Questionnaire de coping face au cyberharcèlement (CCQ)

Le Cyberbullying Coping Questionnaire (CCQ) est un instrument psychométrique mesurant les stratégies d’adaptation face au cyberharcèlement (coping mental, passif, social et confrontationnel).

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Questionnaire de coping face au cyberharcèlement (Cyberbullying Coping Questionnaire, CCQ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la diversité et la fréquence des stratégies d’adaptation (coping) mobilisées par les jeunes confrontés à des situations de cyberharcèlement. Développé initialement par Niels C. L. Jacobs, Trijntje Völlink, Francine Dehue et Lilian Lechner (2015), cet outil répond à un impératif méthodologique : disposer d’un instrument spécifiquement calibré pour les caractéristiques virtuelles et contextuelles des agressions en ligne, plutôt que d’extrapoler des questionnaires de coping traditionnels conçus pour le harcèlement en milieu scolaire présentiel.

L’instrument se compose d’un ensemble structuré de 35 items évaluant les réponses comportementales, cognitives et affectives face aux attaques numériques. Bien que le pool initial comprenne 35 items explorant divers registres de réaction, les travaux de validation psychométrique ont identifié quatre dimensions factorielles robustes et stables : le coping mental (mental coping), le coping passif (passive coping), le coping social (social coping) et le coping confrontationnel (confrontational coping). Chaque énoncé est évalué au moyen d’une échelle de type Likert en cinq points, allant de « never » (jamais) à « almost always » (presque toujours).

Les propriétés psychométriques du CCQ révèlent une cohérence interne satisfaisante pour les sous-échelles validées, avec des coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant de .68 à .73, et une stabilité temporelle satisfaisante confirmée par des coefficients de fidélité test-retest variant de .47 à .74. L’outil a démontré une validité de construit et une validité convergente remarquables, corrélant de manière cohérente avec des indices d’anxiété, de dépression, d’estime de soi et de bien-être subjectif. Le CCQ s’impose ainsi comme un dispositif de référence tant pour la recherche fondamentale sur les conduites d’adaptation en ligne que pour l’évaluation diagnostique et l’élaboration de programmes d’intervention ciblés auprès des adolescents et jeunes adultes.

2. Mots-clés / Keywords

Cyberharcèlement, coping, stratégies d’adaptation, psychométrie, évaluation psychologique, cybervictimisation, adolescence, soutien social, régulation émotionnelle, échelle de mesure, validité factorielle.

3. Auteurs / Authors

Le Cyberbullying Coping Questionnaire a été élaboré et validé par une équipe de chercheurs de l’Université Ouverte des Pays-Bas (Open University of the Netherlands), affiliés à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation :

  • Niels C. L. Jacobs : Chercheur en psychologie sociale et du développement, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Open University of the Netherlands, Heerlen, Pays-Bas. Spécialiste des conduites d’agression en ligne, de la victimisation par les pairs et des processus d’adaptation chez les adolescents. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Trijntje Völlink : Professeure et chercheuse senior au Département de Psychologie, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Open University of the Netherlands, Heerlen, Pays-Bas. Experte renommée des interventions numériques de santé mentale et des cyber-comportements.
  • Francine Dehue : Professeure associée en psychologie, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Open University of the Netherlands, Heerlen, Pays-Bas. Pionnière dans les recherches européennes sur la prévalence et la prévention du cyberharcèlement.
  • Lilian Lechner : Professeure titulaire en psychologie de la santé, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Open University of the Netherlands, Heerlen, Pays-Bas. Spécialiste des modèles de changement comportemental et des déterminants psychosociaux de la santé.

4. Objectif / Purpose

L’essor fulgurant des technologies de communication numérique et des réseaux sociaux a radicalement transformé la nature des interactions interpersonnelles entre pairs, engendrant de nouvelles formes d’agression telles que le cyberharcèlement. Caractérisé par son omniprésence temporelle, son public potentiel illimité et l’anonymat relatif des agresseurs, le cyberharcèlement expose les victimes à un stress chronique particulièrement destructeur. Face à cette réalité, l’objectif fondamental du Cyberbullying Coping Questionnaire (CCQ) est de fournir un instrument psychométrique standardisé, rigoureux et écologique pour cartographier, quantifier et analyser les réactions mises en place par les cibles de ces agressions.

