1. Résumé / Abstract
L’Inventaire de Curiosité et d’Exploration-II (Curiosity and Exploration Inventory-II, ou CEI-II) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé par Todd B. Kashdan et ses collaborateurs en 2009 afin de mesurer la curiosité dispositionnelle comprise comme une orientation motivationnelle positive vers la recherche de nouveauté et le développement de soi. Version révisée et optimisée de l’échelle originale publiée en 2004 (CEI), le CEI-II résout les limitations psychométriques antérieures en proposant une conceptualisation bidimensionnelle robuste articulée autour de deux sous-échelles complémentaires : le Stretching (l’élargissement ou la motivation à rechercher activement de nouvelles connaissances et expériences stimulantes) et l’Embracing (l’accueil ou la propension à tolérer, apprécier et embrasser la nature intrinsèquement incertaine, imprévisible et complexe du quotidien).
L’instrument se compose de 10 items évalués sur une échelle de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Très peu ou pas du tout » / Very Slightly or Not At All) à 5 (« Extrêmement » / Extremely). Les analyses factorielles confirmatoires conduites sur divers échantillons d’adultes et d’étudiants démontrent l’adéquation supérieure d’un modèle à deux facteurs corrélés par rapport à un modèle unidimensionnel. Les propriétés psychométriques du CEI-II sont solides, affichant une cohérence interne élevée (les coefficients alpha de Cronbach oscillent généralement entre .83 et .86 pour l’échelle globale, et entre .74 et .82 pour les sous-échelles) ainsi qu’une fidélité test-retest satisfaisante. Le CEI-II présente une excellente validité convergente avec l’ouverture à l’expérience du modèle des Big Five, les affects positifs, le bien-être psychologique, l’autonomie et l’auto-détermination, tout en manifestant une validité discriminante nette vis-à-vis de la recherche de sensations pathologique, de l’anxiété et de la désirabilité sociale. Il constitue aujourd’hui un outil de référence international en psychologie positive, en psychologie de la personnalité et en psychométrie clinique.
2. Mots-clés / Keywords
curiosité dispositionnelle, exploration, CEI-II, psychologie positive, élargissement, tolérance à l’ambiguïté, bien-être subjectif, évaluation psychométrique, motivation intrinsèque, inventaire de curiosité, Todd Kashdan, recherche de nouveauté
3. Auteurs / Authors
Le Curiosity and Exploration Inventory-II (CEI-II) a été conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie de la personnalité, en évaluation psychométrique et en psychologie positive :
- Todd B. Kashdan, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie à l’Université George Mason (Fairfax, Virginie, États-Unis), directeur du Well-Being Laboratory. Spécialiste mondialement reconnu de la curiosité, de la flexibilité psychologique et de la régulation émotionnelle. Courriel institutionnel : [email protected].
- Matthew W. Gallagher, Ph.D. : Professeur associé de psychologie clinique à l’Université de Houston (Texas, États-Unis), affilié au Texas Center for Learning Disabilities. Spécialiste des modèles statistiques factoriels et des mécanismes de l’espoir et de la résilience.
- Paul J. Silvia, Ph.D. : Professeur de psychologie à l’Université de Caroline du Nord à Greensboro (États-Unis). Auteur de travaux pionniers sur la psychologie de l’intérêt, des émotions esthétiques et des dynamiques motivationnelles.
- William E. Breen, M.A. : Chercheur en psychologie clinique, ayant contribué aux travaux sur l’évaluation des forces de caractère et les processus d’adaptation au stress à l’Université George Mason.
- Denise Terhar : Collaboratrice de recherche au sein du laboratoire de psychologie de l’Université George Mason.
- Michael F. Steger, Ph.D. : Professeur de psychologie à la Colorado State University (Fort Collins, Colorado, États-Unis), fondateur du Center for Meaning and Purpose, expert du sens de la vie et de l’épanouissement humain.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du CEI-II est de fournir une mesure psychométrique brève, psychométriquement rigoureuse et opérationnelle de la curiosité conçue en tant que trait de personnalité positif. Alors que les échelles traditionnelles de curiosité (telles que celles développées par Berlyne, Maw et Maw, ou Naylor) l’assimilaient souvent soit à une simple pulsion exploratoire sensorielle, soit à une recherche d’information purement cognitive visant à réduire un inconfort épistémique (privation d’information), Kashdan et ses collègues ont voulu capturer la curiosité comme une force appétitive orientée vers l’épanouissement, l’apprentissage et l’intégration de la complexité.
