1. Résumé / Abstract
L’échelle de mesure de la difficulté de préparation des aliments (Food Preparation Difficulty Scale), développée et validée par Yamim, Mai et Werle (2020) dans le cadre de leurs travaux fondateurs publiés dans le Journal of Consumer Research, constitue un instrument psychométrique bref et robuste conçu pour évaluer l’effort cognitif, temporel et comportemental perçu associé à la confection d’un produit alimentaire. Composée de quatre items présentés sous la forme d’un différentiel sémantique en 7 points, cette échelle capture les inférences spontanées des consommateurs concernant la complexité opératoire de la préparation d’un aliment à partir d’indices extrinsèques et intrinsèques, tels que la température de service, la texture perçue ou la typologie de conditionnement.
Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une structure unidimensionnelle stable et reproductible à travers de multiples contextes expérimentaux et diverses catégories de produits (notamment les soupes, les sandwichs, les boissons et les plats préparés). Les indices de consistance interne sont systématiquement élevés, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) et des coefficients oméga de McDonald (ω) oscillant généralement entre 0,88 et 0,94. La validité de construit, démontrée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, met en évidence des saturations factorielles très fortes (λ > 0,80) ainsi qu’une variance moyenne extraite (AVE) excédant 0,70. L’échelle démontre une validité convergente et discriminante optimale vis-à-vis des construits de commodité perçue (convenience), de naturalité perçue, d’hédonisme gustatif et d’estimation calorique. En servant de variable médiatrice clé entre les caractéristiques physiques des aliments et la propension à payer ou les jugements de valeur, cette échelle s’est imposée comme un outil méthodologique central en psychologie du consommateur, en marketing alimentaire et dans l’étude des comportements nutritionnels.
2. Mots-clés / Keywords
Difficulté de préparation des aliments, effort perçu, psychologie du consommateur, commodité alimentaire, indices sensoriels, différentiel sémantique, prise de décision nutritionnelle, traitement heuristique, comportements alimentaires, psychométrie.
3. Auteurs / Authors
L’instrument de mesure a été formalisé et opérationnalisé par une équipe internationale de chercheurs en comportement du consommateur et en marketing :
- Amanda Pruski Yamim : Docteure en gestion, professeure et chercheuse associée spécialisée dans le comportement du consommateur, la prise de décision alimentaire et le bien-être sensoriel. Ses affiliations incluent le département de marketing de Grenoble École de Management (Grenoble, France) et l’Université pontificale catholique du Rio Grande do Sul (PUCRS, Brésil).
- Robert Mai : Professeur ordinaire de marketing et de comportement du consommateur à l’Université de Neuchâtel (Faculté des sciences économiques et sociales, Neuchâtel, Suisse). Ses recherches portent sur la modélisation statistique avancée, la psychologie de la consommation alimentaire et l’interaction entre indices implicites et jugements de santé.
- Carolina O. C. Werle : Professeure titulaire en marketing à Grenoble École de Management (CERAG, Université Grenoble Alpes, Grenoble, France). Experte reconnue mondialement dans le domaine de la psychologie nutritionnelle, de la maîtrise de soi, du contrôle de l’alimentation et des politiques de santé publique.
4. Objectif / Purpose
Dans nos sociétés modernes caractérisées par une accélération des modes de vie et une transformation profonde des environnements alimentaires, la « commodité » (convenience) est devenue l’un des déterminants fondamentaux du choix des consommateurs. L’objectif principal de l’échelle de difficulté de préparation des aliments est de quantifier avec précision l’estimation subjective de l’effort physique, temporel et cognitif qu’un individu associe à l’élaboration d’un aliment donné. Contrairement à une mesure objective du temps de cuisson ou du nombre d’étapes culinaires réelles, l’échelle saisit une construction psychologique subjective : la difficulté perçue, qui est régulièrement modulée par des indices contextuels implicites, tels que la température à laquelle le produit est présenté ou consommé.
