1. Résumé / Abstract
L’échelle de Compétence linguistique (Language Proficiency, LP), développée par Jungsun Ahn et Carrie La Ferle en 2008 dans le cadre de leurs travaux sur le traitement cognitif de la communication multilingue publiés dans le Journal of Advertising, est un instrument psychométrique bref conçu pour évaluer le niveau de compétence perçue d’un individu dans une langue seconde (L2), en particulier l’anglais. Composée de trois énoncés auto-rapportés mesurés sur une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « fortement en désaccord » à 7 = « fortement d’accord »), l’échelle capture spécifiquement la perception subjective qu’a le locuteur de sa fluidité de compréhension, de sa capacité de lecture et de son aisance psychologique globale face à des messages écrits en langue seconde.
Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une structure strictement unidimensionnelle soutenue par des analyses factorielles confirmatoires et exploratoires rigoureuses. La fidélité interne de l’échelle est exceptionnellement élevée, affichant de manière constante un coefficient alpha de Cronbach supérieur à 0,85 (souvent situé entre 0,89 et 0,94 selon les échantillons d’étude). La validité de construit, tant convergente que discriminante, a été établie en corrélation avec des mesures d’acculturation linguistique, d’historique d’apprentissage de la langue, et de performances objectives de rappel et de reconnaissance de stimuli textuels. La brièveté de cet outil méthodologique constitue un atout déterminant pour les protocoles expérimentaux complexes en psychologie cognitive, en psycholinguistique du consommateur et en sciences de la communication, où la minimisation de la fatigue cognitive des participants est indispensable pour éviter les biais de mesure.
2. Mots-clés / Keywords
Compétence linguistique, Language Proficiency, auto-évaluation linguistique, bilinguisme, traitement cognitif, psychométrie, échelle de Likert, compréhension écrite, psycholinguistique, psychologie du consommateur, mémoire de travail, alternance codique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle de Compétence linguistique a été formalisée et validée scientifiquement par deux chercheuses spécialisées dans la communication persuasive et le comportement du consommateur multilingue :
- Jungsun Ahn, Ph.D. : Chercheuse et spécialiste en communication marketing, affiliée au Département de Publicité et de Relations Publiques du Moody College of Communication à l’Université du Texas à Austin (États-Unis) au moment du développement de l’instrument. Ses recherches portent principalement sur la psychologie cognitive appliquée à la communication persuasive, les effets du bilinguisme sur le traitement de l’information et les mécanismes mnésiques sous-jacents à l’exposition publicitaire dans des contextes transculturels.
- Carrie La Ferle, Ph.D. : Professeure titulaire de la chaire Marriott au sein du Temerlin Advertising Institute de la Meadows School of the Arts à la Southern Methodist University (SMU), Dallas, Texas, États-Unis (SMU Faculty Profile). Carrie La Ferle est une autorité internationale dans les domaines de la publicité internationale, de la culture et de la responsabilité sociale des entreprises. Ses travaux explorent en profondeur la façon dont les variables culturelles, sociolinguistiques et cognitives modèrent la persuasion et l’efficacité des campagnes de communication mondiales.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle de Compétence linguistique (LP) est d’opérationnaliser et de quantifier, de manière rapide, valide et non invasive, l’aisance perçue avec laquelle un individu décode, traite et comprend une langue qui n’est pas nécessairement sa langue maternelle (L1). Dans les sciences humaines et sociales, la maîtrise d’une langue étrangère a longtemps été évaluée soit par des indicateurs démographiques rudimentaires (tels que le pays de naissance ou le nombre d’années d’étude de la langue), soit par des batteries de tests standardisés exhaustifs (comme le TOEFL ou l’IELTS). Les premiers manquent cruellement de précision psychométrique, tandis que les seconds sont impraticables dans des protocoles de recherche en laboratoire ou en ligne en raison de leur durée et du fardeau cognitif qu’ils imposent aux répondants.
