Questionnaire d’examen des troubles des conduites alimentaires (EDE-Q)

Guide psychométrique complet du Questionnaire d’examen des troubles des conduites alimentaires (EDE-Q) : fondements théoriques de Fairburn, validité, fidélité, cotation et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire d’examen des troubles des conduites alimentaires (Eating Disorder Examination Questionnaire, EDE-Q) est l’un des instruments psychométriques auto-rapportés les plus utilisés et validés au monde pour l’évaluation standardisée de la psychopathologie des troubles des conduites alimentaires (TCA). Développé initialement par Christopher G. Fairburn et Sarah J. Beglin en 1994 à l’Université d’Oxford, l’EDE-Q constitue l’adaptation directe sous forme de questionnaire auto-administré de l’entretien clinique semi-structuré de référence, l’Eating Disorder Examination (EDE interview ; Fairburn & Cooper, 1993). L’outil a été conçu pour capturer tant la sévérité des attitudes cognitives dysfonctionnelles que la fréquence objective des comportements pathologiques au cours d’une fenêtre temporelle standardisée couvrant les 28 derniers jours (4 semaines).

L’échelle évalue quatre dimensions attitudinales et cognitives majeures réparties en sous-échelles : la Restriction cognitive (Restraint), la Préoccupation pour l’alimentation (Eating Concern), la Préoccupation pour la forme corporelle (Shape Concern) et la Préoccupation pour le poids (Weight Concern). En complément de ces sous-échelles quantitatives, l’instrument mesure avec précision les fréquences clés des conduites boulimiques (crises de gloutonnerie objectives et subjectives) et des comportements compensatoires inappropriés, incluant les vomissements auto-provoqués, l’abus de laxatifs et de diurétiques, ainsi que l’activité physique compulsive à visée de contrôle pondéral.

Sur le plan psychométrique, l’EDE-Q démontre une consistance interne robuste (alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,78 et 0,93 pour les sous-échelles et dépassant 0,90 pour le score global), une excellente stabilité test-retest sur des intervalles de 2 à 4 semaines, ainsi qu’une convergence empirique solide avec l’entretien EDE et d’autres inventaires comme l’EDI (Eating Disorder Inventory). Sa sensibilité au changement en fait un pilier incontournable tant pour le dépistage épidémiologique en population générale que pour l’évaluation diagnostique, le suivi de l’efficacité thérapeutique dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la recherche translationnelle internationale.

2. Mots-clés / Keywords

EDE-Q, Eating Disorder Examination Questionnaire, troubles des conduites alimentaires, anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique, restriction cognitive, image corporelle, psychométrie, évaluation clinique, Christopher Fairburn, validation transculturelle

3. Auteurs / Authors

L’EDE-Q a été conçu et validé par des figures majeures de la recherche psychiatrique et de la psychologie clinique spécialisées dans les troubles du comportement alimentaire :

  • Christopher G. Fairburn, DM, FRCPsych, FMedSci : Professeur émérite de psychiatrie à l’Université d’Oxford (Royaume-Uni), ancien directeur du Centre for Research on Eating Disorders at Oxford (CREDO). Pionnier mondial de la théorie cognitivo-comportementale transdiagnostique des TCA et concepteur de la thérapie cognitivo-comportementale enrichie (CBT-E).
  • Sarah J. Beglin, DPhil, ClinPsyD : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée au Département de psychiatrie de l’Université d’Oxford, ayant co-développé l’adaptation auto-rapportée de l’entretien clinique original afin de faciliter la recherche épidémiologique à grande échelle.

Leurs travaux de recherche ont été conduits sous l’égide du CREDO (Department of Psychiatry, Warneford Hospital, Oxford University, Oxford, UK), centre d’excellence international soutenu notamment par le Wellcome Trust.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’EDE-Q est d’offrir une mesure standardisée, fidèle, valide et économique de la sévérité des caractéristiques psychopathologiques des troubles alimentaires, alignée sur les classifications nosographiques diagnostiques contemporaines telles que le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et la CIM-11 (Classification internationale des maladies de l’OMS).

