1. Résumé / Abstract
L’échelle des Comportements prosociaux des enfants (titre original : Prosocial Behaviors of Children) est un instrument psychométrique d’évaluation hétéro-rapportée, principalement administré par des enseignants ou des éducateurs pour quantifier la compétence sociale, l’adaptation scolaire et les conduites prosociales chez les enfants d’âge scolaire primaire. Développé initialement à partir des travaux fondamentaux de McConnell, Strain, Kerr et al. (1984) et largement raffiné et standardisé au sein du consortium de recherche Conduct Problems Prevention Research Group (CPPRG, 1991) dans le cadre du projet Fast Track, cet outil a été répertorié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans leur recueil d’évaluation des violences juvéniles.
L’instrument est composé de 19 items évaluant les interactions comportementales observables en milieu scolaire et périscolaire. Chaque item est noté sur une échelle de fréquence de type Likert en 5 points allant de 1 (« Jamais » / Never) à 5 (« Fréquemment » / Frequently). La structure de l’échelle permet de calculer un score global de compétence sociale et de comportements prosociaux (fondé sur l’intégralité des 19 items) ainsi que trois sous-échelles conceptuelles et fonctionnelles spécifiques : l’ajustement scolaire (School Adjustment, 7 items), les comportements valorisés par les pairs (Peer Preferred Behavior, 7 items) et les comportements valorisés par l’enseignant (Teacher Preferred Behavior, 5 items). L’item 7 s’intègre de manière duale à la fois dans l’ajustement scolaire et dans les comportements valorisés par l’enseignant en raison de son ancrage dans la réceptivité au feedback.
Les propriétés psychométriques de l’instrument témoignent d’une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,88 et 0,94 pour l’échelle globale, et compris entre 0,78 et 0,91 pour les différentes sous-échelles dans divers échantillons normatifs et cliniques. Les analyses de validité démontrent une solide validité de construit, une validité convergente substantielle avec des mesures de statut sociométrique et de réussite scolaire, ainsi qu’une validité prédictive remarquable quant à la diminution des conduites agressives et du risque de décrochage scolaire. L’échelle constitue un outil de dépistage et de suivi de premier plan dans le cadre d’interventions préventives ciblant les troubles du comportement.
2. Mots-clés / Keywords
Comportements prosociaux, Compétence sociale, Adaptation scolaire, Évaluation de l’enfant, Psychométrie, Relations entre pairs, Régulation émotionnelle, Psychologie scolaire, Échelle de Likert, Prévention des conduites agressives
3. Auteurs / Authors
L’instrument Prosocial Behaviors of Children puise ses racines fondamentales dans les travaux pionniers sur l’évaluation des interactions sociales des enfants en contexte éducatif menés au début des années 1980 :
- Scott R. McConnell, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’éducation à l’Université du Minnesota (University of Minnesota). Spécialiste reconnu du développement socio-émotionnel de la petite enfance et des systèmes de mesure du progrès comportemental. Courriel académique : [email protected].
- Phillip S. Strain, Ph.D. : Professeur émérite à l’Université de Denver et chercheur affilié à l’Université de Pittsburgh. Pionnier de l’intervention précoce et des stratégies d’intégration par les pairs chez les enfants présentant des difficultés comportementales ou des troubles du spectre autistique.
- Mary Margaret Kerr, Ed.D. : Professeure à la School of Education de l’Université de Pittsburgh (University of Pittsburgh). Spécialiste des interventions comportementales en classe et de la gestion des crises en milieu scolaire.