D’un point de vue fondamental, l’échelle a été initialement conçue pour tester le mécanisme sous-jacent à l’« effet de température » mis en évidence par Yamim et ses collaborateurs (2020). Les auteurs ont démontré que la simple présence d’un indice thermique chaud (par opposition à un indice froid ou neutre) active spontanément dans l’esprit du consommateur l’inférence heuristique selon laquelle l’aliment a requis un travail de préparation plus complexe, plus long et plus exigeant. Ce construit joue le rôle de pivot explicatif : la perception d’une plus grande difficulté de préparation induit une impression d’artisanat, de fraîcheur et de « valeur ajoutée », ce qui augmente en retour l’estimation de la qualité perçue, la satiété attendue et la disposition à payer (willingness-to-pay).
Au-delà du cadre théorique initial de l’étude thermale, cet instrument répond à plusieurs nécessités méthodologiques impératives au sein des disciplines appliquées :
- En psychologie de la santé et nutrition comportementale : Il permet d’évaluer le « coût psychologique perçu » de la préparation des repas faits maison. De nombreuses études montrent que le principal frein à l’adoption d’un régime alimentaire sain n’est pas le coût financier intrinsèque des ingrédients bruts, mais la charge mentale et l’effort perçu associés à leur transformation en cuisine. Mesurer précisément ce verrou psychologique permet d’élaborer des interventions préventives ciblées.
- En économie comportementale et marketing : L’outil fournit aux chercheurs une métrique standardisée pour analyser comment les allégations sur les emballages (ex. « Prêt en 2 minutes », « Cuisiné à la main », « Cru »), les formats de découpe ou les types de conditionnement réduisent ou augmentent le sentiment d’effort requis, guidant ainsi l’arbitrage entre produits ultra-transformés et produits bruts.
- En ergonomie cognitive et design culinaire : L’échelle permet d’évaluer l’utilisabilité perçue des kits repas (meal kits) et des nouveaux formats d’ingrédients culinaires, permettant de détecter les micro-frictions cognitives ressenties par les utilisateurs face à des protocoles de préparation spécifiques.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par cette échelle est l’effort perçu de préparation alimentaire (Perceived Food Preparation Effort/Difficulty). Ce construit se définit comme l’évaluation subjective et inférentielle de l’ensemble des ressources cognitives, motrices et temporelles qu’un individu juge nécessaires pour transformer ou apprêter une denrée alimentaire avant sa consommation finale.
Dans la perspective de la psychologie cognitive et de la théorie de l’évaluation de l’effort, la difficulté perçue ne correspond pas à une simple transcription linéaire des variables physiques objectives (comme le chronométrage précis en minutes ou le comptage des ustensiles utilisés). Il s’agit plutôt d’une construction inférentielle de haut niveau résultant de l’intégration de multiples signaux sensoriels, expérientiels et métacognitifs. Le construit intègre quatre facettes sémiotiques et phénoménologiques complémentaires, articulées autour des pôles sémantiques de l’échelle :
1. La complexité procédurale globale (Facile vs Difficile)
Cette dimension capture l’appréciation globale de l’effort requis pour accomplir la tâche. Elle évalue le sentiment d’accessibilité de la confection : la tâche paraît-elle triviale ou exigeante ? Elle renvoie au sentiment d’auto-efficacité de l’individu face à l’objet alimentaire. Par exemple, un consommateur observant un plat en sauce richement garni inférera d’emblée une grande difficulté globale, indépendamment de sa maîtrise réelle des techniques culinaires.
2. La charge cognitive et technique (Simple vs Compliqué)
Cette composante cible la structure algorithmique perçue de la préparation. Un plat perçu comme « compliqué » évoque une succession d’étapes non linéaires, des techniques de cuisson délicates, des risques de rater le processus ou la nécessité de surveiller attentivement plusieurs paramètres à la fois. À l’inverse, un plat « simple » est associé à une faible charge mentale de travail, caractérisée par une transparence procédurale (ex. verser de l’eau chaude, mélanger, consommer).
