Changements dans les valeurs morales

L’échelle des Changements dans les valeurs morales (CMVS), développée par Salomon Rettig et Benjamin Pasamanick en 1959, est un instrument psychométrique mesurant la sévérité du jugement moral à travers 50 comportements évalués de 1 à 10.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle des Changements dans les valeurs morales (communément désignée dans la littérature psychométrique et sociologique sous le nom de Changes in Moral Values Scale ou CMVS) a été développée et formalisée par Salomon Rettig et Benjamin Pasamanick à la fin des années 1950, en s’appuyant sur les travaux longitudinaux pionniers initiés dès 1929 par C. L. Crissman. Cet instrument psychométrique d’évaluation quantitative a été conçu pour mesurer la sévérité du jugement moral face à un large éventail de comportements transgressifs, déviants, éthiques ou sociétaux. Composée de 50 items décrivant des actes spécifiques de la vie quotidienne, civile, économique, religieuse et interpersonnelle, l’échelle invite les répondants à évaluer le degré de rectitude ou de blâmabilité morale de chaque comportement sur une échelle graduée de 1 (totalement acceptable ou non répréhensible / « Rightness ») à 10 (extrêmement mauvais ou immoral / « Wrongness »).

Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires conduites par Rettig et Pasamanick (1959a, 1959b, 1960) ont révélé une structure multidimensionnelle stable articulée autour de six dimensions cardinales du jugement moral : (1) la morale de base ou collective (Basic / Purposive Moral), (2) la morale religieuse et familiale, (3) l’éthique économique et des affaires (Business / Economic Ethics), (4) la morale civique et légale, (5) la morale relative aux libertés individuelles et hédonistes, et (6) les tabous sexuels et de pureté interpersonnelle. Dotée d’une consistance interne remarquable (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,84 et 0,93 pour l’échelle globale selon les cohortes) et d’une invariance factorielle documentée à travers les décennies et les cultures, la CMVS constitue un repère méthodologique incontournable pour la sociologie quantitative, la psychologie morale et l’étude des transformations axiologiques des sociétés industrielles contemporaines.

2. Mots-clés / Keywords

Jugement moral, Échelle de valeurs morales, Salomon Rettig, Benjamin Pasamanick, Psychométrie, Éthique économique, Normes sociales, Socialisation adulte, Changement socioculturel, Mesure d’attitude, Invariance factorielle, Décision éthique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été élaborée, standardisée et analysée sur le plan factoriel par deux figures majeures de la recherche psychosociale et épidémiologique de l’après-guerre :

  • Salomon Rettig, Ph.D. : Psychologue social et chercheur au sein du Columbus Psychiatric Institute and Hospital et du Département de psychiatrie du College of Medicine de l’Université d’État de l’Ohio (The Ohio State University, Columbus, États-Unis). Il fut ultérieurement professeur au Département de psychologie du Hunter College de l’Université de la Ville de New York (CUNY). Ses travaux ont porté sur la structure factorielle des jugements éthiques, les systèmes de référence intragroupe et la théorie de la décision morale sous contrainte de risque.
  • Benjamin Pasamanick, M.D. : Éminent psychiatre, épidémiologiste et pédopsychiatre américain, directeur de la recherche au Columbus Psychiatric Institute and Hospital et professeur de psychiatrie à l’Université d’État de l’Ohio. Reconnu internationalement pour ses travaux épidémiologiques sur l’influence des déterminants sociaux de la santé mentale et le développement de l’enfant, Pasamanick s’est associé à Rettig pour intégrer des méthodes psychométriques rigoureuses à l’analyse empirique de la santé publique et des normes sociétales.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Changes in Moral Values Scale est de quantifier objectivement les attitudes, les réprobations et les tolérances morales manifestées par des individus ou des groupes à l’égard de comportements impliquant une dimension d’injustice, de préjudice, d’infraction légale ou de rupture avec les conventions socioculturelles établies. Conçue initialement pour documenter les mutations de la conscience morale des étudiants américains au fil de trois décennies de bouleversements historiques majeurs (notamment la Grande Dépression des années 1930, la Seconde Guerre mondiale et l’expansion industrielle et technologique des années 1950), cette échelle ambitionne de dépasser les simples considérations philosophiques abstraites pour ancrer l’étude de la morale dans une méthodologie psychométrique empirique.

