Conscience de soi publique (PSC)

La sous-échelle de Conscience de soi publique (PSC) évalue la propension stable à focaliser son attention sur son apparence, son style et l’impression produite sur autrui.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle de Conscience de soi publique (Public Self-Consciousness Scale, PSC) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par Allan Fenigstein, Michael F. Scheier et Arnold H. Buss en 1975 au sein de la Self-Consciousness Scale (SCS). Cette sous-échelle spécifique comprend sept items mesurant la propension durable d’un individu à focaliser son attention sur les aspects observables et sociaux de sa personne, incluant l’apparence physique, les comportements manifestes, le style personnel et l’impression produite sur autrui. Les répondants évaluent chaque proposition à l’aide d’une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« extrêmement peu caractéristique ») à 4 (« extrêmement caractéristique »). D’un point de vue structural, la PSC constitue l’un des trois piliers de l’évaluation de la conscience de soi dispositionnelle, aux côtés de la conscience de soi privée (introspection et attention portée aux états internes) et de l’anxiété sociale (réactions d’appréhension et d’inconfort en situation interpersonnelle).

Les propriétés métrologiques de la sous-échelle ont fait l’objet de nombreuses validations empiriques. La consistance interne est généralement considérée comme satisfaisante à excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,78 et 0,86 selon les populations étudiées. La fidélité test-retest à deux semaines se situe autour de r = 0,84, confirmant la nature dispositionnelle et stable du construit. Au plan de la validité de construit, la PSC présente des corrélations positives significatives avec le monitorage de soi (self-monitoring), la sensibilité au rejet, la peur de l’évaluation négative et les comportements de conformisme social, tout en demeurant empiriquement distincte de l’anxiété sociale et de l’estime de soi globale. Utilisée de manière intensive en psychologie sociale, en psychopathologie cognitive et en psychologie du consommateur, la PSC demeure la référence internationale pour opérationnaliser la perspective du soi en tant qu’objet social exposé au regard d’autrui.

2. Mots-clés / Keywords

Conscience de soi publique, présentation de soi, monitorage de soi, image corporelle, évaluation sociale, psychométrie, gestion des impressions, comparaison sociale, cognition sociale, psychologie dispositionnelle, théorie de la conscience de soi objective, échelle de Likert.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et formalisée par trois chercheurs de premier plan en psychologie de la personnalité et psychologie sociale :

  • Allan Fenigstein : Docteur en psychologie, professeur émérite au département de psychologie du Kenyon College (Gambier, Ohio, États-Unis). Ses recherches pionnières se sont concentrées sur les processus d’attention dirigée vers le soi, les distorsions attributives et la paranoïa subclinique.
  • Michael F. Scheier : Docteur en psychologie de l’Université du Texas à Austin, professeur distingué de psychologie à l’Université Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis). Réputé mondialement pour ses travaux sur la régulation de l’action, l’optimisme dispositionnel et la santé comportementale, il a co-développé la théorie du contrôle appliquée au comportement humain avec Charles S. Carver.
  • Arnold H. Buss (1924–2021) : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Texas à Austin. Figure majeure de la recherche sur l’agressivité, le tempérament développemental et les bases biologiques de la personnalité, il a grandement contribué à la distinction conceptuelle entre aspects publics et privés de l’individualité.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la sous-échelle de Conscience de soi publique est de quantifier les différences interindividuelles stables quant à la direction habituelle de l’attention vers les caractéristiques extérieures du soi. Alors que certains individus traversent leurs journées sans s’interroger sur l’effet que leur présence produit sur leur entourage, d’autres maintiennent un état quasi continu de vigilance réflexive à l’égard de leur posture, de leurs vêtements, de leurs mimiques faciales et de leurs discours. L’instrument vise précisément à isoler cette tendance cognitive sans la confondre avec la détresse affective ou la peur paralysante du jugement, qui relèvent spécifiquement de l’anxiété sociale.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, la PSC est exploitée pour élucider les mécanismes de la gestion des impressions (impression management) et de la mise en scène de soi (self-presentation). Les chercheurs l’utilisent afin de prédire la propension des individus à se conformer aux pressions normatives d’un groupe, à modifier leurs attitudes publiques sous l’effet de la présence d’observateurs ou de caméras, et à s’engager dans des conduites compensatoires lorsque leur image sociale est menacée. Les théories de la cognition sociale ont abondamment démontré que les scores élevés à la PSC augmentent la saillance des stéréotypes sociaux intériorisés et intensifient la sensibilité aux rétroactions non verbales fournies par les pairs.

