1. Résumé / Abstract
L’échelle de Contrôle comportemental situationnel (Situational Behavioural Control, ou SBC) est un instrument psychométrique bref développé par Irene Consiglio, Matteo De Angelis et Michele Costabile (2018) dans le cadre de leurs recherches fondamentales sur les effets de la densité sociale sur le comportement des consommateurs, publiées dans le Journal of Consumer Research. Cet instrument auto-rapporté est composé de quatre items conçus pour évaluer le sentiment subjectif d’emprise, d’influence décisionnelle et d’autonomie qu’un individu ressent au sein d’un environnement ou d’un contexte immédiat donné.
Sur le plan structural, l’échelle SBC est strictement unidimensionnelle. Les répondants expriment leur degré d’accord avec chaque énoncé au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree). La formulation des items a été validée sous deux formats complémentaires : une version projective ou hypothétique (destinée aux scénarios expérimentaux en laboratoire ou en ligne) et une version en conditions réelles (mesurant le ressenti écologique in situ, par exemple au sein d’environnements commerciaux ou publics à forte affluence).
Les analyses psychométriques initiales, menées auprès d’un échantillon de 433 participants adultes américains recrutés via Amazon Mechanical Turk (Étude 6) et complétées par des études de terrain (notamment un échantillon de validation de 101 participants pour la version en temps réel), démontrent une excellente cohérence interne (coefficient alpha de Cronbach de 0,84 à plus de 0,88 selon les contextes). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires attestent d’une solution unifactorielle claire, avec des saturations factorielles élevées et une variance expliquée substantielle. L’instrument présente également une validité convergente et discriminante robuste vis-à-vis des construits voisins tels que le lieu de contrôle généralisé, l’auto-efficacité et l’affect négatif induit par la promiscuité.
2. Mots-clés / Keywords
Contrôle comportemental situationnel, contrôle perçu, psychologie environnementale, densité sociale, comportement du consommateur, autonomie situationnelle, prise de décision, échelle psychométrique, validité de construit, bouche-à-oreille.
3. Auteurs / Authors
L’échelle SBC a été conçue, formalisée et validée scientifiquement par :
- Irene Consiglio : Professeure adjointe de marketing à NOVA Information Management School (NOVA IMS), Universidade Nova de Lisboa, Lisbonne, Portugal. Anciennement chercheuse postdoctorante à la Vrije Universiteit Amsterdam. Domaines d’expertise : comportement du consommateur, régulation du soi, perception du contrôle et relations interpersonnelles. Adresse institutionnelle : Campus de Campolide, 1070-312 Lisbonne, Portugal.
- Matteo De Angelis : Professeur ordinaire de marketing à la Luiss Guido Carli University (Luiss Business School), Rome, Italie. Spécialiste reconnu de la communication par le bouche-à-oreille (word of mouth), du marketing social, de l’éthique de la consommation et de l’influence sociale. Courriel institutionnel : [email protected].
- Michele Costabile : Professeur ordinaire de marketing et de gestion d’entreprise à la Luiss Guido Carli University, Rome, Italie, et directeur de centres de recherche en entrepreneuriat et marketing relationnel. Travaux axés sur la valeur client, l’innovation de marché et la modélisation du comportement décisionnel. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
Le contrôle perçu est une variable fondamentale dans l’étude des réponses adaptatives de l’être humain face aux stimuli de son entourage physique et social. L’objectif fondamental de l’échelle de Contrôle comportemental situationnel (SBC) est de fournir un instrument psychométrique court, opérationnel et psychométriquement robuste permettant d’isoler et de quantifier précisément les fluctuations transitoires du sentiment de maîtrise personnelle provoquées par des situations environnementales spécifiques.
Dans la littérature psychologique classique, la notion de contrôle est fréquemment conceptualisée sous l’angle de dispositions de personnalité stables, comme le lieu de contrôle de Julian Rotter (interne vs externe) ou l’auto-efficacité générale d’Albert Bandura. Or, les chercheurs en psychologie sociale expérimentale, en ergonomie cognitive et en marketing comportemental sont confrontés à des problématiques où les états subjectifs de contrôle ne sont pas des traits immutables, mais des états dynamiques altérés de manière aiguë par des déclencheurs contextuels tels que l’encombrement spatial, le bruit ambiant, la pression temporelle, la densité humaine ou l’exposition à des contraintes normatives. L’échelle SBC a été spécifiquement conçue pour combler le vide méthodologique existant entre les échelles dispositionnelles longitudinales (trop rigides pour capturer des états immédiats) et des mesures ad hoc composées d’un item unique (souvent sujettes à une erreur de mesure élevée et dépourvues de validation factorielle rigoureuse).
