Diataal : Diatekst et Diawoord

Analyse psychométrique détaillée de la batterie Diataal (Diatekst et Diawoord), développée par l’Université de Groningue et l’ETOC pour l’évaluation diagnostique de la compréhension de lecture et du vocabulaire académique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le système d’évaluation Diataal, intégrant spécifiquement les modules Diatekst (compréhension en lecture) et Diawoord (développement du vocabulaire réceptif et académique), constitue une référence psychométrique majeure développée à l’Université de Groningue par l’Expertisecentrum Taal Onderwijs en Communicatie (ETOC). Conçu initialement pour le système éducatif néerlandais comme un instrument diagnostique longitudinal et un système de suivi des élèves (leerlingvolgsysteem), Diataal évalue avec rigueur les compétences langagières écrites des enfants et adolescents, de l’enseignement primaire supérieur à la fin de l’enseignement secondaire. L’outil mesure la compétence globale en littératie académique à travers deux composantes interdépendantes : d’une part, la maîtrise du lexique scolaire et abstrait via Diawoord, et d’autre part, la capacité à construire une représentation mentale cohérente de textes informatifs et narratifs complexes via Diatekst.

Sur le plan structurel, l’instrumentation repose sur des banques d’items calibrées sous des modèles de la théorie de la réponse aux items (IRT), notamment le modèle logistique à un paramètre (Rasch / OPLM). Le module Diawoord comporte des ensembles de 40 à 60 items à choix multiple évaluant la signification des mots en contexte académique, tandis que Diatekst présente plusieurs textes authentiques de difficulté graduée accompagnés chacun de questions à choix forcé ciblant différents niveaux de traitement cognitif (compréhension littérale, inférentielle, globale et intégrative). Les propriétés psychométriques de l’instrument, régulièrement auditées selon les critères stricts de la Commission néerlandaise des affaires de tests (COTAN), démontrent une fidélité élevée avec des coefficients de cohérence interne et de fidélité marginale oscillant entre 0,82 et 0,91 selon les niveaux scolaires. L’étalonnage psychométrique permet une différenciation fine des profils de lecteurs (lecteurs compensateurs, décodeurs lents, lecteurs en difficulté globale ou lecteurs experts), autorisant un diagnostic précoce des retards d’apprentissage et la mise en œuvre de remédiations ciblées à travers l’écosystème pédagogique Diaplus.

2. Mots-clés / Keywords

Diataal, Diatekst, Diawoord, compréhension en lecture, évaluation du vocabulaire, psychométrie éducative, système de suivi des élèves, théorie de la réponse aux items, littératie académique, diagnostic pédagogique, modèles de Rasch, difficultés d’apprentissage de la lecture.

3. Auteurs / Authors

La batterie d’évaluation Diataal a été élaborée conjointement par des chercheurs en linguistique appliquée et en psychométrie éducative :

  • Expertisecentrum Taal Onderwijs en Communicatie (ETOC) : Centre d’expertise spécialisé dans la recherche sur l’acquisition du langage, l’apprentissage linguistique et la communication pédagogique.
  • Rijksuniversiteit Groningen (Université de Groningue), Pays-Bas : Faculté des Lettres et Faculté des Sciences Comportementales et Sociales.
  • Chercheurs principaux associés au projet initial et à ses extensions :
    • Prof. Dr. Hilde Hacquebord (Émérite, Université de Groningue) — Spécialiste de l’apprentissage de la lecture chez les élèves allophones et de la littératie disciplinaire.
    • Prof. Dr. Kees de Glopper (Université de Groningue) — Expert en littératie, didactique de la langue maternelle et psychométrie appliquée aux compétences langagières.
    • Équipe de développement psychométrique de Diataal B.V. (Groningue, Pays-Bas).
  • Contact institutionnel : Diataal B.V., Rozenburglaan 5, 9727 DL Groningen, Pays-Bas / Contact académique via l’Université de Groningue (rug.nl).

