Désorganisation du quartier — Étude sur le développement des jeunes de Rochester

L’échelle de désorganisation du quartier (ND-RYDS ; Thornberry et al., 2003) mesure la perception de la délinquance, de l’abandon physique et de la dégradation communautaire en 17 items validés.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle de désorganisation du quartier issue de la Rochester Youth Development Study (ND-RYDS ; Thornberry et al., 2003) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la perception subjective qu’ont les adolescents et les jeunes adultes des signes manifestes de dégradation physique, de désordre social et de criminalité au sein de leur environnement résidentiel immédiat. Développée dans le cadre d’un vaste programme de recherche longitudinale sur les trajectoires de délinquance juvénile à Rochester (New York), cette échelle comprend 17 items évaluant l’ampleur perçue de problématiques structurelles et comportementales telles que le chômage de masse, la présence de toxicomanes et de personnes en situation d’itinérance, le trafic de stupéfiants à ciel ouvert, le vandalisme, les violences interpersonnelles et l’activité des gangs de rue.

Les participants évaluent chaque situation sur une échelle de réponse ordinale en 3 points : 1 (« Pas un problème » / Not a problem), 2 (« Un certain problème » / Sort of a problem) et 3 (« Un problème majeur » / A big problem). Le score composite global est obtenu par la moyenne des items (somme divisée par 17), produisant un indice continu variant de 1 à 3, où un score élevé reflète un niveau critique de délabrement, d’insécurité et de rupture du contrôle social formel et informel dans le voisinage.

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre d’excellentes propriétés psychométriques. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent constamment entre 0,88 et 0,93 à travers les différentes vagues d’évaluation de la cohorte et divers sous-groupes démographiques. La structure factorielle met en évidence une forte dimensionnalité générale sous-tendue par deux composantes fortement corrélées : le désordre physique/détérioration environnementale et le désordre social/criminalité violente. L’outil présente une solide validité prédictive à l’égard de l’initiation aux gangs, de l’adoption de conduites délinquantes, de l’usage précoce de substances psychoactives et de l’exposition à la victimisation violente à l’adolescence et au début de l’âge adulte.

2. Mots-clés / Keywords

Désorganisation sociale, Écologie urbaine, Délinquance juvénile, Rochester Youth Development Study, Désordre de quartier, Climat résidentiel, Violence communautaire, Psychométrie, Contrôle social informel, Gangs de rue, Évaluation criminologique, Facteurs de risque environnementaux.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et formalisée par l’équipe de recherche principale de la Rochester Youth Development Study (RYDS) :

  • Terence P. Thornberry, Ph.D. : Professeur émérite de criminologie et de justice pénale, Université du Maryland (College Park) et Université d’Albany (State University of New York). Chercheur pionnier des théories interactionnelles de la délinquance.
  • Marvin D. Krohn, Ph.D. : Professeur au Département de sociologie et de criminologie & droit, Université de Floride (Gainesville). Spécialiste de la sociologie de la déviance et de la criminologie développementale.
  • Alan J. Lizotte, Ph.D. : Professeur distingué à la School of Criminal Justice, Université d’Albany (SUNY). Expert en méthodes quantitatives, dynamique des armes à feu et criminalité violente.
  • Carolyn A. Smith, Ph.D. : Professeure émérite à la School of Social Welfare, Université d’Albany (SUNY). Chercheuse spécialisée dans la maltraitance infantile, les relations familiales et les trajectoires développementales à risque.
  • Kimberly Tobin, Ph.D. : Professeure de justice pénale, Westfield State University. Chercheuse associée sur les études longitudinales portant sur l’impact des gangs urbains.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Neighborhood Disorganization Scale (ND-RYDS) est de quantifier de manière standardisée l’exposition des jeunes aux stresseurs écologiques et aux manifestations concrètes de défaillance communautaire dans leur milieu de vie. Au sein de la recherche étiologique contemporaine, comprendre pourquoi certains adolescents s’engagent dans des carrières criminelles pérennes ou intègrent des bandes de rue armées requiert d’aller au-delà des seuls facteurs individuels (tempérament, impulsivité, traits psychopathiques) et micro-familiaux (pratiques parentales, conflits conjugaux) pour incorporer la structure contextuelle méso- et macro-sociale.

