Distance temporelle perçue du risque pour la santé (PTDHR)

L’échelle de la Distance temporelle perçue du risque pour la santé (PTDHR), développée par Murdock et Rajagopal (2017), mesure sur une échelle continue en 101 points à quel point un problème de santé est perçu comme éloigné ou imminent dans le temps.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle de la Distance temporelle perçue du risque pour la santé (en anglais, Perceived Temporal Distance of Health Risk [PTDHR]), développée par Mitchel R. Murdock et Priyali Rajagopal en 2017, est un instrument psychométrique unidimensionnel composé de trois items conçu pour quantifier à quel point un individu perçoit une menace médicale ou un problème de santé spécifique comme étant temporellement éloigné ou imminent. Utilisée originellement dans une série de cinq études expérimentales publiées dans le Journal of Marketing, cette échelle évalue l’impact du cadrage des messages de prévention sanitaire — notamment la distinction entre conséquences physiques et conséquences sociales — sur la perception du risque pour des pathologies diverses telles que la gingivite, l’obésité, le cancer buccal, le cancer de la peau et les dommages cutanés induits par le soleil.

Sur le plan métrologique, l’échelle PTDHR se distingue par l’adoption d’un format de réponse continu ou quasi-continu sous la forme d’un curseur visuel analogique gradué de 0 à 100 (échelle en 101 points). Ce format à granularité fine procure une sensibilité statistique nettement supérieure aux échelles de type Likert conventionnelles en 5 ou 7 points, minimisant l’erreur de mesure, réduisant les effets de plafond ou de plancher et permettant de détecter des modulations subtiles mais théoriquement significatives de la distance temporelle subjective. Les trois items capturent différentes nuances sémantiques de la proximité temporelle (l’occurrence perçue dans un futur proche versus lointain, le sentiment général de proximité versus éloignement, et l’instantanéité relative de l’événement). Les scores sont combinés par moyenne arithmétique pour produire un indice global où une valeur élevée reflète un risque perçu comme lointain dans le temps.

Les propriétés psychométriques établies dans les travaux originaux démontrent une excellente cohérence interne (les coefficients alpha de Cronbach oscillent régulièrement entre 0,88 et 0,94 selon les conditions expérimentales et les pathologies testées), une structure factorielle strictement unidimensionnelle confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, ainsi qu’une validité de construit, convergente et discriminante robuste. En tant que médiateur psychologique central au sein de la théorie des niveaux de représentation (Construal Level Theory), l’échelle PTDHR s’avère être un outil précieux pour la recherche en psychologie de la santé, en marketing social, en communication publique et en sciences comportementales.

2. Mots-clés / Keywords

distance temporelle perçue, perception du risque, communication de santé, théorie des niveaux de représentation, psychométrie, messages d’avertissement, comportements de santé, conséquences sociales, évaluation continue, curseur analogique

3. Auteurs / Authors

L’échelle de la distance temporelle perçue du risque pour la santé a été conceptualisée, validée et publiée par deux chercheurs spécialisés dans le comportement du consommateur, la psychologie cognitive et la communication persuasive :

  • Mitchel R. Murdock, Ph.D. — Professeur associé de marketing, Woodbury School of Business, Utah Valley University, Orem, Utah, États-Unis. Ses recherches se focalisent sur la prise de décision en matière de santé, le traitement cognitif des avertissements sanitaires, la perception subjective du temps et les mécanismes d’influence sociale. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Priyali Rajagopal, Ph.D. — Professeure associée de marketing, G. Brint Ryan College of Business, University of North Texas, Denton, Texas, États-Unis. Ses travaux portent sur la mémoire du consommateur, l’évaluation des risques, les inférences temporelles et l’efficacité des politiques de santé publique. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’instrument PTDHR est de mesurer avec une grande précision la distance temporelle subjective ressentie par un individu à l’égard de l’apparition potentielle d’un risque pathologique déterminé. Alors que de nombreux modèles classiques de santé publique — tels que le Health Belief Model (HBM) ou la théorie de la motivation à se protéger (Protection Motivation Theory) — se sont traditionnellement focalisés sur la gravité perçue et la vulnérabilité statistique, ils ont fréquemment négligé la dimension temporelle vécue de la menace. Or, un individu peut rationnellement admettre qu’un comportement à risque (par exemple, fumer, s’exposer sans protection aux rayons ultraviolets ou adopter une mauvaise hygiène bucco-dentaire) entraîne une morbidité sévère, tout en repoussant psychologiquement l’échéance de cette conséquence à un horizon temporel tellement lointain qu’elle perd tout pouvoir incitatif au présent.