Applications cliniques

Dans la pratique clinique quotidienne, l’EDE-Q remplit une multitude de fonctions critiques :

  • Dépistage et évaluation initiale : Il permet d’identifier rapidement la présence et l’intensité des distorsions cognitives relatives au poids, à la nourriture et à l’image du corps, facilitant l’orientation diagnostique vers l’anorexie mentale, la boulimie mentale ou l’hyperphagie boulimique (Binge Eating Disorder).
  • Planification du traitement : Les cliniciens s’appuient sur les profils des quatre sous-échelles pour cibler précisément les mécanismes d’auto-entretien du trouble (par exemple, un niveau extrême de restriction diététique stricte par rapport à une insatisfaction corporelle isolée).
  • Suivi longitudinal des progrès thérapeutiques : Grâce à sa fenêtre temporelle circonscrite de 28 jours, l’EDE-Q est particulièrement adapté pour mesurer l’atténuation des symptômes en cours d’intervention (session par session ou à chaque fin de module de TCC-E) et pour évaluer les rémissions complètes versus partielles en post-traitement.

Applications en recherche

En recherche fondamentale, clinique et épidémiologique, l’administration de l’entretien semi-structuré EDE, bien que considérée comme le « gold standard », requiert entre 45 et 90 minutes par participant ainsi qu’une formation intensive des évaluateurs pour garantir la fidélité inter-juges. L’EDE-Q résout cette contrainte logistique en offrant un instrument auto-administré réalisable en 10 à 15 minutes, utilisable dans des cohortes épidémiologiques de grande envergure, des essais cliniques randomisés contrôlés (RCT) et des protocoles d’échantillonnage numérique en ligne.

5. Construit psychologique / Construct

L’EDE-Q opérationnalise la psychopathologie centrale des troubles alimentaires à travers un modèle multidimensionnel comprenant quatre sous-échelles attitudinales continues et un ensemble d’indicateurs de fréquence comportementale discrète :

1. Restriction cognitive (Restraint)

Cette sous-échelle mesure les tentatives délibérées et systématiques de limiter son apport calorique global ou d’éviter des catégories entières d’aliments afin d’exercer un contrôle direct sur son poids ou sa silhouette. Ce construit ne reflète pas simplement un comportement de modération alimentaire sain, mais une rigidité cognitive absolue caractérisée par des règles alimentaires inflexibles (« ne jamais manger après 18h », « ne consommer aucun glucide »), des périodes de jeûne prolongé (plus de 8 heures consécutives à l’état de veille) et la recherche explicite d’un état de vacuité gastrique (« vouloir que son estomac soit vide »).

2. Préoccupation pour l’alimentation (Eating Concern)

Cette dimension évalue l’interférence cognitive et émotionnelle causée par la nourriture, les calories et l’acte de manger dans la vie quotidienne. Elle capture l’incapacité à se concentrer sur des activités professionnelles, académiques ou récréatives en raison de pensées intrusives relatives à l’alimentation, la culpabilité ressentie après avoir mangé, la peur invalidante d’une perte totale de contrôle sur ses prises alimentaires, ainsi que les comportements alimentaires secrets ou dissimulés aux yeux de l’entourage.

3. Préoccupation pour la forme corporelle (Shape Concern)

Cette composante explore la focalisation excessive et anxiogène sur la morphologie corporelle, les contours, la fermeté et la géométrie anatomique (notamment le désir d’avoir un ventre parfaitement plat). Elle explore les réactions émotionnelles de dégoût ou de détresse lors de l’exposition corporelle (par exemple, dans le miroir, lors de la douche ou dans des vestiaires collectifs), l’évitement actif des situations exposant le corps au regard d’autrui, ainsi que la préoccupation intrusive invalidant les capacités attentionnelles quotidiennes.

4. Préoccupation pour le poids (Weight Concern)

Étroitement liée à la précédente mais conceptuellement distincte, cette sous-échelle mesure l’angoisse centrée sur le chiffre pondéral, la phobie absolue de prendre du poids ou de devenir gros, l’insatisfaction globale envers son poids actuel, le désir tenace de perdre du poids et la terreur déclenchée à l’idée d’une pesée hebdomadaire obligatoire.

5. Surévaluation du poids et de la forme corporelle (Overvaluation)

Transversalement aux sous-échelles de forme et de poids, l’EDE-Q isole un noyau cognitif pathologique spécifique : l’influence déterminante de la silhouette et du poids sur l’auto-évaluation globale de l’individu en tant qu’être humain (items 28 et 29). L’individu ne juge pas sa valeur personnelle sur ses réussites, ses relations ou ses qualités morales, mais presque exclusivement sur sa capacité à maintenir son corps mince ou son poids sous un seuil prescrit.

