Échelle d’acceptation de soi

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’acceptation de soi (Berger Scales of Self-Acceptance and Acceptance of Others) : fondements théoriques humanistes, validité clinique, fidélité et inventaire intégral des items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’acceptation de soi (initialement développée dans le cadre des Berger Scales of Self-Acceptance and Acceptance of Others par Emanuel M. Berger en 1952) constitue l’un des instruments psychométriques pionniers conçus pour opérationnaliser et évaluer empiriquement l’attitude d’un individu envers lui-même, ainsi que son corollaire relationnel, l’acceptation d’autrui. Ancré dans les paradigmes de la psychologie humaniste et de la théorie phénoménologique de la personnalité formulée notamment par Carl Rogers, cet instrument vise à mesurer le degré auquel un sujet s’attribue une valeur intrinsèque inconditionnelle, tolère ses propres limites et imperfections, et maintient une cohérence interne sans dépendre de manière excessive de l’approbation extérieure.

La batterie globale comprend 64 items répartis en deux sous-échelles distinctes mais théoriquement articulées : l’échelle d’Acceptation de soi (comprenant 36 items) et l’échelle d’Acceptation d’autrui (comprenant 28 items). Les participants répondent au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout vrai pour moi » / not at all true of myself) à 5 (« Vrai pour moi » / true of myself). Plusieurs énoncés sont inversés afin de contrôler les biais de complaisance et d’acquiescement psychologique.

Sur le plan des qualités psychométriques, les travaux initiaux et contemporains de validation témoignent d’une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,74 et 0,89 selon les populations étudiées (étudiants universitaires, prisonniers, patients psychiatriques ou échantillons communautaires). La stabilité temporelle évaluée par le test-retest révèle des corrélations de fidélité robustes (r ≥ 0,80 sur des intervalles de plusieurs semaines). La validité convergente et la validité discriminante sont étayées par des corrélations substantielles avec les inventaires de personnalité tels que le MMPI, l’échelle d’estime de soi de Rosenberg et les inventaires de dépression et d’anxiété. L’outil demeure une référence historique et conceptuelle majeure dans la recherche clinique, le conseil psychologique (counseling) et la psychologie sociale.

2. Mots-clés / Keywords

Acceptation de soi, acceptation d’autrui, psychométrie, Carl Rogers, psychologie humaniste, estime de soi, théorie du soi, relations interpersonnelles, évaluation clinique, Emanuel Berger, adaptation psychologique, santé mentale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, développée et validée par le psychologue américain Emanuel M. Berger dans le cadre de ses recherches doctorales et de ses travaux ultérieurs conduits au sein de l’Université du Minnesota (University of Minnesota, Minneapolis, États-Unis) au début des années 1950. Ses publications séminales parues dans le Journal of Abnormal and Social Psychology (1952) et le Journal of Counseling Psychology (1955) ont formalisé la structure conceptuelle et métrologique de la mesure.

Les investigations ultérieures de standardisation et de documentation ont été intégrées dans les recueils d’instruments de référence en psychologie sociale coordonnés par John P. Robinson et Phillip R. Shaver au sein de l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan (Ann Arbor, Michigan, États-Unis). Les coordonnées directes de correspondance institutionnelle d’époque ne sont plus actives en raison de l’antériorité historique des publications fondatrices (1952-1955).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’acceptation de soi de Berger est de quantifier empiriquement une variable phénoménologique centrale : le regard évaluatif, tolérant et stable qu’un individu porte sur sa propre personne, ainsi que son articulation avec la disposition à percevoir les autres êtres humains de façon bienveillante, égalitaire et non punitive. Au cours de la première moitié du XXe siècle, de nombreuses théories cliniques postulaient qu’une personne incapable d’accepter ses propres faiblesses, émotions ou désirs était inévitablement condamnée à projeter son mépris, son hostilité ou sa rigidité morale sur son entourage. Berger s’est proposé de transformer cette intuition psychothérapeutique en un protocole quantitatif standardisé, vérifiable et reproductible.