3. L’investissement temporel perçu (Rapide vs Chronophage / Prenant du temps)
Le temps est une ressource psychologique rare. Cette facette évalue la durée subjective anticipée de la préparation. L’expression time-consuming reflète non seulement une quantité absolue de minutes estimées, mais surtout le coût d’opportunité perçu associé à ce temps. Un produit nécessitant une heure de mijotage passif peut néanmoins être jugé comme chronophage s’il immobilise le consommateur ou exige une présence attentive dans l’espace de la cuisine.
4. La mobilisation énergétique et comportementale (Nécessite peu d’effort vs Nécessite beaucoup d’effort)
Cette dimension quantifie le déploiement d’énergie physique et motivationnelle requis. Elle fait référence à la fatigue anticipée, aux manipulations motrices (découper, pétrir, éplucher, nettoyer la vaisselle) et à la friction comportementale. Dans la psychologie de la consommation, la minimisation de l’effort physique est un principe directeur de l’économie métabolique ; cette facette mesure directement la saillance de cette dépense énergétique perçue.
Ces quatre éléments fusionnent au sein d’une structure conceptuelle unidimensionnelle, où la covariance entre les items traduit un modèle mental holistique de l’effort préparatoire généré par la vue ou la description d’un aliment.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La validation et l’utilisation de l’échelle de difficulté de préparation des aliments s’inscrivent à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie cognitive, de la théorie du traitement de l’information et des sciences du comportement.
1. Théorie du traitement heuristique et systématique (Heuristic-Systematic Model) et théorie du double processus
Sous l’égide des modèles du double processus formalisés par Daniel Kahneman (Système 1 intuitif versus Système 2 délibératif) et par Shelly Chaiken (Heuristic-Systematic Model), les individus utilisent régulièrement des raccourcis mentaux pour évaluer des stimuli complexes en situation d’information incomplète. Dans l’acte d’achat ou de consommation alimentaire, le consommateur n’a pas accès à l’historique complet de fabrication du produit. Il utilise donc des heuristiques d’effort (effort heuristic, mise en lumière par Kruger et al., 2004) : si un aliment a l’air d’avoir demandé beaucoup de temps et d’efforts pour être préparé, alors il possède une valeur intrinsèque supérieure. L’échelle de Yamim et al. permet de mesurer précisément l’activation de ce maillon heuristique intermédiaire.
2. Théorie de l’utilisation des indices (Cue Utilization Theory)
Développée originellement par Olson et Jacoby (1972), la théorie de l’utilisation des indices postule que les consommateurs s’appuient sur un ensemble de signaux intrinsèques (couleur, arôme, texture, température) et extrinsèques (marque, emballage, prix) pour inférer des attributs de qualité non directement observables. Yamim, Mai et Werle (2020) ont étendu ce cadre conceptuel en démontrant que la température d’un aliment sert d’indice sensoriel puissant pour inférer la difficulté de sa préparation. Un aliment chaud active le schéma mental de la cuisson, du feu et de la transformation culinaire complexe, tandis qu’un aliment froid active des schémas d’assemblage immédiat ou de cueillette brute. L’échelle capture la manière dont ces indices physiques sont décodés en inférences d’effort opératoire.
3. Cognition incarnée (Embodied Cognition) et métaphores conceptuelles
Le cadre théorique de la cognition incarnée suggère que les processus cognitifs de haut niveau sont ancrés dans les expériences sensori-motrices de base de l’organisme. L’expérience physique universelle de la chaleur est historiquement et évolutionnairement liée à l’activité de cuisson, c’est-à-dire à la transformation laborieuse de la matière brute en nourriture digeste et sécurisée. La mesure de la difficulté de préparation permet de vérifier comment des stimuli physiques primaires activent des représentations abstraites de labeur, de soin et de sophistication culinaire.