4. Objectif / Purpose

Le projet Diataal est né de la nécessité de disposer d’outils d’évaluation du langage standardisés, standardisables sur ordinateur et scientifiquement fondés, capables d’appréhender le langage non seulement comme une matière scolaire isolée, mais comme le vecteur principal de l’accès aux connaissances transversales. La conception de Diatekst et de Diawoord répond à des objectifs cliniques, diagnostiques et pédagogiques fondamentaux au sein des systèmes scolaires contemporains.

Applications diagnostiques et cliniques

Dans une perspective clinique et orthopédagogique, Diataal permet de désintriquer les composantes de la faiblesse en lecture. Lorsqu’un élève éprouve des difficultés scolaires généralisées, l’administration conjointe de Diatekst et de Diawoord permet de déterminer si le déficit sous-jacent relève d’une pauvreté lexicale réceptive (vocabulaire scolaire insuffisant mesuré par Diawoord), d’un trouble spécifique des mécanismes inférentiels et d’intégration textuelle (mesuré par Diatekst), ou d’un déficit mixte. Cette différentiation est cruciale pour le diagnostic des troubles spécifiques du langage écrit (tels que la dyslexie ou le trouble spécifique de la compréhension de l’écrit / poor comprehender profile).

Applications scolaires et suivi longitudinal (LVS)

Au niveau de l’établissement scolaire, Diataal opère comme un système de suivi longitudinal informatisé (Leerlingvolgsysteem – LVS). Il permet :

  • De mesurer la progression individuelle d’un élève sur une échelle continue de développement cognitif du langage du groupe 5 du primaire (équivalent CE2/CM1) jusqu’au terme de l’enseignement secondaire supérieur.
  • D’identifier précocement les élèves à risque de décrochage scolaire lié à la barrière de la langue académique, notamment les apprenants d’une langue seconde (L2) et les élèves issus de milieux socio-économiquement défavorisés.
  • D’agréger les données à l’échelle de la classe et de l’établissement pour ajuster la politique linguistique globale (taalbeleid), en vérifiant si les méthodes d’enseignement de la lecture et du vocabulaire produisent les gains attendus.

Fondement et justification théorique

L’évaluation traditionnelle de la lecture se focalisait souvent sur le décodage rapide ou sur des questions de mémoire superficielle. L’objectif fondamental de Diataal est de mesurer le texte-modèle de situation (situation model), c’est-à-dire la capacité de l’élève à combiner les informations textuelles avec ses connaissances antérieures pour résoudre des problèmes conceptuels. En isolant le vocabulaire scolaire (schooltaal) des mots du langage quotidien, Diataal cible directement les mécanismes prédicteurs de la réussite académique à long terme.

5. Construit psychologique / Construct

Le système Diataal opérationnalise les compétences langagières écrites à travers des dimensions psychologiques rigoureusement modélisées. Deux composantes majeures forment le cœur de l’instrument : le lexique académique réceptif et la compréhension intégrative de textes.

1. Le lexique académique et scolaire (Diawoord)

Le construit mesuré par Diawoord n’est pas le simple stock lexical passif du registre familier, mais le vocabulaire académique transversal (concept théorisé par Jim Cummins sous la notion de Cognitive Academic Language Proficiency ou CALP). Il s’agit des mots pivots indispensables à la compréhension des manuels scolaires et des consignes d’examen dans toutes les disciplines (ex. : « déduire », « illustrer », « inversement », « facteur », « contraste »).

Ce construit s’articule autour de deux niveaux d’analyse psychologique :

  • L’étendue lexicale (Breadth) : Le nombre absolu de concepts scolaires dont l’élève possède une représentation sémantique stable.
  • La profondeur lexicale (Depth) : La précision des représentations sémantiques, incluant la capacité à distinguer des nuances de sens, à identifier des synonymes contextuels et à appréhender les relations polysémiques et dérivationnelles des mots.

