Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires (EDBQ)

Le Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires (EDBQ) mesure les schémas cognitifs profonds et les croyances conditionnelles liés au poids, à la silhouette et à l’alimentation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires (Eating Disorder Belief Questionnaire, EDBQ), élaboré par les psychologues cliniciennes et chercheurs Myra Cooper, Gillian Todd et Adrian Wells en 1998, constitue l’un des instruments psychométriques de référence conçus pour évaluer l’architecture cognitive profonde sous-tendant l’anorexie mentale, la boulimie et les troubles apparentés. Contrairement aux outils traditionnels axés principalement sur les manifestations comportementales ouvertes ou la sévérité superficielle des symptômes (tels que la fréquence des crises de gloutonnerie ou des comportements purgatifs), l’EDBQ sonde spécifiquement les croyances fondamentales inconditionnelles (schémas nucléaires négatifs portant sur le soi) et les croyances conditionnelles sous-jacentes (présomptions, règles et postulats intermédiaires) reliant le poids, la silhouette et l’alimentation à la valeur personnelle et à l’acceptation sociale.

Composé de 32 items, l’EDBQ utilise un format d’échelle visuelle analogique continue allant de 0 (« Je ne crois généralement pas du tout cela ») à 100 (« Je suis généralement totalement convaincu(e) que cela est vrai »). L’instruction invite explicitement la personne interrogée à quantifier son niveau d’adhésion émotionnelle (« ce que vous ressentez ou croyez émotionnellement ») plutôt qu’une évaluation intellectuelle ou purement rationnelle. L’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire a mis en évidence quatre dimensions psychométriques distinctes : (1) les croyances négatives sur le soi (items 1 à 10), (2) le poids et la silhouette comme moyen d’acceptation par autrui (items 11 à 20), (3) le poids et la silhouette comme moyen d’estime de soi (items 21 à 23), et (4) le contrôle de l’alimentation (items 24 à 32). Les études psychométriques démontrent une consistance interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach globaux et sous-dimensionnels oscillant entre 0,87 et 0,96), une fidélité test-retest substantielle, ainsi qu’une validité discriminante remarquable permettant de distinguer significativement les patientes atteintes de troubles du comportement alimentaire des groupes témoins cliniques et non cliniques.

2. Mots-clés / Keywords

Troubles des conduites alimentaires, EDBQ, croyances fondamentales, schémas cognitifs, anorexie mentale, boulimie, image corporelle, thérapie cognitivo-comportementale, psychométrie, évaluation clinique, psychopathologie cognitive, distorsions cognitives, perfectionnisme, régulation émotionnelle, validité factorielle.

3. Auteurs / Authors

Le Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires a été conçu et validé par une équipe de chercheurs britanniques majeurs en psychopathologie cognitive :

  • Dr Myra Cooper : Psychologue clinicienne consultante, directrice de recherche au sein du Programme doctoral de psychologie clinique de l’Université d’Oxford (Oxford Institute of Clinical Psychology Training and Research, Royaume-Uni). Spécialiste mondialement reconnue des modèles cognitifs des troubles du comportement alimentaire.
  • Gillian Todd : Psychothérapeute cognitivo-comportementale, chercheuse clinicienne associée au département de psychiatrie de l’Université de Cambridge et aux services de santé mentale spécialisés (Addenbrooke’s Hospital, Cambridge, Royaume-Uni).
  • Pr Adrian Wells : Professeur de psychologie clinique à l’Université de Manchester (Royaume-Uni), pionnier de la thérapie métacognitive et théoricien de premier plan des modèles cognitifs des troubles anxieux et affectifs.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’EDBQ est de cartographier et de mesurer avec précision l’organisation cognitive profonde qui prédispose, déclenche et maintient les troubles des conduites alimentaires (TCA). Avant l’introduction de cet instrument, les questionnaires psychométriques les plus fréquemment utilisés — tels que l’Eating Disorder Examination Questionnaire (EDE-Q) ou l’Eating Disorder Inventory (EDI) — évaluaient principalement les pensées automatiques de surface (« Je dois sauter un repas »), les préoccupations pondérales explicites ou la symptomatologie clinique globale. Ces outils laissaient dans l’ombre les postulats cognitifs sous-jacents et les schémas d’inadaptation qui gouvernent ces attitudes manifestes.

