Croyance goût-pouvoir grossissant (TFB)

Découvrez l’échelle des croyances goût-pouvoir grossissant (TFB) développée par Desai et Ratneshwar : fondements théoriques, propriétés psychométriques, validité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle des croyances goût-pouvoir grossissant (couramment désignée sous l’acronyme anglophone Taste-Fattening Belief ou TFB) est un instrument psychométrique bref développé par Kalpesh Kaushik Desai et Srinivasan Ratneshwar en 2003. Conçue initialement au sein de la recherche en comportement du consommateur et en marketing nutritionnel, cette échelle évalue l’adhésion d’un individu à la théorie profane selon laquelle les propriétés gustatives d’un aliment et son potentiel d’engraissement (ou sa teneur en matières grasses) sont intrinsèquement et positivement corrélés. En d’autres termes, elle mesure la conviction implicite selon laquelle un aliment savoureux est nécessairement riche, calorique et susceptible de faire prendre du poids, tandis qu’un aliment allégé ou diététique est perçu a priori comme fade, insipide ou insatisfaisant sur le plan sensoriel.

L’instrument se compose de trois items présentés sous forme d’échelle de Likert en 11 points (allant de 0 = « fortement en désaccord » à 10 = « fortement d’accord »). La structure de l’outil comprend deux items formulés dans le sens direct (affirmant la corrélation positive entre goût et pouvoir grossissant) et un item inversé (stipulant l’absence de relation entre la sapidité et la teneur en matières grasses). Sur le plan dimensionnel, l’échelle est strictement unidimensionnelle, capturant une attitude globale ou un schéma cognitif compensatoire unifié. Les scores sont traditionnellement agrégés par moyenne ou par somme arithmétique après inversion de l’item négatif, un score élevé dénotant une croyance rigide selon laquelle le plaisir gustatif s’obtient obligatoirement au détriment de la légèreté nutritionnelle.

D’un point de vue psychométrique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,76 et 0,84 selon les échantillons d’étude. Les analyses factorielles confirmatoires ont régulièrement validé l’unidimensionalité du modèle avec des indices d’ajustement excellents (CFI > 0,98 ; RMSEA < 0,05). La validité de construit, tant convergente que discriminante et prédictive, a été démontrée à travers de nombreuses recherches sur la perception des variantes de produits alimentaires, l’évaluation hédonique biaisée, l’inférence compensatoire de calories et les choix alimentaires en contexte d’étiquetage nutritionnel. Cette échelle constitue un outil méthodologique fondamental en psychologie du consommateur, en santé publique et dans les sciences du comportement alimentaire.

2. Mots-clés / Keywords

Croyance goût-pouvoir grossissant, Taste-Fattening Belief, comportement du consommateur, inférence compensatoire, perception nutritionnelle, allégé en matières grasses, sapidité, théories profanes, biais cognitif alimentaire, psychométrie, évaluation sensorielle, marketing alimentaire, prise de décision nutritionnelle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle TFB a été formalisée et introduite dans la littérature scientifique par deux chercheurs éminents en sciences de gestion et comportement du consommateur :

  • Kalpesh Kaushik Desai, Ph.D. : Professeur de marketing, ayant exercé notamment au sein de la School of Management de l’Université de Binghamton (State University of New York) et de la Henry B. Tippie College of Business à l’Université de l’Iowa, États-Unis. Ses recherches portent sur le positionnement de marque, l’évaluation des extensions de produits, le traitement de l’information nutritionnelle et la catégorisation cognitive par les consommateurs.
  • Srinivasan Ratneshwar, Ph.D. : Professeur émérite de marketing à la Trulaske College of Business de l’Université du Missouri-Columbia, États-Unis. Ancien rédacteur en chef associé du Journal of Consumer Research et membre influent de l’Association for Consumer Research, le Dr. Ratneshwar est internationalement reconnu pour ses travaux théoriques sur la motivation du consommateur, la saillance des attributs, les buts d’achat et les théories implicites appliquées à la consommation.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle Taste-Fattening Belief est de quantifier avec précision l’intensité avec laquelle un individu soutient l’existence d’un arbitrage négatif obligatoire entre le plaisir sensoriel (le goût, la sapidité, l’onctuosité) et la valeur diététique (l’absence de pouvoir grossissant, la faible teneur en lipides). Dans le paysage agroalimentaire contemporain, les consommateurs sont quotidiennement confrontés à une profusion d’allégations nutritionnelles (« faible en gras », « allégé », « 0 % de matières grasses »). Or, les processus décisionnels humains ne s’appuient pas uniquement sur des calculs d’utilité objective ou sur la lecture rigoureuse des tableaux d’information nutritionnelle ; ils sont largement médiés par des heuristiques de jugement et des théories intuitives profanes (lay theories).

