Comportement du consommateurPsychologie socialePsychométrie

Échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur (ASCR)

L’Échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur (ASCR), développée par Michel Laroche et ses collaborateurs, est un instrument psychométrique mesurant l’usage linguistique, la consommation médiatique, les interactions sociales et l’identité ethnique dans le comportement du consommateur.

PUBLIÉ

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur (couramment désignée sous l’acronyme ASCR, pour Acculturation Scale for Consumer Research) constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour évaluer de manière multidimensionnelle le degré d’assimilation et d’adaptation culturelle des consommateurs issus de minorités ethniques ou de populations immigrées au sein d’une société d’accueil, tout en mesurant la persistance de leur attachement à leur culture d’origine. Développée et formalisée notamment par Michel Laroche, Chankon Kim et leurs collaborateurs (1997, 1998), cette échelle répond à la nécessité d’opérationnaliser le phénomène complexe de l’acculturation dans les contextes du comportement du consommateur, du marketing interculturel et de la prise de décision économique.

L’instrument comprend 25 items répartis au sein de quatre sous-échelles fondamentales : l’usage linguistique (dans les contextes intimes, familiaux et professionnels), la consommation médiatique (télévision, radio, presse écrite et cinéma), les interactions sociales (composition ethnique du réseau amical et du voisinage) et l’identification ethnique / attachement culturel et alimentaire (sentiment d’appartenance, fierté identitaire, consommation d’aliments traditionnels et célébration des fêtes patrimoniales). Les modalités de réponse reposent sur des échelles différenciées selon la nature des construits : des échelles en 5 points allant du pôle patrimonial exclusif au pôle de la société d’accueil exclusif pour la langue, les médias et les réseaux sociaux, et une échelle de Likert en 9 points allant de 1 (« Fortement en désaccord ») à 9 (« Fortement en accord ») pour l’identification ethnique et les pratiques de consommation traditionnelles.

Sur le plan psychométrique, l’échelle présente d’excellentes qualités de fidélité et de validité. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent généralement entre 0,82 et 0,94 pour les différentes dimensions. Les analyses factorielles confirmatoires attestent de la robustesse de sa structure factorielle multidimensionnelle, confirmant que l’acculturation du consommateur ne suit pas un schéma linéaire unidirectionnel d’assimilation totale, mais s’articule autour de processus indépendants d’acquisition de la culture d’accueil et de rétention de la culture patrimoniale. L’ASCR démontre une validité convergente, discriminante et prédictive substantielle quant aux préférences de marques, à l’exposition aux publicités ciblant l’ethnicité et à l’achat de produits alimentaires ethniques versus pratiques.

2. Mots-clés / Keywords

Acculturation du consommateur, identité ethnique, comportement du consommateur, psychométrie, marketing interculturel, fidélité de l’échelle, validité factorielle, consommation médiatique, préférence de marque, biculturalisme.

3. Auteurs / Authors

L’opérationnalisation psychométrique de l’échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur et ses raffinements multidimensionnels majeurs sont attribués aux travaux fondamentaux menés par le professeur Michel Laroche et ses collaborateurs universitaires :

  • Michel Laroche, Ph.D., FRSC : Professeur émérite distingué de marketing à la John Molson School of Business, Université Concordia, Montréal, Québec, Canada. Membre de la Société royale du Canada et chercheur éminent en marketing interculturel, comportement du consommateur et modélisation par équations structurelles. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Chankon Kim, Ph.D. : Professeur de marketing à la John Molson School of Business, Université Concordia, Montréal, Québec, Canada. Spécialiste de la dynamique familiale de consommation, des études interculturelles et de l’acculturation des minorités.
  • Marc A. Tomiuk, Ph.D. : Chercheur en marketing et sciences de la consommation, affilié lors des travaux princeps à l’Université Concordia et ultérieurement à l’Université de Sherbrooke, Québec, Canada. Spécialiste de l’identité ethnique et du comportement d’achat alimentaire.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur (ASCR) est de quantifier avec précision empirique le positionnement d’un individu le long du spectre des transformations culturelles engendrées par le contact prolongé et direct entre des groupes culturels distincts. Dans le domaine des sciences de la gestion, de la psychologie économique et du marketing, les approches traditionnelles réduisaient fréquemment l’appartenance ethnique à des indicateurs démographiques rudimentaires ou procuratifs, tels que le pays de naissance, la langue maternelle autodéclarée, la durée de résidence dans le pays hôte ou le statut d’immigrant de première ou de seconde génération. Cependant, ces mesures démographiques indirectes échouent à capturer l’hétérogénéité psychologique intra-groupe et la nature graduelle, dynamique et sélective de l’acculturation.