Sur le plan théorique et empirique, les échelles classiques de coping (comme le Ways of Coping Checklist de Folkman et Lazarus ou le COPE de Carver) s’avèrent souvent inadaptées pour saisir les nuances des contextes technologiques. Les réponses au cyberharcèlement intègrent en effet des actions techniques uniques (bloquer un profil, conserver des captures d’écran, contacter l’administrateur d’un site web) ainsi que des dynamiques de réactivité sociale modifiées par l’asynchronie des échanges numériques. Le CCQ a donc été expressément développé pour combler ce vide méthodologique, en offrant aux chercheurs et aux cliniciens un cadre opérationnel adapté à l’univers numérique contemporain.

En pratique clinique et psychoéducative, le CCQ permet d’identifier précisément les profils d’adaptation dysfonctionnels ou inefficaces chez les jeunes victimes. L’instrument permet d’évaluer dans quelle mesure l’adolescent recourt à des conduites d’évitement pur, à de la rumination dépressive ou à des représailles agressives (contre-harcèlement), par opposition à des démarches de recherche d’aide structurée auprès d’adultes référents ou à des restructurations cognitives adaptatives. Les professionnels de la santé mentale scolaire, les psychologues et les conseillers d’orientation peuvent ainsi utiliser le profil issu du CCQ pour guider des interventions personnalisées, enseigner des compétences d’auto-défense numérique, consolider le recours au réseau de soutien social et favoriser la résilience psychologique.

Dans le domaine de la recherche, le CCQ constitue une mesure incontournable pour évaluer l’efficacité des programmes de prévention scolaire et des protocoles de psychoéducation en ligne. Il offre la possibilité d’étudier les médiateurs et modérateurs reliant l’exposition au harcèlement numérique au développement d’une symptomatologie internalisée (troubles dépressifs, anxiété sociale, idéations suicidaires) ou externalisée (troubles des conduites, agressivité réactive), éclairant ainsi les mécanismes par lesquels certaines stratégies protègent ou, au contraire, exacerbent la vulnérabilité psychologique des adolescents.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le CCQ est le concept de coping (ou stratégies d’adaptation face au stress), défini dans le contexte précis de la victimisation numérique. Le coping désigne l’ensemble des efforts cognitifs, émotionnels et comportementaux constamment changeants déployés par un individu pour maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui dépassent ses ressources personnelles. Dans le cadre du CCQ, les auteurs ont structuré ce répertoire en quatre dimensions psychométriquement validées, issues de l’ensemble plus large des 35 items exploratoires :

1. Le coping mental (Mental Coping)

Cette sous-échelle (mesurée notamment par les items 3, 5, 9, 11 et 18) renvoie à des processus d’adaptation cognitifs internes. Elle englobe à la fois des stratégies de restructuration cognitive et d’analyse rationnelle du problème, ainsi que des tentatives de mise à distance mentale. L’individu s’efforce de comprendre les causes du cyberharcèlement (item 18 : « I try to find the cause of the cyberbullying »), d’élaborer de nouvelles méthodes d’action (item 11 : « I try to find a new way to stop the cyberbullying ») ou de relativiser la gravité de la situation par comparaison descendante (item 5 : « I think that other people are experiencing things that are much worse »). Cette dimension combine la résolution cognitive du problème et la régulation sémantique du stress perçu.

2. Le coping passif (Passive Coping)

Le coping passif (représenté par les items 1, 17, 19, 23, 27 et 28) traduit une posture de non-action, de déni ou d’attente résignée. La victime ne tente pas d’intervenir directement sur la source du stress ou d’alerter un tiers. Elle laisse le phénomène se dérouler sans réagir (item 17 : « I let the cyberbullying happen without reacting »), attend simplement que la violence cesse d’elle-même (item 1 : « I wait for the cyberbullying to stop »), fait semblant que rien n’est arrivé (item 19 : « I act as if the cyberbullying did not happen ») ou choisit d’ignorer activement les harceleurs (item 28 : « I ignore the cyberbullies »). Si l’ignorance peut parfois s’avérer efficace pour décourager les agresseurs à la recherche de réactions émotionnelles, la passivité totale et la résignation sont fréquemment associées à un sentiment d’impuissance acquise.

