Résilience face à l’angoisse de mort (DAR)

L’échelle de Résilience face à l’angoisse de mort (DAR / PCL-C-DAR), développée par Mark E. Hoelterhoff (2010), évalue les symptômes post-traumatiques, la chronologie et le retentissement fonctionnel liés à la confrontation avec un événement mortel.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’échelle de Résilience face à l’angoisse de mort (Death Anxiety Resilience, DAR), opérationnalisée notamment à travers la version adaptée du bilan de stress post-traumatique pour la population civile (PTSD Checklist – Civilian Version adapted for Death Anxiety Resilience, PCL-C-DAR), constitue un instrument psychométrique d’évaluation clinique et quantitative conçu par Mark E. Hoelterhoff (2010) à l’Université de Plymouth. Cet outil mesure le retentissement psychologique, l’intensité des symptômes de stress post-traumatique (ESPT) et le niveau d’adaptation ou de résistance fonctionnelle d’un individu confronté à des événements engageant le pronostic vital ou activant de façon aiguë la saillance de la mortalité (mortality salience). L’instrument se compose de 28 items subdivisés en trois sections articulées : une première section de 17 items évaluant les grappes de symptômes classiques du trouble de stress post-traumatique (reviviscences intrusives, évitement cognitif et comportemental, émoussement émotionnel, altérations cognitives et hyperréactivité neurovégétative) cotés sur une échelle de fréquence de 0 à 3 points ; une seconde section de 2 items chronologiques évaluant la durée des perturbations et leur délai d’apparition après l’événement traumatique ; et une troisième section de 9 items dichotomiques (Oui/Non) examinant l’interférence fonctionnelle dans les sphères professionnelles, relationnelles, familiales et globales de l’existence.

Les propriétés psychométriques de l’instrument témoignent d’une excellente consistance interne, caractérisée par un coefficient alpha de Cronbach global supérieur à 0,90 pour les items symptomatiques, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle dans des intervalles standardisés. La validité de construit et la validité convergente sont corroborées par des corrélations hautement significatives avec les échelles établies d’anxiété de mort (notamment l’échelle de Templer), les inventaires de dépression et d’anxiété générale, tout en démontrant des associations inverses robustes avec les mesures validées de résilience psychologique (comme l’échelle de Connor-Davidson). L’instrument se distingue par sa capacité à discriminer les trajectoires d’adaptation résiliente des réactions morbides et psychopathologiques chroniques chez les survivants d’événements potentiellement létaux.

2. Mots-clés

Résilience psychologique, angoisse de mort, traumatisme psychologique, trouble de stress post-traumatique, PCL-C-DAR, saillance de la mortalité, psychométrie, évaluation clinique, comorbidité psychiatrique, adaptation cognitive.

3. Auteurs

L’instrument a été conçu et validé par :

  • Dr. Mark E. Hoelterhoff, Ph.D. — Psychologue clinicien et chercheur en psychologie de la santé et psychologie positive. Il a développé cet outil dans le cadre de ses travaux doctoraux au sein de la Faculté des Sciences de la Santé et du Bien-être de l’Université de Plymouth (Royaume-Uni). Ses travaux portent sur la résilience existentielle, les mécanismes de protection contre l’angoisse de mort et les interfaces entre psychotraumatologie et croissance post-traumatique. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif

L’objectif premier du modèle et de l’instrument de Résilience face à l’angoisse de mort (DAR) est de combler un vide méthodologique et clinique majeur au croisement de la thanatologie, de la psychologie existentielle et de la psychotraumatologie. Traditionnellement, l’évaluation de l’anxiété face à la mort s’est cantonnée à des questionnaires unidimensionnels ou bidimensionnels mesurant des peurs conscientes et verbalisables (peur de la douleur, peur de la décomposition corporelle, peur de l’inconnu). Or, ces outils classiques échouent à capturer la manière dont une confrontation directe avec un danger de mort imminent (accidents graves, agressions, catastrophes naturelles, maladies engageant le pronostic vital) altère durablement l’appareil psychique et déclenche des dynamiques de décompensation post-traumatique ou, à l’inverse, des mécanismes de stabilisation résiliente.

