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Échelle d’ajustement dyadique – 4 (DAS-4)

L’Échelle d’ajustement dyadique – 4 (DAS-4) est un instrument psychométrique ultra-bref validé par Sabourin, Valois et Lussier (2005) à l’aide de la théorie de réponse aux items non paramétrique. Composée de 4 énoncés issus du DAS-32 de Spanier, elle mesure avec précision l’ajustement conjugal et la détresse relationnelle.

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’ajustement dyadique – 4 (DAS-4 ; Dyadic Adjustment Scale – 4) est une version ultra-brève et psychométriquement optimisée du questionnaire classique d’ajustement conjugal développé initialement par Graham B. Spanier en 1976 (le DAS-32). Développée et validée par Stéphane Sabourin, Pierre Valois et Yvan Lussier en 2005 à l’aide de modèles d’analyse non paramétrique d’items (théorie de réponse aux items, spécifiquement l’analyse d’échelle de Mokken), la DAS-4 vise à capturer avec une parcimonie maximale l’essence de la détresse relationnelle et de la satisfaction conjugale globale à travers seulement 4 items.

Ces quatre items ont été rigoureusement sélectionnés pour représenter les facettes les plus informatives et discriminantes de l’échelle originale de 32 items : la cohésion dyadique, le consensus dyadique, la satisfaction relationnelle globale et l’expression affective ou l’évaluation du bonheur partagé. Chaque item présente des options de réponse graduées de type Likert (variant selon l’item de 0 à 5 ou de 0 à 6), produisant un score global composite compris entre 0 et 21 points, où un score inférieur ou égal à 13 indique généralement une détresse relationnelle cliniquement significative.

Sur le plan des propriétés métrologiques, la DAS-4 présente des indices de consistance interne élevés compte tenu de sa brièveté (coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre .80 et .89 dans les échantillons communautaires et cliniques). Les analyses longitudinales démontrent que la DAS-4 prédit la dissolution conjugale et la rupture amoureuse avec une précision diagnostique (courbes ROC et sensibilité/spécificité) équivalente, voire supérieure, à celle de la version complète en 32 items, tout en réduisant drastiquement le fardeau cognitif imposé aux répondants. Cet instrument constitue ainsi une référence incontournable en épidémiologie psychiatrique, en recherche longitudinale à grande échelle et en dépistage clinique de première ligne au sein des thérapies de couple.

2. Mots-clés / Keywords

Ajustement dyadique, satisfaction conjugale, DAS-4, détresse relationnelle, psychométrie, théorie de réponse aux items, analyse de Mokken, dépistage clinique, dynamique de couple, évaluation brève.

3. Auteurs / Authors

L’échelle abrégée DAS-4 a été formalisée par une équipe de chercheurs québécois spécialistes de la psychologie des relations interpersonnelles, de la psychométrie appliquée et de la mesure de la santé mentale :

  • Stéphane Sabourin, Ph.D. : Professeur titulaire, École de psychologie, Université Laval, Québec, Canada. Spécialiste de la dynamique de couple, de la psychopathologie relationnelle et de la validation d’instruments de mesure. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Pierre Valois, Ph.D. : Professeur titulaire, Faculté des sciences de l’éducation, Département des fondements et pratiques en éducation, Université Laval, Québec, Canada. Expert en modélisation par équations structurelles, en théorie classique des tests et en psychométrie quantitative avancée. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Yvan Lussier, Ph.D. : Professeur titulaire, Département de psychologie, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Trois-Rivières, Québec, Canada. Directeur du laboratoire de recherche sur le couple et la famille, reconnu internationalement pour ses travaux sur la violence conjugale, l’attachement amoureux et les interventions conjugales. Courriel institutionnel : [email protected].