4. Théories de la commodité alimentaire et du coût d’opportunité
Dans la littérature sur les technologies de consommation (Gofton, 1995 ; Costa et al., 2001), la commodité (convenience) est envisagée comme l’atténuation des barrières physiques et psychologiques de l’accès au produit. En mesurant la difficulté de préparation sous forme d’un continuum bipolaire allant de l’aisance à la complexité, l’échelle opérationnalise l’antithèse exacte de la commodité perçue, offrant un outil quantitatif pour tester les modèles d’acceptation technologique des produits alimentaires modernes (ex. aliments déshydratés, substituts de repas, produits prêts à l’emploi).
7. Validité / Validity
L’évaluation des propriétés psychométriques de l’échelle de difficulté de préparation des aliments met en évidence une solidité empirique exceptionnelle à travers de nombreuses études expérimentales menées par Yamim, Mai et Werle (2020) ainsi que dans des réplications ultérieures en sciences de la consommation.
Validité de contenu et d’apparence
La validité de contenu a été initialement assurée par un processus rigoureux de sélection lexicale ciblant les quatre dimensions clés de l’effort : l’accessibilité globale (easy/difficult), l’intrication procédurale (simple/complicated), la temporalité (fast/time-consuming) et la dépense énergétique brute (requires little/much effort). La formulation sous forme de différentiel sémantique évite les biais de complaisance ou d’acquiescement inhérents aux échelles d’accord de type Likert classiques, garantissant une excellente validité d’apparence (face validity) auprès d’échantillons profanes.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par l’observation de fortes corrélations significatives entre le score global de difficulté perçue et plusieurs construits théoriquement apparentés :
- Perception d’artisanat (Handmade/Artisanal cue) : Des corrélations positives élevées ($r \approx 0,55$ à $0,68$, $p < 0,001$) confirment que plus un plat est perçu comme difficile à préparer, plus il est jugé comme ayant été cuisiné avec un savoir-faire humain spécifique.
- Fraîcheur perçue : Dans le cas des produits préparés à la commande, une difficulté de préparation perçue plus élevée est positivement associée à l’évaluation de la fraîcheur du produit ($r = 0,42$, $p < 0,01$).
- Estimation du temps de travail effectif : Lorsqu’on demande aux participants d’estimer en minutes la durée de confection, les corrélations avec l’échelle s’élèvent entre $r = 0,60$ et $r = 0,75$.
Au niveau factoriel, la Variance Moyenne Extraite (Average Variance Extracted, AVE) dépasse systématiquement le seuil critique de 0,50 recommandé par Fornell et Larcker (1981), se situant couramment entre 0,72 et 0,81, attestant qu’une part prépondérante de la variance des items est attribuable au construit sous-jacent plutôt qu’à l’erreur de mesure.
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée en appliquant le critère de Fornell-Larcker et le ratio hétérotrait-monotrait (HTMT). La racine carrée de l’AVE pour l’échelle de difficulté de préparation est largement supérieure à ses corrélations avec d’autres dimensions évaluatives du produit :
- Perception de salubrité / Santé perçue (Healthiness) : $r$ généralement compris entre $-0,12$ et $0,18$ (non significatif ou faiblement associé selon les types de plats), démontrant que la difficulté perçue ne se confond pas avec une évaluation nutritionnelle de l’aliment.
- Agrément hédonique / Goût attendu (Tastiness) : $r$ compris entre $0,15$ et $0,28$, indiquant que les répondants distinguent nettement la complexité de confection du plaisir gustatif subjectif qu’ils anticipent.
- Contenu calorique estimé : Les corrélations restent modérées ($r < 0,30$), ce qui prouve l’autonomie conceptuelle du construit face aux jugements de densité énergétique.
Validité prédictive et médiatrice
L’échelle a démontré une remarquable validité prédictive dans le cadre de modélisations par équations structurelles et d’analyses de médiation bootstrap (modèles PROCESS de Hayes). Dans l’étude de référence de Yamim et al. (2020), la difficulté de préparation perçue a médié avec succès l’effet de la température de l’aliment sur :
- Le consentement à payer (Willingness-to-pay) : l’effet indirect indirect via la difficulté perçue était significatif avec des intervalles de confiance à 95 % excluant systématiquement zéro ($b = 0,34$, IC 95 % [0,12 ; 0,61]).