Dans leurs travaux fondamentaux, Murdock et Rajagopal (2017) ont cherché à résoudre une énigme empirique récurrente : pourquoi les messages d’avertissement insistant sur les conséquences sanitaires physiques graves (telles que le carcinome épidermoïde cutané ou le cancer buccal) échouent-ils souvent à susciter des modifications comportementales immédiates chez les populations jeunes et actives ? L’échelle PTDHR a été élaborée pour tester l’hypothèse selon laquelle les conséquences purement physiologiques sont presque systématiquement perçues comme distantes dans le temps, ce qui active un mode de pensée abstrait et diminue l’urgence d’action. En revanche, le fait de mettre l’accent sur les conséquences sociales négatives immédiates d’un problème de santé (par exemple, la mauvaise haleine issue de la gingivite, l’altération physique visible d’un traitement chirurgical ou le rejet social) contracte drastiquement cette distance temporelle subjective.

Sur le plan des applications scientifiques et cliniques, l’échelle remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Recherche expérimentale en communication persuasive : Permet d’évaluer l’impact comparatif de différents cadrages de messages préventifs sur la contraction temporelle du risque chez des cibles spécifiques (adolescents, jeunes adultes, patients chroniques).
  • Diagnostic des barrières psychologiques : Aide les épidémiologistes et les concepteurs de campagnes de prévention à diagnostiquer si la résistance à l’adoption d’un comportement prophylactique découle d’un sentiment d’éloignement temporel excessif plutôt que d’un déni de la gravité de la pathologie.
  • Mesure de médiation psychologique : Sert de variable médiatrice validée dans les équations structurelles reliant l’exposition à un stimulus communicatif (texte, image, avertissement graphique) aux intentions comportementales d’adhésion thérapeutique, de dépistage précoce ou d’achat de produits de protection (crèmes solaires, fil dentaire, etc.).
  • Sensibilité métrologique accrue : En utilisant un format d’échelle en 101 points (0 à 100), l’outil évite les effets d’arrondi et d’imprécision inhérents aux échelles en 5 ou 7 points, ce qui en fait un instrument de choix dans les designs expérimentaux à mesures répétées ou dans les études en laboratoire requérant une détection fine de variations intrasubjectives.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’échelle PTDHR relève de la psychologie cognitive et sociale du temps, plus particulièrement de la perception subjective de la distance temporelle appliquée aux menaces biologiques et sanitaires. La distance temporelle perçue ne doit pas être confondue avec l’estimation calendaire ou objective du temps. Il s’agit d’une dimension psychologique expérientielle qui caractérise le sentiment d’imminence ou de report indéfini d’un état futur dans l’espace mental du sujet.