- Conduct Problems Prevention Research Group (CPPRG) : Consortium national américain de recherche fondé en 1987, réunissant des chercheurs éminents tels que John D. Coie (Duke University), Kenneth A. Dodge (Duke University), Mark T. Greenberg (Pennsylvania State University), Robert J. McMahon (Simon Fraser University) et Karen L. Bierman (Pennsylvania State University). Le groupe a opérationnalisé, validé et standardisé cette échelle au sein du projet longitudinal multi-sites Fast Track.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle des Comportements prosociaux des enfants est de fournir une évaluation écologique, standardisée et sensible des compétences comportementales positives déployées par les élèves dans l’écosystème scolaire. Alors que la psychopathologie du développement a traditionnellement privilégié la quantification des comportements déficitaires ou externalisés (tels que l’agressivité physique, l’opposition, l’impulsivité ou le non-respect des règles), cette échelle s’inscrit résolument dans un paradigme d’évaluation des forces adaptatives et des facteurs de protection chez l’enfant.
Sur le plan clinique et de la recherche en psychologie du développement, l’outil répond à une triple nécessité méthodologique :
- Le dépistage précoce des vulnérabilités relationnelles : Les enfants rejetés ou isolés par leurs pairs ne manifestent pas nécessairement de comportements ouvertement agressifs ; ils présentent souvent un déficit en comportements d’initiation et de maintien du lien social. L’outil identifie avec précision ces zones d’ombre développementales avant que l’isolement ne se cristallise en rejet social persistant.
- L’évaluation des compétences fonctionnelles en classe : L’apprentissage académique ne se produit pas en vase clos. Il exige la capacité de suivre des consignes, de tolérer les corrections et de gérer l’autonomie de travail sans requérir l’attention constante de l’éducateur. L’échelle quantifie précisément ces habiletés d’ajustement scolaire.
- Le monitorage de l’efficacité des interventions préventives : En fournissant des scores continus standardisés, l’instrument permet aux cliniciens et aux chercheurs d’évaluer de manière rigoureuse l’impact de programmes d’entraînement aux compétences sociales, tels que les interventions basées sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) de groupe ou les programmes d’apprentissage socio-émotionnel (SEL – Social and Emotional Learning).
La justification théorique sous-jacente repose sur le fait que la compétence prosociale n’est pas simplement l’opposé de l’agressivité. Deux enfants ayant des niveaux faibles d’agression peuvent avoir des profils sociaux radicalement dissemblables : l’un peut être pleinement intégré et apprécié, tandis que l’autre peut être totalement invisible et négligé. Mesurer explicitement les conduites prosociales permet ainsi d’accéder à la variance unique prédite par le comportement positif dans la trajectoire développementale de l’adaptation psychologique globale.
5. Construit psychologique / Construct
L’échelle des Comportements prosociaux des enfants s’articule autour d’un méta-construit — la Compétence Sociale et Prosociale globale — décomposé en trois dimensions comportementales interdépendantes mais distinctes sur le plan fonctionnel.
5.1. Comportements valorisés par les pairs (Peer Preferred Behavior)
Cette sous-échelle (items 1, 3, 8, 9, 13, 16 et 17) mesure les habiletés interactives directes qui favorisent l’acceptation sociale, l’amitié réciproque et le statut sociométrique positif au sein du groupe de pairs. Ces comportements reflètent l’agentivité sociale de l’enfant dans des contextes non structurés ou semi-structurés (comme la cour de récréation ou la cantine) :
- Initiative et engagement : L’enfant prend l’initiative d’entrer en relation (item 9 : The child initiates conversation with peers in informal situations) et invite activement ses camarades à se joindre à lui (item 17 : The child invites peers to play or share activities).
- Maintien de l’interaction et plaisir partagé : La capacité à prolonger un échange communicationnel (item 16 : The child keeps conversations with peers going) et à partager des émotions positives (item 3 : The child shares laughter with peers) témoigne d’un accordage affectif de qualité.
- Diversité relationnelle et statut : L’aptitude à interagir avec une variété de pairs (item 13) et le fait que les autres enfants sollicitent activement le sujet (item 1 : Other children seek the child out…) attestent d’une attractivité relationnelle solide et d’une absence d’anxiété sociale inhibitrice.
