Dispositif d’évaluation familiale de McMaster (FAD)

Guide psychométrique complet du Dispositif d’évaluation familiale de McMaster (FAD) : modèle théorique, validité, fidélité et passation de l’instrument d’évaluation clinique systémique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Dispositif d’évaluation familiale de McMaster (McMaster Family Assessment Device, ou FAD) est un instrument d’auto-évaluation psychométrique internationalement reconnu, conçu par Nathan B. Epstein, Lawrence M. Baldwin et Duane S. Bishop en 1983. Élaboré pour opérationnaliser le modèle systémique de McMaster (McMaster Model of Family Functioning, MMFF), le FAD évalue les caractéristiques structurelles, organisationnelles et transactionnelles du système familial. L’instrument permet d’appréhender le fonctionnement de la famille à travers plusieurs dimensions clés : la résolution de problèmes, la communication, la réactivité affective, l’engagement affectif, le contrôle du comportement ainsi que le fonctionnement général. Dans la forme présentée ici (issue des adaptations cliniques et compendiums standardisés incluant les 49 items opérationnels représentatifs), le questionnaire explore les mécanismes adaptatifs et interactifs du foyer.

Les participants répondent à chaque énoncé selon une échelle de Likert en 4 points (1 = Fortement d’accord, 2 = D’accord, 3 = En désaccord, 4 = Fortement en désaccord). Sur le plan psychométrique, le FAD démontre une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach variant typiquement de 0,68 à 0,82 pour les sous-échelles spécifiques et atteignant 0,93 pour l’instrument global. Les études transculturelles et cliniques ont confirmé sa validité de construit, sa validité discriminante entre familles cliniques et non cliniques, ainsi que sa pertinence pour orienter la thérapie familiale, la psychiatrie infanto-juvénile et la recherche en santé publique.

2. Mots-clés / Keywords

fonctionnement familial, modèle de McMaster, Family Assessment Device, évaluation psychométrique, thérapie systémique, dynamique familiale, résolution de problèmes, communication intrafamiliale, réactivité affective, contrôle comportemental, psychopathologie familiale, validité transculturelle

3. Auteurs / Authors

Le Family Assessment Device a été développé par une équipe pionnière de cliniciens et de chercheurs en psychiatrie et en thérapie systémique rattachés au Département de psychiatrie et de comportement humain de l’Université Brown (Brown University) et à l’Hôpital Butler de Providence, Rhode Island, ainsi qu’à l’Université McMaster au Canada :

  • Nathan B. Epstein, M.D. : Professeur de psychiatrie, pionnier de la thérapie familiale systémique en Amérique du Nord et co-concepteur principal du modèle de McMaster du fonctionnement familial. Affilié successivement à l’Université McMaster (Hamilton, Ontario) et à la Brown University School of Medicine (Providence, Rhode Island).
  • Lawrence M. Baldwin, Ph.D. : Psychologue chercheur et méthodologiste, spécialiste de la mesure quantitative en psychologie clinique et du développement d’instruments psychométriques pour l’évaluation des systèmes relationnels à l’Hôpital Butler et à l’Université Brown.
  • Duane S. Bishop, M.D. : Médecin psychiatre, professeur émérite de psychiatrie au Rhode Island Hospital et à la Brown University School of Medicine, clinicien réputé pour ses travaux sur l’impact des maladies chroniques et des lésions neurologiques sur l’équilibre familial.

4. Objectif / Purpose

Le Dispositif d’évaluation familiale de McMaster (FAD) a été élaboré pour combler une lacune méthodologique majeure dans le champ de la santé mentale : la nécessité de disposer d’un outil standardisé, multidimensionnel, économique en temps et administrable sous forme d’auto-questionnaire, permettant d’évaluer la santé et la dysfonction des familles selon des critères opérationnels rigoureux. Avant l’introduction du FAD, l’évaluation du système familial reposait quasi exclusivement sur des entretiens cliniques semi-structurés semi-qualitatifs, tels que le McMaster Structured Interview of Family Functioning (MCSIFF), ou sur des grilles d’observation externes. Ces méthodes, bien que riches d’un point de vue diagnostique, présentaient des contraintes logistiques importantes en milieu hospitalier ou épidémiologique et souffraient d’une subjectivité inter-évaluateurs variable.

