Liste de contrôle des stratégies d’adaptation pour enfants (CCSC)

La Children’s Coping Strategies Checklist (CCSC) est une échelle psychométrique de référence évaluant les stratégies d’adaptation face au stress chez l’enfant à travers 4 grandes dimensions : coping actif, distraction, évitement et recherche de soutien.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

La Children’s Coping Strategies Checklist (CCSC), développée initialement par Tim S. Ayers et ses collaborateurs à l’Arizona State University (Ayers, 1991 ; Ayers et al., 1996), constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureusement validés pour l’évaluation des processus de coping (stratégies d’adaptation au stress) chez les enfants et les préadolescents âgés de 7 à 13 ans. Conçu pour pallier les faiblesses conceptuelles et méthodologiques des mesures descendantes calquées sur les adultes, le CCSC évalue la fréquence d’utilisation de comportements et d’efforts cognitifs spécifiques mis en œuvre pour gérer des événements stressants, des conflits interpersonnels ou des situations de crise telles que le divorce parental.

Dans ses versions canoniques (la version originale à 45/47 items et la révision CCSC-R1 à 54 items), l’instrument quantifie les stratégies adaptatives à travers un modèle hiérarchique comprenant quatre facteurs de second ordre (dimensions principales) et dix à onze sous-échelles de premier ordre : le Coping Actif (comprenant la prise de décision cognitive, la résolution directe de problèmes, la recherche de compréhension et la restructuration cognitive positive), les Stratégies de Distraction (actions distractives et libération physique des émotions), les Stratégies d’Évitement (actions d’évitement et évitement cognitif) et la Recherche de Soutien (soutien centré sur le problème et soutien centré sur l’émotion). Les items sont évalués au moyen d’une échelle ordinale de type Likert en 4 points (allant de 1 = « Jamais » à 4 = « La plupart du temps »).

Les propriétés psychométriques du CCSC attestent d’une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,73 et 0,89 pour les dimensions d’ordre supérieur, et des saturations factorielles confirmatoires étayant de manière convaincante le modèle quadri-factoriel face aux modèles concurrents bidimensionnels (centré sur le problème vs centré sur l’émotion). L’outil a été massivement utilisé dans les études épidémiologiques, la psychologie du développement, les programmes d’intervention préventive et l’évaluation clinique pédiatrique pour prédire l’ajustement émotionnel et la réduction des symptômes d’internalisation et d’externalisation.

2. Mots-clés / Keywords

Coping infantile, adaptation au stress, Children’s Coping Strategies Checklist, CCSC, psychométrie développementale, régulation émotionnelle, résolution de problèmes, soutien social, résilience chez l’enfant, évaluation psychologique.

3. Auteurs / Authors

La Children’s Coping Strategies Checklist a été élaborée et standardisée par une équipe de chercheurs émérites en psychologie clinique et développementale affiliés au Program for Prevention Research (PPR) (actuellement Prevention Research Center) de l’Arizona State University (ASU), Tempe, Arizona, États-Unis :

  • Tim S. Ayers, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, principal concepteur de l’échelle dans le cadre de ses travaux doctoraux sous la direction d’Irwin Sandler à l’Arizona State University.
  • Irwin N. Sandler, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Arizona State University, directeur de longue date du Prevention Research Center, figure de proue internationale de l’étude de la résilience familiale, de l’adaptation au deuil et du divorce parental.
  • Stephen G. West, Ph.D. : Professeur de psychologie quantitative et méthodologie d’évaluation à l’Arizona State University, expert reconnu des modèles d’équations structurelles et des analyses factorielles confirmatoires appliquées aux sciences du comportement.
  • Mark W. Roosa, Ph.D. : Professeur en développement humain et études familiales à l’Arizona State University, spécialiste des facteurs de stress environnementaux, de la pauvreté et de l’adaptation psychosociale chez les enfants et adolescents.

Pour toute correspondance institutionnelle ou documentation méthodologique, le centre de recherche de référence est le ASU Prevention Research Center (REACH Institute, Arizona State University).