Nécessité de la révision (du CEI-I au CEI-II)
La première version de l’inventaire, le CEI (Kashdan, Rose, & Fincham, 2004), comprenait 7 items divisés en deux facteurs : l’Exploration (recherche de nouveauté) et l’Absorption (capacité à être complètement engagé et immergé dans une activité au point d’en perdre la notion du temps). Bien que largement utilisé, le CEI initial présentait des faiblesses conceptuelles et statistiques :
- La dimension d’« Absorption » chevauchait excessivement les concepts d’état de Flow (Csikszentmihalyi) et de focalisation attentionnelle passive, sans refléter nécessairement un comportement proactif de curiosité.
- Un item inversé (« I am not the type of person who probes deeply into new situations or things ») entraînait des anomalies de charge factorielle et réduisait la consistance interne de l’échelle.
- La dimension d’absorption démontrait des corrélations parfois divergentes ou ambiguës avec d’autres indices de fonctionnement positif selon les contextes.
Face à ces constats, Kashdan et al. (2009) ont entrepris une refonte théorique en redéfinissant la curiosité non pas comme une immersion attentionnelle, mais comme une dynamique conjointe : la propension à rechercher activement des occasions de stimulation et de dépassement (Stretching) combinée à la disposition à accueillir l’ambiguïté, la nouveauté imprévisible et la tension inhérente à l’exploration (Embracing).
Applications scientifiques et cliniques
Le CEI-II répond à une grande diversité d’applications pratiques et théoriques :
- Recherche en psychologie positive et de la personnalité : Comprendre le rôle de la curiosité dans la régulation émotionnelle, l’adaptabilité, la créativité et la longévité psychologique.
- Psychologie clinique et psychothérapie : Dans les approches basées sur l’acceptation et l’engagement (Thérapie ACT) et les thérapies comportementales et cognitives (TCC), la curiosité est employée comme antidote à l’évitement expérientiel et à l’intolérance à l’incertitude. Mesurer le CEI-II permet d’évaluer la transition d’un mode de fonctionnement défensif/évitant vers une posture exploratoire bienveillante face aux ressentis internes et aux événements de vie.
- Psychologie du travail et des organisations : Évaluation de l’agilité d’apprentissage (learning agility), de l’adaptabilité au changement organisationnel, de la motivation intrinsèque et de l’innovation chez les collaborateurs et leaders.
- Éducation et pédagogie : Analyse de l’engagement académique autonome et de la propension des apprenants à aborder les tâches intellectuellement exigeantes sans anxiété invalidante.
5. Construit psychologique / Construct
La curiosité dispositionnelle évaluée par le CEI-II est conceptualisée comme un trait positif stable caractérisé par la reconnaissance, la poursuite active et l’intégration de nouveautés complexes et stimulantes. Le construit repose sur une architecture factorielle bidimensionnelle où les deux facettes agissent en synergie :
| Dimension | Définition opérationnelle | Items constitutifs | Manifestations comportementales |
|---|---|---|---|
| Stretching (Élargissement de soi) |
Motivation active à rechercher de nouvelles connaissances, des informations inédites et des défis stimulants visant à élargir les frontières de soi. | Items 1, 3, 5, 7, 9 | Poser des questions approfondies, initier des apprentissages ardus, percevoir les obstacles comme des opportunités de maturation intellectuelle et existentielle. |
| Embracing (Accueil de l’incertitude) |
Disposition émotionnelle et motivationnelle à accepter, apprécier et s’engager dans des situations imprévisibles, inconnues et ambiguës. | Items 2, 4, 6, 8, 10 | Rechercher des contextes non familiers, tolérer la dissonance cognitive sans panique, accepter de se sentir déstabilisé ou vulnérable au contact de la nouveauté. |
La dimension « Stretching » (Élargissement)
Le Stretching capture l’énergie proactive déployée par un individu pour étendre ses compétences et ses cadres de référence cognitifs. Il ne s’agit pas d’une simple curiosité passive (par exemple, regarder distraitement un documentaire sans effort soutenu), mais d’une volonté délibérée de se confronter à la complexité. L’individu à score élevé en Stretching affirme être à son meilleur niveau lorsqu’il est engagé dans une tâche difficile (Item 3), recherche sans cesse des expériences remettant en question sa façon de penser le monde (Item 7), et perçoit les obstacles comme un terrain fertile d’apprentissage (Item 5). Cette facette s’enracine directement dans le besoin fondamental de compétence et de croissance personnelle.
