1. Résumé / Abstract
Le Questionnaire sur la responsabilité familiale face au diabète (Diabetes Family Responsibility Questionnaire ou DFRQ ; Anderson et al., 1990) est un instrument d’évaluation psychométrique conçu pour mesurer la répartition et le partage intrafamilial des responsabilités liées à la prise en charge médicale et comportementale du diabète de type 1 chez les enfants et les adolescents. Face aux exigences thérapeutiques complexes et quotidiennes imposées par cette endocrinopathie chronique — incluant l’autosurveillance glycémique, l’administration d’insuline, l’adaptation posologique, la gestion des repas et la communication avec l’entourage scolaire et médical —, la délégation inappropriée ou prématurée des tâches de soins constitue un facteur majeur d’échec thérapeutique, de non-adhésion et de dégradation du contrôle métabolique (taux d’HbA1c).
Le DFRQ évalue la perception qu’ont le jeune patient et ses tuteurs légaux concernant l’assignation de chaque tâche selon trois modalités d’implication : la prise en charge exclusive ou quasi exclusive par le parent (score de 1), le partage équitable de la responsabilité entre le parent et le jeune (score de 2), et l’assomption autonome ou quasi exclusive par le jeune patient (score de 3). L’outil comprend deux sous-échelles factorielles robustes : les tâches de gestion directe (Direct Management Tasks, englobant les injections, les tests glycémiques et les ajustements d’insuline) et les tâches de gestion indirecte ou générale (Indirect Management Tasks, recouvrant les rendez-vous médicaux, la logistique du matériel et la communication sociale). Doté d’une cohérence interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,69 et 0,85 selon les sous-échelles et les répondants) et d’une remarquable validité de construit et prédictive, le DFRQ permet d’identifier les zones de désaccord dyadique, les risques de désengagement parental prématuré et les sources de conflits familiaux délétères pour l’équilibre glycémique.
2. Mots-clés / Keywords
Diabète de type 1, pédiatrie, responsabilité familiale, adhésion thérapeutique, autonomie développementale, psychométrie, conflit familial, gestion de la maladie chronique, dyade parent-adolescent, endocrinologie pédiatrique.
3. Auteurs / Authors
Le Diabetes Family Responsibility Questionnaire a été initialement développé par l’équipe de recherche clinique de l’École de médecine de l’Université Washington de Saint-Louis (Missouri, États-Unis) :
- Barbara J. Anderson, Ph.D. : Professeure de pédiatrie et de psychologie comportementale, Baylor College of Medicine, Houston, Texas ; anciennement au Joslin Diabetes Center et à la Harvard Medical School. Spécialiste de renommée internationale des aspects psychosociaux du diabète de l’enfant et de l’adolescent.
- Wendy F. Auslander, Ph.D., MSW : Professeure émérite à la George Warren Brown School of Social Work, Washington University in St. Louis. Experte en recherche psychosociale appliquée aux maladies chroniques pédiatriques.
- K. C. Jung, Ph.D. : Chercheur associé et biostatisticien, Département de pédiatrie, Washington University School of Medicine.
- Patricia Miller, RN, MSN : Infirmière clinicienne spécialiste en diabétologie pédiatrique, Washington University School of Medicine.
- Julio V. Santiago, M.D. (décédé) : Professeur de pédiatrie et d’endocrinologie, pionnier de la recherche sur le diabète juvénile et directeur du Centre de recherche clinique sur le diabète de l’Université Washington à Saint-Louis.
Des travaux d’extension, de révision et de standardisation ultérieurs ont été menés en étroite collaboration avec Lori M. B. Laffel, M.D., MPH (Joslin Diabetes Center, Harvard Medical School) et Korey K. Hood, Ph.D. (Stanford University School of Medicine).
4. Objectif / Purpose
L’objectif clinique et psychométrique principal du DFRQ est de cartographier avec précision la distribution réelle et perçue des responsabilités quotidiennes associées à la prise en charge du diabète de type 1 au sein de la cellule familiale. Dans le champ de la psychologie de la santé pédiatrique, la transition de l’enfance vers l’adolescence s’accompagne fréquemment d’un transfert progressif de la gestion médicale depuis les figures parentales vers le jeune patient. Cependant, ce processus développemental d’individuation est jalonné d’écueils majeurs : un transfert trop hâtif ou non concerté vers l’adolescent peut engendrer des omissions thérapeutiques, une détresse psychologique liée au fardeau du diabète, une détérioration rapide de l’hémoglobine glyquée et une augmentation des épisodes d’acidocétose ou d’hypoglycémies sévères.
