Échelle d’alimentation compulsive (CES)

Découvrez l’Échelle d’alimentation compulsive (CES), un instrument psychométrique de référence élaboré par Kagan et Squires (1984) pour évaluer la perte de contrôle, la dérégulation émotionnelle et les conduites hyperphagiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’alimentation compulsive (Compulsive Eating Scale, CES), développée initialement par Dona M. Kagan et Rose L. Squires en 1984, constitue un instrument psychométrique auto-rapporté bref conçu pour évaluer la sévérité et la fréquence des épisodes d’alimentation compulsive et de perte de contrôle alimentaire au sein de populations adolescentes et adultes. Composée de 8 items formulés sous la forme d’affirmations comportementales et affectives directes, la CES cible les manifestations clés associées aux comportements boulimiques et hyperphagiques non compensatoires : la dérégulation émotionnelle induisant la prise alimentaire (manger par ennui, solitude, énervement ou nervosité), la sensation subjective de perte de contrôle absolu face aux aliments, l’ingestion frénétique et rapide jusqu’au malaise somatique (douleur abdominale), et les compulsions nocturnes ou opportunistes orientées vers des aliments hautement appétents.

Les participants évaluent la fréquence d’apparition de chacun des huit comportements sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de « Jamais » (Never) à « Plus d’une fois par semaine » (More than once a week). Le score global obtenu offre une estimation continue de la vulnérabilité au trouble des conduites alimentaires (TCA), particulièrement pertinent dans le cadre du dépistage précoce de l’hyperphagie boulimique (Binge Eating Disorder) et de l’obésité psychogène. Sur le plan psychométrique, la CES a démontré une cohérence interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,76 et 0,87 selon les cohortes étudiées, ainsi qu’une excellente validité concourante et divergente corrélée aux indices de détresse psychologique, d’hostilité, d’insatisfaction corporelle et d’alimentation émotionnelle.

2. Mots-clés / Keywords

Alimentation compulsive, hyperphagie boulimique, dérégulation émotionnelle, perte de contrôle, psychométrie, évaluation clinique, troubles du comportement alimentaire, obésité, validité factorielle, comportements compulsifs.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par :

  • Dona M. Kagan, Ph.D. : Chercheuse et professeure affiliée au Département de psychologie et des sciences de l’éducation, Arizona State University, Tempe, Arizona, États-Unis. Spécialiste du développement adolescent, des facteurs psychosociaux associés aux habitudes de vie et de la méthodologie quantitative en sciences du comportement.
  • Rose L. Squires, M.A. / Ed.S. : Chercheuse associée en psychologie clinique et scolaire, Arizona State University, spécialiste des psychopathologies de l’adolescence, des troubles de l’image corporelle et des conduites addictives chez les étudiants universitaires.

Des adaptations et validations transculturelles ultérieures notables ont été conduites par des équipes internationales, notamment l’équipe du Dr Seyed Ali Mostafavi et de ses collaborateurs (2016) au Centre de recherche psychiatrique de l’Université des sciences médicales de Téhéran (TUMS).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Compulsive Eating Scale (CES) est de fournir une méthode de criblage rapide, standardisée, valide et non invasive pour mesurer les manifestations comportementales et affectives de l’ingestion compulsive d’aliments. Élaborée dans les années 1980 dans un contexte où les outils diagnostiques comme le DSM-III commençaient à peine à formaliser les critères de la boulimie nerveuse et ne reconnaissaient pas encore l’hyperphagie boulimique comme une entité clinique autonome, la CES comblait une lacune majeure en capturant les comportements alimentaires aberrants chez des individus ne présentant pas nécessairement de comportements compensatoires purgatifs (tels que les vomissements provoqués, l’abus de laxatifs ou l’exercice physique outrancier).

