Questionnaire sur le style attributionnel des enfants (CASQ-R)

Le Children’s Attributional Style Questionnaire – Revised (CASQ-R) est un outil psychométrique de 24 items évaluant le style explicatif et les attributions causales chez l’enfant selon le modèle de l’impuissance acquise.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le Children’s Attributional Style Questionnaire – Revised (CASQ-R) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé par Nadine J. Kaslow, Melissa Thompson, Bahr Weiss et Susan Nolen-Hoeksema en 1998. Version abrégée et optimisée du CASQ original à 48 items conçu par Martin Seligman et ses collaborateurs en 1984, le CASQ-R est composé de 24 items présentés sous la forme d’un choix forcé dichotomique. Cet outil évalue le style explicatif ou attributionnel des enfants et adolescents âgés généralement de 8 à 14 ans, en mesurant la façon dont ils interprètent les événements positifs (succès) et négatifs (échecs) de leur vie quotidienne.

L’instrument repose sur la théorie révisée de l’impuissance acquise formulée par Abramson, Seligman et Teasdale (1978). Il explore trois dimensions causales fondamentales à travers des scénarios hypothétiques : le locus ou l’internalité (cause interne à soi versus cause externe à l’environnement), la stabilité (cause permanente et durable versus cause temporaire et transitoire) et la globalité (cause affectant l’ensemble des domaines de la vie versus cause spécifique et isolée). Les 24 items se répartissent équitablement entre 12 événements positifs et 12 événements négatifs. La cotation permet d’extraire un score composite positif (CP), un score composite négatif (CN), ainsi qu’un score global composite (CP moins CN), qui reflète le degré global d’optimisme ou de pessimisme attributionnel.

Sur le plan psychométrique, le CASQ-R présente une consistance interne satisfaisante pour une échelle pédiatrique à choix forcé, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre .53 et .73 pour les sous-échelles composites, surpassant l’efficience psychométrique par item de la version longue originale. Sa fidélité test-retest sur des intervalles de plusieurs mois confirme la stabilité du trait attributionnel chez l’enfant d’âge scolaire. La validité convergente et la validité prédictive sont largement documentées, montrant des corrélations robustes avec la dépression infantile, l’anxiété, la détresse psychologique et la baisse de performance académique. Le CASQ-R demeure aujourd’hui l’un des instruments les plus utilisés en psychologie clinique de l’enfant et en psychopathologie développementale.

2. Mots-clés / Keywords

Style attributionnel, CASQ-R, impuissance acquise, dépression infantile, pessimisme cognitif, biais cognitifs, psychométrie pédiatrique, vulnérabilité cognitive, théorie du désespoir, psychologie développementale, évaluation de l’enfant, optimisme.

3. Auteurs / Authors

Le Children’s Attributional Style Questionnaire – Revised a été élaboré et validé par une équipe de chercheurs éminents en psychologie clinique et développementale :

  • Melissa Thompson, Ph.D. : Chercheuse en psychologie clinique, Département de psychiatrie et des sciences du comportement, École de médecine de l’Université Emory (Atlanta, Géorgie, États-Unis).
  • Nadine J. Kaslow, Ph.D., ABPP : Professeure et vice-présidente au Département de psychiatrie et des sciences du comportement à l’Université Emory, ancienne présidente de l’American Psychological Association (APA), spécialiste internationale de la psychopathologie infantile, du suicide et de la dépression chez l’enfant et l’adolescent.
  • Bahr Weiss, Ph.D. : Professeur de psychologie et de développement humain au Peabody College de l’Université Vanderbilt (Nashville, Tennessee, États-Unis), expert en modélisation psychométrique et psychopathologie développementale interculturelle.
  • Susan Nolen-Hoeksema, Ph.D. (1959–2013) : Ancienne professeure et directrice du Département de psychologie à l’Université Yale, théoricienne majeure de la vulnérabilité cognitive, de la régulation émotionnelle et de la théorie de la rumination dépressive.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du CASQ-R est d’opérationnaliser et de quantifier le style explicatif (ou attributionnel) chez les enfants et adolescents en âge scolaire. Dans le cadre de la psychopathologie cognitive du développement, la manière dont un jeune individu interprète causalement les causes des événements favorables et défavorables joue un rôle déterminant dans l’émergence, le maintien ou la prévention des troubles dépressifs et des déficits motivationnels. Plus précisément, le CASQ-R vise à détecter un style attributionnel dépressogène (ou pessimiste), caractérisé par la propension à attribuer les événements négatifs à des causes internes, stables et globales (« c’est de ma faute, cela ne changera jamais et cela détruit tout ce que je fais »), tout en attribuant les événements positifs à des causes externes, instables et spécifiques (« c’était un coup de chance, cela n’arrivera plus et cela ne veut rien dire »).