Le DFRQ répond à plusieurs impératifs cliniques et empiriques :
- Évaluation du degré de partage des responsabilités : L’instrument permet d’objectiver si une tâche est assumée unilatéralement par le parent, déléguée de manière autonome à l’adolescent, ou gérée de façon collaborative (partage dyadique). La littérature démontre de manière récurrente que le maintien d’une responsabilité partagée et collaborative jusqu’à la fin de l’adolescence est corrélé à une meilleure observance et à un équilibre glycémique optimal.
- Mesure de la concordance parent-enfant : L’administration parallèle du questionnaire à l’enfant et à son ou ses parents permet de calculer un indice de divergence ou de désaccord dyadique. Lorsque le parent estime que l’adolescent prend en charge une tâche (par exemple, la rotation des sites d’injection ou la compensation en glucides) alors que l’adolescent perçoit que le parent s’en occupe ou que personne ne l’assume véritablement, il en résulte une zone de « responsabilité non attribuée » extrêmement vulnérable à la négligence médicale.
- Prévention et ciblage des conflits familiaux : En identifiant les tâches spécifiques sources de friction ou de désengagement précoce, les équipes soignantes peuvent orienter les interventions psychoéducatives et les thérapies familiales ciblées afin de désamorcer les conflits centrés sur le contrôle glycémique.
- Recherche translationnelle et évaluation de programmes : Le DFRQ sert de critère de jugement psychologique dans les essais cliniques randomisés évaluant des interventions comportementales, des programmes d’éducation thérapeutique ou l’introduction de nouvelles technologies médicales (telles que les pompes à insuline en boucle fermée et les capteurs de glucose en continu).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique opérationnalisé par le DFRQ repose sur l’allocation de la responsabilité comportementale intrafamiliale dans le contexte d’un schéma thérapeutique lourd et continu. Contrairement à des mesures génériques d’autonomie personnelle ou de fonctionnement familial global, le DFRQ contextualise rigoureusement le comportement dans les exigences concrètes de l’insulinothérapie. Ce construit est articulé autour de deux axes fonctionnels majeurs complétés par une analyse dyadique :
1. Les tâches de gestion directe (Direct Management Tasks)
Cette dimension regroupe les comportements thérapeutiques invasifs, réguliers et hautement critiques sur le plan physiologique, dont l’exécution a un impact direct et immédiat sur la glycémie du patient :
- Injections et délivrance de l’insuline : Réalisation technique de la piqûre ou commande du bolus sur la pompe à insuline.
- Autosurveillance glycémique : Respect des horaires prescrits pour tester le taux de sucre sanguin ou lecture des alertes du moniteur continu de glucose.
- Ajustement posologique : Prise de décision relative à l’augmentation ou à la réduction de la dose d’insuline en fonction des glucides ingérés et des valeurs glycémiques mesurées.
- Traitement des urgences métaboliques : Transport permanent d’une source de resucrage rapide et détection des signes précurseurs d’hypoglycémie.
Ces tâches requièrent des compétences métacognitives avancées, une rigueur temporelle stricte et une autorégulation émotionnelle que les adolescents immatures ont souvent du mal à maintenir sans supervision parentale.
2. Les tâches de gestion indirecte et sociale (Indirect Management Tasks)
Cette composante englobe les activités organisationnelles, administratives, logistiques et interpersonnelles qui sous-tendent la prise en charge globale de la pathologie sans impliquer directement l’acte d’injection ou de mesure :
- Coordination des soins de santé : Mémorisation et prise des rendez-vous à la clinique spécialisée, chez le dentiste ou auprès d’autres professionnels de santé.
- Communication et divulgation sociale : Information dispensée aux enseignants, aux membres de la famille élargie et au groupe de pairs concernant la condition diabétique et la conduite à tenir en cas d’urgence.