Sur le plan de la recherche fondamentale, la CMVS répond au besoin d’explorer comment les structures socio-économiques, l’appartenance de classe, la socialisation institutionnelle et les dynamiques de genre modulent la sévérité normative. L’instrument permet de dissocier les normes éthiques universelles (telles que le rejet du meurtre ou du préjudice corporel gratuit) des normes contextuelles régissant les comportements civiques (fraude fiscale, assiduité au vote), commerciaux (exploitation ouvrière, ententes tarifaires) ou privés (comportements sexuels hors mariage, consommation d’alcool, contraception). Il offre ainsi un cadre d’observation standardisé pour quantifier les phénomènes d’individualisation, de sécularisation et de permissivité morale.

En psychologie sociale appliquée et en sociologie des organisations, l’échelle sert à évaluer la congruence éthique, la conformité aux règlements déontologiques et les processus de décision sous conflit d’intérêts. Dans le cadre de la psychologie criminologique et de la délinquance, l’outil permet d’objectiver le décalage axiologique entre populations judiciarisées et populations témoins, en éclairant les mécanismes de neutralisation morale et de rationalisation cognitive décrits ultérieurement dans la littérature criminologique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’instrument est le jugement de blâmabilité morale (moral wrongness evaluation). Contrairement à des outils mesurant le raisonnement cognitivo-développemental abstrait (au sens des stades de Lawrence Kohlberg), la CMVS capture la charge évaluative, normative et affective qu’un individu associe à un acte transgressif concret. Les cinquante items balayent six dimensions conceptuelles fondamentales :

1. Morale de base et protection de l’intégrité humaine (Basic / Fundamental Morality)

Cette dimension regroupe les transgressions qui portent une atteinte directe et intentionnelle à la vie, à la sécurité physique ou aux libertés fondamentales d’autrui. Les actes répertoriés suscitent généralement un consensus réprobateur massif au sein des populations civilisées. Les items typiques comprennent l’enlèvement d’un enfant contre rançon (Item 2), le délit de fuite après avoir percuté un piéton (Item 28), ou encore l’attaque à main armée (Item 19). Cette composante reflète le noyau dur de l’interdit éthique, fondé sur la prévention du préjudice grave.

2. Éthique religieuse et observance traditionnelle (Religious and Traditional Morality)

Ce construit quantifie le degré d’adhésion aux devoirs sacrés, spirituels et liturgiques historiquement promus par les doctrines judéo-chrétiennes. Les transgressions de cette sous-échelle n’impliquent pas nécessairement un préjudice physique envers autrui, mais représentent une rupture avec la piété, la foi ou les devoirs de culte. On y retrouve le refus de croire en Dieu (Item 49), le fait de rechercher des divertissements le dimanche plutôt que d’assister à l’office religieux (Item 39), l’usage d’un langage profane ou blasphématoire (Item 37), et le refus de soutenir financièrement son église ou culte (Item 25).

3. Responsabilité économique, corporative et commerciale (Business / Economic Morality)

Cette dimension évalue l’intolérance face à la cupidité, à l’exploitation capitaliste et aux abus de pouvoir institutionnels. Elle mesure la sensibilité du sujet à la justice distributive et à la probité économique. Des comportements emblématiques incluent une entreprise prospère qui rémunère ses salariés en deçà du salaire de subsistance (Item 18), le maintien délibéré de conditions de travail toxiques et dangereuses pour la santé des ouvriers (Item 7), la vente à perte par un monopole pour éliminer un petit concurrent (Item 22), ou la spéculation mensongère lors de placements financiers (Item 42).