Dans la pratique clinique, l’échelle remplit plusieurs fonctions critiques :

  • Dépistage primaire et tri diagnostique : La CES permet d’identifier rapidement les sujets à risque élevé de développer des troubles du spectre hyperphagique au sein de consultations de médecine générale, de centres de prise en charge de l’obésité, de services d’endocrinologie-nutrition ou de services de santé universitaire.
  • Caractérisation phénotypique : L’outil permet de distinguer l’alimentation compulsive pure — marquée par un automatisme sensorimoteur, une dissociation et une perte de contrôle — des formes plus courantes de suralimentation hédonique ou de grignotage non pathologique.
  • Suivi de l’efficacité thérapeutique : Grâce à son format concis et à sa sensibilité au changement, la CES peut être administrée de façon répétée tout au long d’un protocole de thérapie cognitivo-comportementale (TCC), d’interventions basées sur la pleine conscience (Mindful Eating) ou d’approches pharmacothérapeutiques, servant d’indicateur objectif de la réduction des épisodes compulsifs.

En contexte de recherche épidémiologique et fondamentale, la CES a été largement employée pour disséquer les liens de causalité circulaire entre le stress perçu, les états affectifs négatifs (colère, anxiété, solitude, dépression), les régimes restrictifs chroniques et les accès d’ingestion massive. Les travaux fondateurs de Kagan et Squires visaient précisément à démontrer comment la compulsion alimentaire s’inscrit dans un pattern plus vaste d’inadaptation psychologique incluant la détresse émotionnelle, l’hostilité intériorisée et une faible auto-efficacité.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept d’alimentation compulsive (compulsive eating) mesuré par la CES s’articule autour d’une constellation multidimensionnelle de comportements dysfonctionnels régis par l’absence d’autorégulation homéostatique. L’échelle appréhende ce phénomène à travers plusieurs facettes psychologiques et phénoménologiques interdépendantes :

1. La perte de contrôle subjective (Loss of Control over Eating)

La perte de contrôle représente le noyau psychopathologique de la compulsion alimentaire. L’individu éprouve un sentiment d’impuissance absolue face à la nourriture (illustré par l’item 2 : « Feel completely out of control when it comes to food »). Cette dimension renvoie à l’incapacité d’inhiber le déclenchement de la prise alimentaire ou de stopper l’acte une fois engagé. L’ingestion se déroule sur un mode quasi automatique, déconnecté des mécanismes physiologiques de satiété, traduisant un déficit des fonctions exécutives d’inhibition dans un contexte d’exposition à des indices alimentaires stimulants.

2. L’alimentation émotionnelle et la régulation affective inadéquate (Emotional Coping)

La CES accorde une place centrale à l’alimentation comme mécanisme de soulagement ou d’évitement des affects désagréables. Les items 1, 4 et 5 évaluent spécifiquement l’utilisation de la nourriture pour anesthésier la détresse psychologique :

  • Manger en réponse à la solitude (item 1 : « Eat because you are feeling lonely ») : la nourriture agit comme un substitut affectif ou une présence rassurante face au vide relationnel ou à l’isolement social.
  • Manger sous tension émotionnelle ou nervosité (item 4 : « Eat too much because you are upset or nervous ») : la mastication et l’ingestion massive fonctionnent comme un déchargeur somatique de l’anxiété et de l’irritabilité.
  • Manger par ennui (item 5 : « Eat too much because you are bored ») : l’absence de stimulation cognitive ou environnementale déclenche la recherche de gratifications dopaminergiques immédiates par le biais d’aliments ultra-palatables.

3. L’ingestion alimentaire hyper-rapide et dissociative (Tachiphagie et Dissociation)

L’item 7 (« Eat so much food so fast that you don’t know how much you ate or how it tasted ») capte l’état de frénésie et de dissociation sensorielle caractéristique des accès hyperphagiques. L’individu engloutit de grandes quantités de nourriture avec une telle vélocité qu’il perd la mémoire épisodique des volumes ingérés et l’expérience gustative réelle, ce qui reflète un état de transe alimentaire protecteur contre des pensées intrusives douloureuses.