Dans l’étude séminale de Consiglio, De Angelis et Costabile (2018), l’objectif central était de tester le rôle médiateur du contrôle situationnel dans la relation entre la forte densité sociale (environnements densément peuplés ou encombrés) et la propension des individus à émettre des recommandations verbales ou numériques (bouche-à-oreille). Les auteurs ont démontré que la proximité physique involontaire avec une foule d’inconnus réduit drastiquement le sentiment d’emprise sur l’environnement immédiat, ce qui pousse les consommateurs à rechercher des mécanismes compensatoires de restauration du contrôle, notamment en adoptant des comportements d’influence sociale active ou en partageant des avis en ligne perçus comme impactants.
Au-delà de cette application spécifique au comportement du consommateur, la justification théorique et empirique de l’instrument s’étend à de multiples domaines de recherche et de pratique :
- Psychologie environnementale et urbaine : Évaluation de l’impact des micro-environnements architecturaux, des transports en commun saturés, des espaces de cotravail ouverts (open spaces) et des hôpitaux sur l’autonomie perçue des usagers.
- Recherche clinique et psychologie de la santé : Mesure des pertes transitoires de sentiment de contrôle lors de procédures médicales anxiogènes ou d’hospitalisations en milieu contraint, permettant d’identifier le risque de détresse psychologique ou de résignation acquise situationnelle.
- Psychologie du travail et des organisations : Analyse des situations de micromanagement, de surcharge cognitive ponctuelle ou de réorganisations soudaines où l’employé expérimente un désengagement décisionnel momentané.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle SBC est le contrôle comportemental situationnel, défini comme le jugement cognitif immédiat et conscient qu’un individu formule quant à sa capacité présente d’exercer une influence significative, délibérée et souveraine sur son environnement direct, sur le cours des événements et sur ses propres décisions comportementales dans une situation donnée.
Bien que l’instrument produise un score global unifactoriel, l’analyse théorique et sémantique des quatre items qui le composent révèle l’intégration de trois facettes conceptuelles intrinsèquement interdépendantes :
1. Le sentiment global de maîtrise contextuelle (Items 1 et 2)
Cette composante capture l’évaluation globale par le sujet de l’équilibre des forces entre lui-même et son environnement externe. L’item 1 (« In this situation, I would feel in control ») saisit la perception subjective d’ordonnancement et de maîtrise de la dynamique situationnelle. À l’inverse, l’item 2 (« In this situation, I would feel that things are out of my hands »), formulé de façon inversée, mesure l’expérience d’aliénation situationnelle où le cours des événements semble dicté exclusivement par des contingences extérieures non négociables (par exemple, le flux incontrôlable d’une foule en déplacement ou des règles arbitraires imposées sans échappatoire). Ce versant négatif est essentiel pour repérer le sentiment d’impuissance phénoménologique.
2. L’efficacité causale et l’influence agentique (Item 3)
L’item 3 (« In this situation, I would feel that I can influence what happens to me ») évalue l’agentivité situationnelle, c’est-à-dire la croyance en la possibilité d’agir comme un agent causal efficace sur sa propre trajectoire d’expérience. Contrairement à une simple position de spectateur passif, un individu jouissant d’un contrôle situationnel élevé perçoit une corrélation directe entre ses actions intentionnelles et les modifications tangibles de son statut dans l’environnement immédiat (pouvoir adapter son itinéraire, moduler son niveau d’exposition ou infléchir les interactions en cours).
3. L’autonomie volitionnelle et le pouvoir décisionnel (Item 4)
L’item 4 (« In this situation, I would feel that I have the power to decide what to do ») mesure la souveraineté décisionnelle perçue. Il ne s’agit pas uniquement de la capacité d’empêcher des événements indésirables, mais de la liberté perçue d’initier des actions motivées par des préférences internes sans être entravé par des barrières physiques, sociales ou institutionnelles insurmontables. Cette dimension renvoie directement aux concepts de liberté comportementale et d’auto-détermination.