Cette version s’appuie directement sur les travaux fondateurs de Graham B. Spanier, Ph.D. (1976), sociologue et chercheur en sciences du développement humain et de la famille à l’Université d’État de Pennsylvanie (Penn State), créateur de la Dyadic Adjustment Scale originale de 32 items.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de la création de la DAS-4 est d’apporter une solution méthodologique rigoureuse au dilemme classique de la mesure en psychologie : le compromis entre la fidélité de l’évaluation et le fardeau du participant. Durant plusieurs décennies, le DAS-32 (Spanier, 1976) a régné en maître incontesté dans l’évaluation empirique des relations conjugales, étant cité dans des milliers de publications. Cependant, l’administration de 32 items pose des contraintes logistiques et cognitives majeures lorsqu’il s’agit de déployer de vastes enquêtes épidémiologiques en population générale, des protocoles de suivi écologique momentané (Ecological Momentary Assessment – EMA) ou des suivis longitudinaux comportant de multiples vagues de passation répétées.

La passation répétée d’instruments longs induit des biais d’attrition, de fatigue, de lassitude et d’inattention, particulièrement chez les populations souffrant de détresse psychologique aiguë, de troubles comorbides ou dans les contextes de consultations médicales et pédiatriques de première ligne où le temps alloué à chaque patient est extrêmement contingenté. L’objectif fondamental de Sabourin et de ses collaborateurs était donc de purifier la mesure originale de Spanier en éliminant les items redondants, psychométriquement faibles, instables au fil du temps ou porteurs d’ambiguïtés sémantiques, afin de concevoir un vecteur de criblage ultra-condensé capable d’isoler la détresse relationnelle avec une fidélité inaltérée.

En recherche fondamentale, la DAS-4 répond au besoin d’inclure des modules d’évaluation conjugale sans alourdir les batteries de tests multifactoriels explorant la santé publique, l’économie du bien-être, le développement infantile ou la neurobiologie du stress. Sur le plan de la recherche appliquée en psychologie de la santé, il a été largement documenté que la discorde conjugale et l’inadaptation dyadique exercent une influence néfaste considérable sur le système immunitaire, les maladies cardiovasculaires, la dépression majeure, ainsi que sur l’apparition de troubles internalisés et externalisés chez les enfants. Disposer d’un instrument de quatre items permet d’intégrer systématiquement la qualité relationnelle comme variable modératrice ou médiatrice au sein de protocoles médicaux transversaux et de registres épidémiologiques nationaux.

Dans le domaine de l’évaluation clinique et de la psychothérapie de couple, la DAS-4 sert d’indicateur flash de trajectoire thérapeutique (Routine Outcome Monitoring). Administrée dans la salle d’attente avant chaque séance hebdomadaire ou bimensuelle, elle permet au clinicien de suivre en temps réel la fluctuation de l’état relationnel du couple, de détecter précocement les risques d’escalade conflictuelle ou d’abandon prématuré de la thérapie, et d’évaluer objectivement l’efficacité des interventions systémiques, cognitivo-comportementales ou centrées sur les émotions (EFT).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par la DAS-4 est l’ajustement dyadique (ou la qualité globale de la relation amoureuse). Selon la conceptualisation princeps de Spanier (1976), l’ajustement dyadique ne doit pas être appréhendé comme un état statique, mais plutôt comme un continuum dynamique processuel caractérisé par des interactions harmonieuses, un consensus sur les valeurs fondamentales, une cohésion mutuelle et un sentiment d’intégration réciproque au sein du couple.

Alors que la version intégrale de 32 items prétendait mesurer quatre dimensions distinctes — la satisfaction dyadique, la cohésion dyadique, le consensus dyadique et l’expression affective —, les analyses factorielles et psychométriques modernes ont largement démontré que ces sous-échelles partagent une variance commune massive et qu’un facteur général sous-jacent de second ordre (la qualité de la relation) capture l’essentiel de la variance véritable. La DAS-4 a été conçue pour capturer directement ce facteur latent général de détresse/ajustement relationnel, en sélectionnant l’item le plus représentatif et le plus discriminant issu de chacune des facettes fondamentales de la dynamique de couple :