Sur le plan des applications cliniques et de la santé comportementale, l’évaluation de la conscience de soi publique éclaire la genèse et le maintien de plusieurs tableaux psychopathologiques. Dans le cadre de la phobie sociale et des troubles de l’anxiété sociale, une conscience de soi publique hypertrophiée alimente le traitement autoréférentiel excessif décrit dans les modèles cognitifs de Clark et Wells (1995) : le patient construit une représentation mentale négative de sa performance physique perçue par autrui, déclenchant des boucles de rétroaction anxiogènes. De même, dans les troubles des conduites alimentaires (anorexie mentale, boulimie) et la dysmorphophobie (body dysmorphic disorder), l’auto-observation publique exacerbée catalyse la surveillance compulsive du corps et l’insatisfaction corporelle.

Enfin, dans les domaines de la psychologie du travail, du comportement organisationnel et du marketing, la PSC sert à comprendre comment les individus sélectionnent des symboles de statut, des marques de vêtements ou des styles de communication pour projeter une identité valorisée. Elle aide à modéliser le leadership transformationnel, la négociation interpersonnelle et l’adaptation aux cultures d’entreprise exigeant une stricte conformité protocolaire.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de conscience de soi publique s’inscrit au carrefour des théories de l’attention réflexive et de l’interactionnisme social. Il désigne l’état ou la disposition par lequel un individu appréhende son propre organisme comme un objet social perceptible dans le champ visuel et cognitif d’un tiers. Ce phénomène implique un décentrement cognitif : le sujet se place virtuellement dans la perspective de l’observateur pour contempler ses propres attributs extérieurs.

Les conceptualisations de Fenigstein, Scheier et Buss (1975) distinguent rigoureusement la conscience de soi publique de deux construits adjacents :

  • La conscience de soi privée (Private Self-Consciousness) : Orientation dirigée vers les aspects intimes, non observables directement par autrui, tels que les sensations corporelles intéroceptives, les affects naissants, les motivations cachées, les dilemmes moraux et les pensées intérieures. Un individu hautement conscient de soi sur le plan privé examine son for intérieur, tandis qu’un individu hautement conscient sur le plan public examine son reflet social.
  • L’anxiété sociale (Social Anxiety) : Réaction affective aversive caractérisée par l’appréhension, le malaise physique (palpitations, tremblements, rougissement) et l’inhibition motrice en présence d’autrui. La conscience de soi publique est une modalité attentionnelle et cognitive qui prédispose à l’anxiété sociale sans s’y identifier : on peut être extrêmement conscient de son style ou de son apparence par pur intérêt esthétique ou stratégique, sans éprouver la moindre détresse psychologique.

L’analyse détaillée des facettes opérationnalisées par les sept items de l’échelle révèle trois composantes interconnectées :

  1. La conscience de l’apparence physique et corporelle : Elle renvoie à l’attention soutenue portée aux caractéristiques vestimentaires, morphologiques et cosmétiques. Cette facette est illustrée par des comportements récurrents de vérification visuelle (comme regarder son reflet dans un miroir avant de quitter son domicile) et par une conscience continue de son allure générale face aux passants.
  2. La préoccupation pour le style et la présentation de soi : Elle englobe le contrôle volontaire des manières d’agir, du débit verbal, de la posture et des expressions comportementales. L’individu cherche à maîtriser la façon dont ses actes sont décodés, manifestant un souci explicite de cohérence stylistique et d’élégance sociale.
  3. La sensibilité à l’évaluation d’autrui et la gestion des impressions : Cette composante implique une rumination anticipatoire et rétrospective concernant l’opinion formée par les observateurs. L’individu consacre des ressources attentionnelles significatives à tenter de deviner le jugement extérieur, veillant méticuleusement à « faire bonne impression » lors de ses interactions.