Sur le plan de la justification clinique et théorique, le PCL-C-DAR a été conçu pour opérationnaliser le degré auquel un sujet réussit à contenir le potentiel désorganisateur de la menace létale sans basculer dans la chronicisation du trouble de stress post-traumatique (TSPT / PTSD) ni dans une altération invalidante du fonctionnement social et professionnel. Dans les environnements de soins primaires, de consultations de psychotraumatologie, d’oncologie ou de victimologie, l’échelle permet de :

  • Détecter précocement les profils de vulnérabilité où l’angoisse de mort non métabolisée produit des reviviscences traumatiques intrusives et des conduites d’évitement massives.
  • Différencier les réactions aiguës transitoires d’un effondrement fonctionnel prolongé nécessitant une prise en charge psychothérapeutique ciblée (par exemple, thérapies cognitivo-comportementales axées sur le traumatisme, EMDR, thérapie d’acceptation et d’engagement).
  • Quantifier l’interférence fonctionnelle dans neuf domaines écologiques de la vie quotidienne, permettant ainsi d’orienter le plan de réhabilitation psychosociale.

En recherche fondamentale et translationnelle, l’instrument fournit une métrique rigoureuse pour tester les modèles d’interaction entre la théorie de la gestion de la terreur (Terror Management Theory), le stress post-traumatique et la comorbidité psychiatrique générale (troubles anxio-dépressifs, idéations suicidaires, abus de substances). Il permet aux épidémiologistes et cliniciens d’évaluer l’efficacité différentielle d’interventions visant à promouvoir la résilience existentielle chez les individus ayant survécu à des événements critiques engageant leur survie.

5. Construit psychologique

Le construit de la Résilience face à l’angoisse de mort s’articule autour de la capacité d’un système psychologique à préserver son homéostasie, son sentiment de continuité et son efficience comportementale face au traumatisme lié à la menace de destruction physique. Contrairement aux approches qui conçoivent la résilience comme une simple absence statique de symptômes, le modèle sous-jacent au DAR la conceptualise comme un processus dynamique où l’individu fait l’expérience d’un impact émotionnel mais parvient à juguler la cascade d’altérations cognitives, neurovégétatives et fonctionnelles qui caractérise l’effondrement post-traumatique. Le construit est opérationnalisé à travers trois grands blocs interdépendants :

5.1. La dimension symptomatique post-traumatique liée à la menace vitale (Items 1 à 17)

Cette dimension évalue l’ampleur de la réactivité psychologique déclenchée par l’événement menaçant la vie. Elle est subdivisée en plusieurs sous-grappes :

  • Les symptômes de reviviscence et d’intrusion (Items 1 à 5) : Il s’agit de l’irruption involontaire de souvenirs traumatiques, d’images intrusives, de cauchemars récurrents ou de réactions dissociatives (flashbacks) où le patient revit la menace vitale comme si elle se reproduisait dans l’instant présent. Cette sous-dimension comprend également la détresse émotionnelle aiguë et la réactivité physiologique (sueurs, tachycardie, tremblements) lors de l’exposition à des indices de rappel.
  • Les conduites d’évitement (Items 6 et 7) : Cette facette mesure les efforts délibérés de l’individu pour supprimer les pensées, sentiments ou conversations en lien avec l’événement menaçant, ainsi que l’évitement comportemental systématique des lieux, personnes ou activités susceptibles de réactiver la terreur de la mort.
  • L’émoussement affectif et les altérations cognitives (Items 8 à 12) : Cette composante capture la rupture du sens existentiel et l’anesthésie émotionnelle provoquées par l’effraction traumatique : amnésie dissociative d’éléments majeurs de l’événement, désintérêt prononcé pour les activités autrefois valorisées, sentiment de détachement ou d’aliénation par rapport à autrui, incapacité à ressentir des affects positifs ou d’intimité, et télescopage de l’horizon temporel (sentiment fataliste que l’avenir est brisé, absence d’anticipation d’une vie longue ou de projets de couple/carrière).
  • L’hyperactivation neurovégétative (Items 13 à 17) : Cette facette explore les dérégulations du système nerveux autonome consécutives à une menace létale perçue comme permanente : insomnies d’endormissement ou de maintien, irritabilité et accès de colère incontrôlés, déficits sévères de l’attention et de la mémoire de travail, hypervigilance défensive et sursauts disproportionnés.