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de la Children’s Coping Strategies Checklist est d’offrir une quantification standardisée, empiriquement fondée et sensible au développement, des comportements et des mécanismes cognitifs que les enfants déploient face à l’adversité. Historiquement, l’évaluation du coping chez l’enfant souffrait d’un biais structural majeur : l’application directe et non modifiée des cadres théoriques pour adultes (notamment la dichotomie classique coping centré sur le problème / coping centré sur l’émotion issue des travaux de Lazarus et Folkman). Ce paradigme négligeait le répertoire cognitif spécifique, la dépendance sociale et les capacités exécutives limitées des enfants en période de latence et au début de l’adolescence. Le CCSC a été développé pour capturer précisément la façon dont l’enfant appréhende et tente d’influencer activement son environnement interne et externe.

Applications en recherche et épidémiologie

Dans les contextes de recherche fondamentale et appliquée, le CCSC est largement employé pour :

  • Analyser les trajectoires développementales de la gestion du stress face à des stresseurs aigus ou chroniques, tels que la séparation parentale, la maladie chronique pédiatrique, les difficultés scolaires ou l’exposition aux violences communautaires.
  • Examiner les modèles médiateurs et modérateurs reliant l’exposition aux stresseurs aux symptômes psychopathologiques (troubles internalisés comme l’anxiété et la dépression ; troubles externalisés comme l’agressivité et les troubles des conduites).
  • Servir de mesure de résultat primaire ou secondaire dans l’évaluation des programmes de prévention (par exemple, le programme Family Bereavement Program ou le New Beginnings Program développés à l’ASU), permettant d’objectiver si le renforcement des stratégies actives atténue la détresse psychologique à court et long termes.

Applications cliniques et diagnostiques

Sur le plan clinique, la checklist offre aux praticiens (pédopsychiatres, psychologues scolaires, neuropsychologues) une cartographie détaillée des ressources adaptatives de l’enfant. Plutôt que de catégoriser un enfant de manière simpliste comme « résilient » ou « vulnérable », le CCSC met en lumière les profils d’ajustement idiosyncrasiques :

  • L’identification d’une dépendance excessive aux stratégies d’évitement ou de fuite cognitive, qui constituent un facteur de risque majeur pour le maintien des troubles anxieux.
  • L’évaluation de la capacité de l’enfant à mobiliser un soutien social adapté, différenciant la quête de réconfort affectif pur de la recherche d’aide instrumentale orientée vers la résolution du problème.
  • La conception d’interventions ciblées en thérapie cognitivo-comportementale (TCC), en ciblant spécifiquement l’apprentissage de la restructuration cognitive positive ou la résolution de problèmes par étapes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le CCSC est le coping dispositionnel et situationnel chez l’enfant. Contrairement aux approches monolithiques, les auteurs ont conçu un construit multidimensionnel articulé autour de quatre dimensions fondamentales de second ordre, sous-tendues par dix à onze dimensions spécifiques de premier ordre.

1. Le Coping Actif (Active Coping)

Cette macro-dimension regroupe les efforts cognitifs et comportementaux orientés vers l’action directe sur le stresseur ou vers une modification adaptative de sa propre perception cognitive. Elle comprend quatre sous-échelles :

  • Prise de décision cognitive (Cognitive Decision Making) : Processus métacognitif consistant à planifier, analyser les options et anticiper les conséquences avant d’agir (ex. « Think about what I could do before I do something »).
  • Résolution directe de problèmes (Direct Problem Solving) : Comportements effectifs et concrets déployés pour changer la situation stressante ou modifier ses propres actions pour surmonter l’obstacle (ex. « Do something to make things better »).
  • Recherche de compréhension (Seeking Understanding) : Tentatives cognitives d’analyser la causalité, le sens et les leçons tirées de l’événement stressant (ex. « Try to figure out why things like this happen »).
  • Restructuration cognitive positive (Positive Cognitive Restructuring) : Habileté à réévaluer la situation de manière optimiste, à recadrer les aspects négatifs ou à relativiser l’ampleur du problème (ex. « Try to notice or think about only the good things in life » ; « Remind myself that things could be worse »).

2. Les Stratégies de Distraction (Distraction Strategies)

La distraction regroupe les stratégies visant à détourner temporairement l’attention du stimulus aversif sans nécessairement le fuir de manière pathologique. Elle est constituée de deux sous-échelles :

  • Actions de distraction (Distracting Actions) : Engagement dans des activités récréatives, motrices ou culturelles absorbantes permettant d’interrompre les ruminations (ex. « Listen to music », « Read a book or magazine », « Watch TV »).
  • Libération physique des émotions (Physical Release of Emotions) : Mobilisation du corps, décharge motrice ou activités sportives intenses permettant de canaliser la tension somatique induite par le stress (ex. « Play sports », « Go bicycle riding », « Do some exercise »).