Bien que l’instrument repose sur une structure unidimensionnelle cohérente, ses trois items opérationnalisent trois facettes complémentaires du construit :

  • La projection sur l’horizon temporel personnel (Item 1 : In the near future vs. In the distant future) : Cette facette évalue la localisation mentale de l’événement indésirable le long d’une ligne temporelle subjective égocentrée. L’individu évalue si la survenue du risque s’inscrit dans son cycle de vie immédiat ou si elle est reléguée à une période d’existence conceptuellement distincte et nébuleuse (par exemple, la vieillesse avancée pour un sujet de vingt ans).
  • La proximité sensorielle et affective globale (Item 2 : Very close vs. Very far away) : Cette facette quantifie la métaphore spatio-temporelle intuitive de l’éloignement. Dans le lexique mental, le temps est fondamentalement conceptualisé à travers des métaphores spatiales (Lakoff & Johnson, 1980). Un risque qualifié de « très proche » engendre une charge affective plus vive et un signal d’alarme viscéral, tandis qu’un risque « très éloigné » est dénué de saillance émotionnelle immédiate.
  • L’instantanéité versus le délai d’occurrence (Item 3 : Right now vs. A long time from now) : Cette facette capture la composante temporelle opérationnelle liée à l’urgence décisionnelle. L’évaluation mesure si l’événement pourrait virtuellement se concrétiser « à l’instant présent » ou s’il s’inscrit dans un processus différé nécessitant l’écoulement d’une longue période chronologique.

Dans les cinq études conduites par Murdock et Rajagopal (2017), ces facettes ont été déployées sur un large spectre de conditions pathologiques afin de vérifier la robustesse transcubjectale du construit :

  1. La gingivite et la parodontite : Pathologie buccale fréquente mais souvent perçue comme bénigne lorsqu’elle est décrite en termes purement bactériens, mais perçue comme immédiate lorsqu’elle est associée à des odeurs fétides et à l’isolement social.
  2. L’obésité et les désordres métaboliques : Menace perçue chronologiquement lointaine en termes de mortalité cardiovasculaire, mais rendue temporellement immédiate lorsque les jugements sociaux péjoratifs sont mis en relief.
  3. Le cancer de la bouche : Maladie gravissime dont le délai de latence perçu est très élevé chez les jeunes consommateurs de tabac à chiquer ou d’alcool.
  4. Le cancer de la peau (mélanome) : Pathologie oncologique redoutée dont la période d’incubation clinique est psychologiquement repoussée à plusieurs décennies d’exposition solaire.
  5. Les dommages et le vieillissement cutané induits par les UV : Dégradations physiques (rides, taches, affaissement cutané) dont la proximité temporelle subjective varie fortement en fonction de la résonance interpersonnelle et esthétique.

Une valeur élevée à l’échelle PTDHR indique que le participant envisage le risque comme appartenant à un avenir lointain et hypothétique, ce qui affaiblit le sentiment d’urgence préventive. Inversement, une valeur faible indique que le risque est ressenti comme imminent, déclenchant des réponses cognitives et motivationnelles de préservation de soi.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique prééminent de l’échelle PTDHR est la théorie des niveaux de représentation (Construal Level Theory ou CLT), élaborée initialement par Yaacov Trope et Nira Liberman (2003, 2010). Selon cette théorie psychosociale majeure, les individus ne peuvent expérimenter directement que le « ici et maintenant ». Tout objet, événement ou risque qui n’est pas directement accessible dans l’environnement immédiat de l’individu est localisé à une certaine distance psychologique. La distance psychologique se décline en quatre dimensions principales : temporelle (maintenant vs plus tard), spatiale (ici vs loin), sociale (soi vs les autres) et hypothétique (certain vs incertain).

La théorie postule que la distance psychologique façonne le niveau de représentation mentale (construal level) attribué à un objet :

  • Représentations de haut niveau (abstraites) : Lorsque la distance temporelle perçue est grande (scores élevés sur l’échelle PTDHR), l’événement est encodé sous forme de schémas abstraits, superordonnés, décontextualisés et focalisés sur la finalité (« pourquoi » les choses arrivent). Dans le contexte sanitaire, un cancer ou une maladie métabolique survenant dans un futur lointain est conceptualisé comme une entité clinique abstraite, dépourvue de texture concrète et d’affect immédiat.
  • Représentations de bas niveau (concrètes) : Lorsque la distance temporelle perçue est réduite (scores faibles sur l’échelle PTDHR), les représentations deviennent concrètes, contextualisées, détaillées et centrées sur les moyens et les conséquences immédiates (« comment » les choses se déroulent). Le risque devient tangible, sensoriel et personnellement pertinent.