Applications cliniques

Dans la pratique psychothérapeutique, singulièrement au sein de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et de la thérapie des schémas de Young, l’EDBQ sert d’outil diagnostique fonctionnel et de conceptualisation de cas. Il permet au thérapeute d’identifier :

  • Le décalage cognitivo-rationnel : De nombreux patients souffrant de TCA possèdent une lucidité intellectuelle remarquable : ils reconnaissent formellement que la maigreur extrême ne garantit ni le bonheur ni la sécurité affective. Cependant, au niveau « émotionnel », ils demeurent intimement persuadés du contraire. L’instruction originale de l’EDBQ cible précisément ce ressenti affectif brut.
  • Les leviers thérapeutiques personnalisés : En décomposant les croyances en quatre axes majeurs, le praticien peut déterminer si le moteur principal du trouble réside dans une auto-dévalorisation globale (schéma de défectuosité/échec), dans une quête désespérée d’affiliation sociale conditionnée par l’apparence, ou dans une phobie de la perte de contrôle nutritionnel.
  • Le monitorage des restructurations cognitives : Administré périodiquement au cours de la psychothérapie, l’EDBQ offre un indicateur sensible des changements d’attitudes fondamentales, prévenant ainsi les rechutes post-thérapeutiques fréquentes lorsque seuls les comportements alimentaires ont été corrigés en surface.

Applications en recherche psychopathologique

Sur le plan de la recherche, l’EDBQ est un instrument de choix pour tester empiriquement les modèles cognitifs étiologiques. Il facilite l’analyse des interactions entre la régulation de l’affect, la vulnérabilité de l’estime de soi et le perfectionnisme dysfonctionnel. L’outil est largement employé dans les essais contrôlés randomisés pour documenter les mécanismes de médiation cognitive du changement thérapeutique.

5. Construit psychologique / Construct

L’EDBQ évalue un construit multidimensionnel articulé autour des représentations cognitives du soi, du corps et du comportement alimentaire. Les quatre dimensions identifiées par les analyses psychométriques reflètent une hiérarchie cognitive allant des schémas nucléaires inconditionnels aux croyances conditionnelles instrumentales.

1. Croyances négatives sur le soi (Negative Self-Beliefs, Items 1-10)

Cette sous-échelle évalue les croyances inconditionnelles centrales et dépréciatives relatives à la valeur intrinsèque de l’individu, indépendamment de toute considération corporelle explicite. Ces croyances correspondent aux schémas nucléaires décrits par Aaron T. Beck et Jeffrey Young. Les énoncés ciblent l’incompétence (« Je suis stupide », « Je suis un raté »), l’inutilité (« Je suis inutile »), le rejet social (« Je ne suis pas une personne aimable », « Je suis inaimable ») et le mépris de soi (« Je ne m’aime pas beaucoup »). Dans l’étiopathogénie des TCA, ces schémas constituent le terreau affectif douloureux à partir duquel se développent des mécanismes de compensation comportementale.

2. Le poids et la silhouette comme moyen d’acceptation par autrui (Weight and Shape as a Means to Acceptance by Others, Items 11-20)

Cette dimension mesure les croyances conditionnelles selon lesquelles l’obtention de la reconnaissance, de l’affection, du respect et de l’approbation sociale dépend directement et exclusivement de la minceur, de la fermeté et de la forme anatomique. Les items capturent des règles logiques rigides du type « Si-Alors » (ex. : « Si mes cuisses sont fermes, cela signifie que je suis une meilleure personne », « Si je perds du poids, les gens feront attention à moi »). Le corps est ici instrumentalisé comme l’unique monnaie d’échange sociale capable de neutraliser la peur de l’abandon et de l’isolement interpersonnel.

