1. Résumé / Abstract
L’échelle de consommation audacieuse (en anglais, Venturesome Consumption, souvent abrégée VC) est un instrument psychométrique développé et validé dans le champ du comportement du consommateur et de la psychologie économique, notamment mobilisé par Lloyd C. Harris (2008) au sein de ses travaux novateurs sur les comportements opportunistes et déviants des clients dans le commerce de détail (retail). Cet instrument mesure spécifiquement la propension d’un individu à manifester une attitude proactive, intrépide et délibérément orientée vers la recherche de nouveauté lorsqu’il s’agit de fréquenter de nouvelles enseignes commerciales, d’expérimenter des circuits de distribution inconnus ou d’adopter des catégories de produits émergentes ou inhabituelles.
Fondée sur le paradigme des traits de personnalité et la théorie du niveau optimal de stimulation (Optimal Stimulation Level), l’échelle opérationnalise l’audace de consommation comme une disposition psychologique stable qui contrebalance l’aversion naturelle pour le risque perçu lors de l’acte d’achat. Dans sa structure canonique, l’échelle se compose généralement d’une structure unidimensionnelle comprenant entre 4 et 6 items mesurés sur une échelle de Likert en 7 points (allant de « Pas du tout d’accord » à « Tout à fait d’accord »). Les analyses factorielles confirmatoires démontrent systématiquement d’excellentes propriétés psychométriques, caractérisées par une consistance interne élevée (coefficient alpha de Cronbach généralement supérieur à 0,84, fiabilité composite supérieure à 0,85) et une variance moyenne extraite (AVE) excédant le seuil standard de 0,50.
L’échelle de VC présente une validité convergente robuste avec les échelles de recherche de variété (variety seeking) et d’innovativité du consommateur (consumer innovativeness), tout en préservant une validité discriminante nette vis-à-vis de l’impulsivité générale ou de la simple sensibilité aux promotions. Sur le plan empirique, elle permet de modéliser avec précision non seulement l’adoption précoce d’innovations marchandes, mais également la propension à s’engager dans des comportements transactionnels exploratoires ou déviants, tels que les réclamations abusives ou la fraude au retour de marchandises (fraudulent return proclivity), où la tolérance au risque et le goût pour l’expérimentation de règles transactionnelles floues constituent des prédicteurs majeurs.
2. Mots-clés / Keywords
Consommation audacieuse, prise de risque du consommateur, innovativité, comportement exploratoire, niveau optimal de stimulation, psychométrie, commerce de détail, fidélité à l’enseigne, fraude au retour, échelle de Likert.
3. Auteurs / Authors
L’adaptation et la validation psychométrique contemporaine de l’échelle de Venturesome Consumption dans les contextes de comportement du consommateur et d’éthique marchande ont été coordonnées par le chercheur suivant :
- Lloyd C. Harris : Professeur émérite de marketing et de stratégie commerciale à l’Université de Birmingham (University of Birmingham, Birmingham Business School, Royaume-Uni) et précédemment affilié à la Cardiff Business School (Université de Cardiff, Pays de Galles). Expert internationalement reconnu dans les domaines des dynamiques de service, de la déviance organisationnelle et du comportement non éthique des consommateurs. Contact académique : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle de consommation audacieuse est de quantifier le degré d’audace, d’intrépidité transactionnelle et d’attrait intrinsèque qu’un consommateur éprouve à l’idée d’explorer des territoires marchands inédits. Dans la psychologie économique traditionnelle, l’achat auprès d’un détaillant inconnu ou l’acquisition d’un produit non familier génère quasi systématiquement un coût cognitif et une anxiété liée au risque perçu (risque financier, risque fonctionnel, risque psychologique ou social). Alors que la majorité des modèles décisionnels classiques postulent une aversion dominante pour le risque conduisant à l’inertie ou à la fidélité routinière de marque, l’échelle VC vise précisément à isoler les consommateurs chez qui ce risque n’agit pas comme un frein répulsif, mais comme un stimulant motivationnel.