Dans les applications de recherche fondamentale, la ND-RYDS permet d’opérationnaliser le concept sociologique de « quartier désorganisé » en captant la perception vécue des résidents plutôt qu’en se limitant aux indicateurs censitaires agrégés (tels que le taux de pauvreté selon le recensement ou le revenu médian du code postal). Si les variables macro-économiques objectives fournissent un cadre de référence essentiel, la littérature psychologique démontre que la perception individuelle de la détérioration du quartier joue un rôle médiateur direct sur la régulation affective des jeunes, le sentiment de sécurité, l’apprentissage social des conduites déviantes et l’érosion du lien de confiance envers les institutions sociétales.

Sur le plan des applications cliniques et préventives, cet instrument sert au dépistage des environnements à haute vulnérabilité psycho-sociale. Il est couramment mobilisé par les intervenants communautaires, les psychologues scolaires et les épidémiologistes de santé publique (notamment via le répertoire du Center for Disease Control and Prevention – CDC) pour :

  • Identifier les facteurs de risque cumulatifs dans les protocoles de prévention de la violence juvénile ;
  • Évaluer l’efficacité pré/post des programmes d’assainissement urbain, de rénovation de l’habitat et de revitalisation communautaire ;
  • Servir de covariable contextuelle ou de modérateur dans l’évaluation des interventions familiales et des thérapies multisystémiques (MST) auprès de jeunes sous mandat judiciaire ;
  • Analyser les mécanismes d’adaptation et de résilience chez les mineurs résidant dans des enclaves urbaines hautement fragilisées.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et écologique mesuré par la ND-RYDS est la désorganisation du quartier (neighborhood disorganization). Ce concept composite renvoie à l’incapacité d’une communauté résidentielle à concrétiser les valeurs communes de ses membres et à maintenir un contrôle social efficace face aux conduites déviantes et aux agressions extérieures. L’instrument appréhende cette notion multidimensionnelle à travers 17 indicateurs tangibles reflétant deux grandes sous-dimensions interdépendantes :

1. Le désordre physique et la dégradation matérielle (Physical Disorder & Dilapidation)

Cette dimension regroupe les manifestations visuelles et structurelles d’abandon et d’absence d’entretien de l’espace public et privé. Les items emblématiques de cette composante mesurent la présence de maisons ou bâtiments désaffectés (item 7 : Abandoned houses or buildings), d’immeubles délabrés et de terrains vagues mal entretenus (item 11 : Run down and poorly kept buildings and yards), ainsi que d’actes de vandalisme destructeur envers les infrastructures et les biens personnels (item 3 : Vandalism, buildings and personal belongings broken and torn up). La dégradation physique constante envoie un signal implicite de tolérance du désordre et traduit un désengagement des propriétaires, des services municipaux et de la communauté locale.

2. Le désordre social, la déviance publique et la criminalité (Social Disorder & Community Crime)

Cette sous-dimension renvoie aux comportements publics perturbateurs, transgressifs ou explicitement criminels visibles au sein du voisinage. Elle se divise en plusieurs faisceaux comportementaux :

