1. Résumé / Abstract
Le Communicatieve Intentie Onderzoek (CIO ; en français : Évaluation de l’intention communicative) est un instrument psychométrique et clinique d’observation standardisé, conçu pour évaluer la qualité, la fréquence et le niveau de développement de la communication intentionnelle chez les jeunes enfants âgés de 16 à 29 mois, ainsi que chez les enfants plus âgés présentant un retard sévère de développement se situant au stade préverbal ou proto-verbal. Développé aux Pays-Bas par Sipke van der Meulen, Corry F. Slofstra-Bremer et Henk C. Lutje Spelberg (2012), le CIO comble une lacune majeure dans le diagnostic précoce des troubles du spectre de l’autisme (TSA), des troubles du développement du langage (TDL) et des déficiences intellectuelles ou globales du développement.
L’instrument repose sur une situation de jeu semi-structurée, standardisée et ludique, scindée en deux contextes interactifs distincts : une dyade parent-enfant et une dyade examinateur-enfant. Cette double modalité permet d’isoler l’impact des dynamiques relationnelles familières par rapport aux compétences sollicitées par un adulte non familier. Le CIO examine minutieusement les fonctions communicatives (telles que les demandes, les refus, l’attention conjointe et les interactions sociales), les moyens d’expression mobilisés (contact visuel, gestes déictiques et conventionnels, vocalisations, approximations verbales) ainsi que le rôle facilitateur ou inhibiteur des comportements parentaux. Les analyses psychométriques démontrent une excellente fidélité inter-juges, une cohérence interne robuste et une remarquable validité différentielle et convergente avec d’autres épreuves développementales standardisées.
2. Mots-clés / Keywords
intention communicative, pragmatique précoce, évaluation du langage préverbal, observation clinique standardisée, dyade parent-enfant, attention conjointe, geste déictique, trouble du développement du langage, autisme précoce, psychométrie développementale
3. Auteurs / Authors
Le Communicatieve Intentie Onderzoek (CIO) a été conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs et cliniciens spécialisés en audiologie, linguistique développementale et orthophonie aux Pays-Bas :
- Sipke van der Meulen : Orthophoniste clinicien et chercheur en sciences du langage, spécialisé dans l’évaluation précoce de la communication auprès de populations à risque au sein de centres audiologiques et de réadaptation pédiatrique (notamment rattaché aux réseaux d’expertise comme Koninklijke Kentalis).
- Corry F. Slofstra-Bremer : Linguiste et clinicienne experte des troubles de la communication et des interventions langagières précoces chez les enfants non verbaux ou peu verbaux.
- Dr. Henk C. Lutje Spelberg : Méthodologue et psychométricien, affilié au département de psychopédagogie et des sciences de l’éducation de l’Université de Groningue (Rijksuniversiteit Groningen), reconnu pour ses travaux majeurs sur les échelles d’évaluation du langage précoce et des capacités cognitives de l’enfant.
4. Objectif / Purpose
Le CIO a été élaboré pour répondre à un défi clinique fondamental : évaluer de manière fiable et écologique le statut pragmatique et communicatif d’un enfant qui ne parle pas encore ou qui présente un vocabulaire expressif extrêmement restreint. Alors que les tests standardisés classiques reposent souvent sur des consignes formelles exigeant une réponse verbale ou un pointage sur image (inadaptés aux enfants de moins de deux ans ou présentant des troubles complexes), le CIO adopte une approche descriptive et quantitative des actes de communication émergents au sein d’une interaction naturelle.
Les objectifs cliniques et scientifiques de l’outil sont multiples :
- Diagnostic différentiel précoce : Distinguer les retards simples du langage expressif (par exemple, les enfants identifiés comme « parleurs tardifs » ou late talkers) des troubles structurels de la communication sociale, tels que les troubles du spectre de l’autisme ou les déficits sensoriels profonds. Alors qu’un parleur tardif typique compense l’absence de mots par une riche panoplie de gestes et d’intentions proto-déclaratives, l’enfant présentant un trouble du spectre de l’autisme manifeste une altération spécifique du partage de l’attention et des initiatives interactives.