3. Les Stratégies d’Évitement (Avoidance Strategies)

Cette dimension rassemble les tentatives de désengagement passif ou actif vis-à-vis du stresseur ou des pensées associées, souvent corrélées positivement avec la détresse psychologique à long terme :

  • Évitement cognitif (Cognitive Avoidance) : Tentatives délibérées de supprimer les pensées intrusives ou d’oublier la réalité de la situation (ex. « Try to put it out of my mind », « Tell myself it’s not worth getting upset about »).
  • Actions d’évitement (Avoidant Actions) : Comportements physiques visant à fuir le contact avec le problème ou les personnes impliquées (ex. « Try to stay away from the problem », « Avoid the people that make me feel bad », « Avoid it by going to my room »).

4. La Recherche de Soutien (Support Seeking Strategies)

Reconnaissant que l’enfant ne peut surmonter tous les stresseurs de manière autonome, cette macro-dimension évalue la mobilisation des ressources relationnelles et se subdivise en :

  • Soutien centré sur le problème (Problem-Focused Support) : Sollicitation d’autrui (parents, pairs, adultes ressources) pour obtenir des conseils, des informations concrètes ou de l’aide instrumentale directe pour résoudre le conflit (ex. « Try to solve the problem by talking with my mother or father »).
  • Soutien centré sur l’émotion (Emotion-Focused Support) : Partage verbal des états affectifs, recherche de réconfort empathique, d’écoute et de validation émotionnelle auprès de proches ou d’adultes extérieurs (ex. « Talk about how I am feeling with my mother or father », « Talk with one of my friends about my feelings »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement conceptuel du CCSC s’enracine dans la théorie transactionnelle du stress et du coping développée par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), tout en intégrant des aménagements cruciaux issus de la psychologie du développement et de la théorie de l’apprentissage social.

La transaction stress-individu et l’évaluation cognitive

Selon le paradigme transactionnel, le stress n’est ni une caractéristique intrinsèque de l’environnement, ni une simple réponse physiologique, mais le résultat d’une transaction dynamique entre la personne et son environnement, médiatisée par une double évaluation cognitive :

  • L’évaluation primaire : L’estimation de l’enjeu (la situation représente-t-elle une menace, une perte ou un défi ?).
  • L’évaluation secondaire : L’estimation des ressources personnelles et sociales disponibles pour faire face aux exigences imposées.

Le coping est alors défini comme l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux, constamment changeants, déployés pour gérer des exigences internes ou externes spécifiques qui dépassent les ressources de la personne.

Le dépassement du modèle adulte bidimensionnel

Dans la littérature adulte initiale, le coping était presque exclusivement dichotomisé entre Problem-Focused Coping (agir sur le problème) et Emotion-Focused Coping (réguler l’état affectif). Toutefois, les travaux pionniers d’Ayers et de ses collègues (1996) ont démontré que cette typologie est inadaptée aux enfants pour plusieurs raisons théoriques fondamentales :

  1. Développement métacognitif : Chez l’enfant, l’autorégulation émotionnelle utilise massivement le détournement attentionnel (la distraction comportementale) plutôt que la seule restructuration abstraite. Traiter la distraction comme une simple forme d’évitement ou un sous-produit du coping émotionnel masque son rôle adaptatif majeur dans l’enfance.
  2. Le statut particulier de l’évitement : Alors que les modèles pour adultes regroupaient parfois l’évitement au sein du coping centré sur l’émotion, l’analyse développementale montre que l’évitement actif et l’évitement cognitif forment une entité psychopathologique distincte, prédictive de symptômes dépressifs et anxieux accrus.
  3. La centralité du soutien social : En raison de leur statut développemental d’individus dépendants, les enfants ont une propension structurelle à externaliser la régulation émotionnelle et instrumentale vers les figures d’attachement (théorie de l’attachement de Bowlby). La recherche de soutien ne saurait être dissoute dans une simple sous-composante de résolution de problèmes.

Ainsi, le modèle d’Ayers et al. (1996) formalise un modèle à quatre facteurs majeurs (Actif, Distraction, Évitement, Soutien), ancré dans une vision fonctionnelle où le succès du coping dépend de la contrôlabilité perçue du stresseur (principe de congruence ou goodness-of-fit).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du CCSC et de ses révisions a été établie à travers de multiples échantillons cliniques et communautaires totalisant plusieurs milliers de participants dans diverses études empiriques (Ayers et al., 1996 ; Sandler et al., 1994, 2000).