L’ASCR a été spécifiquement conçue pour combler ce vide méthodologique en mesurant le « comment » et le « dans quelle mesure » les consommateurs intègrent les normes de consommation de la culture d’accueil tout en maintenant, modifiant ou abandonnant les préceptes comportementaux de leur culture d’origine. Cet instrument permet d’expliquer une variété de comportements de consommation critiques, notamment :

  • La réceptivité différentielle aux stimuli publicitaires incorporant des éléments linguistiques, des symboles ou des valeurs propres à l’ethnie d’origine par rapport à des campagnes standardisées de la société d’accueil.
  • L’arbitrage entre les produits alimentaires dits de commodité (« convenience foods »), emblématiques des modes de vie industriels occidentaux, et les aliments traditionnels nécessitant une préparation culinaire complexe ancrée dans l’héritage patrimonial.
  • Les arbitrages de canaux médiatiques (choix des stations de radio, des chaînes de télévision, des flux numériques ou des journaux dans la langue d’origine vs dans la langue dominante).
  • La fidélité aux marques nationales versus ethniques et l’évaluation du risque perçu lors de l’expérimentation de nouveaux produits de consommation courante.

Sur le plan des applications appliquées et cliniques de la recherche sociale, l’échelle sert de thermomètre empirique pour évaluer l’isolement social, l’aliénation culturelle ou au contraire le bien-être subjectif lié à l’intégration biculturelle harmonieuse. En marketing stratégique, l’ASCR permet la segmentation fine des marchés multiculturels, évitant le piège des stéréotypes homogénéisants en identifiant des cohortes précises : consommateurs assimilés, séparés/traditionalistes, intégrés/biculturels ou marginalisés.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’ASCR est l’acculturation du consommateur, conceptualisée non pas comme un phénomène unitaire et monolithique, mais comme une constellation de dimensions comportementales, affectives et cognitives distinctes mais interconnectées. Le modèle théorique de Laroche et al. décompose ce macro-construit en quatre sous-dimensions empiriquement validées :

1. L’usage linguistique (Language Use)

La langue représente le véhicule premier de transmission culturelle, de socialisation et de structuration cognitive de la pensée. Dans l’ASCR, l’usage linguistique examine les schémas d’interaction verbale et cognitive du répondant à travers huit domaines fonctionnels cruciaux. Il ne s’agit pas simplement de mesurer la compétence linguistique objective, mais le choix préférentiel ou contextuel de la langue. L’échelle interroge la langue parlée à la maison, avec les parents, avec le conjoint/partenaire, avec les enfants, avec les amis proches, ainsi que dans la sphère publique (travail ou école). De manière particulièrement perspicace sur le plan psychologique, elle évalue également la « langue de la pensée interne » (What language do you think in?) et la « langue de l’expression émotionnelle » spontanée (What language do you speak when you are angry or excited?). Ces deux derniers indicateurs reflètent l’ancrage psychologique le plus profond de l’identité, car l’accès lexical sous forte charge affective ou en état de cognition automatique témoigne du niveau d’internalisation de la langue d’accueil.

2. L’usage et la consommation médiatique (Media Usage and Consumption)

Cette dimension évalue l’orientation culturelle des habitudes de divertissement et d’information du consommateur à travers quatre canaux fondamentaux : les émissions de télévision, les programmes radiophoniques, la presse écrite (journaux et magazines) et les productions cinématographiques ou audiovisuelles. La consommation médiatique sert d’agent de socialisation secondaire continu. Un consommateur qui s’expose majoritairement aux médias de la culture d’accueil absorbe continuellement ses normes de consommation, ses idéaux esthétiques et ses scripts de comportement marchand, tandis que l’orientation vers les médias ethniques renforce la préservation de la vision du monde d’origine.

3. Les interactions et réseaux sociaux (Social Interactions)

Composée de cinq items, cette sous-échelle quantifie l’homophilie ou l’hétérophilie ethnique des réseaux interpersonnels du répondant. Elle analyse l’origine ethnique des amis intimes, des personnes invitées au domicile privé, des individus chez qui le répondant se rend en visite sociale, des personnes côtoyées dans le quartier de résidence et de celles présentes lors des rassemblements festifs ou des soirées. Cette dimension opérationnalise la perméabilité des frontières sociales : l’insertion au sein de réseaux sociaux mixtes ou dominés par les membres de la société d’accueil favorise l’acculturation comportementale et le partage des conventions d’achat locales.