2. La compréhension en lecture (Diatekst)

La compréhension en lecture au sein de Diatekst est envisagée comme un processus cognitif dynamique et multiniveau. Elle repose sur la construction progressive d’une structure de signification et ne se limite en aucun cas à la reconnaissance orthographique. L’instrument évalue quatre dimensions cognitives imbriquées :

  • Le traitement micro-structurel (compréhension littérale locale) : Capacité à extraire des propositions explicites contenues dans des phrases individuelles et à relier des propositions adjacentes par anaphore ou connecteurs simples. Exemple : repérer la cause directe d’un événement explicitement mentionnée au début d’un paragraphe.
  • Le traitement macro-structurel (compréhension globale) : Identification de l’idée principale, synthèse de sections entières de texte, hiérarchisation des arguments et élaboration du schéma textuel (text structure awareness). Exemple : déterminer l’objectif principal de l’auteur ou attribuer un titre approprié à une section complexe.
  • Le traitement inférentiel et intégratif : Génération d’inférences de liaison (bridging inferences) et d’inférences d’élaboration, exigeant de combler les ellipses du texte en mobilisant les connaissances du monde et les indices contextuels. Exemple : déduire la motivation implicite d’un acteur historique d’après les conséquences rapportées de ses décisions.
  • Le traitement critique et métacognitif : Évaluation de l’intention communicative, détection du point de vue de l’auteur, distinction entre faits et opinions, et analyse de la cohérence interne du document.

3. Typologie des profils de lecteurs

Par l’interaction entre Diatekst et Diawoord, le construit permet d’établir quatre quadrants typologiques d’apprenants :

  1. Lecteurs équilibrés/experts : Compétences lexicales et capacités de compréhension textuelle synchronisées et performantes.
  2. Lecteurs compensateurs : Vocabulaire académique restreint mais capacités inférentielles élevées leur permettant de deviner le sens d’un texte grâce au contexte.
  3. Apprenants littéraux/décodeurs : Vocabulaire suffisant mais incapacité à synthétiser les idées ou à générer des inférences complexes.
  4. Lecteurs en difficulté sévère/globale : Déficits conjoints du lexique conceptuel et du traitement métatextuel.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture psychologique et didactique de Diataal repose sur la convergence de plusieurs modèles majeurs de la psycholinguistique cognitive et de la psychologie de l’éducation.

La vision simple de la lecture (Simple View of Reading)

Le point de départ épistémologique s’inscrit dans la continuité du modèle de la Simple View of Reading (Gough & Tunmer, 1986 ; Hoover & Gough, 1990), selon lequel la compréhension en lecture ($R$) est le produit de deux composantes distinctes mais indispensables : l’identification des mots écrits / décodage ($D$) et la compréhension orale / linguistique ($L$), représenté par la formule $R = D \times L$. À partir de l’enseignement primaire moyen et supérieur, lorsque l’automatisation du décodage phonologique est généralement acquise, la variance de la compréhension écrite s’explique quasi-intégralement par la compréhension linguistique générale et la richesse lexicale. Diataal concentre ainsi son pouvoir discriminant sur la composante linguistique complexe ($L$) et son application textuelle ($R$).

Le modèle de construction-intégration (Kintsch & van Dijk)

La modélisation de Diatekst s’appuie très fortement sur les travaux fondateurs de Walter Kintsch et Teun A. van Dijk (Kintsch, 1988, 1998). Selon ce cadre théorique, la lecture d’un texte génère trois niveaux successifs de représentations mentales :

  • La forme de surface (Surface Code) : Les mots et la syntaxe exacts du texte, rapidement effacés de la mémoire de travail.
  • La base de texte (Textbase) : Le réseau propositionnel abstrait directement dérivé du texte, articulé en micro-structure et macro-structure.
  • Le modèle de situation (Situation Model) : L’intégration cognitive profonde entre la base de texte et les connaissances préalables en mémoire à long terme de l’individu. C’est ce modèle de situation qui est le véritable prédicteur de l’apprentissage scolaire durable et que Diatekst évalue par des items inférentiels non copiés littéralement du stimulus.

L’hypothèse de la qualité lexicale (Perfetti & Hart)

L’évaluation autonome du vocabulaire via Diawoord est justifiée par l’Hypothèse de la Qualité Lexicale (Lexical Quality Hypothesis ; Perfetti & Hart, 2001, 2002). Charles Perfetti démontre qu’une représentation lexicale de haute qualité implique une intégration parfaite des identités orthographique, phonologique et sémantique d’un mot. Lorsque la signification d’un mot est instable ou incomplète, le lecteur consomme une part excessive de ses ressources exécutives en mémoire de travail (Baddeley) pour tenter d’en clarifier le sens, au détriment de l’intégration macro-structurelle du paragraphe. Diawoord mesure la disponibilité et la finesse de ces représentations sémantiques afin de prévenir cette surcharge cognitive.

