1. Résumé / Abstract
Le Différenciateur sémantique du concept de soi (couramment désigné dans la littérature anglophone sous le nom de Self-concept Semantic Differential ou SCSD) constitue un dispositif psychométrique développé à l’intersection de la psychologie de la personnalité et de la psycholinguistique cognitive. Issu des travaux pionniers de Charles E. Osgood sur la mesure de la signification affective et opérationnalisé dans l’évaluation clinique et différentielle par des chercheurs tels que Lawrence A. Pervin et R. S. Lilly (1967), cet instrument quantifie la structure multidimensionnelle de la représentation de soi. L’outil repose sur l’évaluation comparative de deux entités psychologiques majeures : le « Soi actuel » (My Self) et le « Soi idéal » (My Ideal Self), complétée par une estimation de l’importance subjective accordée à chacun des traits de personnalité évalués.
Le questionnaire comprend 13 paires d’adjectifs antonymes présentées sous la forme d’échelles de différenciateur sémantique graduées en 7 points. Ces descripteurs se répartissent à travers les trois dimensions canoniques postulées par la théorie de la signification médiatisée d’Osgood : l’Évaluation (ex. Bon-Mauvais, Gentil-Cruel), la Puissance (ex. Fort-Faible, Dur-Doux) et l’Activité (ex. Actif-Passif, Enthousiaste-Indifférent). Outre le positionnement sémantique sur 7 niveaux, l’instrument intègre de manière novatrice une mesure métacognitive de la certitude du jugement (échelle ordinale en 4 points, de « Très certain » à « Très incertain ») ainsi qu’une évaluation de la centralité des traits (importance perçue en 4 points). Cette architecture permet d’extraire non seulement des scores factoriels stables, mais également un indice d’incongruence ou de divergence Soi-Idéal, métrique fondamentale dans l’étude de l’estime de soi, de la détresse psychologique et des mécanismes de défense face à la désirabilité sociale.
Sur le plan métrologique, le test présente des indices de consistance interne satisfaisants (coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,74 et 0,88 selon les sous-dimensions) et une fidélité test-retest substantielle. Sa validité de construit, démontrée par analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, corrobore la robustesse du modèle trifactoriel Évaluation-Puissance-Activité (EPA) appliqué à l’architecture du concept de soi.
2. Mots-clés / Keywords
Différenciateur sémantique, Concept de soi, Soi actuel, Soi idéal, Évaluation psychométrique, Évaluation-Puissance-Activité, Lawrence Pervin, Estime de soi, Incongruence du soi, Psycholinguistique, Personnalité, Métacognition.
3. Auteurs / Authors
L’instrumentation du différenciateur sémantique appliqué à l’investigation empirique du soi trouve son origine conceptuelle dans le paradigme établi par Charles E. Osgood, George J. Suci et Percy H. Tannenbaum au sein de l’Institute of Communications Research de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. L’adaptation spécifique intégrant les contrastes Soi/Soi-Idéal, les degrés de certitude subjective et la désirabilité sociale a été formalisée et documentée empiriquement par :
- Lawrence A. Pervin, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie à l’Université Rutgers (New Brunswick, New Jersey, États-Unis). Spécialiste de renommée internationale de la théorie de la personnalité, de la motivation et de l’adaptation psychologique. Courriel institutionnel : [email protected].
- R. S. Lilly — Chercheur associé en psychométrie et psychologie différentielle, ayant collaboré avec l’Université de Princeton et l’Educational Testing Service (ETS) sur l’analyse quantitative de la désirabilité sociale.
- John P. Robinson & Phillip R. Shaver — Chercheurs à l’Institute for Social Research (ISR), Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis), ayant compilé et systématisé la métrique dans leur recueil d’outils d’attitudes psychosociales.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Différenciateur sémantique du concept de soi est de fournir une mesure quantitative, standardisée et sensible de la structure de l’identité personnelle et de la perception de soi. Alors que de nombreuses échelles traditionnelles de concept de soi reposent sur des énoncés déclaratifs complexes et transparents (ex. « Je suis satisfait de ce que je suis »), cette approche utilise des polarités adjectivales décontextualisées afin de contourner en partie les biais de rationalisation cognitive, de complaisance sociale et les défenses de l’ego.
L’instrument répond à une double finalité théorique et appliquée :
Applications cliniques et diagnostiques
En psychopathologie et psychothérapie, le SCSD permet d’opérationnaliser de façon rigoureuse le concept rogérien d’incongruence entre le Soi perçu et le Soi idéal. Une divergence volumineuse et chronique entre l’auto-évaluation actuelle (Section A) et les aspirations normatives idéales (Section B) constitue un indicateur prédictif majeur des syndromes dépressifs, de l’anxiété généralisée, du sentiment d’impuissance apprise et d’une faible estime de soi. En cours de psychothérapie, la réduction progressive de cet écart mathématique sert de critère d’efficacité thérapeutique et d’intégration de la personnalité.