- Cartographie du répertoire communicatif : Déterminer avec précision où se situe l’enfant dans l’acquisition du langage comme système symbolique et comme vecteur d’échange social. Le test quantifie le ratio entre les comportements communicatifs pré-intentionnels, intentionnels non verbaux, vocaux et proto-linguistiques.
- Analyse de l’écologie interactionnelle : Évaluer les interactions bidirectionnelles parent-enfant. Le CIO permet d’objectiver si le style communicatif parental (par exemple, la directivité excessive, l’anticipation systématique des besoins ou au contraire l’étayage bien ajusté) soutient de manière optimale les émergences communicatives de l’enfant ou, involontairement, en réduit les occasions d’expression spontanée.
- Orientation et monitorage de l’intervention orthophonique : Établir la ligne de base avant une intervention ciblée (par exemple, stimulation précoce, programmes d’éducation parentale type Hanen, communication alternative et augmentée) et mesurer l’efficacité thérapeutique longitudinale en réadministrant l’outil à intervalles réguliers.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit central du CIO est l’intention communicative, définie en psycholinguistique comme la capacité cognitive et pragmatique d’un individu à orienter intentionnellement l’état attentionnel, émotionnel ou comportemental d’autrui vers un but ou un objet précis, par le biais d’un signal communicatif orienté vers l’interlocuteur. L’instrument appréhende cette intention à travers trois macro-dimensions opérationnalisées :
1. Les fonctions communicatives (Le « Pourquoi » de la communication)
Le CIO segmente les actes communicatifs en plusieurs fonctions sociopragmatiques inspirées des travaux sur la pragmatique du jeune enfant :
- Régulation du comportement (proto-impératifs) : Actes par lesquels l’enfant utilise l’adulte pour obtenir un objet hors d’atteinte, solliciter une aide instrumentale (par exemple, ouvrir une boîte transparente contenant un jouet attrayant) ou réclamer la poursuite d’une routine de jeu interrompue.
- Attention conjointe (proto-déclaratifs) : Actes par lesquels l’enfant cherche à partager l’intérêt de l’adulte envers une entité ou un événement du monde extérieur sans visée instrumentale (par exemple, pointer du doigt un camion de pompiers animé et regarder immédiatement l’adulte pour vérifier son adhésion attentionnelle).
- Interaction sociale : Comportements visant à attirer ou maintenir l’attention de l’adulte sur soi-même (jeux de « coucou-le-voilà », taquineries, salutations, recherche de contact affectif ou de félicitations).
- Protestation ou rejet : Refus explicite et dirigé d’une proposition ou d’un objet (pousser la main de l’adulte, secouer la tête avec regard dirigé).
2. Les moyens d’expression communicatifs (Le « Comment » de la communication)
Le CIO évalue le niveau de sophistication sémiotique des signaux émis par le jeune enfant :
- Moyens corporels et visuels : Alternance coordonnée du regard (regarder l’objet, puis l’adulte, puis de nouveau l’objet), gestes déictiques (pointer de l’index, montrer, donner, tendre la main paume vers le haut) et gestes référentiels conventionnels (au revoir de la main, hausser les épaules).
- Moyens vocaux : Émissions sonores différenciées selon l’intonation (vocalisations d’appel, plaintes dirigées, babillage varié modulé).
- Moyens verbaux : Émergence des premiers mots signifiants, approximations lexicales stables et combinaisons de mots ou de gestes avec des mots.