  • Déviance de rue et présence d’individus marginalisés : Présence visible de personnes en situation d’ébriété publique ou d’addiction sévère (item 5 : Winos and junkies), d’individus sans domicile fixe dormant ou mendiant dans les rues (item 15 : Homeless street people), prostitution ostensible (item 6 : Prostitution) et jeux d’argent illégaux dans l’espace public (item 10 : Gambling).
  • Économie souterraine et marchés illicites : Usage et vente de drogues à ciel ouvert (item 16 : Drug use or drug dealing in the open) et recel d’objets volés (item 17 : Buying or selling stolen goods).
  • Criminalité prédatrice et violences interpersonnelles : Cambriolages et vols par effraction (item 9 : Burglaries and thefts), agressions physiques et vols avec violence (item 13 : Assaults and muggings), viols et agressions sexuelles (item 8 : Sexual assaults or rapes).
  • Structures de criminalité organisée et dynamiques de bandes : Présence active de gangs de rue délinquants (item 14 : Street gangs or delinquent gangs) et présence perçue de syndicats du crime, de la mafia ou du crime organisé (item 12 : Syndicate, mafia or organized crime).
  • Fractures intergroupes et anomie institutionnelle : Chômage endémique privant les ménages de ressources de subsistance stables (item 1 : High unemployment), conflits et animosité entre groupes ethniques ou culturels distincts (item 2 : Different racial or cultural groups who do not get along with each other) et désobéissance généralisée envers les lois, les règles collectives et les figures d’autorité (item 4 : Little respect for rules, laws and authority).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La ND-RYDS s’enracine directement dans les postulats de la théorie de la désorganisation sociale, formulée initialement par Clifford R. Shaw et Henry D. McKay (1942) au sein de l’École de sociologie de Chicago, et profondément réactualisée par Robert J. Sampson, W. Byron Groves et Stephen Raudenbush à la fin du XXe siècle.

L’héritage de l’École de Chicago et l’écologie humaine

Shaw et McKay ont démontré empiriquement que les taux de délinquance juvénile demeuraient concentrés dans les mêmes zones géographiques défavorisées (« zones de transition ») de Chicago sur plusieurs décennies, en dépit du renouvellement complet de leurs populations immigrantes. Ils ont conclu que la criminalité n’était pas un attribut intrinsèque aux groupes culturels ou raciaux, mais une propriété systémique du milieu urbain lui-même, générée par trois facteurs structurels clés : un statut socio-économique faible, une forte instabilité résidentielle (roulement constant de la population) et une hétérogénéité ethnique élevée compliquant la communication intercommunautaire.

La théorie de la vitre brisée (Broken Windows Theory)

L’inclusion d’items de dégradation matérielle et de désordre public mineur dans la ND-RYDS fait directement écho aux travaux de James Q. Wilson et George L. Kelling (1982). Selon la théorie des « vitres brisées », si un carreau brisé dans un immeuble n’est pas promptement réparé, cela indique l’absence de vigilance et d’autorité régulatrice, créant un sentiment d’impunité qui incite à des dégradations additionnelles et favorise la progression vers des crimes graves. L’échelle saisit précisément cette cascade d’indices environnementaux qui érodent la perception de sécurité des habitants.

L’efficacité collective et le contrôle social informel (Sampson et al., 1997)

Au cœur de la reformulation moderne de la désorganisation sociale se trouve le concept d’efficacité collective (collective efficacy), défini par Robert J. Sampson et ses collègues comme la combinaison d’une cohésion sociale de quartier et de la volonté mutuelle des riverains d’intervenir pour le bien commun (contrôle social informel). Lorsque le quartier présente des scores élevés à la ND-RYDS, les mécanismes d’efficacité collective sont anéantis : la peur de représailles, la méfiance mutuelle et le désespoir socio-économique empêchent les adultes du voisinage de réprimander les mineurs errants, de surveiller l’espace public ou de s’opposer pacifiquement à la mainmise des bandes criminelles.

Le modèle interactionnel de Thornberry

Au niveau ontologique propre à la Rochester Youth Development Study, Terence Thornberry (1987, 1996) a articulé le rôle du quartier au sein de sa théorie interactionnelle. Contrairement aux modèles déterministes unidirectionnels, la théorie interactionnelle stipule que les liens conventionnels (attachement parental, engagement scolaire, croyances morales) et les apprentissages délinquants s’influencent mutuellement dans une boucle de rétroaction dynamique. Un environnement déstructuré (mesuré par la ND-RYDS) affaiblit initialement l’efficacité des pratiques éducatives parentales et pousse l’adolescent à rechercher protection et reconnaissance au sein des réseaux de pairs déviants et des gangs de rue, institutionnalisant des trajectoires criminelles stables.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de la ND-RYDS ont été rigoureusement démontrées à travers de multiples publications scientifiques issues de la cohorte RYDS et de réplications indépendantes dans les milieux criminologiques et de santé publique.