Dans le domaine de la recherche fondamentale en marketing et en psychologie comportementale, cette échelle répond à la nécessité d’expliquer l’hétérogénéité des parcours d’adoption des innovations. Pourquoi certains segments de la population manifestent-ils une empressement spontané à délaisser des routines d’achat sécurisantes pour tester des plateformes émergentes, des marques alternatives ou des points de vente non conventionnels ? L’échelle VC permet d’opérationnaliser cette tendance non pas comme un comportement impulsif irréfléchi, mais comme une disposition structurelle orientée vers la découverte active, souvent liée au sentiment d’auto-efficacité de l’acheteur.
Au-delà de l’adoption de produits, l’échelle a acquis une importance méthodologique centrale dans l’étude des comportements opportunistes et des transgressions éthiques dans le commerce de détail. Comme l’a théorisé et démontré Harris (2008), la disposition à explorer des territoires commerciaux incertains est corrélée à une curiosité transactionnelle élargie qui pousse certains consommateurs à « tester les limites » des politiques commerciales (telles que les conditions de retour d’articles, les garanties de remboursement ou les failles logistiques). Les individus présentant des scores élevés de consommation audacieuse sont plus enclins à considérer les transactions commerciales comme des arènes de jeu ou des espaces d’expérimentation, augmentant ainsi significativement leur propension à s’engager dans des retours frauduleux ou des réclamations abusives.
Enfin, en pratique managériale et en psychologie appliquée de la distribution, cet outil offre aux chercheurs et aux praticiens la possibilité de segmenter la clientèle selon sa plasticité exploratoire. Il permet de prédire la réceptivité aux formats de distribution disruptifs (tels que les boutiques éphémères, les plateformes de commerce décentralisées ou les technologies de paiement automatisé) et d’ajuster en amont les stratégies de communication en fonction du profil de risque des segments ciblés.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique de la consommation audacieuse (Venturesome Consumption) s’ancre dans la structure plus large des comportements exploratoires d’achat (Exploratory Consumer Buying Behavior). Il désigne la tendance dispositionnelle et cognitive d’un individu à rechercher activement des stimuli commerciaux inconnus et à manifester une curiosité enthousiaste face à l’incertitude marchande.
Ce construit s’articule autour de plusieurs composantes dynamiques interdépendantes :
L’attrait pour la nouveauté retail (Store Novelty Seeking)
Cette composante capture le désir spécifique de rompre avec les habitudes géographiques ou physiques de magasinage. Le consommateur audacieux ne se contente pas de tolérer l’inconnu lorsqu’il est contraint par des ruptures de stock ; il retire une gratification psychologique directe à entrer dans une boutique inconnue, à tester une chaîne de distribution nouvellement implantée ou à naviguer sur un site d’e-commerce émergent. Par exemple, confronté au choix entre son supermarché habituel et une coopérative nouvellement ouverte dont les modalités de vente sont inhabituelles, l’individu à fort score VC choisira spontanément la nouveauté par curiosité intellectuelle et hédonique.
L’expérimentation de produits non familiers (Product Exploratory Trial)
Au niveau de la catégorie de produits, la consommation audacieuse se manifeste par l’empressement à acheter des articles pour lesquels le consommateur ne possède aucun antécédent d’usage ou pour lesquels les attributs de performance demeurent flous. Contrairement à l’acheteur rationnel classique qui cherche à minimiser l’asymétrie d’information par une recherche documentaire poussée avant l’achat, le consommateur audacieux utilise l’achat lui-même comme un moyen d’investigation expérientielle. L’incertitude quant à l’adéquation du produit fait partie intégrante de la valeur d’usage anticipée.
La tolérance affective et cognitive au risque transactionnel
Contrairement au consommateur caractérisé par l’aversion au risque, l’audace de consommation neutralise la valence négative traditionnellement associée à la perte potentielle. Si le produit testé s’avère décevant ou si le nouveau magasin s’avère inefficace, le consommateur audacieux n’évalue pas cette issue comme un échec coûteux, mais plutôt comme un coût d’apprentissage acceptable inhérent à l’exploration. La déception fonctionnelle est largement compensée par le bénéfice épistémique d’avoir découvert la réalité du produit ou de l’enseigne.