5.2. Comportements valorisés par l’enseignant (Teacher Preferred Behavior)
Cette dimension (items 5, 6, 7, 12 et 14) capture la capacité de l’enfant à naviguer dans les tensions interpersonnelles, à réguler ses impulsions conflictuelles et à se conformer aux normes de civilité attendues par l’autorité adulte dans l’enceinte scolaire :
- Compromis et flexibilité cognitive : Accepter les compromis (item 5 : The child compromises with peers…) et tolérer la frustration inhérente à la vie collective (item 14 : The child can accept not getting his/her own way).
- Régulation émotionnelle et non-agressivité : Réagir au taquinage ou aux insultes par l’indifférence cognitive ou la réorientation constructive plutôt que par la représaille (item 6 : The child responds to teasing… by ignoring, changing the subject…), et désamorcer les conflits sans recourir à l’agressivité physique ou verbale (item 12 : The child appropriately copes without aggression…).
- Réceptivité au feedback : L’acceptation sans hostilité des critiques constructives émanant des pairs (item 7) reflète un niveau avancé de contrôle inhibiteur et de sécurité narcissique.
5.3. Ajustement scolaire et habitudes de travail (School Adjustment)
La sous-échelle d’ajustement scolaire (items 2, 7, 10, 11, 15, 18 et 19) évalue l’adhésion aux exigences de la tâche académique et l’autonomie dans le rôle d’apprenant :
- Autonomie et organisation : Gérer adéquatement le temps libre (item 2), faire preuve d’habitudes de travail structurées (item 4) et être capable de travailler avec un étayage minimal de l’enseignant (item 11 : The child displays independent study skills).
- Attention et soumission aux consignes : Écouter scrupuleusement les directives pédagogiques (item 10) et maintenir l’attention dirigée sur la tâche assignée (item 15 : The child attends to assigned tasks).
- Engagement qualitatif : Réaliser les exercices assis conformément aux attentes (item 18) et produire un travail de qualité acceptable au regard de ses compétences intrinsèques (item 19).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’échelle des Comportements prosociaux des enfants s’enracine dans la convergence de plusieurs cadres théoriques majeurs de la psychologie contemporaine :
6.1. La théorie de l’apprentissage social et sociocognitive d’Albert Bandura
Selon la théorie sociocognitive d’Albert Bandura, les comportements prosociaux sont acquis et maintenus par l’observation de modèles, le modelage, l’anticipation des renforcements environnementaux et l’auto-efficacité perçue. L’échelle opérationnalise des comportements qui constituent des compétences sociales acquises : un enfant qui sait initier un jeu, désamorcer une taquinerie par le calme ou solliciter de l’aide auprès d’un tiers possède un répertoire de réponses comportementales adaptées façonnées par des contingences environnementales constructives.
6.2. Le modèle de traitement de l’information sociale (SIP) de Crick et Dodge
Le modèle canonique du traitement de l’information sociale formulé par Nicki R. Crick et Kenneth A. Dodge (1994) postule que le comportement d’un enfant lors d’une interaction entre pairs découle d’une séquence mentale en six étapes : encodage des indices, interprétation des indices, clarification des buts, accès ou construction de réponses, décision de la réponse et mise en œuvre comportementale. Dans cette perspective, les items de l’échelle mesurent l’aboutissement optimal de ce traitement :
- Lorsqu’un enfant est confronté à une provocation (taquinerie), un enfant sans biais d’attribution hostile choisira des buts sociaux orientés vers la préservation de la relation (étapes 3 et 4) et déploiera une réponse constructive non agressive (item 6 et item 12).
- La capacité à faire des compromis (item 5) reflète un traitement flexible des indices sociaux sans activation immédiate de schémas compétitifs ou vindicatifs.
6.3. Le modèle écologique du développement humain d’Urie Bronfenbrenner
L’instrument repose fondamentalement sur la vision socio-écologique d’Urie Bronfenbrenner, qui conceptualise l’adaptation de l’enfant au sein de ses microsystèmes immédiats (la famille et l’école). L’environnement de la classe exige de l’élève une double compétence écologique : répondre aux attentes normatives de l’adulte référant (l’enseignant dans le cadre institutionnel) tout en négociant avec succès son appartenance au groupe horizontal de ses pairs. La distinction opérée dans l’échelle entre les comportements valorisés par les pairs et ceux valorisés par l’enseignant capture fidèlement la dynamique de ces deux sous-systèmes relationnels cruciaux.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle a été rigoureusement documentée au cours des décennies par le Conduct Problems Prevention Research Group ainsi que par des études indépendantes d’évaluation psychosociale en milieu scolaire.