4. L’identification ethnique et l’attachement culturel/alimentaire (Ethnic Identification and Cultural/Food Attachment)

Cette dimension regroupe des composantes affectives, axiologiques et comportementales rattachées à la préservation de l’héritage d’origine. Les items 18 à 22 mesurent l’attachement subjectif, la fierté ethnique, l’importance accordée à la participation aux activités du groupe, la conformité des valeurs fondamentales à l’héritage d’origine et le sentiment d’appartenance solidaire. Les items 23 à 25 traduisent cet attachement dans le domaine matériel de la consommation : la préférence déclarée pour les mets traditionnels, la fréquence d’achat d’aliments importés ou typiques du pays d’origine et la célébration scrupuleuse des fêtes culturelles et religieuses traditionnelles. Contrairement aux aspects linguistiques et sociaux qui peuvent être contraints par des impératifs professionnels externes, la consommation alimentaire et l’identification affective constituent souvent le noyau dur (« core identity ») le plus résistant à l’assimilation.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage théorique de l’ASCR puise ses fondements à la croisée de l’anthropologie culturelle, de la psychologie sociale et de la théorie de la culture de consommation (Consumer Culture Theory, CCT).

Le passage du modèle unidimensionnel d’assimilation au modèle bidimensionnel

Historiquement, l’école sociologique de Chicago (notamment Robert E. Park et Milton Gordon) concevait l’acculturation comme un processus unidimensionnel et inéluctable d’assimilation : l’individu s’éloignait progressivement de sa culture d’origine au fur et à mesure qu’il adoptait les traits de la culture d’accueil (modèle du « melting pot » à somme nulle). Dans cette perspective obsolète, une acculturation élevée impliquait nécessairement la disparition de l’identité ethnique d’origine.

L’ASCR s’appuie résolument sur la révolution paradigmatique initiée par le psychologue interculturel John W. Berry (1980, 1997), qui a démontré que l’acquisition de la culture d’accueil (acculturation) et le maintien de la culture d’origine (enculturation / rétention ethnique) constituent deux dimensions orthogonales et conceptuellement indépendantes. Selon le modèle de Berry, le croisement de ces deux dimensions génère quatre stratégies d’acculturation :

  • Intégration (ou Biculturalisme) : Forte adoption de la culture d’accueil combinée à un fort maintien de la culture d’origine.
  • Assimilation : Forte adoption de la culture d’accueil combinée à un faible maintien de la culture d’origine.
  • Séparation (ou Ségrégation) : Faible adoption de la culture d’accueil combinée à un maintien exclusif de la culture d’origine.
  • Marginalisation : Faible adoption de la culture d’accueil et rejet ou perte de la culture d’origine.

La théorie de l’identité sociale et la Consumer Culture Theory

L’échelle s’articule également avec la théorie de l’identité sociale d’Henri Tajfel et John Turner (1979). Selon cette approche, l’appartenance à un groupe ethnique procure une valeur émotionnelle et évaluative positive qui contribue au concept de soi du consommateur. Dans une société multiculturelle, les actes de consommation (choix vestimentaires, rituels de table, médias consultés) fonctionnent comme des affirmations symboliques d’appartenance catégorielle.

Parallèlement, les travaux séminaux de Melanie Wallendorf et Michael D. Reilly (1983), ainsi que ceux de Lisa Peñaloza (1994) sur l’acculturation des consommateurs, ont mis en lumière le phénomène d’« accommodation culturelle » et d’« hyper-acculturation », où certains consommateurs immigrés surcompensent en adoptant des comportements de consommation d’accueil de manière plus exacerbée que les natifs eux-mêmes, tandis que d’autres sanctuarisent leur sphère domestique. L’ASCR de Laroche et al. formalise mathématiquement ces postulats en séparant les facettes instrumentales (langue, médias, réseaux) des facettes symboliques et affectives (attachement, nourriture traditionnelle, célébrations rituelles).

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique rigoureuse de l’ASCR a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées auprès de diverses communautés ethniques en Amérique du Nord (notamment les Canadiens d’origine italienne, grecque, libanaise, chinoise et hispanique), fournissant des preuves solides de sa validité psychométrique.