À titre d’illustration, face à une situation de prise de parole en public, une personne présentant un niveau élevé de conscience de soi privée sera principalement focalisée sur l’accélération de son rythme cardiaque ou l’authenticité de ses convictions. À l’inverse, une personne affichant un score élevé de conscience de soi publique s’interrogera intensément sur la symétrie de sa tenue vestimentaire, la gestuelle de ses mains, le timbre de sa voix et le regard critique que l’auditoire porte sur son maintien corporel.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La genèse de la sous-échelle de conscience de soi publique s’enracine dans la convergence historique entre la psychologie sociale expérimentale de l’attention et les théories sociologiques du soi.

Le socle conceptuel immédiat repose sur la théorie de la conscience de soi objective formulée par Shelley Duval et Robert Wicklund en 1972 (A Theory of Objective Self Awareness). Duval et Wicklund postulaient que l’attention consciente fonctionne comme un faisceau directionnel bipolaire : soit elle est dirigée vers l’environnement extérieur (état de conscience subjective), soit elle est redirigée vers le soi (état de conscience objective). Lorsque l’attention se focalise sur le soi, l’individu opère une comparaison automatique entre son état actuel et les standards idéaux qu’il a intériorisés. Fenigstein, Scheier et Buss (1975) ont enrichi ce paradigme en démontrant que l’attention réflexive n’est pas un phénomène unitaire et contextuel passager, mais qu’elle se scinde de manière structurelle selon la nature du stimulus ciblé (aspects privés vs aspects publics), tout en constituant un trait de personnalité stable à travers le temps.

Au niveau sociologique et psychosocial, le construit s’appuie sur la tradition de l’interactionnisme symbolique initiée par George Herbert Mead (1934) dans son ouvrage Mind, Self, and Society. Mead distinguait le « Je » (I), sujet agissant spontané, du « Moi » (Me), intériorisation organisée des attitudes d’autrui envers soi-même. La conscience de soi publique représente l’actualisation psychologique du concept meadien de « prise de rôle de l’autre » (role-taking) : le sujet se contemple à travers le prisme de « l’autrui généralisé ». Cette perspective fait également écho au concept de « soi-miroir » (looking-glass self) forgé par Charles Horton Cooley (1902), selon lequel notre perception de nous-mêmes est le reflet direct de la façon dont nous imaginons qu’autrui nous perçoit et nous évalue.

Enfin, la modélisation théâtrale de Erving Goffman (1959) sur La mise en scène de la vie quotidienne (The Presentation of Self in Everyday Life) fournit le cadre interprétatif des conduites mesurées par l’instrument. Goffman postule que tout acteur social déploie une dramaturgie destinée à préserver sa « façade » et à éviter les ruptures de cadre interactif. Les individus caractérisés par une forte conscience de soi publique sont des acteurs perpétuellement conscients des exigences de la scène sociale, surveillant chaque accessoire, chaque geste et chaque costume pour garantir l’efficacité de leur jeu de rôle institutionnel.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques de la sous-échelle de Conscience de soi publique ont été documentées au cours de décennies d’investigations empiriques portant sur des échantillons diversifiés (étudiants, populations cliniques, adultes en milieu de travail).

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des associations robustes avec plusieurs construits majeurs évaluant la sensibilité interpersonnelle :

  • Monitorage de soi (Self-Monitoring) : Des corrélations positives modérées à élevées (généralement comprises entre r = 0,35 et r = 0,55) sont observées avec l’échelle de monitorage de soi de Snyder (1974), plus spécifiquement avec les sous-dimensions relatives à l’attention portée aux indices sociaux de pertinence comportementale.
  • Peur de l’évaluation négative (Fear of Negative Evaluation, FNE) : Les recherches menées par Watson et Friend (1969), puis répliquées par Leary (1983), indiquent une corrélation constante comprise entre r = 0,40 et r = 0,52, confirmant que l’auto-observation publique est intrinsèquement liée à la préoccupation pour le jugement formulé par autrui.
  • Surveillance du corps (Body Surveillance) : Dans le cadre de la théorie de l’auto-objectification de Fredrickson et Roberts (1997), la PSC présente une forte corrélation (r > 0,50) avec les échelles de surveillance corporelle objectivée, validant son aptitude à capter l’auto-surveillance esthétique.

