Contraintes budgétaires (BC)

L’échelle des contraintes budgétaires (Budget Constraints, BC) mesure la perception subjective d’insuffisance du revenu pour couvrir les dépenses des ménages.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle des contraintes budgétaires (Budget Constraints Scale, BC), développée par Joel E. Urbany, Peter R. Dickson et Rosemary Kalapurakal en 1996 dans le cadre de leurs travaux fondateurs sur la recherche de prix dans le secteur de la distribution alimentaire, constitue un instrument psychométrique bref et ciblé composé de trois items. Conçue pour évaluer le sentiment subjectif d’adéquation financière d’un individu ou d’un ménage, cette échelle quantifie le degré auquel un consommateur perçoit son revenu comme étant à peine suffisant pour couvrir ses dépenses courantes et incompressibles. Contrairement aux mesures socio-économiques traditionnelles reposant sur le revenu brut déclaré ou le patrimoine net, l’échelle BC opérationnalise la notion de pénurie financière perçue (perceived financial scarcity), une variable psychologique critique influençant l’allocation de l’attention, le comportement d’achat, la recherche d’informations sur les prix et la sensibilité aux promotions commerciales.

L’instrument repose sur une structure unifactorielle évaluant une dimension unique d’impasse ou de tension budgétaire vécue. Les répondants expriment leur niveau d’accord avec trois énoncés auto-rapportés à l’aide d’une échelle de réponse de type Likert variant généralement de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »), bien que des versions adaptées sur 5 ou 6 points aient été déployées dans des contextes empiriques ultérieurs. Les analyses psychométriques initiales rapportées par Urbany, Dickson et Kalapurakal (1996) mettent en évidence une cohérence interne satisfaisante, avec un coefficient alpha de Cronbach (α) supérieur aux seuils standards de fiabilité (généralement compris entre 0,70 et 0,85 selon les échantillons d’étude). La validité convergente et la validité discriminante ont été étayées par des corrélations significatives avec des construits connexes tels que l’anxiété financière, la propension à rechercher des prix avantageux (price search behavior), l’utilisation de coupons de réduction et la sensibilité au coût des biens de grande consommation, tout en se distinguant nettement des simples variables démographiques de revenu absolu.

Par sa concision et sa robustesse métrologique, l’échelle BC est devenue un standard méthodologique dans les sciences de la consommation, le marketing quantitatif, l’économie comportementale et la psychologie économique. Elle offre une mesure opérationnelle efficiente pour contrôler ou modéliser l’impact de la contrainte financière subjective sans alourdir le fardeau cognitif des répondants lors d’enquêtes complexes sur le comportement des ménages.

2. Mots-clés / Keywords

Contraintes budgétaires, rareté financière perçue, psychologie du consommateur, recherche de prix, stress financier, économie comportementale, prise de décision financière, comportement d’achat, sensibilité au prix, fidélité psychométrique, validité de construit, distribution alimentaire.

3. Auteurs / Authors

L’échelle des contraintes budgétaires a été conçue, validée et introduite dans la littérature scientifique par une équipe de chercheurs éminents en sciences de gestion et en marketing :

  • Joel E. Urbany, Ph.D. : Professeur émérite de marketing au Mendoza College of Business de l’Université de Notre Dame (Notre Dame, Indiana, États-Unis). Ses recherches portent principalement sur la psychologie du consommateur, la prise de décision stratégique, la perception des prix et la dynamique concurrentielle. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Peter R. Dickson, Ph.D. : Ancien professeur de marketing à la Florida International University et professeur émérite à la Fisher College of Business de l’Ohio State University. Expert reconnu dans les domaines de la stratégie d’entreprise, des théories de l’apprentissage organisationnel, de la sensibilité aux prix et de l’économie de l’information appliquée au comportement d’achat.
  • Rosemary Kalapurakal, Ph.D. : Chercheuse et consultante en politiques publiques et sciences économiques, ayant contribué de manière décisive aux analyses quantitatives et à la modélisation économétrique des données d’enquête de panel auprès des consommateurs dans le cadre de projets conjoints avec l’Université de Notre Dame et des organismes internationaux.

