- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’achat compulsif (Compulsive Buying Scale ou CBS), développée initialement par Ronald J. Faber et Thomas C. O’Guinn en 1992, représente l’un des instruments psychométriques les plus fondateurs et largement validés dans l’évaluation du trouble de l’achat compulsif (oniomanie). Conçu spécifiquement comme un outil de dépistage clinique (clinical screener), cet instrument vise à distinguer de façon opérationnelle les consommateurs présentant des comportements d’achat chroniques, irrépressibles et dommageables de la population générale des consommateurs. L’échelle finale comporte 7 items clés, sélectionnés à la suite de rigoureuses analyses discriminantes et de régressions logistiques à partir d’un ensemble initial de 29 énoncés mesurant divers aspects affectifs, cognitifs et comportementaux de l’acte d’achat.
Le format de réponse repose sur des échelles de Likert en cinq points, évaluant tant le degré d’accord avec certaines croyances financières et émotionnelles que la fréquence de survenue de conduites problématiques (par exemple, le fait de payer uniquement le montant minimal sur ses cartes de crédit ou de ressentir une anxiété intense lors des journées sans magasinage). Contrairement aux échelles sommatives traditionnelles, le CBS s’appuie sur une formule de cotation pondérée par régression qui génère un score composite standardisé. Un seuil critique (cut-off score) fixé à deux écarts-types en dessous de la moyenne de la population générale (score ≤ -1,34) permet de classifier un répondant comme « acheteur compulsif » avec une précision diagnostique globale avoisinant les 88 %.
Sur le plan des propriétés psychométriques, l’échelle affiche une cohérence interne satisfaisante, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant entre 0,88 et 0,89 dans les échantillons de développement clinique, et conservant une robustesse élevée lors de ses multiples réplications internationales et transcutanées. L’outil démontre une excellente validité de construit, corrélant significativement avec les mesures de faible estime de soi, d’anxiété générale, de dépression clinique et de réactivité compulsive, tout en se distinguant nettement des comportements d’achat impulsif non pathologiques ou de la simple recherche récréative de nouveauté.
2. Mots-clés / Keywords
Achat compulsif, oniomanie, échelle de dépistage clinique, Ronald J. Faber, Thomas C. O’Guinn, addiction comportementale, régulation émotionnelle, psychométrie, détresse financière, contrôle des impulsions, psychopathologie de la consommation.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par deux chercheurs pionniers dans l’intersection de la psychologie, des communications et de la recherche sur le comportement du consommateur :
- Ronald J. Faber, Ph.D. : Professeur émérite à la School of Journalism and Mass Communication de l’Université du Minnesota (Twin Cities, États-Unis). Ses travaux de recherche se sont concentrés sur la communication persuasive, les effets psychosociaux des médias et les troubles psychopathologiques de la consommation, notamment le versant compulsif du comportement d’achat. Courriel institutionnel : [email protected].
- Thomas C. O’Guinn, Ph.D. : Professeur émérite de marketing au sein de la Wisconsin School of Business à l’Université du Wisconsin-Madison (États-Unis). Reconnu internationalement pour ses travaux novateurs sur la sociologie de la consommation, la culture de marque et les comportements de consommation aberrants et déviants. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif cardinal de l’Échelle d’achat compulsif de Faber et O’Guinn (1992) est de fournir un instrument standardisé, valide et facilement administrable pour le dépistage clinique et épidémiologique de l’achat compulsif au sein des populations adultes. Historiquement, l’oniomanie — initialement identifiée dans les traités psychiatriques classiques d’Emil Kraepelin et d’Eugen Bleuler au début du XXe siècle — souffrait d’un déficit d’opérationnalisation empirique rigoureuse. Avant la publication du travail de Faber et O’Guinn, les chercheurs utilisaient fréquemment des critères ad hoc, des anecdotes cliniques ou des échelles d’achat impulsif confondues avec des manifestations bénignes de gratification hédonique, ce qui entravait considérablement l’estimation exacte des taux de prévalence et l’identification des personnes nécessitant une intervention thérapeutique.