Sur le plan clinique, l’instrument remplit une triple fonction :

  • Dépistage et évaluation diagnostique : Il permet d’identifier précocement les enfants présentant une vulnérabilité cognitive à la dépression, avant même que les symptômes affectifs complets ne se manifestent cliniquement. Utilisé en conjonction avec des échelles de dépression pédiatrique (telles que le CDI ou le CDRS), il offre un éclairage direct sur les schémas cognitifs sous-jacents.
  • Planification et suivi des interventions thérapeutiques : Dans le cadre de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) chez l’enfant, le CASQ-R sert d’indicateur de base pour cibler les distorsions cognitives et les croyances dysfonctionnelles. Il permet d’évaluer l’efficacité de la restructuration cognitive en mesurant si les attributions causales évoluent vers un schéma plus réaliste et adaptatif.
  • Programmes de prévention en milieu scolaire : L’outil a été largement intégré dans des programmes universels ou ciblés d’entraînement à la résilience psychologique (notamment le Penn Resiliency Program initié par Seligman et ses collègues), permettant d’évaluer l’effet protecteur d’ateliers d’optimisme acquis.

En recherche, le CASQ-R a été conçu pour résoudre les contraintes majeures de la version originale de 1984 (le CASQ à 48 items). Le questionnaire initial, par sa longueur et la formulation redondante de certains items, induisait une fatigue cognitive substantielle chez les jeunes participants, compromettant la fiabilité des réponses. La version révisée à 24 items offre un équilibre optimal entre brièveté de passation (environ 10 à 15 minutes) et robustesse psychométrique, facilitant son intégration dans des protocoles de recherche longitudinaux complexes comportant des batteries de tests multiples.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le CASQ-R est le style attributionnel, défini comme une tendance cognitive dispositionnelle, relativement stable dans le temps, guidant la sélection des explications causales que fournit un individu face aux événements positifs et négatifs de sa vie. Ce construit est multidimensionnel et s’articule autour de la valence de l’événement et de trois axes causaux orthogonaux :

1. La dimension d’internalité (Internalité vs Externalité / Locus)

Cette dimension évalue si la cause de l’événement est localisée à l’intérieur de l’enfant (traits personnels, aptitudes, efforts, comportements propres) ou à l’extérieur de lui (actions d’autrui, circonstances environnementales, difficulté intrinsèque de la tâche, hasard). Face à un événement négatif, un enfant au style dépressogène s’attribuera immédiatement la responsabilité personnelle (« J’ai échoué parce que je ne suis pas intelligent »), ce qui altère gravement l’estime de soi. À l’inverse, face à un succès, il l’attribuera à autrui ou à la chance (« Le professeur a donné un test facile »), se privant ainsi de tout sentiment d’auto-efficacité.

2. La dimension de stabilité (Stabilité vs Instabilité)

La stabilité renvoie à la persistance temporelle de la cause identifiée. Une cause stable est perçue comme permanente, immuable et durable dans le temps (par exemple, un manque inné de talent ou un trait de personnalité rigide). Une cause instable est transitoire, modifiable ou liée à un état passager (par exemple, un manque ponctuel d’effort, la fatigue ou une mauvaise humeur temporaire). Dans le modèle de l’impuissance acquise, attribuer les échecs à des causes stables génère un sentiment d’inutilité de l’effort futur et alimente directement l’apparition du désespoir (hopelessness), car l’enfant anticipe que l’échec se répétera indéfiniment.

