Dépistage pour interventions esthétiques (COPS)

Le Cosmetic Procedure Screening (COPS) est un questionnaire d’auto-évaluation conçu par David Veale pour dépister la dysmorphophobie en contexte d’interventions esthétiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Cosmetic Procedure Screening (COPS), conçu par le Pr David Veale et ses collaborateurs au début des années 2010, constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation standardisé développé spécifiquement pour identifier le trouble dysmorphophobique (ou dysmorphophobie / Body Dysmorphic Disorder – BDD) en contexte de consultation de chirurgie plastique, de dermatologie esthétique et de médecine esthétique. Cet outil bref mais robuste comporte un volet qualificatif préliminaire (Item 1) permettant au patient de hiérarchiser les caractéristiques corporelles sources de préoccupation et d’en évaluer l’impact relatif à l’aide d’un diagramme circulaire (« pie chart »), suivi de 9 items psychométriques cotés de 0 (altération minimale) à 8 (altération maximale). Le score total, calculé sur la somme des items 2 à 10 après inversion des items 2, 3 et 5, s’étend de 0 à 72 points. Un score seuil fixé à 40 ou plus indique une probabilité diagnostique élevée de dysmorphophobie caractérisée et impose une orientation psychiatrique ou psychologique spécialisée avant toute intervention corporelle irréversible.

Sur le plan psychométrique, le COPS démontre une cohérence interne remarquable (coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,89 et 0,92) et une excellente stabilité temporelle test-retest (coefficients de corrélation intraclasse supérieurs à 0,85). L’analyse factorielle confirme une structure unidimensionnelle dominante reflétant la sévérité globale de la préoccupation dysmorphique et du dysfonctionnement psychosocial associé. L’échelle démontre une validité convergente substantielle avec la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale modified for Body Dysmorphic Disorder (BDD-YBOCS) et la Derriford Appearance Scale (DAS-24), tout en discriminant précisément les patients dysmorphophobiques des demandeurs ordinaires de chirurgie esthétique et des témoins sains. Intégré de manière systématique dans les protocoles de sélection préopératoire, le COPS permet d’atténuer significativement les risques d’insatisfaction chirurgicale, de détresse psychologique iatrogène et de conflits médico-légaux.

2. Mots-clés / Keywords

Cosmetic Procedure Screening, COPS, dysmorphophobie, trouble dysmorphique corporel, chirurgie esthétique, médecine esthétique, image corporelle, évaluation psychométrique, David Veale, dépistage préopératoire

3. Auteurs / Authors

Le questionnaire COPS a été conçu et validé par une équipe multidisciplinaire de psychiatres, de psychologues cliniciens et d’épidémiologistes spécialistes des troubles obsessionnels compulsifs et de l’image corporelle au Royaume-Uni :

  • David Veale, FRCPsych, MPhil, MD : Professeur de psychiatrie comportementale et cognitive au King’s College London (Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience – IoPPN) et psychiatre consultant au South London and Maudsley NHS Foundation Trust ainsi qu’au Nightingale Hospital, Londres, Royaume-Uni. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Neita Ellison : Psychologue clinicienne et chercheuse, King’s College London, Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience, Londres, Royaume-Uni.
  • T. G. Werner : Chercheur associé, département de psychologie, King’s College London, Londres, Royaume-Uni.
  • R. Dodhia : Biostatisticien et méthodologiste de recherche, Centre for Anxiety Disorders and Trauma (CADAT), Londres, Royaume-Uni.
  • Marc Serfaty : Professeur associé en psychiatrie, Division of Psychiatry, University College London (UCL) et psychiatre consultant au Priory Hospital North London, Londres, Royaume-Uni.
  • Alex Clarke : Psychologue clinicienne consultante, spécialiste des aspects psychologiques de la chirurgie plastique et reconstructrice, Royal Free Hampstead NHS Trust, Londres, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Cosmetic Procedure Screening (COPS) est de fournir aux chirurgiens plasticiens, dermatologues esthétiques et équipes soignantes un outil de tri rapide, objectif et scientifiquement éprouvé pour identifier les personnes présentant un trouble dysmorphique corporel parmi les candidats à des interventions esthétiques. Dans la population générale, la prévalence du trouble dysmorphophobique oscille entre 1,5 % et 2,5 % selon les critères du DSM-5 de l’American Psychiatric Association. En revanche, dans les cliniques de médecine et de chirurgie esthétique, cette prévalence grimpe de manière vertigineuse, touchant entre 6 % et 20 % de la patientèle selon les séries cliniques (Veale et al., 2011 ; Crerand et al., 2006).