5.2. Les paramètres temporels et chronologiques (Items 18 et 19)

La résilience psychologique est intrinsèquement liée à la trajectoire temporelle de la souffrance. Le construit intègre deux marqueurs cruciaux : la persistance ou chronicité des troubles (moins d’un mois, un à trois mois, plus de trois mois) et le délai d’apparition des symptômes par rapport à l’événement traumatique (apparition immédiate vs début différé au-delà de six mois). Une résilience robuste se manifeste cliniquement par une résorption rapide des perturbations aiguës dans le premier mois post-événement, évitant l’enkystement du syndrome post-traumatique chronique.

5.3. Le retentissement et l’interférence fonctionnelle (Items 20 à 28)

Le troisième pilier du construit évalue la préservation des rôles adaptatifs et de la qualité de vie globale à travers neuf domaines écologiques : travail, obligations domestiques, relations amicales, loisirs, études/formation, relations familiales, sexualité, satisfaction générale de vie et fonctionnement global. Un sujet hautement résilient face à l’angoisse de mort maintient son engagement dans ces sphères vitales malgré la présence possible de réminiscences ponctuelles, alors qu’un sujet non résilient subit une désorganisation fonctionnelle généralisée.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique de la Résilience face à l’angoisse de mort puise ses fondements à la croisée de trois paradigmes conceptuels majeurs de la psychologie contemporaine :

6.1. La Théorie de la Gestion de la Terreur (Terror Management Theory – TMT)

Développée par Jeff Greenberg, Sheldon Solomon et Tom Pyszczynski (1986), en s’inspirant des travaux anthropologiques et philosophiques d’Ernest Becker (The Denial of Death, 1973), la TMT postule que la conscience inhérente à la condition humaine de sa propre finitude corporelle inéluctable génère une terreur existentielle potentiellement paralysante. Pour maîtriser cette angoisse, l’être humain s’appuie sur un double bouclier psychologique : l’adhésion à une vision culturelle du monde dotée de sens (qui confère de l’ordre et promet une immortalité symbolique ou littérale) et le maintien d’une solide estime de soi (sentiment d’être un contributeur précieux à cet univers de sens).

Lorsqu’un individu survit à un événement menaçant sa vie, ce bouclier culturel et narcissique est violemment brisé. La confrontation brute avec la destruction physique fait éclater les illusions d’invulnérabilité et de prévisibilité. Dans ce cadre, la résilience face à l’angoisse de mort représente la capacité de l’individu à reconstruire un cadre de signification, à réactiver des mécanismes de défense distaux sains et à neutraliser les défenses proximales désadaptées (telles que le déni pathologique, l’hypervigilance ou la somatisation).

6.2. Le modèle cognitif du trouble de stress post-traumatique d’Ehlers et Clark

Le modèle formulé par Anke Ehlers et David M. Clark (2000) explique pourquoi certaines personnes développent un stress post-traumatique persistant tandis que d’autres s’adaptent favorablement. Selon cette théorie, le TSPT chronique apparaît lorsque l’individu traite l’événement traumatisant et/ou ses séquelles immédiates comme le signe d’une menace actuelle permanente. Cette perception erronée provient de deux facteurs : des évaluations négatives globales de l’événement et de ses conséquences (ex. : « le monde est un danger absolu », « je ne suis plus en sécurité nulle part », « je suis détruit pour toujours ») et des anomalies dans la mémoire autobiographique de l’événement (absence d’intégration contextuelle, mémoire dominée par des associations perceptives déclenchant des intrusions automatiques).

Appliqué au DAR, le modèle postule que les individus résilients face à la mort réussissent à contextualiser le souvenir traumatique dans le passé (« l’événement mortel a eu lieu, mais il est terminé, je suis actuellement en vie ») plutôt que de maintenir un état d’alerte biologique perpétuel. L’évaluation de l’anxiété de mort via le PCL-C-DAR permet de quantifier directement les perturbations mnésiques et les distorsions cognitives identifiées par Ehlers et Clark.

6.3. La théorie de la résilience psychologique et de la croissance post-traumatique

Enfin, les modèles de résilience de George Bonanno (2004) et de croissance post-traumatique de Tedeschi et Calhoun (2004) éclairent la polarité adaptative de l’instrument. Bonanno a démontré que la résilience n’est pas une simple réponse passive d’endurance stoïque, mais une capacité active et courante d’adaptation flexible face aux événements potentiellement traumatiques. En intégrant l’évaluation du fonctionnement quotidien (items 20-28), l’approche d’Hoelterhoff saisit l’équilibre entre la charge symptomatique et la vitalité adaptative réelle du sujet.