3. Le poids et la silhouette comme moyen d’estime de soi (Weight and Shape as a Means to Self-Esteem, Items 21-23)

Cette composante, bien que plus courte, isole la dépendance de l’auto-évaluation interne et du sentiment d’attractivité corporelle vis-à-vis de marqueurs somatiques très précis (estomac plat, chair ferme, silhouette fuselée). Contrairement à la dimension précédente orientée vers le regard d’autrui, cette sous-échelle quantifie l’exigence d’un corps mince pour que l’individu puisse s’accorder à lui-même une valeur positive (« Si mon corps est mince, je peux me sentir bien dans ma peau »). Elle traduit la surévaluation de la silhouette dans la définition de l’identité personnelle.

4. Contrôle de l’alimentation (Control over Eating / Eating and Control, Items 24-32)

Cette sous-échelle examine les présomptions rigides, dichotomiques et catastrophistes associées à la prise alimentaire, à la digestion et aux méthodes compensatoires. Elle explore :

  • Les croyances magiques ou déformées sur le métabolisme et les « aliments interdits » (« Si je mange de mauvais aliments… ils se transformeront en graisse » ; « Si je mange des desserts… je vais grossir »).
  • Les règles inflexibles de restriction préventive (« Si je reste affamé(e), je peux me prémunir contre la perte de contrôle et la prise de poids »).
  • Les croyances fonctionnelles relatives aux purges et vomissements (« Si je fais des crises de boulimie et vomis, je peux garder le contrôle »).
  • La rupture de barrage alimentaire (« Si je mange un aliment interdit, je ne pourrai plus m’arrêter »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’EDBQ s’inscrit au confluent de deux grands courants théoriques de la psychopathologie contemporaine : le modèle cognitif classique de la dépression et de la personnalité développé par Aaron T. Beck, et le modèle cognitif spécifique des troubles des conduites alimentaires formulé par Christopher G. Fairburn, complété par les apports métacognitifs d’Adrian Wells et les travaux spécifiques de Myra Cooper.

Le modèle cognitif à trois niveaux de Beck

La théorie beckienne postule que la cognition humaine est structurée en trois strates interdépendantes :

  1. Les pensées automatiques spontanées : flux de cognitions rapides et conscientes survenant en réponse à des stimuli environnementaux (ex. : « Ce biscuit va me faire grossir »).
  2. Les croyances intermédiaires (présomptions, attitudes et règles) : structures conditionnelles guidant l’action pour éviter l’activation des peurs profondes (ex. : « Si je garde un contrôle absolu sur mon poids, je serai respecté(e) »).
  3. Les croyances fondamentales (schémas nucléaires) : concepts absolus et inconditionnels sur soi-même, le monde et les autres (ex. : « Je suis fondamentalement un raté », « Je suis sans valeur »).

L’EDBQ est l’un des rares instruments psychométriques dans le domaine des TCA conçu spécifiquement pour opérationnaliser simultanément le niveau 2 (croyances conditionnelles de contrôle et d’acceptation) et le niveau 3 (croyances fondamentales négatives sur le soi).

La théorie cognitivo-comportementale transdiagnostique de Fairburn

Le modèle transdiagnostique de Fairburn, Shafran et Cooper (2003) identifie la surévaluation du contrôle du poids, de la silhouette et de l’alimentation comme la psychopathologie centrale (« core psychopathology ») de l’ensemble des troubles alimentaires. Selon cette modélisation, tandis que la plupart des individus fondent leur estime d’eux-mêmes sur une variété de domaines de vie (relations interpersonnelles, travail, aptitudes intellectuelles, créativité), les patients atteints de TCA jugent leur valeur presque exclusivement, ou de manière prédominante, en fonction de leur silhouette et de leur capacité à restreindre leur apport calorique. L’EDBQ fournit une mesure opérationnelle détaillée de cette dynamique en capturant les mécanismes compensatoires par lesquels l’individu tente d’échapper à un sentiment sous-jacent de faillite personnelle.