3. La dimension de globalité (Globalité vs Spécificité)

La dimension de globalité détermine l’étendue de l’impact de la cause sur les différents domaines fonctionnels de la vie de l’enfant (scolaire, social, familial, sportif). Une cause globale traverse l’ensemble des sphères d’activité (« Je gâche tout ce que j’entreprends »), tandis qu’une cause spécifique reste confinée à un domaine circonscrit ou à une situation unique (« Je n’ai pas bien réussi ce devoir d’histoire particulier »). Lorsqu’un échec est attribué à une cause globale, le déficit motivationnel et affectif se généralise à l’ensemble du répertoire comportemental de l’enfant.

Structure orthogonale et scores composites

Le croisement de la valence (positif/négatif) et des trois dimensions génère six sous-dimensions théoriques :

  • Internalité Positive (IP) vs Internalité Négative (IN) : Mesure dans quelle mesure les succès et les échecs sont rapportés à soi.
  • Stabilité Positive (SP) vs Stabilité Négative (SN) : Mesure la pérennité perçue des causes de réussite versus des causes d’échec.
  • Globalité Positive (GP) vs Globalité Négative (GN) : Mesure l’étendue spatiale et contextuelle attribuée aux causes de réussite versus d’échec.

En pratique clinique et de recherche, ces dimensions sont agrégées pour former deux scores composites cardinaux : le Composite Positif (CP) (IP + SP + GP) et le Composite Négatif (CN) (IN + SN + GN). Le calcul de la différence algébrique globale, soit Composite Global = CP – CN, fournit une estimation unidimensionnelle continue de la vulnérabilité cognitive : un score fortement négatif signale un style cognitif dépressogène prononcé, tandis qu’un score élevé indique un style résilient et optimiste.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le CASQ-R s’ancre historiquement et épistémologiquement dans l’évolution des modèles cognitifs de la dépression, et plus particulièrement dans la transition entre le modèle comportemental de l’impuissance apprise et la théorie cognitive du désespoir.

De l’impuissance acquise animale au modèle humain révisé

Le concept initial d’impuissance acquise (learned helplessness) a été découvert par Martin Seligman et Steven Maier à la fin des années 1960 chez l’animal soumis à des chocs électriques inévitables. Confronté à une absence totale de contingence entre ses réponses comportementales et les événements aversifs, l’organisme développe un déficit motivationnel, cognitif et émotionnel caractérisé par la passivité.

Cependant, l’application directe de ce modèle animal à la dépression humaine présentait des failles majeures : elle ne parvenait pas à expliquer pourquoi certains individus réagissent à des événements incontrôlables par une dépression profonde et durable alors que d’autres restent résilients, ni pourquoi la perte d’estime de soi est omniprésente dans la dépression humaine mais absente chez l’animal. Pour remédier à ces limites, Lyn Abramson, Martin Seligman et John Teasdale ont publié en 1978 leur reformulation théorique majeure fondée sur la théorie de l’attribution causale de Fritz Heider et Bernard Weiner.

La reformulation attributionnelle (Abramson, Seligman, & Teasdale, 1978)

Selon cette reformulation, l’exposition à des événements incontrôlables ne suffit pas à déclencher la dépression ; c’est l’explication causale que l’individu donne à cet événement qui détermine la nature et l’ampleur du déficit :

  • L’attribution à des facteurs internes médie l’effondrement de l’estime de soi.
  • L’attribution à des facteurs stables médie la chronicité et la durée des déficits dépressifs.
  • L’attribution à des facteurs globaux médie la généralisation des déficits à travers de multiples situations de vie.

Ainsi s’est constitué le concept de « style attributionnel » : une diathèse cognitive (facteur de vulnérabilité préexistant) qui interagit avec le stress environnemental. Dans ce modèle diathèse-stress, un événement négatif déclencheur (stressor) n’entraînera un épisode dépressif que si l’enfant possède le style cognitif vulnérable mesuré par le CASQ-R.