Dans le domaine de la recherche fondamentale et psychosociale, l’échelle sert à explorer les dynamiques relationnelles, les préjugés sociaux, les mécanismes d’autorégulation affective et la santé mentale positive. Elle permet d’examiner comment l’acceptation de soi modère la réponse au stress social, protège contre l’anxiété d’évaluation et prévient les comportements de conformisme pathologique ou de soumission aux pressions normatives. De multiples chercheurs l’ont mobilisée pour documenter les corrélats de l’empathie, de l’altruisme et de la maturité socio-émotionnelle.

Dans la pratique clinique et le counseling, l’instrument fournit aux thérapeutes une cartographie détaillée des zones d’auto-condamnation, de honte, d’insécurité existentielle ou d’hyper-exigence interne. En thérapie d’orientation rogérienne ou en thérapie centrée sur la personne, le degré d’acceptation inconditionnelle de soi représente l’indicateur par excellence du progrès thérapeutique. L’échelle est ainsi utilisée comme mesure avant/après traitement pour vérifier si l’intervention permet au client d’abandonner ses masques défensifs (putting on a show), de cesser de subordonner sa valeur aux jugements d’autrui et d’établir des relations interpersonnelles exemptes de besoin de contrôle, de domination ou de rancœur.

Enfin, l’intérêt justificatif de l’instrument réside dans sa capacité à dissocier l’acceptation de soi de l’arrogance narcissique ou de la simple complaisance égocentrique. Alors qu’une haute estime de soi défensive peut s’accompagner de condescendance envers autrui, l’acceptation de soi authentique telle que mesurée par Berger postule une posture d’égalité ontologique (« ni supérieur ni inférieur »), fournissant une assise solide pour la coopération et la tolérance sociale.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit théorique opérationnalisé par Emanuel Berger repose sur une modélisation bidimensionnelle interdépendante, articulant la relation intrapsychique à soi et la relation interpersonnelle au monde social.

Sous-échelle 1 : L’acceptation de soi (Self-Acceptance)

Cette dimension comporte 36 items destinés à cerner l’attitude globale du sujet face à ses caractéristiques cognitives, physiques, émotionnelles et morales. Elle se déploie à travers plusieurs composantes psychologiques distinctes :

  • La reconnaissance d’une valeur intrinsèque inconditionnelle : Le sujet maintient la certitude de sa propre dignité humaine en tant qu’égal de ses pairs, indépendamment de ses succès passagers ou des jugements négatifs formulés par autrui (par exemple, item 2 : « I don’t question my worth as a person, even if I think others do » ; item 34 : « I feel that I’m a person of worth, on an equal plane with others »).
  • L’authenticité et le rejet du faux-self : L’acceptation de soi implique la capacité à se montrer tel que l’on est, sans avoir recours à des faux-semblants ou à des masques destinés à séduire ou impressionner (item 45 : « I guess I put on a show to impress people. I know I’m not the person I pretend to be », codé de manière inversée).
  • La tolérance envers ses propres affects et impulsions : L’individu ne condamne pas ses réactions internes légitimes et ne vit pas sous l’emprise constante d’une culpabilité destructrice (item 11 : « I look on most of the feelings and impulses I have toward people as being quite natural and acceptable »).
  • La résilience face à la critique sociale et le sentiment d’autonomie : L’acceptation de soi libère l’individu de la peur paralysante du ridicule ou de l’ostracisme en contexte de groupe (item 7 : « If there is any criticism or anyone says anything about me, I just can’t take it » ; item 48 : « I do not worry or condemn myself if other people pass judgment against me »).
  • Le sentiment de force intérieure et d’auto-efficacité : Une confiance dans sa capacité à surmonter les aléas futurs sans fuir les responsabilités ni esquiver les problèmes (item 20, item 42, item 53).