La distinction croyance rationnelle versus croyance émotionnelle

Un apport novateur de Cooper, Todd et Wells réside dans la séparation explicite entre le « savoir intellectuel » et la « conviction émotionnelle ». Les patients atteints d’anorexie ou de boulimie rapportent fréquemment : « Rationnellement, je sais qu’un repas équilibré ne va pas me transformer instantanément en une personne obèse et détestable, mais au fond de mes tripes, j’ai l’intime certitude que c’est le cas ». En demandant aux sujets de situer leur curseur sur la base exclusive de ce qu’ils ressentent émotionnellement, l’EDBQ contourne les défenses d’intellectualisation et accède au niveau de traitement affectivo-cognitif qui régule effectivement les conduites symptomatiques.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’EDBQ a été documentée à travers de multiples études empiriques incluant des populations cliniques (anorexie mentale restrictive et avec crises/purgations, boulimie nerveuse, hyperphagie boulimique) et des populations non cliniques (étudiants, population générale).

Validité de construit et validité factorielle

Dans l’étude princeps de Cooper, Todd et Wells (1998), administrée à des cohortes de femmes atteintes de TCA et de sujets témoins, les analyses factorielles ont confirmé une organisation robuste en quatre facteurs expliquant une proportion élevée de la variance totale des scores. La distinction nette entre les croyances fondamentales générales et les croyances conditionnelles spécifiques au corps confirme l’hypothèse théorique de Beck quant à l’étagement de l’appareil cognitif.

Validité convergente

L’EDBQ démontre des corrélations positives statistiquement très significatives ($p < 0{,}001$) avec les principaux instruments standardisés mesurant la psychopathologie alimentaire et la détresse psychologique générale :

  • Corrélations élevées avec les sous-échelles de l’Eating Disorder Examination (EDE) et de l’Eating Disorder Inventory (EDI), singulièrement avec la « Quête de minceur » ($r = 0{,}65$ à $0{,}78$), l’« Insatisfaction corporelle » ($r = 0{,}58$ à $0{,}72$) et la « Peur de grossir ».
  • Corrélations significatives entre la sous-échelle « Croyances négatives sur le soi » et le Beck Depression Inventory (BDI) ($r = 0{,}62$ à $0{,}75$), attestant que cette dimension capture fidèlement la composante dépressive et le désespoir sous-jacents aux TCA.
  • Corrélations avec les mesures du perfectionnisme névrotique (ex. : Multidimensional Perfectionism Scale de Frost) et les échelles d’inadaptation des schémas de Young.

Validité discriminante et différentielle

L’EDBQ fait preuve d’une capacité discriminante exceptionnelle. Les scores moyens obtenus par les patientes souffrant de troubles des conduites alimentaires avérés sont massivement et significativement supérieurs à ceux obtenus par des groupes témoins appariés sans pathologie alimentaire ($p < 0{,}001$, tailles d’effet de Cohen $d > 1{,}20$). De plus, l’instrument parvient à discriminer les patientes TCA de groupes témoins psychiatriques souffrant de dépression majeure ou de troubles anxieux : si les patients déprimés présentent des scores élevés sur la sous-échelle « Croyances négatives sur le soi », seules les patientes TCA présentent des élévations massives et simultanées sur les trois échelles spécifiques au corps, à l’acceptation et au contrôle alimentaire.

Sensibilité au changement thérapeutique

Des investigations longitudinales évaluant les effets de la thérapie cognitivo-comportementale ont démontré que les scores de l’EDBQ diminuent de façon statistiquement significative au terme d’une prise en charge réussie. La normalisation des scores sur les facteurs de « Croyances conditionnelles » constitue un prédicteur robuste de maintien de la rémission à long terme lors des suivis à 6 et 12 mois.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques de fidélité de l’EDBQ ont été examinées en termes de consistance interne et de stabilité temporelle (test-retest).

Consistance interne

Les calculs du coefficient alpha de Cronbach rapportés dans l’étude originale de Cooper et al. (1998) ainsi que dans les réplications ultérieures témoignent d’une homogénéité interne remarquable :

  • Échelle totale (32 items) : $\alpha = 0{,}95$ à $0{,}97$.
  • Croyances négatives sur le soi (Items 1-10) : $\alpha = 0{,}91$ à $0{,}94$.
  • Poids/silhouette comme moyen d’acceptation par autrui (Items 11-20) : $\alpha = 0{,}92$ à $0{,}95$.
  • Poids/silhouette comme moyen d’estime de soi (Items 21-23) : $\alpha = 0{,}86$ à $0{,}90$.
  • Contrôle de l’alimentation (Items 24-32) : $\alpha = 0{,}85$ à $0{,}89$.