L’objectif fondamental du FAD est d’opérationnaliser le diagnostic systémique en fournissant un profil clinique détaillé des forces et des vulnérabilités de l’unité familiale. Le questionnaire s’adresse aux membres de la famille âgés de 12 ans et plus, permettant de confronter les perspectives individuelles de chaque membre (père, mère, adolescents) sur le fonctionnement de l’ensemble du système. Cette pluralité d’évaluations permet de mettre en lumière d’éventuelles divergences perceptives au sein du foyer, souvent prédictives d’alliances dysfonctionnelles, de clivages ou de ruptures de communication.

Dans la pratique clinique, le FAD est couramment employé comme instrument de dépistage initial lors de l’admission dans les services de psychiatrie générale, de pédopsychiatrie ou de consultation conjugale et familiale. Il offre aux praticiens une cartographie précise des cibles thérapeutiques prioritaires. Par exemple, une famille présentant des scores pathologiques sur l’échelle de résolution de problèmes et de communication, mais des scores préservés sur celle de la réactivité affective, nécessitera une intervention psychoéducative axée sur les habiletés de négociation et d’écoute active plutôt qu’un travail exploratoire sur l’intimité émotionnelle. En outre, le FAD est largement utilisé pour le suivi thérapeutique longitudinal (mesure pré- et post-intervention), permettant d’objectiver l’efficacité des thérapies familiales systémiques ou cognitivo-comportementales.

Dans le domaine de la recherche empirique, le FAD constitue une référence incontournable pour étudier l’étiologie multifactorielle et le pronostic de nombreuses pathologies médicales et psychiatriques. Il est couramment employé pour explorer les répercussions de pathologies somatiques chroniques (cancer pédiatrique, diabète de type 1, traumatisme crânien, accident vasculaire cérébral) sur la stabilité de la cellule familiale, ainsi que le rôle médiateur ou modérateur du climat familial dans la rechute des troubles de l’humeur, des troubles des conduites alimentaires (anorexie et boulimie) et de la schizophrénie.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le FAD repose sur le postulat fondamental selon lequel la famille est un système ouvert composé de sous-systèmes interconnectés, dont la mission première est de soutenir le développement biologique, psychologique et social de ses membres. Le modèle de McMaster postule qu’aucun facteur isolé ne peut résumer la complexité de ce système. Ainsi, le FAD opérationnalise le fonctionnement familial à travers six dimensions cliniques distinctes mais corrélées, complétées par une dimension synthétique :

1. Résolution de problèmes (Problem Solving)

Cette dimension mesure la capacité de la famille à résoudre des difficultés à un niveau qui maintient un fonctionnement familial efficace. Le modèle distingue deux types de problèmes : les problèmes instrumentaux (liés aux besoins matériels de la vie quotidienne, tels que la gestion financière, le logement ou l’alimentation) et les problèmes affectifs (liés aux émotions intenses, à la colère, à la tristesse ou aux conflits relationnels). L’échelle évalue le parcours systématique de la famille à travers les différentes étapes de la résolution de problèmes : identification du problème, communication avec les parties prenantes, développement d’alternatives, prise de décision, mise en œuvre de la solution et évaluation rétrospective de son efficacité. Un dysfonctionnement se caractérise par l’évitement des problèmes, l’incapacité à concrétiser les décisions prises ou la persistance stérile dans des stratégies inopérantes.

2. Communication

La sous-échelle de communication s’intéresse aux modalités d’échange d’informations verbales au sein du système. Le cadre théorique croise deux axes fondamentaux : clair versus masqué (le message est-il explicite ou ambigu ?) et direct versus indirect (le message est-il adressé directement à la personne concernée ou passe-t-il par un intermédiaire / tiers triangulé ?). Le fonctionnement optimal se traduit par une communication claire et directe, tant pour les aspects instrumentaux que pour les messages affectifs. Les items évaluent si les membres expriment directement leurs désaccords et leurs sentiments de tendresse, ou s’ils recourent à des allusions, au non-dit ou au silence punitif lorsque la colère émerge.

3. Réactivité affective (Affective Responsiveness)

Cette dimension évalue la capacité des membres de la famille à éprouver et à manifester une gamme complète d’émotions appropriées en réponse à des stimuli contextuels variés. Le modèle distingue les émotions de bien-être (joie, tendresse, affection, amour) et les émotions de détresse ou d’urgence (peur, tristesse, colère). Un score pathologique reflète soit une restriction affective généralisée (froideur, répression de la vulnérabilité, interdiction de pleurer), soit des réponses émotionnelles disproportionnées ou inadéquates par rapport aux événements vécus.