Validité de construit

La validité de construit a été documentée par des modélisations en équations structurelles (SEM) comparant plusieurs architectures théoriques concurrentes :

  • Le modèle traditionnel à 2 facteurs (centré sur le problème vs centré sur l’émotion) présentait un ajustement médiocre ($\chi^2/df$ élevé, RMSEA > 0,08, CFI < 0,85).
  • Le modèle à 4 facteurs de second ordre (Coping Actif, Distraction, Évitement, Recherche de Soutien) présentait d’excellents indices d’ajustement ($ ext{RMSEA} le 0{,}05$,$ ext{CFI} ge 0{,}93$), confirmant que les comportements observables des enfants s’organisent bien selon ces quatre dimensions maîtresses.

Validité convergente et discriminante

Les associations du CCSC avec d’autres échelles validées corroborent sa validité :

  • Le Coping Actif corrèle positivement et significativement avec l’estime de soi globale mesurée par l’échelle de Harter ($r pprox 0{,}35$ à $0{,}48$), le sentiment d’auto-efficacité ($r pprox 0{,}42$) et le lieu de contrôle interne.
  • Le Coping d’Évitement montre une corrélation convergente positive avec les scores d’anxiété manifeste (RCMAS, $r pprox 0{,}38$) et les symptômes de dépression mesurés par le CDI ($r pprox 0{,}31$ à $0{,}45$).
  • La Recherche de Soutien est corrélée aux mesures de sécurité de l’attachement parental et à la perception de la disponibilité du réseau d’entraide ($r pprox 0{,}40$).

Validité prédictive et longitudinale

Dans l’étude longitudinale princeps de Sandler, Tein et West (1994) auprès d’enfants confrontés au divorce de leurs parents, les scores de Coping Actif mesurés au temps 1 prédisaient une réduction significative des symptômes d’internalisation et d’externalisation six mois plus tard, même après contrôle des niveaux initiaux de détresse psychologique. Réciproquement, un score élevé à la dimension d’Évitement s’est avéré être un prédicteur robuste et stable de troubles internalisés subséquents.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du CCSC a été scrupuleusement évaluée sous les angles de la cohérence interne et de la stabilité temporelle.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Les données rapportées par Ayers et al. (1996) et documentées dans le manuel psychométrique du Divorce Adjustment Project attestent d’une consistance interne très satisfaisante pour les dimensions d’ordre supérieur :

  • Coping Actif (Active Coping) : $lpha = 0{,}89$ (dans certains échantillons : $0{,}80$ à $0{,}88$)
  • Stratégies de Distraction (Distraction Strategies) : $lpha = 0{,}80$ ($0{,}79$)
  • Stratégies d’Évitement (Avoidance Strategies) : $lpha = 0{,}73$ ($0{,}64$ à $0{,}75$)
  • Stratégies de Recherche de Soutien (Support Seeking) : $lpha = 0{,}78$ ($0{,}79$)

Au niveau des sous-échelles spécifiques de premier ordre, les indices de cohérence interne demeurent globalement modérés à élevés malgré un nombre réduit d’items par sous-échelle :

  • Prise de décision cognitive : $0{,}68$
  • Résolution directe de problèmes : $0{,}66$
  • Restructuration cognitive positive : $0{,}71$
  • Recherche de compréhension : $0{,}56$
  • Libération physique des émotions : $0{,}71$
  • Actions de distraction : $0{,}70$
  • Actions d’évitement : $0{,}49$ à $0{,}64$
  • Évitement cognitif : $0{,}61$
  • Soutien centré sur le problème : $0{,}75$
  • Soutien centré sur l’émotion : $0{,}73$