3. L’environnement interactif et l’étayage adulte
Un acte ne prend sens que dans son contexte social. Le modèle du CIO quantifie les comportements de réponse de l’adulte : temps de latence accordé à l’enfant avant d’intervenir, niveau d’intrusion, contingence verbale (parler de ce que l’enfant regarde) et capacité à calibrer la complexité linguistique au niveau réceptif de l’enfant.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le CIO s’inscrit au carrefour de la pragmatique linguistique, de la psychologie du développement cognitif et des théories socioculturelles de l’interaction précoce. Les fondements théoriques majeurs comprennent :
La théorie des actes de langage (Austin & Searle)
Initialement formulée par J. L. Austin (1962) puis développée par John Searle (1969), cette approche stipule que le langage sert avant tout à agir sur le monde (« dire, c’est faire »). Les auteurs du CIO ont transposé les notions de force illocutoire (l’intention poursuivie par l’émetteur) à la période prélinguistique : avant même de maîtriser la morphosyntaxe, le nourrisson produit de véritables actes de langage illocutoires par la coordination du regard et du geste.
L’approche interactionniste et l’échafaudage (Bruner & Vygotski)
Conformément aux travaux de Jerome Bruner (1983) sur le Language Acquisition Support System (LASS), l’enfant n’acquiert pas la communication de manière isolée mais au travers de « formats d’interaction » récurrents et ritualisés (jeux de faire semblant, tours de rôle). L’évaluation conjointe de l’enfant avec son parent dans le CIO repose directement sur le concept vygotskien de Zone Proximale de Développement (ZPD) : le parent fournit une structure d’étayage permettant à l’enfant de manifester des compétences pragmatiques qu’il ne déploierait pas spontanément seul face à un clinicien neutre.
Le modèle de l’attention conjointe et de la cognition sociale (Tomasello, Bates)
Les modèles de Michael Tomasello (1999) et d’Elizabeth Bates (1976) éclairent la transition critique survenant autour de 9 à 14 mois, lorsque l’enfant passe de relations dyadiques (enfant-objet ou enfant-adulte) à des relations triadiques (enfant-adulte-objet). Le CIO opérationnalise cette « révolution cognitive » des 9-12 mois en évaluant rigoureusement si l’enfant utilise l’adulte comme un agent intentionnel pourvu de sa propre attention, ce qui constitue le socle indispensable au déploiement du vocabulaire conventionnel.
7. Validité / Validity
Les qualités métrologiques du CIO ont été documentées lors des travaux de standardisation néerlandais auprès d’échantillons normatifs d’enfants à développement typique et de groupes cliniques présentant des troubles de la communication (van der Meulen et al., 2012) :
Validité de contenu et d’apparence
La sélection des contextes de jeu et des jouets stimulants (bulles de savon, jouets mécaniques à ressorts nécessitant une activation par l’adulte, ballons, livres illustrés sans texte) a été supervisée par des panels d’experts en orthophonie et pédopsychiatrie. Les situations créent naturellement des « tentations communicatives » (communicative temptations) sans jamais exercer de pression anxiogène ou d’injonction directe de parole.
Validité convergente et concourante
Le CIO présente de fortes corrélations positives avec des instruments reconnus d’évaluation du langage précoce et du développement socio-émotionnel :
- Corrélations significatives (r variant entre 0,55 et 0,72, p < 0,001) avec les échelles de compréhension et de production du Schlichting Test voor Taalbegrip en Taalproductie chez les enfants aux stades précoces.
- Convergence élevée avec les questionnaires parentaux de communication type MacArthur-Bates Communicative Development Inventories (CDI / N-CDI), en particulier pour les rubriques explorant les gestes communicatifs précoces et la compréhension lexicale (r = 0,61 à 0,68).
- Forte corrélation avec l’échelle de communication de la Vineland Adaptive Behavior Scales (VABS).
Validité discriminante et différentielle
Les études empiriques montrent que le CIO différencie nettement :
- Les enfants présentant un retard de langage expressif pur (qui maintiennent un taux élevé d’intentions communicatives non verbales et d’attentions conjointes préservées) de ceux présentant un trouble du spectre de l’autisme (qui manifestent une chute statistiquement significative des proto-déclaratifs et de l’alternance du regard).