La justification théorique et déontologique de cet instrument repose sur un constat clinique unanime : les interventions chirurgicales ou cosmétiques invasives ne traitent pas la dysmorphophobie ; elles l’aggravent fréquemment. En effet, la pathologie ne réside pas dans une anomalie morphologique objective mais dans une distorsion cognitive sévère du schéma corporel, associée à un traitement sélectif de l’information visuelle et à une fixation affective débilitante. Les études épidémiologiques et cliniques indiquent qu’une immense majorité des patients dysmorphophobiques ayant subi une rhinoplastie, une blépharoplastie, une liposuccion ou des injections de comblement demeurent insatisfaits du résultat postopératoire. Nombreux sont ceux qui développent une aggravation de leurs ruminations, focalisent leur détresse sur une nouvelle zone anatomique, multiplient les demandes chirurgicales compulsives ou développent des réactions agressives et médico-légales envers les praticiens (Sarwer et al., 2005).

Sur le plan des applications cliniques, le COPS remplit une double fonction :

  • Une fonction de dépistage systématique (screening) : Administré dès la salle d’attente ou lors de la consultation préopératoire initiale, il permet d’objectiver en quelques minutes le degré de fixation dysmorphique et d’alerter le praticien grâce à un score seuil univoque (seuil de 40 points).
  • Une mesure de sévérité et d’orientation : Le questionnaire permet de quantifier précisément l’interférence fonctionnelle dans les sphères amoureuse, socioprofessionnelle et relationnelle, fournissant aux cliniciens des arguments concrets pour refuser éthiquement une intervention nocive et orienter le patient vers un suivi psychiatrique ou une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) adaptée.

Dans le domaine de la recherche, le COPS sert de mesure standardisée de l’insatisfaction corporelle clinique, permettant de comparer l’efficacité des interventions psychologiques et de cartographier l’évolution de la symptomatologie dysmorphophobique au sein des cohortes chirurgicales longitudinales.

5. Construit psychologique / Construct

Le COPS évalue le construit multidimensionnel du trouble dysmorphophobique (BDD) tel que conceptualisé par le courant cognitivo-comportemental moderne. Ce construit englobe la préoccupation obsédante envers un défaut perçu de l’apparence physique, invisible ou minime pour autrui, couplée à une détresse émotionnelle cliniquement significative et à un retentissement invalidant sur les activités quotidiennes. Le COPS opérationnalise ce construit à travers plusieurs composantes interconnectées réparties sur ses 10 questions :

1. Identification et hiérarchisation des focalisations anatomiques (Item 1)

Le premier item, non scoré numériquement dans l’algorithme sommatoire mais central pour l’investigation clinique, évalue la nature et l’étendue de l’insatisfaction morphologique. Le participant doit nommer jusqu’à 5 zones corporelles par ordre décroissant de préoccupation (nez, peau, menton, fessiers, etc.) et estimer le pourcentage d’attention accordé à chacune dans un diagramme circulaire d’un total de 100 %. Cette décomposition permet de mesurer la concentration cognitive : chez un sujet sans dysmorphophobie, les plaintes sont souvent diffuses ou contextualisées, tandis que le patient dysmorphophobique présente une polarisation quasi monopolistique (par exemple, 80 % d’attention focalisée sur une irrégularité cutanée ou une légère déviation nasale).

2. Comportements compulsifs et rituels de vérification (Item 2)

L’item 2 explore la fréquence des comportements de vérification délibérés (checking behaviours). Le patient dysmorphophobique engage de multiples heures par jour dans des inspections minutieuses dans le miroir, les vitrines des magasins, les surfaces réfléchissantes, ou à travers des palpations digitales répétées. Cet item mesure la compulsivité comportementale sur une échelle inversée allant de « Jamais » à « Environ 40 fois ou plus par jour ».