Fidélité test-retest

Sur un intervalle de deux à quatre semaines, les corrélations test-retest pour l’évaluation dispositionnelle du coping se situent entre $r = 0{,}62$ et $r = 0{,}79$, attestant d’une stabilité temporelle remarquable compte tenu de la variabilité développementale et situationnelle inhérente à l’enfance.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture psychométrique du CCSC repose sur un processus rigoureux combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) initiale et analyses factorielles confirmatoires (AFC) multi-groupes menées par Ayers (1991) et Ayers et al. (1996).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors de la phase initiale de développement de l’échelle, un bassin de plus de 90 items générés à partir d’entretiens qualitatifs avec des enfants a été soumis à des analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax), permettant aux facteurs d’être corrélés entre eux. Cette étape a permis d’éliminer les items présentant des saturations croisées indésirables (> 0,30 sur plusieurs facteurs secondaires) ou des saturations primaires insuffisantes (< 0,40), aboutissant à l’émergence claire des 10 à 11 sous-facteurs identifiés.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations confirmatoires conduites par Stephen G. West et l’équipe de l’ASU ont formellement testé une hiérarchie emboîtée de modèles :

  • Modèle 1 (Unidimensionnel) : Postulait un facteur global de « compétence d’adaptation ». L’ajustement s’est révélé très inadéquat ($\chi^2/ ext{df} > 4{,}5$).
  • Modèle 2 (Dichotomie classique Problème / Émotion) : A démontré un ajustement médiocre, les indices montrant que la distraction et l’évitement formaient des dimensions orthogonales non capturées par cette dichotomie.
  • Modèle 3 (Hiérarchique à 4 facteurs d’ordre supérieur) : Ce modèle posait que les 11 facteurs de premier ordre se regroupent sous les 4 méta-construits (Coping Actif, Distraction, Évitement, Soutien). Les indices d’adéquation globale étaient optimaux : Goodness of Fit Index (GFI) > 0,91, Comparative Fit Index (CFI) = 0,94, et Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,055.

Les saturations factorielles des sous-échelles de premier ordre sur leurs facteurs respectifs de second ordre sont particulièrement robustes : la restructuration cognitive et la prise de décision saturent à plus de 0,70 sur le Coping Actif ; le soutien émotionnel et instrumental saturent à plus de 0,75 sur la Recherche de Soutien.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (auto-évaluation assistée ou autonome selon l’âge de l’enfant). Existe également sous une déclinaison situationnelle (HICUPS – How I Coped Under Pressure Scale) et une version hétéro-évaluée par les parents.
  • Population cible : Enfants et adolescents âgés de 7 à 13 ans (écoliers et collégiens). Le vocabulaire est adapté à un niveau de lecture de début de primaire (CE1/CE2 en France).
  • Nombre d’items :
    • CCSC original (1991) : 45 items (version standard) à 52 items (projet d’adaptation au divorce).
    • CCSC-R1 (Revision 1) : 54 items.
  • Format de réponse : Échelle ordinale de Likert à 4 points :
    • 1 = Never (Jamais)
    • 2 = Sometimes (Parfois)
    • 3 = Often (Souvent)
    • 4 = Most of the time (La plupart du temps)
  • Module d’efficacité perçue (How Well I Cope) : 2 items complémentaires évaluant l’efficacité perçue des stratégies sur une échelle ordinale de 1 à 4 (1 = Do not work at all, 2 = Work a little, 3 = Work pretty well, 4 = Work very well), mesurant : (1) l’amélioration effective de la situation, et (2) l’amélioration de l’état émotionnel personnel.
  • Modalités de cotation :
    • Calcul des scores moyens par sous-échelle (somme des items de la sous-échelle divisée par le nombre d’items de la sous-échelle), produisant des scores de 1,00 à 4,00.
    • Calcul des scores d’ordre supérieur (Coping Actif, Distraction, Évitement, Recherche de Soutien) en moyennant les sous-échelles correspondantes.
    • Absence d’inversion des items (aucun item inversé / reverse-coded), ce qui facilite la cotation directe et évite les erreurs de codage chez les jeunes participants.
  • Temps de passation : Environ 15 à 25 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1991 (thèse de Tim S. Ayers) ; publication formelle de validation en 1996 (Ayers et al., 1996) ; Révision 1 (CCSC-R1) en 1999–2000.
  • Statut du droit d’auteur : Instrument développé dans le cadre de recherches subventionnées par le National Institute of Mental Health (NIMH) au sein de l’Arizona State University. Le questionnaire et son manuel d’utilisation (CCSC/HICUPS Manual) sont placés dans le domaine public à des fins académiques et de recherche non commerciale.
  • Tarifs / Coût : Gratuit pour une utilisation clinique, hospitalière et universitaire. Aucune redevance commerciale n’est requise pour l’administration papier ou informatisée dans les protocoles de recherche.
  • Modalités d’accès et téléchargement : L’instrument, les grilles de cotation et les manuels psychométriques complets sont archivés et mis à disposition par le REACH Institute de l’Arizona State University sur leur portail institutionnel de mesures pédiatriques (Consulter le manuel officiel ASU CCSC-HICUPS).