Validité de contenu et de construit

La validité de contenu a été établie par des panels d’experts en marketing interculturel et des entretiens qualitatifs approfondis auprès des populations cibles, garantissant que les domaines de la vie quotidienne (famille, travail, amitié, médias, alimentation) étaient adéquatement échantillonnés. La validité de construit a été vérifiée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) multivariées. Les indices d’ajustement globaux obtenus dans les études de Laroche, Kim et Tomiuk (1998) soutiennent l’adéquation du modèle multidimensionnel :

  • Indice de bonté d’ajustement comparatif (CFI) régulièrement supérieur à 0,93.
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI/NNFI) supérieur à 0,91.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se situant entre 0,045 et 0,062, ce qui témoigne d’un ajustement exceptionnel aux données empiriques.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente est démontrée par le fait que les saturations factorielles de tous les items sur leurs dimensions respectives sont statistiquement significatives (p < 0,001) avec des valeurs standardisées dépassant généralement 0,70. La variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) pour chaque sous-dimension excède le seuil recommandé de 0,50, confirmant que la majorité de la variance observée est imputable au construit latent plutôt qu’à l’erreur de mesure.

La validité discriminante a été corroborée à l’aide du critère de Fornell et Larcker (1981) : pour chaque paire de construits, la valeur de l’AVE de chaque facteur est strictement supérieure au carré du coefficient de corrélation inter-facteurs ($\phi^2$). Notamment, la corrélation modérée entre l’usage linguistique et l’identification ethnique affective ($r \approx -0,35$ à $-0,48$) prouve que l’assimilation linguistique n’équivaut pas à une perte proportionnelle de l’identité patrimoniale, attestant de leur indépendance empirique.

Validité prédictive et nomologique

L’ASCR possède une validité prédictive remarquable démontrée sur des choix de consommation réels :

  • Les scores élevés sur la sous-échelle d’attachement ethnique et de consommation traditionnelle prédisent fortement et négativement l’adoption de plats préparés industriels (« convenience foods ») et positivement le temps consacré à la préparation des repas traditionnels ($R^2$ ajusté atteignant 0,38 à 0,46).
  • Les scores d’usage linguistique de la langue d’accueil prédisent directement et fidèlement la mémorisation et l’évaluation positive des publicités diffusées en anglais ou en français.
  • L’orientation des réseaux sociaux prédit le choix des lieux de commerce de détail (magasins d’alimentation spécialisés ethniques versus supermarchés franchisés nationaux).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur a été examinée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle à travers de multiples cohortes d’échantillonnage.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)

Les coefficients alpha de Cronbach ($lpha$) ainsi que les indices de fiabilité composite de Jöreskog ($
ho_c$) dépassent systématiquement les critères conventionnels d’acceptabilité fixés par Nunnally (0,70), oscillant fréquemment au-dessus de 0,85 :

  • Usage linguistique (8 items) : $lpha = 0,91$ à $0,94$ ; fiabilité composite $= 0,93$. Cette dimension manifeste la cohérence interne la plus élevée en raison du parallélisme des contextes d’interaction mesurés.
  • Consommation médiatique (4 items) : $lpha = 0,84$ à $0,88$ ; fiabilité composite $= 0,86$.
  • Interactions sociales (5 items) : $lpha = 0,86$ à $0,90$ ; fiabilité composite $= 0,89$.
  • Identification ethnique et attachement culturel (8 items, divisibles en attachement subjectif et consommation traditionnelle) : $lpha = 0,85$ à $0,89$ pour le bloc attachement subjectif (items 18-22) et $lpha = 0,80$ à $0,84$ pour le bloc consommation/pratiques rituelles (items 23-25).

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Dans les études longitudinales et les protocoles de test-retest conduits à un intervalle de quatre à six semaines auprès d’échantillons d’étudiants et de consommateurs adultes biculturels, les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) se sont échelonnés entre 0,82 et 0,91 pour l’ensemble des dimensions. Cette stabilité démontre que l’instrument capture des orientations dispositionnelles et culturelles stables plutôt que des fluctuations émotionnelles ou contextuelles passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de l’ASCR a été investiguée initialement par des analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), compte tenu de l’interdépendance théorique attendue entre les dimensions de l’acculturation, puis validée formellement par des analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Résultats de l’analyse factorielle exploratoire (AFE)