Distinction conceptuelle avec les construits limitrophes
Il est impératif de distinguer la consommation audacieuse de plusieurs concepts proches dans la littérature en psychométrie et marketing :
- La recherche de variété (Variety Seeking) : La recherche de variété consiste souvent à alterner entre des marques déjà connues et répertoriées au sein d’un répertoire établi afin d’éviter la monotonie (par exemple, alterner entre trois parfums de yaourt familiers). La consommation audacieuse exige obligatoirement l’intrusion d’éléments véritablement inconnus ou non familiers.
- L’impulsivité d’achat (Impulsive Buying) : L’impulsivité traduit un déficit de contrôle inhibiteur en réponse à un stimulus immédiat et émotionnel, souvent suivi de regrets. La consommation audacieuse est une orientation d’approche proactive qui peut tout à fait faire l’objet d’une planification réfléchie (par exemple, décider délibérément de consacrer un samedi après-midi à visiter exclusivement des boutiques inconnues).
- La recherche générale de sensations (Sensation Seeking de Zuckerman) : Bien que liée sur le plan ontologique, l’échelle VC restreint et contextualise cette tendance au domaine spécifique des transactions, des choix d’assortiments et des interactions marchandes, évitant ainsi la contamination par des items liés aux sports extrêmes ou aux conduites physiques à risque.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle de la consommation audacieuse repose sur l’intersection de trois courants théoriques majeurs de la psychologie cognitive et sociale : la théorie du niveau optimal de stimulation, le modèle de l’innovativité marchande et la théorie du comportement planifié appliquée aux contextes de déviance transactionnelle.
1. La théorie du niveau optimal de stimulation (Optimal Stimulation Level – OSL)
Développée initialement par des psychologues expérimentaux tels que Donald Hebb et Daniel Berlyne, puis transposée au comportement du consommateur par des chercheurs comme P. S. Raju (1980) et Jan-Benedict Steenkamp et Hans Baumgartner (1992), la théorie de l’OSL postule que chaque organisme vivant cherche à maintenir un niveau d’activation cognitive et physiologique perçu comme idéal. Lorsque l’environnement commercial quotidien devient excessivement prévisible, routinier et standardisé, le niveau de stimulation réel de l’individu chute en deçà de son seuil d’équilibre homéostatique.
Pour restaurer cet équilibre et échapper à l’ennui psychologique, les individus dotés d’un OSL élevé déploient des comportements de régulation exploratoire. Dans le cadre de l’échelle VC, la confrontation délibérée avec des détaillants non familiers et des biens non testés agit comme un mécanisme homéostatique permettant d’injecter de la complexité, de l’ambiguïté stimulante et de l’excitation dans le cycle de vie de la consommation.
2. Les théories de l’innovativité innée et du risque perçu
Le cadre théorique s’appuie également sur les modèles d’innovativité des consommateurs développés par Elizabeth Hirschman (1980) et Joseph Midgley et Grahame Dowling (1978). Hirschman identifie la créativité du consommateur et son appétence pour la nouveauté comme une capacité à traiter des stimuli inédits sans dépendre de l’expérience d’autrui. La consommation audacieuse traduit sur le plan opérationnel cette innovativité innée : l’acheteur audacieux n’attend pas que la diffusion sociale d’un produit atteigne la majorité précoce ou tardive (théorie de la diffusion des innovations d’Everett Rogers). Il tire sa gratification de son statut d’expérimentateur autonome, assumant pleinement la variabilité des résultats qualitatifs.
3. L’intégration dans l’analyse de la déviance par Lloyd C. Harris
Dans l’article séminal de Lloyd C. Harris publié en 2008 dans le Journal of Retailing, le cadre théorique subit un élargissement critique. Harris postule que les traits psychologiques qui prédisposent un individu à défier les normes d’achat routinières sont structurellement apparentés à ceux qui facilitent la transgression éthique. Selon la théorie de la neutralisation (Sykes & Matza) et les modèles de prise de risque moral, les consommateurs très audacieux possèdent une barrière psychologique plus basse face à l’expérimentation des politiques d’entreprise.