12. Références / References

  • Ayers, T. S. (1991). A dispositional and situational assessment of children’s coping: Testing alternative theoretical models [Doctoral dissertation, Arizona State University]. Dissertation Abstracts International, 53(1-B), 556.
  • Ayers, T. S., Sandler, I. N., West, S. G., & Roosa, M. W. (1996). A dispositional and situational assessment of children’s coping: Testing alternative models of coping. Journal of Personality, 64(4), 923–958. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1996.tb00949.x
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Program for Prevention Research. (1992). Divorce Adjustment Project Documentation (Unpublished manuscript). Arizona State University, Tempe, AZ.
  • Program for Prevention Research. (1999). Manual for the Children’s Coping Strategies Checklist and the How I Coped Under Pressure Scale (CCSC/HICUPS). Prevention Research Center, Arizona State University.
  • Sandler, I. N., Tein, J. Y., & West, S. G. (1994). Coping, stress, and the psychological symptoms of children of divorce: A cross-sectional and longitudinal study. Child Development, 65(6), 1744–1763. https://doi.org/10.2307/1131291
  • Sandler, I. N., Tein, J. Y., Mehta, P., Wolchik, S., & Ayers, T. (2000). Coping efficacy and psychological problems of children of divorce. Child Development, 71(4), 1099–1118. https://doi.org/10.1111/1467-8624.00212

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
1 = Never
2 = Sometimes
3 = Often
4 = Most of the time

Items:

  1. Listen to music
  2. Think about what I could do before I do something.
  3. Write down my feelings.
  4. Do something to make things better.
  5. Try to notice or think about only the good things in life.
  6. Go bicycle riding.
  7. Try to stay away from the problem.
  8. Try to put it out of my mind.
  9. Figure out what I can do by talking with one of my friends.
  10. Think about why it has happened.
  11. Think about what would happen before I decide what to do.
  12. Try to make things better by changing what I do.
  13. Talk about how I am feeling with my mother or father.
  14. Tell myself it will be over in a short time.
  15. Play sports.
  16. Talk about how I am feeling with some adult who is not in my family.
  17. Ask God to help me understand it.
  18. Cry by myself.
  19. Go walking.
  20. Imagine how I’d like things to be.
  21. Talk to my brother or sister about how to make things better.
  22. Try to understand it better by thinking more about it.
  23. Read a book or magazine.
  24. Try to stay away from things that make me feel upset.
  25. Try to solve the problem by talking with my mother or father.
  26. Think about what I can learn from the problem.
  27. Let out feelings to my pet or stuffed animal.
  28. Think about which things are best to do to handle the problem.
  29. Talk with my brother or sister about my feelings.
  30. Wait and hope that things will get better.
  31. Think about what I need to know so I can solve the problem.
  32. Go skateboard riding or roller skating.
  33. Talk with one of my friends about my feelings.
  34. Watch TV.
  35. Avoid the people that make me feel bad.
  36. Do something to solve the problem.
  37. Remind myself that things could be worse.
  38. Do some exercise.
  39. Try to figure out what I can do by talking to an adult who is not in my family.
  40. Avoid it by going to my room.
  41. Try to figure out why things like this happen.
  42. Wish that things were better.
  43. Tell myself it’s not worth getting upset about.
  44. Do something like video games or a hobby.
  45. Do something in order to get something good out of it.
  46. You wished that bad things wouldn’t happen.
  47. You thought about what you needed to know so you could solve the problem.
  48. You avoided it by going to your room.
  49. You did something in order to get the most you could out of the situation.
  50. You thought about what you could learn from the problem.
  51. You wished that things were better.
  52. You watched TV.
  53. You did some exercise.
  54. You tried to figure out why things like this happen.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Liste de contrôle des stratégies d’adaptation pour enfants (CCSC). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/childrens-coping-strategies-checklist-ccsc/
Looti, Mohammed. “Liste de contrôle des stratégies d’adaptation pour enfants (CCSC).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/childrens-coping-strategies-checklist-ccsc/.
Looti, Mohammed. “Liste de contrôle des stratégies d’adaptation pour enfants (CCSC).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/childrens-coping-strategies-checklist-ccsc/.