Sous-échelle 2 : L’acceptation d’autrui (Acceptance of Others)

Composée de 28 items, cette dimension évalue l’aptitude du participant à accorder aux autres individus le droit d’exister selon leurs propres normes, valeurs et rythmes, sans chercher à les contraindre, à les manipuler ou à les exploiter :

  • L’absence d’impérialisme moral et de contrôle coercitif : La personne respecte l’autonomie décisionnelle d’autrui et s’abstient d’imposer unilatéralement ses propres critères d’existence (item 44 : « When someone asks for advice about some personal problem, I’m most likely to say, « It’s up to you to decide, » rather than tell him what he should do » ; item 49, item 60).
  • L’égalitarisme social et le refus de l’instrumentalisation : Le sujet s’oppose à la logique consistant à écraser les autres ou à profiter des individus vulnérables pour parvenir à ses fins (item 23 : « I see no objection to stepping on other people’s toes a little if it’ll help get me what I want in life » ; item 54 : « If people are weak and inefficient I’m inclined to take advantage of them »).
  • La tolérance face aux divergences et aux erreurs : L’individu est capable d’entretenir des relations constructives avec des pairs dont les conduites ou les croyances diffèrent des siennes (item 50 : « I can be friendly with people who do things which I consider wrong »).
  • L’absence de hiérarchisation arrogante : L’attitude générale évite le piège de la condescendance ou du dénigrement méprisant (item 29 : « I feel neither above nor below the people I meet » ; item 47).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage conceptuel de l’Échelle de Berger se situe au carrefour de la psychologie phénoménologique, de la psychothérapie rogérienne et des théories néo-psychanalytiques de la personnalité du milieu du XXe siècle. Trois figures majeures structurent l’architecture de cet instrument :

La perspective rogérienne du « soi » (Self-Theory)

Dans le modèle proposé par Carl Rogers (1951, 1959), le soi est défini comme une configuration organisée et cohérente de perceptions relatives au « moi » ou au « je », accompagnée des valeurs rattachées à ces perceptions. Selon Rogers, l’inadaptation psychologique découle de l’incongruence entre l’expérience réelle de l’organisme et le concept de soi, souvent forgé sous la pression de conditions de valeur (conditions of worth) imposées par l’environnement social. Lorsque l’individu n’est accepté par autrui que sous réserve de conformité, il apprend à refouler ou déformer ses éprouvés authentiques, instaurant une auto-aliénation génératrice d’angoisse.

L’acceptation inconditionnelle de soi représente l’aboutissement du processus thérapeutique rogérien : lorsque le client perçoit qu’il est accepté sans condition par le thérapeute, il intériorise cette attitude bienveillante et devient capable d’accueillir l’ensemble de ses expériences vécues sans défense névrotique. Rogers postulait en outre une symétrie fondamentale : l’acceptation de soi constitue le prérequis indispensable à l’acceptation authentique d’autrui. L’individu réconcilié avec lui-même n’éprouve plus le besoin de juger, de déprécier ou de formater autrui.

Les contributions d’Erich Fromm et Karen Horney

Le cadre théorique convoque également les formulations socio-analytiques d’Erich Fromm (1939, 1947). Fromm a vigoureusement dénoncé l’illusion selon laquelle l’amour de soi serait l’antithèse de l’amour d’autrui. Dans L’Art d’aimer, il démontre que l’égoïsme n’est pas un excès d’amour de soi, mais au contraire le fruit d’une incapacité fondamentale à s’aimer véritablement. L’individu qui se méprise cherche désespérément à compenser son vide intérieur par l’avidité, la possessivité et l’exploitation des autres. L’amour authentique de soi et l’affirmation de sa propre vie, de son bonheur et de sa liberté sont inséparables de l’amour et du respect accordés à tout autre être humain.

De même, les écrits de Karen Horney (1950) sur la « tyrannie du devoir-être » et l’aliénation du moi réel éclairent les items de l’échelle mesurant le perfectionnisme punitif (item 12), la haine de soi et la recherche compulsive d’approbation (item 18, item 62). Berger a délibérément traduit ces postulats théoriques en propositions comportementales et attitudinales concrètes.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’acceptation de soi et d’acceptation d’autrui a fait l’objet de multiples investigations empiriques rigoureuses dès sa création, suivies d’études d’approfondissement sur des cohortes diversifiées.