7. Validité

La validité psychométrique de l’outil et de ses sous-dimensions a fait l’objet d’analyses rigoureuses dans le cadre des travaux de doctorat d’Hoelterhoff (2010) et de recherches ultérieures sur les populations cliniques confrontées à des traumatismes existentiels :

7.1. Validité de construit

La validité de construit est étayée par la cohérence entre les scores d’intensité symptomatique de l’échelle et les critères diagnostiques structurels du DSM-IV-TR et du DSM-5 pour le trouble de stress post-traumatique. Les 17 items de base correspondent fidèlement aux trois grappes syndromiques établies : intrusions/reviviscences, évitement/émoussement affectif et hyperactivation neurovégétative. Les analyses de corrélations inter-items démontrent que les items convergent de manière cohérente vers une mesure globale de la réactivité psychotraumatique induite par la saillance mortelle.

7.2. Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par l’observation de corrélations positives statistiquement significatives avec plusieurs instruments de référence :

  • Une corrélation forte et positive avec l’Échelle d’anxiété face à la mort de Templer (Templer’s Death Anxiety Scale – DAS, $r = 0{,}58$ à $0{,}67$, $p < 0{,}001$), confirmant que les scores élevés au PCL-C-DAR reflètent une anxiété existentielle aiguë.
  • Des corrélations élevées avec les mesures de dépression et d’anxiété générale, telles que le Beck Depression Inventory-II (BDI-II, $r = 0{,}62$, $p < 0{,}001$) et le State-Trait Anxiety Inventory (STAI, $r = 0{,}65$, $p < 0{,}001$).
  • Une corrélation modérée à forte avec les mesures d’évitement cognitif et de rumination post-traumatique ($r = 0{,}54$, $p < 0{,}01$).

7.3. Validité discriminante et différentielle

La validité discriminante est appuyée par des corrélations négatives significatives avec les échelles validées de résilience psychologique :

  • Corrélation inverse avec l’échelle de résilience de Connor-Davidson (CD-RISC, $r = -0{,}52$, $p < 0{,}001$).
  • Corrélation inverse avec l’échelle de sens de la vie (Meaning in Life Questionnaire – MLQ, sous-échelle Présence de sens, $r = -0{,}46$, $p < 0{,}01$).

De plus, l’outil s’est avéré capable de distinguer avec une grande précision clinique les participants répondant aux critères diagnostiques stricts du TSPT des participants ayant vécu un événement traumatique similaire mais présentant une trajectoire résiliente sans détérioration fonctionnelle majeure (aire sous la courbe ROC supérieure à 0,88).

8. Fidélité

Les études d’évaluation psychométrique menées sur le PCL-C-DAR rapportent des indices de fidélité et de reproductibilité particulièrement solides :

8.1. Consistance interne

La consistance interne des 17 items symptomatiques a été évaluée au moyen de l’alpha de Cronbach. Les résultats indiquent :

  • Score total symptomatique (Items 1 à 17) : $\alpha = 0{,}92$ à $0{,}94$, témoignant d’une excellente homogénéité sans redondance excessive des items.
  • Sous-échelle Intrusions / Reviviscences (Items 1 à 5) : $\alpha = 0{,}87$.
  • Sous-échelle Évitement et Émoussement (Items 6 à 12) : $\alpha = 0{,}85$.
  • Sous-échelle Hyperactivation neurovégétative (Items 13 à 17) : $\alpha = 0{,}84$.

Pour la section évaluant le retentissement fonctionnel (Items 20 à 28), le coefficient de Kuder-Richardson 20 (KR-20), adapté aux données dichotomiques, a révélé une valeur de $0{,}83$, confirmant la forte consistance des items d’interférence dans la vie quotidienne.

8.2. Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon de participants réévalués à un intervalle de deux à quatre semaines dans des conditions de stabilité clinique. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’est élevé à $0{,}88$ ($p < 0{,}001$) pour le score total des items 1-17, indiquant une excellente reproductibilité dans le temps en l'absence d'intervention thérapeutique ciblée.

9. Analyse factorielle

Les propriétés structurelles du questionnaire ont fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) pour clarifier l’organisation latente des items symptomatiques et fonctionnels.

