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Échelle d’Alexithymie de Toronto (TAS-20)

Guide psychométrique complet sur l’Échelle d’Alexithymie de Toronto (TAS-20) : analyse factorielle, validité clinique, calcul des scores et items originaux.

PUBLIÉ

1. Résumé

L’Échelle d’Alexithymie de Toronto à 20 items (Toronto Alexithymia Scale – TAS-20) constitue l’étalon-or international pour l’évaluation psychométrique de l’alexithymie chez l’adulte et l’adolescent. Développée par Graeme J. Taylor, R. Michael Bagby et James D. A. Parker en 1994 pour réviser et optimiser la version initiale à 26 items (TAS-26), cette échelle auto-rapportée mesure les perturbations du traitement cognitif et affectif des émotions. Le construit d’alexithymie, introduit originellement par Peter Sifneos et John Nemiah au début des années 1970, renvoie à une incapacité relative à identifier, verbaliser et élaborer les états émotionnels subjectifs, associée à un style cognitif orienté vers les aspects concrets et pragmatiques de l’environnement extérieur.

La TAS-20 est structurée autour d’un modèle factoriel robuste composé de trois sous-échelles complémentaires : (1) la Difficulté à identifier les sentiments (DIF – Difficulty Identifying Feelings, 7 items), qui évalue la confusion entre les états affectifs et les sensations somatiques de l’éveil émotionnel ; (2) la Difficulté à décrire les sentiments (DDF – Difficulty Describing Feelings, 5 items), mesurant le déficit d’expression verbale des émotions auprès d’autrui ; et (3) la Pensée orientée vers l’extérieur (EOT – Externally-Oriented Thinking, 8 items), capturant la tendance à éviter l’introspection au profit d’une focalisation sur les faits concrets. Les 20 items sont évalués via une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »), avec 5 items inversés (items 4, 5, 10, 18 et 19). Le score total oscille entre 20 et 100 points, des seuils cliniques validés classifiant les scores supérieurs ou égaux à 61 comme indicatifs d’une alexithymie avérée.

Sur le plan psychométrique, la TAS-20 présente une cohérence interne élevée (coefficient alpha de Cronbach globalement compris entre 0,80 et 0,86 dans les échantillons cliniques et non cliniques) et une excellente stabilité temporelle test-retest (r > 0,77 à plusieurs semaines d’intervalle). Les analyses factorielles confirmatoires conduites dans plus de trente pays ont invariablement confirmé l’invariance structurelle de son modèle tri-factoriel. Sa validité convergente et discriminante a été démontrée par des corrélations prévisibles avec les troubles somatoformes, la dépression, l’anxiété, les addictions comportementales et de substances, ainsi que les troubles de la personnalité.

2. Mots-clés

Alexithymie, Échelle d’Alexithymie de Toronto, TAS-20, régulation émotionnelle, somatisation, pensée opératoire, conscience émotionnelle, psychométrie, évaluation clinique, déficit affectif, cognition incarnée, validation transculturelle.

3. Auteurs

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs et cliniciens affiliés au département de psychiatrie de l’Université de Toronto et du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) :

  • R. Michael Bagby, Ph.D., C.Psych. — Professeur émérite aux départements de psychologie et de psychiatrie de l’Université de Toronto, chercheur principal au Centre for Addiction and Mental Health (CAMH), Toronto, Ontario, Canada. Spécialiste de la psychopathologie de la personnalité et de l’évaluation psychométrique. Courriel académique institutionnel : [email protected]
  • James D. A. Parker, Ph.D. — Professeur émérite au département de psychologie de l’Université Trent, Peterborough, Ontario, Canada. Directeur de l’Emotion and Health Research Laboratory. Expert de renommée mondiale sur l’intelligence émotionnelle et l’alexithymie.
  • Graeme J. Taylor, M.D., FRCPC — Professeur émérite au département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université de Toronto, psychiatre honoraire au Mount Sinai Hospital de Toronto. Pionnier de l’intégration de l’alexithymie dans le champ de la médecine psychosomatique et de la psychanalyse contemporaine.