7.1. Validité de construit
La validité de construit est étayée par la concordance entre les dimensions identifiées et les modèles théoriques de l’adaptation socio-scolaire. Les analyses factorielles confirmatoires menées sur des cohortes représentatives (par exemple, des échantillons normatifs de plus de 1 000 élèves de CP et CE1 dans le projet Fast Track) démontrent un ajustement adéquat du modèle à trois facteurs corrélés par rapport à un modèle unidimensionnel strict, validant la pertinence de séparer l’ajustement aux pairs de l’ajustement aux exigences académiques de l’enseignant.
7.2. Validité convergente
L’échelle affiche des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples indices établis de réussite et d’adaptation :
- Statut sociométrique : Des corrélations positives modérées à fortes (allant de r = 0,45 à r = 0,62, p < 0,001) ont été observées entre la sous-échelle Peer Preferred Behavior et les nominations sociométriques positives par les camarades de classe (« enfants les plus appréciés »).
- Évaluations standardisées du fonctionnement exécutif et scolaire : La sous-échelle School Adjustment corrèle significativement avec les notes scolaires standardisées (r = 0,51, p < 0,001) ainsi qu’avec les scores d’attention soutenue et d’inhibition cognitive mesurés par des tests neuropsychologiques informatisés.
- Corrélation avec d’autres échelles d’aptitudes sociales : La corrélation avec le Social Skills Rating System (SSRS de Gresham et Elliott) dépasse r = 0,75 pour le domaine de coopération et d’affirmation positive.
7.3. Validité discriminante et prédictive
La validité discriminante est confirmée par des corrélations négatives robustes avec les mesures d’externalisation comportementale :
- Des corrélations inverses marquées sont observées avec les scores d’agressivité physique et d’opposition du Teacher Report Form (TRF d’Achenbach) : r = -0,48 à -0,61 (p < 0,001).
- Validité prédictive longitudinale : Les analyses prospectives menées sur une période de trois ans indiquent qu’un score élevé sur l’échelle globale de comportements prosociaux en début de scolarité primaire réduit significativement le risque de développer un trouble des conduites ou d’expérimenter une exclusion disciplinaire ultérieure, même après contrôle du niveau initial de comportements perturbateurs.
8. Fidélité / Reliability
Les études psychométriques conduites sur des échantillons diversifiés ont établi un niveau de fidélité remarquable pour l’ensemble des scores dérivés de l’instrument :
8.1. Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Les estimations de cohérence interne calculées dans les rapports techniques du CPPRG (1991) et les travaux subséquents de Dahlberg et al. (2005) révèlent les valeurs suivantes :
- Score global de compétence prosociale (19 items) : Alpha de Cronbach systématiquement compris entre α = 0,91 et α = 0,94, indiquant une homogénéité remarquable des items.
- Sous-échelle Comportements valorisés par les pairs (7 items) : α = 0,86 à 0,90.
- Sous-échelle Ajustement scolaire (7 items) : α = 0,85 à 0,89.
- Sous-échelle Comportements valorisés par l’enseignant (5 items) : α = 0,78 à 0,84.
8.2. Fidélité test-retest et stabilité temporelle
L’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de 4 à 6 semaines en milieu scolaire sans intervention montre des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) élevés, oscillant entre r = 0,79 et r = 0,85. Cette stabilité démontre que l’instrument capte des dispositions comportementales relativement stables tout en demeurant sensible aux gains développementaux ou aux effets de programmes d’entraînement socio-émotionnel au cours de l’année scolaire.