L’achat compulsif se définit formellement comme une préoccupation chronique, répétitive et incontrôlable envers l’acte d’acheter, survenant typiquement en réponse à des états affectifs négatifs (tels que la tristesse, l’anxiété, le sentiment de solitude ou la dévalorisation de soi), et persistant en dépit de conséquences adverses majeures. Ces conséquences délétères incluent l’endettement financier sévère, la faillite personnelle, la dissimulation de dettes, les conflits conjugaux, la rupture des relations interpersonnelles et des sentiments accablants de honte, de culpabilité et de détresse psychologique post-achat.
Dans les applications de recherche clinique et épidémiologique, le CBS permet de :
- Quantifier avec précision la prévalence de ce trouble dans des populations cibles (estimée généralement entre 1 % et 8 % dans les pays industrialisés à économie de marché).
- Distinguer empiriquement les acheteurs compulsifs des consommateurs ordinaires ou simplement impulsifs, ces derniers n’éprouvant pas la dynamique de détresse chronique, d’évitement affectif et de dépendance destructrice propre à l’oniomanie.
- Évaluer l’efficacité différentielle des prises en charge thérapeutiques, qu’elles relèvent de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), de groupes de soutien par les pairs (comme les Debtors Anonymous) ou d’approches pharmacologiques (notamment les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine).
Dans le contexte diagnostique et clinique, l’outil agit comme un filtre de première ligne rapide permettant aux psychiatres, psychologues cliniciens et conseillers financiers de repérer les schémas de consommation autodestructeurs et d’orienter le patient vers un bilan approfondi du contrôle des impulsions et des comorbidités psychiatriques associées.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par le CBS s’articule autour de l’achat compulsif conçu comme une pathologie transactionnelle où la valeur fonctionnelle ou utilitaire du produit acquis devient totalement secondaire par rapport au processus psychologique même de l’achat. Contrairement à l’acheteur ordinaire qui recherche l’usage, la possession durable ou la valeur d’échange de l’objet, l’acheteur compulsif utilise l’acte d’achat comme un mécanisme de coping inadapté pour réguler ses états émotionnels internes. Bien que l’échelle finale de Faber et O’Guinn utilise une fonction discriminante unidimensionnelle pondérée pour la classification, le construit sous-jacent intègre trois composantes fondamentales interconnectées :
1. La régulation émotionnelle et la modification de l’humeur
Cette dimension capture l’utilisation de l’acte d’achat comme stratégie d’échappement face à des émotions dysphoriques. Les individus manifestent une tendance marquée à acheter dans le but exclusif de soulager la tristesse, l’ennui, l’anxiété ou le sentiment d’isolement social. L’immersion dans l’environnement marchand déclenche une élévation temporaire de l’affect (euphorie brève ou apaisement immédiat), agissant comme un puissant renforçateur. Cependant, cette phase d’élévation affective est invariablement suivie d’une chute brutale de l’humeur caractérisée par des sentiments cuisants de culpabilité, d’autodépréciation et de remords. Un exemple typique mesuré dans l’échelle est le fait d’acheter quelque chose pour se sentir mieux ou d’éprouver une agitation nerveuse tangible lorsqu’on est privé de la possibilité de magasiner.
2. La perte de contrôle comportemental et l’impulsion irrépressible
Cette composante traduit l’échec structurel des mécanismes d’inhibition volitionnelle face aux stimuli commerciaux. L’acheteur compulsif fait l’expérience d’un sentiment d’urgence viscérale rendant impossible la résistance à l’impulsion d’achat, même en présence d’une volonté consciente de restreindre ses dépenses. Cette dimension reflète également l’incapacité à conserver des liquidités non dépensées : dès qu’un solde financier est disponible à la fin d’une période de paie, l’individu ressent une pression psychologique insoutenable l’incitant à le dépenser intégralement. L’automatisme comportemental supplante le raisonnement économique délibératif.