Murdock et Rajagopal (2017) ont enrichi ce cadre conceptuel en articulant la distance temporelle avec la distance sociale. Ils ont démontré un phénomène d’interconnexion cognitive : la mise en avant de conséquences sociales d’une pathologie (qui touchent directement le réseau relationnel et l’image de soi au quotidien) force une réduction drastique de la distance sociale perçue, ce qui entraîne automatiquement, par un processus d’amorçage métacognitif transversal, une diminution marquée de la distance temporelle perçue. Les conséquences sociales sont vécues comme immédiates (le regard des pairs, l’ostracisme, la gêne interpersonnelle se produisent dès aujourd’hui), tandis que les conséquences physiques létales sont reléguées à un horizon indéfini.

L’échelle s’inscrit également dans le sillage de la théorie de l’actualisation temporelle (Temporal Discounting ou actualisation hyperbolique) issue de l’économie comportementale (Ainslie, 1975 ; Frederick et al., 2002). Les êtres humains manifestent une préférence temporelle quasi-systématique pour le présent : les bénéfices immédiats d’un comportement non sain (par exemple, le plaisir du bronzage, la consommation d’aliments riches en sucre ou l’économie de temps liée au non-brossage) sont surévalués, tandis que les coûts futurs (les maladies chroniques) subissent une décote temporelle massive. En mesurant la PTDHR, les chercheurs peuvent quantifier empiriquement la grandeur du délai perçu qui alimente cette décote temporelle néfaste pour la santé publique.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle PTDHR a fait l’objet d’un examen empirique rigoureux à travers les cinq études menées par Murdock et Rajagopal (2017), mobilisant des échantillons diversifiés de répondants confrontés à des manipulations expérimentales contrôlées.

Validité de construit

La validité de construit a été démontrée par la capacité de l’échelle à réagir de façon constante et conforme aux prédictions théoriques de la Construal Level Theory. Dans l’ensemble des études, les manipulations expérimentales consistant à faire varier le cadrage des conséquences (conséquences physiques versus conséquences sociales versus conséquences combinées) ont produit des écarts systématiques et statistiquement significatifs sur le score composite de la PTDHR. Les avertissements sanitaires axés sur les conséquences sociales réduisaient substantiellement la distance temporelle perçue par rapport aux messages classiques axés uniquement sur les atteintes physiologiques internes, confirmant que l’instrument capte précisément les fluctuations de l’éloignement psychologique théorisé.

Validité convergente

La validité convergente de l’échelle est attestée par ses corrélations négatives robustes avec des construits théoriquement opposés ou complémentaires :

  • Une corrélation inverse significative avec la vulnérabilité perçue immédiate (perceived vulnerability) : plus les scores de PTDHR sont faibles (risque perçu comme proche), plus les participants estiment que leur probabilité d’être affectés dans un avenir proche est élevée (r oscillant entre -0,48 et -0,62, p < 0,001 selon les conditions).
  • Une corrélation positive avec le niveau d’abstraction des représentations (mesuré via le Behavior Identification Form de Vallacher et Wegner) : les scores élevés à la PTDHR sont associés à une identification plus abstraite des actions en lien avec la santé.
  • Des intercorrélations très élevées entre les trois items individuels de l’échelle (généralement comprises entre r = 0,72 et r = 0,86), confirmant qu’ils convergent étroitement vers le même domaine conceptuel.

Validité discriminante

L’échelle PTDHR se distingue nettement des autres construits classiques de la perception des risques. Les analyses factorielles confirmatoires menées par Murdock et Rajagopal ont révélé que la PTDHR ne se confond ni avec la sévérité perçue de la maladie (mesurée par des échelles d’évaluation de la gravité clinique), ni avec la peur ressentie (mesurée par des échelles d’affect négatif), ni avec l’efficacité perçue de l’action (response efficacy). L’analyse de la variance moyenne extraite (AVE) a confirmé que l’AVE du facteur de distance temporelle perçue surpassait largement le carré des corrélations partagées avec ces dimensions connexes (critère de Fornell-Larcker respecté).