- Gestion logistique du matériel médical : Vérification des dates de péremption de l’insuline, des bandelettes ou des capteurs, approvisionnement des consommables et rotation méthodique des sites cutanés.
- Surveillance clinique globale : Observation des fluctuations pondérales, inspection des pieds, ajustement du chaussage et justification des absences scolaires.
3. La concordance dyadique et la typologie d’attribution
Au-delà des scores dimensionnels bruts, le construit psychologique repose sur l’évaluation comparative entre les réponses de l’adolescent et celles du parent. Trois profils d’allocation émergent :
- Responsabilité partagée (Shared Responsibility) : Les deux membres de la dyade reconnaissent une collaboration harmonieuse. C’est le profil le plus protecteur contre le déclin de l’observance thérapeutique.
- Désaccord d’indépendance (Adolescent-Assumed / Parent Unaware) : L’adolescent déclare assumer seul des tâches que le parent croit encore superviser, ou inversement.
- Responsabilité orpheline (Unassigned Responsibility) : Situation critique où chaque membre de la dyade présume que l’autre gère la tâche, conduisant à des ruptures de surveillance médicale majeures.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du DFRQ s’ancre à la croisée de la théorie systémique familiale, de la psychologie développementale de l’adolescence et de la théorie sociocognitive de l’autorégulation.
La perspective écologique et systémique de la maladie chronique
Inspirée des travaux de Urie Bronfenbrenner et des modèles de systèmes familiaux appliqués à la pédiatrie (Rolland, Minuchin), cette approche postule que l’observance thérapeutique chez l’enfant n’est pas une simple caractéristique individuelle mais une résultante émergente des transactions au sein du microsystème familial. La gestion d’une maladie chronique impose une réorganisation continue des frontières, des rôles et des règles d’interaction intrafamiliales. Lorsque la maladie exige une vigilance permanente 24h/24, la dynamique familiale doit équilibrer soutien et autonomie sans basculer dans l’enchevêtrement (surprotection infantilisante) ni dans le désengagement (abandon prématuré de la supervision).
Le processus d’individuation et d’autonomie à l’adolescence
Sur le plan développemental, l’adolescence est caractérisée par la quête d’autonomie, la séparation-individuation et l’orientation accrue vers les pairs. Dans le cas du diabète de type 1, ce développement normatif entre souvent en collision avec la nécessité d’une discipline biologique constante. L’équipe d’Anderson (1990, 2004) a théorisé que le transfert de responsabilité ne doit pas être envisagé comme une transition dichotomique (passer du contrôle parental exclusif à l’autonomie totale du jeune), mais comme un continuum d’échafaudage développemental (scaffolding, concept issu de Lev Vygotski et Jerome Bruner). Le parent doit maintenir une structure de soutien et de supervision active (« interdépendance collaborative ») tout en accordant progressivement une marge d’initiative à l’adolescent au fur et à mesure de sa maturation cognitive.
Théorie sociocognitive et efficacité personnelle
Conformément au cadre d’Albert Bandura, le sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) de l’adolescent à gérer son diabète se consolide par la maîtrise guidée et le modelage parental. Si les exigences dépassent les capacités d’autorégulation du jeune, un sentiment d’impuissance et un épuisement émotionnel (diabetes distress) s’installent rapidement. Le DFRQ a été spécifiquement opérationnalisé pour mesurer les zones de transfert de contrôle afin d’empêcher les ruptures de compétences adaptatives.
7. Validité / Validity
Depuis sa publication princeps par Anderson et ses collaborateurs en 1990, le DFRQ a fait l’objet de nombreuses validations empiriques confirmant sa robustesse psychométrique à travers diverses cohortes pédiatriques aux États-Unis, en Europe et en Océanie.
Validité de construit
La validité de construit a été établie en démontrant que les scores de responsabilité évoluent de façon congruente avec l’âge chronologique des enfants. Dans l’étude originale (Anderson et al., 1990), incluant des jeunes diabétiques âgés de 6 à 21 ans, une corrélation positive hautement significative a été observée entre l’âge et les scores d’autonomie de l’enfant (r variant de 0,55 à 0,72 selon les sous-échelles, p < 0,001). Les enfants plus jeunes (6–11 ans) présentaient des scores moyens proches de 1 (responsabilité parentale quasi totale), tandis que les adolescents plus âgés (15–18 ans) tendaient vers des scores de 2,5 à 3 (responsabilité partagée à autonome).