4. Objectif

La TAS-20 a été conçue pour offrir un instrument d’évaluation standardisé, fiable et valide destiné à quantifier la sévérité des déficits d’intégration et de traitement cognitif des émotions chez l’être humain. Alors que la première génération d’outils d’évaluation de l’alexithymie (tels que la TAS-26 ou la Schalling-Sifneos Personality Scale) souffrait d’artefacts méthodologiques, de redondances conceptuelles et d’une instabilité factorielle liée à l’inclusion excessive d’items évaluant la vie imaginaire ou les plaintes somatiques pures, la TAS-20 a été purifiée pour cibler le cœur fonctionnel du construit.

Applications en recherche fondamentale et neurosciences

Dans le domaine de la recherche fondamentale, la TAS-20 permet d’explorer les bases neurobiologiques, cognitives et développementales de la régulation émotionnelle. L’échelle est massivement utilisée dans les protocoles d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), d’électroencéphalographie (potentiels évoqués ERP comme la P300 ou la LPP) et d’études du système nerveux autonome (variabilité de la fréquence cardiaque, conductance cutanée). Elle permet d’établir des corrélations directes entre des scores élevés d’alexithymie et une hypoactivation du cortex cingulaire antérieur, du cortex préfrontal ventromédian et de l’insula antérieure lors du traitement de stimuli émotionnels.

Applications cliniques, psychiatriques et psychosomatiques

Sur le plan clinique, la TAS-20 remplit plusieurs rôles majeurs :

  • Dépistage et diagnostic différentiel en médecine psychosomatique : Identifier les patients dont les symptômes physiques inexpliqués (fibromyalgie, syndrome de l’intestin irritable, céphalées de tension, douleurs chroniques) découlent d’une somatisation d’affects non métabolisés psychiquement.
  • Évaluation des troubles de l’usage de substances et des conduites addictives : Mesurer le degré d’alexithymie chez les patients présentant des dépendances à l’alcool, aux opioïdes ou aux jeux de hasard, l’alexithymie fonctionnant comme un facteur de vulnérabilité majeur incitant à l’automédication chimique face à des tensions internes indifférenciées.
  • Adaptation et personnalisation des psychothérapies : Orienter la stratégie thérapeutique. Un patient présentant un score TAS-20 supérieur à 61 répondra généralement mal aux psychothérapies psychanalytiques ou psychodynamiques classiques fondées sur la libre association et l’élaboration de conflits intrapsychiques complexes, mais tirera un bénéfice accru d’interventions psychoéducatives, de thérapies cognitivo-comportementales (TCC) axées sur l’alphabétisation émotionnelle, ou de thérapies basées sur la mentalisation (TBM).
  • Psychiatrie générale : Évaluer les comorbidités affectives dans les troubles des conduites alimentaires (anorexie et boulimie nerveuses), le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les troubles du spectre de l’autisme (TSA).

5. Construit psychologique

L’alexithymie (du grec a- [privatif], lexis [mot], et thymos [humeur ou émotion], signifiant littéralement « absence de mots pour les émotions ») est conceptualisée comme un trait de personnalité continu reflétant un déficit spécifique dans le traitement cognitivo-émotionnel de l’information. La TAS-20 mesure ce construit multidimensionnel au travers de trois facteurs interdépendants :

1. Difficulté à identifier les sentiments (DIF – Difficulty Identifying Feelings)

Cette dimension comprend 7 items (items 1, 3, 6, 7, 9, 13, 14). Elle reflète l’incapacité du sujet à distinguer ses états affectifs spécifiques (joie, tristesse, peur, colère) les uns des autres, ainsi que sa difficulté fondamentale à différencier l’éveil émotionnel psychologique des sensations physiologiques corporelles qui l’accompagnent.

Manifestation clinique : Un individu présentant un score élevé sur ce facteur percevra une accélération cardiaque, une tension musculaire ou des sensations d’oppression gastrique sans parvenir à reconnaître qu’il éprouve de l’anxiété ou de la colère face à un événement conflictuel. Il aura tendance à interpréter ces manifestations corporelles comme les signes d’une pathologie médicale organique sous-jacente (par exemple l’item 3 : « J’ai des sensations physiques que même les médecins ne comprennent pas » ou l’item 6 : « Quand je suis bouleversé, je ne sais pas si je suis triste, effrayé ou en colère »).

2. Difficulté à décrire les sentiments (DDF – Difficulty Describing Feelings)

Composée de 5 items (items 2, 4, 11, 12, 17), cette dimension mesure le déficit de verbalisation et de transmission interpersonnelle des états émotionnels. Elle renvoie à la pauvreté du lexique affectif et à la réticence ou à l’incapacité d’articuler son vécu subjectif à autrui.