Évolution vers la théorie du désespoir (Abramson, Metalsky, & Alloy, 1989)

Plus tard, Abramson, Metalsky et Alloy ont affiné ce cadre théorique pour formuler la Hopelessness Theory of Depression. Cette théorie postule que le style attributionnel négatif constitue une vulnérabilité distale qui, en présence de facteurs de stress négatifs, conduit à des attributions stables et globales, puis à des inférences sur les conséquences catastrophiques futures et sur ses propres défauts personnels. Cette chaîne causale produit un état proximal de désespoir (l’attente que des issues aversives vont inévitablement survenir et que rien de ce que l’on peut faire n’y changera quoi que ce soit), qui constitue la cause suffisante et immédiate d’un sous-type distinct de dépression : la dépression par désespoir. Le CASQ-R constitue la concrétisation méthodologique de ce modèle chez la population pédiatrique.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques du CASQ-R ont fait l’objet de nombreuses validations indépendantes auprès d’échantillons cliniques et scolaires d’enfants et d’adolescents.

Validité de construit

La validité de construit du CASQ-R a été rigoureusement démontrée par Thompson et al. (1998) lors de l’étude princeps menée auprès de plusieurs cohortes totalisant plus de 1 000 enfants. Les scores composites du CASQ-R présentent des corrélations très fortes avec ceux du CASQ original à 48 items (corrélations de Pearson $r$ oscillant entre .85 et .92 pour le score composite global), confirmant que la réduction de 50 % du nombre d’items préserve l’intégrité du construit sous-jacent tout en réduisant considérablement la charge cognitive du test.

Validité convergente et concurrente

La validité convergente du CASQ-R est étayée par des corrélations statistiquement significatives avec de multiples échelles standardisées d’évaluation affective et cognitive :

  • Dépression : Les corrélations entre le Composite Négatif (CN) du CASQ-R et le Children’s Depression Inventory (CDI) de Kovacs se situent systématiquement entre $r = .35$ et $r = .55$ ($p < .001$). Les enfants présentant des scores élevés en CN rapportent des niveaux de détresse affective et de symptomatologie dépressive substantiellement plus élevés.
  • Anxiété pédiatrique : Des corrélations positives modérées ($r pprox .25$ à $.40$) sont régulièrement observées avec les échelles d’anxiété comme la RCMAS (Revised Children’s Manifest Anxiety Scale).
  • Estime de soi : Le score composite positif (CP) montre des corrélations positives significatives ($r = .30$ à $.48$) avec les échelles d’estime de soi pédiatriques (telle que l’échelle de Harter).

Validité prédictive et longitudinale

Les études longitudinales appliquant des modélisations diathèse-stress (notamment menées par Nolen-Hoeksema et Kaslow) confirment la validité prospective du CASQ-R. Lorsque des enfants sont évalués au temps 1 puis suivis au fil du temps, ceux qui obtiennent un score d’attribution pessimiste (faible CP-CN) au départ développent des augmentations significativement plus marquées de symptômes dépressifs suite à la survenue d’événements de vie négatifs (séparation parentale, échec scolaire, rejet par les pairs), comparativement à leurs pairs ayant un style optimiste.

Validité discriminante

Le CASQ-R différencie avec succès les populations cliniques d’enfants présentant un diagnostic de trouble dépressif caractérisé ou de dysthymie des populations témoins non cliniques ou d’enfants présentant des troubles externalisés purs (tels que le trouble oppositionnel avec provocation ou le TDAH sans comorbidité affective). Ces données confirment que le biais d’attribution mesuré n’est pas simplement un marqueur général de dysfonctionnement psychopathologique, mais bien un indicateur spécifique d’atteinte internalisée et affective.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité dans le CASQ-R doit être interprétée en tenant compte de la spécificité des formats de réponse dichotomiques à choix forcé chez les jeunes populations, lesquels génèrent mécaniquement une variance par item plus faible que les échelles de Likert multi-points.

Consistance interne (Cohérence interne)

Dans l’étude de validation de Thompson, Kaslow, Weiss et Nolen-Hoeksema (1998) :

  • Le coefficient alpha de Cronbach pour le Score Composite Positif (CP) est d’environ $.60$ à $.65$.
  • L’alpha de Cronbach pour le Score Composite Négatif (CN) est d’environ $.65$ à $.72$.
  • L’alpha de Cronbach pour le Score Composite Global (CP – CN) atteint $.70$ à $.76$.