Validité convergente et discriminante
La validité convergente du DFRQ a été confirmée par ses relations théoriquement prévisibles avec d’autres échelles standardisées :
- Conflits familiaux : Des corrélations significatives ont été rapportées avec la Diabetes Family Conflict Scale (DFCS ; Hood et al., 2007 ; Anderson et al., 2002). Une discordance élevée entre les réponses du parent et de l’adolescent sur le DFRQ est fortement corrélée à une fréquence accrue de conflits familiaux spécifiques au diabète (r = 0,38 à 0,46, p < 0,01).
- Soutien parental : Des associations positives sont observées entre les scores de partage équitable (score moyen proche de 2) et les dimensions de soutien chaleureux mesurées par le Diabetes Family Behavior Scale (DFBS).
- Validité discriminante : Le DFRQ présente de faibles corrélations avec des mesures globales de personnalité non spécifiques à la santé, démontrant qu’il mesure spécifiquement l’allocation comportementale liée à la maladie plutôt qu’une disposition affective générale ou une tendance à la désirabilité sociale.
Validité prédictive et clinique
La validité prédictive de l’instrument sur le plan métabolique a été abondamment démontrée dans la littérature médicale (par exemple, Vesco et al., 2010 ; Anderson et al., 2002). Les études longitudinales indiquent qu’une transition précoce vers l’autonomie exclusive de l’adolescent (scores s’approchant de 3 avant l’âge de 15 ans) sans partage parental est un prédicteur statistiquement robuste d’une dégradation de l’adhésion au traitement (mesurée par la fréquence des contrôles glycémiques quotidiens) et d’une augmentation cliniquement significative du taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c). Inversement, le maintien d’une responsabilité partagée (score de 2) est prédictif d’une stabilité du contrôle glycémique au cours de la puberté.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du DFRQ a été documentée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle à travers de multiples investigations pédiatriques.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon princeps de validation (Anderson et al., 1990, N = 85 familles d’enfants et adolescents atteints de diabète de type 1), les coefficients de consistance interne se sont révélés tout à fait satisfaisants pour des échelles de comportement spécifique :
- Échelle globale : α = 0,84 pour les déclarations des mères ; α = 0,85 pour les déclarations des adolescents.
- Sous-échelle « Gestion directe » : α = 0,78 à 0,82 selon les groupes de répondants.
- Sous-échelle « Gestion indirecte / sociale » : α = 0,69 à 0,75.
Dans des études ultérieures portant sur des cohortes plus larges (par exemple, Vesco et al., 2010, N = 152 dyades ; Andreassen, 2009), les valeurs de l’alpha de Cronbach sont demeurées homogènes, oscillant entre 0,74 et 0,88 pour l’ensemble des formes administrées (versions mères, pères et adolescents).
Fidélité test-retest et accord inter-juges
L’évaluation de la stabilité temporelle par test-retest sur un intervalle de 2 à 4 semaines a mis en évidence des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) supérieurs à 0,80, indiquant que les perceptions de l’allocation des tâches restent stables en l’absence de modifications majeures du protocole de soins ou d’évènements de vie familiaux.
Concernant l’accord inter-juges (concordance dyadique parent-enfant), les coefficients de corrélation de Pearson entre les déclarations des mères et des adolescents sur les scores totaux de responsabilité varient généralement de 0,52 à 0,68 (p < 0,001), reflétant un accord global substantiel mais laissant apparaître une part de variance non partagée cliniquement capitale à explorer en entretien.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle sous-jacente du DFRQ a été explorée initialement au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation varimax et confirmée ultérieurement par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans divers contextes pédiatriques.
Structure originale à deux facteurs
L’analyse en composantes principales menée par Anderson et al. (1990) a mis en évidence une structure bipolaire claire expliquant une part importante de la variance totale :
- Facteur 1 : Tâches de gestion directe du diabète (Direct Management Tasks) :
Ce facteur regroupe les items centrés sur l’administration d’insuline, la réalisation des glycémies, l’adaptation posologique et la réponse immédiate aux hypoglycémies. Les saturations factorielles des items sur ce facteur sont particulièrement élevées, s’échelonnant généralement entre 0,54 et 0,82. Exemples d’items à forte saturation : Giving insulin injections, Taking more or less insulin according to results, Remembering times when blood sugar or urine should be tested.