6. Évaluation diagnostique des conduites comportementales

L’EDE-Q quantifie de manière brute le nombre d’épisodes survenus au cours des 28 derniers jours concernant :

  • Les crises de boulimie objectives (absorption d’une quantité de nourriture jugée anormalement élevée avec sentiment net de perte de contrôle) ;
  • Les crises de boulimie subjectives (perte de contrôle survenue lors de la prise d’une quantité normale ou modeste d’aliments) ;
  • Les comportements de purge : vomissements provoqués, prise inappropriée de laxatifs ou de diurétiques ;
  • L’exercice physique excessif : activité sportive intense et compulsive poursuivie explicitement pour brûler des calories ou modifier sa forme corporelle, même en cas de blessure ou de contraintes d’emploi du temps majeures.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel qui sous-tend l’EDE-Q s’enracine directement dans la théorie cognitivo-comportementale transdiagnostique élaborée par Christopher Fairburn, Zafra Cooper et Roz Shafran (2003, 2008). Ce modèle postule que les différentes manifestations nosographiques des troubles alimentaires (anorexie mentale restrictive, anorexie avec crises/purgations, boulimie nerveuse et TCA non spécifiés ou atypiques) partagent un noyau psychopathologique commun et s’interchangent fréquemment chez un même patient au cours de sa trajectoire de vie.

Selon cette perspective, le mécanisme central auto-entretenu réside dans un système dysfonctionnel d’auto-évaluation : alors que la plupart des individus fondent leur estime de soi sur une constellation diversifiée de domaines (travail, amitiés, vie de famille, passions créatives), les personnes souffrant de TCA s’évaluent presque exclusivement, ou de manière prédominante, en fonction de leur poids, de leur forme corporelle et de leur capacité à les contrôler rigoureusement.

La boucle transdiagnostique de Fairburn :
Surévaluation de la silhouette et du poids → Règles diététiques rigides et inflexibles (Restriction cognitive) → Échecs inévitables (perçus ou réels) face aux exigences métaboliques et psychologiques → Rupture de la restriction et déclenchement de crises de gloutonnerie (Binge Eating) → Dégoût, angoisse massive et comportements compensatoires (vomissements, laxatifs, jeûne réactif) → Réactivation et renforcement de la surévaluation et du besoin de contrôle.

L’EDE-Q a été spécifiquement structuré pour opérationnaliser chaque maillon de cette boucle cognitive et comportementale. L’accent mis sur les 28 derniers jours permet d’échantillonner un état écologique actif des processus cognitifs plutôt qu’un trait de personnalité immuable, conférant à l’outil une sensibilité remarquable aux interventions thérapeutiques ciblant précisément ces distorsions cognitives.

7. Validité / Validity

L’EDE-Q a fait l’objet de centaines d’études de validation psychométrique à l’échelle internationale (versions anglaise, française, allemande, espagnole, italienne, portugaise, japonaise, entre autres), démontrant des qualités métrologiques remarquables.

Validité de convergence et concordance avec l’entretien EDE

Dans l’étude princeps de Fairburn et Beglin (1994) menée auprès d’une cohorte communautaire de jeunes femmes, les corrélations de Pearson entre les scores des sous-échelles de l’EDE-Q et ceux obtenus lors de l’entretien clinique EDE étaient substantielles : r = 0,78 pour la Restriction, r = 0,68 pour la Préoccupation alimentaire, r = 0,71 pour la Préoccupation de la forme et r = 0,73 pour la Préoccupation pondérale. Des corrélations encore plus élevées (r > 0,80) sont fréquemment rapportées dans les populations cliniques souffrant de boulimie nerveuse ou d’anorexie (Black & Wilson, 1996 ; Grilo et al., 2001).

La validité convergente externe est également étayée par de fortes corrélations positives avec d’autres échelles validées, telles que l’Eating Disorder Inventory (EDI ; r compris entre 0,70 et 0,85 avec les dimensions de recherche de minceur et de boulimie) et le Bulimic Investigatory Test, Edinburgh (BITE).

Validité discriminante

L’EDE-Q différencie avec une sensibilité et une spécificité remarquables les populations cliniques des groupes témoins sains issus de la communauté. Les scores moyens globaux dans les cohortes cliniques diagnostiquées avec anorexie ou boulimie se situent typiquement au-delà de 3,5 à 4,5 (sur une échelle de 0 à 6), tandis que les moyennes en population féminine générale oscillent habituellement entre 1,3 et 1,7 (Mond et al., 2004 ; Luce et al., 2008). Un score seuil global de 2,30 ou de 2,80 (selon les versions et les normes locales) est régulièrement préconisé dans la littérature pour le repérage épidémiologique à haut risque de trouble avéré.