3. Jugement négatif de valence esthétique (Item 3)

L’item 3 capture l’intensité de la distorsion perceptive et du jugement de valeur négatif porté sur la caractéristique corporelle (« laide », « non attirante » ou « pas correcte / anormale »). Il traduit la croyance métacognitive rigide selon laquelle la partie du corps ciblée est difforme, un aspect central du diagnostic psychopathologique de dysmorphophobie.

4. Détresse émotionnelle subjective (Item 4)

L’item 4 évalue la charge affective directe causée par le défaut physique perçu. Il quantifie l’anxiété, la honte, le dégoût de soi et le désespoir ressentis par le sujet, allant d’une absence de détresse à une détresse d’intensité extrême.

5. Évitement situationnel et comportemental (Item 5)

L’item 5 mesure la propension du sujet à fuir les situations d’exposition sociale ou les activités quotidiennes en raison de son apparence (camoufler son visage, éviter la lumière du jour, fuir les interactions en face-à-face, s’isoler à domicile). L’évitement constitue l’un des mécanismes majeurs maintenant la pathologie en empêchant toute désensibilisation ou infirmation des croyances erronées.

6. Ruminations et envahissement cognitif (Item 6)

L’item 6 quantifie le degré de préoccupation mentale incontrôlable (ruminations intrusives). Il mesure l’incapacité du patient à se détacher mentalement de la pensée de son défaut physique durant la journée, ce qui constitue le critère obsessionnel central du trouble.

7. Altération du fonctionnement interpersonnel et affectif (Item 7)

L’item 7 évalue l’impact spécifique de la préoccupation sur la dynamique de couple ou, pour les personnes célibataires, sur la capacité à s’engager dans des rencontres amoureuses. Les patients atteints de dysmorphophobie rapportent souvent une honte paralysante empêchant l’intimité physique et émotionnelle.

8. Handicap professionnel et académique (Item 8)

L’item 8 mesure l’incapacité fonctionnelle dans le domaine professionnel, les études universitaires ou la gestion domestique. Il intègre un ancrage sévère indiquant l’impossibilité totale de travailler (« I can’t work »), reflétant le potentiel hautement invalidant du trouble.

9. Rupture du lien social (Item 9)

L’item 9 mesure l’interférence avec la vie sociale, les loisirs et les amitiés. Il capte l’érosion progressive du réseau de soutien social provoquée par le repli sur soi et la peur du regard d’autrui.

10. Surestimation de l’apparence dans la valeur personnelle (Item 10)

L’item 10 sonde l’adhésion au schéma cognitif dysfonctionnel fondamental selon lequel l’apparence physique constitue l’unique ou le plus important vecteur de l’identité et de la valeur de soi (overvaluation of appearance). Cette croyance centrale (« Si je ne suis pas parfait physiquement, je ne vaux rien ») alimente l’ensemble de la cascade symptomatique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le COPS s’ancre rigoureusement dans le modèle cognitivo-comportemental de la dysmorphophobie développé par David Veale (2004) et enrichi par les travaux pionniers de Katharine Phillips et de Thomas Cash sur l’image corporelle. Ce modèle théorique postule que la dysmorphophobie n’est pas une simple coquetterie exacerbée, mais une pathologie sévère du spectre obsessionnel-compulsif régie par des boucles de rétroaction dysfonctionnelles entre schémas cognitifs profonds, biais attentionnels et comportements de sécurité inadaptés.