Ces coefficients dépassent largement les standards méthodologiques recommandés ($lpha > 0{,}80$) pour les outils psychométriques appliqués en milieu clinique individuel.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été documentée sur des intervalles de deux à quatre semaines auprès d’échantillons non cliniques en phase stationnaire. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson test-retest s’échelonnent entre $r = 0{,}81$ et $r = 0{,}89$ pour l’ensemble des sous-échelles, indiquant une grande stabilité des construits en l’absence d’intervention psychothérapeutique ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La configuration structurale de l’EDBQ a été initialement établie au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par la méthode des facteurs principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), compte tenu de l’intercorrélation théorique attendue entre les dimensions cognitives d’un même syndrome psychopathologique.

Structure à 4 facteurs issue de l’AFE

L’analyse initiale menée par Cooper, Todd et Wells (1998) sur un pool initial élargi d’items a abouti à la sélection des 32 items finaux, dont les saturations factorielles étaient strictement supérieures au seuil conventionnel de 0,40, sans saturations croisées problématiques majeures :

  • Facteur 1 (Negative Self-Beliefs) : Les items 1 à 10 saturent fortement sur ce facteur (saturations factorielles allant de 0,55 à 0,84). Ce facteur capture l’auto-dévalorisation inconditionnelle, sans mention de paramètres somatiques.
  • Facteur 2 (Weight and Shape as a Means to Acceptance by Others) : Les items 11 à 20 présentent des saturations comprises entre 0,58 et 0,81. Ils explicitent le lien conditionnel entre la morphologie corporelle et l’amour, l’approbation ou la bienveillance d’autrui.
  • Facteur 3 (Weight and Shape as a Means to Self-Esteem) : Les items 21 à 23 forment un facteur concis mais très cohérent (saturations entre 0,62 et 0,79), centré sur l’auto-satisfaction dérivée de la minceur.
  • Facteur 4 (Control over Eating) : Les items 24 à 32 saturent entre 0,46 et 0,77. Ils modélisent la peur de perdre le contrôle, les rituels d’élimination et la dangerosité fantasmée des glucides et lipides.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les études de réplication psychométrique ultérieures (notamment Smeets et al., 2008 ; Sheffield et al., 2005) utilisant l’analyse factorielle confirmatoire ont confirmé l’adéquation du modèle quadri-factoriel. Les indices d’ajustement structurel répondent aux critères de qualité statistique : le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent régulièrement 0,92, tandis que le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) se maintient sous la barre des 0,06 (IC 90 % : 0,049 – 0,068). Ce modèle à quatre facteurs corrélés surpasse nettement les modèles alternatifs unifactoriels ou bifactoriels.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires (Eating Disorder Belief Questionnaire — EDBQ).
  • Auteurs : Myra Cooper, Gillian Todd & Adrian Wells (1998).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report questionnaire).
  • Nombre d’items : 32 items rédigés sous forme d’affirmations à la première personne.
  • Format et échelle de réponse : Échelle visuelle analogique (EVA) continue graduée de 0 à 100 :
    0 = « I don’t usually believe this at all » (Je ne crois généralement pas du tout cela)
    100 = « I am usually completely convinced that this is true » (Je suis généralement totalement convaincu(e) que cela est vrai).
  • Consigne d’administration : Le participant doit évaluer l’intensité de sa conviction en se basant expressément sur ce qu’il ressent ou croit émotionnellement au quotidien, et non sur ce qu’il conçoit rationnellement comme vrai.
  • Temps de passation : Environ 8 à 12 minutes.
  • Modalités de cotation et de calcul des scores :
    • Le score de chaque item est mesuré en millimètres sur la ligne de 100 mm ou directement reporté de 0 à 100 en version numérique.
    • Aucun item n’est inversé.
    • Les scores des 4 sous-échelles sont calculés en effectuant la moyenne arithmétique (ou la somme) des items correspondants :
      • Sous-échelle 1 (Croyances négatives sur le soi) : Moyenne des items 1 à 10.
      • Sous-échelle 2 (Poids et silhouette pour l’acceptation d’autrui) : Moyenne des items 11 à 20.
      • Sous-échelle 3 (Poids et silhouette pour l’estime de soi) : Moyenne des items 21 à 23.
      • Sous-échelle 4 (Contrôle de l’alimentation) : Moyenne des items 24 à 32.
    • Score total global : Moyenne arithmétique des 32 items (score de 0 à 100), reflétant la charge cognitive dysfonctionnelle globale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1998.
  • Statut des droits d’auteur : Le copyright de l’article scientifique de validation originale est détenu par Elsevier B.V. (revue Behaviour Research and Therapy).
  • Conditions d’utilisation et tarification : L’EDBQ est un instrument libre de droits pour la recherche scientifique et la pratique clinique non commerciale (open-access for research and clinical purposes). Les auteurs ont mis le questionnaire à disposition dans le domaine académique sans redevance financière requise.
  • Accès et autorisations : Aucune licence commerciale payante n’est requise pour une passation papier ou une intégration dans un protocole clinique standard. Les chercheurs et cliniciens sont simplement tenus de citer rigoureusement l’article princeps de Cooper, Todd et Wells (1998) dans leurs communications scientifiques. Pour toute adaptation commerciale ou inclusion dans un logiciel payant, une demande formelle doit être adressée à l’éditeur Elsevier ou aux auteurs.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: Choose the rating (place a mark on the line) that best describes what you usually believe or what you believe most of the time. Base your response of what you emotionally feel or believe and not on what you rationally believe to be true.