- Les enfants tout-venant des enfants ayant un retard global de développement, où le répertoire d’intentions est réduit de manière proportionnelle à l’âge mental général.
8. Fidélité / Reliability
S’agissant d’un instrument d’observation comportementale, la fidélité du CIO repose sur une rigoureuse standardisation des cotations par grilles critériées :
Fidélité inter-juges
L’accord entre évaluateurs indépendants a fait l’objet d’analyses systématiques sur des enregistrements vidéo de passations :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total d’intentions communicatives varie de 0,84 à 0,93 selon les études de standardisation, ce qui dénote une concordance inter-juges excellente.
- Pour la catégorisation fine des fonctions (demandes vs attention conjointe), l’indice Kappa de Cohen pondéré oscille entre 0,76 et 0,85, reflétant un haut degré de reproductibilité diagnostique après formation préalable à la méthode.
Cohérence interne
La consistance interne des sous-échelles de l’instrument a été évaluée à l’aide de l’alpha de Cronbach (α) :
- Sous-échelle des moyens expressifs non verbaux : α = 0,81.
- Sous-échelle des fonctions de régulation du comportement : α = 0,79.
- Sous-échelle de l’attention conjointe et des interactions sociales : α = 0,86.
- Cohérence interne globale du protocole d’observation : α = 0,88.
Fidélité test-retest
Bien que le comportement de jeu d’un enfant de 20 mois soit naturellement sujet à des fluctuations d’humeur ou de fatigue, la stabilité des profils de communication observés à 2-3 semaines d’intervalle sans intervention montre une corrélation test-retest de r = 0,78 (p < 0,01), confirmant que l’outil capte un trait développemental stable et non un simple état transitoire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’analyse factorielle exploratoire (AFE) et les modélisations en équations structurelles de type analyse factorielle confirmatoire (AFC) conduites sur les données d’échantillonnage ont permis d’éprouver l’architecture dimensionnelle du test :
Structure factorielle
Les analyses factorielles confirment l’existence de trois facteurs primaires intercorrélés, qui expliquent plus de 58 % de la variance totale des comportements communicatifs observés :
- Facteur 1 : Attention Conjointe et Partage Social (poids factoriels compris entre 0,62 et 0,84). Ce facteur regroupe les pointages proto-déclaratifs, l’alternance triadique du regard, les sourires partagés dirigés vers l’adulte et les initiatives pour montrer un jouet.
- Facteur 2 : Régulation Comportementale et Demandes Instrumentales (poids factoriels compris entre 0,54 et 0,79). Ce facteur rassemble les gestes d’atteinte intentionnelle (reach), les vocalisations de demande, l’action de guider la main de l’adulte vers une boîte fermée ou la protestation structurée face à une frustration.
- Facteur 3 : Complexification Sémiotique et Diversité des Moyens (poids factoriels compris entre 0,58 et 0,75). Ce facteur mesure le niveau d’intégration multimodale (coordination synchrone regard + geste + son/mot), marquant le passage de la communication gestuelle isolée vers le langage verbalisé.
Ces dimensions soutiennent la structure théorique tripartite (Fonctions sociales vs Fonctions instrumentales vs Moyens sémiotiques) et valident le calcul de scores spécifiques pour chaque profil clinique.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le matériel et les procédures d’administration du CIO sont strictement standardisés :
- Type d’épreuve : Dispositif d’évaluation clinique standardisé par observation directe en milieu aménagé, avec enregistrement vidéo recommandé pour la cotation différée fine.
- Format des sessions d’observation :
- Phase A : Interaction Enfant – Parent (environ 15 à 20 minutes) : Le parent joue librement avec l’enfant à l’aide d’une mallette de jouets prédéfinie, sans consignes contraignantes.