4. Objectif / Purpose

La finalité première de l’échelle des contraintes budgétaires (BC) est d’opérationnaliser et de quantifier le ressenti subjectif de pénurie de ressources monétaires au sein du ménage. Dans la recherche en sciences économiques et en marketing des années 1980 et 1990, les chercheurs se heurtaient à une limite méthodologique persistante : l’incapacité du revenu objectif (exprimé en fourchettes de revenu annuel brut ou net) à prédire fidèlement les comportements d’arbitrage financier, de vigilance aux prix et d’optimisation budgétaire. Deux ménages déclarant un revenu identique de 40 000 dollars par an peuvent connaître des réalités financières radicalement divergentes en fonction de la taille de la famille, du montant des dettes accumulées, des coûts de santé imprévus, du coût local du logement ou d’engagements financiers préexistants. L’échelle de Urbany, Dickson et Kalapurakal a donc été formulée pour saisir cette contrainte financière vécue, laquelle reflète le différentiel subjectif entre les flux monétaires entrants et les obligations de dépenses incompressibles.

Sur le plan théorique et empirique, l’échelle vise à expliquer les mécanismes sous-jacents à l’effort consenti par le consommateur dans la recherche d’information sur les prix (price search). Les auteurs postulaient que la perception d’un budget serré abaisse le coût psychologique perçu du temps passé à comparer les catalogues, visiter plusieurs enseignes de supermarchés, découper des coupons promotionnels ou mémoriser les prix unitaires. Lorsqu’un consommateur perçoit que ses revenus suffisent tout juste à joindre les deux bouts, le bénéfice marginal d’une économie monétaire même modeste surpasse largement le coût marginal du temps et de l’énergie cognitive investis dans la prospection commerciale.

Au-delà de la recherche pure en grande distribution alimentaire, l’échelle trouve d’importantes applications contemporaines dans plusieurs domaines :

  • En économie comportementale et psychologie sociale : Elle permet d’étudier la « taxe cognitive » imposée par la pauvreté perçue. Selon les modèles de la rareté (Mullainathan & Shafir, 2013), la focalisation attentionnelle induite par des contraintes budgétaires intenses altère la mémoire de travail et la capacité d’auto-régulation dans d’autres domaines décisionnels.
  • En recherche clinique et santé publique : La contrainte budgétaire mesurée par l’échelle BC est utilisée comme indicateur proxy du stress socio-économique chronique, permettant d’examiner comment l’anxiété liée à l’impossibilité de boucler les fins de mois affecte les choix nutritionnels, l’adhésion aux traitements médicamenteux non remboursés et le bien-être psychologique global.
  • En marketing social et politiques publiques : L’instrument sert à évaluer la vulnérabilité financière des ménages face à des chocs macroéconomiques tels que l’inflation alimentaire, la hausse des taux d’intérêt ou les transitions énergétiques, permettant ainsi d’ajuster les programmes d’assistance sociale et les tarifications solidaires.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle BC est la contrainte budgétaire subjective (subjective budget constraint ou perceived income inadequacy). Il s’agit d’un état cognitivo-affectif par lequel un agent économique évalue que ses ressources financières disponibles sont limitées au point de restreindre sévèrement sa marge de manœuvre discrétionnaire et de nécessiter une vigilance continue lors de la dépense.

Distinction entre revenu objectif et contrainte subjective

La psychologie économique établit une démarcation nette entre le statut socio-économique objectif et l’évaluation psychologique des ressources. Le revenu objectif mesure le flux monétaire brut reçu au cours d’une période donnée. En revanche, le construit de contrainte budgétaire perçue englobe l’évaluation que fait le sujet de l’équilibre dynamique entre :

  • Les flux de revenus disponibles (salaires, transferts sociaux, rentes) ;
  • Les charges fixes incompressibles (loyer, remboursements de prêts, assurances, frais d’énergie) ;
  • Les besoins de subsistance essentiels (nourriture de base, soins médicaux, transport vers le lieu de travail) ;
  • L’absence ou la faiblesse de réserves d’épargne de précaution.