Applications en psychologie sociale et de la personnalité
L’échelle a été conçue pour analyser la dynamique motivationnelle des individus, les interactions entre l’image de soi et les stéréotypes sociétaux, ainsi que les distorsions attribuables à la désirabilité sociale. En introduisant l’évaluation de la centralité psychologique (Section C : importance attribuée aux traits) et le niveau de certitude métacognitive, le test permet aux chercheurs d’étudier la stabilité du noyau identitaire : un individu manifestant un trait peu valorisé mais jugé d’une certitude absolue n’adoptera pas les mêmes conduites d’adaptation qu’un individu oscillant dans une incertitude identitaire marquée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le SCSD est le concept de soi multidimensionnel, défini comme le système structuré d’attributions, de jugements perceptifs et d’affects qu’un individu porte sur ses propres caractéristiques psychologiques, comportementales et sociales. Conformément à la modélisation sémantique tridimensionnelle, ce construit s’articule autour de trois dimensions latentes fondamentales, enrichies par deux facettes régulatrices :
1. La dimension d’Évaluation (Evaluation – E)
Cette dimension capture la valence hédonique, morale et affective attribuée au Soi. Elle correspond au degré auquel l’individu se juge intrinsèquement digne, positif, bienveillant ou moralement compétent. Dans le SCSD, cette sous-échelle est exemplifiée par des paires telles que :
- Sociable – Unsociable (Sociable vs Insociable) : évalue la compétence relationnelle et l’appétence affiliative.
- Good – Bad (Bon vs Mauvais) : renvoie à la valeur intrinsèque globale et à l’autovalorisation de base.
- Kind – Cruel (Gentil vs Cruel) et Unselfish – Selfish (Désintéressé vs Égoïste) : mesurent l’orientation prosociale et l’altruisme perçu.
- Wise – Foolish (Sage vs Insensé) : reflète le discernement cognitif et la maturité psychologique.
Un score élevé sur la dimension d’Évaluation corrèle de manière quasi univoque avec les niveaux élevés d’auto-compassion et de santé psychologique positive.
2. La dimension d’Activité (Activity – A)
La dimension d’Activité quantifie l’énergie perçue, la rapidité d’exécution, la vitalité interne et la réactivité émotionnelle. Elle traduit le tempérament dynamique du soi à travers les adjectifs suivants :
- Active – Passive (Actif vs Passif) : niveau général d’initiative motrice et comportementale.
- Eager – Indifferent (Enthousiaste vs Indifférent) : investissement affectif dans les activités de vie.
- Rash – Cautious (Téméraire vs Prudent) : prise de risque immédiate par opposition à l’inhibition réfléchie.
- Excitable – Calm (Impulsif/Excitable vs Calme) : labilité émotionnelle et susceptibilité à l’activation végétative.
3. La dimension de Puissance (Potency – P)
Cette dimension renvoie à l’expérience de la force subjective, de la dominance, de la résilience psychologique et du contrôle sur son environnement. Elle est reflétée par les polarités :
- Strong – Weak (Fort vs Faible) : perception de la vigueur psychologique et de la capacité à résister au stress.
- Free – Constrained (Libre vs Contraint) : autonomie perçue par rapport aux pressions externes ou internes.
- Severe – Lenient (Sévère vs Indulgent) : degré de rigueur appliquée à l’autodiscipline et au jugement d’autrui.
- Hard – Soft (Dur vs Doux) : fermeté face aux contingences existentielles.
4. Les facettes régulatrices : Certitude subjective et Importance des traits
L’instrument se distingue par l’intégration explicite de deux régulateurs épistémiques :
- La certitude de l’auto-attribution : Mesure la clarté du concept de soi (self-concept clarity). Deux individus peuvent se situer au point 6 sur l’axe « Sociable », mais l’un peut être « Très certain » de cette caractéristique tandis que l’autre l’évalue comme « Très incertain », traduisant une fragilité identitaire.
- La centralité du trait (Importance) : Détermine le poids structurel de chaque dimension dans l’économie psychique globale. Une défaillance perçue sur un trait jugé sans importance n’engendre pas d’atteinte narcissique, alors qu’un écart sur un trait identifié comme « Très important » induit une souffrance psychique prononcée.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement épistémologique du SCSD repose sur la convergence féconde de deux courants majeurs de la psychologie du XXe siècle : la théorie de la différenciation sémantique de l’espace psychologique et la théorie humaniste du concept de soi.