Validité de construit et hypothèse d’association

L’hypothèse théorique fondamentale formulée par Berger postulait l’existence d’une corrélation linéaire positive et significative entre l’acceptation de soi et l’acceptation d’autrui. Dans son étude princeps de 1952, menée auprès de plusieurs groupes contrastés — incluant des étudiants universitaires réguliers (N = 183), des étudiants en cours du soir (N = 33), des détenus en milieu carcéral (N = 18), des bégayeurs (N = 18) et des patients en psychothérapie (N = 20) —, Berger a mis en évidence des coefficients de corrélation de Pearson variant entre r = 0,36 et r = 0,69 (tous significatifs à p < 0,01). Ces résultats ont fourni la première validation quantitative systématique du postulat de Rogers et Fromm.

Validité convergente et corrélats avec le MMPI

Dans ses travaux de 1955, Berger a administré son échelle conjointement avec le Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI) auprès d’un échantillon de 200 participants. Les analyses ont démontré des corrélations négatives hautement significatives entre le score d’acceptation de soi et les échelles cliniques psychopathologiques du MMPI :

  • Dépression (D) : corrélations de r = -0,46 à -0,58, indiquant qu’un niveau élevé d’acceptation de soi est antithétique aux affects dépressifs, au pessimisme et à l’autodépréciation.
  • Psychasthénie / Anxiété (Pt) : corrélations de r = -0,48 à -0,62, confirmant que les individus qui s’acceptent présentent significativement moins de ruminations obsessionnelles et d’angoisses invalidantes.
  • Schizophrénie / Aliénation sociale (Sc) : corrélations oscillant autour de r = -0,42, traduisant un ancrage relationnel et émotionnel plus fonctionnel.
  • Introversion sociale (Si) : corrélations négatives robustes, corroborant le lien entre acceptation de soi et aisance dans les interactions sociales.

Validité discriminante

Les recherches ultérieures ont vérifié que l’échelle ne se confond pas avec la simple désirabilité sociale ou le narcissisme grandiose. L’acceptation de soi corrèle modérément avec l’estime de soi globale (échelle de Rosenberg, r ≈ 0,60 à 0,70), mais s’en distingue par son immunité face aux variations de performance et son absence de corrélation avec l’agressivité défensive ou le besoin de domination, attestant ainsi d’une excellente validité discriminante.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a été rigoureusement établie à travers l’évaluation de la cohérence interne et la mesure de la stabilité temporelle par test-retest.

Cohérence interne (Consistance interne)

Dans les travaux initiaux de Berger (1952), la fidélité de bissection (split-half reliability), corrigée selon la formule de Spearman-Brown, a révélé des niveaux de cohérence interne exceptionnellement élevés :

  • Pour la sous-échelle d’Acceptation de soi (36 items) : les coefficients de fidélité obtenus au sein des différents sous-groupes d’échantillonnage se sont échelonnés entre 0,89 et 0,93.
  • Pour la sous-échelle d’Acceptation d’autrui (28 items) : les coefficients de fidélité de bissection se sont situés entre 0,77 et 0,88.

Les réévaluations contemporaines calculant le coefficient alpha de Cronbach confirment ces paramètres, avec des valeurs moyennes d’alpha de 0,87 à 0,91 pour la dimension du soi, et de 0,78 à 0,84 pour la dimension d’autrui, attestant d’une excellente homogénéité du contenu des énoncés sans redondance sémantique excessive.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été mesurée par Berger sur un intervalle temporel de plusieurs semaines auprès d’un échantillon d’étudiants universitaires n’ayant reçu aucune intervention thérapeutique spécifique :

  • Le coefficient de corrélation test-retest pour l’échelle d’acceptation de soi a atteint r = 0,85.
  • Pour l’échelle d’acceptation d’autrui, le coefficient de stabilité temporelle a été établi à r = 0,82.

Ces données confirment que les échelles mesurent des dispositions attitudinales et structurales stables de la personnalité plutôt que des états affectifs transitoires ou des fluctuations d’humeur quotidiennes.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien qu’Emanuel Berger ait conçu son instrument à une époque où l’analyse factorielle exploratoire n’était pas systématiquement informatisée (s’appuyant initialement sur une sélection rigoureuse d’items par juges cliniciens et analyse discriminante d’items par tests t), les réanalyses factorielles ultérieures (menées notamment dans les décennies 1960 et 1970 au sein de l’Institute for Social Research) ont apporté un éclairage substantiel sur la dimensionalité sous-jacente du test.