L’échelle TFB a été initialement conçue par Desai et Ratneshwar (2003) pour investiguer comment les consommateurs perçoivent et évaluent les variantes de produits commercialisées sur des « attributs atypiques » — par exemple, une glace ou une barre chocolatée qui prétendrait simultanément être extrêmement savoureuse tout en étant dénuée de matières grasses. Lorsque deux attributs sont jugés mutuellement exclusifs ou négativement corrélés dans l’esprit du public, toute tentative d’un fabricant de proposer un produit réunissant ces deux dimensions positives déclenche une dissonance cognitive ou un scepticisme d’inférence. L’échelle TFB permet de mesurer précisément cette prédisposition cognitive individuelle.

Sur le plan de la recherche fondamentale et clinique, l’échelle répond à plusieurs impératifs majeurs :

  • Explication du paradoxe du choix alimentaire : L’échelle aide à comprendre pourquoi les campagnes de santé publique incitant à consommer des aliments moins gras ou moins sucrés subissent parfois des échecs cuisants. Chez les individus présentant un score TFB élevé, mentionner qu’un aliment est « sain » ou « sans matières grasses » active automatiquement l’inférence subliminale qu’il est fade, diminuant ainsi le désir hédonique et la probabilité d’achat.
  • Diagnostic des biais de perception sensorielle : Des recherches expérimentales montrent que les personnes avec un fort niveau de TFB évaluent un même produit alimentaire comme gustativement inférieur lorsqu’il leur est présenté avec une étiquette « allégé » par rapport à une étiquette standard, illustrant un effet d’attente sensorielle descendante (top-down sensory bias).
  • Segmentation marketing et stratégie de positionnement : Pour les gestionnaires de marques et les nutritionnistes, la TFB offre un critère psychographique permettant de segmenter les populations cibles afin d’adapter les messages promotionnels : valoriser le plaisir et la texture plutôt que la seule privation calorique.
  • Étude des troubles des conduites alimentaires (TCA) : En milieu clinique, la rigidité de cette croyance peut être étudiée chez des patients souffrant d’orthorexie mentale, de boulimie ou d’anorexie, où la dichotomie entre « nourriture plaisir/coupable » et « nourriture saine/insipide » est souvent exacerbée.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la Taste-Fattening Belief s’enracine dans la psychologie cognitive et la théorie des inférences compensatoires. Il ne s’agit pas d’une mesure des connaissances diététiques formelles de l’individu, mais plutôt d’une croyance épistémique profane (lay belief) qui structure sa vision du monde culinaire. Ce construit postule que la nature impose une compensation inévitable : le plaisir procuré par les lipides et les calories doit être payé au prix d’un risque pondéral, et inversement, la vertu nutritionnelle exige un sacrifice gustatif.

Bien que l’échelle soit opérationnalisée sous une forme unidimensionnelle, le construit intègre trois facettes cognitives interconnectées qui s’articulent conceptuellement de la manière suivante :

L’inférence de dépréciation gustative des produits allégés (Item 1)

Cette facette reflète la conviction selon laquelle la réduction de la teneur en matières grasses entraîne obligatoirement une dégradation des qualités organoleptiques de l’aliment. Les lipides jouent un rôle physico-chimique déterminant dans la flaveur, la rétention des arômes et l’onctuosité en bouche (la texture crémeuse ou croustillante). Le consommateur ayant intériorisé cette dimension infère de manière automatique que la mention « faible en gras » est synonyme d’amertume, de texture cireuse, de sécheresse ou d’insipidité.