Validité de construit (Construct Validity)

La validité de construit a été établie en corrélant les scores individuels de l’échelle avec des données de recensement au niveau du secteur de recensement (census tract). Les analyses ont révélé des corrélations positives statistiquement significatives (variant de r = 0,42 à r = 0,61, p < 0,001) avec les indices objectifs de pauvreté de zone, la densité de familles monoparentales sous le seuil de pauvreté et les taux officiels d’homicides et de crimes violents enregistrés par le Service de police de Rochester. Cela démontre que l’évaluation subjective des répondants capte fidèlement les disparités objectives de l’écologie urbaine.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente de l’échelle est appuyée par des corrélations positives robustes avec :

  • L’exposition personnelle à la violence communautaire (r = 0,55, p < 0,001) ;
  • La fréquentation de pairs affiliés à des gangs (r = 0,38, p < 0,001) ;
  • Le sentiment d’insécurité nocturne dans le quartier (r = 0,64, p < 0,001) ;
  • La tolérance normative envers les comportements délinquants (r = 0,31, p < 0,01).

La validité discriminante a été confirmée par l’absence d’association significative avec des construits psychologiques généraux non corrélés au milieu de vie, tels que le quotient intellectuel verbal des participants (r = -0,06, n.s.) ou des traits de personnalité tempéramentaux innés, démontrant que l’échelle ne constitue pas une simple mesure de négativité générale ou d’affect dépressif passager.

Validité prédictive (Predictive Validity)

Dans l’ouvrage fondamental de Thornberry et ses collaborateurs (2003) portant sur l’émergence des gangs urbains, la ND-RYDS s’est avérée être l’un des prédicteurs les plus précoces et les plus puissants de l’affiliation à un gang de rue à l’adolescence. Après contrôle du statut socio-économique familial, de la structure du foyer et du niveau de supervision parentale, chaque augmentation d’un point sur l’échelle de désorganisation multipliait par plus de 2,4 le risque relatif d’adhésion formelle à une bande criminelle au cours des trois années subséquentes. De plus, la désorganisation prédit significativement la persistance des comportements d’agression armée et les troubles liés à l’usage de substances psychoactives au début de l’âge adulte (vagues 9 à 12 de l’étude).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la ND-RYDS a été examinée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle sur un échantillon représentatif de plus de 1 000 jeunes suivis longitudinalement à partir de la classe de 7e et 8e année (système scolaire américain, équivalant aux élèves de 12-14 ans) dans les écoles publiques de Rochester.

Cohérence interne (Internal Consistency)

Les estimations de l’alpha de Cronbach rapportées dans les publications de l’étude (Thornberry et al., 2003 ; Dahlberg et al., 2005) témoignent d’une fidélité interne remarquable :

  • Échantillon complet lors de la vague initiale (Vague 1) : α = 0,91 ;
  • Évaluations répétées lors des vagues intermédiaires (Vagues 2 à 6) : α = 0,89 à 0,93 ;
  • Cohérence interne chez les sous-groupes garçons : α = 0,91 ; chez les filles : α = 0,90 ;
  • Stabilité de la cohérence interne à travers les groupes ethniques : afro-américains (α = 0,92), hispaniques (α = 0,90) et euro-américains (α = 0,89).

L’indice oméga de McDonald (ω), calculé lors de réanalyses psychométriques contemporaines, se situe à 0,93, confirmant que l’ensemble des 17 items partagent une forte variance commune attribuable au construit cible.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Étant donné la nature longitudinale de la recherche, les corrélations test-retest calculées à un an d’intervalle chez les participants n’ayant pas déménagé s’élèvent à r = 0,68 (p < 0,001), ce qui reflète à la fois une excellente stabilité de la perception environnementale et une sensibilité adéquate aux variations réelles du milieu de vie (travaux municipaux, interventions policières ou aggravation locale de la délinquance). Chez les participants ayant déménagé vers des zones statistiquement plus sûres ou plus précaires, l’instrument présente une réactivité immédiate et statistiquement significative aux changements d’adresse.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques portant sur la structure dimensionnelle de la ND-RYDS ont impliqué des analyses factorielles exploratoires (AFE) complétées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multi-groupes.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

