Échelle ADL de Katz

L’Échelle ADL de Katz (Katz Index of Independence in Activities of Daily Living) est l’étalon-or d’évaluation de l’autonomie élémentaire chez la personne âgée et en réadaptation. Découvrez son cadre théorique, ses propriétés psychométriques et son guide complet de cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle ADL de Katz (connue à l’échelle internationale sous l’appellation d’Index of Independence in Basic Activities of Daily Living ou Katz ADL Index) constitue l’étalon-or psychométrique et clinique pour l’évaluation de l’autonomie fonctionnelle élémentaire chez les personnes âgées, les patients atteints de pathologies chroniques ou les individus en cours de réadaptation médicale. Développée initialement en 1963 par Sidney Katz et son équipe multidisciplinaire au Benjamin Rose Hospital de Cleveland (Ohio), cette échelle standardisée évalue la capacité d’un sujet à accomplir six activités de base de la vie quotidienne (ADL) sans assistance humaine : le bain (bathing), l’habillage (dressing), l’utilisation des toilettes (going to toilet), les transferts posturaux (transfer), la continence sphinctérienne (continence) et l’alimentation (feeding).

Chacun des six domaines fonctionnels est coté de manière dichotomique : le score 1 correspond à une indépendance complète (ou requérant uniquement une aide très restreinte pour un sous-geste spécifique, tel que le lavage du dos), tandis que le score 0 traduit une dépendance (nécessité d’une assistance physique, d’une supervision constante ou d’une suppléance totale). Le score global cumulé s’étend de 0 (perte totale d’autonomie fonctionnelle) à 6 (indépendance complète). Dans sa conceptualisation princeps, l’outil repose sur une structure hiérarchique cumulative de type Guttman, catégorisant les individus selon des profils de sévérité allant du grade A (indépendant dans l’intégralité des 6 fonctions) au grade G (dépendant pour l’ensemble des 6 fonctions), complété par une catégorie hétérogène « Autre » pour les patrons de perte fonctionnelle non conformes à la hiérarchie ontogénétique.

Les propriétés psychométriques de l’échelle ADL de Katz ont été corroborées par des décennies d’investigations cliniques et épidémiologiques. Sa cohérence interne présente des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,74 et 0,94 selon les populations étudiées, témoignant d’une robustesse confirmée par des coefficients de reproductibilité de Guttman supérieurs à 0,90. Sa fidélité inter-évaluateurs démontre une concordance quasi parfaite, matérialisée par des coefficients kappa de Cohen fréquemment supérieurs à 0,85. Sur le plan de la validité de construit, l’échelle se distingue par une corrélation forte avec d’autres instruments renommés, à l’instar de l’Indice de Barthel, et s’impose comme un puissant prédicteur pronostique de la durée d’hospitalisation, du risque d’institutionnalisation en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et de la mortalité globale à court et moyen terme.

2. Mots-clés

Échelle ADL de Katz, activités de la vie quotidienne, autonomie fonctionnelle, gériatrie, évaluation psychométrique, indice de Katz, dépendance fonctionnelle, échelle de Guttman, réadaptation fonctionnelle, soins de longue durée.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et standardisée par le docteur Sidney Katz, médecin gériatre, épidémiologiste et pionnier de la recherche sur les soins de longue durée, aux côtés de ses collaborateurs scientifiques au sein du Benjamin Rose Hospital et du département de médecine préventive de la School of Medicine de la Case Western Reserve University à Cleveland, Ohio, États-Unis.

  • Sidney Katz, MD : Professeur de médecine et directeur du département de santé communautaire, Case Western Reserve University, Cleveland, Ohio. Également professeur émérite à la Brown University, Providence, Rhode Island.
  • Amasa B. Ford, MD : Département de médecine préventive et de médecine interne, Case Western Reserve University.
  • Roland W. Moskowitz, MD : Département de médecine et division de rhumatologie, Case Western Reserve University.
  • Beverly A. Jackson, MSW : Chercheuse en travail social clinique, The Benjamin Rose Hospital.
  • Marjorie W. Jaffe, MA : Statisticienne biomédicale, The Benjamin Rose Hospital.

