extension (Right and Left)
2

Wrist flexion-extension (Right and Left)
3

Thumb abduction (Right and Left)
4

Fist / Finger flexion (fingertip-to-palm distance) (Right and Left)
5

Hip internal rotation (Right and Left)
6

Hip external rotation (Right and Left)
7

Hip flexion (Right and Left)
8

Hip abduction (Right and Left)
9

Knee flexion-extension (Right and Left)
10

Ankle dorsiflexion-plantarflexion (Right and Left)
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Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle d’amplitude articulaire de l’Escola Paulista de Medicina. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-amplitude-articulaire-escola-paulista-de-medicina-epm-rom/
Looti, Mohammed. “Échelle d’amplitude articulaire de l’Escola Paulista de Medicina.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-amplitude-articulaire-escola-paulista-de-medicina-epm-rom/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’amplitude articulaire de l’Escola Paulista de Medicina.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-amplitude-articulaire-escola-paulista-de-medicina-epm-rom/.