Ainsi, la contrainte budgétaire subjective représente le sentiment de précarité de flux de trésorerie (cash flow vulnerability). Elle capture le sentiment psychologique de « corde raide » financière où le moindre aléa imprévu (panne de véhicule, facture dentaire) risque de faire basculer le budget dans le déficit insolvable.

Manifestations psychologiques et cognitives du construit

Le construit mesuré se manifeste à travers plusieurs vecteurs psychologiques :

  • Hyper-vigilance face aux signaux de prix : L’individu soumis à une forte contrainte budgétaire subjective traite les informations tarifaires non pas comme des indicateurs secondaires de qualité, mais comme des contraintes d’exclusion absolues. Le franchissement d’un seuil de dépense déclenche une alerte cognitive immédiate.
  • Focalisation temporelle sur le court terme : La contrainte budgétaire impose un horizon décisionnel rétréci au présent ou au cycle de paie immédiat (la fin de semaine ou la fin du mois), reléguant au second plan les objectifs de planification financière à long terme (épargne retraite, investissements durables).
  • Affect négatif associé à l’acte d’achat : L’expérience d’acquisition de biens ordinaires, traditionnellement neutre ou gratifiante, est teintée d’anxiété, de culpabilité et d’une appréhension du coût d’opportunité : chaque euro dépensé pour un bien donné est douloureusement perçu comme un euro soustrait à une autre nécessité vitale (la « douleur de payer », ou pain of paying théorisée par Prelec & Loewenstein, 1998).

Dans l’opérationnalisation proposée par Urbany et ses collègues, le construit est délibérément modélisé comme unidimensionnel afin de saisir l’essence même de ce sentiment d’insuffisance monétaire sans le confondre avec ses causes macroéconomiques (endettement, perte d’emploi) ou ses conséquences psychologiques distales (dépression clinique, détresse conjugale).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’échelle des contraintes budgétaires s’ancre à la croisée de la microéconomie néoclassique, de l’économie de l’information et des théories du comportement du consommateur issues de la psychologie cognitive.

L’économie de l’information de Stigler (1961)

Le fondement théorique primaire mobilisé par Urbany, Dickson et Kalapurakal (1996) est la théorie de la recherche d’information initiée par le prix Nobel George Stigler (1961). Selon le modèle néoclassique de Stigler, un consommateur rationnel poursuit sa prospection de prix jusqu’au point où le coût marginal de la recherche (temps, transport, énergie mentale) égale le bénéfice marginal attendu (l’économie monétaire réalisée). Cependant, Stigler traitait le coût d’opportunité du temps et la valeur marginale de l’argent de façon largement théorique.

Urbany et ses coauteurs enrichissent ce cadre en intégrant la notion psychologique d’utilité marginale décroissante du revenu. Pour un ménage disposant de liquidités abondantes, l’utilité d’économiser 5 euros sur un panier de courses est minime comparée au coût en temps nécessaire pour visiter deux supermarchés concurrents. En revanche, pour un ménage sous contrainte budgétaire sévère, ces mêmes 5 euros possèdent une utilité marginale psychologique colossale, car ils permettent d’éviter un découvert bancaire ou d’acheter une denrée de première nécessité supplémentaire. L’échelle BC formalise empiriquement cette variable modératrice : elle mesure le multiplicateur subjectif qui amplifie la valeur des économies monétaires dans l’équation coût-bénéfice de Stigler.

La théorie de la comptabilité mentale de Thaler (1985, 1999)

Un deuxième pilier conceptuel est la théorie de la comptabilité mentale (Mental Accounting) développée par Richard Thaler. Les individus n’évaluent pas leurs finances comme un flux monétaire fongible et universel, mais segmentent leurs ressources en budgets mentaux distincts (loyer, nourriture, loisirs). Lorsque les « comptes mentaux » dédiés aux nécessités de base sont déficitaires ou sous tension extrême, les mécanismes de compensation inter-budgets deviennent rigides. L’échelle des contraintes budgétaires capture précisément la fermeture ou la saturation de ces comptes mentaux essentiels, forçant l’individu à un contrôle draconien de ses dépenses d’épicerie, lesquelles représentent l’une des rares catégories de budget encore modulables à court terme par rapport aux charges fixes contractuelles.