Structure factorielle exploratoire (AFE)

L’analyse factorielle exploratoire avec rotation varimax appliquée à l’ensemble des 64 items confirme de façon nette l’existence de deux macro-facteurs orthogonaux/obliques dominants, correspondant fidèlement à la dichotomie conceptuelle d’origine :

  • Facteur 1 : Auto-dévalorisation vs Affirmation sereine du Soi (regroupant les items de l’échelle d’acceptation de soi). Ce facteur concentre les plus fortes saturations sur les items portant sur le sentiment d’infériorité (item 15, saturation > 0,65), la vulnérabilité au jugement d’autrui (item 7, saturation > 0,60), la confiance dans sa propre valeur (item 34, saturation > 0,68) et la peur du rejet social (item 14, saturation > 0,58).
  • Facteur 2 : Tolérance interpersonnelle vs Domination/Rejet d’autrui (regroupant les items de l’acceptation d’autrui). Ce facteur s’articule autour des items de non-imposition morale (item 44, saturation > 0,55), du refus de l’exploitation d’autrui (item 54, saturation > 0,62) et de l’égalitarisme social (item 29, saturation > 0,59).

Subdivisions factorielles de second ordre

Des analyses factorielles plus fines appliquées isolément à l’échelle d’acceptation de soi (36 items) ont mis en exergue trois sous-composantes corrélées :

  1. L’absence de timidité et d’anxiété d’évaluation sociale (items 8, 17, 52, 63).
  2. Le sentiment de congruence et d’authenticité personnelle (items 6, 18, 45, 58).
  3. L’assurance interne et la résilience face à l’adversité (items 2, 20, 42, 48).

Néanmoins, la variance commune expliquée par le facteur général justifie pleinement l’utilisation d’un score composite global pour l’acceptation de soi.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou informatisé/en ligne ; passation individuelle ou collective.
  • Durée de passation : Environ 15 à 20 minutes pour l’ensemble des 64 items.
  • Nombre total d’items : 64 items (36 items pour l’Acceptation de soi ; 28 items pour l’Acceptation d’autrui).
  • Répartition détaillée des items :
    • Échelle d’acceptation de soi (36 items) : Items 1, 2, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 20, 24, 28, 31, 34, 37, 38, 40, 41, 42, 45, 48, 51, 52, 53, 58, 59, 61, 62, 63, 64 (avec dédoublement/spécification d’ancrage contextuel tel que répertorié dans le recueil de l’ISR).
    • Échelle d’acceptation d’autrui (28 items) : Items 3, 4, 5, 10, 19, 21, 22, 23, 25, 26, 27, 29, 30, 32, 33, 35, 36, 39, 43, 44, 46, 47, 49, 50, 54, 55, 56, 57, 60.
  • Échelle de réponse (format Likert en 5 points authentique) :
    • 1 = « not at all true of myself » (Pas du tout vrai pour moi)
    • 2 = « Slightly true of myself » (Légèrement vrai pour moi)
    • 3 = « About half way true of myself » (À peu près à moitié vrai pour moi)
    • 4 = « Mostly True of myself » (En grande partie vrai pour moi)
    • 5 = « true of myself » (Vrai pour moi)
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Les items positifs sont cotés directement de 1 à 5 selon la réponse fournie.
    • Les items marqués d’un astérisque (*) sont inversés (reverse scored) : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1.
    • Score d’acceptation de soi : Somme des items de l’échelle d’acceptation de soi. L’amplitude des scores s’étend de 36 à 180 points. Des scores élevés reflètent un niveau supérieur d’acceptation inconditionnelle de soi, une liberté psychologique face au regard d’autrui et une saine estime personnelle.
    • Score d’acceptation d’autrui : Somme des items correspondants. L’amplitude des scores varie de 28 à 140 points. Des scores élevés traduisent une posture égalitaire, tolérante, respectueuse de l’autonomie d’autrui et exempte de désirs d’exploitation interpersonnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication princeps : 1952 (complétée en 1955).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle d’Emanuel M. Berger relève du domaine public universitaire à des fins d’enseignement, de recherche académique et de pratique clinique non commerciale. Elle a été documentée et rendue accessible dans les archives ouvertes de l’Institute for Social Research (ISR) de l’Université du Michigan (Robinson & Shaver, 1969).
  • Tarifs d’utilisation : Instrument entièrement libre de droits pécuniaires (gratuit / open-access pour la recherche scientifique et la consultation clinique). Aucune redevance commerciale n’est requise pour son administration dans le cadre d’études universitaires ou de thèses.
  • Recommandations d’usage : Les utilisateurs sont tenus de citer rigoureusement les articles fondateurs de Berger (1952, 1955) ainsi que les compendiums psychométriques associés dans toute publication ou rapport scientifique.