Des travaux ultérieurs d’adaptation et d’optimisation ont été coordonnés par Sidney Katz et C. Amechi Akpom en 1976. Dans le contexte clinique néerlandophone et européen, l’implémentation opérationnelle a notamment été encadrée par le consortium VMS Zorg (Veiligheidsprogramma VMS), qui a adapté l’instrument pour le dépistage systématique de la fragilité chez le patient hospitalisé.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle ADL de Katz est de quantifier avec exactitude, reproductibilité et objectivité le statut fonctionnel global d’un individu en se focalisant sur les activités élémentaires indispensables à la survie biologique et à l’autonomie au quotidien au sein de l’environnement immédiat. Développée initialement pour documenter les trajectoires de récupération et de déclin chez des patients âgés victimes de fractures de l’extrémité supérieure du fémur ou d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), l’échelle répond à des finalités cliniques, pronostiques, administratives et de recherche translationnelle.

Applications cliniques et de réadaptation

En pratique clinique gériatrique et en médecine physique et de réadaptation (MPR), l’indice de Katz sert de cadre standardisé pour :

  • L’évaluation initiale du degré d’incapacité : Identifier de façon granulaire les gestes de la vie quotidienne pour lesquels une aide humaine, technique ou environnementale est requise.
  • L’élaboration du projet de soins individualisé : Structurer les plans de soins infirmiers, orienter les interventions kinésithérapeutiques et ergothérapeutiques, et calibrer le niveau d’assistance nécessaire lors des transferts ou de la toilette.
  • Le suivi longitudinal de l’efficacité thérapeutique : Mesurer la récupération fonctionnelle après un événement neurologique ou orthopédique aigu, ou quantifier la vitesse d’aggravation du déclin dans les pathologies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou les démences apparentées.
  • La planification de la sortie d’hospitalisation : Évaluer la faisabilité d’un retour à domicile sécurisé, déterminer le volume d’aides à domicile indispensable (auxiliaires de vie, portage de repas) ou préconiser une orientation vers un établissement de soins de suite et de réadaptation (SSR) ou un établissement médico-social permanent.

Applications en recherche épidémiologique et en santé publique

Dans le domaine épidémiologique, l’échelle de Katz constitue une mesure de référence (gold standard) pour mesurer le concept d’espérance de vie sans incapacité (active life expectancy), concept théorisé par Katz lui-même en 1983. Elle permet de surveiller la charge de morbidité fonctionnelle au sein des populations vieillissantes, de stratifier le risque de mortalité à court, moyen et long terme, et d’évaluer sur le plan médico-économique l’impact des politiques publiques de santé et des dispositifs de soutien à l’autonomie.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique et fonctionnel évalué par l’échelle de Katz est l’indépendance fonctionnelle basale (basic activities of daily living – BADL). Ce construit se distingue explicitement des activités instrumentales de la vie quotidienne (IADL, mesurées par l’échelle de Lawton), qui mobilisent des compétences cognitives plus complexes (gestion financière, utilisation du téléphone, préparation des repas), ainsi que des activités avancées de la vie quotidienne (AADL), qui concernent les rôles sociaux, professionnels et de loisirs.

L’indice de Katz isole spécifiquement les comportements moteurs et neuro-végétatifs primaires requis pour assurer l’homéostasie, l’hygiène et l’intégrité physique au sein de la sphère domestique. Ce construit est opérationnalisé à travers six dimensions comportementales fondamentales :

1. Le bain (Bathing)

Cette composante évalue la capacité du patient à réaliser l’ensemble des opérations requises pour se laver le corps (dans une baignoire, sous une douche ou au lit par le biais d’une toilette à l’éponge). Elle sollicite une coordination motrice bilatérale étendue, la souplesse articulaire, l’équilibre postural dynamique et une planification praxique. L’indépendance est retenue si le sujet réalise seul la toilette intégrale, ou s’il ne sollicite une assistance que pour une région anatomique unique et difficile d’accès, comme le dos ou un membre inférieur lésé. La dépendance est constatée dès lors qu’une aide humaine est indispensable pour laver plusieurs parties du corps, pour entrer ou sortir de la baignoire, ou lorsque le patient ne se lave pas lui-même.