La théorie de la rareté cognitive (Scarcity Theory)

Bien que formalisée ultérieurement par Sendhil Mullainathan et Eldar Shafir (2013), la théorie de la rareté apporte un éclairage rétrospectif majeur sur le fonctionnement de l’échelle BC. Selon ce courant, l’expérience de la rareté matérielle capture l’attention de manière involontaire, créant un « effet tunnel » (tunneling). Dans ce tunnel, l’esprit se focalise exclusivement sur la gestion de l’urgence financière immédiate au détriment d’autres activités cognitives. L’instrument de mesure d’Urbany et al. capture précisément le déclencheur de cet état psychologique de focalisation attentionnelle contrainte.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de l’échelle des contraintes budgétaires a fait l’objet de validations rigoureuses, tant dans l’étude princeps de 1996 que dans des réplications et adaptations ultérieures au sein de la littérature de recherche en marketing et en économie appliquée.

Validité de contenu et validité apparente

La validité de contenu a été établie lors de la phase préliminaire de conception de l’instrument. Les auteurs ont formulé un ensemble d’énoncés reflétant directement le sentiment d’étroitesse du budget et l’insuffisance du revenu pour faire face aux dépenses ordinaires. L’examen par des experts du domaine du comportement d’achat et des panels de consommateurs a confirmé que les items retenus possédaient une excellente validité apparente (face validity), étant dépourvus d’ambiguïté linguistique, directement compréhensibles par des populations de niveaux d’éducation hétérogènes, et ciblant sans équivoque le cœur conceptuel de la contrainte financière vécue.

Validité convergente

La validité convergente de l’échelle a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et de magnitude modérée à forte avec plusieurs construits théoriquement congruents :

  • Recherche active de prix (Price Search Behavior) : Dans l’étude de 1996 menée auprès de plusieurs centaines de ménages consommateurs, l’échelle BC a montré une corrélation positive robuste avec la fréquence de lecture des prospectus promotionnels (feature ads), le nombre de magasins visités pour comparer les prix, et la propension à acheter des marques de distributeurs (store brands) ou des articles en promotion (corrélations de l’ordre de r = 0,35 à r = 0,48, p < 0,001).
  • Sensibilité subjective au prix (Price Sensitivity) : Des associations positives substantielles ont été observées avec les échelles de conscience de la valeur (value consciousness) et de sensibilité au coût des produits de grande consommation (r > 0,40).
  • Anxiété financière : Dans des travaux ultérieurs appliquant l’échelle hors du secteur alimentaire, des corrélations élevées ont été répliquées avec des mesures de stress économique auto-rapporté.

Validité discriminante

La validité discriminante est particulièrement remarquable et constitue la justification majeure de l’échelle :

  • Distinction d’avec le revenu objectif : La corrélation entre le score à l’échelle BC et le niveau de revenu familial objectif brut se situe généralement entre r = -0,25 et r = -0,42. Cette corrélation négative modérée démontre empiriquement que bien que les ménages à faibles revenus soient plus enclins à ressentir des contraintes budgétaires, le construit subjectif ne se superpose pas à la variable démographique brute. Une part prépondérante de la variance (plus de 80 %) de la contrainte perçue reste inexpliquée par le seul revenu brut, prouvant que l’échelle capte une réalité psychologique indépendante.
  • Distinction d’avec l’implication dans la catégorie de produit (Product Involvement) : L’échelle montre des corrélations quasi nulles ou non significatives avec l’intérêt intrinsèque pour l’art culinaire ou l’épicerie fine, confirmant que la contrainte budgétaire ne mesure pas un désintérêt ou une passion pour les produits, mais un impératif économique strict.