La distinction CALP vs BICS (Cummins)

Le cadre intègre les théories linguistiques de Jim Cummins (1979, 2000) relatives à la distinction entre les compétences de communication interpersonnelle de base (Basic Interpersonal Communicative Skills – BICS) et la maîtrise du langage académique en contexte décontextualisé (Cognitive Academic Language Proficiency – CALP). De nombreux élèves bilingues ou allophones développent d’excellentes aptitudes conversationnelles (BICS) tout en échouant aux épreuves académiques en raison d’une carence invisible en CALP. La batterie Diataal a été expressément conçue par l’ETOC pour rendre visible et évaluable cette composante académique spécifique.

7. Validité / Validity

Les propriétés psychométriques de Diataal ont fait l’objet de protocoles d’évaluation empirique exigeants aux Pays-Bas, validés périodiquement selon les standards de la COTAN (Commission néerlandaise des affaires de tests de la NIP – Nederlands Instituut van Psychologen).

Validité de contenu

La validité de contenu a été assurée dès la phase initiale d’élaboration par une analyse exhaustive des curricula scolaires néerlandais, des objectifs finaux nationaux (kerndoelen) et des niveaux de référence pour la langue (Referentiekader Taal). Les textes choisis pour Diatekst sont des textes authentiques (articles journalistiques, extraits de manuels scolaires d’histoire, de sciences et de géographie, documents narratifs contemporains) rééchelonnés sur l’indice de lisibilité et soumis à des panels d’experts en didactique du néerlandais. Les corpus de mots de Diawoord proviennent d’analyses lexicales informatisées de manuels scolaires largement utilisés dans les écoles néerlandaises.

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la modélisation sous la théorie de la réponse aux items (IRT). L’ajustement des items aux modèles logistiques montre que les indices d’infit et d’outfit de moyenne quadratique (Mean Square) demeurent dans la plage acceptable ($0{,}80 le MNSQ le 1{,}20$) pour la vaste majorité des items, confirmant que chaque test évalue une dimension latente dominante.

De plus, des corrélations modérées à fortes entre Diawoord et Diatekst ($r$ oscillant généralement entre $0{,}60$ et $0{,}75$ selon les cohortes) attestent de l’existence d’une relation étroite mais non identique entre l’étendue du vocabulaire académique et la compréhension de texte. Ces données confirment que si le vocabulaire est un prérequis majeur à la compréhension, il ne s’y résume pas entièrement, ce qui justifie l’existence de deux modules distincts.

Validité convergente et prédictive

La validité convergente de Diataal a été démontrée par des corrélations substantielles avec d’autres batteries standardisées établies, en particulier les tests de compréhension en lecture et de vocabulaire de l’organisme national Cito (Cito Begrijpend Lezen et Cito Woordenschat), affichant des coefficients de corrélation variant de $r = 0{,}70$ à $r = 0{,}84$.

Sur le plan de la validité prédictive :

  • Les scores obtenus à Diatekst et Diawoord en fin d’école primaire prédisent avec précision l’orientation et le succès des élèves dans les différentes filières de l’enseignement secondaire néerlandais (VMBO, HAVO, VWO), avec des coefficients de régression expliquant une part substantielle de la variance des résultats académiques ultérieurs ($R^2 > 0{,}35$).
  • Les scores permettent d’anticiper les notes obtenues par les élèves dans les matières à forte densité textuelle telles que l’histoire, la biologie et les études sociales.

Fonctionnement différentiel des items (DIF)

Afin de garantir l’équité de mesure entre élèves natifs et allophones (langue première vs langue seconde), des analyses de fonctionnement différentiel des items (Differential Item Functioning – DIF) basées sur la méthode de Mantel-Haenszel et sur l’IRT ont été conduites systématiquement. Les items manifestant un biais culturel ou linguistique injustifié ont été éliminés ou reformulés lors des réétalonnages successifs, assurant une neutralité d’évaluation maximale.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument Diataal a été établie sur de larges cohortes nationales représentatives issues des différents niveaux de scolarité.