2. L’habillage (Dressing)

L’habillage implique la sélection des vêtements, leur préhension dans les tiroirs ou armoires, l’enfilage des sous-vêtements et des vêtements d’extérieur, l’ajustement des orthèses ou prothèses éventuelles, et le maniement des fermetures (boutons, glissières). Le laçage des chaussures est conventionnellement exclu de l’évaluation afin de ne pas pénaliser indûment les patients souffrant de simples troubles arthrosiques distaux sans perte d’autonomie globale. L’incapacité à accomplir ces gestes sans supervision ou l’abandon de l’habillage caractérise l’état de dépendance.

3. L’utilisation des toilettes (Going to toilet)

Ce domaine englobe la séquence motrice complète nécessaire à l’élimination : se rendre aux toilettes, s’asseoir sur la cuvette et s’en relever, défaire et réajuster ses vêtements, et assurer les soins d’hygiène intime consécutifs à l’excrétion. L’utilisation d’appuis mécaniques (barres de maintien) ou d’un bassin de lit nocturne géré de façon autonome par le patient demeure compatible avec le statut d’indépendance. La nécessité d’un soutien humain physique, la dépendance vis-à-vis d’une chaise percée ou l’incapacité à gérer la toilette périnéale signent la dépendance.

4. Les transferts posturaux (Transfer)

Les transferts désignent les changements posturaux primaires permettant la mobilité : se lever du lit pour s’asseoir dans un fauteuil, passer de la position assise à la station debout, et le mouvement inverse. Le sujet est autonome s’il initie et concrétise ces mouvements sans l’aide d’autrui, qu’il utilise ou non une canne, un déambulateur ou une canne tripode. Tout besoin de traction ou de portage par un tiers, ou le confinement permanent au lit, classe le sujet dans la dépendance.

5. La continence sphinctérienne (Continence)

Cette fonction neurophysiologique évalue la maîtrise volontaire de la miction et de la défécation. Le statut indépendant impose un contrôle sphinctérien complet sans épisodes de souillure involontaire. La dépendance se caractérise par une incontinence urinaire ou fécale partielle ou totale, ou par la nécessité d’une prise en charge extérieure pour gérer les matériels de substitution (sondes urinaires à demeure, collecteurs, lavements, protections absorbantes palliatives).

6. L’alimentation (Feeding)

L’alimentation représente l’acte final de nutrition : saisir la nourriture déposée dans l’assiette et la porter à sa bouche, mâcher et déglutir. La préparation préliminaire des aliments (couper la viande, beurrer une tranche de pain) est expressément exclue de la cotation de la tâche. La dépendance est déclarée si le patient requiert une aide physique directe pour porter les aliments à sa bouche, s’il refuse de s’alimenter seul, ou s’il fait l’objet d’une nutrition entérale par sonde naso-gastrique ou gastrostomie, ou d’une nutrition parentérale.

6. Cadre théorique

Le fondement théorique sous-jacent à l’indice de Katz s’enracine dans la convergence entre la biologie du développement humain, la neurophysiologie développementale et les concepts sociologiques de la sénescence. Sidney Katz et ses collaborateurs ont émis l’hypothèse révolutionnaire que la perte fonctionnelle observée au cours du vieillissement pathologique ou de la maladie chronique n’est pas un processus aléatoire ou chaotique, mais reproduit de façon inverse la séquence d’acquisition ontogénétique des fonctions chez l’enfant.