3. Les conséquences financières pernicieuses et la dissimulation
La persistance du comportement en dépit de dommages tangibles constitue le critère déterminant de toute pathologie addictive. Cette dimension englobe les comportements financiers hautement problématiques résultant de la frénésie d’achat : accumulation incontrôlée de dettes de crédit, émission intentionnelle ou négligente de chèques sans provision, et recours systématique au paiement minimal obligatoire sur les relevés de cartes de crédit afin de libérer de nouvelles marges d’emprunt. Elle intègre également une forte composante interpersonnelle de dissimulation : conscient du caractère déviant de ses habitudes financières, l’individu cache les objets achetés, détruit les factures et craint intensément le jugement de son entourage (« la terreur que les autres découvrent mes habitudes de dépense »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’Échelle d’achat compulsif s’enracine dans les théories contemporaines des addictions comportementales et des troubles du contrôle des impulsions. Faber et O’Guinn ont modélisé l’achat compulsif en s’appuyant sur plusieurs cadres théoriques majeurs issus de la psychologie clinique et de la psychologie sociale :
Le modèle de l’évasion de soi (Escape Theory)
Développé par le psychologue social Roy Baumeister pour expliquer des comportements autodestructeurs tels que l’alcoolisme, la boulimie ou le suicide, le modèle de l’évasion de soi (Escape from the Self) s’applique parfaitement à l’oniomanie. Selon cette approche, l’individu confronté à un écart douloureux entre son moi idéal et son moi réel éprouve une détresse affective aiguë liée à une autocritique sévère. Pour échapper à cette prise de conscience aversive, le sujet opère un rétrécissement cognitif (cognitive narrowing), focalisant son attention immédiate et exclusive sur des stimuli environnementaux proximaux et sensoriels — en l’occurrence, les couleurs, les étalages, les interactions d’achat et le frisson immédiat de la transaction. L’acte d’acheter agit comme un anesthésiant cognitif temporaire contre l’insécurité existentielle et le déficit d’estime de soi.
Le conditionnement opérant et le soulagement de l’état négatif
Le cadre théorique repose également sur le modèle du renforcement négatif issu des théories de l’apprentissage comportemental et du Negative State Relief Model de Robert Cialdini. L’achat compulsif n’est pas principalement guidé par un renforcement positif (la quête du plaisir ou la joie de posséder un bien), mais bien par un renforcement négatif systématique : l’acte d’achat réduit momentanément une tension interne intolérable, dissipant l’anxiété ou la dysphorie. Dès lors que le soulagement s’estompe et que les conséquences réelles (dettes, culpabilité) réapparaissent, une nouvelle vague d’affects négatifs submerge l’individu, réactivant immédiatement le cycle compulsif dans une spirale d’escalade comportementale.
Positionnement nosologique : Spectre obsessionnel-compulsif vs Spectre de l’impulsivité
Faber et O’Guinn ont positionné leur instrument au carrefour du spectre des troubles obsessionnels-compulsifs (TOC) et des troubles du contrôle des impulsions (comme le jeu d’argent pathologique). Bien que le comportement présente des similitudes avec les compulsions classiques (répétition stéréotypée, sentiment de contrainte intérieure), il s’en distingue par le fait que l’impulsion initiale procure initialement un plaisir ou un soulagement sensoriel (ego-syntonique au moment de l’acte), pour ne devenir dystonique qu’une fois la transaction consommée. Dans les classifications modernes (CIM-11 de l’OMS), ce cadre a favorisé la conceptualisation de l’achat compulsif sous l’égide des autres troubles spécifiés du contrôle des impulsions ou des addictions comportementales non liées à des substances.
7. Validité / Validity
La validation psychométrique du CBS par Faber et O’Guinn (1992) a été menée selon des protocoles méthodologiques particulièrement rigoureux, comparant un groupe clinique d’acheteurs compulsifs autodéclarés et suivis (n = 388) à un échantillon représentatif de la population générale (n = 292).
Validité discriminante et prédictive
La validité prédictive et discriminante constitue la pierre angulaire du CBS. Grâce à une modélisation par régression logistique et analyse discriminante à deux groupes, les auteurs ont isolé les 7 variables qui maximisaient la séparation entre les deux populations. Avec l’équation pondérée et le point de coupure établi à -1,34 (correspondant à deux écarts-types sous la moyenne de l’échantillon général) :
- L’échelle a correctement classé 88,3 % de l’ensemble des participants.
- La sensibilité du test (capacité à repérer correctement les acheteurs compulsifs) a atteint environ 87,5 %.