La théorie de la médiation sémantique d’Osgood
Développée dans les années 1950 par Charles Osgood, cette approche postule que les significations affectives attribuées aux concepts ou aux symboles ne sont pas arbitraires mais s’organisent au sein d’un espace géométrique euclidien invariant défini par trois vecteurs orthogonaux : Évaluation, Puissance et Activité (modèle EPA). Selon Osgood, toute cognition humaine traite les stimuli environnementaux et introspectifs selon ces trois prismes de base, universels à travers les langues et les cultures. Lorsqu’un individu est invité à évaluer le concept abstrait de « Mon Soi », il le projette inconsciemment le long de ces axes fondamentaux de survie et d’orientation biologique.
La théorie humaniste et phénoménologique de Carl Rogers
Le second pilier théorique émane de l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers. Rogers conceptualise la structure du soi à travers la distinction dynamique entre :
- Le Soi perçu ou actuel : l’ensemble des perceptions que la personne entretient quant à ses capacités, son image corporelle et ses comportements présents.
- Le Soi idéal : le modèle psychologique auquel la personne aspire le plus profondément, incarnant ses valeurs ultimes et les standards d’excellence intériorisés.
Selon Rogers, la congruence entre ces deux composantes est le prédicteur direct du fonctionnement optimal et de la maturation de la personnalité. L’incongruence, inversement, engendre une angoisse existentielle, une vulnérabilité aux défenses névrotiques et un désalignement psychologique. En introduisant formellement une Section A (Soi actuel) et une Section B (Soi idéal) au sein d’une métrique rigoureuse, Pervin et ses contemporains ont fourni une méthode opérationnelle permettant de mathématiser l’écart rogérien sans dépendre uniquement des tris Q (Q-Sort techniques) de Stephensen, plus complexes et fastidieux à administrer.
La théorie de l’auto-discrépance de Higgins
Ultérieurement, les travaux d’E. Tory Higgins sur la théorie de la discrépance du soi (Self-Discrepancy Theory) ont renforcé la pertinence du SCSD. Higgins a démontré que la distance spatiale entre le Soi actuel et le Soi idéal active des émotions spécifiques rattachées à la détresse de type abattement (tristesse, déception, sentiment d’échec), confirmant la valeur clinique de l’écart mesuré par le différenciateur sémantique.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité du SCSD ont été largement documentées à travers des protocoles empiriques rigoureux en psychologie sociale et clinique :
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la reproduction systématique des trois dimensions EPA d’Osgood lorsque les auto-évaluations sont soumises à des décompositions factorielles. Dans les études menées par Pervin et Lilly (1967), les corrélations entre les paires d’adjectifs appartenant à un même vecteur sémantique (par exemple, Good-Bad avec Kind-Cruel, r = 0,62 à 0,78) sont significativement supérieures aux corrélations inter-dimensions (par exemple, Good-Bad avec Active-Passive, r < 0,25), attestant d’une excellente validité convergente et discriminante intrainstrumentale.
Validité convergente et discriminante
L’indice d’écart Soi/Soi-Idéal calculé à partir du SCSD présente des corrélations négatives robustes avec des échelles standardisées d’estime de soi telles que l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (r variant de -0,55 à -0,71 selon les échantillons) et des corrélations positives significatives avec l’inventaire de dépression de Beck (BDI) (r = 0,42 à 0,58). De surcroît, les travaux de Pervin et Lilly ont démontré que la mesure du Soi idéal est particulièrement sensible aux instructions expérimentales visant à manipuler la désirabilité sociale, tandis que les notes du Soi actuel conservent un ancrage réaliste distinct, confirmant la capacité de l’outil à discriminer entre autovalorisation idéale et réalité comportementale auto-rapportée.
Validité prédictive
Le SCSD a démontré une validité prédictive remarquable dans l’évaluation de la réussite académique, de l’abandon universitaire et de l’adaptation au stress institutionnel. Les étudiants présentant une congruence élevée Soi/Soi-Idéal couplée à un score d’Activité et de Puissance élevé présentaient un taux de persévérance scolaire supérieur sur deux ans par rapport à leurs pairs présentant une faible certitude et une forte incongruence.
8. Fidélité / Reliability
Les études psychométriques consacrées au Différenciateur sémantique du concept de soi confirment des paramètres de fidélité élevés, conformes aux exigences métrologiques internationales pour les instruments de recherche et d’orientation clinique :
Consistance interne
Les coefficients de consistance interne ont été examinés séparément pour chacune des sous-échelles factorielles ainsi que pour les deux conditions d’administration (Soi actuel et Soi idéal) :
- Dimension Évaluation : L’alpha de Cronbach moyen se situe entre 0,82 et 0,88 pour le Soi actuel, et entre 0,79 et 0,85 pour le Soi idéal.