Validité discriminante

La validité discriminante est étayée par l’indépendance statistique relative entre la PSC et la conscience de soi privée. Dans l’échantillon princeps de Fenigstein et al. (1975) comprenant 843 étudiants universitaires, la corrélation inter-échelles entre conscience publique et privée était modérée (r = 0,23), indiquant que ces deux modes attentionnels constituent des traits orthogonaux plutôt que les pôles opposés d’un continuum unique. De même, bien que la PSC soit corrélée positivement à l’anxiété sociale (r = 0,21 à 0,32), elle s’en détache nettement dans les analyses régressives : la conscience de soi publique prédit le comportement d’ajustement sans nécessairement prédire la détresse somatique ou le sentiment de panique.

Validité prédictive et expérimentale

La validité prédictive a été établie dans de multiples protocoles expérimentaux :

  • Conformité sociale : Carver et Scheier (1981) ont démontré que les individus à score élevé de PSC se conforment significativement plus aux jugements unanimes erronés d’un groupe (paradigme de Asch) lorsque leurs réponses sont données à voix haute devant les pairs, par rapport aux conditions de passation anonyme.
  • Sensibilité aux miroirs et caméras : Les manipulations expérimentales induisant un état de conscience de soi publique transitoire (disposition d’une caméra vidéo face au sujet) exercent un impact modéré sur les sujets présentant déjà une PSC dispositionnelle élevée, tandis qu’elles provoquent une élévation comportementale abrupte chez les sujets à faible PSC.
  • Précision du jugement métaperceptif : Les individus ayant une conscience publique élevée anticipent avec une exactitude statistique supérieure l’évaluation que leurs interlocuteurs formulent sur leur sympathie et leur compétence au terme d’un entretien en face-à-face.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de la sous-échelle de Conscience de soi publique indique une homogénéité des items et une stabilité temporelle répondant aux standards méthodologiques les plus rigoureux de la psychométrie contemporaine.

Consistance interne

Dans la publication originale de Fenigstein, Scheier et Buss (1975), la consistance interne de la sous-échelle PSC (7 items) affichait un coefficient alpha de Cronbach de 0,79 pour un échantillon de 457 hommes et de 0,84 pour un échantillon de 386 femmes. Les études ultérieures de réplication ont corroboré ces valeurs :

  • L’étude de révision de Carver et Scheier (1985), portant sur la version révisée de l’échelle (SCS-R), rapporte un alpha de Cronbach de 0,81.
  • Les travaux de validation transculturelle de Pelletier et Vallières (1990) auprès d’une population francophone canadienne ont rapporté un coefficient alpha de 0,82 pour la version traduite de la sous-échelle publique.
  • Les adaptations européennes (notamment allemandes par Heinemann, 1979, et italiennes par Comunian, 1984) ont mis en évidence des coefficients d’homogénéité variant de 0,76 à 0,85.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été testée sur des intervalles variés, attestant qu’il s’agit d’un trait durable de la personnalité :

  • Fenigstein et al. (1975) ont évalué la fidélité test-retest sur un sous-échantillon de 123 sujets avec un intervalle de deux semaines. Le coefficient de stabilité temporelle s’est élevé à r = 0,84 (p < 0,001).
  • Carver et Scheier (1978) ont réexaminé la stabilité sur une période plus longue de quatre semaines, constatant un coefficient test-retest de r = 0,77.
  • Des études longitudinales portant sur des transitions de vie (comme l’entrée à l’université ou le début de carrière) démontrent que, bien que des variations contextuelles mineures puissent survenir, le rang relatif des individus au sein de leur groupe de référence demeure hautement stable sur plusieurs années.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la sous-échelle de Conscience de soi publique a fait l’objet d’analyses poussées, générant des débats théoriques stimulants quant à son unidimensionnalité ou sa bidimensionnalité potentielle.

Analyse factorielle exploratoire (AFE) originale

Fenigstein, Scheier et Buss (1975) ont soumis les 38 items initiaux de leur instrument à une analyse en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale Varimax auprès d’une cohorte de 843 étudiants universitaires. Cette analyse a extrait trois facteurs dominants expliquant l’essentiel de la variance commune. Le deuxième facteur regroupait précisément les 7 items de la PSC, avec des saturations factorielles (factor loadings) remarquablement élevées et sans recouvrement notable avec les autres composantes :