Cohérence interne et fidélité marginale IRT

En raison de l’utilisation de tests standardisés informatisés adossés à des banques d’items calibrées, la fidélité est documentée à la fois sous la forme classique du coefficient alpha de Cronbach et sous celle de la fidélité empirique ou marginale calculée sous le modèle de Rasch/IRT :

  • Diawoord : Pour des versions de test comprenant entre 40 et 50 items, les coefficients d’homogénéité alpha se situent de façon constante entre 0,85 et 0,91. L’erreur standard de mesure (SEM) demeure faible et stable à travers la majeure partie du spectre d’aptitude ($ heta$ variant de $-2{,}5$ à $+2{,}5$).
  • Diatekst : Selon le niveau scolaire évalué (primaire ou secondaire) et le nombre de textes administrés (habituellement 3 à 4 textes accompagnés chacun de 8 à 12 questions, totalisant 30 à 45 items), les coefficients alpha de Cronbach varient de 0,82 à 0,89. La fidélité marginale issue des analyses IRT confirme ces niveaux d’excellence psychométrique ($r_{xx} ge 0{,}84$).

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Les études de stabilité temporelle (test-retest sur un intervalle court de deux à quatre semaines pour limiter les biais de maturation cognitive) ont produit des coefficients de fidélité test-retest compris entre $r = 0{,}78$ et $r = 0{,}86$, attestant d’une excellente reproductibilité des scores d’aptitude lorsque l’évaluation n’est pas contaminée par un apprentissage direct.

Fonctions d’information du test (TIF)

Les courbes d’information du test (Test Information Function) indiquent que l’erreur de mesure est minimale dans les zones moyennes et inférieures de la distribution des compétences. Cela signifie que Diataal présente une précision diagnostique optimale précisément pour la détection et la caractérisation des élèves en difficulté d’apprentissage, tout en conservant un plafond de mesure suffisant pour identifier les compétences avancées des élèves à haut potentiel linguistique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’évaluation de la dimensionalité de Diataal a été un jalon méthodologique central dans la validation des tests par l’ETOC et l’Université de Groningue.

Unidimensionnalité essentielle des sous-échelles

Afin de justifier l’application des modèles de la théorie de la réponse aux items (Rasch ou modèles logistiques apparentés), l’hypothèse d’unidimensionnalité a été testée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires pour données catégorielles (WLSMV) et d’analyses en composantes principales des résidus de Rasch :

  • Pour Diawoord : Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires confirment une structure strictement unidimensionnelle. Le premier facteur explique une part prépondérante de la variance commune (variance expliquée supérieure à 45-50 %), et le ratio entre la première et la deuxième valeur propre est systématiquement supérieur au seuil classique de 3:1 ou 4:1. Les résidus ne montrent aucun regroupement substantiel, démontrant que le test évalue bien une dimension cognitive unique : l’accès au lexique académique.
  • Pour Diatekst : Bien que la compréhension en lecture mobilise divers micro-processus (inférences, repérage d’indices, synthèse), les modèles factoriels confirmatoires bi-factoriels ou unidimensionnels révèlent l’existence d’un facteur général prédominant de compréhension textuelle ($\omega_h > 0{,}80$). Si des sous-dimensions cognitives locales peuvent être isolées (par exemple, compréhension littérale vs inférentielle), leur corrélation inter-factorielle dépasse souvent 0,85, rendant non justifiable la production de scores séparés sur le plan psychométrique strict. Par conséquent, Diatekst est modélisé comme un trait latent unidimensionnel essentiel.

Saturations factorielles des items

Dans les modèles d’analyse factorielle confirmatoire à un facteur :

  • Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des items de vocabulaire de Diawoord sont presque toutes comprises entre 0,40 et 0,75, témoignant d’une excellente discrimination des mots retenus.
  • Pour Diatekst, les saturations des items oscillent majoritairement entre 0,38 et 0,72. Les items impliquant des inférences complexes et l’intégration macro-structurelle présentent généralement les saturations les plus élevées vis-à-vis du facteur général de compréhension.