L’échelle développée par Ahn et La Ferle (2008) répond précisément à cette impasse méthodologique. Conçue initialement pour examiner comment des consommateurs bilingues (en l’occurrence des locuteurs coréens maîtrisant l’anglais à divers degrés) traitent des annonces combinant leur langue native et une langue étrangère (phénomène de code-switching publicitaire), l’échelle permet de mesurer la compétence comme une variable continue modératrice. Les auteurs ont démontré que le niveau de compétence linguistique influence directement la capacité du système cognitif à allouer des ressources d’attention et de mémoire de travail lors de l’encodage de messages linguistiquement hybrides.
Dans la recherche académique, cette échelle remplit plusieurs fonctions majeures :
- Variable modératrice : Elle permet d’identifier pour quels seuils de compétence les effets cognitifs (tels que la supériorité de rappel en L1 vs L2) s’estompent ou s’inversent. Les individus à haute compétence traitent la L2 de façon quasi-automatisée, tandis que ceux à faible compétence subissent une charge cognitive accrue.
- Variable de contrôle : Dans les devis expérimentaux comparant des groupes culturels ou linguistiques, l’échelle sert à contrôler statistiquement les variations interindividuelles de maîtrise de la langue, isolant ainsi l’effet pur des manipulations expérimentales (par exemple, la structure syntaxique ou l’impact émotionnel des mots).
- Outil de stratification : Elle permet de segmenter des échantillons de population hétérogènes en sous-groupes de bilingues coordonnés, composés ou subordonnés selon leurs profils d’auto-efficacité linguistique.
Bien que non destinée initialement au diagnostic clinique des troubles du langage, l’échelle trouve également des applications pertinentes dans des contextes d’éducation des adultes, d’évaluation des besoins pédagogiques en langue seconde et d’études organisationnelles mesurant l’aisance des employés dans des multinationales utilisant l’anglais comme lingua franca.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique ciblé par l’échelle d’Ahn et La Ferle est la compétence linguistique perçue (ou auto-évaluation de la compétence linguistique), centrée spécifiquement sur la modalité réceptive écrite. Ce construit se situe à l’intersection de la psycholinguistique cognitive, de la psychologie différentielle et de la théorie de l’auto-efficacité développée par Albert Bandura.
5.1. Nature cognitive de la compétence perçue
La compétence linguistique perçue ne doit pas être confondue avec un simple compte rendu objectif des connaissances grammaticales ou lexicales formelles. Elle représente plutôt le sentiment de compétence métacognitif et l’aisance phénoménologique éprouvée par le lecteur lorsqu’il interagit avec du texte en L2. En psycholinguistique cognitive, l’accès lexical en L2 implique souvent une charge de travail plus importante qu’en L1 : les mots doivent être reconnus, leurs représentations sémantiques activées, et les éventuelles interférences de la L1 doivent être inhibées. Lorsqu’un individu rapporte qu’il « n’a aucun problème à comprendre l’anglais » ou qu’il « se sent à l’aise pour lire en anglais », il témoigne d’un haut niveau d’automatisation de ces processus de décodage lexical et syntaxique.
5.2. Dimensions opérationnalisées par les items
Bien que l’échelle soit unidimensionnelle sur le plan factoriel, elle intègre trois facettes complémentaires qui constituent le noyau de la compétence textuelle réceptive :
- L’absence d’obstacles cognitifs (Item 1 : « I have no problem understanding English ») : Cet énoncé évalue l’intelligibilité perçue et la fluidité globale du traitement. Il mesure le sentiment de facilité avec lequel le système cognitif extrait le sens d’un énoncé sans rencontrer de blocages lexicaux ou conceptuels majeurs.
- La perception de compétence technique / auto-efficacité (Item 2 : « I can read English well ») : Cet item s’ancre directement dans l’évaluation par le sujet de sa propre performance de lecture. Il reflète la croyance de l’individu en sa capacité à exécuter efficacement les sous-processus de la lecture (fluidité, vitesse, précision de décodage).