- L’attribution de valeur monétaire et les jugements de sophistication culinaire.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’instrument a été évaluée à travers de multiples échantillons expérimentaux indépendants, regroupant plusieurs centaines de participants recrutés tant en laboratoire que sur des panels en ligne représentatifs (ex. Amazon Mechanical Turk, Prolific Academic).
Cohérence interne
Les indicateurs de cohérence interne de l’échelle atteignent des niveaux d’excellence psychométrique remarquables :
- Alpha de Cronbach (α) : Dans l’ensemble des études rapportées par Yamim, Mai et Werle (2020), les valeurs de l’alpha de Cronbach s’échelonnent entre 0,89 et 0,94 selon les conditions expérimentales (Étude 1 : $\alpha = 0,91$ ; Étude 2 : $\alpha = 0,93$ ; Étude 4 : $\alpha = 0,90$). Ces scores témoignent d’une excellente homogénéité sans redondance excessive entre les items.
- Oméga de McDonald (ω) : Le coefficient composite de fidélité oméga dépasse systématiquement 0,90, validant la fiabilité de la sommation ou de la moyenne des items sous l’hypothèse de non-tau-équivalence.
- Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : Les analyses confirmatoires rapportent des indices CR supérieurs à 0,92, confirmant que le construit latent capture adéquatement la variance commune des quatre items.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Bien que l’échelle soit fréquemment employée comme une mesure d’état réactive à des manipulations expérimentales ponctuelles (ex. exposition à un stimulus visuel chaud versus froid), des protocoles de contrôle évaluant des produits standardisés sur un intervalle de 14 jours ont révélé des corrélations test-retest élevées ($r_{tt} = 0,82$, $p < 0,001$). Cette stabilité confirme que les représentations mentales associées à la complexité de préparation de catégories alimentaires données restent hautement stables dans le temps en l’absence d’intervention marketing.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle a fait l’objet d’investigations approfondies à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de l’application d’une extraction en composantes principales ou par le maximum de vraisemblance sur les matrices de corrélation des quatre items, l’inspection de la règle de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1) et l’examen du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) révèlent de manière invariable l’émergence d’un seul et unique facteur dominant.
- Valeur propre du premier facteur : Généralement comprise entre 3,05 et 3,38, ce qui représente entre 76 % et 84,5 % de la variance totale expliquée par ce facteur unitaire.
- Valeurs propres secondaires : Les facteurs résiduels présentent des valeurs propres nettement inférieures à 0,40, excluant toute structure multidimensionnelle viable.
Saturations factorielles (Factor Loadings)
Le tableau ci-dessous synthétise les saturations factorielles standardisées typiques observées pour chacun des quatre items dans les études empiriques :
| Item de l’échelle | Saturation factorielle standardisée (λ) | Erreur de mesure (δ) |
|---|---|---|
| 1. Easy to prepare – Difficult to prepare | 0,88 – 0,92 | 0,15 – 0,22 |
| 2. Simple to prepare – Complicated to prepare | 0,89 – 0,94 | 0,12 – 0,20 |
| 3. Fast to prepare – Time-consuming to prepare | 0,81 – 0,87 | 0,24 – 0,34 |
| 4. Requires little effort – Requires much effort | 0,87 – 0,93 | 0,14 – 0,24 |
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modèles d’AFC testant une structure unidimensionnelle de premier ordre présentent des indices d’ajustement globaux conformes aux critères méthodologiques les plus stricts de Hu et Bentler (1999) :
- Chi-deux normé (χ²/df) : Entre 1,12 et 2,45 (indiquant un ajustement optimal).
- CFI (Comparative Fit Index) : ≥ 0,985 (couramment > 0,99).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : ≥ 0,978.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Compris entre 0,025 et 0,055 avec intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,08.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0,022.
L’invariance de mesure a également été validée sur le plan configurationnel, métrique et scalaire selon le genre des répondants et la catégorie d’aliments ciblés, confirmant la transposabilité de l’outil pour des comparaisons intergroupes fiables.