La théorie de la désintégration fonctionnelle ontogénétique

Dans leurs travaux princeps publiés en 1963 dans le JAMA, Katz et son équipe ont mis en évidence un parallélisme frappant entre l’ordre dans lequel un enfant acquiert le contrôle neuromoteur et comportemental durant la petite enfance et l’ordre selon lequel le patient âgé ou neurologique perd ces mêmes capacités :

  1. Chez le nourrisson, la première fonction autonome à se consolider est l’alimentation, suivie rapidement par le contrôle de l’élimination (continence), puis par la locomotion/transferts, la capacité d’aller seul aux commodités, l’habillage, et enfin la maîtrise complète et complexe du bain personnel.
  2. À l’inverse, lors du déclin fonctionnel associé à la sénescence ou aux pathologies dégénératives cérébrales, la dégradation suit une trajectoire descendante miroir : le bain est généralement la première fonction à devenir déficitaire (car elle réclame force musculaire, amplitude articulaire, équilibre bipodal et coordination complexe), suivie de l’habillage, de l’usage des toilettes, des transferts, de la continence sphinctérienne, pour s’achever par la perte de l’alimentation, qui résiste le plus longtemps au déclin.

Modélisation selon l’échelle cumulative de Guttman

Sur le plan métrologique, ce modèle théorique a été formalisé à travers le concept d’échelle cumulative de Louis Guttman. Dans une échelle de Guttman parfaite, la réussite d’un item de niveau de difficulté élevé implique nécessairement la réussite de tous les items de niveau inférieur. Dans l’indice de Katz, cette propriété d’unidimensionnalité et de cumulativité structurelle a donné lieu à une classification originale en 7 grades hiérarchiques ordonnés :

  • Grade A : Indépendant pour l’ensemble des 6 fonctions (alimentation, continence, transferts, toilettes, habillage, bain).
  • Grade B : Indépendant pour 5 fonctions quelconques, avec dépendance pour une seule fonction (habituellement le bain).
  • Grade C : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain et une fonction supplémentaire (habituellement l’habillage).
  • Grade D : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain, l’habillage et une fonction additionnelle (habituellement les toilettes).
  • Grade E : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain, l’habillage, l’usage des toilettes et une fonction supplémentaire (habituellement les transferts).
  • Grade F : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain, l’habillage, les toilettes, les transferts et une fonction supplémentaire (habituellement la continence).
  • Grade G : Dépendant pour l’intégralité des 6 fonctions de base.
  • Autre : Profils déviants ne respectant pas l’ordre hiérarchique cumulatif théorique.

Cette approche théorique formalise le fait que la perte d’autonomie reflète une altération graduelle de l’intégrité corticale et sous-corticale, où les mécanismes cognitivo-moteurs les plus récents et sophistiqués sur le plan phylogénétique et ontogénétique s’effondrent avant les réflexes et comportements les plus primaires.

7. Validité

La validité psychométrique de l’Échelle ADL de Katz a été étayée par une documentation scientifique abondante sur plus de six décennies de recherche biomédicale et translationnelle.

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu repose sur l’évaluation exhaustive des activités élémentaires incontournables à la vie biologique et sociale en communauté. La délimitation claire et opérationnelle des comportements retenus garantit une excellente représentativité du domaine fonctionnel de base. Dans les analyses d’experts gériatres, de physiothérapeutes et d’ergothérapeutes, les 6 items de l’échelle présentent une pertinence universellement reconnue pour quantifier le socle minimal d’indépendance d’un patient adulte.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit a été amplement validée par l’observation d’associations hautement significatives avec d’autres échelles d’évaluation fonctionnelle, cognitive et somatique :

  • Corrélation avec l’Indice de Barthel : Les études comparatives démontrent une corrélation de Spearman oscillant entre 0,78 et 0,92 entre le score de Katz et le Barthel Index, confirmant que les deux instruments mesurent le même noyau central d’indépendance physique, le Barthel offrant une sensibilité plus fine pour les niveaux intermédiaires d’incapacité.
  • Convergence avec le statut cognitif : Les corrélations avec le Mini-Mental State Examination (MMSE) de Folstein s’établissent de manière constante entre 0,45 et 0,68 chez les patients âgés déments, confirmant que la dégradation des fonctions exécutives et praxiques précipite la perte des paliers fonctionnels de l’échelle.
  • Corrélation avec la force et la mobilité : Le score ADL de Katz corrèle fortement (r = -0,60 à -0,75) avec des épreuves motrices quantitatives telles que le test de vitesse de marche sur 4 mètres, le Timed Up and Go (TUG) et la force de préhension dynamométrique (grip strength).