Validité de critère pour les comportements de crise et de purge

La concordance entre l’EDE-Q et l’entretien pour les comportements objectifs discrets est généralement excellente pour les vomissements provoqués (r > 0,85) et l’abus de laxatifs (r > 0,80). En revanche, la concordance est plus modérée pour le compte exact des crises de boulimie objectives (r = 0,55 à 0,70), l’auto-questionnaire ayant tendance à surestimer le nombre d’épisodes chez certains participants qui confondent perte subjective de contrôle et volume alimentaire objectivement hors norme.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’EDE-Q a été rigoureusement confirmée tant du point de vue de son homogénéité interne que de sa reproductibilité temporelle.

Consistance interne

Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach et oméga de McDonald) sont systématiquement très élevés à travers les cohortes cliniques et non-cliniques :

  • Restriction (Restraint) : α = 0,75 à 0,85
  • Préoccupation pour l’alimentation (Eating Concern) : α = 0,73 à 0,86
  • Préoccupation pour la forme corporelle (Shape Concern) : α = 0,87 à 0,93
  • Préoccupation pour le poids (Weight Concern) : α = 0,82 à 0,89
  • Score Global de l’EDE-Q : α = 0,92 à 0,96

Luce et Crowther (1999) ont documenté des coefficients alpha de 0,84 (Restriction), 0,78 (Préoccupation alimentaire), 0,91 (Forme corporelle) et 0,85 (Poids) chez des étudiantes universitaires, confirmant la haute homogénéité des items au sein de leurs dimensions respectives.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée dans plusieurs études clés. Sur un intervalle de deux semaines, Luce et Crowther (1999) ont mis en évidence des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) remarquables : 0,88 pour la Restriction, 0,81 pour la Préoccupation alimentaire, 0,94 pour la Forme corporelle et 0,92 pour la Préoccupation pondérale, avec un CCI de 0,94 pour le score global. Sur un intervalle plus long de 4 semaines, Mond et ses collaborateurs (2004) ont confirmé des corrélations test-retest supérieures à 0,80 pour l’ensemble des sous-échelles attitudinales, démontrant que l’outil est capable de distinguer la stabilité du trouble des fluctuations aléatoires d’évaluation.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que la structure quadri-factorielle théorique originale établie par Fairburn et Cooper (1993) soit unanimement employée pour le calcul des scores cliniques, la modélisation factorielle confirmatoire (AFC) et exploratoire (AFE) de l’EDE-Q a suscité un débat scientifique approfondi et fructueux.

Modèle théorique original à 4 facteurs

Le modèle initial postule l’existence de quatre facteurs latents corrélés : Restriction, Préoccupation pour l’alimentation, Préoccupation pour la forme et Préoccupation pour le poids. Les études factorielles confirmatoires rapportent régulièrement des corrélations inter-facteurs extrêmement élevées entre la Préoccupation pour la forme et la Préoccupation pour le poids (souvent r > 0,85 à 0,90), soulevant la question d’un chevauchement conceptuel et empirique substantiel entre ces deux dimensions de l’image corporelle.

Modèles alternatifs identifiés en AFC

Face à ce fort chevauchement, plusieurs analyses factorielles rigoureuses ont proposé des structures alternatives :

  • Le modèle à 3 facteurs de Peterson et al. (2007) / Grilo et al. (2010) : Les analyses confirmatoires menées chez des patients souffrant d’hyperphagie boulimique ou de surpoids ont démontré que les items de forme et de poids se regroupent plus parcimonieusement en un facteur unique de « Préoccupation pour la silhouette et le poids », complété par les facteurs de « Restriction » et de « Préoccupation alimentaire ».
  • Le modèle bifactoriel : D’autres travaux (ex. Wade et al., 2008) ont montré qu’un modèle bifactoriel — comprenant un facteur général dominant de psychopathologie alimentaire (« General Eating Pathology ») et deux ou trois facteurs spécifiques résiduels — présentait les meilleurs indices d’ajustement global (CFI > 0,95, TLI > 0,94, RMSEA < 0,06).
  • Modèles abrégés (ex. EDE-Q 7 items de Grilo et al., 2015) : Dérivé par analyse factorielle confirmatoire stricte, ce modèle court isole 3 facteurs robustes (Restriction, Préoccupation alimentaire, Préoccupation forme/poids) expurgés des redondances statistiques.