Selon le modèle de Veale (2004), la séquence psychopathologique s’articule comme suit :

  • Activation de schémas précoces inconditionnels : Des croyances fondamentales relatives à la défectuosité, à l’indésirabilité ou à la vulnérabilité au rejet social mènent le sujet à conditionner sa valeur personnelle exclusivement à son attractivité physique (Item 10 du COPS).
  • Déclenchement et focalisation de l’attention : Une situation déclenchante (regard dans un miroir, remarque d’un tiers, photo sur les réseaux sociaux) active une représentation mentale idéalisée ou distordue de la zone corporelle. L’attention du sujet bascule en mode d’auto-focalisation interne (self-focused attention) : le sujet ne voit plus la réalité de son reflet mais la projection de son image mentale dégradée.
  • Évaluation négative et distorsions cognitives : Le patient opère une pensée dichotomique (tout ou rien), un catastrophisme et une surgénéralisation (Item 3 du COPS). Il perçoit une asymétrie microscopique comme une difformité monstrueuse qui suscitera inévitablement le dégoût chez autrui.
  • Émergence de la détresse affective : L’évaluation négative déclenche immédiatement de l’anxiété aiguë, de la honte et une humeur dépressive (Item 4 et Item 6 du COPS).
  • Stratégies de neutralisation et comportements de sécurité : Pour apaiser cette détresse insoutenable, le sujet met en place deux types de réponses pathologiques : les comportements compulsifs de vérification (Item 2) pour tenter de contrôler son apparence, et l’évitement comportemental (Item 5) pour se soustraire au jugement d’autrui.

Le paradoxe démontré par Veale réside dans le fait que ces comportements de maintien renforcent le trouble : l’inspection prolongée dans le miroir altère le traitement perceptif global (phénomène d’habituation locale et accentuation des micros-détails), ce qui accroît l’impression de laideur et réalimente l’obsession. Lorsqu’un individu pris dans cet engrenage consulte un chirurgien esthétique, il recherche une solution mécanique externe à un problème d’encodage et de traitement de l’information interne. Le COPS a été conçu pour intercepter cette dynamique pathologique en mesurant chaque maillon de cette boucle cognitive et comportementale.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques du COPS ont été rigoureusement analysées lors de son étude de validation princeps menée par Veale, Ellison, Werner, Dodhia, Serfaty et Clarke (2012) dans le Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery, ainsi que dans des réplications cliniques ultérieures.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente du COPS a été établie par sa corrélation avec des instruments étalons mesurant la dysmorphophobie, l’anxiété liée à l’apparence et la détresse psychologique globale :

  • Une corrélation positive très élevée a été rapportée avec l’échelle d’évaluation clinique de référence, la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale modified for Body Dysmorphic Disorder (BDD-YBOCS), avec des coefficients de corrélation de Pearson de l’ordre de r = 0,78 à 0,84 (p < 0,001).
  • Une corrélation substantielle a été observée avec la Derriford Appearance Scale (DAS-24), mesurant la détresse et le dysfonctionnement liés aux caractéristiques physiques perçues (r = 0,72 à 0,76).
  • Des corrélations significatives mais modérées ont été relevées avec les inventaires de dépression et d’anxiété générale comme le Beck Depression Inventory (BDI-II, r = 0,55) et la Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS, r = 0,51), démontrant que si la détresse dysmorphique s’accompagne d’affects négatifs, le COPS mesure un construit clinique distinct de la dépression pure.

Validité discriminante et diagnostique

Le COPS démontre une remarquable capacité à discriminer trois populations distinctes :

  • Les patients répondant aux critères diagnostiques stricts du trouble dysmorphique corporel (moyenne de score COPS généralement supérieure à 48-52).
  • Les patients consultant en chirurgie esthétique sans trouble dysmorphophobique (moyenne de score généralement située entre 18 et 28).
  • Les témoins sains de la population générale (moyenne de score généralement inférieure à 15).