Response scale: 0 (I don’t usually believe this at all) to 100 (I am usually completely convinced that this is true)

  1. I’m stupid
    0————————————————————-100
  2. I’m no good
    0————————————————————-100
  3. I’m a failure
    0————————————————————-100
  4. I’m useless
    0————————————————————-100
  5. I’m dull
    0————————————————————-100
  6. I’m not a likeable person
    0————————————————————-100
  7. I’m all alone
    0————————————————————-100
  8. I don’t like myself very much
    0————————————————————-100
  9. I’m unlovable
    0————————————————————-100
  10. I’m ugly
    0————————————————————-100
  11. If my thighs are firm it means I’m a better person
    0————————————————————-100
  12. If my hips are narrow it means I’m successful
    0————————————————————-100
  13. If my bottom is small people will take me seriously
    0————————————————————-100
  14. If I gain weight it means I’m a bad person
    0————————————————————-100
  15. If I gain weight I’m nothing
    0————————————————————-100
  16. If my body shape is in proportion people will love me
    0————————————————————-100
  17. If my hips are thin people will approve of me
    0————————————————————-100
  18. If I lose weight people will be friendly and want to get to know me
    0————————————————————-100
  19. If I lose weight people will care about me
    0————————————————————-100
  20. If I lose weight I’ll count more in the world
    0————————————————————-100
  21. If my stomach is flat I’ll be more desirable
    0————————————————————-100
  22. If my flesh is firm I’m more attractive
    0————————————————————-100
  23. If my body is lean I can feel good about myself
    0————————————————————-100
  24. If I eat desserts or puddings I’ll get fat
    0————————————————————-100
  25. Body fat/flabbiness is disgusting
    0————————————————————-100
  26. If I eat bad foods such as fats‚ sweets‚ bread and cereals they will turn into fat
    0————————————————————-100
  27. If I’ve eating something I have to get rid of it as soon as possible
    0————————————————————-100
  28. If I binge and vomit I can stay in control
    0————————————————————-100
  29. If I eat three meals a day like other people I’ll gain weight
    0————————————————————-100
  30. If I eat normally I’ll gain weight
    0————————————————————-100
  31. If I stay hungry I can guard against losing control and getting fat
    0————————————————————-100
  32. If I eat a forbidden food I won’t be able to stop
    0————————————————————-100
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires (EDBQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/eating-disorder-belief-questionnaire-edbq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires (EDBQ).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/eating-disorder-belief-questionnaire-edbq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur les croyances relatives aux troubles des conduites alimentaires (EDBQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/eating-disorder-belief-questionnaire-edbq/.