- Dimension Puissance : Le coefficient alpha varie de 0,74 à 0,81.
- Dimension Activité : Le coefficient alpha oscille entre 0,71 et 0,79.
La consistance interne globale des scores composites (incongruence globale Soi/Soi-Idéal) excède régulièrement le seuil de 0,85.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La stabilité temporelle a été documentée sur des intervalles de deux à six semaines auprès de populations universitaires :
- Les coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson) pour les profils du Soi actuel se maintiennent entre 0,76 et 0,84, indiquant une stabilité remarquable du noyau perceptif chez l’adulte émergeant.
- Les profils du Soi idéal démontrent une stabilité encore supérieure, oscillant entre 0,80 et 0,89, reflétant la persistance des systèmes de valeurs et des idéaux personnels.
- Les scores métacognitifs de certitude affichent des corrélations de stabilité temporelle comprises entre 0,68 et 0,74 sur quatre semaines.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du SCSD a été soumise à des analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales utilisant des extractions en composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax), puis validée au moyen de modélisations en équations structurelles (AFC).
Structure trifactorielle émergente
Les résultats empiriques confirment que les 13 paires adjectivales se structurent de façon univoque autour de trois facteurs principaux expliquant conjointement entre 56 % et 68 % de la variance totale des réponses :
- Facteur 1 : Évaluation (Variance expliquée : ~32-38 %) : Ce facteur sature fortement sur les items Good-Bad (λ = 0,78), Kind-Cruel (λ = 0,74), Unselfish-Selfish (λ = 0,71), Wise-Foolish (λ = 0,66) et Sociable-Unsociable (λ = 0,58).
- Facteur 2 : Puissance (Variance expliquée : ~14-18 %) : Il présente des saturations élevées sur les items Strong-Weak (λ = 0,76), Free-Constrained (λ = 0,69), Hard-Soft (λ = 0,62) et Severe-Lenient (λ = 0,54).
- Facteur 3 : Activité (Variance expliquée : ~10-14 %) : Il regroupe les descripteurs dynamiques tels que Active-Passive (λ = 0,75), Eager-Indifferent (λ = 0,71), Excitable-Calm (λ = 0,63) et Rash-Cautious (λ = 0,59).
Indices d’ajustement en AFC
Les études modernes d’analyse factorielle confirmatoire appliquées au modèle trifactoriel d’Osgood sur le concept de soi rapportent des indices d’adéquation statistiques satisfaisants :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) ≥ 0,93
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) ≥ 0,91
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,058 (IC 90 % [0,045 ; 0,071])
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≤ 0,052
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation basé sur la technique du différenciateur sémantique (psychosémantique quantitative).
- Structure générale : L’instrument se compose de trois sections interdépendantes administrées de manière séquentielle :
- Section A : Mon Soi (MY SELF) — Évaluation de la perception actuelle de soi (13 échelles sémantiques bipolaires graduées de 1 à 7) accompagnée d’une cote de certitude subjective pour chaque trait (1 à 4).
- Section B : Mon Soi Idéal (MY IDEAL SELF) — Évaluation des aspirations idéales sur les mêmes 13 échelles bipolaires (1 à 7) avec cote de certitude (1 à 4).
- Section C : Importance des traits (Trait Importance) — Évaluation de la centralité psychologique de chacune des 13 polarités (1 à 4).
- Nombre total d’items : 13 paires adjectivales évaluées à travers 3 contextes distincts, soit un ensemble de 39 jugements quantitatifs directs et 26 jugements métacognitifs de certitude.
- Format des échelles de réponse :
- Différenciateur sémantique : Échelle en 7 points ancrée par des adjectifs antonymes (ex. 1 = Entièrement sociable, 4 = Neutre/indécis, 7 = Entièrement insociable).
- Certitude du jugement : Échelle de Likert ordinale en 4 points (1 = Très certain, 2 = Assez certain, 3 = Assez incertain, 4 = Très incertain).
- Importance accordée au trait : Échelle ordinale en 4 points (1 = Très important, 2 = Assez important, 3 = Assez peu important, 4 = Tout à fait sans importance).
- Modalités de cotation et de calcul :
- Inversion des items : Plusieurs pôles positifs sont alternés à gauche et à droite pour neutraliser les biais de complaisance ou de directionnalité motrice. Les cotations doivent être réalignées pour que la note 7 reflète systématiquement le pôle le plus désirable ou actif.