Manifestation clinique : Le sujet est incapable d’exprimer ce qu’il ressent lors d’un échange interpersonnel intime ou conflictuel, répondant souvent par des monosyllabes, des silences ou des déclarations d’impuissance (item 2 : « Il m’est difficile de trouver les mots justes pour exprimer mes sentiments » ; item 17 : « Il m’est difficile de révéler mes sentiments les plus intimes, même à des amis proches »). Cette dimension est particulièrement prédictive des difficultés d’attachement et de l’isolement social.

3. Pensée orientée vers l’extérieur (EOT – Externally-Oriented Thinking)

Regroupant 8 items (items 5, 8, 10, 15, 16, 18, 19, 20), cette dimension évalue un style cognitif pragmatique, utilitaire et factuel, caractérisé par un désintérêt pour le monde interne subjectif, l’imaginaire, les fantasmes et les motivations psychologiques inconscientes. Elle correspond au concept clinique de « pensée opératoire » décrit par Marty et de M’Uzan dans le cadre de l’école psychosomatique de Paris.

Manifestation clinique : La personne préfère systématiquement s’attarder sur les événements factuels du quotidien plutôt que sur leur signification affective (item 15 : « Je préfère parler aux gens de leurs activités quotidiennes plutôt que de leurs sentiments » ; item 19 : « Je trouve utile d’examiner mes sentiments pour résoudre mes problèmes personnels » [inversé]). Elle évite les œuvres d’art, films ou pièces de théâtre complexes au profit de divertissements simples et concrets (item 16 et item 20).

6. Cadre théorique

Le développement de la TAS-20 s’inscrit au croisement de la médecine psychosomatique psychanalytique, de la psychologie cognitive des émotions et des théories neuro-développementales du traitement de l’information.

L’héritage psychosomatique : Sifneos, Nemiah et l’École de Paris

Au début des années 1970, Peter Sifneos et John Nemiah observent que de nombreux patients souffrant de maladies psychosomatiques classiques (ulcères gastroduodénaux, colite ulcéreuse, asthme, dermatoses) présentent une incapacité frappante à élaborer leurs conflits psychiques. En parallèle, les psychanalystes français Pierre Marty et Michel de M’Uzan (1963) avaient forgé le concept de « pensée opératoire » pour décrire un fonctionnement mental plat, dépourvu de résonance fantasmatique, collé au réel matériel et temporel. L’alexithymie intègre et opérationnalise ces observations cliniques dans un modèle structural empiriquement mesurable.

Le modèle du traitement cognitif de l’information émotionnelle de Lane et Schwartz

Sur le plan cognitif, l’alexithymie est conceptualisée à travers le modèle des niveaux de conscience émotionnelle (Levels of Emotional Awareness) développé par Richard Lane et Gary Schwartz (1987). Ce modèle hiérarchique piagétien postule cinq niveaux d’organisation de l’expérience émotionnelle : (1) les sensations corporelles viscérales, (2) les tendances à l’action motrice, (3) les émotions globales indifférenciées, (4) les émotions spécifiques différenciées, et (5) les mélanges complexes d’émotions intriquées. Les individus à haut score d’alexithymie sur la TAS-20 demeurent fonctionnellement bloqués aux niveaux 1 et 2, échouant à traduire les modifications somatosensorielles en représentations sémantiques et symboliques de niveau supérieur.

La théorie du code multiple de Bucci et la régulation des affects

La psychologue cognitive Wilma Bucci a proposé la théorie du code multiple, qui distingue trois modes de traitement de l’information : le traitement subsymbolique non verbal (sensations viscérales, motrices), le traitement symbolique non verbal (images mentales, métaphores) et le traitement symbolique verbal (langage propositionnel). L’alexithymie représente une rupture du « processus référentiel », c’est-à-dire une déconnexion entre le système subsymbolique somatique et le système symbolique linguistique. Les affects sont ressentis dans le corps mais ne peuvent être nommés ni intégrés dans le système narratif du soi.

7. Validité

La validité psychométrique de la TAS-20 a fait l’objet de centaines d’études empiriques transnationales, confirmant ses qualités exceptionnelles dans des populations variées.