La dimension « Embracing » (Accueil)
L’Embracing représente la disposition affective et conative face au flou inhérent à l’existence. Alors que l’incertitude déclenche chez beaucoup d’individus de l’anxiété, de la réactivité défensive ou des conduites de contrôle, les individus caractérisés par un fort niveau d’Embracing trouvent un attrait intrinsèque dans le caractère imprévisible de la vie quotidienne (Item 2). Ils aiment s’aventurer dans des contextes légèrement intimidants ou effrayants (Item 6), préfèrent les environnements professionnels stimulants et imprévisibles (Item 8), et accueillent avec enthousiasme les rencontres avec des personnes et des cultures inconnues (Item 10). L’Embracing reflète une tolérance élevée à l’ambiguïté couplée à un affect positif d’aventure.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le CEI-II s’inscrit au carrefour de plusieurs grands cadres théoriques de la psychologie contemporaine, articulant modèles de motivation, théories des émotions et approches de la personnalité.
1. La théorie de l’élargissement et de la construction de Barbara Fredrickson
La théorie du Broaden-and-Build formulée par Barbara Fredrickson stipule que si les émotions négatives rétrécissent le répertoire pensée-action pour favoriser la survie immédiate (fuite ou lutte), les émotions positives (dont la curiosité et l’intérêt) élargissent temporairement ce répertoire. Cet élargissement encourage l’exploration, l’assimilation d’informations variées et la création de liens sociaux, ce qui construit au fil du temps des ressources durables : cognitives (connaissances, flexibilité mentale), psychologiques (résilience, sentiment d’auto-efficacité) et sociales (réseaux de soutien). Le CEI-II opérationnalise précisément ce mécanisme : le Stretching incarne l’élargissement des compétences, tandis que l’Embracing construit la tolérance adaptative à l’inconnu.
2. Les modèles psychobiologiques et motivationnels de Berlyne
Daniel Berlyne (1960, 1978) a posé les bases de l’étude scientifique de la curiosité en distinguant :
- La curiosité perceptive vs. épistémique : axée sur les stimuli sensoriels ou sur la quête de savoir conceptuel.
- La curiosité diversive vs. spécifique : recherche diffuse de stimulation pour éviter l’ennui versus recherche ciblée d’une information précise pour combler une lacune cognitive.
Kashdan et al. s’appuient sur ces distinctions en démontrant que le CEI-II mesure une curiosité épistémique et expérientielle positivement motivée. Contrairement au modèle de réduction de la pulsion (où la curiosité n’est activée que pour soulager la détresse causée par un manque d’information, comme dans le modèle I/D de Litman), le CEI-II postule un mécanisme de recherche de croissance où l’exploration est auto-gratifiante en soi.
3. La théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan
Dans la théorie de l’autodétermination (Edward L. Deci & Richard M. Ryan), la curiosité est le prototype même de la motivation intrinsèque. Elle émerge spontanément lorsque les besoins psychologiques fondamentaux d’autonomie et de compétence sont nourris. Le CEI-II capte un fonctionnement autonome où la personne choisit de son plein gré d’affronter la complexité sans contrainte externe.
4. Le modèle des émotions de Silvia
Paul Silvia (co-auteur du CEI-II) a développé la théorie de l’évaluation cognitive de l’intérêt (appraisal theory of interest). Selon Silvia, l’intérêt/curiosité dépend de deux évaluations séquentielles : la perception de la nouveauté/complexité du stimulus (novelty-complexity appraisal) et l’évaluation de son propre potentiel de compréhension ou d’adaptation (coping potential appraisal). Le CEI-II reflète la confiance dispositionnelle d’une personne dans son potentiel de coping face aux stimuli inconnus et déstabilisants.
7. Validité / Validity
Les études empiriques initiales de Kashdan et al. (2009) menées auprès de trois cohortes distinctes (totalisant plus de 1 000 participants), suivies de multiples réplications transculturelles, ont établi la solidité psychométrique du CEI-II.
Validité convergente
Le CEI-II présente des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples construits théoriquement apparentés :
- Ouverture à l’expérience (Big Five) : Des corrélations fortes sont observées avec le domaine de l’Ouverture (r variant de .45 à .58), confirmant que la curiosité dispositionnelle est une composante nucléaire de l’ouverture intellectuelle et esthétique.
- Affects positifs : Des corrélations modérées à fortes sont mesurées avec l’échelle PANAS d’affects positifs (r = .38 à .50), indiquant que les individus curieux expérimentent une plus grande fréquence d’émotions agréables stimulantes.
- Bien-être psychologique et sens de la vie : Le CEI-II corrèle positivement avec l’échelle de bien-être de Ryff et la Meaning in Life Questionnaire (MLQ) de Steger (r = .35 à .45).
- Motivation intrinsèque et sentiment d’auto-efficacité : Des corrélations positives régulières (r > .40) sont documentées avec l’auto-efficacité générale (Schwarzer & Jerusalem).