4. Engagement affectif (Affective Involvement)

L’engagement affectif évalue le degré et la qualité de l’intérêt, de la préoccupation et de l’investissement que les membres de la famille portent les uns aux autres. Le modèle postule un continuum théorique allant d’une absence totale d’engagement (désengagement complet) à un surinvestissement étouffant (enchevêtrement ou intrusion excessive), en passant par des formes égocentriques (intérêt manifesté uniquement si un gain personnel en découle). Le pôle fonctionnel est l’engagement empathique, dans lequel les individus manifestent une préoccupation authentique pour le bien-être d’autrui tout en respectant son autonomie psychologique et son individualité.

5. Contrôle du comportement (Behavioral Control)

Cette dimension analyse la manière dont la famille établit, maintient et applique des normes et des règles régissant le comportement de ses membres. Le modèle examine le contrôle dans trois domaines critiques : les situations impliquant un danger physique direct, les situations liées à la satisfaction des besoins et pulsions psychobiologiques (sommeil, alimentation, élimination, sexualité, agressivité) et les situations interpersonnelles socialisées (gestion des interactions à l’intérieur et à l’extérieur de la famille). Le style de contrôle peut être rigide, flexible, permissif (laissez-faire) ou chaotique. Le fonctionnement sain se caractérise par une flexibilité cohérente, combinant clarté des règles et adaptabilité contextuelle.

6. Fonctionnement général (General Functioning)

L’échelle de fonctionnement général constitue un résumé global de la santé ou de la pathologie systémique de la famille. Elle rassemble des items évaluant le climat émotionnel global, le niveau de soutien mutuel en période de crise, le sentiment d’acceptation inconditionnelle et l’harmonie générale du foyer. Cette dimension est fréquemment utilisée de manière autonome dans les recherches épidémiologiques comme indicateur unidimensionnel synthétique de l’adaptation familiale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le Family Assessment Device s’enracine rigoureusement dans la théorie générale des systèmes formalisée par Ludwig von Bertalanffy, ainsi que dans les développements de la cybernétique de premier et de second ordre appliqués aux sciences humaines. L’approche s’inscrit au confluent des grands courants de la thérapie familiale systémique, partageant des affinités conceptuelles profondes avec l’école structurale de Salvador Minuchin et l’approche interactionnelle du Mental Research Institute (MRI) de Palo Alto.

Le modèle de McMaster (MMFF) repose sur plusieurs postulats fondamentaux :

  • Non-sommativité et interdépendance : La famille est un système dont la dynamique dépasse la simple somme des personnalités individuelles qui la composent. Le comportement d’un membre individuel ne peut être compris isolément des boucles de rétroaction transactionnelles au sein desquelles il s’inscrit.
  • Causalité circulaire : Les difficultés familiales ne découlent pas d’une cause linéaire unique, mais s’auto-entretiennent par des séquences répétitives d’interactions dans lesquelles la réponse d’un individu sert de stimulus au comportement d’un autre.
  • Homéostasie et morphogenèse : Le système familial navigue en permanence entre des mécanismes homéostatiques visant à préserver la stabilité organisationnelle et des processus morphogénétiques indispensables pour s’adapter aux transitions du cycle de vie (naissance d’un enfant, adolescence, départ des enfants du foyer, vieillissement) ou aux crises accidentelles.
  • Organisation hiérarchique et frontières : Une famille saine maintient des frontières générationnelles claires entre le sous-système parental et le sous-système filial, prévenant la parentalisation pathologique des enfants ou la coalition trans-générationnelle.

Contrairement aux modèles psychanalytiques traditionnels axés sur les dynamiques inconscientes intrapsychiques ou aux modèles strictement cognitifs centrés sur les schémas individuels, le modèle de McMaster privilégie une approche résolument comportementale, organisationnelle et pragmatique. Il ne présume pas d’une structure familiale idéale unique (monoparentale, nucléaire, recomposée, élargie), mais évalue comment la configuration actuelle s’acquitte de ses fonctions fondamentales. Cette orientation empirique permet de traduire directement les construits théoriques en comportements observables et mesurables, conférant au FAD une validité écologique exceptionnelle pour les cliniciens de diverses orientations théoriques.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du FAD a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques depuis sa publication princeps par Epstein, Baldwin et Bishop en 1983, confirmant sa robustesse à travers des contextes cliniques, culturels et linguistiques variés.