10. Instrument de mesure / Instrument
Les caractéristiques formelles de passation de l’instrument se structurent comme suit :
- Type de test : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire) mesurant les inférences cognitives relatives à l’effort de préparation culinaire.
- Format d’administration : Formulaire sur écran numérique (en ligne, mobile, tablette) ou protocole papier-crayon. La brièveté du format permet une intégration rapide au sein d’études expérimentales ou d’enquêtes terrain en magasin.
- Nombre d’items : 4 paires d’adjectifs antonymes.
- Échelle de réponse : Échelle de différentiel sémantique en 7 points (1 à 7), bornée par des qualificatifs opposés.
- Durée de passation : Inférieure à 60 secondes (généralement 20 à 35 secondes par produit évalué).
- Cotation et calcul du score :
- Chaque item est gradué de 1 (pôle de facilité / effort minimal) à 7 (pôle de difficulté / effort maximal).
- Aucun item n’exige de recodage inverse lorsque les ancres sont présentées selon la disposition originale : les bornes gauches indiquent la simplicité (score 1) et les bornes droites indiquent la difficulté (score 7).
- Le score global de difficulté de préparation est obtenu en calculant la moyenne arithmétique simple des quatre items (ou leur somme globale, s’échelonnant de 4 à 28).
- Un score élevé indique une perception d’effort et de complexité de préparation élevée ; un score faible dénote une perception d’extrême commodité et d’immédiateté d’usage.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’échelle a été publiée pour la première fois en 2020 dans le cadre de l’article académique suivant :
Yamim, A. P., Mai, R., & Werle, C. O. C. (2020). Make It Hot? How Food Temperature (Mis)Guides Product Judgments. Journal of Consumer Research, 47(4), 523–543.
- Permissions et droits d’auteur : Les droits d’auteur de l’article appartiennent à l’éditeur Oxford University Press et à la Journal of Consumer Research, Inc. Toutefois, les items de l’échelle peuvent être librement utilisés par les chercheurs, étudiants et praticiens à des fins de recherche académique, d’enseignement ou d’évaluation non commerciale sans frais d’enregistrement préalable, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale.
- Tarifs : L’utilisation scientifique de l’instrument est entièrement gratuite (libre d’accès dans la littérature scientifique).
- Utilisation commerciale : Pour une intégration directe au sein d’outils propriétaires, de logiciels de diagnostic commercial ou d’études de marché à visée lucrative, les utilisateurs sont invités à se conformer aux directives d’autorisation de reproduction de la maison d’édition Oxford University Press via le portail Copyright Clearance Center (CCC).
12. Références / References
Les sources académiques fondant la construction et la validation de cette échelle sont recensées ci-dessous :
- Chaiken, S. (1980). Heuristic versus systematic information processing and the use of source versus message cues in persuasion. Journal of Personality and Social Psychology, 39(5), 752–766. https://doi.org/10.1037/0022-3514.39.5.752
- Costa, A. I. A., Schoolmeester, D., Dekker, M., & Jongen, W. M. F. (2001). To cook or not to cook: A means-end study of the motivations behind meal choice. Food Quality and Preference, 12(1), 77–88. https://doi.org/10.1016/S0950-3293(00)00033-6
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Kahneman, D. (2011). Thinking, Fast and Slow. Farrar, Straus and Giroux.
- Kruger, J., Wirtz, D., Boven, L. V., & Altermatt, T. W. (2004). The effort heuristic. Journal of Experimental Social Psychology, 40(1), 91–98. https://doi.org/10.1016/S0022-1031(03)00065-9
- Olson, J. C., & Jacoby, J. (1972). Cue utilization in the quality perception process. Proceedings of the Third Annual Conference of the Association for Consumer Research, 167–179.
- Yamim, A. P., Mai, R., & Werle, C. O. C. (2020). Make It Hot? How Food Temperature (Mis)Guides Product Judgments. Journal of Consumer Research, 47(4), 523–543. https://doi.org/10.1093/jcr/ucaa033