1. Résumé
L’Échelle d’Alexithymie de Toronto à 20 items (TAS-20), conçue par R. Michael Bagby, James D. A. Parker et Graeme J. Taylor en 1994, constitue le standard psychométrique international de référence pour l’évaluation de l’alexithymie chez l’adulte et l’adolescent. L’alexithymie est un construit de la personnalité caractérisé par un déficit structurel dans le traitement cognitivo-affectif et la régulation des émotions. Dérivée par révision rigoureuse de l’ancienne version à 26 items (TAS-26), la TAS-20 est un auto-questionnaire composé de vingt énoncés évaluant les manifestations centrales du trait alexithymique au moyen d’une échelle de Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »).
La structure dimensionnelle de l’instrument s’articule autour de trois facteurs stables et interreliés : (1) la Difficulté à identifier ses sentiments (DIF ; 7 items), qui mesure l’incapacité à reconnaître ses propres affects et à les discriminer des sensations corporelles de l’activation physiologique ; (2) la Difficulté à décrire ses sentiments (DDF ; 5 items), évaluant l’inaptitude à verbaliser son vécu émotionnel auprès d’autrui ; et (3) la Pensée orientée vers l’extérieur (EOT ; 8 items), mesurant un style cognitif pragmatique, opératoire et dépourvu d’introspection introspective ou fantasmatique. Le score total oscille entre 20 et 100 points, des seuils cliniques reconnus établissant l’absence d’alexithymie (score ≤ 51), une alexithymie intermédiaire ou borderline (52 à 60) et une alexithymie sévère (score ≥ 61).
Sur le plan métrologique, la TAS-20 présente des propriétés psychométriques exceptionnelles documentées dans plus de trente langues : une cohérence interne élevée (alpha de Cronbach globalement compris entre 0,80 et 0,86), une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse dépassant 0,77 sur plusieurs semaines), ainsi qu’une validité factorielle répliquée par analyse factorielle confirmatoire à travers des populations cliniques et non cliniques variées. L’outil s’avère indispensable pour la recherche en médecine psychosomatique, en psychopathologie cognitive et en psychologie clinique.
2. Mots-clés
alexithymie, TAS-20, régulation émotionnelle, médecine psychosomatique, pensée opératoire, évaluation psychométrique, conscience de soi, affect, somatisation, validité factorielle
3. Auteurs
L’Échelle d’Alexithymie de Toronto à 20 items est le fruit de la collaboration de trois cliniciens-chercheurs rattachés à la psychiatrie et à la psychologie clinique canadiennes :
- R. Michael Bagby, Ph.D., ABPP : Professeur émérite de psychologie et de psychiatrie à l’Université de Toronto (Département de psychologie et Centre de toxicomanie et de santé mentale, CAMH). Expert mondialement reconnu en évaluation de la personnalité, psychopathologie quantitative et taxonomie psychiatrique.
- James D. A. Parker, Ph.D. : Professeur de psychologie à l’Université Trent (Peterborough, Ontario, Canada) et titulaire de la chaire de recherche sur l’intelligence émotionnelle et la santé. Ses travaux portent sur les déficits de régulation affective, le développement des compétences socio-émotionnelles et la psychométrie appliquée.
- Graeme J. Taylor, M.D., FRCPC : Psychiatre psychanalyste et professeur émérite au Département de psychiatrie de l’Université de Toronto et au Mount Sinai Hospital de Toronto. Figure pionnière dans la théorisation de la médecine psychosomatique contemporaine et dans la conceptualisation empirique de l’alexithymie en regard de la théorie de l’attachement et des neurosciences affectives.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la TAS-20 est de quantifier avec exactitude la sévérité du construit d’alexithymie au moyen d’un instrument auto-rapporté bref, standardisé et reproductible. Introduit dans la littérature psychiatrique par Peter Sifneos et John Nemiah au début des années 1970, le concept d’alexithymie (du grec a- [absence], lexis [mot] et thymos [humeur ou sentiment]) décrivait initialement un profil cognitivo-affectif observé chez les patients souffrant de troubles dits psychosomatiques classiques (ulcères gastro-duodénaux, asthme, colite ulcéreuse, dermatoses).