Indépendance locale des items de texte

Un défi classique dans les tests de compréhension en lecture réside dans la violation potentielle de l’indépendance locale liée à l’utilisation de grappes d’items associés à un même texte (testlets). Les psychomètres de l’Université de Groningue ont vérifié l’absence de dépendance locale excessive en examinant les corrélations résiduelles de Yen ($Q_3$). L’introduction de modèles de testlets dans les analyses de sensibilité a confirmé que le biais d’estimation des paramètres de difficulté et d’aptitude demeurait négligeable, confortant la robustesse du calibrage IRT standard.

10. Instrument de mesure / Instrument

Diataal est une plateforme numérique d’évaluation standardisée administrée en ligne via un environnement sécurisé.

  • Type de test : Test standardisé informatisé d’aptitude langagière, à visée formative, sommative et diagnostique. Il est utilisable en version linéaire standardisée ou en administration adaptative selon les versions développées par l’éditeur.
  • Population cible : Enfants et adolescents scolarisés, de la fin du cycle primaire (à partir de l’âge d’environ 8-9 ans) jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire (16-18 ans), couvrant les parcours généraux et professionnels.
  • Format d’administration : Interface web sur ordinateur ou tablette en milieu scolaire supervisé. L’interface offre un confort de lecture adapté (taille de police ajustable, mise en page aérée).
  • Structure des modules :
    • Diawoord (Vocabulaire) : Épreuve d’une durée d’environ 30 à 45 minutes, comprenant typiquement 40 à 60 items à choix multiple (3 ou 4 options par item avec un seul distracteur correct).
    • Diatekst (Compréhension en lecture) : Épreuve d’une durée d’environ 45 à 60 minutes, composée de 3 à 5 textes de styles variés (informatif, argumentatif, narratif, schématique) accompagnés chacun de 6 à 12 questions à choix multiple.
    • Diafoon (Composante additionnelle) : Module complémentaire évaluant la compréhension orale (écoute de dialogues et de messages audios).
    • Diaplus (Volet pédagogique) : Matériel didactique articulé aux résultats du test, offrant des banques de textes gradués et des séquences d’entraînement ciblées pour les élèves en difficulté.
  • Format de réponse : Questions fermées à choix forcé (QCM) afin de garantir une objectivité totale et instantanée de la cotation.
  • Cotation et restitution des résultats :
    • La cotation est 100 % automatisée et immédiate.
    • Les scores bruts sont transformés, via les paramètres du modèle IRT sous-jacent, en un score de compétence sur une échelle unifiée de développement (vaardigheidsscore).
    • Ce score d’aptitude est positionné par rapport aux normes nationales néerlandaises sous forme de centiles, de niveaux de développement scolaire et de correspondances directes avec les paliers officiels de maîtrise linguistique (Referentieniveaus 1F, 2F, 1S, 2A, 3F).
    • Génération d’un rapport individuel et d’un rapport de groupe pour l’enseignant, identifiant les types de lecteurs et préconisant des stratégies d’intervention pédagogique via Diaplus.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2004 (par l’ETOC et l’Université de Groningue). L’instrument fait l’objet de mises à jour, de recalibrages et d’extensions continues depuis cette date.
  • Éditeur / Détenteur des droits : Diataal B.V. en collaboration avec la Rijksuniversiteit Groningen.
  • Statut des droits d’auteur : Instrument commercial déposé et protégé par les lois internationales sur la propriété intellectuelle. La reproduction non autorisée, l’extraction de la banque d’items ou la diffusion des textes et questions du test sont strictement interdites.
  • Tarification et accès pour les écoles : L’accès aux tests s’effectue via un système d’abonnement annuel payant par élève ou par établissement scolaire. La licence comprend l’accès à la plateforme numérique d’évaluation, le calcul automatique des scores, la génération des rapports d’analyse de données et l’accès aux ressources pédagogiques Diaplus.
  • Accès pour la recherche académique : Les équipes universitaires et les chercheurs peuvent solliciter des autorisations d’accès spécifiques auprès de Diataal B.V. et de l’Université de Groningue pour des projets de recherche scientifique ou des études longitudinales sur l’apprentissage du langage. Des accords de confidentialité (NDA) et des conventions d’utilisation de données anonymisées sont obligatoires.