Validité de construit et validité différentielle

La validité de construit du FAD a initialement été établie en comparant des échantillons de familles issues de la population générale (non cliniques) et des familles consultant en clinique psychiatrique ou pour des thérapies familiales (échantillons cliniques). Les résultats démontrent de manière constante que les familles cliniques obtiennent des scores significativement plus élevés (indiquant un niveau de dysfonctionnement supérieur) sur l’ensemble des sous-échelles du FAD, avec des tailles d’effet modérées à fortes (d de Cohen variant de 0,55 à 1,10 selon les dimensions). L’échelle de fonctionnement général (General Functioning) s’avère particulièrement discriminante, parvenant à classifier correctement plus de 80 % des familles entre les groupes cliniques et non cliniques sur la base de scores seuils optimaux prédéfinis.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente du FAD a été abondamment documentée par le biais de corrélations significatives avec d’autres échelles standardisées d’évaluation relationnelle et systémique :

  • Corrélations substantielles (r = -0,45 à -0,70) avec les dimensions de cohésion et d’adaptabilité du Family Adaptability and Cohesion Evaluation Scales (FACES de David Olson).
  • Corrélations négatives élevées avec l’échelle d’ajustement dyadique (Dyadic Adjustment Scale – DAS) de Spanier, indiquant qu’un fonctionnement familial sain est fortement associé à une plus grande satisfaction conjugale.
  • Corrélations convergentes avec la Family Environment Scale (FES) de Moos, notamment entre la sous-échelle de communication du FAD et la dimension d’expressivité de la FES.

La validité discriminante est appuyée par la faible corrélation entre les scores du FAD et les mesures de désirabilité sociale (comme l’échelle de Marlowe-Crowne), attestant que les réponses des participants reflètent la dynamique familiale réelle plutôt qu’une tendance à présenter une image socialement valorisée. De plus, bien que le FAD corrèle modérément avec la détresse psychologique individuelle (mesurée par exemple par le BDI pour la dépression ou le SCL-90-R), l’analyse de régression multiple montre qu’il apporte une part unique de variance expliquée au-delà de la psychopathologie individuelle.

Validité transculturelle et adaptations internationales

Les propriétés psychométriques du FAD ont été confirmées dans de nombreuses études transculturelles. Des travaux menés sur des populations hispaniques et américaines d’origine caucasienne (Aarons et al., 2007) ont démontré l’invariance de mesure de l’instrument à travers les groupes ethniques. De même, les validations espagnoles (Barroilhet et al., 2009), françaises, italiennes, néerlandaises et asiatiques (notamment chinoises et japonaises) ont répliqué les qualités métriques fondamentales de l’outil, soulignant la pertinence universelle des concepts de résolution de problèmes, de clarté communicative et de régulation affective.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du FAD a été évaluée sous l’angle de la consistance interne, de la stabilité temporelle (test-retest) et de la concordance inter-évaluateurs au sein des systèmes familiaux.

Consistance interne

Les coefficients de consistance interne (alpha de Cronbach) rapportés dans la littérature de référence témoignent d’une homogénéité satisfaisante à excellente pour l’ensemble des dimensions :

  • Résolution de problèmes (Problem Solving) : α = 0,72 à 0,76
  • Communication : α = 0,68 à 0,75
  • Réactivité affective (Affective Responsiveness) : α = 0,68 à 0,78
  • Engagement affectif (Affective Involvement) : α = 0,70 à 0,74
  • Contrôle du comportement (Behavioral Control) : α = 0,75 à 0,79
  • Fonctionnement général (General Functioning) : α = 0,82 à 0,88
  • Score composite global (Overall FAD) : α = 0,93

Bien que les sous-échelles de communication et de réactivité affective présentent parfois des coefficients légèrement inférieurs à 0,70 dans certains sous-groupes cliniques restreints (ce qui s’explique par la nature multidimensionnelle et hétérogène des styles d’interaction mesurés), l’échelle de fonctionnement général et l’indice global affichent une fidélité invariablement élevée, autorisant une utilisation clinique individuelle en toute sécurité diagnostique.

Stabilité test-retest

La fidélité temporelle a été documentée lors d’études longitudinales chez des familles stables sur des intervalles variant de une à six semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de Pearson se situent généralement entre 0,66 et 0,85, indiquant que le FAD mesure des patterns interactionnels relativement stables dans le temps, tout en conservant une sensibilité clinique suffisante pour détecter les changements thérapeutiques substantiels induits par les interventions systémiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du FAD a été minutieusement investiguée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) au sein de cohortes cliniques et non cliniques de grande envergure.