La corrélation positive entre sapidité et pouvoir engraissant (Item 2)

Cette composante exprime la croyance projective selon laquelle l’intensité du plaisir hédonique ressenti lors de l’ingestion d’un aliment est un indicateur direct de son potentiel calorique et adipogène. Plus une nourriture est jugée délicieuse, succulente ou addictive, plus l’individu suppose qu’elle doit être néfaste pour sa silhouette ou sa masse graisseuse. Cette inférence fonctionne comme une règle heuristique implicite : la sapidité agit comme un indice diagnostique subjectif de la teneur en calories.

Le déni de l’indépendance orthogonale entre goût et nutrition (Item 3, inversé)

La troisième facette évalue la capacité (ou l’incapacité) de l’individu à concevoir le goût et le pouvoir grossissant comme des attributs orthogonaux, c’est-à-dire indépendants. L’individu rejetant l’item inversé est fermement ancré dans une logique d’arbitrage (trade-off) mutuellement exclusif : il lui est conceptuellement impossible d’envisager qu’un aliment puisse être à la fois exceptionnellement bon au goût et totalement neutre sur le plan pondéral sans supercherie.

Contrairement à des construits de personnalité stables comme les Big Five, la TFB est une croyance schématique de domaine spécifique, susceptible d’être influencée par l’histoire d’apprentissage individuel, la culture gastronomique nationale (par exemple, la France versus les États-Unis) et l’exposition aux communications publicitaires et diététiques.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La formalisation de la TFB par Desai et Ratneshwar (2003) s’appuie sur plusieurs corpus théoriques majeurs issus des sciences cognitives, de la psychologie sociale et de l’économie comportementale :

1. La théorie des inférences compensatoires et de l’utilisation des indices (Cue Utilization Theory)

Développée initialement par Jerry C. Olson (1978) et approfondie dans le marketing par Rao et Monroe (1989), la théorie de l’utilisation des indices stipule que face à des produits complexes ou à des informations incomplètes, les individus utilisent des attributs observables (indices extrinsèques ou intrinsèques) pour inférer d’autres attributs non immédiatement vérifiables. Dans le secteur alimentaire, les consommateurs ne peuvent pas vérifier instantanément le métabolisme des lipides dans leur organisme ; ils utilisent donc l’information textuelle (« pauvre en gras ») pour prédire le goût avant dégustation, ou le goût ressenti pour prédire les calories. L’inférence compensatoire intervient lorsqu’un attribut positif sur une dimension est supposé nécessiter un sacrifice sur une autre dimension.

2. Les théories implicites profanes (Implicit / Lay Theories)

Popularisé dans les travaux de Carol Dweck sur l’intelligence et le potentiel humain, le concept de théorie profane renvoie aux modèles mentaux informels que les individus construisent pour donner un sens à leur environnement quotidien. Dans le domaine de l’alimentation, ces théories intuitives guident l’interprétation des stimuli environnementaux. Desai et Ratneshwar ont appliqué cette approche aux croyances structurelles régissant la relation entre les nutriments (lipides) et l’expérience hédonique.

3. L’intuition « Mauvais pour la santé = Savoureux » (The Unhealthy = Tasty Intuition)

Bien que formalisée de manière explicite peu après par Rajagopal Raghunathan, Rebecca Walker Naylor et Wayne D. Hoyer (2006) sous le nom d’Unhealthy = Tasty Intuition (UTI), la TFB de Desai et Ratneshwar constitue l’antécédent direct et la manifestation la plus ciblée de cette dynamique. Raghunathan et al. ont démontré que cette intuition fonctionne souvent à un niveau automatique, voire non conscient, amenant les individus à apprécier davantage un aliment lorsqu’il est étiqueté comme malsain. L’échelle TFB opérationnalise cette intuition spécifiquement autour de l’attribut des matières grasses et de la prise de poids.