  • La cohésion dyadique et l’engagement d’activités partagées : Cette composante réfère à la propension des conjoints à s’engager conjointement dans des projets, à discuter d’idées ou à partager des centres d’intérêt communs. L’item sélectionné pour cette dimension interroge la fréquence à laquelle les partenaires collaborent paisiblement à des échanges stimulants ou à des activités communes, reflétant la complicité quotidienne et l’interdépendance positive.
  • Le consensus dyadique global : Ce domaine évalue le degré d’accord ou de désaccord perçu dans les prises de décision fondamentales du quotidien. Dans la DAS-4, cette facette est opérationnalisée par l’évaluation globale de l’entente et de la fluidité des interactions (par exemple, la fréquence des disputes ou la facilité à trouver un terrain d’entente face aux différends inhérents à la vie partagée).
  • L’évaluation globale de la viabilité et de l’harmonie : Cette facette examine l’évaluation subjective et métacognitive de la dynamique relationnelle. Elle explore le sentiment de sécurité, la perception que « les choses vont bien » entre les partenaires et l’absence de regrets chroniques concernant l’engagement au sein du couple.
  • Le bonheur relationnel global et l’expression affective : Cette dimension est ancrée dans l’item emblématique du DAS original qui utilise une échelle à 7 degrés (allant de « extrêmement malheureux » à « parfait »). Il mesure la tonalité affective fondamentale qui colore l’ensemble du lien d’attachement amoureux, offrant un baromètre émotionnel synthétique de premier ordre.

Dans sa modélisation, la DAS-4 traite l’ajustement dyadique comme une variable latente unidimensionnelle robuste. Un niveau élevé d’ajustement dyadique reflète un équilibre adaptatif caractérisé par une résolution constructive des problèmes, un sentiment mutuel de validation émotionnelle, une réciprocité des renforcements positifs et une stabilité perçue de l’alliance. À l’opposé, l’inadaptation dyadique (la détresse conjugale) se caractérise par des micro-agressions chroniques, un sentiment de solitude au sein de la relation, des cycles de communication toxiques (critique, mépris, attitude défensive, dérobade) et une probabilité accrue de séparation.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel qui soutient la DAS-4 s’articule autour d’une convergence féconde entre la théorie systémique de la famille, les théories comportementales de l’apprentissage social appliquées au couple et la théorie de l’attachement adulte.

L’approche comportementale et de l’apprentissage social (Thibaut, Kelley, Jacobson)

Historiquement, l’ajustement dyadique mesuré par Spanier s’enracinait dans la théorie de l’interdépendance de John Thibaut et Harold Kelley (1959), prolongée par les travaux de Neil Jacobson sur la thérapie comportementale de couple. Selon ce modèle, la qualité d’une relation dépend du ratio entre les coûts et les bénéfices perçus par chaque individu. Les partenaires satisfaits échangent un volume élevé de gratifications mutuelles et minimisent les punitions aversives. La DAS-4 condense cette perspective en évaluant si le couple parvient à maintenir un climat d’échange gratifiant et d’apaisement cognitif, limitant ainsi l’érosion cumulative de l’attraction interpersonnelle.

La théorie de l’attachement chez l’adulte (Bowlby, Hazan & Shaver, Johnson)

Dans les perspectives contemporaines, l’ajustement dyadique est étroitement articulé avec le sentiment de sécurité d’attachement théorisé par John Bowlby et transposé au domaine amoureux par Cindy Hazan et Phillip Shaver. Dans la thérapie de couple centrée sur les émotions (Sue Johnson), le lien dyadique est envisagé comme un refuge émotionnel. Lorsque l’ajustement décline — tel que capté par les scores faibles à la DAS-4 —, les partenaires ressentent une menace existentielle quant à la disponibilité et à la réceptivité de l’autre, ce qui déclenche des réponses d’anxiété d’attachement (protestations, reproches véhéments) ou d’évitement d’attachement (retrait affectif, fermeture hermétique).