Avant le développement de la TAS-20, l’évaluation de ce construit souffrait d’un manque criant d’outils fidèles. Les premières échelles, telles que la Beth Israel Hospital Psychosomatic Questionnaire (BIQ) ou l’échelle d’alexithymie du MMPI (Schalling-Sifneos Personality Scale), présentaient des biais d’hétéro-évaluation non standardisée, une faible homogénéité interne et une contamination par des artefacts de détresse psychologique générale ou de névrosisme. La première version torontoise (la TAS-26) comportait quatre facteurs originels, mais souffrait encore d’items instables et d’une corrélation résiduelle trop élevée avec la désirabilité sociale.
La TAS-20 a été spécifiquement conçue pour répondre à trois impératifs métrologiques :
- Purification dimensionnelle : Éliminer les items relatifs à la rêverie diurne et aux fantasmes qui confondaient le construit avec d’autres dimensions de la personnalité comme l’ouverture à l’expérience.
- Applications cliniques : Permettre le dépistage, le diagnostic différentiel et la planification thérapeutique. En clinique, identifier l’alexithymie est capital car les patients hautement alexithymiques répondent mal aux psychothérapies psychodynamiques classiques orientées sur l’interprétation des conflits affectifs, nécessitant des adaptations thérapeutiques d’inspiration cognitivo-comportementale ou basées sur la mentalisation.
- Recherche translationnelle : Examiner les liens étroits entre les déficits du traitement émotionnel et une multitude de pathologies, dont les dépressions majeures, les troubles de l’usage de substances, les conduites addictives, les troubles des conduites alimentaires (anorexie, boulimie), les douleurs chroniques et les syndromes de somatisation.
5. Construit psychologique
La TAS-20 opérationnalise l’alexithymie non pas comme un trouble psychiatrique catégoriel ou une forme de répression névrotique inconsciente, mais comme un trait de personnalité continu reflétant un déficit spécifique dans le système cognitif de traitement de l’information émotionnelle. Selon le modèle triadique validé par Bagby, Taylor et Parker (1994), ce construit comprend trois composantes interdépendantes :
5.1. Difficulté à identifier ses sentiments (DIF – Difficulty Identifying Feelings)
Ce facteur, évalué par 7 items (items 1, 3, 6, 7, 9, 13, 14), appréhende l’incapacité du sujet à reconnaître ses états émotionnels subjectifs et à distinguer l’expérience affective de l’activation somatosensorielle physiologique qui l’accompagne. Face à un événement stressant entraînant une accélération cardiaque, une sudation ou une oppression thoracique, l’individu alexithymique éprouve une confusion profonde : il ne parvient pas à déterminer s’il ressent de la peur, de la tristesse, de la colère ou s’il fait face à une anomalie somatique relevant de la cardiologie ou de la gastro-entérologie. Les affects restent vécus comme des sensations physiques brutes, non symbolisées, conduisant fréquemment à une amplification somatosensorielle et à un recours inadapté aux consultations médicales.
5.2. Difficulté à décrire ses sentiments (DDF – Difficulty Describing Feelings)
Composé de 5 items (items 2, 4, 11, 12, 17), ce sous-construit mesure le déficit de la fonction de verbalisation et d’expression sémantique des états affectifs. L’individu manque cruellement de vocabulaire émotionnel précis pour communiquer ses ressentis intérieurs à ses pairs. Il éprouve d’immenses difficultés à expliciter verbalement ses états d’âme, ce qui nuit à l’intimité relationnelle, induit des malentendus interpersonnels et génère un isolement affectif. Les sentiments existent sous une forme indifférenciée, mais la passerelle entre l’affect brut et le code linguistique partagé fait défaut.
5.3. Pensée orientée vers l’extérieur (EOT – Externally Oriented Thinking)
Regroupant 8 items (items 5, 8, 10, 15, 16, 18, 19, 20), ce facteur reflète un mode cognitif pragmatique, utilitaire, focalisé sur les faits concrets, les détails superficiels et les aspects techniques de l’environnement extérieur au détriment de l’introspection psychologique. Le sujet préfère s’attacher aux aspects logistiques de la vie courante plutôt qu’à l’exploration de ses motifs intérieurs ou de ceux d’autrui. Ce style de pensée correspond fidèlement au concept psychanalytique de « pensée opératoire » décrit par Pierre Marty et Michel de M’Uzan, où la vie imaginaire, les métaphores poétiques, la rêverie créative et l’analyse introspective des conflits psychiques sont réduites à leur expression minimale.