4. Le dépassement des limites somatiques et la compulsion nocturne/opportuniste

La dimension physique du comportement compulsif se manifeste par l’atteinte d’un inconfort viscéral sévère (item 3 : « Eat so much that your stomach hurts »), soulignant la primauté de la compulsion sur le signal d’alarme de la distension gastrique. De plus, l’accès nocturne et furtif (item 8 : « Get out of bed, go into the kitchen, and finish the remains of some delicious food, because you know it was there ») et la ritualisation sociale excessive (item 6 : « Go out with friends for the purpose of over-stuffing yourselves with food ») mettent en évidence le caractère envahissant de la préoccupation alimentaire dans la vie quotidienne.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de la CES s’ancre dans plusieurs cadres théoriques majeurs de la psychopathologie cognitive et comportementale, ainsi que des théories de l’addiction et de la régulation émotionnelle des années 1970 et 1980 :

La théorie psychosomatique de l’obésité (Bruch & Kaplan)

Hilde Bruch (1973) a postulé que les mangeurs compulsifs souffrent d’une déficience développementale de la conscience intéroceptive : ils sont incapables de différencier les signaux physiologiques de faim et de réplétion des états de tension émotionnelle ou d’inconfort affectif. Dans cette perspective, toute émotion pénible (ennui, contrariété, détresse) est faussement interprétée comme un besoin urgent de nourriture. La CES opérationnalise directement ce concept à travers ses items d’alimentation émotionnelle.

La théorie de la restriction cognitive (Herman & Polivy)

La théorie de la restriction alimentaire (Restraint Theory) de C. Peter Herman et Janet Polivy (1975, 1980) soutient que les tentatives rigides de contrôler son poids par un régime strict créent une vulnérabilité biologique et psychologique majeure. Lorsqu’un mangeur restreint subit un stress ou enfreint accidentellement une règle diététique (« effet de rupture de ban » ou what-the-hell effect), le contrôle cognitif s’effondre brutalement, laissant place à une hyperphagie compulsive réactionnelle. Kagan et Squires ont construit la CES pour évaluer cette dynamique d’alternance entre régime et désinhibition alimentaire.

Le modèle de l’échappement de soi (Heatherton & Baumeister)

Bien que formalisé un peu plus tard (1991), le modèle d’échappement (Escape Theory) de Todd Heatherton et Roy Baumeister s’applique remarquablement aux construits explorés par Kagan et Squires. Selon ce modèle, l’individu confronté à un écart douloureux entre son moi idéal et son moi réel tente d’échapper à une conscience de soi aversive en rétrécissant son champ attentionnel à des stimuli sensoriels basiques et immédiats (l’acte mécanique d’ingurgiter de la nourriture). L’item 7 de la CES, décrivant une absorption rapide et inconsciente, reflète fidèlement cette déconstruction cognitive.

L’analogie de l’addiction comportementale

Enfin, la CES puise dans les théories des dépendances comportementales. L’utilisation du terme « compulsif » rapproche le rapport à la nourriture d’un schéma d’assuétude : tolérance subjective, perte de maîtrise, poursuite du comportement en dépit des conséquences physiques négatives (douleur gastrique), et urgence d’assouvir l’envie irrépressible (craving).

7. Validité / Validity

Les propriétés psychométriques de l’Échelle d’alimentation compulsive ont fait l’objet de plusieurs investigations approfondies, confirmant sa robustesse métrologique.

Validité de construit et validité convergente

Dans les études initiales de Kagan et Squires (1984a, 1984b) menées auprès de larges cohortes d’étudiants universitaires et d’adolescents (N > 1 500), la CES a présenté de fortes corrélations positives avec :

  • Les indices de restriction alimentaire et les fluctuations pondérales fréquentes (p < 0,001).
  • Les scores d’hostilité générale, de rancœur intériorisée et d’irritabilité mesurés par l’inventaire de Buss-Durkee (corrélations d’ordre r = 0,34 à 0,46).
  • L’anxiété-trait et le stress perçu, démontrant que la compulsion alimentaire s’intensifie sous la pression d’une détresse psychologique globale.