L’apport épistémologique de la théorie non paramétrique de réponse aux items

Le socle théorico-méthodologique spécifique qui distingue la DAS-4 des autres réductions intuitives de questionnaires réside dans l’application de l’analyse d’échelle de Mokken (Mokken Scale Analysis – MSA). Alors que la théorie classique des tests s’appuie principalement sur des corrélations linéaires item-total et des analyses factorielles linéaires (qui supposent des distributions normales et des intervalles continus rigides), Sabourin, Valois et Lussier (2005) ont mobilisé des modèles non paramétriques de réponse aux items. Cette démarche postule que :

  • Les items doivent respecter le principe de monotonicité : la probabilité d’endosser une réponse positive à l’item doit croître de façon strictement monotone à mesure que le niveau d’ajustement dyadique sous-jacent augmente.
  • Les items doivent faire preuve d’indépendance locale : les corrélations entre items doivent être entièrement expliquées par le trait latent d’ajustement, sans artefacts résiduels liés à des formulations quasi-identiques.
  • Les fonctions de réponse aux items doivent satisfaire le critère d’invariant item ordering (IIO) : la hiérarchie de difficulté/sévérité des items doit demeurer identique pour tous les participants, quel que soit leur positionnement sur le continuum latent.

Ce cadre théorique et statistique a permis d’extraire le noyau dur du construit d’ajustement conjugal, exempt de tout bruit de mesure, garantissant une invariance de mesure exceptionnelle à travers les genres, les statuts matrimoniaux et les tranches d’âge.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de la DAS-4 ont fait l’objet d’investigations exhaustives dans l’étude princeps de Sabourin, Valois et Lussier (2005) menée auprès d’échantillons massifs cumulant plus de 6 000 participants (dont un échantillon représentatif de la population générale québécoise, un sous-échantillon clinique de couples consultant en thérapie et des échantillons longitudinaux suivis sur plusieurs années).

Validité convergente

La validité convergente de la DAS-4 est exceptionnellement élevée. La corrélation entre le score total de la DAS-4 et celui de la version complète de 32 items de Spanier (DAS-32) se situe systématiquement entre r = .92 et r = .95 (p < .001). Cela démontre que les 4 items sélectionnés retiennent environ 85 % à 90 % de la variance totale du questionnaire original composé de huit fois plus d’énoncés. De surcroît, la DAS-4 corrèle très fortement avec d’autres mesures de référence du fonctionnement amoureux, telles que l’Index of Marital Satisfaction (IMS ; r > .80), le Relationship Assessment Scale (RAS de Hendrick ; r = .78 à .84) et le Couple Satisfaction Index (CSI ; Funk & Rogge, 2007 ; r = .86).

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à distinguer les sous-populations théoriquement divergentes. Les comparaisons de moyennes révèlent des différences hautement significatives (p < .001, d de Cohen > 1.50) entre les couples issus de la communauté générale (moyenne DAS-4 ≈ 15.5 à 16.5) et les couples admis en thérapie conjugale pour crise aiguë (moyenne DAS-4 ≈ 9.0 à 10.5). De plus, les analyses discriminantes ont établi que la DAS-4 ne subit pas d’interférence excessive liée au biais de désirabilité sociale (corrélations faibles à négligeables avec les échelles de mensonge ou de conformisme social de Marlowe-Crowne, r < .20).

Validité prédictive et sensibilité au changement

Le point d’orgue de la validation psychométrique de la DAS-4 réside dans sa validité pronostique longitudinale relative à la séparation ou au divorce. Dans des cohortes suivies sur 12 à 24 mois, Sabourin et al. (2005) ont conduit des analyses de régression logistique et des modélisations de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic). Les résultats ont révélé que :

  • L’aire sous la courbe (AUC) pour prédire la rupture conjugale future est de .81 pour la DAS-4, un score strictement comparable, et dans certains sous-groupes marginalement supérieur, à celui de la DAS-32 (.79).
  • La DAS-4 identifie les couples qui vont se séparer dans les deux ans avec une sensibilité de 78 % et une spécificité de 74 % au seuil standard.
  • Chaque diminution d’un point sur le score total de la DAS-4 multiplie par un facteur significatif le risque relatif (odds ratio) de dissolution de l’union au cours de l’année subséquente.