L’analyse des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) a révélé une aire sous la courbe (AUC) exceptionnelle de 0,94 à 0,96 pour la détection du trouble dysmorphophobique. À la valeur seuil recommandée de 40 points, le COPS présente une sensibilité diagnostique d’environ 91 % et une spécificité d’environ 88 % par rapport aux entretiens diagnostiques structurés (SCID-I). Cela signifie que le test minimise drastiquement les faux négatifs (omission d’un patient sévèrement atteint) tout en maintenant un taux très faible de faux positifs parmi les demandeurs légitimes d’interventions cosmétiques.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité du COPS met en évidence une précision de mesure et une reproductibilité temporelle de tout premier ordre à travers divers contextes d’administration :

Cohérence interne

Dans l’échantillon initial de validation comprenant des patients psychiatriques atteints de dysmorphophobie et des patients consultant en chirurgie esthétique, le coefficient alpha de Cronbach global s’élève à 0,91 (Veale et al., 2012). Cette valeur dépasse largement le seuil psychométrique standard de 0,80 requis pour les outils de décision clinique individuelle. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,56 et 0,81, indiquant que chacun des 9 items cotés contribue de façon substantielle et harmonieuse à la variance du score total sans redondance inutile.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La reproductibilité des scores a été documentée sur un sous-échantillon de participants non traités réévalués à un intervalle de deux à trois semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’est établi à 0,89 (intervalle de confiance à 95 % : [0,83 – 0,93]), confirmant que le score du COPS reflète un trait psychopathologique stable dans le temps plutôt qu’une simple fluctuation émotionnelle passagère ou une variation circonstancielle de l’humeur.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du COPS a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) lors du processus de validation psychométrique.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

L’analyse en composantes principales menée avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct) sur les 9 items scorés (items 2 à 10) a mis en évidence un premier facteur dominant expliquant à lui seul plus de 58 % à 62 % de la variance totale. La valeur propre (eigenvalue) du premier facteur était largement supérieure à 5, tandis que le second facteur présentait une valeur propre marginale inférieure ou proche de 1,0. L’examen du diagramme de Cattell (scree plot) a clairement étayé une solution unidimensionnelle.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations en équations structurelles ont testé l’adéquation d’un modèle unidimensionnel où les 9 items saturent sur un facteur unique latent nommé « Sévérité de la dysmorphophobie / Préoccupation corporelle dysfonctionnelle ». Les indices d’ajustement globaux obtenus dans les études de validation sont très satisfaisants :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,95
  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) > 0,96
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (IC 90 % : [0,03 – 0,08])
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) < 0,04

Les saturations factorielles standardisées (factor loadings) des items sur ce facteur général sont toutes robustes et statistiquement significatives (p < 0,001), s’étendant de 0,62 pour l’item 10 (surestimation de l’apparence) à plus de 0,86 pour l’item 4 (détresse) et l’item 6 (préoccupations intrusives). Ces données soutiennent pleinement l’utilisation clinique d’un score composite unique obtenu par sommation directe des items après inversion des polarités requises.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation clinique (auto-questionnaire standardisé), parfois présenté sous l’appellation neutre de Body Image Questionnaire afin de réduire la réactance et le biais de désirabilité sociale en milieu chirurgical.
  • Nombre total d’items : 10 items (1 item qualitatif d’inventaire et de répartition relative, suivi de 9 items psychométriques scorés).
  • Format des réponses : Échelle ordinale de type Likert à 9 points, graduée numériquement de 0 à 8, avec ancrages verbaux explicites sur les points cardinaux (0, 2, 4, 6, 8).
  • Procédure de cotation :
    • L’item 1 est une section qualitative descriptive et cartographique (non incluse dans le total arithmétique).
    • Les items 2, 3 et 5 sont inversés lors de la cotation numérique en raison de la formulation descendante de leurs ancrages de réponse : le score attribué à l’item doit être converti selon la formule : Score corrigé = 8 - Valeur cochée (ainsi, 0 devient 8, 1 devient 7, 2 devient 6, 3 devient 5, 4 reste 4, etc.).
    • Les items 4, 6, 7, 8, 9 et 10 sont cotés directement tels que cochés (formulation ascendante : 0 = altération minimale, 8 = altération maximale).
    • Score total : Somme arithmétique des scores corrigés des items 2 à 10.
    • Étendue théorique : Le score total varie de 0 à 72 points.
  • Interprétation clinique et seuils décisionnels :
    • Score < 30 : Préoccupations corporelles d’intensité modérée à normale, non compatibles avec une dysmorphophobie caractérisée. Profil standard pour une demande d’intervention esthétique.
    • Score entre 30 et 39 : Zone grise / Risque modéré. Présence d’une vulnérabilité émotionnelle significative ou d’attentes possiblement irréalistes nécessitant un entretien préopératoire approfondi.
    • Score ≥ 40 : Seuil d’alerte clinique validé. Probabilité diagnostique majeure de trouble dysmorphophobique (BDD). L’intervention esthétique est formellement contre-indiquée à ce stade ; une orientation vers une évaluation psychiatrique ou psychologique spécialisée est impérative.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : Créé sous copyright en 2009 par le Pr David Veale (© copyright D. Veale 2009) et publié formellement dans la littérature scientifique en 2011/2012.
  • Droits d’auteur et permissions : Le questionnaire COPS est la propriété intellectuelle de David Veale et de ses collaborateurs. Il est mis gracieusement à la disposition des chercheurs, des cliniciens du secteur public et des praticiens hospitaliers à des fins d’évaluation clinique et de recherche non commerciale, téléchargeable notamment via les ressources cliniques du King’s College London (Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit (libre de droits d’usage académique et clinique individuel). Pour toute intégration dans des logiciels médicaux propriétaires, des applications commerciales d’intelligence artificielle ou des essais cliniques parrainés par l’industrie pharmaceutique ou médico-chirurgicale privée, une autorisation écrite préalable de l’auteur principal est requise.