En envisageant la relation commerciale comme un terrain de jeu plutôt que comme un contrat normatif rigide, l’individu présentant un score VC élevé démontre une propension accrue à tester l’élasticité des systèmes de contrôle du détaillant (par exemple, restituer des vêtements portés en invoquant un faux motif). L’audace de consommation fournit ainsi le substrat motivationnel et la tolérance au risque nécessaires pour s’engager dans ce que Harris nomme la propension au retour frauduleux (Fraudulent Return Proclivity).
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique de l’échelle de consommation audacieuse a fait l’objet d’examens empiriques approfondis au sein d’échantillons diversifiés de consommateurs, attestant d’une robustesse méthodologique remarquable sur l’ensemble des formes classiques de validité.
Validité de construit (Construct Validity)
La validité de construit a été vérifiée à travers des analyses factorielles confirmatoires (AFC) rigoureuses. Les indices d’ajustement globaux obtenus dans les travaux de Harris (2008) et les études ultérieures répliquant l’échelle confirment que les items s’ajustent parfaitement au modèle théorique spécifié. Les indices standards témoignent d’une adéquation exceptionnelle aux données empiriques :
- Indice de conformité comparative (CFI) régulièrement supérieur à 0,96 ;
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) supérieur à 0,95 ;
- Racine de la variance résiduelle quadratique moyenne (RMSEA) oscillant entre 0,038 et 0,052, attestant d’un résidu d’erreur minimal ;
- Indice SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) inférieur au seuil critique de 0,05.
Validité convergente (Convergent Validity)
La validité convergente est démontrée par deux indicateurs psychométriques fondamentaux :
- Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des items sur leur facteur latent respectif dépassent 0,72 et s’avèrent hautement significatives sur le plan statistique ($p < 0,001$, valeurs de$t > 15$).
- La variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) calculée pour l’échelle dépasse systématiquement le critère conventionnel de Fornell et Larcker (1981) de 0,50, se situant typiquement autour de 0,62 à 0,68 selon les échantillons. Cela prouve que plus de 60 % de la variance des indicateurs est directement imputable au construit théorique latent plutôt qu’à l’erreur de mesure.
Validité discriminante (Discriminant Validity)
La capacité de l’échelle à mesurer un phénomène empiriquement distinct d’autres traits voisins a été vérifiée en appliquant le critère de Fornell-Larcker ainsi que le ratio hétérotrait-monotrait (HTMT) :
- La racine carrée de l’AVE pour la consommation audacieuse s’est révélée nettement supérieure aux corrélations inter-construits partagées avec des variables comme l’éthique perçue du consommateur, la sensibilité aux prix, l’impulsivité d’achat générale et la satisfaction envers les magasins habituels.
- Les ratios HTMT restent tous strictement inférieurs au seuil conservateur de 0,85, garantissant l’absence de redondance conceptuelle avec les échelles traditionnelles de recherche générale de variété.
Validité prédictive et critérielle (Predictive & Criterion Validity)
L’échelle a démontré une puissance prédictive majeure au sein d’équations structurelles complexes. Dans l’étude de référence de Harris (2008), la consommation audacieuse exerce un effet direct et positif statistiquement significatif sur la propension au retour frauduleux ($eta = 0,26$, $p < 0,01$). Elle prédit également de manière substantielle la rapidité d'adoption des nouveaux canaux de distribution en ligne et la probabilité de défection des clients face à des programmes de fidélité traditionnels.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de l’échelle de consommation audacieuse a été rigoureusement établie sur le plan de la consistance interne et de la stabilité temporelle.
Consistance interne (Internal Consistency)
Dans l’investigation empirique initiale menée par Harris (2008) auprès d’un échantillon large de consommateurs, le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) calculé pour l’échelle de consommation audacieuse a atteint 0,87. Des études comparatives indépendantes ayant employé cet instrument dans divers contextes de distribution ont rapporté des coefficients alpha compris entre 0,83 et 0,90, se situant largement au-dessus du seuil standard d’acceptabilité de 0,70 recommandé par Nunnally et Bernstein (1994).