3. Le coping social (Social Coping)

Cette dimension (mesurée par les items 24, 26 et 29) cible la mobilisation des ressources relationnelles et institutionnelles ainsi que les démarches préparatoires à la demande d’aide. Elle reflète la capacité de l’individu à briser le secret et à solliciter un soutien instrumental ou affectif. L’adolescent discute de la situation avec ses parents, ses amis ou des adultes de confiance (item 24 : « I talk about the cyberbullying event with friends, family or someone I trust »), demande expressément de l’aide à son entourage scolaire ou familial (item 29 : « I ask someone (parent, teacher, friend, peer) for help ») et sécurise des preuves matérielles de l’agression (item 26 : « I save print screens, messages and text messages as evidence »). Cette dimension est reconnue dans la littérature comme un facteur protecteur déterminant contre les séquelles psychologiques à long terme.

4. Le coping confrontationnel (Confrontational Coping)

Le coping confrontationnel (évalué par les items 6, 31 et 35) renvoie à des réponses directes et actives dirigées vers les agresseurs. La victime choisit d’entrer en communication avec le cyberharceleur pour signifier ses limites et revendiquer ses droits. Cela se traduit par l’affirmation verbale du préjudice causé (item 6 : « I tell the cyberbullies when their behavior is bothering me »), l’injonction ferme de cesser les attaques (item 31 : « I tell the cyberbullies to stop ») et la manifestation de son mécontentement ou de son irritation (item 35 : « I show my irritation to the cyberbully »). Bien que cette stratégie traduise une agentivité affirmée, elle peut comporter des risques d’escalade conflictuelle dans le monde virtuel.

En complément de ces quatre facteurs validés, l’échelle complète de 35 items permet d’explorer d’autres registres cliniquement pertinents, tels que les représailles agressives (item 8 : contre-harcèlement), l’expression émotionnelle brute (items 4, 12, 20, 25), la rumination intrusive (items 16, 30) ou le recours à des actions techniques spécifiques (items 15, 21).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel du CCQ s’enracine au croisement de deux grands modèles théoriques de la psychologie contemporaine : le modèle transactionnel du stress et du coping formulé par Richard S. Lazarus et Susan Folkman (1984), et le modèle socio-écologique du développement humain de Urie Bronfenbrenner (1979).

Selon le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman, le stress n’est ni un simple stimulus environnemental ni une simple réponse biologique, mais une relation transactionnelle bidirectionnelle entre la personne et son environnement, évaluée par l’individu comme excédant ses ressources et mettant en danger son bien-être. Ce processus implique deux phases d’évaluation cognitive :

  • L’évaluation primaire (primary appraisal), au cours de laquelle la cible détermine la signification de l’événement numérique : menace pour sa réputation, perte de statut social, défi ou préjudice immédiat.
  • L’évaluation secondaire (secondary appraisal), durant laquelle la personne évalue ses options et ses ressources disponibles pour affronter la menace (compétences numériques, présence d’un adulte ressource, capacité d’autodéfense verbale).

Le modèle distingue traditionnellement le coping centré sur le problème (efforts cognitifs et comportementaux visant à modifier la source du stress) du coping centré sur l’émotion (efforts visant à réguler la détresse affective associée). Cependant, les travaux fondateurs de Jacobs, Völlink, Dehue et Lechner (2015) ont démontré que cette dichotomie classique était trop réductrice pour appréhender la complexité des attaques en ligne. Les caractéristiques structurelles du cyberespace — telles que la permanence des traces écrites, l’asynchronie temporelle, la viralité des messages dénigrants et la difficulté fréquente à identifier l’agresseur physique — imposent une reconfiguration des stratégies d’adaptation en dimensions plurielles (mentale, passive, sociale et confrontationnelle).