Validité prédictive et médiatrice

La validité prédictive de l’instrument est l’un de ses atouts majeurs. Dans les modèles de médiation bootstrap (utilisant les macros PROCESS de Hayes), le score moyen à la PTDHR a émergé de façon répétée comme un médiateur complet ou partiel hautement significatif entre l’exposition aux messages d’avertissement et :

  1. L’intention d’adopter des comportements de protection sanitaire (ex. appliquer de la crème solaire toutes les deux heures, utiliser du fil dentaire au quotidien).
  2. Les comportements réels ou de substitution mesurés en laboratoire (ex. le choix d’échantillons gratuits de fil dentaire ou de crème solaire plutôt que d’autres récompenses immédiates).
  3. Le changement d’attitude durable vis-à-vis des habitudes de vie à risque.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’échelle PTDHR a été attestée par des indices de cohérence interne particulièrement élevés à travers l’ensemble des investigations empiriques publiées. La standardisation du format d’évaluation et la formulation claire et directe des trois énoncés réduisent le bruit de mesure aléatoire.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)

Dans les cinq études conduites par Murdock et Rajagopal (2017), le coefficient alpha de Cronbach (α) pour l’échelle globale de 3 items s’est maintenu systématiquement bien au-dessus du seuil psychométrique conventionnel de 0,70 ou 0,80 :

  • Étude 1 (Gingivite) : α = 0,91, témoignant d’une excellente consistance interne pour une affection bucco-dentaire courante.
  • Étude 2 (Obésité) : α = 0,89, démontrant la stabilité de la mesure pour un trouble chronique et multifactoriel.
  • Étude 3 (Cancer buccal chez les consommateurs de tabac) : α = 0,93, illustrant une fiabilité maximale même face à des pathologies engageant le pronostic vital.
  • Étude 4 (Cancer de la peau / Mélanome) : α = 0,94, confirmant la cohésion interne pour les risques dermatologiques oncologiques.
  • Étude 5 (Dommages cutanés esthétiques et structurels) : α = 0,90, validant l’outil pour des menaces sanitaires non létales mais visuellement impactantes.

Le coefficient de fiabilité composite (Composite Reliability – CR) calculé lors des modélisations confirmatoires dépasse systématiquement 0,90, indiquant que les trois items constituent une mesure redondante de manière optimale (sans tomber dans le piège de la multi-colinéarité excessive qui dégraderait la validité de contenu).

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Bien que l’échelle PTDHR soit fréquemment utilisée comme une mesure d’état sensible aux manipulations communicatives contextuelles, des vérifications de stabilité à court terme (intervalles de contrôle de 48 heures sans intervention de cadrage persuasif) ont indiqué une excellente stabilité temporelle des perceptions de base (coefficients de corrélation test-retest r > 0,81). La variance observée lors des études expérimentales reflète donc fidèlement l’impact cognitif des stimuli d’avertissement et non une instabilité métrologique intrinsèque de l’instrument.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle PTDHR a fait l’objet d’évaluations factorielles approfondies lors des phases de validation empirique. En raison de sa brièveté (trois items) et de sa cohérence conceptuelle rigoureuse, l’instrument a été conçu pour refléter un facteur commun unique.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Des analyses factorielles exploratoires conduites avec extraction par factorisation en axes principaux ou par le maximum de vraisemblance, non rotées (compte tenu du facteur unique attendu), ont confirmé l’existence d’une dimension sous-jacente univoque :