Dans l’étude de validation transculturelle conduite par Mostafavi et al. (2016) auprès de femmes en surpoids et obèses (N = 186), la validité de critère et convergente a été confirmée par des corrélations statistiquement significatives avec le score de l’échelle d’hyperphagie Binge Eating Scale (BES ; r = 0,62, p < 0,001) et l’indice de masse corporelle (IMC ; r = 0,28, p < 0,01). De surcroît, les scores élevés à la CES étaient positivement corrélés avec les apports énergétiques totaux et la consommation accrue de macronutriments riches en graisses saturées et en glucides simples.

Validité discriminante

La CES discrimine avec une excellente acuité les individus présentant des épisodes boulimiques ou hyperphagiques avérés de ceux issus de groupes témoins non cliniques ou de mangeurs sains normopondéraux. L’échelle démontre également une divergence satisfaisante avec des mesures de dépression pure non alimentaire lorsque les items somatiques sont contrôlés, prouvant que le construit mesure spécifiquement la pathologie du comportement alimentaire plutôt qu’un malaise affectif indifférencié.

8. Fidélité / Reliability

Les études empiriques rapportent des indices de fiabilité très satisfaisants pour une échelle courte de seulement 8 items :

  • Cohérence interne : Dans les travaux princeps de Kagan et Squires (1984), le coefficient alpha de Cronbach rapporté s’élevait à 0,78 chez les étudiants universitaires et à 0,79 dans un échantillon d’adolescents de l’enseignement secondaire. Dans l’étude de Mostafavi et al. (2016), le coefficient alpha de Cronbach global atteignait 0,81 (avec des sous-dimensions oscillant entre 0,72 et 0,84), démontrant une excellente homogénéité des énoncés.
  • Corrélations item-total : Les corrélations partielles entre chaque item et le score global corrigé s’échelonnent entre 0,42 et 0,68, confirmant qu’aucun item n’est redondant ou aberrant vis-à-vis du construit central.
  • Stabilité temporelle (test-retest) : L’administration répétée à un intervalle de deux à quatre semaines a produit des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de fidélité test-retest de r = 0,79 à 0,85, attestant de la stabilité des patterns compulsifs en l’absence d’intervention thérapeutique ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La dimensionalité de la CES a été examinée par analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) à travers différentes études empiriques :

Structure unifactorielle originelle vs bifactorielle

Dans les premières analyses factorielles conduites par Kagan et Squires (1984), une solution à facteur général unique (expliquant environ 42 % à 48 % de la variance totale) a été privilégiée pour soutenir l’utilisation d’un score composite global d’alimentation compulsive. Tous les items présentaient des saturations supérieures à 0,45 sur ce facteur dominant.

Modèle multidimensionnel contemporain (Mostafavi et al., 2016)

Des travaux plus récents utilisant une rotation varimax et des techniques d’analyse factorielle confirmatoire ont mis en évidence une structure plus raffinée composée de deux ou trois sous-facteurs sous-jacents :

  • Facteur 1 : Alimentation émotionnelle induite par le stress et l’affect négatif (Emotional/Affective Eating) : Regroupe les items 1 (solitude), 4 (énervement/nervosité) et 5 (ennui). Ce facteur présente des saturations factorielles très élevées (0,71 à 0,85) et capture l’aspect de régulation émotionnelle déficiente.
  • Facteur 2 : Perte de contrôle et frénésie alimentaire (Loss of Control & Binge Characteristics) : Regroupe les items 2 (perte de contrôle), 3 (manger jusqu’à la douleur abdominale) et 7 (vitesse extrême et perte de sensation sensorielle), avec des saturations factorielles comprises entre 0,65 et 0,81.
  • Facteur 3 : Comportements compulsifs situationnels/opportunistes : Intègre les items 6 (surconsommation festive de groupe) et 8 (consommation nocturne impulsive des restes du réfrigérateur).

