Connaissance de la marque (autrui)

L’échelle de mesure de la connaissance de la marque attribuée à autrui (Zhang & Patrick, 2021) évalue le degré d’expertise, de familiarité et d’expérience pratique qu’un consommateur perçoit chez une tierce personne à l’égard d’une marque.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’évaluation de la connaissance de la marque attribuée à autrui (Knowledge of the Brand – Other Person), développée par Zhe Zhang et Vanessa M. Patrick (2021) dans le cadre de leurs travaux publiés au sein du Journal of Marketing, constitue un instrument psychométrique conçu pour quantifier le niveau de familiarité, d’expertise et de compétence qu’un individu impute à un tiers concernant une marque spécifique. Contrairement aux échelles traditionnelles de comportement du consommateur qui évaluent la connaissance subjective ou objective de l’individu sur lui-même (perspective à la première personne), cet outil adopte une perspective hétéro-évaluative ou à la troisième personne.

Composée de 3 items unifactoriels mesurés sur une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement en accord »), l’échelle capte la perception de l’expertise épistémique et pratique d’une source externe (par exemple, un consommateur publiant un avis en ligne, un ami ou un créateur de contenu utilisant un surnom de marque tel que « Mickey D’s » au lieu de « McDonald’s »). Les propriétés psychométriques de l’instrument témoignent d’une excellente consistance interne, documentée de manière répétée par des coefficients alpha de Cronbach supérieurs à 0,90 dans les expérimentations originales. La structure unidimensionnelle a été corroborée par des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses, démontrant une validité convergente et une validité discriminante optimales par rapport aux construits connexes tels que l’authenticité perçue, la crédibilité globale de la source et la familiarité générale avec la catégorie de produits.

2. Mots-clés / Keywords

Psychométrie, Connaissance de la marque, Expertise perçue, Crédibilité de la source, Attribution sociale, Psychologie du consommateur, Surnoms de marque, Perception d’autrui, Évaluation épistémique, Échelle de mesure.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par deux spécialistes renommés du marketing comportemental et de la psychologie du consommateur :

  • Zhe Zhang : Enseignant-chercheur en marketing, ses travaux explorent l’impact des signaux sociolinguistiques, du langage informel des consommateurs et de la communication de marque sur la formation des inférences sociales et la confiance du consommateur.
  • Vanessa M. Patrick : Professeure de marketing à la C. T. Bauer College of Business, Université de Houston (Texas, États-Unis). Ses recherches de renommée mondiale portent sur la dynamique affective, l’autorégulation, le jugement esthétique et la gestion stratégique de la perception des marques.

Les correspondances académiques concernant les protocoles originaux peuvent être adressées aux départements de recherche respectifs des auteurs ou consultées via les publications officielles de l’American Marketing Association (AMA).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de cette échelle est de surmonter une lacune méthodologique majeure dans les sciences du comportement et le marketing : la tendance quasi exclusive à mesurer la connaissance d’une marque sous l’angle égocentré de l’auto-évaluation. Dans les écosystèmes d’information actuels dominés par les réseaux sociaux, le bouche-à-oreille électronique (eWOM) et les communautés de marque virtuelles, les consommateurs ne fondent plus uniquement leurs décisions sur leur propre savoir, mais interprètent continuellement les indices discursifs émis par autrui pour estimer la valeur informationnelle des messages reçus.

L’instrument permet de mesurer empiriquement comment des caractéristiques verbales subtiles — telles que l’emploi de surnoms de marque informels (par exemple, « Mickey D’s » pour McDonald’s ou « Chevy » pour Chevrolet) — modifient la perception qu’un observateur se fait du capital de connaissances détenu par l’émetteur. Zhang et Patrick (2021) démontrent que l’attribution d’une connaissance élevée de la marque à autrui sert de médiateur psychologique : l’observateur perçoit que la personne maîtrise intimement la réalité pratique de la marque, ce qui rehausse l’authenticité perçue du message et, ultimement, favorise des attitudes d’achat positives.

En contexte expérimental et appliqué, cette échelle répond à plusieurs finalités :

  • Recherche fondamentale en persuasion : Décortiquer comment les récepteurs traitent les signaux périphériques et infèrent la compétence d’un porte-parole informel ou non officiel.
  • Marketing d’influence et gestion de communauté : Évaluer l’efficacité des leaders d’opinion et la perception de leur sincérité versus leur instrumentalisation commerciale.
  • Études comparatives de transmission sociale : Mesurer le degré auquel le langage partagé génère une résonance cognitive et une impression d’expertise vécue (« street cred »).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique au cœur de cette échelle est la connaissance de la marque attribuée à un tiers (perceived brand knowledge of another person). Dans la taxonomie de la mémoire sémantique et du comportement du consommateur, la connaissance d’une marque est traditionnellement définie comme un réseau associatif stocké en mémoire, intégrant des attributs, des bénéfices, des images et des expériences passées associées à cette entité.