4. Morale civique, politique et institutionnelle (Civic and Political Morality)

Ce volet cible les devoirs du citoyen envers la communauté politique, les institutions démocratiques et le respect de la légalité républicaine. Il sonde la réprobation face à la corruption systémique et à la fraude publique. Sont inclus le parjure sous serment au tribunal (Item 10), la falsification d’une déclaration d’impôt sur le revenu (Item 30), le fait pour un législateur de voter une loi contraire à l’intérêt général moyennant finance (Item 9), ou le fait de ne pas prendre la peine de voter aux élections (Item 21).

5. Normes sexuelles, familiales et de pureté interpersonnelle (Family and Sexual Morality)

Cette sous-échelle mesure le niveau de conservatisme moral appliqué aux relations intimes, matrimoniales et domestiques. Elle capture les attitudes relatives à la fidélité, à la procréation et aux devoirs parentaux. Parmi les énoncés figurent les relations sexuelles hors mariage (Item 3), l’infidélité conjugale (Item 16), l’abandon d’une femme enceinte sans assumer ses responsabilités paternelles (Item 48), ou le recours à la contraception par des personnes mariées (Item 32).

6. Déviance personnelle, hédonisme et conventions sociales (Personal Conduct and Social Conventions)

Cette composante englobe des comportements jugés transgressifs sur le plan des mœurs privées, de la tempérance ou de l’étiquette sociale, sans nécessairement constituer des crimes de sang. Elle comprend des conduites telles que les femmes fumant des cigarettes (Item 6), les paris aux courses de chevaux (Item 11), la consommation d’alcool prohibé (Item 31), ou le fait de vivre au-dessus de ses moyens par conformisme social (Item 14).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de la Changes in Moral Values Scale s’inscrit au carrefour de la théorie sociologique de la socialisation, du fonctionnalisme structurel et des modèles psychométriques d’attitude initiés par Louis Leon Thurstone et Rensis Likert. Dans la perspective adoptée par Salomon Rettig et Benjamin Pasamanick (1959c, 1960), les valeurs morales ne sont pas des entités métaphysiques immuables, mais des configurations d’attitudes apprises et stabilisées par le biais de la socialisation primaire et secondaire, continuellement remodelées par les conditions matérielles, technologiques et institutionnelles d’une société donnée.

Les auteurs ont fondé leur modélisation sur trois postulats théoriques majeurs :

  • L’hypothèse de la socialisation différentielle et adulte : Rettig et Pasamanick postulent que le jugement moral continue d’évoluer tout au long du cycle de vie adulte. En comparant des cohortes d’étudiants de premier cycle à des anciens élèves insérés dans le monde du travail (alumni), ils démontrent que l’expérience professionnelle, la fondation d’un foyer et la confrontation directe avec les contraintes financières renforcent la sévérité morale à l’égard des délits économiques et civiques, tout en assouplissant certaines rigueurs dogmatiques.
  • La théorie de la sécularisation et de la désacralisation des mœurs : Le cadre théorique emprunte aux analyses de Max Weber et d’Émile Durkheim concernant la sécularisation progressive de la société moderne. Rettig et Pasamanick prévoyaient — et ont empiriquement vérifié — un déclin continu de la réprobation envers les comportements d’ordre religieux et sexuel privé (désacralisation), compensé par une sévérité accrue envers les manquements civiques, sociétaux et corporatifs touchant le bien-être collectif (sécularisation éthique).
  • L’approche multidimensionnelle de la norme : Rejetant l’idée d’un « facteur général de moralité » unitaire (analogue à un facteur g de l’intelligence), les auteurs soutiennent que l’univers axiologique d’un individu est constitué d’orientations normatives distinctes pouvant évoluer de manière orthogonale ou asynchrone dans le corps social.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle des Changements dans les valeurs morales a été rigoureusement démontrée au travers de multiples programmes de recherche longitudinaux et transversaux menés entre 1958 et les années 1970 :