6. Cadre théorique
L’ancrage conceptuel de la TAS-20 s’inscrit au carrefour de la médecine psychosomatique, de la psychologie différentielle cognitive et des théories contemporaines de la neurobiologie des émotions :
6.1. La tradition psychosomatique et l’héritage de l’École de Paris
Dans les années 1960 et 1970, Pierre Marty, Michel Fain et Michel de M’Uzan ont décrit le concept de « pensée opératoire » pour désigner le fonctionnement psychique singulier de patients somatiques dont le discours est dépourvu d’affects, ancré dans le factuel et le présent immédiat. Simultanément, à Boston, John Nemiah et Peter Sifneos ont proposé le néologisme alexithymie pour qualifier cette même constellation clinique chez des patients souffrant de maladies physiques chroniques. Graeme J. Taylor et ses collègues de Toronto ont ensuite opéré une synthèse théorique majeure en arrachant le concept aux seules spéculations psychanalytiques pour l’inscrire dans une perspective scientifique empiriquement vérifiable.
6.2. Le modèle de régulation affective de Taylor, Bagby et Parker
Dans leur ouvrage princeps de 1997, Disorders of Affect Regulation, Taylor, Bagby et Parker formulent l’hypothèse que l’alexithymie est la manifestation d’une défaillance dans le système hiérarchique de régulation des émotions. En s’appuyant sur la théorie bio-informationnelle de Peter Lang et sur le modèle de Lane et Schwartz (les niveaux de conscience émotionnelle ou Levels of Emotional Awareness), ils postulent que les émotions sont des systèmes de réponse multi-niveaux intégrant des signaux neurovégétatifs, des tendances à l’action motrice et des représentations cognitives conscientes. Chez l’alexithymique, la composante physiologique est intacte voire hyper-réactive, mais le saut qualitatif vers le niveau symbolique (la mentalisation de l’affect) ne s’opère pas. L’individu ne dispose pas de représentations internes pour moduler l’arousal, ce qui engendre un dérèglement neurovégétatif prolongé et des vulnérabilités aux affections cardiovasculaires, immunitaires et gastro-intestinales.
6.3. Corrélats neuroscientifiques et théorie de l’attachement
Les neurosciences affectives ont apporté des arguments confirmant cette théorisation. L’alexithymie est corrélée à une dysconnexion fonctionnelle cortico-sous-corticale : un découplage entre l’amygdale, l’insula antérieure et le cortex préfrontal ventromédian, ainsi qu’à de possibles altérations du transfert interhémisphérique via le corps calleux. Par ailleurs, sur le plan ontogénétique, l’alexithymie est fortement associée à un attachement précoce insécurisé (évitant ou désorganisé), caractérisé par l’absence d’un miroir émotionnel parental adéquat au cours de la petite enfance, entravant l’acquisition des métareprésentations affectives.
7. Validité
La validité psychométrique de la TAS-20 a fait l’objet de centaines d’investigations empiriques internationales rigoureuses :
7.1. Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des associations robustes et théoriquement cohérentes avec de multiples échelles psychologiques :
- Intelligence émotionnelle : Corrélations négatives très fortes avec les mesures de l’intelligence émotionnelle trait et compétence (notamment la Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test – MSCEIT et la Bar-On Emotional Quotient Inventory), attestant que la TAS-20 évalue bien l’inverse des capacités d’identification, de gestion et d’utilisation adaptative des affects.
- Détresse affective et somatisation : Corrélations positives significatives (variant typiquement de r = 0,35 à 0,55) avec l’inventaire de dépression de Beck (BDI), l’échelle d’anxiété de Spielberger (STAI) et les échelles de somatisation (comme le SCL-90-R ou le PHQ-15). L’alexithymie amplifie l’expression somatique de la détresse émotionnelle non mentalisée.