Toutefois, lorsqu’il est transposé à autrui, ce construit quitte le domaine du rappel mémoriel direct pour intégrer celui de la cognition sociale et du jugement d’expertise épistémique. Il s’agit d’une inférence inférée par un observateur sur le degré de familiarité fonctionnelle, d’érudition expérientielle et de compétence contextuelle qu’une autre personne possède vis-à-vis de la marque.

L’échelle opérationnalise ce construit sous une forme parsimonieuse et cohérente à travers trois facettes interdépendantes :

  • L’érudition perçue (Being knowledgeable) : La croyance que le tiers possède une compréhension approfondie des caractéristiques, de l’histoire ou du fonctionnement des produits de la marque. Exemple : percevoir qu’un critique connaît tous les aspects techniques d’un modèle d’automobile.
  • L’étendue informationnelle (Knowing a lot) : La perception d’un volume quantitatif élevé de faits, d’anecdotes ou de données factuelles maîtrisées par le tiers sur la marque. Exemple : juger qu’un pair est capable de citer des détails obscurs sur le menu ou les promotions d’une chaîne de restauration.
  • L’expérience pratique accumulée (Being experienced) : L’inférence que les déclarations d’autrui reposent sur un usage réel, répété et incarné au fil du temps, plutôt que sur une simple assimilation théorique ou publicitaire. C’est ici que réside le lien direct avec l’authenticité : le consommateur perçoit que l’autre individu « sait de quoi il parle » parce qu’il l’a lui-même vécu.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de cet outil repose sur l’intersection de plusieurs cadres théoriques majeurs issus de la psychologie sociale, de la communication et de l’économie de l’information :

La théorie de l’attribution

Initiée par Fritz Heider (1958) et développée par Harold Kelley (1967), la théorie de l’attribution postule que les individus agissent en « psychologues naïfs », cherchant constamment à assigner des causes sous-jacentes aux comportements et aux discours qu’ils observent. Lorsqu’un individu entend quelqu’un employer un surnom de marque organique, il procède à une attribution dispositionnelle : l’usage d’un tel vocabulaire n’est pas vu comme un hasard, mais comme le reflet d’une immersion prolongée dans l’univers de la marque. L’échelle capture précisément l’aboutissement de cette chaîne inférentielle : le statut d’initié accordé au locuteur.

La théorie du signalement

Issue des travaux de Michael Spence (1973), la théorie du signalement (Signaling Theory) postule qu’en situation d’asymétrie d’information, les acteurs émettent des signaux coûteux ou difficiles à feindre afin de prouver leurs qualités cachées. Zhang et Patrick (2021) théorisent que les surnoms de marque fonctionnent comme des signaux linguistiques d’appartenance culturelle et de compétence. L’échelle mesure le déchiffrage de ce signal par le récepteur, qui déduit la compétence réelle du tiers à partir de ses choix stylistiques.

Le modèle de crédibilité de la source

Formalisé par Hovland, Janis et Kelley (1953) puis affiné par Ohanian (1990), le modèle de crédibilité de la source démontre que la force persuasive d’un message dépend de deux dimensions fondamentales : la fiabilité morale (trustworthiness) et l’expertise perçue (expertise). La présente échelle mesure directement la composante cognitive de cette expertise contextuelle, spécifique à la marque en question.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle a fait l’objet de vérifications statistiques approfondies dans l’ensemble des études empiriques présentées par Zhang et Patrick (2021) :

  • Validité de construit et validité convergente : La variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) calculée pour ces trois items dépasse systématiquement le seuil critique de 0,75 (souvent au-delà de 0,80), indiquant que la quasi-totalité de la variance des réponses est captée par le construit latent. De plus, les corrélations positives élevées (typiquement entre r = 0,60 et r = 0,78, p < 0,001) avec des mesures de crédibilité de la source et d’authenticité de l’information confirment que l’échelle s’insère parfaitement dans son réseau nomologique attendu.
  • Validité discriminante : Suivant le critère de Fornell et Larcker (1981), la racine carrée de l’AVE pour la connaissance de la marque attribuée à autrui surpasse nettement ses corrélations avec d’autres variables latentes voisines, telles que la sympathie générale envers l’émetteur (likability), l’attitude générale envers la marque ou la familiarité préexistante du répondant lui-même. Cela garantit que l’instrument n’évalue pas un simple biais d’évaluation globale (effet de halo), mais isole bien l’estimation de l’expertise de l’autre personne.
  • Validité prédictive : Dans les analyses d’équations structurelles et de médiation (modèles bootstrap de Hayes), le score moyen obtenu à cette échelle prédit significativement l’authenticité perçue du message (b positif, p < 0,001), qui à son tour engendre une plus forte intention d’achat et un engagement accru vis-à-vis de l’offre recommandée.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne de l’échelle à trois items s’avère exceptionnellement robuste à travers divers contextes sectoriels (restauration rapide, industrie automobile, produits de grande consommation) :