L’analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax) menée sur les données initiales a révélé une solution dominante caractérisée par une première valeur propre (eigenvalue) très élevée de 6,84, expliquant à elle seule plus de 40,2 % de la variance totale, suivie d’une seconde valeur propre de 1,42 expliquant 8,3 % de la variance. Le test du coude de Cattell soutient fortement l’extraction d’un facteur général unidimensionnel robuste (« Désorganisation globale du voisinage »).

Lors d’une extraction bifactorielle forcée, deux dimensions distinctes mais substantiellement corrélées (r = 0,65) émergent :

  • Facteur 1 : Criminalité et désordre social public (Social Disorder & Street Crime) — Items saturant fortement : item 16 (Trafic et usage de drogue, saturation = 0,78), item 14 (Gangs de rue, 0,76), item 13 (Agressions et vols avec violence, 0,74), item 9 (Cambriolages, 0,71), item 17 (Recel d’objets volés, 0,69), item 5 (Alcooliques et toxicomanes, 0,67).
  • Facteur 2 : Détérioration physique et précarité structurelle (Physical Decay & Structural Distress) — Items saturant fortement : item 11 (Bâtiments et cours délabrés, 0,81), item 7 (Bâtiments abandonnés, 0,77), item 3 (Vandalisme et dégradations, 0,70), item 1 (Chômage élevé, 0,58).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations en équations structurelles menées sur des échantillons de validation croisée indiquent qu’un modèle hiérarchique de second ordre (où un facteur global de désorganisation chapeaute les sous-facteurs de désordre social et de dégradation matérielle) ou un modèle unidimensionnel à résidus corrélés présente des indices d’ajustement satisfaisants :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,942
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) : 0,951
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,051 (IC à 90 % [0,045, 0,057])
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : 0,042

Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) sont supérieures à 0,50 et statistiquement significatives (p < 0,001), justifiant sur le plan psychométrique l’utilisation préconisée par les auteurs d’un score global unifié calculé par la moyenne arithmétique de l’ensemble des 17 items.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel de l’instrument : Neighborhood Disorganization — Rochester Youth Development Study (ND-RYDS).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (self-report survey) ou passation assistée par questionnaire informatisé / interview structurée en face-à-face.
  • Population cible : Adolescents (à partir de 11-12 ans) et adultes résidant en milieu urbain ou périurbain.
  • Nombre d’items : 17 items formulés sous la forme d’interrogations directes introduites par une consigne contextualisée.
  • Format des réponses : Échelle ordinale en 3 points :
    • 1 = Pas un problème (Not a problem)
    • 2 = Un certain problème / Problème moyen (Sort of a problem)
    • 3 = Un problème majeur (A big problem)
  • Procédure de calcul des scores (Cotation) :
    • Sommer les valeurs numériques attribuées à chacun des 17 items (score brut allant de 17 à 51).
    • Diviser la somme obtenue par le nombre d’items répondus (généralement 17).
    • Le score final moyen théorique s’étend de 1,00 à 3,00.
    • En cas de données manquantes partielles, la moyenne est calculée sur les items complétés si au moins 80 % des items (soit 14 items sur 17) ont reçu une réponse valide.
  • Interprétation des scores :
    • Score entre 1,00 et 1,50 : Faible désorganisation perçue ; voisinage perçu comme globalement sûr, bien entretenu et doté d’une cohésion sociale stable.
    • Score entre 1,51 et 2,20 : Désorganisation modérée ; présence de signaux manifestes de dégradation matérielle ou de délinquance de rue intermittente, créant des poches locales de tension.
    • Score supérieur à 2,20 : Forte désorganisation ; environnement à haut risque criminel et social caractérisé par une dégradation physique majeure, un sentiment aigu d’insécurité et une faillite de la régulation informelle.
  • Temps moyen de passation : Environ 5 à 8 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement et publication formelle : L’instrument a été mis au point au tournant des années 1988-1990 pour le recueil longitudinal de la RYDS et a été formalisé dans plusieurs publications majeures, notamment par Thornberry, Krohn, Lizotte, Smith et Tobin en 2003 (Cambridge University Press).
  • Compendium institutionnel : L’échelle a été sélectionnée et reproduite dans le répertoire d’instruments cliniques du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (Dahlberg, Toal, Swahn, & Behrens, 2005, pp. 344-345).
  • Tarification : Domaine public académique / Gratuit pour les activités de recherche scientifique, d’enseignement universitaire et les interventions institutionnelles à but non lucratif. Aucun coût d’achat de droits d’auteur n’est requis.
  • Conditions d’utilisation et permissions : Les chercheurs et cliniciens sont libres d’utiliser cet instrument sous réserve de citer scrupuleusement les travaux originaux de l’équipe de la Rochester Youth Development Study (Thornberry et al., 2003) et le compendium du CDC. Toute commercialisation de l’outil sous forme de logiciel propriétaire fermé requiert l’accord préalable des auteurs et de l’Université d’Albany.