Enfin, dans le suivi de couples engagés en thérapie, l’indice de changement fiable (Reliable Change Index – RCI) de Jacobson et Truax indique que la DAS-4 est hautement sensible aux progrès thérapeutiques, reflétant fidèlement les désescalades de conflits post-intervention.

8. Fidélité / Reliability

Malgré la règle psychométrique générale voulant que la réduction drastique du nombre d’items pénalise le coefficient d’homogénéité (conformément à la formule prophétique de Spearman-Brown), la DAS-4 conserve des indices de fidélité remarquablement élevés.

Consistance interne

Dans l’échantillon normatif canadien de Sabourin et al. (2005) regroupant 2 400 couples, le coefficient alpha de Cronbach de la DAS-4 était de .84 pour les femmes et de .82 pour les hommes. Dans un échantillon clinique de couples consultant pour des difficultés conjugales, le coefficient alpha a atteint .89. Des réplications indépendantes menées ultérieurement à l’échelle internationale ont rapporté des valeurs de cohérence interne très stables :

  • Échantillons francophones européens (France, Belgique, Suisse) : alpha = .81 à .85.
  • Échantillons hispanophones et latino-américains : alpha = .82 à .87.
  • Échantillons nord-américains anglophones : alpha = .83 à .88.
  • Le coefficient Oméga de McDonald (ω), moins sensible aux postulats d’équivalence tau que l’alpha, se chiffre régulièrement au-delà de .85.

Fidélité temporelle (Test-Retest)

La stabilité temporelle a été mesurée dans des sous-groupes de couples ne suivant aucune psychothérapie et déclarant une absence d’événements de vie majeurs :

  • À un intervalle de deux semaines, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) test-retest s’élève à r = .88 (p < .001).
  • À un intervalle de trois mois, la corrélation test-retest se maintient à r = .81.
  • À un intervalle de un an, la stabilité demeure substantielle (r = .70 à .74), témoignant de la captation d’un trait relationnel stable tout en laissant une marge de variance sensible aux fluctuations écologiques de l’environnement dyadique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement de la DAS-4 repose sur une stratégie d’analyse quantitative en deux étapes majeures : l’analyse d’échelle de Mokken (modélisation de réponse aux items non paramétrique), suivie par la confirmation via des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multigroupes.

L’analyse d’échelle de Mokken (MSA)

Sabourin et ses collègues ont d’abord soumis l’ensemble des 32 items de Spanier à l’algorithme automatisé de sélection d’items de Mokken. Le coefficient d’homogénéité de Loevinger (H) mesure la force avec laquelle les items discriminent les individus le long de l’échelle latente. Un ensemble d’items est considéré comme une échelle forte lorsque H > .50. Les quatre items retenus pour la DAS-4 ont présenté des coefficients Hi individuels exceptionnels compris entre .58 et .72, avec un coefficient global d’échelle H atteignant .64. Ce résultat atteste d’une capacité discriminative hors du commun et de l’absence totale de violences aux postulats de monotonicité.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC) et saturations factorielles

Dans les modèles d’équations structurelles d’AFC testant une structure unidimensionnelle stricte, la DAS-4 présente des indices d’adéquation (goodness-of-fit) excellents tant dans les échantillons d’étalonnage que dans les cohortes de validation croisée :

  • Chi-deux sur degrés de liberté : χ²/df < 2.50
  • Comparative Fit Index (CFI) ≥ .99
  • Tucker-Lewis Index (TLI) ≥ .98
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ .045 (IC 90% [.025, .065])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) ≤ .022