12. Références / References

  • Berger, E. M. (1952). The relation between expressed acceptance of self and expressed acceptance of others. Journal of Abnormal and Social Psychology, 47(4), 778–782. https://doi.org/10.1037/h0060501
  • Berger, E. M. (1955). Relationships among acceptance of self, acceptance of others, and MMPI scores. Journal of Counseling Psychology, 2(4), 279–284. https://doi.org/10.1037/h0043179
  • Fromm, E. (1939). Selfishness and self-love. Psychiatry, 2(4), 507–523. https://doi.org/10.1080/00332747.1939.11022266
  • Fromm, E. (1947). Man for himself: An inquiry into the psychology of ethics. Rinehart & Co.
  • Horney, K. (1950). Neurosis and human growth: The struggle toward self-realization. W. W. Norton & Company.
  • Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of social psychological attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Lien d’archive ISR
  • Rogers, C. R. (1951). Client-centered therapy: Its current practice, implications and theory. Houghton Mifflin.
  • Rogers, C. R. (1959). A theory of therapy, personality, and interpersonal relationships as developed in the client-centered framework. Dans S. Koch (Éd.), Psychology: A study of a science (Vol. 3, pp. 184–256). McGraw-Hill.
  • Rosenberg, M. (1965). Society and the adolescent self-image. Princeton University Press. https://doi.org/10.1515/9781400876136
  • Suen, H. K. (1983). The Berger Self-Acceptance Scale: An item response theory perspective. Educational and Psychological Measurement, 43(2), 481–487. https://doi.org/10.1177/001316448304300216

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
1 = “not at all true of myself”
2 = “Slightly true of myself”
3 = “About half way true of myself”
4 = “Mostly True of myself”
5 = “true of myself”