  • Item 1 (« I’m concerned about my style of doing things ») : saturation de 0,62
  • Item 2 (« I’m concerned about the way I present myself ») : saturation de 0,71
  • Item 3 (« I’m self-conscious about the way I look ») : saturation de 0,67
  • Item 4 (« I usually worry about making a good impression ») : saturation de 0,64
  • Item 5 (« One of the last things I do before I leave my house is look in the mirror ») : saturation de 0,48
  • Item 6 (« I’m concerned about what other people think of me ») : saturation de 0,69
  • Item 7 (« I’m usually aware of my appearance ») : saturation de 0,59

Débats factoriels et Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Au début des années 1980, plusieurs chercheurs en psychométrie et marketing social, notamment Burnkrant et Page (1984), ainsi que Mittal et Balasubramanian (1987), ont questionné l’unidimensionnalité stricte de la sous-échelle à travers des modèles d’équations structurelles (AFC). Leurs analyses ont suggéré que la PSC pouvait se subdiviser en deux sous-dimensions sous-jacentes corrélées :

  1. La conscience du style de présentation (Style of Presentation) : items 1, 2, 4 et 6, centrés sur la gestion active de l’impression et les préoccupations comportementales.
  2. La conscience de l’apparence physique (Appearance Consciousness) : items 3, 5 et 7, axés sur la vigilance morphologique, corporelle et les comportements concrets de vérification (comme l’usage du miroir).

Cependant, les réanalyses conduites par Carver et Scheier (1985, 1987) ont vigoureusement défendu l’intégrité du construit d’ensemble. En appliquant des analyses factorielles confirmatoires de second ordre, Carver et Scheier ont prouvé qu’un modèle hiérarchique comportant un facteur général de conscience de soi publique englobant ces deux composantes présentait d’excellents indices d’ajustement (ex. CFI > 0,94, TLI > 0,92, RMSEA < 0,06). Les auteurs ont conclu que scinder artificiellement ces 7 items appauvrissait la valeur prédictive globale de l’instrument. En pratique psychométrique, l’utilisation d’un score unique global demeure la norme préconisée et la plus robuste méthodologiquement.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé court, administrable individuellement ou en passation collective, au format papier-crayon ou sur plateforme informatique.

  • Nom officiel de l’instrument : Sous-échelle de Conscience de soi publique de l’Échelle de conscience de soi (Public Self-Consciousness Subscale of the Self-Consciousness Scale, PSC-SCS).
  • Typologie d’évaluation : Échelle d’auto-évaluation dispositionnelle (auto-rapport).
  • Nombre total d’items : 7 propositions directes.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points d’ancrage obligatoire :
    • 0 = Extrêmement peu caractéristique (extremely uncharacteristic) / Pas du tout comme moi (not at all like me)
    • 1 = Peu caractéristique (uncharacteristic) / Un peu comme moi (a little like me)
    • 2 = Neutre (neutral) / Moyennement comme moi (somewhat like me)
    • 3 = Caractéristique (characteristic) / Assez bien comme moi (well like me)
    • 4 = Extrêmement caractéristique (extremely characteristic) / Tout à fait comme moi (a lot like me)
  • Durée approximative de passation : 2 à 4 minutes pour les 7 items (environ 5 à 8 minutes lorsqu’elle est incluse dans l’échelle complète de 23 items).
  • Règles de cotation et calcul des scores : Le score global s’obtient par la somme arithmétique simple des 7 items. Il n’y a aucun item inversé dans la sous-échelle de conscience de soi publique (tous les items sont formulés dans le sens direct du construit).
  • Étendue du score total : De 0 à 28 points.
    • Score de 0 à 9 : Conscience de soi publique très faible. L’individu manifeste un désintérêt prononcé pour la gestion des impressions et n’accorde qu’une attention minime à son apparence ou aux réactions d’autrui.
    • Score de 10 à 18 : Conscience de soi publique modérée ou intermédiaire. Représente la moyenne normative au sein des populations générales ; l’individu est conscient des règles sociales sans en être obsédé.
    • Score de 19 à 28 : Conscience de soi publique élevée à extrême. Hypervigilance attentionnelle tournée vers l’apparence, préoccupation constante pour l’impression produite et sensibilité aiguë au regard d’autrui.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La sous-échelle de Conscience de soi publique a été formalisée et publiée pour la première fois en 1975 au sein de la revue Journal of Consulting and Clinical Psychology par l’American Psychological Association (APA).