Validité discriminante
Pour démontrer que le CEI-II ne mesurait pas simplement une propension globale au bien-être ou à l’impulsivité, les auteurs ont validé les dissociations suivantes :
- Recherche de sensations : Bien qu’il existe une corrélation modérée entre l’Embracing et la recherche de sensations (Zuckerman), le CEI-II ne corrèle pas de manière significative avec les dimensions de désinhibition ou de recherche de sensations destructrice/risquée, montrant que le CEI-II cible une exploration adaptative et réflexive.
- Désirabilité sociale : Les corrélations avec l’échelle de Crowne-Marlowe sont négligeables (r < .10, non significatif), attestant que les scores ne sont pas altérés par le biais de conformité sociale.
- Affects négatifs et névrosisme : Le CEI-II présente des corrélations faibles à nulles ou légèrement négatives avec le névrosisme (r = -.12 à -.25) et les symptômes anxio-dépressifs, confirmant que la curiosité opère indépendamment des troubles de l’humeur.
Validité prédictive et écologique
Dans des protocoles longitudinaux et des études en vie quotidienne (évaluations écologiques momentanées – ESM), les scores au CEI-II ont prédit avec succès :
- L’engagement dans des interactions sociales intimes et la capacité à transformer des conversations banales en échanges profonds (Kashdan et al., 2011).
- La tolérance accrue au stress et la diminution des conduites agressives en réaction à des provocations interpersonnelles (Kashdan et al., 2013).
- Un plus haut niveau de créativité comportementale mesurée lors de tâches de résolution de problèmes mal structurés.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du CEI-II a été éprouvée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle à travers de multiples échantillons de référence.
Cohérence interne
Dans l’étude princeps de Kashdan et al. (2009), les indices de cohérence interne calculés via le coefficient Alpha de Cronbach (α) ont révélé une homogénéité remarquable pour un instrument de 10 items :
- Score total au CEI-II (10 items) : α = .83 à .86 selon les échantillons.
- Sous-échelle Stretching (5 items) : α = .76 à .82.
- Sous-échelle Embracing (5 items) : α = .74 à .77.
Le calcul subséquent du coefficient oméga de McDonald (ω) par des études de réplication modernes confirme ces résultats avec des valeurs de ω oscillant entre .84 et .88 pour l’échelle totale, attestant que la variance des scores est largement attribuable au trait latent sous-jacent plutôt qu’à l’erreur de mesure.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants sur un intervalle de plusieurs semaines :
- Le coefficient de corrélation test-retest intra-classe pour le score global est de r = .79 (p < .001).
- Les sous-échelles ont obtenu respectivement r = .76 pour le Stretching et r = .73 pour l’Embracing.
Ces données confirment que le CEI-II mesure un trait dispositionnel stable au fil du temps tout en restant sensible à d’éventuelles interventions psychologiques ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement structurel du CEI-II a fait l’objet d’une démarche rigoureuse alternant analyses factorielles exploratoires (AFE) et analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des jeux de données indépendants.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Durant la phase initiale de réduction des items, une analyse factorielle avec extraction en axes principaux et rotation oblique (Promax) a été conduite sur un pool étendu d’items candidats. Les critères de rétention (valeurs propres supérieures à 1, observation du diagramme d’éboulis de Cattell et lisibilité sémantique) ont convergé vers une solution claire à deux facteurs expliquant une proportion substantielle de la variance totale :
- Le Facteur 1 (Stretching) regroupant les items évaluant l’effort de dépassement et la quête de complexité.
- Le Facteur 2 (Embracing) regroupant les items évaluant l’accueil de l’inattendu et l’exposition à des contextes nouveaux.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Dans l’échantillon de validation croisée, Kashdan et al. (2009) ont comparé plusieurs modèles concurrents au moyen d’analyses factorielles confirmatoires :
- Un modèle unidimensionnel (où les 10 items saturent sur un unique facteur général de curiosité).
- Un modèle orthogonal à deux facteurs indépendants.
- Un modèle oblique à deux facteurs corrélés (Stretching et Embracing).
- Un modèle hiérarchique de second ordre (deux facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur d’ordre supérieur).
Les résultats statistiques ont sans équivoque démontré la supériorité du modèle à deux facteurs corrélés (avec une corrélation inter-facteurs d’environ r = .60 à .65) :
- CFI (Comparative Fit Index) : > .95 (dépassant le seuil recommandé de .90)
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > .94
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : .052 (IC 90% [.038, .066])
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : .041
Toutes les saturations factorielles standardisées (factor loadings) des items sur leur facteur respectif étaient hautement significatives (p < .001) et substantielles, oscillant entre .58 et .82, sans saturation croisée majeure (> .25). Ces indicateurs confirment que la structure factorielle du CEI-II est robuste, parcimonieuse et théoriquement congruente.