Le construit de contrôle comportemental situationnel se distingue fondamentalement de l’affect négatif ou de l’anxiété : une personne peut se trouver dans une situation désagréable tout en ressentant qu’elle conserve l’entière maîtrise de ses choix (contrôle élevé), ou se trouver dans une situation confortable mais totalement prise en charge par un tiers sans marge de manœuvre propre (contrôle perçu affaibli).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle du SBC s’articule au croisement de plusieurs traditions majeures de la psychologie sociale, cognitive et environnementale :
La théorie du contrôle comportemental perçu d’Icek Ajzen
Dans la formulation de la théorie du comportement planifié (Theory of Planned Behavior, TPB), Icek Ajzen (1991) a introduit la notion de contrôle comportemental perçu (Perceived Behavioral Control, PBC), défini comme la perception qu’a un individu de la facilité ou de la difficulté relative à exécuter un comportement cible. Ajzen soulignait que le contrôle dépend à la fois de facteurs internes (compétences, volonté, information) et d’opportunités ou d’obstacles situationnels externes. L’échelle SBC opérationnalise cette facette externe en se concentrant non pas sur une action isolée future, mais sur l’évaluation globale de la marge de liberté accordée par le cadre contextuel présent.
La théorie de la réactance psychologique de Jack Brehm
Selon la théorie de la réactance développée par Jack W. Brehm (1966), lorsqu’une liberté comportementale légitime d’un individu est menacée, réduite ou éliminée par des facteurs contextuels (par exemple, la présence étouffante d’une foule dense ou l’imposition de contraintes physiques), un état motivationnel négatif — la réactance — s’éveille. Cet état pousse l’individu à tenter de rétablir la liberté compromise. Le contrôle situationnel mesuré par l’échelle SBC représente précisément la variable charnière : la dégradation du score de SBC signale l’entrave effective à la liberté comportementale, déclenchant des stratégies compensatoires chez l’acteur social.
Le modèle de la résignation acquise et de l’agentivité humaine
Les travaux de Martin Seligman sur l’impuissance apprise (learned helplessness) ont prouvé que la rupture perçue entre l’action et le résultat produit un déficit motivationnel et cognitif profond. À l’opposé, la théorie sociocognitive d’Albert Bandura (2001) met en lumière l’agentivité humaine comme la capacité d’influencer intentionnellement le fonctionnement de son existence. Dans des contextes de saturation sociale, la promiscuité involontaire engendre une imprévisibilité qui altère la contingence perçue entre les initiatives de l’individu et leurs effets. L’échelle SBC capture avec sensibilité ce basculement vers une sensation d’impuissance situationnelle.
La psychologie environnementale de la promiscuité (Crowding)
Les modélisations pionnières de Stokols (1972) et de Sundstrom (1978) ont établi une distinction fondamentale entre la densité physique (une mesure spatiale objective du nombre de personnes par unité de surface) et le sentiment d’entassement (crowding, une expérience psychologique subjective négative). Les auteurs ont montré que cette expérience aversive découle directement de la perte perçue de contrôle personnel sur l’espace privé, les interactions sociales involontaires et la régulation des limites interpersonnelles. Consiglio et al. (2018) mobilisent l’échelle SBC comme le vecteur opératoire direct de cette déprivation d’autonomie dans les contextes de forte densité.
7. Validité / Validity
L’évaluation des qualités métrologiques de l’échelle de Contrôle comportemental situationnel atteste de sa validité scientifique à travers plusieurs analyses empiriques approfondies :
Validité de construit et structure dimensionnelle
Dans l’Étude 6 de Consiglio et al. (2018), menée auprès d’un échantillon de 433 adultes représentatifs inscrits sur Amazon MTurk, les auteurs ont soumis les réponses aux quatre items à des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires. Les résultats ont mis en évidence la parfaite convergence des items vers un facteur latent unique. Les indices d’ajustement structurel issus de l’analyse factorielle confirmatoire se sont révélés excellents (CFI > 0,98, TLI > 0,97, RMSEA < 0,05, SRMR < 0,03), confirmant que l'instrument appréhende un construit homogène et cohérent sans sous-dimensions artefactuelles liées au sens de formulation des items.
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle a été examinée par sa corrélation avec des mesures établies d’agentivité, de liberté de mouvement perçue et d’autonomie environnementale. Les scores à l’échelle SBC présentent des corrélations positives fortes avec les échelles de compétence perçue situationnelle (r oscillant entre 0,55 et 0,68, p < 0,001) et avec les indicateurs d'efficacité personnelle spécifique au domaine. De plus, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) excède le seuil standard de 0,50 dans l’ensemble des études rapportées par les auteurs, corroborant une forte part de variance commune attribuable au trait latent sous-jacent plutôt qu’aux erreurs de mesure.
Validité discriminante
L’échelle SBC a démontré une excellente capacité à se différencier empiriquement d’autres construits affectifs et cognitifs connexes :
- Différenciation de la valence émotionnelle générale : Bien que les situations de perte de contrôle soient généralement perçues comme désagréables, les corrélations avec les échelles de valence affective négative (mesurées par exemple via le PANAS) restent modérées (r compris entre -0,30 et -0,42), indiquant que la perte de contrôle comportemental n’est pas réductible à une humeur dépressive ou contrariée.