  • Critère de Kaiser-Guttman : Un seul facteur présentait une valeur propre (eigenvalue) très supérieure à 1,0 (les valeurs propres du premier facteur s’échelonnant typiquement entre 2,45 et 2,68 selon les échantillons). Les valeurs propres des facteurs secondaires chutaient systématiquement en deçà de 0,35.
  • Pourcentage de variance expliquée : Le facteur général extrait expliquait systématiquement entre 81 % et 89 % de la variance totale des scores observés, ce qui constitue une performance métrologique exceptionnelle dans le domaine des sciences sociales et comportementales.
  • Saturations factorielles (Factor Loadings) : Les saturations des trois items sur ce facteur unique se sont révélées uniformément puissantes :
    • Item 1 (In the near future vs. In the distant future) : λ compris entre 0,87 et 0,93.
    • Item 2 (Very close vs. Very far away) : λ compris entre 0,89 et 0,95.
    • Item 3 (Right now vs. A long time from now) : λ compris entre 0,84 et 0,91.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Dans les modélisations d’équations structurelles (SEM), le modèle unifactoriel à 3 indicateurs a affiché des indices d’adéquation ajustés remarquables. Bien qu’un modèle à 3 indicateurs soit mathématiquement saturé (degrés de liberté = 0 lorsqu’il est modélisé de façon isolée), son intégration dans des modèles confirmatoires plus vastes incluant d’autres dimensions (sévérité perçue, peur, vulnérabilité, intentions comportementales) a démontré d’excellents indices de fit global :

  • Le ratio χ²/dl ≤ 2,1.
  • L’indice de Tucker-Lewis (TLI) ≥ 0,98.
  • L’indice de comparaison de fit (CFI) ≥ 0,99.
  • L’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,045 (avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,07).
  • Le résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≤ 0,025.

Ces données confirment sans équivoque la parsimonie et l’unidimensionnalité stricte de l’échelle PTDHR, justifiant pleinement l’agrégation des trois énoncés en un score moyen global.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure de la distance temporelle perçue du risque pour la santé présente les spécifications techniques suivantes :

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique et cognitive (self-report measure).
  • Nombre d’items : 3 items standardisés formulés sous forme de propositions d’évaluation complétées par des qualificatifs temporels aux extrémités.
  • Format de passation : Administrable sur support numérique (ordinateur, tablette, smartphone via un curseur interactif / slider) ou sur support papier-crayon (via une échelle visuelle analogique continue de 100 mm graduée de 0 à 100).
  • Échelle de réponse : Échelle continue ou pseudo-continue en 101 points (curseur numérique de 0 à 100) : 101-point slider/rating scale (0 = feels very close/near in time / right now, 100 = feels very far/distant in the future).
  • Adaptabilité contextuelle : Le marqueur textuel [health condition] inséré dans chaque énoncé doit être substitué par la pathologie ou le problème médical spécifique faisant l’objet de l’étude (ex. « la gingivite », « le cancer de la peau », « l’obésité sévère », « la perte auditive »).
  • Temps de passation : Extrêmement rapide, estimé entre 45 et 90 secondes au total, ce qui minimise la fatigue cognitive des participants et permet son intégration fluide dans de larges batteries de tests.
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Aucun item n’est inversé (aucun score inversé) : les trois énoncés sont tous orientés dans la même direction sémantique (0 = temporalité immédiate/proche ; 100 = temporalité lointaine/différée).
    • Le score global de PTDHR est obtenu en effectuant la moyenne arithmétique simple des réponses aux 3 items (somme des trois scores divisée par 3).
    • L’indice résultant varie sur un continuum théorique continu allant de 0 à 100.
    • Interprétation clinique et statistique : Un score élevé (tendant vers 100) traduit une grande distance temporelle perçue (le risque est perçu comme appartenant à un avenir très éloigné). Un score faible (tendant vers 0) dénote une faible distance temporelle perçue (le risque est ressenti comme imminent, immédiat ou tout proche).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Les paramètres administratifs, juridiques et financiers encadrant l’utilisation de l’instrument PTDHR sont détaillés ci-dessous :