10. Instrument de mesure / Instrument
Voici les caractéristiques descriptives et opérationnelles du CEI-II :
- Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou numérique (informatisé).
- Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes.
- Nombre total d’items : 10 items formulés de manière positive (aucun item inversé).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points avec les ancrages suivants :
- 1 = Very Slightly or Not At All (Très peu ou pas du tout)
- 2 = A Little (Un peu)
- 3 = Moderately (Modérément)
- 4 = Quite a Bit (Beaucoup)
- 5 = Extremely (Extrêmement)
- Sous-échelles :
- Stretching (Élargissement) : Items 1, 3, 5, 7, 9.
- Embracing (Accueil) : Items 2, 4, 6, 8, 10.
- Calcul des scores (Cotation) :
- Score Stretching : Somme des items 1, 3, 5, 7 et 9 (intervalle possible : 5 à 25) ou moyenne de ces items (1 à 5).
- Score Embracing : Somme des items 2, 4, 6, 8 et 10 (intervalle possible : 5 à 25) ou moyenne de ces items (1 à 5).
- Score Total CEI-II : Somme des 10 items (intervalle possible : 10 à 50) ou moyenne globale (1 à 5).
- Règle de score inversé : Aucun item n’est inversé dans le CEI-II (contrairement au CEI-I où l’item 4 était inversé).
- Interprétation clinique et normative : Un score élevé reflète une posture proactive d’apprentissage, une forte appétence pour les défis intellectuels et personnels, ainsi qu’une sérénité face à l’imprévu. Des scores faibles peuvent suggérer une stagnation expérientielle, une tendance à l’évitement cognitif ou une intolérance prononcée à l’ambiguïté.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale du CEI : 2004
- Année de publication officielle du CEI-II : 2009
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits d’auteur de l’article scientifique original appartiennent à l’éditeur (Elsevier / Journal of Research in Personality). Toutefois, les auteurs (notamment Todd B. Kashdan) mettent l’inventaire librement à disposition de la communauté académique, éducative et médicale.
- Tarifs d’utilisation : L’utilisation du CEI-II est gratuite pour la recherche scientifique non commerciale, la pratique clinique individuelle et l’enseignement universitaire.
- Modalités d’autorisation : Aucune autorisation formelle écrite payante n’est exigée des chercheurs tant que l’instrument est convenablement cité conformément aux normes bibliographiques académiques (Kashdan et al., 2009). Les entreprises souhaitant l’intégrer dans des plateformes logicielles commerciales de recrutement ou de conseil sont invitées à contacter directement les auteurs.
12. Références / References
Les publications de référence ci-dessous fournissent le socle théorique, méthodologique et empirique du CEI-II :
- Berlyne, D. E. (1960). Conflict, arousal, and curiosity. McGraw-Hill. https://doi.org/10.1037/11164-000
- Fredrickson, B. L. (2001). The role of positive emotions in positive psychology: The broaden-and-build theory of positive emotions. American Psychologist, 56(3), 218–226. https://doi.org/10.1037/0003-066X.56.3.218
- Kashdan, T. B., Rose, P., & Fincham, F. D. (2004). Curiosity and exploration: Facilitating positive subjective experiences and personal growth opportunities. Journal of Personality Assessment, 82(3), 291–305. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa8203_05
- Kashdan, T. B., Gallagher, M. W., Silvia, P. J., Breen, W. E., Terhar, D., & Steger, M. F. (2009). The Curiosity and Exploration Inventory-II: Development, factor structure, and initial psychometrics. Journal of Research in Personality, 43(6), 987–998. https://doi.org/10.1016/j.jrp.2009.04.011
- Kashdan, T. B., McKnight, P. E., Fincham, F. D., & Rose, P. (2011). When curiosity breeds intimacy: Taking advantage of intimacy opportunities and transforming boring conversations. Journal of Personality, 79(6), 1369–1401. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.2010.00697.x
- Kashdan, T. B., DeWall, C. N., Pond, R. S., Silvia, P. J., Lambert, N. M., Fincham, F. D., Savostyanova, A. A., & Keller, P. S. (2013). Curiosity protects against interpersonal aggression: Cross-sectional, daily process, and behavioral evidence. Journal of Personality, 81(1), 87–102. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.2012.00790.x
- Silvia, P. J. (2008). Interest—The curious emotion. Current Directions in Psychological Science, 17(1), 57–60. https://doi.org/10.1111/j.1467-8721.2008.00548.x