Analyses factorielles exploratoires initiales

Lors de la conception originale par Epstein, Baldwin et Bishop (1983), une analyse factorielle avec rotation varimax a été appliquée à l’ensemble du corpus initial d’items. Les résultats ont clairement mis en évidence des regroupements empiriques correspondant aux postulats conceptuels du modèle de McMaster. Les items spécifiques de chaque dimension ont présenté des saturations factorielles primaires substantielles (généralement comprises entre 0,40 et 0,75) sur leurs facteurs respectifs, avec de faibles saturations croisées sur les autres composantes.

Analyses factorielles confirmatoires et modèles structuraux

Les investigations contemporaines basées sur l’AFC ont examiné différents modèles théoriques concurrents : des modèles unidimensionnels, des modèles à facteurs orthogonaux, des modèles à facteurs corrélés et des modèles hiérarchiques (bi-factoriels) :

  • Les modèles à facteurs corrélés reflétant l’architecture à sous-échelles distinctes obtiennent généralement des indices d’adéquation très satisfaisants : l’indice de comparaison de Bentler (CFI) oscille entre 0,90 et 0,95, l’indice de Tucker-Lewis (TLI) dépasse fréquemment 0,90, et l’erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) se situe entre 0,04 et 0,06 (avec des résidus standardisés SRMR inférieurs à 0,06).
  • Les études confirmatoires transculturelles (notamment Aarons et al., 2007) ont attesté l’invariance factorielle de configuration et métrique à travers les groupes d’âge et les origines ethniques, démontrant que les participants attribuent la même signification sémantique et conceptuelle aux items.
  • L’échelle de fonctionnement général se comporte régulièrement comme un facteur de second ordre robuste ou une dimension autonome qui capture la variance partagée de l’ensemble du système, justifiant son extraction fréquente dans les études épidémiologiques condensées.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Family Assessment Device (FAD) se caractérise par une administration simple et structurée :

  • Format du test : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé administré individuellement à chaque membre de la famille capable de lire et comprendre les consignes (âge minimal recommandé : 12 ans).
  • Nombre d’items : Le protocole opérationnel standardisé présenté comprend 49 items (les versions de recherche intégrale du FAD peuvent comporter jusqu’à 60 items en incluant la dimension des rôles familiaux).
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points sans point neutre central, forçant une prise de position :
    1 = Fortement d’accord (Strongly agree)
    2 = D’accord (Agree)
    3 = En désaccord (Disagree)
    4 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
  • Cotation et inversion des items : Les items reflétant un fonctionnement familial sain sont codés directement, tandis que les items reflétant un dysfonctionnement (signalés par un astérisque *) font l’objet d’un codage inversé (1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, 4 devient 1). Les scores des sous-échelles sont calculés en effectuant la moyenne arithmétique des items composants (score total de la sous-échelle divisé par le nombre d’items répondus). Les scores finaux oscillent donc entre 1,00 (fonctionnement optimal/sain) et 4,00 (dysfonctionnement sévère). Des scores seuils cliniques reconnus (généralement situés au-dessus de 2,00 ou 2,20 selon la sous-échelle) permettent de signaler un risque pathologique avéré.
  • Durée de passation : Environ 15 à 20 minutes pour l’ensemble du questionnaire.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le Family Assessment Device a été initialement publié en 1983. Conçu au sein d’un programme de recherche académique hospitalo-universitaire (Butler Hospital et Brown University), l’instrument fait partie intégrante du domaine public clinique et de la recherche biomédicale. Il est largement accessible aux cliniciens, chercheurs et étudiants sans redevance commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence princeps des auteurs.

Les versions numériques, traductions et compendiums standardisés — tels que celui publié sous l’égide de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (PAHO/OMS) dans le cadre des outils d’évaluation des familles latino-américaines — sont mis à la disposition des professionnels pour un usage non commercial, éducatif et scientifique. Toute commercialisation à grande échelle ou intégration dans des progiciels propriétaires payants nécessite l’autorisation formelle du département de psychiatrie de l’Université Brown ou des titulaires légaux des droits.