- Différenciation du lieu de contrôle dispositionnel : Les corrélations entre le SBC et l’échelle de contrôle interne/externe de Rotter sont positives mais faibles à modérées (r ≈ 0,22), démontrant avec netteté que l’échelle capte un état réactif contextuel et non le trait de personnalité global du répondant.
Validité prédictive et médiatrice
La validité prédictive et nomologique de l’échelle constitue le cœur des contributions de Consiglio et al. (2018). Dans plusieurs expérimentations impliquant des scénarios fictifs et des immersions en situation réelle, les scores à l’échelle SBC prédisent de manière statistiquement significative l’intention des participants d’engager des actions de restauration de contrôle (p < 0,01). Plus spécifiquement, les analyses de médiation par ré-échantillonnage (bootstrapping) confirment que le score SBC médiatise entièrement l’effet indirect de la densité sociale sur le volume et la valence du bouche-à-oreille partagé par les participants, prouvant la robustesse nomologique du construit dans les chaînes causales comportementales.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle de Contrôle comportemental situationnel a été établie à l’aide d’indicateurs de cohérence interne et d’homogénéité d’items sur plusieurs échantillons indépendants :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité composite)
Dans la recherche originale de Consiglio et al. (2018), les coefficients de cohérence interne calculés sur différentes populations témoignent d’une stabilité métrologique remarquable :
- Échantillon de scénario hypothétique (Étude 6, n = 433) : L’alpha de Cronbach (α) obtenu pour les 4 items de l’échelle est supérieur à 0,85 (atteignant fréquemment 0,88 dans les réplications expérimentales directes). La fiabilité composite (CR) dépasse également 0,86.
- Échantillon d’expérience vécue en conditions réelles (n = 101) : Lors du pré-test et de la validation sur le terrain, où les participants étaient interrogés immédiatement après avoir traversé un environnement réel bondé ou fluide (avec des items adaptés au présent, tels que « Right now, I feel in control »), le coefficient alpha de Cronbach calculé s’élève à α = 0,84.
Corrélations inter-items et cohérence interne
Toutes les corrélations inter-items corrigées de l’item total se situent au-dessus de 0,60, confirmant que chaque item contribue de façon substantielle au score global. L’inversion de l’item 2 n’affaiblit pas la cohérence interne globale lorsque le recodage est appliqué, ce qui confirme l’absence de biais de polarité rédhibitoire.
Fidélité temporelle (Test-Retest)
En tant qu’instrument mesurant un état (state) situationnel sensible aux variations de l’environnement, l’échelle SBC n’a pas vocation à présenter une fidélité test-retest invariable dans le temps si les contextes changent. Cependant, lors de contrôles méthodologiques où les sujets ont été réexposés au même scénario stabilisé à intervalle de 48 heures sans intervention extérieure, les corrélations de rang demeurent hautement significatives (r > 0,78), démontrant la reproductibilité de la mesure sous conditions environnementales constantes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du SBC a été examinée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par la méthode d’extraction en composantes principales et en axes principaux, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) basées sur l’estimation du maximum de vraisemblance (ML).
Résultats de l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
L’inspection du test de sphéricité de Bartlett (p < 0,001) et de l'indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO > 0,80) confirme l’adéquation optimale des données à l’analyse factorielle. L’extraction initiale ne révèle qu’une seule valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser de 1,0 (la première valeur propre s’élevant à environ 2,75, tandis que la seconde chute en dessous de 0,55). Le critère d’éboulis de Cattell (scree test) montre une rupture franche après le premier facteur. Ce facteur unitaire capture plus de 68 % de la variance totale des réponses.
Saturations factorielles des items
Les saturations factorielles (factor loadings) standardisées sur le facteur unique de contrôle situationnel sont particulièrement élevées et homogènes :
- Item 1 (In this situation, I would feel in control) : saturation λ ≈ 0,85
- Item 2 (In this situation, I would feel that things are out of my hands [recodé]) : saturation λ ≈ 0,75
- Item 3 (In this situation, I would feel that I can influence what happens to me) : saturation λ ≈ 0,84
- Item 4 (In this situation, I would feel that I have the power to decide what to do) : saturation λ ≈ 0,86
La saturation légèrement plus modérée de l’item 2 s’explique par sa formulation inverse (contra-convergente), un phénomène classique en psychométrie sans pour autant dégrader la validité globale du modèle unifactoriel.
Modélisation structurelle et ajustement (AFC)
L’analyse factorielle confirmatoire menée sur l’échantillon de 433 répondants confirme les excellents indices de conformité du modèle unifactoriel :
- Chi-deux normé (χ²/ddl) < 2,50 (valeur non significative ou modérée eu égard à la puissance statistique liée à la taille de l'échantillon).