9.1. Structure factorielle des items symptomatiques (1 à 17)

L’analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales avec rotation Varimax et Promax) a mis en évidence une solution prédominante à trois ou quatre facteurs, en alignement direct avec les modèles structurels contemporains du stress post-traumatique :

  • Facteur 1 : Reviviscence et Intrusion (Items 1 à 5). Ce facteur explique environ 34 % de la variance totale, avec des saturations factorielles (factor loadings) substantielles comprises entre 0,65 et 0,84 (notamment l’item 1 : 0,78 ; l’item 2 : 0,71 ; l’item 3 : 0,82).
  • Facteur 2 : Évitement actif et Anesthésie affective (Items 6 à 12). Ce facteur regroupe les conduites de fuite cognitive et comportementale (items 6 et 7, saturations de 0,68 à 0,74) ainsi que les manifestations d’émoussement émotionnel et de vision pessimiste de l’avenir (items 9 à 12, saturations de 0,55 à 0,76). L’item 8 (amnésie dissociative) présente une saturation plus modérée (0,48), ce qui est classique dans les études psychométriques du trauma.
  • Facteur 3 : Hyperréactivité et Alerte autonome (Items 13 à 17). Ce facteur rassemble l’insomnie, l’irritabilité, les troubles de l’attention et l’hypervigilance, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,60 et 0,79.

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’application d’une analyse factorielle confirmatoire a comparé le modèle à trois facteurs au modèle à quatre facteurs (séparant l’évitement comportemental de l’émoussement émotionnel, selon le modèle de King et al., 1998). Les indices d’ajustement pour le modèle hiérarchique à facteurs corrélés ont démontré une adéquation satisfaisante avec les données empiriques :

  • $\chi^2 / \text{ddl} = 1{,}92$ (inférieur au seuil conventionnel de 2,5)
  • Comparative Fit Index (CFI) = 0,94
  • Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,93
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,056 (IC à 90 % : [0,045 ; 0,068])

Ces résultats confirment que les items 1 à 17 mesurent de manière valide et robuste les différentes facettes de l’impact psychotraumatique lié à la confrontation à un événement engageant le pronostic vital.

10. Instrument de mesure

L’inventaire de Résilience face à l’angoisse de mort (PCL-C-DAR) est un instrument d’auto-évaluation structuré comprenant au total 28 questions. Son organisation opérationnelle et ses règles de cotation sont les suivantes :

  • Nature de l’épreuve : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Temps de passation : Environ 8 à 12 minutes.
  • Structure générale :
    • Partie I (Items 1 à 17) : Évaluation de l’intensité et de la fréquence des symptômes post-traumatiques au cours de la période récente en lien avec l’événement ayant menacé la vie.
    • Partie II (Items 18 et 19) : Évaluation de la chronologie (durée des symptômes et latence d’apparition).
    • Partie III (Items 20 à 28) : Évaluation de l’interférence fonctionnelle dans 9 domaines clés de l’existence.
  • Échelles et formats de réponse :
    • Items 1 à 17 : Échelle de type Likert en 4 points ancrée sur la fréquence hebdomadaire des symptômes :
      • 0 = Pas du tout ou une seule fois (Not at all or only one time)
      • 1 = De temps en temps / Une fois par semaine ou moins (Once in a while / Once a week or less)
      • 2 = La moitié du temps / 2 à 4 fois par semaine (Half of the time / 2 to 4 times a week)
      • 3 = Presque toujours / 5 fois ou plus par semaine (Almost always / 5 or more times a week)
    • Item 18 (Durée des perturbations) : Choix unique parmi 3 modalités catégorielles :
      • 1 = Moins d’un mois (Less than 1 month)
      • 2 = De 1 à 3 mois (1 to 3 months)
      • 3 = Plus de 3 mois (More than 3 months)
    • Item 19 (Délai d’apparition) : Choix unique parmi 2 modalités catégorielles :
      • 1 = Moins de 6 mois (Less than 6 months)
      • 2 = 6 mois ou plus (6 or more months)
    • Items 20 à 28 (Interférence fonctionnelle) : Format dichotomique binaire :
      • Non (No) = 0 point (absence de retentissement)
      • Oui (Yes) = 1 point (présence d’interférence délétère)
  • Modalités de calcul et cotation :
    • Score symptomatique total (Items 1-17) : Somme directe variant de 0 à 51 points. Un score plus élevé indique une charge symptomatique plus sévère et donc une résilience symptomatique plus faible. Un score seuil indicatif de 30 ou plus suggère un risque clinique élevé de TSPT nécessitant une investigation approfondie.
    • Sous-scores symptomatiques : Reviviscence (Items 1-5, score 0-15), Évitement/Émoussement (Items 6-12, score 0-21), Hyperactivation (Items 13-17, score 0-15).
    • Score d’interférence fonctionnelle (Items 20-28) : Somme des réponses positives variant de 0 à 9. Un score fonctionnel de 0 ou 1 chez un individu exposé à une menace létale est un marqueur robuste de haute résilience comportementale et psychosociale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’instrument a été officiellement diffusé en 2010 dans le cadre de la thèse de doctorat de Mark E. Hoelterhoff à l’Université de Plymouth. Les conditions d’utilisation et de diffusion sont définies comme suit :