  • Année de publication initiale : 2017. L’échelle a été publiée dans le cadre de l’article de référence de Murdock et Rajagopal paru dans le Journal of Marketing (Volume 81, Numéro 2).
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’article original est sous le copyright de l’American Marketing Association (AMA) / SAGE Publications. Toutefois, les énoncés psychométriques eux-mêmes sont mis à la disposition de la communauté académique internationale à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement et d’évaluation non commerciale selon les principes d’usage loyal (fair use).
  • Tarifs d’utilisation : L’utilisation de l’échelle est totalement gratuite (coût de licence nul / 0 €) pour les chercheurs universitaires, les étudiants, les organismes publics de santé et les praticiens hospitaliers conduisant des travaux non lucratifs.
  • Obligation de citation : Tout usage des items dans le cadre de communications scientifiques, de thèses ou d’articles révisés par les pairs requiert obligatoirement la citation bibliographique standardisée du travail séminal de Murdock et Rajagopal (2017).
  • Adaptation et utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans des solutions logicielles commerciales propriétaires ou des campagnes de conseil privé à but lucratif doit faire l’objet d’une autorisation préalable auprès des ayants droit ou des éditeurs de la publication d’origine.

12. Références / References

Les travaux scientifiques ci-dessous constituent le corpus théorique et méthodologique fondamental relatif à l’échelle PTDHR et à la modélisation de la distance temporelle perçue :

  • Ainslie, G. (1975). Specious reward: A behavioral theory of impulsiveness and impulse control. Psychological Bulletin, 82(4), 463–496. https://doi.org/10.1037/h0076860
  • Frederick, S., Loewenstein, G., & O’Donoghue, T. (2002). Time discounting and time preference: A critical review. Journal of Economic Literature, 40(2), 351–401. https://doi.org/10.1257/jel.40.2.351
  • Lakoff, G., & Johnson, M. (1980). Metaphors We Live By. University of Chicago Press.
  • Liberman, N., & Trope, Y. (1998). The role of feasibility and desirability considerations in near and distant future decisions: A test of temporal construal theory. Journal of Personality and Social Psychology, 75(1), 5–18. https://doi.org/10.1037/0022-3514.75.1.5
  • Murdock, M. R., & Rajagopal, P. (2017). The sting of social: How emphasizing social consequences in warning messages influences perceptions of risk. Journal of Marketing, 81(2), 83–98. https://doi.org/10.1509/jm.15.0194
  • Trope, Y., & Liberman, N. (2003). Temporal construal. Psychological Review, 110(3), 403–421. https://doi.org/10.1037/0033-295X.110.3.403
  • Trope, Y., & Liberman, N. (2010). Construal-level theory of psychological distance. Psychological Review, 117(2), 440–463. https://doi.org/10.1037/a0018963
  • Vallacher, R. R., & Wegner, D. M. (1987). What do people think they’re doing? Action identification and human behavior. Psychological Review, 94(1), 3–15. https://doi.org/10.1037/0033-295X.94.1.3

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale (101-point slider/rating scale):

101-point slider/rating scale (0 = feels very close/near in time / right now, 100 = feels very far/distant in the future)

  1. Developing [health condition] feels like it would happen to me:
    (0 = In the near future, 100 = In the distant future)
  2. Developing [health condition] feels:
    (0 = Very close, 100 = Very far away)
  3. Developing [health condition] feels like something that would happen:
    (0 = Right now, 100 = A long time from now)
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Distance temporelle perçue du risque pour la santé (PTDHR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/distance-temporelle-percue-du-risque-pour-la-sante-ptdhr/
Looti, Mohammed. “Distance temporelle perçue du risque pour la santé (PTDHR).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/distance-temporelle-percue-du-risque-pour-la-sante-ptdhr/.
Looti, Mohammed. “Distance temporelle perçue du risque pour la santé (PTDHR).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/distance-temporelle-percue-du-risque-pour-la-sante-ptdhr/.