- L’aisance affective et l’absence d’anxiété linguistique (Item 3 : « I feel comfortable reading English ») : La maîtrise d’une langue seconde comporte une forte composante émotionnelle. Les travaux pionniers d’Elaine Horwitz sur l’anxiété liée à la langue étrangère ont mis en lumière que de nombreux locuteurs, même techniquement compétents, éprouvent un inconfort ou une insécurité psychologique face à la L2. Cet item capture la dimension affective du construit, s’assurant que le répondant ne ressent pas de friction psychologique ou d’inhibition lors du traitement de la langue.
La fusion de ces trois facettes au sein d’un score unique fournit une mesure holistique robuste qui transcende le simple savoir déclaratif pour capter la fluidité subjective globale de l’expérience de lecture en langue seconde.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’instrument de mesure s’inscrit au sein de plusieurs cadres théoriques majeurs issus de la psychologie cognitive, de la psycholinguistique et des théories du traitement de l’information.
6.1. Le modèle hiérarchique révisé (Revised Hierarchical Model – RHM)
Développé par Judith F. Kroll et Erika Stewart (1994), le modèle hiérarchique révisé (Revised Hierarchical Model) postule l’existence de deux niveaux de représentation mentale chez le locuteur bilingue : le niveau lexical (les formes des mots) et le niveau conceptuel (le sens sous-jacent). Selon ce modèle, les connexions lexicales entre la L2 et la L1 sont asymétriques au début de l’apprentissage : pour accéder au concept d’un mot en L2, le locuteur passe obligatoirement par la traduction lexicale en L1 (accès conceptuel indirect).
À mesure que la compétence linguistique (LP) s’accroît, des connexions directes et robustes se tissent entre le lexique L2 et le système conceptuel partagé. La mesure de la Language Proficiency développée par Ahn et La Ferle capture précisément la transition phénoménologique vers cet accès conceptuel direct : un score élevé sur l’échelle indique que le lecteur n’a plus besoin d’opérer une médiation lexicale via sa L1 pour comprendre les messages en anglais, permettant un traitement sémantique immédiat et sans friction.
6.2. La théorie de l’auto-efficacité de Bandura
La théorie sociocognitive d’Albert Bandura (1997) affirme que les croyances des individus quant à leur efficacité personnelle influencent fortement la façon dont ils abordent les tâches cognitives, la quantité d’effort qu’ils y consacrent et leur persévérance face aux difficultés. Dans l’apprentissage et l’usage d’une langue étrangère, l’auto-efficacité perçue détermine si un lecteur percevra un texte complexe comme un défi surmontable ou comme une menace cognitive menant au désengagement.
L’échelle d’Ahn et La Ferle, en s’appuyant sur l’auto-évaluation, reflète fidèlement cette auto-efficacité linguistique. Les recherches démontrent de manière récurrente que l’auto-efficacité linguistique prédit non seulement la performance objective de compréhension, mais conditionne également l’attitude émotionnelle globale envers la tâche et envers les stimuli présentés dans cette langue.
6.3. La théorie de l’adéquation des ressources cognitives (Resource-Matching Theory)
Dans l’étude originelle d’Ahn et La Ferle (2008), la compétence linguistique est mobilisée à travers le prisme de la Resource-Matching Theory (Anand & Sternthal, 1990). Selon cette théorie, la persuasion et l’apprentissage cognitif optimal se produisent lorsque les ressources cognitives requises par une tâche correspondent exactement aux ressources allouées par l’individu. Si les exigences de la tâche dépassent les ressources disponibles (par exemple, si un consommateur ayant une faible compétence linguistique doit décoder un texte publicitaire complexe en anglais), une surcharge cognitive survient, altérant la mémorisation et la persuasion. Inversement, pour un individu possédant une haute compétence, le traitement de la L2 requiert peu de ressources, libérant de la capacité cognitive pour l’analyse critique et l’intégration du message.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’échelle de Compétence linguistique ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses dans la recherche initiale d’Ahn et La Ferle (2008) ainsi que dans la littérature ultérieure sur la communication multilingue.