12. Références / References

  • American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). American Psychiatric Publishing. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425596
  • Crerand, C. E., Phillips, K. A., Menard, W., & Fay, C. (2006). Nonpsychiatric medical treatment of body dysmorphic disorder. Psychosomatics, 47(6), 488–495. https://doi.org/10.1176/appi.psy.47.6.488
  • Phillips, K. A., & Hollander, E. (2008). Treating body dysmorphic disorder with medication: Evidence, misconceptions, and a suggested approach. Body Image, 5(1), 13–27. https://doi.org/10.1016/j.bodyim.2007.12.003
  • Sarwer, D. B., Cash, T. F., Magee, L., Williams, E. F., Houpt, P. R., Blum, D. J., & Glat, P. M. (2005). Female candidates for cosmetic surgery: Minimal differences between those who do and do not seek psychological treatment. Plastic and Reconstructive Surgery, 115(4), 1172–1179. https://doi.org/10.1097/01.prs.0000156973.53509.8c
  • Veale, D. (2004). Advances in a cognitive behavioural model of body dysmorphic disorder. Body Image, 1(1), 113–125. https://doi.org/10.1016/S1740-1445(03)00009-3
  • Veale, D., Ellison, N., Werner, T. G., Dodhia, R., Serfaty, M. A., & Clarke, A. (2012). Development of a cosmetic procedure screening questionnaire (COPS) for body dysmorphic disorder. Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery, 65(4), 530–538. https://doi.org/10.1016/j.bjps.2011.09.007

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Features Causing Concern
2

How often do you deliberately check your feature(s)? Not accidentally catch sight of it.
3

How much do you feel your feature(s) is currently ugly‚ unattractive or ‘not right’?
4

How much does your feature(s) currently cause you a lot of distress?
5

How often does your feature(s) currently lead you to avoid situations or activities?
6

How much does your feature(s) currently preoccupy you? That is‚ you think about it a lot and it is hard to stop thinking about it?
7

If you have a partner‚ how much does your feature(s) currently have an effect on your relationship with an existing partner? If you do not have a partner‚ how much does it have an effect on dating or developing a relationship?
8

How much does your feature(s) currently interfere with your ability to work or study‚ or your role as a homemaker? (Please rate this even if you are not working or studying: we are interested in your ability to work or study.)
9

How much does your feature(s) currently interfere with your social life?
10

How much do you feel your appearance is the most important aspect of who you are?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Dépistage pour interventions esthétiques (COPS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/depistage-interventions-esthetiques-cops/
Looti, Mohammed. “Dépistage pour interventions esthétiques (COPS).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/depistage-interventions-esthetiques-cops/.
Looti, Mohammed. “Dépistage pour interventions esthétiques (COPS).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/depistage-interventions-esthetiques-cops/.