Bien que les sous-échelles individuelles (Internalité, Stabilité, Globalité prises isolément avec 4 items chacune) affichent des coefficients alpha plus modestes (variant entre $.35$ et $.55$, un phénomène déjà documenté dans le CASQ original et inhérent à la brièveté des échelles à choix forcé), les scores composites démontrent une cohérence interne satisfaisante pour des prises de décision diagnostiques et des comparaisons de groupes en recherche.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été examinée sur divers intervalles temporels chez les enfants d’âge scolaire :

  • À un intervalle de 2 semaines, le coefficient de corrélation test-retest ($r$) pour le score composite global est de $.72$.
  • À un intervalle de 6 mois, le coefficient se maintient entre $.50$ et $.60$, ce qui démontre la stabilité relative du style attributionnel en tant que trait cognitif dispositionnel au cours de l’enfance, tout en laissant place aux fluctuations développementales et environnementales.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du CASQ et du CASQ-R a suscité de nombreux débats méthodologiques au sein de la communauté psychométrique pédiatrique, aboutissant à une clarification empirique de son architecture factorielle.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires initiales réalisées sur le réservoir d’items ont invariablement révélé que les items s’organisent d’abord et avant tout selon la valence de l’événement (événements positifs versus événements négatifs), plutôt que selon les trois dimensions conceptuelles abstraites d’internalité, stabilité et globalité. Ce phénomène de partition par valence est omniprésent dans la littérature sur les styles attributionnels, aussi bien chez l’adulte (avec l’ASQ) que chez l’enfant.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Thompson, Weiss et leurs collaborateurs ont procédé à des comparaisons de modèles par analyse factorielle confirmatoire pour statuer sur la meilleure représentation structurale du CASQ-R :

  • Modèle à 1 facteur : Un modèle unidimensionnel représentant un style attributionnel global indifférencié présente un très mauvais ajustement aux données ($\chi^2 / ext{df}$ très élevé, RMSEA $> .10$, CFI $< .70$).
  • Modèle à 3 facteurs orthogonaux (dimensions théoriques seules) : Un modèle spécifiant uniquement l’Internalité, la Stabilité et la Globalité sans distinction de valence ne s’ajuste pas aux données empiriques.
  • Modèle à 2 facteurs d’ordre supérieur (Positif vs Négatif) : Le modèle le plus parcimonieux et le mieux ajusté confirme l’existence de deux macro-facteurs distincts et faiblement corrélés entre eux : le facteur des événements positifs et le facteur des événements négatifs (RMSEA $pprox .048$, CFI $pprox .91$, TLI $pprox .90$).

Ces résultats statistiques justifient pleinement la pratique standard consistant à calculer et interpréter séparément le score Composite Positif (CP) et le score Composite Négatif (CN). En effet, l’indépendance relative de ces deux facteurs confirme qu’un enfant peut simultanément posséder un style protecteur face aux succès sans être totalement prémuni contre un style déficitaire face aux revers de l’existence.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation pédiatrique standardisé.
  • Population cible : Enfants et adolescents âgés de 8 à 14 ans (scolarisés du primaire au début du secondaire).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatique auto-administrée (avec possibilité de lecture orale des items par le clinicien pour les enfants plus jeunes ou présentant des difficultés de lecture).
  • Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Nombre d’items : 24 scénarios hypothétiques décrivant des situations de vie courante adaptées à l’univers scolaire et familial de l’enfant.
  • Format des réponses : Choix forcé dichotomique entre deux explications causales concurrentes (Option A vs Option B). Chaque paire confronte une modalité attributionnelle dépressogène à une modalité non dépressogène sur une dimension précise, l’autre dimension étant tenue constante.
  • Grille de cotation :
    • Pour chaque item, la réponse correspondant au style dépressogène / pessimiste ou au style interne/stable/global est codée 1 ou 0 selon la sous-échelle considérée.
    • Événements positifs (12 items) :
      • Internalité positive (4 items) : Items 5 (A), 8 (A), 23 (A), 24 (B).
      • Stabilité positive (4 items) : Items 9 (A), 17 (A), 18 (B), 19 (A).
      • Globalité positive (4 items) : Items 1 (A), 13 (B), 16 (B), 20 (B).
    • Événements négatifs (12 items) :
      • Internalité négative (4 items) : Items 2 (B), 3 (B), 10 (A), 21 (A).
      • Stabilité négative (4 items) : Items 6 (A), 12 (B), 14 (A), 15 (B).
      • Globalité négative (4 items) : Items 4 (B), 7 (B), 11 (B), 22 (B).
    • Scores calculés :
      • Composite Positif (CP) : Somme des points obtenus sur les 12 items positifs (score de 0 à 12).
      • Composite Négatif (CN) : Somme des points obtenus sur les 12 items négatifs (score de 0 à 12).
      • Score Composite Global : $CP – CN$ (score s’étendant théoriquement de -12 à +12). Un score plus élevé indique un style attributionnel plus optimiste et protecteur.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de parution : 1998 (publication originale de la version révisée dans la revue Psychological Assessment de l’APA). Le CASQ initial date de 1984.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus conjointement par les auteurs (Thompson, Kaslow, Weiss, Nolen-Hoeksema) et l’American Psychological Association (APA).
  • Conditions d’utilisation et tarification : L’instrument est dans le domaine public académique pour un usage non commercial de recherche et de pratique clinique. Aucun droit d’auteur ni redevance financière n’est exigé pour l’utilisation des items dans le cadre de projets universitaires ou de bilans cliniques individuels, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale.
  • Reproduction dans des manuels : L’échelle complète et son guide de cotation sont également publiés en libre consultation académique dans des ouvrages méthodologiques de référence, notamment dans Fischer et Corcoran (2007), Measures for Clinical Practice and Research (Oxford University Press).