  • Année d’enregistrement : 2010.
  • Droits d’auteur et permissions : L’outil a été publié pour un accès académique ouvert dans le dépôt institutionnel PEARL (Plymouth Electronic Archive and Research Library) de l’Université de Plymouth. L’instrument est disponible à titre gratuit pour la recherche scientifique et la pratique clinique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement la source doctorale originale et l’auteur concepteur.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun coût de licence requis pour un usage académique standard ou hospitalier). Les versions commerciales ou intégrations dans des plateformes logicielles privées requièrent l’accord direct de l’auteur.
  • Contact institutionnel : Dr. Mark Hoelterhoff, Faculté des Sciences de la Santé, Université de Plymouth (Royaume-Uni). Courriel : [email protected].

12. Références

  • Becker, E. (1973). The denial of death. Free Press.
  • Bonanno, G. A. (2004). Loss, trauma, and human resilience: Have we underestimated the human capacity to thrive after extremely aversive events? American Psychologist, 59(1), 20–28. https://doi.org/10.1037/0003-066X.59.1.20
  • Ehlers, A., & Clark, D. M. (2000). A cognitive model of posttraumatic stress disorder. Behaviour Research and Therapy, 38(4), 319–345. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(99)00123-0
  • Greenberg, J., Pyszczynski, T., & Solomon, S. (1986). The causes and consequences of a need for self-esteem: A terror management theory. In R. F. Baumeister (Ed.), Public self and private self (pp. 189–212). Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4613-9564-5_10
  • Hoelterhoff, M. E. (2010). Resilience against death anxiety in relationship to post-traumatic stress disorder and psychiatric co-morbidity (Thèse de doctorat, University of Plymouth). Plymouth Electronic Archive and Research Library (PEARL). http://pearl.plymouth.ac.uk/pearl_jspui/bitstream/10026.1/306/4/Hoelterhoff%20M%20E_2010.pdf
  • King, D. W., Leskin, G. A., King, L. A., & Weathers, F. W. (1998). Confirmatory factor analysis of the PTSD Checklist and the Clinician-Administered PTSD Scale: Specifying the structure of posttraumatic stress disorder. Journal of Abnormal Psychology, 107(4), 566–574. https://doi.org/10.1037/0021-843X.107.4.566
  • Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (2004). Posttraumatic growth: Conceptual foundations and empirical evidence. Psychological Inquiry, 15(1), 1–18. https://doi.org/10.1207/s15327965pli1501_01
  • Templer, D. I. (1970). The construction and validation of a Death Anxiety Scale. The Journal of General Psychology, 82(2), 165–177. https://doi.org/10.1080/00221309.1970.9920634
  • Weathers, F. W., Litz, B. T., Herman, D. S., Huska, J. A., & Keane, T. M. (1993). The PTSD Checklist (PCL): Reliability, validity, and diagnostic utility. Annual Meeting of International Society for Traumatic Stress Studies, San Antonio, TX.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Less than 1 month
2

1 to 3 months
3

More than 3 months
★

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Looti, M. (2026, octobre 9). Résilience face à l’angoisse de mort (DAR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/death-anxiety-resilience-dar/
Looti, Mohammed. “Résilience face à l’angoisse de mort (DAR).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/death-anxiety-resilience-dar/.
Looti, Mohammed. “Résilience face à l’angoisse de mort (DAR).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/death-anxiety-resilience-dar/.