Validité convergente

La TAS-20 démontre des corrélations positives statistiquement significatives et de magnitude modérée à élevée avec :

  • Les mesures d’affectivité négative, d’anxiété-trait (STAI-Trait, r = 0,40 à 0,55) et de symptomatologie dépressive (BDI-II, r = 0,45 à 0,60).
  • L’échelle d’évaluation des symptômes somatiques (PHQ-15, r = 0,35 à 0,50), confirmant que les déficits de régulation émotionnelle s’expriment par la somatisation.
  • D’autres mesures de l’alexithymie, notamment la Bermond-Vorst Alexithymia Questionnaire (BVAQ) et l’Observer Alexithymia Scale (OAS), ainsi qu’avec les scores bas à la Levels of Emotional Awareness Scale (LEAS, r = -0,38).

Validité discriminante

Bien que l’alexithymie soit corrélée à la dépression et à l’anxiété, de multiples analyses factorielles conjointes et études longitudinales ont démontré que l’alexithymie est un trait structural stable distinct des états de détresse psychologique transitoires (dépression d’état). Après contrôle statistique des niveaux de dépression via des régressions hiérarchiques, les facteurs DIF, DDF et EOT conservent leur valeur explicative propre sur les variables de santé somatique et de régulation émotionnelle. La TAS-20 est également négativement corrélée à l’ouverture à l’expérience (modèle du Big Five / NEO-PI-R, r = -0,40 à -0,50) et à l’empathie cognitive et affective (IRI de Davis, r = -0,30 à -0,45).

Validité transculturelle et d’invariance de mesure

La TAS-20 a été traduite et validée dans plus de 30 langues (français, allemand, espagnol, italien, chinois, japonais, arabe, finnois, etc.). Les études d’invariance de mesure (analyse factorielle confirmatoire multigroupes) démontrent une invariance métrique et scalaire rigoureuse à travers les genres, les groupes d’âge et les cultures, prouvant que les items mesurent le même construit psychologique avec la même métrique à l’échelle planétaire.

8. Fidélité

Les caractéristiques de fidélité de la TAS-20 ont été abondamment documentées dans la littérature psychométrique depuis sa publication initiale en 1994 :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach & Oméga de McDonald)

  • Score total de l’échelle : Le coefficient alpha de Cronbach (α) pour l’ensemble des 20 items se situe de manière constante entre 0,80 et 0,86 dans les populations générales, universitaires et cliniques (Bagby et al., 1994a ; Taylor et al., 2003). L’oméga de McDonald (ω) présente des valeurs similaires (0,82 à 0,87).
  • Sous-échelle DIF (Difficulté à identifier les sentiments) : α = 0,78 à 0,84 (excellente consistance interne).
  • Sous-échelle DDF (Difficulté à décrire les sentiments) : α = 0,75 à 0,82 (bonne consistance interne).
  • Sous-échelle EOT (Pensée orientée vers l’extérieur) : α = 0,66 à 0,72. Cette sous-échelle présente régulièrement une consistance interne légèrement inférieure aux deux autres, en raison de la nature hétérogène des items inversés et de la formulation pragmatique de la pensée opératoire.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle de la TAS-20 confirme son statut de mesure d’un trait de personnalité stable plutôt que d’un état émotionnel fluctuant :

  • Sur un intervalle de 3 semaines : coefficient de corrélation intraclasse / Pearson r = 0,77 (p < 0,001) rapporté dans l’étude originale de Bagby et al. (1994a).
  • Sur un intervalle de 3 mois : r = 0,75 chez des étudiants universitaires.
  • Sur un intervalle de 6 mois à 1 an dans des cohortes cliniques : r > 0,70, y compris après rémission partielle de symptômes dépressifs majeurs, confirmant la stabilité absolue et relative du construit.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle de la TAS-20 a été établie au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) rigoureuses puis validée universellement par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) utilisant des estimateurs robustes (MLR ou WLSMV).