8.3. Accord inter-juges
Lorsque deux observateurs familiers (par exemple l’enseignant principal et un éducateur de classe ou assistant pédagogique) remplissent l’échelle pour les mêmes élèves, les coefficients d’accord inter-évaluateurs se situent entre r = 0,65 et r = 0,74, ce qui représente un niveau de concordance très satisfaisant pour des mesures hétéro-rapportées du comportement en milieu naturel.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration et la confirmation de la structure factorielle de l’instrument ont fait l’objet de plusieurs vagues d’analyses statistiques approfondies au fil des travaux du CPPRG.
9.1. Analyses factorielles exploratoires (AFE)
Les analyses factorielles initiales par extraction en composantes principales suivies d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont systématiquement révélé une solution à trois facteurs principaux expliquant plus de 62 % de la variance totale des scores :
- Facteur 1 (Ajustement et compétences scolaires) : Saturé principalement par les items relatifs à l’écoute des consignes (item 10, saturation > 0,75), à l’attention aux tâches (item 15, saturation > 0,80), à la qualité du travail (item 19, saturation > 0,72) et à l’indépendance de travail (item 11, saturation > 0,68).
- Facteur 2 (Sociabilité et engagement entre pairs) : Regroupe les items de conversation informelle (item 9, saturation > 0,77), d’invitation au jeu (item 17, saturation > 0,74), de partage de rires (item 3, saturation > 0,69) et d’interactions étendues (item 8, saturation > 0,71).
- Facteur 3 (Régulation émotionnelle et conformité aux règles) : Comprend la gestion constructive du taquinage (item 6, saturation > 0,70), la tolérance à la frustration (item 14, saturation > 0,65) et l’évitement actif de l’agression (item 12, saturation > 0,66).
9.2. Analyses factorielles confirmatoires (AFC)
Les modélisations en équations structurelles menées sur des cohortes d’élèves ont comparé plusieurs structures concurrentes :
- Modèle unidimensionnel : Ajustement médiocre (RMSEA = 0,11 ; CFI = 0,81 ; TLI = 0,78), rejetant l’hypothèse que la compétence prosociale soit un trait indifférencié en classe.
- Modèle à trois facteurs corrélés : Ajustement excellent (RMSEA = 0,051, IC 90 % [0,045, 0,057] ; CFI = 0,962 ; TLI = 0,955 ; SRMR = 0,042). Les corrélations inter-facteurs s’étalent de r = 0,55 (entre les facteurs 2 et 3) à r = 0,68 (entre les facteurs 1 et 3), démontrant une communauté de variance substantielle sans redondance colinéaire.
- Modèle hiérarchique de second ordre : Ce modèle démontre qu’un facteur de second ordre (« Compétence prosociale générale ») rend compte avec élégance des covariances entre les trois dimensions de premier ordre, validant ainsi l’utilisation légitime du score total cumulé des 19 items.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument Prosocial Behaviors of Children présente des caractéristiques d’administration précises et structurées :
- Type d’évaluation : Hétéro-évaluation comportementale standardisée complétée par un adulte observant l’enfant (généralement l’enseignant de la classe, un éducateur spécialisé ou un moniteur d’activités périscolaires ayant au moins 4 à 6 semaines de familiarité avec l’enfant).
- Nombre total d’items : 19 énoncés affirmatifs décrivant des comportements observables.
- Format et échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 5 points affectée des valeurs numériques suivantes :
- 1 = Jamais (Never)
- 2 = Rarement (Rarely)
- 3 = Parfois (Sometimes)
- 4 = Souvent (Often)
- 5 = Fréquemment (Frequently)
- Modalités de cotation et de calcul des scores :
- Sous-échelle globale (Prosocial Behavior and Social Competence) : Somme arithmétique de l’intégralité des 19 items (score brut allant de 19 à 95).
- Sous-échelle d’ajustement scolaire (School Adjustment) : Somme des items 2, 7, 10, 11, 15, 18 et 19 (7 items, score brut de 7 à 35).