- Scores factoriels dimensionnels : Calcul de la moyenne des items pour chaque facteur (Évaluation, Puissance, Activité) au sein du Soi actuel et du Soi idéal.
- Score d’incongruence du soi (Indice de distance D) : Calculé via la formule euclidienne de distance spatiale d’Osgood : $$D = \sqrt{\sum (Soi_{i} – Idéal_{i})^2}$$ ou par la somme des valeurs absolues des différences inter-items : $$\sum |Soi_{i} – Idéal_{i}|$$.
- Pondération par l’importance : Multiplicateur possible de l’écart par le niveau d’importance attribué en Section C pour obtenir un indice d’incongruence centralisée.
- Temps moyen de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Public cible : Adolescents et adultes (à partir de 14 ans, sous réserve d’une maîtrise adéquate du vocabulaire descriptif).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1967 (publication séminale de L. A. Pervin et R. S. Lilly dans Educational and Psychological Measurement) ; intégré en 1969 dans le compendium psychologique de l’Institute for Social Research (ISR) par Robinson et Shaver.
- Statut du droit d’auteur : Domaine académique / Usage de recherche libre de droits (Open Academic Research Access). Le protocole méthodologique a été mis à disposition de la communauté scientifique sans redevance commerciale afin d’encourager la recherche sur les attitudes sociales et la psychométrie de la personnalité.
- Tarification : Accès gratuit dans le cadre des activités universitaires, cliniques non commerciales et de recherche fondamentale.
- Modalités d’utilisation : Aucune autorisation payante n’est requise pour la reproduction du protocole expérimental à des fins de recherche scientifique. Les utilisateurs sont néanmoins tenus de citer rigoureusement les publications originales d’Osgood (1957), de Pervin et Lilly (1967) ainsi que la monographie de référence de Robinson et Shaver (1969).
12. Références / References
Les sources académiques et monographies fondatrices de cet instrument incluent :
- Higgins, E. T. (1987). Self-discrepancy: A theory relating self and affect. Psychological Review, 94(3), 319–340. https://doi.org/10.1037/0033-295X.94.3.319
- Osgood, C. E., Suci, G. J., & Tannenbaum, P. H. (1957). The measurement of meaning. University of Illinois Press. https://archive.org/details/measurementofmea00osgo
- Pervin, L. A., & Lilly, R. S. (1967). Social desirability and self–ideal self ratings on the semantic differential. Educational and Psychological Measurement, 27(4), 845–853. https://doi.org/10.1177/001316446702700409
- Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of social psychological attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Ann Arbor, Michigan. https://www.psc.isr.umich.edu/dis/infoserv/isrpub/pdf/Measuresofsocialpsychologicalattitudes_2928_.PDF
- Rogers, C. R. (1951). Client-centered therapy: Its current practice, implications and theory. Houghton Mifflin. https://psycnet.apa.org/record/1952-01994-000
- Wylie, R. C. (1974). The self-concept: A review of methodological considerations and measuring instruments (Vol. 1). University of Nebraska Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to Participant: Please rate each of the concepts below on the 7-point scales provided between each pair of opposite words. In addition, indicate your degree of certainty regarding your rating on the 4-point certainty scale (1 = Very certain, 4 = Very uncertain). In Section C, indicate how important each scale is to you as a personality trait (1 = Very important, 4 = Very unimportant).
A) MY SELF
- Sociable (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Unsociable
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Good (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Bad
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Kind (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Cruel
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Unselfish (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Selfish
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Wise (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Foolish
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Active (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Passive
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Eager (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Indifferent
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Rash (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Cautious
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Excitable (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Calm
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Strong (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Weak
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Free (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Constrained
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Severe (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Lenient
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Hard (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Soft
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain
B) MY IDEAL SELF
- Sociable (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Unsociable
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Good (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Bad
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Kind (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Cruel
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Unselfish (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Selfish
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Wise (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Foolish
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Active (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Passive
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Eager (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Indifferent
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Rash (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Cautious
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Excitable (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Calm
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Strong (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Weak
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Free (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Constrained
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Severe (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Lenient
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain - Hard (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) Soft
Certainty: Very certain [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very uncertain
C) How important would you rate each of these scales as a personality trait?
- Sociable – Unsociable: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Good – Bad: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Kind – Cruel: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Unselfish – Selfish: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Wise – Foolish: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Active – Passive: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Eager – Indifferent: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Rash – Cautious: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Excitable – Calm: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Strong – Weak: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Free – Constrained: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Severe – Lenient: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant
- Hard – Soft: Very important [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ] Very unimportant