Développement initial et validation du modèle tri-factoriel

Lors de la création de l’instrument, Bagby, Parker et Taylor (1994a) ont testé une série de modèles concurrents sur un échantillon de 965 adultes tout-venant et étudiants, puis ont procédé à une validation croisée sur un échantillon clinique indépendant de 402 patients psychiatriques (Bagby et al., 1994b) :

  • Modèle unifactoriel : Ajustement médiocre (RMSEA > 0,10, CFI < 0,75), rejeté.
  • Modèle à 4 facteurs (avec la rêverie/imaginaire) : Non retenu en raison de saturations croisées et d’une instabilité des items d’imagination.
  • Modèle à 3 facteurs corrélés (DIF, DDF, EOT) : Ajustement optimal répliqué systématiquement. Les indices d’ajustement classiques rapportés dans la littérature sont :
    $$\chi^2/dl < 2,5 ; \quad \text{CFI} ge 0,92 ; \quad \text{TLI} ge 0,90 ; \quad \text{RMSEA} le 0,055 \text{ [IC 90% : 0,048 – 0,062]} ; \quad \text{SRMR} le 0,050$$.

Saturations factorielles des items (Factor Loadings)

Les saturations standardisées ($lambda$) des items sur leurs facteurs respectifs sont solides :

  • Facteur 1 (DIF) : Saturations comprises entre 0,55 et 0,78 (les items 1, 6 et 13 présentant les charges factorielles les plus élevées, souvent > 0,70).
  • Facteur 2 (DDF) : Saturations comprises entre 0,58 et 0,81 (les items 2, 4 [inversé] et 17 étant particulièrement discriminants).
  • Facteur 3 (EOT) : Saturations comprises entre 0,38 et 0,65 (les items inversés 5, 10, 18, 19 et directs 15, 16 saturent de manière adéquate sur cette dimension cognitive).

Les corrélations inter-facteurs révèlent une forte association entre DIF et DDF ($r \approx 0,55$ à $0,65$), tandis que l’EOT présente des corrélations plus modérées avec DIF ($r \approx 0,25$ à $0,35$) et DDF ($r \approx 0,30$ à $0,40$), justifiant l’existence de dimensions différenciées au sein d’un méta-construit commun.

10. Instrument de mesure

  • Nom officiel : Toronto Alexithymia Scale – 20 items (TAS-20).
  • Type de passation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (auto-évaluation sur papier-crayon ou format informatisé en ligne).
  • Population cible : Adultes et adolescents à partir de 14-16 ans (des versions adaptées existent pour les enfants plus jeunes, comme la TAS-C).
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre total d’items : 20 items rédigés sous forme d’affirmations à la première personne.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points :
    • 1 = Strongly Disagree (Pas du tout d’accord)
    • 2 = Moderately Disagree (Modérément en désaccord)
    • 3 = Neither Agree nor Disagree (Ni d’accord ni en désaccord / Neutre)
    • 4 = Moderately Agree (Modérément d’accord)
    • 5 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
  • Règles de cotation et inversion des scores :
    • 5 items formulés de manière positive sont cotés de façon inversée : Item 4, Item 5, Item 10, Item 18 et Item 19 (Règle d’inversion : $1 \rightarrow 5$, $2 \rightarrow 4$, $3 \rightarrow 3$, $4 \rightarrow 2$, $5 \rightarrow 1$).
    • Les 15 autres items (1, 2, 3, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 20) sont cotés directement de 1 à 5.
  • Calcul des scores des sous-échelles :
    • Difficulté à identifier les sentiments (DIF) : Somme des items 1, 3, 6, 7, 9, 13, 14 (Score de 7 à 35).
    • Difficulté à décrire les sentiments (DDF) : Somme des items 2, 4 [inversé], 11, 12, 17 (Score de 5 à 25).
    • Pensée orientée vers l’extérieur (EOT) : Somme des items 5 [inversé], 8, 10 [inversé], 15, 16, 18 [inversé], 19 [inversé], 20 (Score de 8 à 40).
  • Score total et seuils cliniques :
    • Le score global correspond à la somme des 20 items (Étendue théorique : 20 à 100 points).
    • Score $le 51$ points : Absence d’alexithymie (fonctionnement émotionnel dans la norme).
    • Score entre 52 et 60 points : Zone limite / alexithymie intermédiaire possible.
    • Score $ge 61$ points : Alexithymie avérée (seuil clinique standardisé international).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1994 (développement et validation par R. M. Bagby, J. D. A. Parker et G. J. Taylor).
  • Statut du droit d’auteur et licence : L’échelle TAS-20 est un instrument protégé par le droit d’auteur (copyright © R. Michael Bagby, James D. A. Parker, Graeme J. Taylor).
  • Conditions d’utilisation pour la recherche non commerciale : Les auteurs autorisent généralement l’utilisation de l’instrument à des fins de recherche académique et scientifique non financée par l’industrie, sous réserve d’en faire la demande officielle ou d’acquérir les manuels d’évaluation auprès des titulaires de licence institutionnels.
  • Tarifs et utilisations commerciales / industrielles : Pour tout usage dans le cadre d’essais cliniques commandités par des entreprises pharmaceutiques, d’applications commerciales numériques, de bilans en entreprise ou de pratiques diagnostiques privées tarifées, des frais de licence par passation s’appliquent. Les chercheurs et cliniciens doivent contacter les auteurs ou l’organisme distributeur agréé pour obtenir les droits formels d’administration.