Validité prédictive et nomologique

À travers des modélisations par équations structurelles et des régressions hiérarchiques, Urbany et al. (1996) ont établi que l’inclusion de l’échelle BC améliore significativement la variance expliquée (R²) des modèles de choix de magasin et de prospection tarifaire, au-delà de ce que prédisent les variables sociodémographiques classiques (âge, niveau d’études, taille du foyer, statut d’emploi). Cette capacité prédictive supérieure confirme la validité nomologique du construit au sein du réseau théorique des comportements économiques.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’échelle des contraintes budgétaires ont été documentées empiriquement dans de multiples enquêtes par sondage auprès d’échantillons représentatifs et de panels de consommateurs.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Malgré la brièveté délibérée de l’instrument (trois items), sa consistance interne s’avère remarquable et dépasse systématiquement les seuils d’acceptabilité métrologique fixés par Nunnally (1978) pour la recherche fondamentale :

  • Dans l’étude originale de Urbany, Dickson et Kalapurakal (1996), l’alpha de Cronbach obtenu pour l’échantillon d’acheteurs principaux de produits alimentaires s’élevait à α = 0,78.
  • Des études de réplication indépendantes dans le domaine du commerce de détail et de la gestion de patrimoine personnel ont rapporté des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,74 et 0,86, témoignant d’une excellente homogénéité du construit à travers différents profils sociodémographiques.
  • Les corrélations inter-items moyennes (mean inter-item correlation) se situent régulièrement dans la zone idéale préconisée par Briggs et Cheek (1986), comprise entre 0,45 et 0,65, confirmant que les items sont suffisamment corrélés pour mesurer le même phénomène sans être pour autant redondants ou tautologiques.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Bien que les contraintes budgétaires soient sensibles aux fluctuations macroéconomiques ou aux changements soudains de la situation professionnelle d’un foyer, les données de panel à court et moyen terme (intervalle de 4 à 8 semaines sans événement de vie majeur) indiquent une stabilité temporelle satisfaisante, avec des coefficients de corrélation test-retest compris entre r = 0,70 et r = 0,82. L’instrument capture ainsi un état stable et structurel de contrainte plutôt qu’une humeur financière volatile et éphémère.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’évaluation de la structure interne de l’échelle des contraintes budgétaires a été conduite par des techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmée par l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Lors de l’extraction factorielle initiale (méthode des composantes principales ou factorisation en axes principaux sans rotation ou avec rotation oblique Promax/Oblimin lorsqu’elle était analysée conjointement avec d’autres échelles de sensibilité aux prix) :

  • Un facteur unique émerge systématiquement, satisfaisant au critère de Kaiser (valeur propre supérieure à 1,0, généralement comprise entre 1,95 et 2,30).
  • Le scree plot (test du coude de Cattell) met en évidence une cassure nette après le premier facteur, ce dernier expliquant entre 65 % et 76 % de la variance totale des trois items.
  • Toutes les saturations factorielles (factor loadings) des trois items sur la dimension unique sont fortes et homogènes, dépassant largement le seuil standard de 0,60, avec des valeurs typiques oscillant entre 0,75 et 0,88.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Dans les modélisations d’équations structurelles confirmatoires (SEM) intégrant l’échelle dans des réseaux nomologiques plus vastes :

  • Le modèle unifactoriel à 3 variables indicatrices présente une identification mathématique exacte (modèle saturé à zéro degré de liberté lorsqu’il est modélisé isolément).
  • Lorsqu’il est testé au sein de modèles de mesure multi-construits incluant la recherche de prix, les coûts d’opportunité du temps et la fidélité à l’enseigne, les indices d’ajustement global démontrent une adéquation exemplaire aux données empiriques : le CFI (Comparative Fit Index) excède couramment 0,98, le TLI (Tucker-Lewis Index) dépasse 0,97, et le RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) se maintient en deçà de 0,05 avec une valeur résiduelle SRMR inférieure à 0,04.
  • La variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) pour ce construit est systématiquement supérieure au seuil canonique de 0,50 (se situant généralement entre 0,58 et 0,68), attestant d’une robustesse convergente sans équivoque selon les critères de Fornell et Larcker (1981).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure présente les spécifications techniques et opérationnelles suivantes :