12. Références / References

Les publications fondatrices et les études psychométriques majeures relatives au FAD incluent :

  • Aarons, G. A., McDonald, E. J., Connelly, C. D., & Newton, R. R. (2007). Assessment of family functioning in Caucasian and Hispanic Americans: Reliability, validity, and factor structure of the Family Assessment Device. Family Process, 46(4), 557–569. https://doi.org/10.1111/j.1545-5300.2007.00228.x
  • Barroilhet, S., Cano-Prous, A., Cervera-Enguix, S., Forjaz, M. J., & Guillén-Grima, F. (2009). A Spanish version of the Family Assessment Device. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 44(12), 1051–1065. https://doi.org/10.1007/s00127-009-0028-3
  • Epstein, N. B., Baldwin, L. M., & Bishop, D. S. (1983). The McMaster Family Assessment Device. Journal of Marital and Family Therapy, 9(2), 171–180. https://doi.org/10.1111/j.1752-0606.1983.tb01497.x
  • Epstein, N. B., Bishop, D. S., & Levin, S. (1978). The McMaster Model of Family Functioning. Journal of Marital and Family Therapy, 4(4), 19–31. https://doi.org/10.1111/j.1752-0606.1978.tb00537.x
  • Kabacoff, R. I., Miller, I. W., Keitner, G. I., Epstein, N. B., & Bishop, D. S. (1990). A factor analytic study of the McMaster Family Assessment Device. Journal of Marital and Family Therapy, 16(1), 85–97. https://doi.org/10.1111/j.1752-0606.1990.tb00827.x
  • Miller, I. W., Epstein, N. B., Bishop, D. S., & Keitner, G. I. (1985). The McMaster Family Assessment Device: Reliability and validity. Journal of Marital and Family Therapy, 11(4), 345–356. https://doi.org/10.1111/j.1752-0606.1985.tb00028.x
  • Pan American Health Organization. (2010). Latino Families and Youth: A Compendium of Assessment Tools (pp. 61–64). PAHO. http://www.paho.org/hq/index.php

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

We resolve most everyday problems around the house.
2

We usually act on our decisions regarding problems.
3

After our family tries to solve a problem‚ we usually discuss whether it worked or not.
4

We resolve most emotional upsets that come up.
5

We confront problems involving feelings.
6

We try to think of different ways to solve problems.
7

When someone is upset the others know why.
8

You can’t tell how a person is feeling from what they are saying.*
9

People come right out and say things instead of hinting at them.
10

I t is difficult to talk to each other about tender feelings.*
11

We talk to people directly rather than through go-betweens.
12

We often don’t say what we mean.*
13

We are frank with each other.
14

We don’t talk to each other when we are angry.*
15

When we don’t like what someone has done‚ we tell them.
16

We are reluctant to show our affection for each other.*
17

Some of us just don’t respond emotionally.*
18

We do not show our love for each other.*
19

Tenderness takes second place to other things in our family.*
20

We express tenderness.
21

We cry openly.
22

If someone is in trouble‚ the others become too involved.*
23

You only get the interest of others when something is important to them.*
24

We are too self-centered.*
25

We get involved with each other only when something interests us.*
26

We show interest in each other when we can get something out of it personally.
27

Our family shows interest in each other only when they can get something out of it.
28

E en though we mean well‚ we intrude too much into each other’s lives.
29

We don’t know what to do when an emergency comes up.
30

You can easily get away with breaking the rules.*
31

We know what to do in an emergency.
32

We have no clear expectations about toilet habits.
33

We have rules about hitting people.
34

We don’t hold to any rules or standards.
35

I f the rules are broken‚ we don’t know what to expect.
36

Anything goes in our family.*
37

There are rules about dangerous situations.
38

Planning family activities is difficult because we misunderstand each other.
39

In times of crisis we can turn to each other for support.
40

We cannot talk to each other about the sadness we feel.
41

Individuals are accepted for what they are.
42

We avoid discussing our fears and concerns.
43

We can express feelings to each other.
44

There are lots of bad feelings in the family.
45

We feel accepted for what we are.
46

Making decisions is a problem for our family.
47

We are able to make decisions about how to solve problems.
48

We don’t get along well together.
49

We confide in each other.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Dispositif d’évaluation familiale de McMaster (FAD). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/dispositif-evaluation-familiale-mcmaster-fad/
Looti, Mohammed. “Dispositif d’évaluation familiale de McMaster (FAD).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/dispositif-evaluation-familiale-mcmaster-fad/.
Looti, Mohammed. “Dispositif d’évaluation familiale de McMaster (FAD).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/dispositif-evaluation-familiale-mcmaster-fad/.