- La spécificité du test (capacité à classer adéquatement les consommateurs ordinaires) a été évaluée à 89,4 %.
- Les taux de faux positifs (10,6 %) et de faux négatifs (12,5 %) sont demeurés remarquablement bas pour un outil de dépistage aussi concis.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et substantielles avec plusieurs construits psychologiques théoriquement associés :
- Estime de soi : Une corrélation négative robuste a été mise en évidence avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (r = -0,48, p < 0,001), confirmant que les individus ayant des scores sévères de compulsivité présentent une autodépréciation marquée.
- Dépression : Des associations positives hautement significatives ont été observées avec les échelles de dépression standardisées (notamment l’Inventaire de Dépression de Beck), avec des coefficients variant entre r = 0,42 et r = 0,55.
- Anxiété et compulsivité générale : Des corrélations positives modérées à fortes ont été mesurées avec l’anxiété-trait (STAI) et les sous-échelles d’obsession-compulsion du SCL-90 (r ≈ 0,38 à 0,46).
- Matérialisme : Les scores au CBS corrèlent positivement avec les échelles de matérialisme (comme celle de Richins et Dawson), bien que la littérature montre que l’acheteur compulsif recherche le statut éphémère du rituel d’achat plutôt que la préservation des objets matériels eux-mêmes.
Validité de construit transculturelle
L’échelle a fait l’objet de nombreuses validations transculturelles en langue française, allemande, espagnole, italienne et chinoise. Dans toutes ces adaptations (par exemple, les travaux de De Sarbo et Edwards, 1996 ; Valence, d’Astous et Fortier, 1988 pour les comparaisons d’instruments ; ou Lejoyeux et al. en contexte francophone), le CBS a répliqué son aptitude à discriminer les populations cliniques des consommateurs témoins, confirmant l’universalité relative des schémas fondamentaux de l’oniomanie dans les sociétés industrialisées de consommation.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle d’achat compulsif a été documentée de manière approfondie à travers plusieurs critères métrologiques de stabilité et de consistance interne :
Cohérence interne
Dans l’étude originale de Faber et O’Guinn (1992), le coefficient alpha de Cronbach obtenu pour l’ensemble des 7 items constitutifs de la formule de régression était de α = 0,88 pour l’échantillon combiné. Au sein du sous-échantillon clinique spécifique des acheteurs compulsifs, le coefficient atteignait 0,89, ce qui démontre une excellente homogénéité psychométrique en dépit de la brièveté du questionnaire.
Les études de réplication indépendantes menées ultérieurement ont corroboré ces indices :
- Dans les études épidémiologiques menées sur de vastes cohortes d’étudiants et d’adultes aux États-Unis (Cole & Sherrell, 1995 ; Ridgway, Kukar-Kinney & Monroe, 2008), l’alpha s’est maintenu entre 0,84 et 0,87.
- Dans les traductions européennes (notamment les adaptations germanophones de Scherhorn et al., et francophones en milieu psychiatrique), la cohérence interne s’est systématiquement établie au-dessus du seuil conventionnel de 0,80, oscillant généralement entre 0,81 et 0,86.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest du CBS, évaluée sur des intervalles de deux à six semaines dans des cohortes non traitées, affiche des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) compris entre 0,82 et 0,88. Cette haute stabilité temporelle atteste que l’échelle mesure un trait psychologique stable et un mode de fonctionnement pathologique enraciné, plutôt qu’une fluctuation transitoire de l’humeur ou une dépense récréative passagère liée à des événements saisonniers (tels que les fêtes de fin d’année ou les soldes commerciales).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’échelle de Faber et O’Guinn a fait l’objet de discussions méthodologiques substantielles au sein de la psychométrie de la consommation. L’instrument ayant été extrait d’un pool initial de 29 items par le biais d’analyses discriminantes et d’analyses de régression stepwise, son architecture factorielle reflète un équilibre entre parcimonie clinique et couverture dimensionnelle.
Analyses factorielles exploratoires (AFE)
L’analyse factorielle exploratoire menée par les auteurs sur les items candidats révélait à l’origine plusieurs facteurs sous-jacents expliquant la variance globale : les motivations affectives, les impulsions incontrôlables, les conduites financières d’évitement et la culpabilité post-achat. Cependant, lors de la réduction aux 7 items finaux, les auteurs ont cherché à capturer la composante de variance maximale discriminant les deux groupes cliniques.