Validité prédictive et pronostique

L’indice de Katz se distingue par une valeur pronostique exceptionnelle :

  • Prédiction de la mortalité : Les études de cohorte en population gériatrique hospitalisée démontrent que chaque point de dépendance sur l’échelle de Katz est associé à une augmentation significative du risque de mortalité à 1 an (Hazard Ratio ajusté variant de 1,25 à 1,45 par item déficitaire).
  • Prédiction de l’institutionnalisation : Le passage d’un score de 5-6 (autonomie) à un score inférieur ou égal à 2 multiplie par plus de 4 le risque d’admission en structure médicalisée de long séjour au terme de l’hospitalisation aiguë.
  • Durée de séjour et réadmission : Un faible score de Katz à l’admission hospitalière corrèle significativement avec des durées de séjour prolongées et des réadmissions non programmées à 30 jours.

Validité discriminante

L’instrument permet de discriminer de façon nette et reproductible les personnes vivant de façon autonome dans la cité des individus résidant en foyer-logement ou en unité de soins de longue durée (USLD). Par ailleurs, l’échelle différencie avec précision les profils fonctionnels de patients stabilisés de ceux présentant des épisodes de décompensation aiguë (comme un délirium surajouté).

8. Fidélité

L’Échelle ADL de Katz jouit d’une fidélité robuste à travers divers modes de recueil, qu’elle soit administrée par observation clinique directe par un infirmier ou un ergothérapeute, ou par recueil hétéro-évalué auprès d’un proche aidant.

Cohérence interne

La cohérence interne globale de l’instrument est systématiquement jugée satisfaisante à excellente dans la littérature biométrique :

  • Le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des six items oscille selon les cohortes entre 0,74 et 0,94. Dans l’étude de validation suédoise de Brorsson et Asberg (1984), le coefficient alpha s’élevait à 0,86 dans un échantillon de réadaptation gériatrique.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent généralement de 0,52 à 0,78, le bain et l’habillage manifestant les saturations les plus fortes avec le score composite d’indépendance corporelle.

Fidélité inter-évaluateurs

La simplicité, l’opérationnalisation non ambiguë des définitions et la structure binaire de la cotation confèrent à l’outil une concordance inter-juges très élevée :

  • Le coefficient kappa de Cohen (κ) pour chacun des six items individuels est typiquement compris entre 0,72 et 0,95, témoignant d’un accord fort à quasi parfait entre évaluateurs indépendants (médecins, infirmiers, ergothérapeutes).
  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total sommatique (0 à 6) excède fréquemment 0,90 (avec des intervalles de confiance à 95 % situés entre 0,86 et 0,96).

Fidélité test-retest

Sous condition de stabilité de l’état clinique du patient (évaluations répétées à 48 ou 72 heures d’intervalle chez des patients chroniques stables), le coefficient de fidélité test-retest dépasse r = 0,88, avec un accord global sur la classification en grades A à G supérieur à 85 %.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’échelle ADL de Katz a fait l’objet de nombreuses investigations au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE), confirmatoires (AFC) et d’analyses selon les modèles de réponse aux items (IRT / Rasch).