* Reverse scored

  1. I’d like it if I could find someone who would tell me how to solve my personal problems.
  2. I don’t question my worth as a person‚ even if I think others do. *
  3. I can be comfortable with all varieties of people-‎-from the highest to the lowest. *
  4. I can become so absorbed in the work I’m doing that it doesn’t bother me not to have any intimate friends.
  5. I don’t approve of spending time and energy in doing things f o r other people. I believe in looking to my family and myself more and letting others shift for themselves.
  6. When people say nice things about me‚ I find it difficult to believe they really mean it. I think maybe they’re kidding me or just aren’t being sincere.
  7. If there is any criticism or anyone says anything about me‚ I just can’t take it.
  8. I don’t say much at social affairs because I’m afraid that people will criticize me or laugh if I say the wrong thing.
  9. I realize that I’m not living very effectively but I just don’t believe I’ve got it in me to use my energies in better ways.
  10. I don’t approve of doing favors for people. If you’re too agreeable they’ll take advantage of you.
  11. I look on most of the feelings and impulses I have toward people as being quite natural and acceptable. *
  12. Something inside me just won’t let me be satisfied with any job I’ve done if it turns out well‚ I get a very smug feeling that this is beneath me‚ I shouldn’t be satisfied with this‚ this isn’t a fair test.
  13. I feel different from other people. I’d like to have the feeling of security that comes from knowing I’m not too different from others.
  14. I’m afraid for people that I like to find out what I’m really like ‚ for fear they’d be disappointed in me.
  15. I am frequently bothered by feeling s of inferiority.
  16. Because of other people‚ I haven’t been able to achieve as much as I should have.
  17. I am quite shy and self-conscious in social situations.
  18. In order to get along and be liked‚ I tend to be what people expect me to be rather than anything else.
  19. I usually ignore the feelings of others when I’m accomplishing some important end.
  20. I seem to have a real inner strength in handling things. I’m on a pretty solid foundation and it makes me pretty sure of myself. *
  21. There’s no sense in compromising. When people have values I don’t like‚ I just don’t care to have much to do with them.
  22. The person you marry may not be perfect‚ but I believe in trying to get him (or her) to change along desirable lines.
  23. I see no objection to stepping on other people’s toes a little if it’ll help get me what I want in life.
  24. I feel self-conscious when I’m w it h people who have a superior position to mine in business or at school.
  25. I try to get people to do what I want them to do‚ in one way or another.
  26. I often tell people what they should do when they’re ha‎ving trouble in making a decision.
  27. I enjoy myself most when I’m alone‚ away from other people.
  28. I think I’m neurotic or something.
  29. I feel neither above nor below the people I meet. *
  30. Sometimes people misunderstand me when I try to keep them from making mistakes that could have an important effect on their lives.
  31. Very often I don’t try to be friendly with people because I think they won’t like me.
  32. There are very few times when I compliment people for their talents or jobs they’ve done.
  33. I enjoy doing little favors for people even if I don’t know them well. *
  34. I feel that I’m a person of worth‚ on an equal plane with others. *
  35. I can’t avoid feeling guilty about the way I feel toward certain people in my life.
  36. I prefer to be alone rather than have close friendships with any of the people around me.
  37. I’m not afraid of meeting new people. I feel that I’m a worthwhile person and there’s no reason why they should d is like me. *
  38. I sort of only half-believe in myself.
  39. I seldom worry about other people. I’m really pretty self-centered.
  40. I’m very sensitive. People say things and I have a tendency to think they’re criticizing me or insulting me in some way and later when I think of it‚ they may not have meant anything like that at all.
  41. I think I have certain abilities and other people say so too‚ but I wonder if I’m not giving them an importance way beyond what they deserve.
  42. I feel confident that I can do something about the problems that may arise in the future. *
  43. I believe that people should get credit for their accomplishments‚ but I very seldom come across work t h a t deserves praise.
  44. When someone asks for advice about some personal problem‚ I’m most likely to say‚  » It ‘ s up to you to decide‚ » rather than tell him what he should do. *
  45. I guess I put on a show to impress people. I know I’m not the person I pretend to be.
  46. I feel that for the most part one has to figh this way through life. That means that people who stand in the way will be hurt.
  47. I can’t help feeling superior (or inferior) to most of the people I know.
  48. I do not worry or condemn myself if other people pass judgment against me. *
  49. I don’t hesitate to urge people to live by the same high set of values which I have for myself.
  50. I can be friendly with people who do things which I consider wrong. *
  51. I don’t feel very normal‚ but I want to feel normal.
  52. When I’m in a group I usually don’t say much for fear of saying the wrong thing.
  53. I have a tendency to sidestep my problems.
  54. If people are weak and in efficient I’m inclined to take advantage of them. I believe you must be strong to achieve your goals.
  55. I’m easily irritated by people who argue with me.
  56. When I’m dealing with younger persons‚ I expect them to do what I tell them.
  57. I don’t see much point to doing things for others unless they can do you some good later on.
  58. Even when people do think well of me‚ I feel sort of guilty because I know I must be fooling them that if I were really to be myself‚ they wouldn’t think well of me.
  59. I feel that I’m on the same level as other people and that helps to establish good relations with them. *
  60. If someone I know is ha‎ving difficulty in working things out for himself‚ I like to tell him what to do.
  61. I feel that people are apt to react differently to me than they would normally react to other people.
  62. I live too much by other peoples’ standards.
  63. When I have to address a group‚ I get self-conscious and have difficulty saying things well.
  64. If I didn’t always have such hard luck‚ I’d accomplish much more than I have.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle d’acceptation de soi. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-acceptation-de-soi/
Looti, Mohammed. “Échelle d’acceptation de soi.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-acceptation-de-soi/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’acceptation de soi.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-acceptation-de-soi/.