  • Dénomination de l’outil : Échelle des contraintes budgétaires (Budget Constraints Scale – BC).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon, enquête téléphonique assistée par ordinateur (CATI) ou formulaire numérique en ligne (web/mobile).
  • Nombre d’items : 3 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives directes.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points (format original de 1996) :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
    • 2 = Désaccord modéré (Disagree)
    • 3 = Désaccord léger (Slightly Disagree)
    • 4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither Agree nor Disagree)
    • 5 = Accord léger (Slightly Agree)
    • 6 = Accord modéré (Agree)
    • 7 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
  • Calcul du score : Le score global de contrainte budgétaire s’obtient en calculant la moyenne arithmétique ou la somme non pondérée des trois items. Tous les items étant formulés dans le sens direct du construit, aucun codage inversé (reverse scoring) n’est nécessaire.
  • Interprétation des scores :
    • Score faible (moyenne de 1,0 à 3,0) : Perception d’aisance financière, absence de sentiment de contrainte budgétaire contraignante, marge de manœuvre discrétionnaire élevée.
    • Score intermédiaire (moyenne de 3,1 à 5,0) : Gestion financière ordinaire avec conscience des limites du budget sans détresse financière immédiate.
    • Score élevé (moyenne de 5,1 à 7,0) : Contrainte budgétaire perçue sévère, sentiment d’impossibilité de couvrir les dépenses courantes, forte vulnérabilité financière et hyper-vigilance aux coûts.
  • Durée approximative de passation : Moins de 60 secondes, ce qui en fait un instrument idéal pour l’insertion dans des sondages omnibus ou des études de marché longitudinales denses.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’échelle des contraintes budgétaires a été formellement publiée en 1996 dans le Journal of Marketing par l’American Marketing Association (AMA) :

  • Année d’introduction officielle : 1996.
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’article fondateur relève des droits éditoriaux de l’American Marketing Association (publié ultérieurement sous les auspices de SAGE Publications). Conformément aux règles d’usage académique et scientifique, les énoncés des items publiés dans le corps du texte académique peuvent être utilisés librement et sans frais par les chercheurs universitaires, étudiants et enseignants-chercheurs dans le cadre d’études scientifiques non commerciales, sous réserve de citer scrupuleusement la source bibliographique originale (Urbany et al., 1996).
  • Tarification : L’utilisation à des fins de recherche fondamentale est gratuite. Aucune licence payante n’est exigée pour les questionnaires académiques à but non lucratif.
  • Utilisation commerciale : Pour une exploitation commerciale propriétaire, un déploiement au sein d’outils logiciels d’évaluation diagnostique payants ou une inclusion dans des plateformes commerciales d’études de marché à grande échelle, une autorisation préalable auprès des ayants droit ou de l’éditeur de la revue peut être requise conformément aux lois internationales sur le copyright.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques, psychométriques et empiriques relatifs à l’échelle des contraintes budgétaires :

  • Briggs, S. R., & Cheek, J. M. (1986). The role of factor analysis in the development and evaluation of personality scales. Journal of Personality, 54(1), 106–148. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1986.tb00391.x
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Mullainathan, S., & Shafir, E. (2013). Scarcity: Why having too little means so much. Times Books, Henry Holt and Company.
  • Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
  • Prelec, D., & Loewenstein, G. (1998). The red and the black: Mental accounting of savings and debt. Marketing Science, 17(1), 4–28. https://doi.org/10.1287/mksc.17.1.4
  • Stigler, G. J. (1961). The economics of information. Journal of Political Economy, 69(3), 213–225. https://doi.org/10.1086/258464
  • Thaler, R. (1985). Mental accounting and consumer choice. Marketing Science, 4(3), 199–214. https://doi.org/10.1287/mksc.4.3.199
  • Thaler, R. H. (1999). Mental accounting matters. Journal of Behavioral Decision Making, 12(3), 183–206. https://doi.org/10.1177/002224299606000207

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please indicate your level of agreement with each of the following statements using the scale provided (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree).
Response Scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)
1

Our monthly income is barely enough to cover our basic expenses.
2

At the end of the month, we rarely have any money left over.
3

We can live comfortably on our present income. (Reverse-scored)
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Contraintes budgétaires (BC). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/contraintes-budgetaires-bc/
Looti, Mohammed. “Contraintes budgétaires (BC).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/contraintes-budgetaires-bc/.
Looti, Mohammed. “Contraintes budgétaires (BC).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/contraintes-budgetaires-bc/.