L’extraction initiale par la méthode des axes principaux ou du maximum de vraisemblance sur les 25 items révèle systématiquement la présence de quatre facteurs principaux dont la valeur propre (eigenvalue) est supérieure à 1,0 (critère de Kaiser), expliquant conjointement plus de 62 % à 68 % de la variance totale observée :

  • Facteur 1 (Usage linguistique) : Saturations très élevées des items 1 à 8, oscillant entre 0,68 et 0,89. Aucun item ne présente de saturation croisée substantielle supérieure à 0,25 sur les autres facteurs.
  • Facteur 2 (Interactions sociales) : Saturations des items 13 à 17 comprises entre 0,64 et 0,84 sur l’axe des réseaux sociaux.
  • Facteur 3 (Consommation médiatique) : Saturations nettes des items 9 à 12 comprises entre 0,62 et 0,81 sur le facteur médiatique.
  • Facteur 4 (Attachement ethnique et consommation patrimoniale) : Saturations des items 18 à 25 se regroupant sur le pôle identitaire, avec des charges factorielles situées entre 0,55 et 0,83. Dans certaines modélisations à cinq facteurs de Laroche et al., ce facteur se scinde de manière propre en deux sous-construits : « Attachement ethnique affectif » (items 18-22) et « Consommation de nourriture et rituels traditionnels » (items 23-25).

Modélisation confirmatoire (AFC) et invariance de mesure

Les études de confirmation menées sous LISREL ou AMOS ont mis en évidence la supériorité statistique d’un modèle corrélé à facteurs multiples par rapport à un modèle unidimensionnel d’ordre un ($\Delta \chi^2$ hautement significatif, $p < 0,0001$). De plus, les tests d'invariance de mesure (invariance configurale, métrique et scalaire) conduits entre différents groupes d'âge, entre hommes et femmes, et entre différentes sous-cultures d'immigrants ont confirmé l'équivalence des charges factorielles et des seuils, autorisant ainsi des comparaisons de moyennes latentes rigoureuses entre sous-groupes de consommateurs.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (auto-rapporté).
  • Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée en ligne ou administration assistée par enquêteur en face-à-face.
  • Nombre total d’items : 25 items distincts.
  • Structure des échelles de réponse :
    • Items linguistiques et médiatiques (Items 1 à 12) : Échelle en 5 points allant de 1 = « Uniquement la langue patrimoniale / d’origine » à 5 = « Uniquement l’anglais/le français (langue d’accueil) » [Language/Media items: 5-point scale (1 = Only [Heritage language/Italian] to 5 = Only English/French [Host language])].
    • Items d’interactions sociales (Items 13 à 17) : Échelle en 5 points allant de 1 = « Exclusivement de la culture patrimoniale / d’origine » à 5 = « Exclusivement anglais/français (culture d’accueil) » [Social interaction items: 5-point scale (1 = Exclusively [Heritage/Italian] to 5 = Exclusively English/French [Host])].
    • Items d’identification ethnique et de consommation traditionnelle (Items 18 à 25) : Échelle de Likert en 9 points allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 9 = « Fortement en accord » [Identification items: 9-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 9 = Strongly Agree)].
  • Directives de cotation et de calcul des scores :
    • Les items sont regroupés selon leurs dimensions théoriques respectives : Usage de la langue (items 1-8), Consommation médiatique (items 9-12), Interactions sociales (items 13-17), et Identification ethnique / Attachement traditionnel (items 18-25).
    • Pour les trois premières dimensions (langue, médias, réseaux), un score moyen plus élevé reflète une acculturation accrue vers la société d’accueil (assimilation comportementale).
    • Pour la dimension d’identification ethnique (items 18-25), un score moyen plus élevé indique un attachement et une rétention culturelle forts envers le groupe d’origine.
    • Il est formellement déconseillé de fusionner l’ensemble des 25 items en une note globale unique, car cela masquerait les profils biculturels (individus ayant un score élevé en acculturation linguistique tout en affichant un score très élevé en attachement ethnique). Les scores doivent être analysés par sous-échelle ou convertis en typologies bidimensionnelles (grille de Berry).
  • Temps moyen de passation : Environ 8 à 12 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale de référence : 1997 / 1998 (avec des développements et raffinements complémentaires publiés jusqu’en 2005).
  • Titularité des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs (Michel Laroche, Chankon Kim, Marc A. Tomiuk) et des revues académiques de publication (Emerald Group Publishing, Elsevier, Springer).
  • Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique non commerciale, d’enseignement universitaire et de thèses de doctorat, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse des articles sources. L’utilisation dans le cadre d’études de marché commerciales, d’activités de conseil d’entreprise ou d’applications lucratives nécessite une autorisation préalable accordée par les titulaires des droits ou les éditeurs.