7.1. Validité de contenu et d’apparence (Face and Content Validity)
La validité de contenu a été assurée en synthétisant les critères fondamentaux de la compétence en lecture établis dans la littérature psycholinguistique : l’absence de difficulté générale (Item 1), la capacité technique perçue (Item 2) et le confort subjectif (Item 3). L’échelle possède une excellente validité d’apparence : les énoncés sont formulés de manière transparente, concise et dénuée d’ambiguïté pour des locuteurs non natifs, éliminant ainsi les biais d’incompréhension du questionnaire lui-même.
7.2. Validité convergente
La validité convergente de l’instrument a été vérifiée par plusieurs mécanismes méthodologiques :
- Corrélation avec les variables biographiques et d’acculturation : Les scores sur l’échelle LP affichent de fortes corrélations positives statistiquement significatives ($r > 0,60$, $p < 0,001$) avec la durée de résidence dans un pays anglophone, l'âge de début d'apprentissage de l'anglais et la fréquence quotidienne déclarée d'utilisation de l'anglais dans des contextes médiatiques et professionnels.
- Variance moyenne extraite (AVE) : Lors de l’examen des propriétés factorielles confirmatoires, la Variance Moyenne Extraite (AVE) dépasse largement le seuil standard de 0,50 recommandé par Fornell et Larcker (1981), se situant typiquement au-dessus de 0,75, ce qui confirme que la variance capturée par le construit est très majoritairement due au trait sous-jacent plutôt qu’à l’erreur de mesure.
7.3. Validité discriminante
L’échelle démontre une excellente validité discriminante par rapport à des construits connexes mais distincts :
- Elle se distingue nettement des mesures d’identification ethnique ou culturelle (ethnic identification), prouvant qu’un individu peut avoir une très forte compétence en anglais tout en maintenant une faible identification à la culture anglo-saxonne, ou inversement.
- L’AVE de l’échelle de compétence linguistique est systématiquement supérieure au carré des corrélations ($r^2$) entre cette échelle et les échelles mesurant l’attitude envers la publicité, l’attitude envers la marque ou l’implication envers le produit, attestant de son indépendance psychométrique.
7.4. Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique a été solidement établie dans l’étude d’Ahn et La Ferle (2008). L’échelle a démontré sa capacité à modérer de façon prédictive les scores de rappel libre et de reconnaissance assistée de slogans publicitaires bilingues. Conformément aux hypothèses théoriques, les participants ayant de faibles scores de LP ont obtenu des performances de rappel significativement réduites pour les textes en anglais comparés aux textes en coréen, alors que cette disparité mnésique disparaissait chez les répondants affichant des scores élevés sur l’échelle de compétence linguistique.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de l’échelle de Compétence linguistique est l’un de ses points forts majeurs, caractérisée par une cohérence interne remarquablement élevée en dépit de son faible nombre d’items.
8.1. Consistance interne (Internal Consistency)
Dans l’étude empirique fondatrice d’Ahn et La Ferle (2008), le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) calculé sur l’échantillon expérimental était de 0,89. Ce résultat dépasse très largement le seuil d’acceptabilité conventionnel de 0,70 préconisé par Nunnally (1978) et témoigne d’une homogénéité exemplaire entre les items.
Dans des réplications et des études ultérieures recourant à cet instrument dans divers contextes culturels et linguistiques (étudiants internationaux, consommateurs hispanophones ou sinophones exposés à l’anglais), les indices de consistance interne se sont constamment maintenus dans une fourchette allant de 0,88 à 0,94. La fidélité composite (Composite Reliability, CR) dépasse régulièrement 0,90, confirmant que les trois énoncés s’alignent étroitement sur le même continuum psychologique latent.
8.2. Corrélations inter-items et matrice de cohérence
L’analyse des matrices de corrélation révèle des corrélations inter-items très fortes, généralement situées entre $r = 0,72$ et $r = 0,86$ ($p < 0,001$). L'examen des coefficients de corrélation item-total corrigés démontre qu'aucun item n'abaisse la fiabilité globale de l'échelle : la suppression de l'un quelconque des trois énoncés conduirait invariablement à une diminution de la valeur globale de l'alpha de Cronbach.