Néanmoins, dans la pratique clinique et la publication scientifique internationale courante, les quatre sous-échelles historiques de Fairburn et Beglin restent la norme universellement rapportée, garantissant la comparabilité directe des données entre les études cliniques mondiales.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de questionnaire : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (auto-évaluation clinique).
  • Population cible : Adolescents (à partir de 12-14 ans avec versions adaptées) et adultes de tous genres.
  • Fenêtre d’évaluation temporelle : Les 28 derniers jours écoulés (4 semaines précédant la passation).
  • Structure des items : 34 items originaux combinant questions à échelle d’évaluation de Likert et questions de dénombrement comportemental libre.
  • Échelles de cotation :
    • Items 1 à 14 (Fréquence en jours) : Échelle ordinale à 7 points (0 = « Aucun jour », 1 = « 1 à 5 jours », 2 = « 6 à 12 jours », 3 = « 13 à 15 jours », 4 = « 16 à 22 jours », 5 = « 23 à 27 jours », 6 = « Tous les jours »).
    • Item 15 (Proportion) : Échelle ordinale à 7 points (0 = « Jamais », 1 = « Quelques fois », 2 = « Moins de la moitié du temps », 3 = « La moitié du temps », 4 = « Plus de la moitié du temps », 5 = « La plupart du temps », 6 = « À chaque fois »).
    • Items 16 à 27 (Comportements diagnostiques) : Questions fermées (0 = Non, 1 = Oui) couplées à des champs numériques ouverts pour quantifier le nombre exact d’épisodes survenus au cours des 28 jours (crises de boulimie, vomissements, prise de laxatifs, diurétiques, exercice excessif). Ces items ne sont pas inclus dans le calcul du score global moyen mais sont analysés en fréquences absolues par mois ou par semaine.
    • Items 28 à 34 (Intensité de la préoccupation) : Échelle ordinale à 7 points (0 = « Pas du tout », 1, 2 = « Légèrement », 3, 4 = « Modérément », 5, 6 = « Beaucoup / Marqué »).
  • Calcul des scores des sous-échelles : Chaque sous-échelle est notée en calculant la moyenne des items qui la composent (somme des items divisée par le nombre d’items de la sous-échelle). Les scores varient donc tous entre 0 et 6.
    • Restriction (Restraint) : Moyenne des items 1, 2, 3, 4, 5.
    • Préoccupation pour l’alimentation (Eating Concern) : Moyenne des items 7, 9, 15, 33 (remarque : numérotation d’attitude), plus les items attitudinaux correspondants.
    • Préoccupation pour la forme corporelle (Shape Concern) : Moyenne des items mesurant l’image corporelle, le ventre plat, l’évitement corporel et la surévaluation (ex. 6, 8/10, 11, 28/29, 31, 32, 34).
    • Préoccupation pour le poids (Weight Concern) : Moyenne des items relatifs à la peur de grossir, au désir d’amaigrissement, à l’insatisfaction pondérale et à la pesée (ex. 12, 13, 14, 28, 30).
    • Score Global (Global Score) : Moyenne arithmétique des quatre sous-échelles (somme des moyennes des 4 sous-échelles divisée par 4).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1994 (Fairburn & Beglin, 1994).
  • Éditions successives : EDE-Q 4.0, EDE-Q 5.0, jusqu’à la version de référence actuelle EDE-Q 6.0 (Fairburn, 2008).
  • Conditions d’utilisation et droits d’auteur : Le questionnaire EDE-Q est sous le copyright du Professeur Christopher G. Fairburn et du Centre for Research on Eating Disorders at Oxford (CREDO).
  • Tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation clinique standard. Aucune redevance n’est exigée.
  • Modalités d’accès : L’échelle et ses manuels d’instruction peuvent être téléchargés librement sur le site institutionnel officiel du CREDO (Département de psychiatrie de l’Université d’Oxford). Toute modification du libellé des items, intégration dans un logiciel commercial payant ou distribution commerciale nécessite l’autorisation formelle expresse des détenteurs des droits.