- Facteur 2 : Tâches de gestion indirecte et sociale (Indirect Management Tasks) :
Ce second facteur capture les responsabilités de nature logistique, préventive, administrative et communicationnelle. Les saturations factorielles observées oscillent entre 0,45 et 0,76. Exemples d’items représentatifs : Remembering day of clinic appointment, Telling teachers about diabetes, Checking expiration dates on medical supplies, Examining feet and making sure shoes fit properly.
Ajustement des modèles confirmatoires (AFC)
Les études de réplication contemporaines (notamment Vesco et al., 2010 ; Hood et al., 2007) ont soumis le modèle bidimensionnel à des analyses factorielles confirmatoires. Les indices d’adéquation ont confirmé la pertinence empirique de cette distinction conceptuelle :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) > 0,91
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90
- Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,06 (intervalle de confiance à 90 % : [0,04 ; 0,07])
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≤ 0,05
Ces résultats démontrent que la séparation entre les gestes thérapeutiques quotidiens directs et l’intendance socio-médicale indirecte correspond à une réalité clinique et psychologique bien ancrée dans le quotidien des familles concernées.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le Diabetes Family Responsibility Questionnaire (DFRQ) se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé administré parallèlement à l’enfant/adolescent et à son ou ses parents (père, mère ou tuteur légal).
- Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou formulaire électronique informatisé, auto-administré de manière indépendante par chaque membre de la dyade (sans concertation mutuelle durant le remplissage).
- Population cible : Enfants et adolescents atteints de diabète de type 1 âgés de 8 à 18 ans, ainsi que leurs parents ou tuteurs principaux.
- Durée de passation : Approximativement 5 à 10 minutes par répondant.
- Nombre d’items : Le corpus d’évaluation comprend les 17 items fondamentaux de la grille d’origine (Anderson et al., 1990) complétés par les items révisés/étendus issus des actualisations cliniques ultérieures (portant le pool de situations à 19 items dans sa forme la plus complète intégrant les technologies modernes telles que les pompes à insuline).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale en 3 points définissant le degré de partage de la responsabilité :
- 1 = Parent(s) took or initiated responsibility for this almost all of the time (Le ou les parents assument ou initient la responsabilité presque tout le temps).
- 2 = Parent(s) and I shared responsibility for this about equally (Le ou les parents et le jeune partagent la responsabilité à peu près également).
- 3 = I took or initiated responsibility for this almost all of the time (Le jeune assume ou initie la responsabilité presque tout le temps).
(Dans la version administrée aux parents, les énoncés de réponse sont formulés en miroir : 1 = Parent seul, 2 = Partage égal, 3 = Enfant seul). Une option « Non applicable » peut être adjointe pour certaines situations spécifiques (ex. absence d’injections en cas d’utilisation exclusive de dispositifs particuliers).
- Modalités de cotation et calcul des scores :
- Score total moyen de responsabilité : Moyenne arithmétique de l’ensemble des items (valeur comprise entre 1,00 et 3,00). Un score proche de 1,00 indique une dépendance parentale complète ; un score proche de 2,00 indique un modèle collaboratif partagé ; un score proche de 3,00 dénote une indépendance autonome totale du jeune.
- Scores de sous-échelles : Calcul distinct de la moyenne pour les tâches de gestion directe et pour les tâches de gestion indirecte.
- Indice de divergence dyadique (Score de désaccord parent-enfant) : Calculé en soustrayant le score de l’enfant de celui du parent (en valeur absolue |Parent − Enfant| ou algébrique) item par item, puis en sommant les écarts. Une divergence globale élevée signale un défaut d’alignement au sein de la famille.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1990 (publications de mise à jour et d’adaptation en 2002, 2007 et 2010).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Développé par Barbara J. Anderson et ses collaborateurs universitaires. La publication princeps a paru dans le Journal of Pediatric Psychology (Oxford University Press / American Psychological Association).