- Névrosisme et Extraversion : Dans le cadre du modèle des Big Five (NEO-PI-R), les facteurs DIF et DDF sont corrélés positivement au Névrosisme, tandis que le facteur EOT corrèle négativement avec l’Ouverture aux sentiments et aux idées, et dans une moindre mesure avec l’Extraversion.
7.2. Validité discriminante
Une préoccupation majeure lors de l’élaboration de la TAS-20 était de s’assurer que l’instrument ne mesurait pas simplement une dépression sous-jacente ou une détresse anxieuse généralisée. Bagby, Parker et Taylor (1994b) ont démontré que si l’alexithymie est corrélée à la dépression, elle s’en distingue nettement par analyse en composantes indépendantes et régressions hiérarchiques. Même après contrôle statistique strict des niveaux de dépression et d’anxiété, la TAS-20 conserve sa validité propre et prédit des variables médicales et comportementales indépendantes. De même, les corrélations avec les échelles de désirabilité sociale (telles que l’échelle de Marlowe-Crowne) demeurent très faibles à négligeables (généralement r < 0,15), démontrant que la TAS-20 est immunisée contre les biais d’auto-présentation favorable.
7.3. Validité prédictive et clinique
La TAS-20 s’avère hautement prédictive de critères pronostiques cliniques :
- Elle prédit l’adhésion au traitement et la réponse aux thérapies orientées vers l’introspection (les scores élevés prédisant un taux plus important d’abandons prématurés).
- Dans les addictions (troubles liés à l’usage de substances, jeu d’argent pathologique), les scores élevés à la TAS-20 sont des prédicteurs majeurs de rechute après sevrage.
- Dans la douleur chronique (fibromyalgie, lombalgies invalidantes), la composante DIF prédit le niveau d’incapacité fonctionnelle au-delà des lésions organiques constatées.
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité de la TAS-20 révèle une robustesse métrologique confirmée de manière répétée :
8.1. Cohérence interne
Les études initiales de Bagby et al. (1994a) ont rapporté un coefficient alpha de Cronbach (α) de 0,81 pour l’échelle totale dans un échantillon d’étudiants d’université et de 0,83 dans un échantillon clinique de patients psychiatriques. Pour les sous-échelles, les valeurs sont généralement :
- Difficulté à identifier ses sentiments (DIF) : α compris entre 0,78 et 0,84, témoignant d’une excellente homogénéité.
- Difficulté à décrire ses sentiments (DDF) : α compris entre 0,75 et 0,81.
- Pensée orientée vers l’extérieur (EOT) : α légèrement plus modeste, oscillant généralement entre 0,66 et 0,74 selon les populations. Cette valeur plus basse s’explique par la nature plus hétérogène des comportements cognitifs pragmatiques explorés et par l’inclusion de plusieurs items inversés au sein de cette sous-échelle.
Dans la validation francophone menée par Loas et collaborateurs (1996) ainsi que par Zimmermann et ses collègues (2005), la consistance interne totale se situe régulièrement au-dessus de 0,80, confirmant l’équivalence psychométrique transculturelle de l’instrument.
8.2. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La stabilité temporelle a été testée sur des intervalles variés allant de trois semaines à plusieurs mois :
- Bagby et al. (1994a) ont mis en évidence un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,77 (p < 0,001) sur un intervalle de trois semaines chez des sujets normaux.
- Des études longitudinales sur des patients dépressifs traités par pharmacothérapie ont montré que bien que les scores globaux baissent modérément avec la rémission de l’épisode dépressif aigu, la stabilité relative (rang des individus) demeure extrêmement forte (r > 0,70 sur un an), démontrant que la TAS-20 capte un trait stable de la personnalité plutôt qu’un pur état émotionnel transitoire.
9. Analyse factorielle
La détermination de la structure factorielle constitue l’élément le plus discuté et le plus validé de l’histoire psychométrique de la TAS-20 :
9.1. De la TAS-26 à la TAS-20 : L’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
La première échelle torontoise (Taylor et al., 1985) comprenait 26 items organisés en quatre facteurs. Les analyses exploratoires ultérieures ont révélé que le facteur 4, qui mesurait la capacité à rêver et à fantasmer (Daydreaming), présentait des saturations croisées instables et ne corrélait pas de manière consistante avec les autres facettes du construit. Bagby, Parker et Taylor (1994a) ont alors mené des AFE itératives avec rotation oblique (oblimin) sur de vastes échantillons cliniques et communautaires. Après élimination des items ambigus ou redondants, une solution à trois facteurs nets a émergé avec 20 items, expliquant une part prépondérante de la variance totale.