12. Références / References

  • Cummins, J. (1979). Cognitive/academic language proficiency, linguistic interdependence, the optimum age question and some other matters. Working Papers on Bilingualism, 19, 197–205. https://eric.ed.gov/?id=ED184443
  • Cummins, J. (2000). Language, power, and pedagogy: Bilingual children in the crossfire. Multilingual Matters. https://doi.org/10.21832/9781853596773
  • Expertisecentrum Taal Onderwijs en Communicatie & Rijksuniversiteit Groningen. (2004). Diataal: Toelichting op het diagnostisch taaltoetspakket voor het voortgezet onderwijs. Rijksuniversiteit Groningen / ETOC.
  • Gough, P. B., & Tunmer, W. E. (1986). Decoding, reading, and reading disability. Remedial and Special Education, 7(1), 6–10. https://doi.org/10.1177/074193258600700104
  • Hacquebord, H., Linthorst, R., Stellingwerf, B., & de Glopper, K. (2004). Voortgezet taalvaardig: Een onderzoek naar de taalvaardigheid en tekstbegrip van leerlingen in het voortgezet onderwijs. ETOC / Rijksuniversiteit Groningen.
  • Hoover, W. A., & Gough, P. B. (1990). The simple view of reading. Reading and Writing, 2(2), 127–160. https://doi.org/10.1007/BF00401799
  • Kintsch, W. (1988). The role of knowledge in discourse comprehension: A construction-integration model. Psychological Review, 95(2), 163–182. https://doi.org/10.1037/0033-295X.95.2.163
  • Kintsch, W. (1998). Comprehension: A paradigm for cognition. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511804076
  • Perfetti, C. A., & Hart, L. (2001). The lexical basis of comprehension skill. In D. S. Gorfein (Ed.), On the consequences of meaning selection: Perspectives on resolving lexical ambiguity (pp. 67–86). American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10459-004
  • Perfetti, C. A., & Hart, L. (2002). The lexical quality hypothesis. In L. Verhoeven, C. Elbro, & P. Reitsma (Eds.), Precursors of functional literacy (pp. 189–213). John Benjamins. https://doi.org/10.1075/swll.11.14per
  • van Dijk, T. A., & Kintsch, W. (1983). Strategies of discourse comprehension. Academic Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Je maakt zometeen een taaltoets. Lees bij Diatekst eerst de teksten goed door en beantwoord daarna de meerkeuzevragen. Kies bij elke vraag het beste antwoord. Bij Diawoord lees je de zin en kies je de juiste betekenis van het gemarkeerde woord.
Response Scale: Multiple-choice (4-option format: 1 point for correct, 0 for incorrect)
1

[Proprietary secure assessment battery – sample illustrative item formats from the Diataal framework]
2

Diawoord (Vocabulaire / Woordenschat):
1

De directeur nam een [drastisch] besluit. Wat betekent [drastisch]? (A: krachtig en vergaand, B: dom en ondoordacht, C: snel en tijdelijk, D: voorzichtig)
2

De leerling gaf een [aannemelijke] verklaring voor het te laat komen. Wat betekent [aannemelijke]? (A: geloofwaardige, B: overdreven, C: onbegrijpelijke, D: grappige)
3

Diatekst (Begrijpend Lezen):
3

[Naar aanleiding van een leestekst] Wat is de hoofdgedachte van alinea 2?
4

[Naar aanleiding van een leestekst] Waarnaar verwijst het woord 'deze' in regel 14?
5

[Naar aanleiding van een leestekst] Welke conclusie trekt de auteur in de laatste alinea?
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Diataal : Diatekst et Diawoord. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/diataal-diatekst-et-diawoord/
Looti, Mohammed. “Diataal : Diatekst et Diawoord.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/diataal-diatekst-et-diawoord/.
Looti, Mohammed. “Diataal : Diatekst et Diawoord.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/diataal-diatekst-et-diawoord/.