4. L’heuristique de représentativité et l’heuristique d’affect

Sur le plan des processus de décision (Daniel Kahneman & Amos Tversky), la TFB découle de l’heuristique de représentativité : un aliment savoureux « ressemble » typiquement à un aliment riche (beurre, crème, friture). Par ailleurs, selon l’heuristique d’affect théorisée par Paul Slovic, les aliments qui déclenchent un fort affect positif hédonique activent paradoxalement une anticipation du risque (grossir), conduisant à la corrélation mentale positive mesurée par la TFB.

7. Validité / Validity

L’échelle TFB a fait l’objet de protocoles d’évaluation rigoureux démontrant d’excellentes qualités de validité psychométrique :

Validité de contenu et de construit

La validité de contenu a été établie lors de la phase de conception par Desai et Ratneshwar (2003) au moyen de pré-tests qualitatifs et d’analyses d’experts en comportement du consommateur. Les trois items ont été rédigés pour saturer de façon exhaustive l’espace sémantique liant la sapidité perçue (taste / good taste) et la nature engraissante des aliments (fat / fattening), tout en contrôlant le biais d’acquiescement grâce à l’incorporation d’une formule inversée (Item 3).

Validité convergente

La validité convergente de la TFB a été vérifiée par sa corrélation significative avec d’autres échelles mesurant des concepts apparentés. Elle corrèle positivement et significativement :

  • Avec l’échelle de l’intuition « Unhealthy = Tasty » de Raghunathan et al. (r = 0,62 à 0,71, p < 0,001) ;
  • Avec les échelles de culpabilité alimentaire anticipée (r = 0,44, p < 0,01) lors de la consommation d’aliments riches ;
  • Avec la perception calorique subjective : les participants ayant des scores élevés à la TFB attribuent systématiquement des estimations caloriques plus élevées à des photographies de plats jugés appétissants, même lorsque la composition nutritionnelle réelle est modérée.

Validité discriminante

L’échelle montre une nette indépendance par rapport aux construits généraux de personnalité et d’autres variables cognitives :

  • La TFB présente des corrélations faibles et non significatives avec les échelles de désirabilité sociale (r < 0,10, n.s.), écartant le risque d’un biais de complaisance ;
  • Elle se distingue clairement des connaissances nutritionnelles objectives (mesurées par des questionnaires de savoir diététique formel, r = -0,08 à -0,14) : un individu peut disposer d’un savoir technique parfait sur les macronutriments tout en conservant une croyance intuitive profane TFB très marquée ;
  • L’analyse de la variance moyenne extraite (AVE) dépasse systématiquement 0,55, confirmant que la variance capturée par le construit est largement supérieure à la variance partagée avec les construits adjacents.

Validité prédictive et critérielle

Dans l’étude princeps de Desai et Ratneshwar (2003), la TFB a démontré une validité prédictive remarquable. Les auteurs ont testé des scénarios expérimentaux manipulant des variantes de produits de grignotage présentées comme allégées. Les participants présentant un niveau élevé de TFB ont manifesté :

  • Un scepticisme significativement supérieur envers la faisabilité technologique du produit (F(1, 142) = 14,32, p < 0,001) ;
  • Des intentions d’achat significativement plus basses pour les variantes combinant explicitement goût supérieur et faible teneur en matières grasses ;
  • Des évaluations hédoniques réelles dégradées lors d’épreuves de dégustation à l’aveugle versus en situation d’étiquetage découvert.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’échelle Taste-Fattening Belief ont été attestées dans de multiples contextes empiriques :

Consistance interne

Dans l’étude originale de Desai et Ratneshwar (2003), le coefficient de consistance interne alpha de Cronbach (α) rapporté pour l’échelle à trois items était de 0,77, un niveau très satisfaisant pour un instrument aussi parcimonieux. Dans des réplications ultérieures et des études transversales portant sur des échantillons d’adultes et d’étudiants (comprenant entre 150 et 450 répondants), le coefficient α s’est maintenu dans une fourchette robuste comprise entre 0,76 et 0,84.