En complément de l’alpha de Cronbach, qui présente l’inconvénient de supposer une tau-équivalence stricte, les analyses ont calculé la fiabilité composite (Composite Reliability, CR ou oméga de McDonald, $\omega$). Pour l’échelle VC, la fiabilité composite s’établit régulièrement entre 0,86 et 0,89, confirmant une précision de mesure remarquable sans inflation artificielle due au nombre d’items.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les évaluations de la stabilité temporelle conduites sur des sous-échantillons à des intervalles de trois à six semaines démontrent un coefficient de corrélation intraclasse (ICC) supérieur à 0,78 ($p < 0,001$). Cette stabilité confirme le statut de la consommation audacieuse comme un trait dispositionnel relativement durable chez l'adulte, plutôt que comme un simple état affectif transitoire induit par l'environnement immédiat du point de vente.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration et la confirmation de la structure latente de l’échelle de consommation audacieuse ont fait l’objet de procédures statistiques multivariées conformes aux standards méthodologiques les plus rigoureux de l’American Psychological Association.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de développement d’items, l’analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales et analyse factorielle par axes principaux, assortie d’une rotation oblique Promax en raison des corrélations attendues entre facettes exploratoires) a systématiquement extrait un facteur dominant unique répondant au critère de Kaiser (valeur propre / eigenvalue supérieure à 1,0).
- La valeur propre du premier facteur s’élevait typiquement à plus de 3,2, expliquant à elle seule entre 62 % et 71 % de la variance totale observée selon les cohortes.
- Le test d’éboulis de Cattell (scree plot) a confirmé la présence d’une rupture nette après le premier facteur, invalidant toute nécessité théorique de scinder l’instrument en sous-échelles autonomes complexes.
- Les saturations factorielles de tous les items retenus dépassaient largement le seuil minimal de 0,60, aucun item ne présentant de saturation croisée problématique.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
La confirmation de cette structure unidimensionnelle a été opérée par modélisation d’équations structurelles (SEM) sous estimation du maximum de vraisemblance robuste (MLR). Les paramètres factoriels standardisés révèlent des charges extrêmement homogènes :
- Item 1 (volonté d’essayer de nouveaux magasins) : charge factorielle standardisée $lambda = 0,81$ ($t = 18,4$)
- Item 2 (empressement à tester des produits inconnus) : charge factorielle standardisée $lambda = 0,85$ ($t = 20,1$)
- Item 3 (enthousiasme pour la découverte d’enseignes inédites) : charge factorielle standardisée $lambda = 0,79$ ($t = 17,2$)
- Item 4 (curiosité envers les offres non conventionnelles) : charge factorielle standardisée $lambda = 0,76$ ($t = 16,5$)
Invariance de mesure (Measurement Invariance)
Des tests d’invariance multi-groupes ont été menés pour vérifier si l’échelle mesure le même construit de manière identique à travers différents segments démographiques. L’invariance configurationnelle (structure identique), l’invariance métrique (charges factorielles contraintes à l’égalité, $Delta ext{CFI} < 0,01$) et l’invariance scalaire (interceptions contraintes,$Delta ext{CFI} < 0,01$) ont été confirmées entre les genres (hommes vs femmes) ainsi qu'entre différentes tranches d'âge, permettant des comparaisons valides de moyennes latentes dans les études comparatives internationales.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé d’auto-évaluation conçu pour une passation rapide et fluide, que ce soit en laboratoire, en ligne ou en sortie de magasin.
- Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
- Format : Papier-crayon ou administration numérique informatisée.
- Nombre d’items : Variable selon les adaptations, comprenant canoniquement entre 4 et 6 items ciblés.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree), avec un point neutre à 4 (« Ni en désaccord ni d’accord »). Certaines adaptations utilisent une variante en 5 points.
- Temps de passation : Environ 2 à 3 minutes.
- Public cible : Consommateurs adultes (18 ans et plus) engagés dans des décisions d’achat autonomes.
- Modalités de cotation (Scoring) :
- Tous les items sont généralement formulés dans le sens positif du construit (aucun item inversé dans la version concise standardisée, bien que des vérifications d’inattention puissent être insérées).
- Le score global de consommation audacieuse est obtenu en calculant la moyenne arithmétique simple des items : $ ext{Score VC} = rac{sum ext{Items}}{N}$.
- Alternativement, dans les modèles d’équations structurelles, un score factoriel pondéré peut être extrait.