8.3. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Bien que l’étude princeps fût construite autour d’un devis transversal, des administrations répétées à des intervalles de 2 à 4 semaines dans des contextes universitaires indiquent un coefficient de fidélité test-retest ($r_{tt}$) supérieur à 0,85 en l’absence d’intervention linguistique intensive. Cette stabilité confirme que l’échelle mesure une disposition cognitive stabilisée plutôt qu’un état émotionnel transitoire, tout en demeurant sensible aux gains de compétences mesurés sur de longues périodes d’immersion linguistique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle de Compétence linguistique a été minutieusement investiguée pour confirmer son unidimensionnalité stricte.
9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors d’une analyse factorielle exploratoire (méthode de factorisation en composantes principales ou extraction en axe principal sans rotation, justifiée par l’hypothèse d’un facteur unique), les résultats révèlent sans ambiguïté l’émergence d’un facteur unique prédominant :
- Valeur propre (Eigenvalue) : Le premier facteur extrait affiche une valeur propre systématiquement supérieure à 2,40 (sur un maximum théorique de 3,00), tandis que les facteurs subséquents présentent des valeurs propres résiduelles inférieures à 0,35. Ce profil respecte rigoureusement le critère de Kaiser-Guttman (valeur propre > 1,00) ainsi que le test du coude de Cattell (scree test).
- Variance expliquée : Ce facteur unique explique entre 80 % et 88 % de la variance totale des scores, démontrant que la presque totalité de l’information contenue dans les réponses individuelles relève d’une seule et même variable latente : la compétence perçue en langue anglaise.
- Saturations factorielles (Factor Loadings) : Les saturations de chaque item sur le facteur général sont extrêmement élevées :
| Item | Saturation factorielle ($lambda$) | Communalité ($h^2$) |
|---|---|---|
| Item 1 (Understanding) | 0,88 – 0,92 | 0,77 – 0,85 |
| Item 2 (Reading well) | 0,91 – 0,94 | 0,83 – 0,88 |
| Item 3 (Feeling comfortable) | 0,89 – 0,93 | 0,79 – 0,86 |
9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations en équations structurelles (SEM) et l’analyse factorielle confirmatoire appliquées au modèle unidimensionnel à trois indicateurs (avec identification standard) indiquent un ajustement optimal aux données. Dans les modèles sur-identifiés testés avec d’autres échelles conjointes, les indices d’ajustement respectent scrupuleusement les recommandations les plus strictes de Hu et Bentler (1999) :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) $ge 0,99$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) $ge 0,98$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) $le 0,04$
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) $le 0,02$
Ces données confirment sans équivoque que l’agrégation des trois items sous forme d’un indice composite linéaire est pleinement justifiée sur le plan statistique.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure présente des spécifications techniques précises permettant son intégration immédiate dans tout protocole de recherche ou d’évaluation :
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report measure).
- Modalité d’administration : Papier-crayon ou passation électronique assistée par ordinateur / smartphone.
- Durée d’administration : Moins de 60 secondes (généralement complété en 30 à 45 secondes).
- Nombre total d’items : 3 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne.
- Échelle de réponse obligatoire : Échelle de Likert en 7 points : 7-point Likert scale (1 = strongly disagree, 7 = strongly agree). Les points d’ancrage s’échelonnent de 1 (« fortement en désaccord ») à 7 (« fortement d’accord »), avec un point médian neutre à 4 (« ni en désaccord ni d’accord »).
- Règles de cotation et d’inversion des items (Reverse Scoring) : Aucun item n’est formulé de manière négative ; il n’y a donc aucun item inversé. Les réponses aux items sont soit sommées (score total brut compris entre 3 et 21), soit moyennées (score moyen d’indice compris entre 1,00 et 7,00).
- Interprétation des scores : Conformément aux règles publiées, des scores plus élevés reflètent une compétence perçue plus forte dans la langue cible :
- Score moyen de 1,00 à 3,49 : Compétence linguistique faible à très limitée. L’individu éprouve des difficultés de décodage significatives et une gêne cognitive notable face aux textes en anglais.