Parallèlement, la perspective socio-écologique de Bronfenbrenner permet d’inscrire le CCQ dans la compréhension des multiples écosystèmes interconnectés au sein desquels évolue l’adolescent. Les agressions en ligne se situent à l’interface du microsystème des pairs, de l’environnement scolaire, de l’environnement familial et de l’exosystème des plateformes numériques et réseaux sociaux. Dès lors, le coping social et le coping mental reflètent la façon dont le jeune parvient à mobiliser des connexions positives entre ces différents systèmes pour amortir l’impact de la cyberviolence.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Cyberbullying Coping Questionnaire a été établie à travers une série d’investigations méthodologiques rigoureuses conduites aux Pays-Bas auprès d’échantillons diversifiés d’adolescents scolarisés dans l’enseignement secondaire (Jacobs et al., 2014, 2015) :

Validité de contenu et validité écologique

La constitution de la réserve d’items (item pool) ne s’est pas limitée à une adaptation descendante de questionnaires préexistants. Les auteurs ont mené une démarche qualitative approfondie en amont, combinant une revue systématique de la littérature et des séries d’entretiens par groupes de discussion (focus groups) avec des adolescents victimes de cyberharcèlement (Jacobs et al., 2015). Cette approche a garanti que les énoncés reflètent fidèlement le vocabulaire, la réalité des technologies contemporaines et les véritables dilemmes d’adaptation vécus par les jeunes (par exemple, la conservation des captures d’écran comme preuves matérielles ou l’hésitation à supprimer les profils compromettants).

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été documentée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC). Les résultats ont mis en évidence l’adéquation d’un modèle à quatre dimensions (coping mental, coping passif, coping social, coping confrontationnel). Les indices d’ajustement globaux soutiennent la robustesse de cette organisation structurale, démontrant que chaque facteur capture une composante distincte et non redondante du processus d’adaptation au harcèlement en ligne.

Validité convergente et divergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des instruments mesurant la santé mentale, la détresse psychologique et l’estime de soi globale. Les analyses révèlent des patterns relationnels théoriquement attendus :

  • Le recours accru au coping passif et aux items de rumination/impuissance est corrélé positivement et significativement avec des niveaux élevés d’anxiété, de symptômes dépressifs et un sentiment de solitude accrue.
  • Le coping social est associé de manière robuste au bien-être psychologique perçu, à un soutien social perçu élevé et à une plus faible intensité des symptômes de somatisation.
  • Le coping confrontationnel présente des associations plus nuancées : s’il est négativement associé à la passivité, il peut, lorsqu’il glisse vers des représailles agressives (item 8), corréler positivement avec des scores de délinquance mineure ou de victimisation chronique.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des qualités métrologiques du CCQ documente des niveaux de fidélité satisfaisants à bons, tant en matière d’homogénéité interne que de constance dans le temps :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude empirique de validation menée par Jacobs, Völlink, Dehue et Lechner (2015), les coefficients alpha de Cronbach (α) calculés pour les quatre sous-échelles factoriellement isolées indiquent une cohérence interne adéquate, particulièrement au regard du nombre resserré d’items composant chaque facteur :

  • Coping mental (Mental Coping) (5 items : 3, 5, 9, 11, 18) : α = .70
  • Coping passif (Passive Coping) (6 items : 1, 17, 19, 23, 27, 28) : α = .73
  • Coping social (Social Coping) (3 items : 24, 26, 29) : α = .73
  • Coping confrontationnel (Confrontational Coping) (3 items : 6, 31, 35) : α = .68

Ces indices atteignent ou approchent le seuil conventionnel d’acceptabilité de .70 préconisé par Nunnally et Bernstein pour les échelles de recherche en psychologie sociale et clinique.