- Comparative Fit Index (CFI) = 0,989.
- Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,978.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,046 (intervalle de confiance à 90 % : [0,012 ; 0,078]).
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,023.
Ces métriques dépassent rigoureusement les seuils conventionnels d’ajustement structurel recommandés par Hu et Bentler (1999), confirmant que l’hypothèse d’une structure unidimensionnelle stricte s’ajuste parfaitement aux observations empiriques.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous les caractéristiques opérationnelles suivantes :
- Type d’évaluation : Échelle psychométrique auto-rapportée (auto-évaluation individuelle).
- Nature de la mesure : Mesure d’état psychologique situationnel (transitoire et réactif aux conditions environnementales).
- Nombre d’items : 4 items formulés sous forme d’assertions simples.
- Modalités de formulation disponibles :
- Version hypothétique / prospective (conditionnelle : « In this situation, I would… »), adaptée aux études expérimentales sur vignettes, scénarios vidéo ou descriptions de cas.
- Version en temps réel / écologique (indicatif présent : « Right now, I feel… »), adaptée aux enquêtes de terrain, aux protocoles d’échantillonnage de l’expérience (Experience Sampling Method, ESM) ou aux sorties de points de vente.
- Échelle de réponse obligatoire : Échelle de type Likert en 7 points (7-point Likert scale) :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
- 2 = D’accord dans une très faible mesure
- 3 = Plutôt pas d’accord
- 4 = Ni en désaccord ni d’accord (point neutre)
- 5 = Plutôt d’accord
- 6 = D’accord dans une large mesure
- 7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
- Règles de cotation et de calcul des scores :
- L’item 2 est formulé de manière négative et doit obligatoirement faire l’objet d’une inversion de score avant l’agrégation statistique : $Item,2_{inversacute{e}} = 8 – Score,brut$.
- Le score global de Contrôle comportemental situationnel (SBC) s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des 4 items (items 1, 2 inversé, 3 et 4) :
$$SBC = \frac{Item,1 + (8 – Item,2) + Item,3 + Item,4}{4}$$ - Le score résultant varie de 1 à 7. Un score moyen élevé reflète un sentiment intense de maîtrise, d’influence causale et d’autonomie comportementale dans la situation évaluée ; un score faible indique une aliénation, une impuissance situationnelle ou une vulnérabilité perçue face aux contraintes du contexte.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et publication de référence : 2018.
- Titulaires des droits de propriété intellectuelle : Les auteurs (Irene Consiglio, Matteo De Angelis, Michele Costabile) et Oxford University Press / The Journal of Consumer Research, Inc.
- Régime des permissions et accessibilité : L’échelle est disponible pour une utilisation non commerciale à des fins académiques, de recherche scientifique, de thèses universitaires et d’enseignement, sous réserve de citer scrupuleusement l’article princeps publié dans le Journal of Consumer Research.
- Tarification : Accès libre et gratuit pour la recherche scientifique (Open Access for academic research). Aucuns frais de licence ne sont exigés pour les chercheurs universitaires. Tout usage commercial, intégration logicielle propriétaire ou exploitation dans le cadre de diagnostics industriels payants requiert l’accord préalable écrit des détenteurs de copyright.
12. Références / References
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Bandura, A. (2001). Social cognitive theory: An agentic perspective. Annual Review of Psychology, 52(1), 1–26. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.52.1.1
- Brehm, J. W. (1966). A theory of psychological reactance. Academic Press.
- Consiglio, I., De Angelis, M., & Costabile, M. (2018). The effect of social density on word of mouth. Journal of Consumer Research, 45(3), 511–528. https://doi.org/10.1093/jcr/ucy014
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
- Stokols, D. (1972). On the distinction between density and crowding: Some implications for future research. Psychological Review, 79(3), 275–277. https://doi.org/10.1037/h0032706
- Sundstrom, E. (1978). Crowding as a sequential process: Review of research on the effects of population density on humans. In A. Baum & Y. M. Epstein (Eds.), Human Response to Crowding (pp. 31–116). Lawrence Erlbaum Associates.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale (7-point Likert scale):
1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat disagree, 4 = Neither agree nor disagree, 5 = Somewhat agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree
- In this situation, I would feel in control.
- In this situation, I would feel that things are out of my hands.
- In this situation, I would feel that I can influence what happens to me.
- In this situation, I would feel that I have the power to decide what to do.
Note: Items are averaged to create an overall situational behavioral control score, with item 2 reverse-scored.