9.2. Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
La force cardinale de la TAS-20 réside dans la réplication systématique de son modèle oblique à trois facteurs par analyse factorielle confirmatoire (AFC) :
- Dans l’étude princeps, Parker, Bagby et Taylor (1994) ont comparé plusieurs modèles concurrents (modèle unidimensionnel, modèle à deux facteurs, modèle orthogonal). Le modèle oblique à trois facteurs présentait une adéquation supérieure aux données (GFI > 0,90, AGFI > 0,87, RMSR < 0,06).
- Une étude transculturelle majeure coordonnée par Parker, Taylor et Bagby (2003) portant sur 19 pays et plus de 10 000 participants a démontré l’invariance de mesure métrique et configurationnelle de ce modèle à trois facteurs à travers des langues et cultures extrêmement dissemblables (langues indo-européennes, finno-ougriennes, asiatiques).
- Les saturations factorielles standardisées des items sur leur facteur respectif sont généralement substantielles (λ ≥ 0,50), à l’exception notable de certains items inversés de la sous-échelle EOT (items 5 et 18) dont les saturations oscillent parfois entre 0,35 et 0,45 selon les traductions linguistiques.
10. Instrument de mesure
L’utilisation pratique de la TAS-20 répond aux spécifications suivantes :
- Type de mesure : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report inventory).
- Nombre d’items : 20 items rédigés sous forme d’affirmations à la première personne.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points :
1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
2 = Modérément en désaccord (Disagree)
3 = Ni en désaccord ni d’accord (Neither agree nor disagree)
4 = Modérément d’accord (Agree)
5 = Fortement d’accord (Strongly agree) - Items inversés : Cinq items sont inversés pour neutraliser le biais d’acquiescement : les items 4, 5, 10, 18 et 19. Pour ces items, la cotation doit être convertie : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1.
- Distribution des sous-échelles :
- Difficulté à identifier ses sentiments (DIF) : Items 1, 3, 6, 7, 9, 13, 14 (score de 7 à 35).
- Difficulté à décrire ses sentiments (DDF) : Items 2, 4, 11, 12, 17 (score de 5 à 25).
- Pensée orientée vers l’extérieur (EOT) : Items 5, 8, 10, 15, 16, 18, 19, 20 (score de 8 à 40).
- Calcul du score total : Somme directe des 20 items (après inversion des items 4, 5, 10, 18 et 19). Le score global s’échelonne de 20 à 100 points.
- Seuils cliniques décisionnels (Cut-off scores) :
- Score ≤ 51 : Absence d’alexithymie (fonctionnement émotionnel dans la norme).
- Score entre 52 et 60 : Zone intermédiaire, alexithymie limite ou borderline (déficit modéré ou fluctuant).
- Score ≥ 61 : Alexithymie franche et significative sur le plan clinique.
- Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes. L’administration peut se faire sur support papier-crayon ou sur plateforme numérique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
La TAS-20 a été formellement publiée en 1994 par Bagby, Parker et Taylor. Concernant l’utilisation, les droits et les licences d’exploitation :
- Recherche académique non commerciale : Les auteurs autorisent l’utilisation de la TAS-20 sans frais pour les chercheurs, étudiants et praticiens réalisant des travaux universitaires ou des thèses, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence (Bagby et al., 1994a, 1994b) et de respecter l’intégrité intégrale de l’échelle sans altération de formulation.
- Utilisation commerciale, essais cliniques industriels et logiciels propriétaires : Toute intégration de la TAS-20 dans un protocole sponsorisé par l’industrie pharmaceutique, dans un progiciel médical commercial ou dans des applications lucratives nécessite une demande formelle d’autorisation et d’éventuels droits de licence auprès des auteurs ou de leurs ayants droit légaux.