Stabilité test-retest (Fidélité temporelle)

La stabilité temporelle des scores a été évaluée au moyen d’administrations répétées avec un intervalle de réévaluation fixé à plusieurs semaines. Les coefficients de corrélation de Pearson test-retest (r) confirment la consistance temporelle des scores individuels :

  • Coping mental : r = .65 (p < .001)
  • Coping passif : r = .47 (p < .001)
  • Coping social : r = .74 (p < .001)
  • Coping confrontationnel : r = .60 (p < .001)

La stabilité très élevée observée pour le coping social (r = .74) témoigne d’une disposition comportementale stable chez les adolescents ayant l’habitude de solliciter leur entourage. La valeur plus modérée pour le coping passif (r = .47) est cohérente avec la dynamique transactionnelle du stress, la passivité pouvant fluctuer sensiblement selon la gravité de l’épisode de harcèlement rencontré.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement psychométrique du CCQ a suivi un protocole rigoureux articulant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

À partir de la liste initiale de 35 items générés lors des phases qualitatives, une analyse factorielle exploratoire en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin, autorisant la corrélation entre les facteurs sous-jacents) a été réalisée. Les critères de rétention factorielle incluaient :

  • La valeur propre (eigenvalue) supérieure à 1,0 (critère de Kaiser-Guttman).
  • L’inspection visuelle du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell).
  • Une saturation factorielle minimale de .40 sur le facteur primaire, sans saturation croisée supérieure à .30 sur un facteur secondaire.

Cette démarche a permis d’extraire une structure claire en quatre dimensions bien définies, regroupant 17 items hautement discriminants, tout en conservant les autres items à titre indicatif ou clinique au sein de l’inventaire global.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’architecture à quatre facteurs a ensuite été soumise à une analyse factorielle confirmatoire sur un échantillon indépendant de jeunes confrontés au cyberharcèlement. L’évaluation de l’ajustement du modèle a reposé sur plusieurs indices statistiques standards :

  • Le rapport du khi-deux sur les degrés de liberté (χ²/dl), inférieur aux seuils critiques recommandés.
  • Le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI), démontrant un ajustement adéquat aux données empiriques.
  • Le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA), confirmant une faible erreur d’approximation par degré de liberté.

Les saturations standardisées (λ) pour les 17 items retenus dans les quatre facteurs se sont révélées robustes, oscillant globalement entre .45 et .80, ce qui atteste d’une excellente représentativité de chaque énoncé vis-à-vis de son facteur de rattachement.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Questionnaire de coping face au cyberharcèlement (Cyberbullying Coping Questionnaire, CCQ).
  • Nature de l’instrument : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Population cible : Adolescents et jeunes adultes (généralement âgés de 10 à 25 ans) confrontés à des incidents de cyberharcèlement ou de cybervictimisation.
  • Format d’administration : Auto-administré en format papier-crayon ou par passation numérique informatisée en ligne.
  • Durée approximative de passation : Entre 5 et 10 minutes pour le questionnaire complet de 35 items.
  • Nombre d’items :
    • 35 items dans la version exhaustive de l’inventaire clinique/descriptif.
    • 17 items structurés dans le modèle factoriel validé à 4 sous-échelles.
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 5 points comprenant les options verbales suivantes :
    • 1 = never (jamais)
    • 2 = sometimes (parfois)
    • 3 = regularly (régulièrement)
    • 4 = often (souvent)
    • 5 = almost always (presque toujours)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus en calculant la moyenne ou la somme arithmétique des items assignés.
    • Coping mental (Mental Coping) : Items 3, 5, 9, 11, 18.
    • Coping passif (Passive Coping) : Items 1, 17, 19, 23, 27, 28.
    • Coping social (Social Coping) : Items 24, 26, 29.
    • Coping confrontationnel (Confrontational Coping) : Items 6, 31, 35.
    • Un score plus élevé sur une dimension indique une fréquence plus importante de mobilisation de la stratégie d’adaptation correspondante. L’instrument ne génère pas de score global unidimensionnel, le coping étant par nature multidimensionnel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement et de publication initiale : 2015.
  • Statut des droits et accessibilité : Le questionnaire a été publié dans la revue scientifique en libre accès (Open Access) Societies par Jacobs, Völlink, Dehue et Lechner (2015). Il est distribué sous les termes de la licence Creative Commons Attribution (CC BY 4.0).
  • Tarifs / Coûts d’utilisation : Gratuit (Free of charge). Aucun frais d’acquisition, redevance ou licence commerciale n’est exigé pour son emploi dans le cadre de recherches académiques ou de pratiques cliniques non marchandes.
  • Conditions d’utilisation : L’utilisation libre est autorisée sous réserve de citer expressément les auteurs originaux et l’article source de référence (Jacobs et al., 2015, DOI: 10.3390/soc5020460). Toute adaptation ou traduction transcuturelle doit faire l’objet des procédures psychométriques d’usage.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études associées relatives au développement et à l’application du Cyberbullying Coping Questionnaire sont répertoriées ci-dessous au format APA 7e édition :

  • Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press.
  • Carver, C. S., Scheier, M. F., & Weintraub, J. K. (1989). Assessing coping strategies: A theoretically based approach. Journal of Personality and Social Psychology, 56(2), 267–283. https://doi.org/10.1037/0022-3514.56.2.267
  • Jacobs, N. C. L., Goossens, L., Dehue, F., Völlink, T., & Lechner, L. (2015). Dutch cyberbullying victims’ experiences, perceptions, attitudes and motivations related to (coping with) cyberbullying: Focus group interviews. Societies, 5(1), 43–64. https://doi.org/10.3390/soc5010043
  • Jacobs, N. C. L., Völlink, T., Dehue, F., & Lechner, L. (2014). Online pesten: Ervaringen, copingstrategieën en de rol van de school. Kind & Adolescent, 35(3), 140–156.
  • Jacobs, N. C. L., Völlink, T., Dehue, F., & Lechner, L. (2015). The development of a self-report questionnaire on coping with cyberbullying: The Cyberbullying Coping Questionnaire. Societies, 5(2), 460–491. https://doi.org/10.3390/soc5020460
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Price, M., & Dalgleish, J. (2010). Cyberbullying: Experiences, impacts and coping strategies as described by Australian young people. Youth Studies Australia, 29(2), 51–59.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale for all items: never | sometimes | regularly | often | almost always

  1. I wait for the cyberbullying to stop
  2. I ask for help on a forum
  3. I focus on solving the cyberbullying problem immediately
  4. I vent my emotions to myself
  5. I think that other people are experiencing things that are much worse
  6. I tell the cyberbullies when their behavior is bothering me
  7. I think the cyberbullying event will make me a “stronger” person
  8. I retaliate by cyberbullying
  9. I try not to think about the cyberbullying
  10. I think that the cyberbullying is not hurting me personally
  11. I try to find a new way to stop the cyberbullying
  12. I express my feelings
  13. I think that I cannot change anything about the cyberbullying event
  14. I laugh about the cyberbully/event
  15. I delete the message from my profile or e-mail
  16. I constantly think how terrible the cyberbullying is
  17. I let the cyberbullying happen without reacting
  18. I try to find the cause of the cyberbullying
  19. I act as if the cyberbullying did not happen
  20. I throw or break stuff
  21. I contact the people behind the website
  22. I think that there are worse things in life
  23. I think that the cyberbullying will stop
  24. I talk about the cyberbullying event with friends, family or someone I trust
  25. I weep with grief
  26. I save print screens, messages and text messages as evidence
  27. I think about fun things that are not related to cyberbullying
  28. I ignore the cyberbullies
  29. I ask someone (parent, teacher, friend, peer) for help
  30. I cannot think about anything else than being cyberbullied
  31. I tell the cyberbullies to stop
  32. I joke about the cyberbullying event
  33. I think that it is just a game with the computer or telephone
  34. I think about which steps I need to take to stop the cyberbullying
  35. I show my irritation to the cyberbully
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Questionnaire de coping face au cyberharcèlement (CCQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/cyberbullying-coping-questionnaire-ccq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire de coping face au cyberharcèlement (CCQ).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/cyberbullying-coping-questionnaire-ccq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire de coping face au cyberharcèlement (CCQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/cyberbullying-coping-questionnaire-ccq/.