12. Références / References

  • Abramson, L. Y., Metalsky, G. I., & Alloy, L. B. (1989). Hopelessness depression: A theory-based subtype of depression. Psychological Review, 96(2), 358–372. https://doi.org/10.1037/0033-295X.96.2.358
  • Abramson, L. Y., Seligman, M. E., & Teasdale, J. D. (1978). Learned helplessness in humans: Critique and reformulation. Journal of Abnormal Psychology, 87(1), 49–74. https://doi.org/10.1037/0021-843X.87.1.49
  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (4th ed., Vol. 1). Oxford University Press.
  • Kaslow, N. J., Tannenbaum, S. L., & Seligman, M. E. (1978). The Children’s Attributional Style Questionnaire. Unpublished manuscript, University of Pennsylvania, Philadelphia.
  • Seligman, M. E., Peterson, C., Kaslow, N. J., Tanenbaum, R. L., Alloy, L. B., & Abramson, L. Y. (1984). Attributional style and depressive symptoms among children. Journal of Abnormal Psychology, 93(2), 235–238. https://doi.org/10.1037/0021-843X.93.2.235
  • Thompson, M., Kaslow, N. J., Weiss, B., & Nolen-Hoeksema, S. (1998). Children’s Attributional Style Questionnaire-Revised. Psychological Assessment, 10(2), 166–170. https://doi.org/10.1037/1040-3590.10.2.166

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

You get an "A" on a test.
2

Some kids that you know say that they do not like you.
3

A good friend tells you that he hates you.
4

A person steals money from you.
5

Your parents tell you that something that you make is very good.
6

You break a glass.
7

You do a project with a group of kids and it turns out badly.
8

You make a new friend.
9

You have been getting along well with your family.
10

You get a bad grade in school.
11

You walk into a door and you get a bloody nose.
12

You have a messy room.
13

Your mother makes you your favorite dinner.
14

A team that you are on loses a game‚
15

You do not get your chores done at home.
16

You go to an amusement park and you have a good time.
17

You go to a friend's party and you have fun.
18

You have a substitute teacher and she likes you.
19

You make your friends happy.
20

You put a hard puzzle together.
21

You try out for a sports team and do not make it.
22

You fail a test.
23

You hit a home run in a ball game.
24

You do the best in your class on a paper.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Questionnaire sur le style attributionnel des enfants (CASQ-R). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/childrens-attributional-style-questionnaire-casq-r/
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur le style attributionnel des enfants (CASQ-R).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/childrens-attributional-style-questionnaire-casq-r/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire sur le style attributionnel des enfants (CASQ-R).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/childrens-attributional-style-questionnaire-casq-r/.