Concernant les droits d’usage et les conditions financières :

  • Statut pour la recherche académique et scientifique : L’instrument appartient au domaine de la recherche académique ouverte. Les auteurs originaux (Fenigstein, Scheier et Buss) ont conçu l’échelle pour une dissémination large et non lucrative. Les chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants et cliniciens peuvent l’utiliser librement, sans avoir à s’acquitter de redevances ou de droits de licence (fee-free for academic research), sous réserve expresse de citer convenablement l’article princeps de 1975.
  • Utilisation commerciale et applications en entreprise : Toute reproduction dans un produit commercial d’édition psychologique, logiciel payant de diagnostic RH ou ouvrage diffusé à des fins marchandes requiert une autorisation écrite préalable conformément aux règles de copyright gérées par l’American Psychological Association pour la publication originale de 1975.

12. Références / References

Les publications ci-dessous constituent le corpus théorique et empirique de référence encadrant l’échelle et ses adaptations :

  • Burnkrant, R. E., & Page, M. C. (1984). A modification of the Self-Consciousness Scale. Journal of Personality Assessment, 48(6), 629–637. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4806_10
  • Buss, A. H. (1980). Self-consciousness and social anxiety. W. H. Freeman & Co.
  • Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1978). Self-focusing effects of dispositional self-consciousness, mirror presence, and audience presence. Journal of Personality and Social Psychology, 36(3), 324–332. https://doi.org/10.1037/0022-3514.36.3.324
  • Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1981). Attention and self-regulation: A control-theory approach to human behavior. Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-1-4612-5887-2
  • Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1985). Aspects of self, and the control of behavior. In J. T. Tedeschi (Ed.), Impression management theory and social psychological research (pp. 147–176). Academic Press.
  • Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (Eds.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). Guilford Press.
  • Cooley, C. H. (1902). Human nature and the social order. Charles Scribner’s Sons.
  • Duval, S., & Wicklund, R. A. (1972). A theory of objective self awareness. Academic Press.
  • Fenigstein, A., Scheier, M. F., & Buss, A. H. (1975). Public and private self-consciousness: Assessment and theory. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 43(4), 522–527. https://doi.org/10.1037/h0076760
  • Goffman, E. (1959). The presentation of self in everyday life. Doubleday Anchor Books.
  • Leary, M. R. (1983). A brief version of the Need for Social Approval and Fear of Negative Evaluation scales. Personality and Social Psychology Bulletin, 9(3), 371–375. https://doi.org/10.1177/0146167283093007
  • Mead, G. H. (1934). Mind, self, and society from the standpoint of a social behaviorist. University of Chicago Press.
  • Pelletier, L. G., & Vallières, E. F. (1990). Une traduction et une validation canadienne-française de l’échelle de conscience de soi de Fenigstein, Scheier et Buss. Revue Canadienne des Sciences du Comportement, 22(2), 191–206. https://doi.org/10.1037/h0078953
  • Scheier, M. F., & Carver, C. S. (1985). The Self-Consciousness Scale: A revised version for use with general populations. Journal of Applied Social Psychology, 15(8), 687–699. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1985.tb02268.x
  • Snyder, M. (1974). Self-monitoring of expressive behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 30(4), 526–537. https://doi.org/10.1037/h0037041
  • Watson, D., & Friend, R. (1969). Measurement of social-evaluative anxiety. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 33(4), 448–457. https://doi.org/10.1037/h0027806

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

5-point Likert scale: 0 = extremely uncharacteristic, 1 = uncharacteristic, 2 = neutral, 3 = characteristic, 4 = extremely characteristic (or 0 = not at all like me to 4 = a lot like me)

Items:

  1. I’m concerned about my style of doing things.
  2. I’m concerned about the way I present myself.
  3. I’m self-conscious about the way I look.
  4. I usually worry about making a good impression.
  5. One of the last things I do before I leave my house is look in the mirror.
  6. I’m concerned about what other people think of me.
  7. I’m usually aware of my appearance.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Conscience de soi publique (PSC). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/conscience-de-soi-publique-psc/
Looti, Mohammed. “Conscience de soi publique (PSC).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/conscience-de-soi-publique-psc/.
Looti, Mohammed. “Conscience de soi publique (PSC).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/conscience-de-soi-publique-psc/.