Validité de construit

La validité de construit a été établie par l’observation des variations systématiques et prévisibles des scores en fonction des variables sociodémographiques clés : l’âge, la classe sociale, le niveau de religiosité et l’affiliation politique. Rettig et Pasamanick (1961) ont mis en évidence que les répondants issus des classes populaires et moyennes inférieures présentaient des jugements significativement plus sévères sur les items de morale religieuse et familiale, tandis que les répondants des classes supérieures se montraient plus sensibles aux infractions relatives à l’éthique des affaires et aux libertés civiles.

Validité convergente et discriminante

L’échelle a démontré une forte convergence avec d’autres indices d’autoritarisme, de conservatisme social et d’orthodoxie religieuse (mesurés notamment via l’échelle F de Berkeley ou les instruments d’attitude religieuse de Thurstone). Les corrélations entre la dimension religieuse de la CMVS et la fréquentation effective des lieux de culte étaient substantielles ($r > 0,60$, $p < 0,001$). Réciproquement, la validité discriminante est illustrée par l'absence de corrélations significatives entre les scores de morale économique et les échelles mesurant l'anxiété générale, l'intelligence verbale ou la désirabilité sociale brute, confirmant que l'outil ne mesure pas une tendance générale à la réponse complaisante mais bien des prises de position normatives spécifiques.

Validité transculturelle et d’invariance

Dans une recherche pionnière sur l’invariance transculturelle de la structure factorielle, Rettig et Pasamanick (1962) ont administré l’échelle à des échantillons d’étudiants américains et d’étudiants coréens. Malgré des disparités notables dans le niveau moyen de sévérité de certains items spécifiques (liées aux traditions confucéennes en Corée concernant le respect filial et la préservation de l’harmonie familiale), l’architecture factorielle globale s’est avérée remarquablement congruente d’un groupe culturel à l’autre, démontrant la robustesse transculturelle des domaines fondamentaux du jugement moral mesurés par l’instrument.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’échelle ont été évaluées de manière approfondie dans les séries d’études de l’Université d’État de l’Ohio ainsi que dans les réplications ultérieures menées par Gorsuch et Smith (1972) :

  • Consistance interne : Les coefficients de cohérence interne globale (alpha de Cronbach et formules équivalentes de Kuder-Richardson adaptées aux échelles continues) se situent de façon constante entre 0,88 et 0,94 pour l’ensemble des 50 items. Au niveau des sous-échelles factorielles extraites, les coefficients alpha sont également robustes : la dimension « Morale religieuse » affiche un alpha compris entre 0,82 et 0,89, la « Morale économique/corporative » se situe entre 0,78 et 0,85, et la « Morale civique/institutionnelle » varie de 0,74 à 0,81.
  • Fidélité test-retest : Les évaluations de stabilité temporelle à un intervalle de quatre à six semaines ont révélé des coefficients de corrélation test-retest allant de 0,81 à 0,88 pour le score total, attestant d’une excellente stabilité des attitudes morales sous-jacentes chez des adultes et jeunes adultes en l’absence de bouleversement contextuel majeur.
  • Équivalence inter-cohortes : Les comparaisons de cohortes réalisées à dix ans d’intervalle (1939, 1949, 1958, puis 1969) ont confirmé que les erreurs types de mesure demeurent faibles et stables dans le temps, permettant une comparaison valide des moyennes longitudinales.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’analyse factorielle constitue le cœur de la méthodologie développée par Salomon Rettig et Benjamin Pasamanick pour formaliser la structure de la CMVS. Dans leur article fondateur publié dans l’American Sociological Review (1959a), les auteurs ont appliqué une analyse factorielle en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale (Varimax et quartimax), une démarche analytique de pointe pour l’époque :