De plus, le coefficient de fidélité composite (Composite Reliability – CR ou rhô de Jöreskog) a été évalué dans le cadre de modélisations par équations structurelles à des valeurs oscillant entre 0,78 et 0,86, dépassant largement le seuil standard d’acceptabilité fixé à 0,70. L’indice oméga de McDonald (ω) confirme cette stabilité interne avec des valeurs généralement supérieures à 0,79.

Corrélations inter-items et item-total

L’analyse des corrélations item-total corrigées révèle que chacun des trois items contribue de façon équilibrée et substantielle au score global :

  • Item 1 (aliments allégés pas très bons) : corrélation item-total corrigée typique comprise entre 0,58 et 0,68 ;
  • Item 2 (meilleur est le goût, plus l’aliment fait grossir) : corrélation comprise entre 0,61 et 0,72 ;
  • Item 3 inversé (aucune relation goût-pouvoir grossissant) : corrélation comprise entre 0,48 et 0,59.

La suppression d’aucun des trois items n’augmente l’alpha global, ce qui démontre la cohérence et l’efficacité de la structure à 3 items.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Bien que la TFB ne soit pas un trait biologique immuable, les tests de stabilité temporelle à court et moyen terme (intervalle de 3 à 4 semaines en milieu universitaire sans intervention nutritionnelle) mettent en évidence un coefficient de corrélation intra-classe (CCI) ou test-retest de r = 0,79 (p < 0,001). Cette fidélité temporelle indique que la croyance forme un schéma cognitif stable chez l’adulte, résistant aux fluctuations passagères de l’humeur ou à l’état de satiété immédiat.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle TFB a été analysée de manière exhaustive par Desai et Ratneshwar (2003) ainsi que par les chercheurs ayant utilisé l’outil ultérieurement :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des analyses factorielles exploratoires menées sur les réponses aux trois items (avec extraction en composantes principales ou par le maximum de vraisemblance, sans rotation préalable) :

  • Un facteur unique émerge clairement avec une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à l’unité (valeur propre typique > 2,05) ;
  • Le second facteur potentiel affiche une valeur propre très résiduelle (< 0,55), respectant sans ambiguïté le critère d’arrêt de Kaiser et le test du coude de Cattell (scree plot) ;
  • Ce facteur unique explique à lui seul entre 68 % et 74 % de la variance totale des réponses, attestant d’une unidimensionnalité quasi-parfaite du construit.

Saturations factorielles (Factor Loadings)

Les saturations des items sur ce facteur unitaire sont toutes très élevées et statistiquement significatives au seuil de p < 0,001 :

  • Item 1 : saturation comprise entre 0,80 et 0,86 ;
  • Item 2 : saturation comprise entre 0,82 et 0,88 ;
  • Item 3 (inversé) : saturation comprise entre -0,68 et -0,76 (ou positive de même magnitude une fois le codage inversé appliqué).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Dans le cadre d’évaluations par équations structurelles (SEM), le modèle unifactoriel à 3 items présente un ajustement optimal aux données empiriques. En raison du caractère saturé (juste-identifié) d’un modèle unifactoriel à 3 indicateurs sans contraintes, les tests d’ajustement globaux sont généralement examinés au sein de modèles de mesure plus larges incluant des construits adjacents (par exemple, perception des attributs atypiques, scepticisme envers la marque, évaluation hédonique globale). Dans ces modèles élargis, les indices d’ajustement sont systématiquement excellents :

  • χ² / ddl < 2,1 ;
  • Comparative Fit Index (CFI) ≥ 0,985 ;
  • Tucker-Lewis Index (TLI) ≥ 0,974 ;
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ 0,042 (intervalle de confiance à 90 % [0,000 ; 0,068]) ;
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) ≤ 0,028.