Les indices d’ajustement en AFC valident la pertinence de ce modèle structurel avec un ratio Chi-deux/degrés de liberté (χ²/ddl) inférieur à 2,5, un RMSEA < 0,06 et un CFI > 0,94.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle d’alimentation compulsive (CES) se caractérise par les paramètres méthodologiques suivants :

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (Self-report questionnaire).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou format informatisé/en ligne.
  • Nombre d’items : 8 items rédigés sous forme d’énoncés comportementaux directs.
  • Temps de passation : Approximativement 2 à 4 minutes.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence en 5 points (a à e) :
    • a. Never (Jamais) → Coté 1 point (ou 0 selon la grille)
    • b. Once or twice a year (Une ou deux fois par an) → Coté 2 points
    • c. Once a month (Une fois par mois) → Coté 3 points
    • d. Once a week (Une fois par semaine) → Coté 4 points
    • e. More than once a week (Plus d’une fois par semaine) → Coté 5 points
  • Cotation et calcul des scores : Le score total est obtenu en sommant les points de l’ensemble des 8 items. En utilisant une cotation de 1 à 5, les scores s’étendent de 8 à 40 points. Un score plus élevé reflète une sévérité accrue des conduites compulsives et un risque psychopathologique plus grand.
  • Population cible : Adolescents (dès 13 ans) et adultes de tous âges.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1984.
  • Statut du droit d’auteur et permissions : La Compulsive Eating Scale appartient au domaine public académique à des fins de recherche scientifique et d’utilisation clinique non commerciale. L’échelle a été publiée et disséminée dans des revues universitaires à comité de lecture et intégrée dans le recueil de référence de Joel Fischer et Kevin J. Corcoran (Measures for Clinical Practice and Research).
  • Coût et tarification : Gratuit (libre de droits d’utilisation pour les praticiens et les chercheurs universitaires). Aucune redevance n’est exigée pour la reproduction des items dans le cadre de protocoles d’investigation ou d’évaluations individuelles.

12. Références / References

Les sources académiques princeps et validations associées à la CES sont les suivantes :

  • Bruch, H. (1973). Eating disorders: Obesity, anorexia nervosa, and the person within. Basic Books. https://doi.org/10.1080/00029157.1974.10403714
  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 500–501). Oxford University Press. https://global.oup.com/academic/product/measures-for-clinical-practice-and-research-volume-1-9780195304381
  • Heatherton, T. F., & Baumeister, R. F. (1991). Binge eating as escape from self-awareness. Psychological Bulletin, 110(1), 86–108. https://doi.org/10.1037/0033-2909.110.1.86
  • Herman, C. P., & Polivy, J. (1980). Restrained eating. In A. J. Stunkard (Ed.), Obesity (pp. 208–225). W.B. Saunders.
  • Kagan, D. M., & Squires, R. L. (1984a). Compulsive eating, dieting, stress, and hostility among college students. Journal of College Student Personnel, 25(3), 213–220.
  • Kagan, D. M., & Squires, R. L. (1984b). Eating disorders among adolescents: Patterns and prevalence. Adolescence, 19(73), 15–29. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/6731110/
  • Mostafavi, S. A., Keshavarz, S. A., Mohammadi, M. R., Hosseini, S., Eshraghian, M. R., Hosseinzadeh, P., Chamari, M., Sari, Z., & Akhondzadeh, S. (2016). Reliability and validity of the Persian version of Compulsive Eating Scale (CES) in overweight or obese women and its relationship with some body composition and dietary intake variables. Iranian Journal of Psychiatry, 11(4), 250–256. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5282613/

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

a. Never
b. Once or twice a year
c. Once a month
d. Once a week
e. More than once a week

Items:

  1. Eat because you are feeling lonely
  2. Feel completely out of control when it comes to food
  3. Eat so much that your stomach hurts
  4. Eat too much because you are upset or nervous
  5. Eat too much because you are bored
  6. Go out with friends for the purpose of over-stuffing yourselves with food
  7. Eat so much food so fast that you don’t know how much you ate or how it tasted
  8. Get out of bed‚ go into the kitchen‚ and finish the remains of some delicious food‚ because you know it was there.
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Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle d’alimentation compulsive (CES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-alimentation-compulsive-ces/
Looti, Mohammed. “Échelle d’alimentation compulsive (CES).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-alimentation-compulsive-ces/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’alimentation compulsive (CES).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-alimentation-compulsive-ces/.