Unidimensionnalité et saturation factorielle

La plupart des analyses factorielles exploratoires conduites sur de vastes échantillons épidémiologiques extraient un facteur dominant unique expliquant entre 58 % et 72 % de la variance totale des scores, confirmant l’hypothèse d’unidimensionnalité du construit de base d’autonomie physique élémentaire. Les saturations factorielles observées sur ce facteur général sont particulièrement robustes :

  • Habillage : 0,82 à 0,89
  • Bain : 0,78 à 0,86
  • Toilettes : 0,80 à 0,87
  • Transferts : 0,75 à 0,83
  • Continence : 0,58 à 0,72
  • Alimentation : 0,62 à 0,75

La continence sphinctérienne présente régulièrement une saturation factorielle légèrement moindre que les autres items, traduisant sa nature doublement neurologique/médicale et son caractère partiellement autonome par rapport aux praxies gestuelles pures.

Propriétés scalométriques de Guttman

Dans l’analyse scalométrique originelle de Katz et al. (1963) et dans ses réplications ultérieures (notamment par Spector et al., 1987) :

  • Le coefficient de reproductibilité (CR) de Guttman oscille entre 0,92 et 0,98, ce qui dépasse largement le seuil standard de validité de 0,90 requis pour considérer une séquence comme véritablement cumulative.
  • Le coefficient de scalabilité (CS) de Menzel se situe entre 0,68 et 0,82, excédant le seuil normatif minimal de 0,60 et confirmant le caractère hiérarchique et non aléatoire de la succession des déficits.

Modélisation de Rasch et modèles IRT

Les modélisations modernes basées sur la théorie de réponse aux items (modèle de Rasch dichotomique) confirment l’ordonnancement des paramètres de difficulté des items (β) le long du continuum latent d’autonomie (θ) : l’item « Bain » correspond au seuil de difficulté le plus faible (première fonction perdue / requérant le plus haut niveau d’habileté fonctionnelle globale pour être conservé autonome), alors que l’item « Alimentation » se situe à l’autre extrémité du continuum, ne cédant que lors des stades les plus terminaux de l’incapacité neuromotrice ou cognitive.

10. Instrument de mesure

Le format standardisé de l’échelle ADL de Katz se présente comme suit :

  • Type d’évaluation : Hétéro-évaluation clinique basée sur l’observation directe des performances du patient par un professionnel de santé (infirmier, ergothérapeute, médecin) ou complétée par interrogatoire standardisé d’un proche aidant fiable.
  • Nombre d’items : 6 items comportementaux spécifiques.
  • Domaines évalués : Bain, habillage, utilisation des toilettes, transferts posturaux, continence sphinctérienne, alimentation.
  • Format et échelle de réponse : Système de cotation dichotomique pour chaque fonction : 1 = Indépendant (aucune assistance ou assistance pour un seul sous-geste spécifique très limité), 0 = Dépendant (avec assistance, surveillance continue ou suppléance intégrale).
  • Calcul du score sommatique : Somme arithmétique simple des 6 items, produisant un score total continu compris entre 0 et 6 :
    • Score de 6 : Indépendance fonctionnelle complète dans les gestes de base.
    • Score de 4 à 5 : Dépendance modérée / perte d’autonomie légère requérant un soutien ciblé.
    • Score de 2 à 3 : Dépendance sévère nécessitant une présence humaine quotidienne soutenue.
    • Score de 0 à 1 : Dépendance totale / grabatisation imposant une suppléance continue.
  • Cotation hiérarchique originale (Grades de Katz A à G) :
    • Grade A : Indépendant pour l’ensemble des 6 fonctions (alimentation, continence, transferts, toilettes, habillage, bain).
    • Grade B : Indépendant pour toutes les fonctions sauf une parmi les 6.
    • Grade C : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain et une autre fonction.
    • Grade D : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain, l’habillage et une autre fonction.
    • Grade E : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain, l’habillage, les toilettes et une autre fonction.
    • Grade F : Indépendant pour toutes les fonctions sauf le bain, l’habillage, les toilettes, les transferts et une autre fonction.
    • Grade G : Dépendant pour l’ensemble des six fonctions.
    • Autre : Tout profil fonctionnel dépendant qui ne se conforme pas à la trajectoire hiérarchique précédente.
  • Temps d’administration : Environ 5 minutes sur la base de l’observation quotidienne partagée ou du dossier de soins du patient.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle ADL de Katz a été initialement publiée en 1963 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), avant de faire l’objet d’itérations et de directives cliniques complémentaires en 1970 et 1976.