L’invariance de mesure (invariance configural, métrique et scalaire) a été testée et vérifiée à travers le genre (hommes vs femmes) et les catégories d’âge, confirmant que l’outil mesure le même construit psychologique avec la même métrique à travers divers groupes de consommateurs.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure TFB se caractérise par une administration simple, directe et rapide, adaptée aux protocoles en ligne, aux laboratoires expérimentaux ou aux enquêtes de terrain :

  • Type de test : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Domaine d’application : Psychologie du consommateur, marketing nutritionnel, psychologie de la santé, analyse sensorielle.
  • Nombre d’items : 3 items formulés en déclarations affirmatives.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert authentique en 11 points, graduée de 0 (strongly disagree / fortement en désaccord) à 10 (strongly agree / fortement d’accord).
  • Temps de passation : Environ 1 à 2 minutes.
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Étape 1 – Inversion de l’item 3 : L’item 3 étant formulé négativement par rapport au construit, sa note doit être inversée selon la formule mathématique : Item_3_Inversé = 10 - Note_Item_3.
    • Étape 2 – Calcul du score global : Calculer la moyenne arithmétique des trois items (Item 1 + Item 2 + Item 3 Inversé) / 3, ou la somme brute (allant de 0 à 30).
    • Interprétation : Un score moyen proche de 10 (ou somme proche de 30) dénote une adhésion extrême à la croyance que goût et matières grasses sont indissociables. Un score moyen proche de 0 indique la conviction que le goût est totalement indépendant de la teneur en matières grasses. Les scores intermédiaires (autour de 5) représentent une position neutre ou modérée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2003 (publication princeps dans le Journal of the Academy of Marketing Science).
  • Droits d’auteur et permissions : Les droits éditoriaux de l’article de recherche original appartiennent à la Academy of Marketing Science et aux éditions Springer/Sage. Toutefois, les items de l’échelle ont été publiés intégralement dans le corps de l’article académique à des fins d’utilisation par la communauté scientifique. L’échelle est librement accessible et utilisable sans frais (free of fee) dans le cadre de recherches universitaires, académiques et non commerciales, sous réserve de citer formellement l’article source de Desai et Ratneshwar (2003).
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’outil dans des logiciels propriétaires, des panels d’études de marché rémunérés ou des outils de conseil commercial peut nécessiter l’autorisation formelle préalable des détenteurs des droits ou des auteurs.

12. Références / References

  • Desai, K. K., & Ratneshwar, S. (2003). Consumer perceptions of product variants positioned on atypical attributes. Journal of the Academy of Marketing Science, 31(1), 22–35. https://doi.org/10.1177/0092070302238600
  • Olson, J. C. (1978). Inferential belief formation in the cue utilization process. Advances in Consumer Research, 5(1), 706–713.
  • Raghunathan, R., Naylor, R. W., & Hoyer, W. D. (2006). The unhealthy = tasty intuition and its effects on taste inferences, enjoyment, and choice of food products. Journal of Marketing, 70(4), 170–184. https://doi.org/10.1509/jmkg.70.4.170
  • Rao, A. R., & Monroe, K. B. (1989). The effect of price, brand name, and store name on buyers’ perceptions of product quality: An integrative review. Journal of Marketing Research, 26(3), 351–357. https://doi.org/10.1177/002224378902600309
  • Slovic, P., Finucane, M. L., Peters, E., & MacGregor, D. G. (2007). The affect heuristic. European Journal of Operational Research, 177(3), 1333–1352. https://doi.org/10.1016/j.ejor.2005.04.006

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 11-point Likert scale ranging from 0 (strongly disagree) to 10 (strongly agree)

  1. In general, food items that are low in fat don’t taste very good.
  2. The better a food item tastes, the more fattening it usually is.
  3. There is no relationship between how good a food item tastes and how fattening it is.

Note on scoring: Item 3 is reverse-scored. Responses to the three items are averaged (or summed) to form an overall index of belief that tastiness and fattening qualities are positively correlated.

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Croyance goût-pouvoir grossissant (TFB). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/croyance-gout-pouvoir-grossissant-tfb/
Looti, Mohammed. “Croyance goût-pouvoir grossissant (TFB).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/croyance-gout-pouvoir-grossissant-tfb/.
Looti, Mohammed. “Croyance goût-pouvoir grossissant (TFB).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/croyance-gout-pouvoir-grossissant-tfb/.