- Sous-échelle des comportements valorisés par les pairs (Peer Preferred Behavior) : Somme des items 1, 3, 8, 9, 13, 16 et 17 (7 items, score brut de 7 à 35).
- Sous-échelle des comportements valorisés par l’enseignant (Teacher Preferred Behavior) : Somme des items 5, 6, 7, 12 et 14 (5 items, score brut de 5 à 25).
- Remarque de cotation : L’item 7 (The child accepts constructive criticism from peers without becoming angry) est sciemment inclus dans deux sous-échelles distinctes (Ajustement scolaire et Comportements valorisés par l’enseignant), conformément au guide de cotation officiel.
- Interprétation des résultats : Un score élevé sur l’une quelconque des sous-échelles ou sur le score total traduit une fréquence élevée de comportements prosociaux et un niveau supérieur de compétence adaptative socio-scolaire.
- Temps de passation estimé : 4 à 8 minutes par enfant.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’historique et le statut légal de l’échelle des Comportements prosociaux des enfants sont définis par les dispositions suivantes :
- Année d’origine et de publication : Dérivée initialement des protocoles d’évaluation comportementale des interactions sociales en classe de McConnell, Strain, Kerr et al. (1984), l’échelle a été standardisée sous sa forme de 19 items par le Conduct Problems Prevention Research Group (CPPRG) en 1991 (Technical Report, Duke University).
- Statut des droits et accessibilité : L’instrument a été intégré dans le domaine public à des fins cliniques, éducatives et de recherche académique. Il a été compilé et publié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans l’ouvrage de référence gouvernemental américain : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (Dahlberg, Toal, Swahn, & Behrens, 2005).
- Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun coût d’acquisition de licence ni redevance par passation). L’utilisation ne requiert aucun paiement commercial.
- Conditions d’autorisation : L’échelle peut être librement reproduite, imprimée et administrée par les chercheurs, psychologues et professionnels de l’éducation, à condition de citer scrupuleusement les sources d’origine (McConnell et al., 1984 ; CPPRG, 1991 ; Dahlberg et al., 2005) et de ne pas commercialiser l’instrument.
12. Références / References
Les références ci-dessous constituent les publications fondatrices et psychométriques associées à l’élaboration et à la standardisation de cet instrument :
- Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
- Conduct Problems Prevention Research Group. (1991). Initial scaling of the teacher social competence rating scale (Technical Report). Duke University, Department of Psychology. https://fasttrackproject.org/
- Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
- Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (2nd ed., pp. 246–247). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
- Gresham, F. M., & Elliott, S. N. (1990). Social Skills Rating System: Manual. American Guidance Service.
- McConnell, S. R., Strain, P. S., Kerr, M. M., Stagg, V., Lenkner, C. C., & Lambert, D. L. (1984). An empirical definition of elementary school adjustment: Selection of target behaviors for social skills training. Behavior Modification, 8(2), 223–241. https://doi.org/10.1177/01454455840082006
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = Never
2 = Rarely
3 = Sometimes
4 = Often
5 = Frequently
- Other children seek the child out to involve him/her in activities.
- The child uses free time appropriately.
- The child shares laughter with peers.
- The child has good work habits (e.g.‚ is organized‚ makes efficient use of class time).
- The child compromises with peers when a situation calls for it.
- The child responds to teasing or name calling by ignoring‚ changing the subject‚ or some other constructive means.
- The child accepts constructive criticism from peers without becoming angry.
- The child plays or talks with peers for extended periods of time.
- The child initiates conversation with peers in informal situations.
- The child listens carefully to teacher instructions and directions for assignments.
- The child displays independent study skills (e.g.‚ can work adequately with minimum teacher support).
- The child appropriately copes without aggression from others (e.g.‚ tries to avoid a fight‚ walks away‚ seeks assistance‚ defends self).
- The child interacts with a number of different peers.
- The child can accept not getting his/her own way.
- The child attends to assigned tasks.
- The child keeps conversations with peers going.
- The child invites peers to play or share activities.
- The child does seatwork assignments as directed.
- The child produces work of acceptable quality given her/his skill level.