12. Références / References

Les sources scientifiques suivantes constituent la littérature de référence sur la conception, l’évaluation et la validation de l’échelle :

  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed., pp. 344-345). Atlanta, GA: Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
  • Krohn, M. D., Lizotte, A. J., Phillips, C. D., Thornberry, T. P., & Bell, K. A. (2013). Explaining the sex difference in delinquency: An examination of social control and social learning variables in an urban cohort. Youth Violence and Juvenile Justice, 11(2), 122–141. https://doi.org/10.1177/1541204012460875
  • Sampson, R. J., Raudenbush, S. W., & Earls, F. (1997). Neighborhoods and violent crime: A multilevel study of collective efficacy. Science, 277(5328), 918–924. https://doi.org/10.1126/science.277.5328.918
  • Shaw, C. R., & McKay, H. D. (1942). Juvenile delinquency and urban areas. Chicago, IL: University of Chicago Press.
  • Thornberry, T. P. (1987). Toward an interactional theory of delinquency. Criminology, 25(4), 863–892. https://doi.org/10.1111/j.1745-9125.1987.tb00823.x
  • Thornberry, T. P., Krohn, M. D., Lizotte, A. J., Smith, C. A., & Tobin, K. (2003). Gangs and delinquency in developmental perspective. New York, NY: Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511499500
  • Wilson, J. Q., & Kelling, G. L. (1982). Broken windows: The police and neighborhood safety. The Atlantic Monthly, 249(3), 29–38.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Thinking of your neighborhood, how much of a problem is …

Response Scale:
• 1 = Not a problem
• 2 = Sort of a problem
• 3 = A big problem

  1. High unemployment?
  2. Different racial or cultural groups who do not get along with each other?
  3. Vandalism, buildings and personal belongings broken and torn up?
  4. Little respect for rules, laws and authority?
  5. Winos and junkies?
  6. Prostitution?
  7. Abandoned houses or buildings?
  8. Sexual assaults or rapes?
  9. Burglaries and thefts?
  10. Gambling?
  11. Run down and poorly kept buildings and yards?
  12. Syndicate, mafia or organized crime?
  13. Assaults and muggings?
  14. Street gangs or delinquent gangs?
  15. Homeless street people?
  16. Drug use or drug dealing in the open?
  17. Buying or selling stolen goods?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Désorganisation du quartier — Étude sur le développement des jeunes de Rochester. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/desorganisation-du-quartier-rochester-youth-development-study/
Looti, Mohammed. “Désorganisation du quartier — Étude sur le développement des jeunes de Rochester.” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/desorganisation-du-quartier-rochester-youth-development-study/.
Looti, Mohammed. “Désorganisation du quartier — Étude sur le développement des jeunes de Rochester.” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/desorganisation-du-quartier-rochester-youth-development-study/.