12. Références

  • Bagby, R. M., Parker, J. D. A., & Taylor, G. J. (1994). The twenty-item Toronto Alexithymia Scale—I. Item selection and cross-validation of the factor structure. Journal of Psychosomatic Research, 38(1), 23–32. https://doi.org/10.1016/0022-3999(94)90005-1
  • Bagby, R. M., Taylor, G. J., & Parker, J. D. A. (1994). The twenty-item Toronto Alexithymia Scale—II. Convergent, discriminant, and concurrent validity. Journal of Psychosomatic Research, 38(1), 33–40. https://doi.org/10.1016/0022-3999(94)90006-X
  • Lane, R. D., & Schwartz, G. E. (1987). Levels of emotional awareness: A cognitive-developmental theory and its application to psychopathology. American Journal of Psychiatry, 144(2), 133–143. https://doi.org/10.1176/ajp.144.2.133
  • Marty, P., & de M’Uzan, M. (1963). La « pensée opératoire ». Revue Française de Psychanalyse, 27(suppl.), 345–356.
  • Nemiah, J. C., Freyberger, H., & Sifneos, P. E. (1976). Alexithymia: A view of the psychosomatic process. In O. W. Hill (Ed.), Modern Trends in Psychosomatic Medicine (Vol. 3, pp. 430–439). Butterworths.
  • Parker, J. D. A., Taylor, G. J., & Bagby, R. M. (2003). The 20-Item Toronto Alexithymia Scale: III. Reliability and factorial validity in a community population. Journal of Psychosomatic Research, 55(3), 269–275. https://doi.org/10.1016/S0022-3999(02)00578-0
  • Taylor, G. J., Bagby, R. M., & Parker, J. D. A. (1997). Disorders of affect regulation: Alexithymia in medical and psychiatric illness. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511526831

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

5-point Likert scale: 1 = Strongly Disagree, 2 = Moderately Disagree, 3 = Neither Agree nor Disagree, 4 = Moderately Agree, 5 = Strongly Agree


  1. I am often confused about what emotion I am feeling.
  2. It is difficult for me to find the right words for my feelings.
  3. I have physical sensations that even doctors don’t understand.
  4. I am able to describe my feelings easily.
  5. I prefer to analyze problems rather than just describe them.
  6. When I am upset, I don’t know if I am sad, frightened, or angry.
  7. I am often puzzled by sensations in my body.
  8. I prefer to just let things happen rather than to understand why they turned out that way.
  9. I have feelings that I can’t quite identify.
  10. Being in touch with emotions is essential.
  11. I find it hard to describe how I feel about people.
  12. People tell me to describe my feelings more.
  13. I don’t know what’s going on inside me.
  14. I often don’t know why I am angry.
  15. I prefer talking to people about their daily activities rather than their feelings.
  16. I prefer to watch light entertainment shows rather than psychological dramas.
  17. It is difficult for me to reveal my innermost feelings, even to close friends.
  18. I can feel close to someone, even in moments of silence.
  19. I find examination of my feelings useful in solving personal problems.
  20. Looking for hidden meanings in movies or plays distracts from their enjoyment.

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Échelle d’Alexithymie de Toronto (TAS-20). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-alexithymie-toronto-tas-20/
memjavad. “Échelle d’Alexithymie de Toronto (TAS-20).” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-alexithymie-toronto-tas-20/.
memjavad. “Échelle d’Alexithymie de Toronto (TAS-20).” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-alexithymie-toronto-tas-20/.