Structure factorielle et extraction

Sur les 50 items initiaux de Crissman, l’analyse a extrait systématiquement six facteurs principaux expliquant la majeure partie de la variance commune :

  • Facteur I : Morale fondamentale et de sécurité publique — Ce facteur s’est avéré saturer fortement sur les items impliquant un risque mortel ou une violence caractérisée. L’Item 28 (délit de fuite après avoir renversé un piéton, saturation > 0,70), l’Item 2 (enlèvement d’enfant pour rançon, saturation > 0,68) et l’Item 19 (braquage à main armée, saturation > 0,65) présentaient les poids les plus élevés.
  • Facteur II : Morale religieuse et tabous dogmatiques — Saturations très nettes sur l’Item 49 (ne pas croire en Dieu, saturation > 0,75), l’Item 39 (se divertir le dimanche au lieu d’aller à l’église, saturation > 0,73) et l’Item 37 (blasphème et langage profane, saturation > 0,64).
  • Facteur III : Responsabilité civique et intégrité publique — Saturations majeures sur l’Item 10 (faux témoignage sous serment, saturation > 0,67), l’Item 9 (législateur corrompu votant contre l’intérêt général, saturation > 0,63) et l’Item 34 (fraude électorale par bulletins multiples, saturation > 0,59).
  • Facteur IV : Éthique des affaires et de l’exploitation économique — Saturé par l’Item 18 (industrie prospère sous-payant ses ouvriers, saturation > 0,66), l’Item 7 (conditions de travail délétères pour la santé, saturation > 0,64) et l’Item 22 (concurrence déloyale par vente à perte, saturation > 0,58).
  • Facteur V : Normes familiales et sexuelles — Saturations importantes sur l’Item 16 (adultère, saturation > 0,68), l’Item 48 (abandon d’une fille mise enceinte, saturation > 0,61) et l’Item 3 (relations sexuelles avant le mariage, saturation > 0,55).
  • Facteur VI : Tempérance et conventions sociales privées — Dominé par l’Item 6 (jeunes filles fumant des cigarettes, saturation > 0,57) et l’Item 11 (paris hippiques, saturation > 0,52).

Les réanalyses menées ultérieurement par Gorsuch et Smith (1972) à l’aide de méthodes factorielles obliques ont confirmé la robustesse de ces groupements conceptuels tout en montrant que les corrélations inter-facteurs s’organisaient de façon cohérente, reflétant des orientations éthiques distinctes mais coordonnées.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique à passation individuelle ou collective mesurant les jugements de sévérité morale.
  • Nombre total d’items : 50 items descriptifs représentant des actions ou transgressions spécifiques.
  • Format de passation : Papier-crayon ou administration numérique informatisée.
  • Durée de passation : Environ 15 à 25 minutes.
  • Échelle de cotation / Échelle de réponse : Échelle d’évaluation numérique en 10 points allant de 1 (considéré comme non répréhensible, totalement acceptable / « Rightness ») à 10 (considéré comme le plus grandement répréhensible, totalement immoral / « Wrongness »).
  • Modalités de calcul et scores :
    • Score total de sévérité morale : Somme brute de l’ensemble des 50 items (score compris entre 50 et 500) ou moyenne générale (allant de 1,00 à 10,00), un score élevé indiquant un niveau global plus rigide et sévère de jugement moral.
    • Scores factoriels sous-dimensionnels : Moyennes spécifiques calculées pour chacun des six facteurs identifiés (morale de base, morale religieuse, morale civique, morale des affaires, morale familiale/sexuelle, conventions sociales).
    • Aucun item inversé dans le protocole standard : tous les items sont formulés de manière à évaluer la blâmabilité croissante du comportement dépeint.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de standardisation initiale : 1959 (fondée sur la collecte longitudinale de données débutée en 1929 par C. L. Crissman, poursuivie en 1939, 1949, 1958, puis 1969).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les travaux originaux de Salomon Rettig et Benjamin Pasamanick ont été publiés dans des revues savantes à comité de lecture (notamment l’American Sociological Review et Social Problems) ainsi que dans le recueil d’instruments de référence du Survey Research Center de l’Université du Michigan (Robinson & Shaver, 1969).
  • Conditions d’accès et tarif : Domaine public académique. L’instrument est accessible librement et sans frais à des fins de recherche scientifique, d’enseignement universitaire et d’études non commerciales, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de référence.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: « Rightness » or « Wrongness » ranging from 1 to 10