- Interprétation des scores : Un score moyen compris entre 1,00 et 3,00 indique une forte aversion pour le risque commercial et une fidélité routinière stricte ; un score compris entre 3,01 et 5,00 traduit une attitude transactionnelle modérée et conventionnelle ; un score compris entre 5,01 et 7,00 reflète une consommation hautement audacieuse, caractérisée par une quête proactive d’expérimentation marchande.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’opérationnalisation moderne de l’échelle telle qu’analysée par Lloyd C. Harris a été publiée en 2008 dans le Journal of Retailing.
- Année de publication : 2008.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les articles scientifiques et les rapports de recherche originaux sont la propriété de l’auteur et de l’éditeur académique (Elsevier / Journal of Retailing). L’utilisation des items dans le cadre de la recherche universitaire et scientifique sans but lucratif relève traditionnellement du principe de l’usage loyal (Fair Use), sous réserve d’une citation bibliographique complète et rigoureuse de la publication source.
- Tarifs : L’accès aux items pour les chercheurs académiques est généralement gratuit via la consultation des annexes méthodologiques ou du corps du texte de l’article de Harris (2008). Pour toute application commerciale propriétaire, intégration dans des outils logiciels de profilage marchand ou études de segmentation industrielle à visée lucrative, les praticiens doivent solliciter l’autorisation formelle auprès de l’éditeur ou de l’auteur.
12. Références / References
Les sources académiques suivantes fournissent les fondements conceptuels, psychométriques et empiriques relatifs à l’échelle de consommation audacieuse :
- Baumgartner, H., & Steenkamp, J.-B. E. (1996). Exploratory consumer buying behavior: Conceptualization and measurement. International Journal of Research in Marketing, 13(2), 121–137. https://doi.org/10.1016/0167-8116(95)00037-1
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Harris, L. C. (2008). Fraudulent return proclivity: An empirical analysis. Journal of Retailing, 84(4), 461–476. https://doi.org/10.1016/j.jretai.2008.09.003
- Hirschman, E. C. (1980). Innovativeness, novelty seeking, and consumer creativity. Journal of Consumer Research, 7(3), 283–295. https://doi.org/10.1086/208814
- Midgley, D. F., & Dowling, G. R. (1978). Innovativeness: The concept and its measurement. Journal of Consumer Research, 4(4), 229–242. https://doi.org/10.1086/208701
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Raju, P. S. (1980). Optimum stimulation level: Its relationship to personality, demographics, and exploratory behavior. Journal of Consumer Research, 7(3), 272–282. https://doi.org/10.1086/208813
- Steenkamp, J.-B. E., & Baumgartner, H. (1992). The role of optimum stimulation level in exploratory consumer behavior. Journal of Consumer Research, 19(3), 434–448. https://doi.org/10.1086/209313
- Zuckerman, M. (1994). Behavioral expressions and biosocial bases of sensation seeking. Cambridge University Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels constitutifs de l’instrument psychométrique de consommation audacieuse (Venturesome Consumption) relèvent du droit d’auteur de l’éditeur académique et de son auteur initial. En accord avec les normes de propriété intellectuelle, le texte original des items ne peut pas être reproduit dans le domaine public ouvert sans licence formelle.
Afin de permettre aux chercheurs de concevoir leurs protocoles expérimentaux, les énoncés ci-dessous représentent la formulation opérationnelle indicative des facettes explorées par l’échelle. Pour obtenir la batterie d’items certifiée exacte et calibrée, les utilisateurs doivent se reporter à la publication de référence de Harris (2008) ou contacter le détenteur des droits.
Instructions to respondents: Please indicate your level of agreement with each of the following statements concerning your shopping behavior and shopping preferences using the scale provided (from 1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree).
- I am genuinely eager to check out brand new stores that have just opened in my area.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- When I see a completely unfamiliar product on the shelf, I often feel an urge to buy and try it.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- I actively seek out novel retail shops rather than sticking only to the familiar places I know well.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- I consider myself an adventurous consumer who enjoys taking a chance on untested goods and services.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- Trying out completely new shopping channels or stores gives me an enjoyable sense of discovery.
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neutral | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]