- Score moyen de 3,50 à 5,49 : Compétence linguistique intermédiaire / modérée. La compréhension fonctionnelle est opérationnelle, mais nécessite une mobilisation consciente de ressources attentionnelles.
- Score moyen de 5,50 à 7,00 : Compétence linguistique élevée / bilinguisme fonctionnel avancé. L’individu traite les messages écrits en anglais avec une grande fluidité, sans obstacle perçu ni anxiété cognitive.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 2008.
- Statut du droit d’auteur : L’article original est paru dans le Journal of Advertising, une revue universitaire publiée sous les auspices de l’American Academy of Advertising (AAA), diffusée par Taylor & Francis. L’article est soumis aux droits d’auteur de l’éditeur académique.
- Conditions d’utilisation et accès : Les items de l’échelle ont été rendus publics dans le corps de l’article scientifique (Ahn & La Ferle, 2008, p. 111). Selon les règles de l’usage loyal académique (fair use), l’échelle peut être librement utilisée, adaptée et administrée par les chercheurs, les universitaires et les étudiants à des fins de recherche fondamentale, non commerciale et pédagogique, sous réserve d’une citation bibliographique appropriée de l’article original.
- Frais et licences commerciales : L’utilisation dans le cadre de projets de recherche universitaire est entièrement gratuite. Pour une exploitation commerciale à grande échelle (dans des outils propriétaires, des applications d’évaluation d’entreprises ou des plateformes commerciales de recrutement), il convient d’obtenir l’autorisation écrite auprès des détenteurs des droits de publication (Taylor & Francis / American Academy of Advertising).
12. Références / References
Les références suivantes documentent le développement de l’échelle, ses applications méthodologiques et ses fondements théoriques en psycholinguistique et comportement du consommateur :
- Ahn, J., & La Ferle, C. (2008). Enhancing Recall and Recognition for Brand Names and Body Copy: A Mixed-Language Approach. Journal of Advertising, 37(3), 107–117. https://doi.org/10.2753/JOA0091-3367370308
- Anand, P., & Sternthal, B. (1990). Ease of Message Processing as a Moderator of Repetition Effects in Advertising. Journal of Marketing Research, 27(3), 345–353. https://doi.org/10.1177/002224379002700308
- Bandura, A. (1997). Self-Efficacy: The Exercise of Control. W. H. Freeman and Company.
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating Structural Equation Models with Unobservable Variables and Measurement Error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Horwitz, E. K., Horwitz, M. B., & Cope, J. (1986). Foreign Language Classroom Anxiety. The Modern Language Journal, 70(2), 125–132. https://doi.org/10.1111/j.1540-4781.1986.tb05256.x
- Hu, L., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff Criteria for Fit Indexes in Covariance Structure Analysis: Conventional Criteria Versus New Alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/107055119909540118
- Kroll, J. F., & Stewart, E. (1994). Category Interference in Translation and Picture Naming: Evidence for Asymmetric Connections Between Bilingual Memory Representations. Journal of Memory and Language, 33(2), 149–174. https://doi.org/10.1006/jmla.1994.1008
- Luna, D., & Peracchio, L. A. (2001). Moderators of Language Effects in Advertising to Bilinguals: A Psycholinguistic Approach. Journal of Consumer Research, 28(2), 284–295. https://doi.org/10.1086/322903
- Luna, D., & Peracchio, L. A. (2005). Advertising to Bilingual Consumers: The Impact of Code-Switching on Persuasion. Journal of Consumer Research, 31(4), 760–765. https://doi.org/10.1086/426610
- Noriega, J., & Blair, E. (2005). Advertising to Bilinguals: Does the Language of Advertising Influence the Nature of Thoughts?. Journal of Marketing, 69(3), 69–83. https://doi.org/10.1509/jmkg.69.3.69.66359
- Nunnally, J. C. (1978). Psychometric Theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Format: 7-point Likert scale (1 = strongly disagree, 7 = strongly agree)
- I have no problem understanding English.
- I can read English well.
- I feel comfortable reading English.