  • Statut juridique et droits de propriété intellectuelle : L’échelle de Katz appartient au domaine public. Elle ne fait l’objet d’aucun copyright commercial restrictif ni d’aucun brevet d’exploitation marchande.
  • Tarification : L’utilisation, la reproduction et l’intégration de l’échelle au sein de logiciels de dossiers patients informatisés (DPI) ou dans le cadre d’études universitaires sont entièrement gratuites (aucun paiement de royalties n’est requis).
  • Conditions d’utilisation : Son emploi requiert uniquement la citation académique appropriée des publications originelles de Sidney Katz et collaborateurs (1963, 1970). Diverses sociétés savantes de gériatrie (comme la Société Américaine de Gériatrie – AGS, la Société Française de Gériatrie et Gérontologie – SFGG, ou le programme VMS Zorg aux Pays-Bas) en encouragent l’implémentation ouverte dans le cadre de l’évaluation gériatrique standardisée.

12. Références

Les publications fondatrices et les études psychométriques de référence établissant la validité et la structure de l’échelle comprennent :

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: For each area of functioning listed below, check the description that applies. The assessment of functional ability is based on actual performance and not on ability.
Response Scale: Dichotomous rating for each function: 1 = Independent (no assistance or assistance with only a single specific subtask), 0 = Dependent (with assistance, supervision, or direction)
Scoring / Reverse Items: Patients are scored yes/no (1 or 0) for independence in each of the 6 functions. Total score ranges from 0 (very dependent) to 6 (independent). In the original 1963 publication, patients were also classified into grades A through G (and 'Other') based on cumulative hierarchy of functional loss: A = Independent in feeding, continence, transferring, going to toilet, dressing, and bathing; B = Independent in all but one of these functions; C = Independent in all but bathing and one additional function; D = Independent in all but bathing, dressing, and one additional function; E = Independent in all but bathing, dressing, going to toilet, and one additional function; F = Independent in all but bathing, dressing, going to toilet, transferring, and one additional function; G = Dependent in all six functions.
1

Bathing (sponge, bath, or shower): Independent: Assistance only in bathing a single part (as back or disabled extremity) or bathes self completely. / Dependent: Assistance in bathing more than one part of body; assistance in getting in or out of the tub or does not bathe self.
2

Dressing: Independent: Gets clothes from closets and drawers; puts on clothes, outer garments, braces; manages fasteners; act of tying shoes is excluded. / Dependent: Does not dress self or remains partly undressed.
3

Going to toilet: Independent: Gets to toilet; gets on and off toilet; arranges clothes, cleans organs of excretion; (may manage own bedpan used at night only and may or may not be using mechanical supports). / Dependent: Uses bedpan or commode or receives assistance in getting to and using toilet.
4

Transfer: Independent: Moves in and out of bed independently and moves in and out of chair independently (may or may not be using mechanical supports). / Dependent: Assistance in moving in or out of bed and/or chair; does not perform one or more transfers.
5

Continence: Independent: Urination and defecation entirely self-controlled. / Dependent: Partial or total incontinence in urination or defecation; partial or total control by enemas, catheters, or regulated use of urinals and/or bedpans.
6

Feeding: Independent: Gets food from plate or its equivalent into mouth; (precutting of meat and preparation of food, as buttering bread, are excluded from evaluation). / Dependent: Assistance in act of feeding (see above); does not eat at all or parenteral feeding.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle ADL de Katz. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-adl-de-katz/
Looti, Mohammed. “Échelle ADL de Katz.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-adl-de-katz/.
Looti, Mohammed. “Échelle ADL de Katz.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-adl-de-katz/.