12. Références / References

Les références fondamentales suivantes constituent le socle théorique, empirique et méthodologique de l’instrument :

  • Berry, J. W. (1980). Acculturation as varieties of adaptation. Dans A. M. Padilla (dir.), Acculturation: Theory, models and some new findings (p. 9–25). Westview Press.
  • Berry, J. W. (1997). Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1), 5–34. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1997.tb01087.x
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Laroche, M., Kim, C., & Hui, M. K. (1997). A comparative investigation of ethnicity and acculturation for Italian-Canadians and Greek-Canadians. Dans Advances in Consumer Research, 24, 287–295. Association for Consumer Research.
  • Laroche, M., Kim, C., & Tomiuk, M. A. (1998). Italian ethnic identity and its relative effect on the consumption of convenience and traditional foods. Journal of Consumer Marketing, 15(2), 125–151. https://doi.org/10.1108/07363769810210359
  • Laroche, M., Kim, C., Tomiuk, M. A., & Belisle, D. (2005). Similarities in Italian and Greek multidimensional ethnic identity: Some implications for food consumption. Canadian Journal of Administrative Sciences / Revue Canadienne des Sciences de l’Administration, 22(2), 143–167. https://doi.org/10.1111/j.1936-4490.2005.tb00716.x
  • Peñaloza, L. (1994). Atravesando fronteras/border crossings: A critical ethnographic exploration of the consumer acculturation of Mexican immigrants. Journal of Consumer Research, 21(1), 32–54. https://doi.org/10.1086/209381
  • Tajfel, H., & Turner, J. C. (1979). An integrative theory of intergroup conflict. Dans W. G. Austin & S. Worchel (dir.), The social psychology of intergroup relations (p. 33–47). Brooks/Cole.
  • Wallendorf, M., & Reilly, M. D. (1983). Ethnic migration, assimilation, and consumption. Journal of Consumer Research, 10(3), 292–302. https://doi.org/10.1086/208968

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Part I: Language Usage

Response format: 5-point scale (1 = Only [Heritage language/Italian] to 5 = Only English/French [Host language])

  1. What language do you speak at home?
  2. What language do you speak with your parents?
  3. What language do you speak with your spouse/partner?
  4. What language do you speak with your children?
  5. What language do you speak with your close friends?
  6. What language do you speak at work or school?
  7. What language do you think in?
  8. What language do you speak when you are angry or excited?

Part II: Media Usage and Consumption

Response format: 5-point scale (1 = Only [Heritage language/Italian] to 5 = Only English/French [Host language])

  1. What language are the television programs you watch most often?
  2. What language are the radio programs you listen to most often?
  3. What language are the newspapers and magazines you read most often?
  4. What language are the movies or videos you watch most often?

Part III: Social Interactions

Response format: 5-point scale (1 = Exclusively [Heritage/Italian] to 5 = Exclusively English/French [Host])

  1. What is the ethnic background of your closest friends?
  2. What is the ethnic background of the people you invite to your home?
  3. What is the ethnic background of the people whose homes you visit socially?
  4. What is the ethnic background of the people you associate with in your neighborhood?
  5. What is the ethnic background of the people at your social gatherings or parties?

Part IV: Ethnic Identification and Cultural/Food Attachment

Response format: 9-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 9 = Strongly Agree)

  1. I consider myself to be strongly attached to my ethnic culture.
  2. I am very proud of my ethnic background.
  3. Participating in my ethnic group’s cultural activities is important to me.
  4. Most of my core values and beliefs reflect my ethnic heritage.
  5. I feel a strong sense of belonging to people of my ethnic origin.
  6. I prefer to consume traditional foods of my ethnic culture.
  7. I frequently buy grocery and food items imported from or characteristic of my heritage country.
  8. I celebrate traditional cultural and religious holidays of my ethnic origin.

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 5). Échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur (ASCR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-acculturation-recherche-consommateur-ascr/
memjavad. “Échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur (ASCR).” Base de données de psychologie en français, 5 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-acculturation-recherche-consommateur-ascr/.
memjavad. “Échelle d’acculturation pour la recherche sur le consommateur (ASCR).” Base de données de psychologie en français. septembre 5, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-acculturation-recherche-consommateur-ascr/.