- Versions traduites : De multiples adaptations linguistiques ont été validées sous l’égide d’équipes universitaires accréditées (par exemple, la version française validée par G. Loas, N. Corcos, O. Luminet ou G. Zimmermann). Leur emploi requiert la mention des travaux de validation respectifs.
12. Références
- Bagby, R. M., Parker, J. D. A., & Taylor, G. J. (1994a). The twenty-item Toronto Alexithymia Scale—I. Item selection and cross-validation of the factor structure. Journal of Psychosomatic Research, 38(1), 23–32. https://doi.org/10.1016/0022-3999(94)90005-1
- Bagby, R. M., Taylor, G. J., & Parker, J. D. A. (1994b). The twenty-item Toronto Alexithymia Scale—II. Convergent, discriminant, and concurrent validity. Journal of Psychosomatic Research, 38(1), 33–40. https://doi.org/10.1016/0022-3999(94)90006-X
- Besharat, M. A., Rostami, R., Pourhosein, R., & Mirzamani, M. (2006). Assessing reliability and validity of Farsi Version of the Toronto Alexithymia Scale-20 in a sample of opioid substance use disordered patients. Iranian Journal of Psychiatry, 1(3), 133–139.
- Loas, G., Fremaux, D., & Marchand, M. P. (1995). Étude de la structure factorielle et de la cohérence interne de la version française de l’Échelle d’Alexithymie de Toronto à 20 items (TAS-20) chez un groupe de 183 sujets sains. L’Encéphale, 21(2), 117–122.
- Parker, J. D. A., Taylor, G. J., & Bagby, R. M. (2001). The 20-Item Toronto Alexithymia Scale: III. Reliability and factorial validity in a community population. Journal of Psychosomatic Research, 55(3), 269–275. https://doi.org/10.1016/S0022-3999(02)00578-0
- Parker, J. D. A., Taylor, G. J., & Bagby, R. M. (2003). The measurement of alexithymia in cross-cultural research: A study of the 20-Item Toronto Alexithymia Scale in 19 cultures. Journal of Psychosomatic Research, 55(2), 136.
- Rieffe, C., Oosterveld, P., Meerum Terwogt, M., Novin, S., Nasiri, H., & Latifian, M. (2010). Relationship between alexithymia, mood and internalizing symptoms in children and young adolescents: Evidence from an Iranian sample. Personality and Individual Differences, 48(4), 425–430. https://doi.org/10.1016/j.paid.2009.11.011
- Taylor, G. J., Bagby, R. M., & Parker, J. D. A. (1997). Disorders of affect regulation: Alexithymia in medical and psychiatric illness. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511526830
- Taylor, G. J., Ryan, D., & Bagby, R. M. (1985). Toward the development of a new self-report alexithymia scale. Psychotherapy and Psychosomatics, 44(4), 191–199. https://doi.org/10.1159/000287912
- Zimmermann, G., Rossier, J., Meyer de Stadelhofen, F., & Gaillard, F. (2005). Alexithymia assessment and relations with dimensions of personality. European Journal of Psychological Assessment, 21(1), 23–33. https://doi.org/10.1027/1015-5759.21.1.23
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale: 5-point Likert Scale
2 = Disagree
3 = Neither agree nor disagree
4 = Agree
5 = Strongly agree
- I am often confused about what emotion I am feeling
- It is difficult for me to find the right words for my feelings
- I have physical sensations that even doctors don’t understand
- I am able to describe my feelings easily(R)
- I prefer to analyze problems rather than just describe them (R)
- When I am upset‚ I don’t know if I am sad‚ frightened‚ or angry
- I am often puzzled by sensations in my body
- I prefer to just let things happen rather than to understand why they turned out that way
- I have feelings that I can’t quite identify
- Being in touch with emotions is essential (R)
- I find it hard to describe how I feel about people
- People tell me to describe my feelings more
- I don’t know what’s going on inside me
- I often don’t know why I am angry
- I prefer talking to people about their daily activities rather than their feelings
- I prefer to watch “light” entertainment shows rather than psychological dramas
- It’s difficult for me to reveal my innermost feelings‚ even to close friends
- I can feel close to someone‚ even in moments of silence (R)
- I find examination of my feelings useful in solving personal problems (R)
- Looking for hidden meanings in movies or plays distracts from their enjoyment