- Permissions d’utilisation et accès : Le DFRQ est considéré comme un instrument ouvert à la communauté scientifique et médicale. Il est disponible gratuitement pour la recherche académique, les travaux universitaires non commerciaux et la pratique clinique en endocrinologie pédiatrique, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales d’Anderson et al. (1990, 2002).
- Tarification : Aucun coût d’achat ni redevance de licence commerciale ne sont exigés pour un usage clinique direct ou institutionnel sans but lucratif.
- Modalités d’obtention : Le texte complet et les variantes du questionnaire peuvent être consultés dans les articles princeps, les dépôts universitaires ouverts (par exemple, Victoria University Research Repository) ou obtenus directement auprès des auteurs correspondants.
12. Références / References
Les travaux scientifiques et articles méthodologiques de référence concernant le DFRQ incluent notamment :
- Anderson, B. J., Auslander, W. F., Jung, K. C., Miller, P., & Santiago, J. V. (1990). Assessing family sharing of diabetes responsibilities. Journal of Pediatric Psychology, 15(4), 477–492. https://doi.org/10.1093/jpepsy/15.4.477
- Anderson, B. J., & Brackett, J. (2000). Diabetes during childhood. In F. J. Snoek & T. C. Skinner (Eds.), Psychology in Diabetes Care (pp. 1–23). John Wiley & Sons.
- Anderson, B. J., Vangsness, L., Connell, A., Butler, D., Goebel-Fabbri, A., & Laffel, L. M. B. (2002). Family conflict, adherence, and glycaemic control in youth with short duration Type 1 diabetes. Diabetic Medicine, 19(8), 635–642. https://doi.org/10.1046/j.1464-5491.2002.00752.x
- Anderson, B. J. (2004). Family conflict and diabetes management in youth: Clinical lessons from child development and diabetes research. Diabetes Spectrum, 17(1), 22–26. https://doi.org/10.2337/diaspect.17.1.22
- Anderson, B. J., & Wolpert, H. A. (2004). A developmental perspective on the challenges of diabetes education and care during the young adult period. Patient Education and Counseling, 53(3), 347–352. https://doi.org/10.1016/j.pec.2004.03.012
- Andreassen, H. K. (2009). Separation-Individuation and its Effect on Diabetes Management and Diabetes Control in Young Women with Type 1 Diabetes (Doctoral dissertation, Victoria University). http://vuir.vu.edu.au/15507/1/Andreassen2009.pdf
- Hood, K. K., Butler, D. A., Anderson, B. J., & Laffel, L. M. B. (2007). Updated and revised Diabetes Family Conflict Scale. Diabetes Care, 30(7), 1764–1769. https://doi.org/10.2337/dc07-0056
- Vesco, A. T., Anderson, B. J., Laffel, L. M. B., Dolan, L. M., Ingerski, L. M., & Hood, K. K. (2010). Responsibility sharing between adolescents with type 1 diabetes and their caregivers: Importance of adolescent perceptions on diabetes management and control. Journal of Pediatric Psychology, 35(10), 1168–1177. https://doi.org/10.1093/jpepsy/jsq041
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale / Rating Options:
1 = Parent(s) took or initiated responsibility for this almost all of the time
2 = Parent(s) and I shared responsibility for this about equally
3 = I took or initiated responsibility for this almost all of the time
Frequency anchors often evaluated in parallel conflict measures: Almost never, Sometimes, Almost always
Situation or task:
- Remembering day of clinic appointment
- Telling teachers about diabetes
- Remembering to take morning or evening injection
- Making appointments with dentists and other doctors
- Telling relatives about diabetes
- Taking more or less insulin according to results of blood sugar or urine tests
- Noticing differences in health, such as weight changes or signs of an infection
- Telling friends about diabetes
- Noticing the early signs of an insulin reaction
- Giving insulin injections
- Deciding what should be eaten when family has meals out (restaurants, friend’s home)
- Examining feet and making sure shoes fit properly
- Carrying some form of sugar in case of an insulin reaction
- Explaining absences from school to teachers or other school personnel
- Rotating injection site
- Checking expiration dates on medical supplies
- Remembering times when blood sugar or urine should be tested
- Changes in health (like weight or infections) **
- Logging blood sugar results**
** Designates an added or revised item from updated protocols.