Lorsqu’une extraction par composantes principales ou factorisation en axes principaux est appliquée exclusivement aux 7 items du CBS avec rotation oblique (Promax) ou orthogonale (Varimax) :
- Solution unidimensionnelle : Un facteur dominant émerge clairement, affichant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1,0 (variant typiquement entre 3,2 et 3,8 selon les études) et expliquant plus de 50 % à 55 % de la variance totale des items. Les saturations factorielles de l’ensemble des 7 énoncés sur ce facteur général de sévérité compulsive sont robustes, s’étendant de 0,55 à 0,84.
- Solution bifactorielle (dans certaines réplications) : Plusieurs chercheurs (notamment Scherhorn, 1990 ; Edwards, 1993 ; Ridgway et al., 2008) ont identifié deux sous-dimensions sous-jacentes très fortement corrélées (r > 0,65) :
- Le pôle de dysfonction financière et de perte de contrôle comportemental (englobant les chèques sans provision, le paiement minimum sur carte de crédit, la dépense immédiate du solde disponible).
- Le pôle de dépendance émotionnelle et de dissimulation (englobant l’achat pour réguler l’humeur, l’anxiété sans magasinage et la honte sociale ressentie).
Analyses factorielles confirmatoires (AFC)
Les analyses factorielles confirmatoires conduites dans la littérature contemporaine ont démontré que, bien qu’un modèle à deux facteurs corrélés offre parfois un ajustement statistique marginalement supérieur, le modèle unidimensionnel sous-jacent à la formule de calcul de Faber et O’Guinn demeure statistiquement adéquat et justifie pleinement l’utilisation d’un score synthétique global pour le dépistage clinique. Les indices d’ajustement couramment rapportés pour le modèle unifactoriel sont satisfaisants :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : 0,93 à 0,96.
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,91 à 0,94.
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,052 à 0,068.
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : < 0,05.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure présente des spécificités d’administration et de calcul qui le distinguent des questionnaires psychométriques additifs classiques :
- Type de test : Auto-questionnaire de dépistage clinique (screening tool) pour adolescents tardifs et adultes.
- Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée sur écran ou intégration dans des protocoles de recherche en ligne.
- Durée de passation : Environ 2 à 3 minutes.
- Nombre total d’items : 7 items fondamentaux (sélectionnés à partir de la batterie diagnostique princeps).
- Modalités de réponse :
- L’item 1 est coté sur une échelle de Likert d’accord en 5 points (1 = Fortement d’accord à 5 = Fortement en désaccord).
- Les items 2 à 7 sont cotés sur une échelle de fréquence en 5 points (1 = Très souvent à 5 = Jamais).
- Algorithme de cotation et formule de pondération :
Le CBS n’utilise pas une simple somme arithmétique. Le calcul du score repose sur une équation issue de l’analyse de régression logistique, où chaque item est multiplié par son coefficient bêta spécifique :
Score de dépistage = -9,69 + (Item 1 × 0,33) + (Item 2a × 0,34) + (Item 2b × 0,50) + (Item 2c × 0,47) + (Item 2d × 0,33) + (Item 2e × 0,38) + (Item 2f × 0,31)
(Note de codage : Dans la formule originale des auteurs, les items sont codés de manière à ce que les valeurs numériques reflètent les réponses brutes des participants selon l’ancrage défini dans la publication originale de 1992).
- Interprétation des résultats et seuil critique (Cut-off Score) :
- Score ≤ -1,34 : Classification dans la catégorie « Acheteur compulsif » (présomption hautement significative de pathologie oniomaniaque, nécessitant une investigation clinique approfondie). Ce point de bascule se situe à deux écarts-types en dessous de la moyenne normative de la population générale.
- Score > -1,34 : Classification dans la catégorie « Consommateur non compulsif » (comportement d’achat s’inscrivant dans la norme statistique ou impulsivité occasionnelle sans gravité clinique pathologique).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1992.