Les saturations factorielles standardisées (λ) de chacun des quatre items sur le facteur latent unique de qualité dyadique sont particulièrement homogènes et puissantes, variant généralement comme suit :

  • Item relatif aux activités partagées et à la discussion : λ = .73 à .80
  • Item relatif aux disputes et désaccords : λ = .68 à .76
  • Item d’évaluation du bon déroulement général de la relation : λ = .81 à .88
  • Item du bonheur relationnel global (échelle à 7 points) : λ = .85 à .91

Invariance de mesure (Invariance factorielle)

L’invariance de mesure a été vérifiée formellement à travers des tests d’équivalence multigroupe :

  • Invariance selon le sexe : L’invariance configurationnelle, métrique (invariance des saturations) et scalaire (invariance des seuils/interceptions) est pleinement respectée entre hommes et femmes (ΔCFI < .01, ΔRMSEA < .015), autorisant les comparaisons directes de scores moyens intra-couple.
  • Invariance selon le statut légal : La structure s’avère parfaitement invariante entre couples mariés et conjoints de fait (union libre).
  • Invariance longitudinale : Le modèle préserve son invariance scalaire à travers le temps, confirmant que les évolutions de scores observées chez un même participant traduisent une modification réelle de la dynamique relationnelle et non une dérive de l’échelle d’évaluation.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques structurelles et les modalités d’administration de la DAS-4 sont récapitulées ci-après :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique papier-crayon ou informatisé (administrable en ligne via smartphone, tablette ou ordinateur).
  • Population cible : Personnes adultes (18 ans et plus) engagées dans une relation de couple (mariage, union de fait, concubinage ou relation amoureuse stable), de même sexe ou de sexe différent.
  • Durée d’administration : Environ 1 à 2 minutes (fardeau cognitif minimal).
  • Nombre d’items : 4 énoncés au total.
  • Format des réponses : Échelles de cotation ordinale de type Likert dont la métrique varie selon la formulation princeps des items de Spanier :
    • Les items 1, 2 et 3 utilisent des échelles d’accord ou de fréquence ordonnées en 6 points (habituellement cotées de 0 à 5).
    • L’item 4 utilise une échelle de bonheur global ordonnée en 7 points (cotée de 0 à 6).
  • Modalités de cotation et calcul du score :
    • Certains items sont inversés lors de la saisie (les formulations négatives de discorde sont recodées de sorte qu’une valeur numérique élevée reflète toujours un meilleur ajustement relationnel).
    • Le score global correspond à la somme arithmétique directe des quatre items recodés.
    • L’étendue du score total varie de 0 à 21 points.
  • Seuils cliniques et interprétation (Cut-off scores) :
    • Score total ≤ 13 : Présence d’une détresse conjugale / relationnelle cliniquement significative. Ce seuil optimise la sensibilité et la spécificité pour la détection du risque de rupture et la nécessité d’une prise en charge clinique.
    • Score total ≥ 14 : Ajustement dyadique satisfaisant (zone de non-détresse relationnelle).
    • Scores ≥ 18 : Niveau très élevé d’harmonie, de cohésion et d’épanouissement conjugal.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 2005 (publication princeps de l’article de validation de Sabourin, Valois & Lussier).
  • Ancêtre original : Dyadic Adjustment Scale (DAS-32) créée par Graham B. Spanier en 1976.
  • Droits d’auteur et permissions :
    • L’article scientifique décrivant le développement psychométrique et la composition de la DAS-4 a été publié dans la revue Psychological Assessment éditée par l’American Psychological Association (APA).
    • Bien que l’analyse et la sélection des quatre items soient documentées dans la littérature académique, l’échelle originale de Spanier (DAS-32) et ses dérivés textuels intégraux sont historiquement protégés par les droits de propriété intellectuelle détenus par l’éditeur commercial Multi-Health Systems (MHS Inc.).
    • Utilisation en recherche académique : L’utilisation de la version DAS-4 dans le cadre de recherches scientifiques universitaires non commerciales est généralement tolérée sous réserve de citer scrupuleusement l’article de référence de Sabourin et al. (2005). Les chercheurs doivent cependant s’assurer de respecter les prérogatives des détenteurs de copyright.
    • Usage commercial et pratique clinique institutionnelle : Les cliniciens ou institutions souhaitant intégrer formellement les outils de la famille DAS au sein de logiciels propriétaires, de plateformes payantes d’évaluation ou de protocoles industriels doivent acquérir les droits d’usage auprès de Multi-Health Systems (MHS).
  • Tarifs : La consultation de l’article scientifique s’effectue via les abonnements universitaires ou l’achat à l’article sur la plateforme de l’APA. Aucune redevance publique n’est collectée directement par les auteurs universitaires pour la DAS-4, mais les politiques de reproduction des items de MHS s’appliquent.