  1. Killing a person in defense of one’s own life:
  2. Kidnapping and holding a child for ransom:
  3. ha‎ving sex relations while unmarried:
  4. Forging a check:
  5. Habitually failing to keep promises:
  6. Girls smoking cigarettes:
  7. An industry maintaining working conditions for its workers known to be detrimental to their health:
  8. A doctor allowing a badly deformed baby to die when he could save its life but not cure its deformity:
  9. A legislator‚ for a financial consideration‚ using his influence to secure the passage of a law known to be contrary to public interest:
  10. Testifying falsely in court when under oath:
  11. Betting on horse races:
  12. A nation dealing unjustly with a weaker nation over which it has power:
  13. A jury freeing a father who has killed a man for rape against his young daughter:
  14. Living beyond one’s means in order to possess luxuries enjoyed by friends and associates:
  15. Bootlegging under prohibition law:
  16. ha‎ving illicit sex relation s after marriage:
  17. Driving an automobile while drunk but without accident:
  18. A prosperous industry paying workers less than a living wage:
  19. Holding up and robbing a person:
  20. Not giving to ch‎arity when able:
  21. Not taking the trouble to vote at primaries and elections:
  22. A strong commercial concern selling below cost to crowd out a weaker competitor:
  23. Falsifying about a child’s age to secure reduced fare:
  24. A student who is allowed to grade his own paper reporting a higher grade than the one earned:
  25. Not giving to support religion when able:
  26. Keeping over-change given by a clerk in mistake:
  27. Copying from another’s paper in a school examination:
  28. Speeding away after one’s car knocks down a pedestrian:
  29. ch‎arging interest above a fair rate when lending money:
  30. Falsifying a federal income tax return:
  31. Buying bootleg liquor under prohibition law:
  32. Married persons using birth-control devices:
  33. Seeking divorce because of in compatibility when both parties agree to separate (assuming no children):
  34. Depositing more than one ballot in an election in order to aid a favorite candidate:
  35. Living on inherited wealth without attempting to render service to others:
  36. Taking one’s own life (assuming no near relatives or dependents):
  37. Using profane or blasphemous speech:
  38. Being habitually cross or disagreeable to members of one’s own family:
  39. Seeking amusement on Sunday instead of going to church:
  40. Refusing to bear arms i n a war one believes to be unjust:
  41. Advertising a medicine to cure a disease known to be incurable by such a remedy:
  42. Misrepresenting the value of an investment in order to induce credulous persons to invest:
  43. Taking money for one’s vote i n an election:
  44. Newspapers treating crime news so as to make hoodlums and gangsters appear heroic:
  45. A man ha‎ving a vacant building he cannot rent sets it on fire to collect insurance:
  46. Nations at war using poison gas on the homes and cities of its enemy behind the lines:
  47. Slipping out secretly and going among people when one’s home is under quarantine for a contagious disease:
  48. A man deserting a girl whom he has got in to trouble without himself taking responsibility :
  49. Disbelieving in God:
  50. A man not marrying a girl he loves because she is markedly his inferior socially and in education:
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Looti, M. (2026, octobre 2). Changements dans les valeurs morales. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/changements-dans-les-valeurs-morales/
Looti, Mohammed. “Changements dans les valeurs morales.” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/changements-dans-les-valeurs-morales/.
Looti, Mohammed. “Changements dans les valeurs morales.” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/changements-dans-les-valeurs-morales/.