- Publication de référence : Faber, R. J., & O’Guinn, T. C. (1992). A clinical screener for compulsive buying. Journal of Consumer Research, 19(3), 459–469.
- Détenteur des droits d’auteur : Le Journal of Consumer Research et l’éditeur académique Oxford University Press détiennent les droits de reproduction de l’article scientifique original.
- Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’échelle a été mise à la disposition de la communauté scientifique à des fins de recherche fondamentale, académique et de dépistage non lucratif sans frais de licence (accès libre dans le cadre d’un usage de recherche loyal / fair use). Toute intégration dans une application commerciale propriétaire, un programme d’aide aux employés commercialisé ou un dispositif de santé payant requiert une autorisation expresse des auteurs ou des ayants droit.
- Contact pour autorisations : Les demandes spécifiques relatives aux utilisations institutionnelles ou de recherche peuvent être adressées aux départements de communication et marketing de l’Université du Minnesota ou de l’Université du Wisconsin-Madison.
12. Références / References
- Baumeister, R. F. (1991). Escaping the self: Alcoholism, spirituality, masochism, and other flights from the burden of selfhood. Basic Books.
- Cole, L. K., & Sherrell, D. L. (1995). Comparing scales to measure compulsive buying: An exploration of their dimensionality. Advances in Consumer Research, 22(1), 419–427.
- DeSarbo, W. S., & Edwards, E. A. (1996). Typologies of compulsive buying behavior: A constrained clusterwise regression approach. Journal of Consumer Psychology, 5(3), 231–262. https://doi.org/10.1207/s15327663jcp0503_02
- Edwards, E. A. (1993). Development of a new scale for measuring compulsive buying behavior. Financial Counseling and Planning, 4, 67–84.
- Faber, R. J., & O’Guinn, T. C. (1992). A clinical screener for compulsive buying. Journal of Consumer Research, 19(3), 459–469. https://doi.org/10.1086/209315
- Lejoyeux, M., Tassain, V., Solomon, J., & Adès, J. (1997). Study of compulsive buying in depressed patients. The Journal of Clinical Psychiatry, 58(4), 169–173. https://doi.org/10.4088/jcp.v58n0405
- O’Guinn, T. C., & Faber, R. J. (1989). Compulsive buying: A phenomenological exploration. Journal of Consumer Research, 16(2), 147–157. https://doi.org/10.1086/209204
- Richins, M. L., & Dawson, S. (1992). A consumer values orientation for materialism and its measurement: Scale development and validation. Journal of Consumer Research, 19(3), 303–316. https://doi.org/10.1086/209304
- Ridgway, N. M., Kukar-Kinney, M., & Monroe, K. B. (2008). An expanded conceptualization and a new measure of compulsive buying. Journal of Consumer Research, 35(4), 622–639. https://doi.org/10.1086/591108
- Valence, G., d’Astous, A., & Fortier, L. (1988). Compulsive buying: Concept and measurement. Journal of Consumer Policy, 11(4), 419–433. https://doi.org/10.1007/BF00411854
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels de l’Échelle d’achat compulsif (CBS) sont protégés par le droit d’auteur de la publication originale (Faber & O’Guinn, 1992). La présentation ci-dessous expose la formulation originale des questions telle que publiée dans les travaux universitaires de référence.
Voici les énoncés originaux standardisés en anglais présentés aux participants dans le cadre du protocole d’évaluation :
Part 1: General Financial Disposition
Please indicate your level of agreement with the following statement using the scale: (1 = Strongly Agree, 2 = Agree, 3 = Neither Agree nor Disagree, 4 = Disagree, 5 = Strongly Disagree)
- If I have any money left over at the end of the pay period, I just have to spend it.
Part 2: Specific Behaviors and Emotional States
Please indicate how often each of the following events or feelings occurs to you using the scale: (1 = Very Often, 2 = Often, 3 = Sometimes, 4 = Rarely, 5 = Never)
- Felt others would be horrified if they knew of my spending habits.
- Bought things even though I couldn’t afford them.
- Wrote a check when I knew I didn’t have enough money in the bank to cover it.
- Bought myself something in order to make myself feel better.
- Felt anxious or nervous on days I didn’t go shopping.
- Made only the minimum payments on my credit cards.