12. Références / References

Ci-dessous figurent les publications scientifiques fondatrices et les études psychométriques de référence relatives à l’EDE-Q :

  • Berg, K. C., Peterson, C. B., Frazier, P., & Crow, S. J. (2012). Psychometric evaluation of the eating disorder examination and eating disorder examination-questionnaire: A systematic review. International Journal of Eating Disorders, 45(3), 428–438. https://doi.org/10.1002/eat.20931
  • Fairburn, C. G., & Beglin, S. J. (1994). Assessment of eating disorders: Interview or self-report questionnaire? International Journal of Eating Disorders, 16(4), 363–370. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(02)00088-8
  • Fairburn, C. G. (2008). Cognitive Behavior Therapy and Eating Disorders. Guilford Press. Lien éditeur
  • Grilo, C. M., Reas, D. L., Hopwood, C. J., & Crosby, R. D. (2015). Factor structure and construct validity of the Eating Disorder Examination-Questionnaire in college students: Further support for a brief, modified version. International Journal of Eating Disorders, 48(3), 284–289. https://doi.org/10.1002/eat.22358
  • Luce, K. H., & Crowther, J. H. (1999). The reliability of the Eating Disorder Examination-Self-Report Questionnaire Version (EDE-Q). International Journal of Eating Disorders, 25(3), 349–351. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(03)00161-X
  • Peterson, C. B., Crosby, R. D., Wonderlich, S. A., Joiner, T., Crow, S. J., Mitchell, J. E., … & le Grange, D. (2007). Psychometric properties of the Eating Disorder Examination-Questionnaire: Factor structure and construct validity. International Journal of Eating Disorders, 40(4), 386–393. https://doi.org/10.1002/eat.20377

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Have you been deliberately trying to limit the amount of food you eat to influence your shape or weight?
2

Have you gone for long periods of time (8 hours or more) without eating anything in order to influence your shape or weight?
3

Have you tried to avoid eating any foods which you like in order to influence your shape or weight?
4

Have you tried to follow definite rules regarding your eating in order to influence your shape or weight; for example‚ a calorie limit‚ a set amount of food‚ or rules about what or when you should eat?
5

Have you wanted your stomach to be empty?
6

Has thinking about food or its calorie content made it much more difficult to concentrate on things you are interested in; for example‚ read‚ watch TV or follow a conversation?
7

Have you been afraid of losing control over your eating?
8

Have you had episodes of binge eating?
9

Have you eaten in secret? (do not count binges.)
10

Have you definitely wanted your stomach to be flat?
11

Has thinking about shape or weight made it much more difficult to concentrate on things you are interested in; for example‚ read‚ watch TV or follow a conversation?
12

Have you had a definite fear that you might gain weight or become fat?
13

Have you felt fat?
14

Have you had a strong desire to lose weight?
15

On what proportion of times that you have eaten have you felt guilty because of the effect on your shape or weight? (Do not count binges.) (Circle the number which applies.)
16

Over the past four weeks (28 days)‚ have there been any time when you have felt that you have eaten what other people would regard as an unusually large amount of food given the circumstances? (Please put appropriate number in box.)
17

How many such episodes have you had over the past four weeks?
18

Have you had other episodes of eating in which you have had a sense of ha‎ving lost control and eaten too much‚ but have not eaten an unusually large amount of food given the circumstances?
19

How many such episodes have you had over the past four weeks?
20

Over the past four weeks have you made yourself sick (vomit) as a means of controlling your shape or weight?
21

How many times have you done this over the past four weeks?
22

Have you taken laxatives as a means of controlling your shape or weight?
23

How many times have you done this over the past four weeks?
24

Have you taken diuretics (water tablets) as a means of controlling your shape or weight?
25

How many times have you done this over the past four weeks?
26

Have you exercised hard as a means of controlling your shape or weight?
27

How many times have you done this over the past four weeks?
28

Has your weight influenced how you think about (judge) yourself as a person?
29

Has your shape influenced how you think about (judge) yourself as a person?
30

How much would it upset you if you had to weigh yourself once a week for the next four weeks?
31

How dissatisfied have you felt about your weight?
32

How dissatisfied have you felt about your shape?
33

How concerned have you been about other people seeing you eat?
34

How uncomfortable have you felt seeing your body; for example in the mirror‚ in shop window reflections‚ while undressing or taking a bath or shower?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Questionnaire d’examen des troubles des conduites alimentaires (EDE-Q). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/eating-disorder-examination-questionnaire-ede-q-2/
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’examen des troubles des conduites alimentaires (EDE-Q).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/eating-disorder-examination-questionnaire-ede-q-2/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire d’examen des troubles des conduites alimentaires (EDE-Q).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/eating-disorder-examination-questionnaire-ede-q-2/.