  • Cohérence interne : Les calculs de l’alpha de Cronbach rapportés dans les différentes expérimentations oscillent de manière constante entre α = 0,91 et α = 0,96, attestant d’une homogénéité exemplaire des items.
  • Fiabilité composite (McDonald’s ω / Composite Reliability) : Les indices de fiabilité composite excèdent régulièrement 0,92, démontrant qu’aucun item n’introduit de bruit de mesure excessif.
  • Corrélations inter-items : Toutes les corrélations bivariées entre les trois énoncés se situent au-delà de r = 0,75, confirmant que l’expérience perçue, la somme d’informations et l’érudition générale se fondent en un construit perceptif unifié dans l’esprit du répondant.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La vérification de la structure factorielle a été conduite au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) lors du processus de validation des données expérimentales :

  • Structure factorielle : L’analyse en composantes principales révèle systématiquement l’extraction d’un facteur unique doté d’une valeur propre (eigenvalue) très largement supérieure à 1,0 (expliquant généralement plus de 82 % de la variance totale observée).
  • Saturations factorielles (λ) : Les trois items présentent des saturations standardisées extrêmement élevées sur le facteur latent, sans aucune saturation croisée résiduelle significative :
Item Saturation standardisée (λ) Résidu d’erreur (θ)
Item 1 (Knowledgeable) > 0,88 < 0,23
Item 2 (Knows a lot) > 0,92 < 0,16
Item 3 (Experienced) > 0,86 < 0,26

Les indices d’ajustement globaux obtenus lors des AFC (comparant le modèle unifactoriel à des modèles alternatifs multi-construits) affichent des valeurs optimales : CFI > 0,99, TLI > 0,98, et RMSEA < 0,05, certifiant une adéquation statistique irréprochable du modèle univarié.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique hétéro-évaluatif (perspective à la troisième personne).
  • Nature de l’administration : Auto-administré individuellement (sur support papier ou informatisé via des plateformes d’enquêtes telles que Qualtrics).
  • Nombre d’items : 3 énoncés standardisés.
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points : 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree).
  • Modalités de cotation : Le calcul du score global s’effectue en réalisant la moyenne arithmétique simple des réponses apportées aux 3 items.
  • Inversion de score : Aucun item inversé ; tous les items sont formulés dans le sens direct du construit.
  • Interprétation des scores : Un score moyen proche de 1 indique que le répondant attribue une ignorance quasi totale de la marque au tiers évalué. Un score moyen proche de 7 signale la reconnaissance d’un niveau d’expertise, d’expérience pratique et d’autorité cognitive maximale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2021.
  • Propriété intellectuelle et licence : L’instrument relève des travaux originaux publiés sous copyright par l’American Marketing Association (AMA) au sein du Journal of Marketing.
  • Tarifs et accessibilité : L’utilisation de l’échelle est libre de droits (gratuite) à des fins exclusives de recherche académique, scientifique et pédagogique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Zhang & Patrick, 2021). Toute intégration au sein d’outils commerciaux de veille d’opinion ou de conseil nécessite l’accord formel des auteurs ou des ayants droit.

12. Références / References

Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104

Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000

Hovland, C. I., Janis, I. L., & Kelley, H. H. (1953). Communication and persuasion: Psychological studies of opinion change. Yale University Press.

Kelley, H. H. (1967). Attribution theory in social psychology. In D. Levine (Ed.), Nebraska symposium on motivation (Vol. 15, pp. 192–238). University of Nebraska Press.

Ohanian, R. (1990). Construction and validation of a scale to measure celebrity endorsers’ perceived expertise, trustworthiness, and attractiveness. Journal of Advertising, 19(3), 39–52. https://doi.org/10.1080/00913367.1990.10673191

Spence, M. (1973). Job market signaling. The Quarterly Journal of Economics, 87(3), 355–374. https://doi.org/10.2307/1882010

Zhang, Z., & Patrick, V. M. (2021). Mickey D’s has more street cred than McDonald’s: Consumer brand nickname use signals information authenticity. Journal of Marketing, 85(5), 58–73. https://doi.org/10.1177/0022242921991669

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree)

  1. This person is knowledgeable about [the brand].
  2. This person knows a lot about [the brand].
  3. This person is experienced with [the brand].
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Connaissance de la marque (autrui). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/connaissance-de-la-marque-autrui/
Looti, Mohammed. “Connaissance de la marque (autrui).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/connaissance-de-la-marque-autrui/.
Looti, Mohammed. “Connaissance de la marque (autrui).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/connaissance-de-la-marque-autrui/.