12. Références / References

Les publications majeures relatives à la DAS-4, à son modèle d’élaboration et aux instruments connexes sont présentées ci-dessous en normes APA (7e édition) :

  • Funk, J. L., & Rogge, R. D. (2007). Testing the ruler with item response theory: Increasing precision of measurement for relationship satisfaction with the Couples Satisfaction Index. Journal of Family Psychology, 21(4), 572–583. https://doi.org/10.1037/0893-3200.21.4.572
  • Hunsley, J., Pinsent, C., Lefebvre, M., James-Tanner, S., & Vito, D. (1995). Construct validity of the short forms of the Dyadic Adjustment Scale. The American Journal of Family Therapy, 23(3), 275–286. https://doi.org/10.1080/01926189508251357
  • Mokken, R. J. (1971). A theory and procedure of scale analysis: With applications in political research. Walter de Gruyter. https://doi.org/10.1515/9783110813203
  • Sabourin, S., Valois, P., & Lussier, Y. (2005). Development and validation of a brief version of the Dyadic Adjustment Scale with a nonparametric item analysis model. Psychological Assessment, 17(1), 15–27. https://doi.org/10.1037/1040-3590.17.1.15
  • Sijtsma, K., & Molenaar, I. W. (2002). Introduction to nonparametric item response theory. SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781412984676
  • Spanier, G. B. (1976). Measuring dyadic adjustment: New scales for assessing the quality of marriage and similar dyads. Journal of Marriage and the Family, 38(1), 15–28. https://doi.org/10.2307/350547

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Most persons have disagreements in their relationships. Please indicate below the approximate extent of agreement or disagreement between you and your partner for each item, or how frequently each situation occurs in your relationship.
Response Scale: Items 1-3: 6-point response scales (0 to 5); Item 4: 7-point response scale (0 to 6)
1

In general, how often do you think that things between you and your partner are going well? (All the time [5], Most of the time [4], More often than not [3], Occasionally [2], Rarely [1], Never [0])
2

Do you and your mate engage in outside interests together? (All of them [5], Most of them [4], Some of them [3], Very few of them [2], None of them [1], Never [0])
3

How often would you say the following events occur between you and your mate: Have a stimulating exchange of ideas? (Never [0], Less than once a month [1], Once or twice a month [2], Once or twice a week [3], Once a day [4], More often [5])
4

The dots on the following line represent different degrees of happiness in your relationship. The middle point, "happy", represents the degree of happiness which most relationships have. Please circle the dot which best describes the degree of happiness, all things considered, of your relationship. (Extremely Unhappy [0], Fairly Unhappy [1], A Little Unhappy [2], Happy [3], Very Happy [4], Extremely Happy [5], Perfect [6])

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Échelle d’ajustement dyadique – 4 (DAS-4). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ajustement-dyadique-4-das-4/
memjavad. “Échelle d’ajustement dyadique – 4 (DAS-4).” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ajustement-dyadique-4-das-4/.
memjavad. “Échelle d’ajustement dyadique – 4 (DAS-4).” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ajustement-dyadique-4-das-4/.