- Phase B : Interaction Enfant – Examinateur (environ 15 à 20 minutes) : L’examinateur applique des séquences standardisées de « tentations communicatives » (ex. activer un jouet mécanique puis s’arrêter, offrir une boîte impossible à ouvrir, manger une friandise ou jouer à un jeu attractif sans le partager spontanément).
- Matériel standardisé : Boîtes transparentes hermétiques, jouets mécaniques à remonter, flacons de bulles de savon, petites figurines d’animaux, vaisselle miniature, livres illustrés cartonnés attrayants.
- Modalités de cotation : Grille d’observation comportementale répertoriant les épisodes communicatifs selon trois axes :
- Axe 1 : Présence et fréquence de l’acte communicatif (comptage fréquentiel sur la durée du protocole).
- Axe 2 : Fonction communicative (Demande, Attention conjointe, Interaction sociale, Refus).
- Axe 3 : Moyen d’expression (Regard seul, Geste conventionnel/déictique, Vocalisation isolée, Combinaison regard-geste-vocalisation, Mot articulé).
- Profil d’interaction parentale : Échelle d’évaluation ordinale (1 à 4) mesurant la directivité, le temps de réponse, la contingence et l’adaptation du débit verbal du parent.
- Scores obtenus : Scores bruts par catégorie, scores cumulés d’initiatives communicatives par minute, profils comparatifs entre situation parentale et situation avec l’examinateur, percentiles de référence par tranches d’âge.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication officielle : 2012 (éditions et compléments méthodologiques édités aux Pays-Bas).
- Éditeur et diffusion : L’instrument et son manuel technique ont été initialement diffusés par des structures d’expertise audiopédiatrique et de recherche en communication précoce aux Pays-Bas (notamment en lien avec Koninklijke Kentalis / Rijksuniversiteit Groningen).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : © 2012 Sipke van der Meulen, Corry F. Slofstra-Bremer, Henk C. Lutje Spelberg. Tous droits réservés. Le protocole, le manuel d’instructions, les feuilles de score et la sélection de jouets standardisés sont protégés par les lois internationales sur la propriété intellectuelle.
- Conditions d’accès et formation : L’administration et l’interprétation du CIO sont réservées aux professionnels qualifiés de la petite enfance et du langage : orthophonistes/logopèdes, psychologues du développement, neuropédiatres et pédopsychiatres ayant suivi une formation spécifique à la cotation fine de la communication préverbale.
- Tarification : Le manuel de passation, les formulaires de notation et le matériel de jeu sont commercialisés auprès des distributeurs spécialisés de tests psychométriques et orthophoniques néerlandophones. Des licences spécifiques pour la recherche clinique peuvent être obtenues sur demande motivée auprès des auteurs ou organismes dépositaires.
12. Références / References
Les publications fondatrices et les études scientifiques relatives au cadre théorique et psychométrique du CIO incluent :
- Austin, J. L. (1962). How to do things with words. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780198245537.001.0001
- Bates, E., Camaioni, L., & Volterra, V. (1976). Sensorimotor performatives. In E. Bates (Ed.), Language and context: The acquisition of pragmatics (pp. 49-71). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-081550-0.50008-0
- Bruner, J. (1983). Child’s talk: Learning to use language. W. W. Norton & Company.
- Searle, J. R. (1969). Speech acts: An essay in the philosophy of language. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139173438
- Tomasello, M. (1999). The cultural origins of human cognition. Harvard University Press. https://doi.org/10.4159/9780674044333
- van der Meulen, S., Slofstra-Bremer, C. F., & Lutje Spelberg, H. C. (2012). Communicatieve Intentie Onderzoek (CIO): Handleiding en toelichtingsformulier. Koninklijke Kentalis / Rijksuniversiteit Groningen.
- Wetherby, A. M., & Prizant, B. M. (1989). The expression of communicative intent: Assessment issues. Seminars in Speech and Language, 10(1), 77-91. https://doi.org/10.1055/s-2008-1064246