Questionnaire abrégé sur la santé du patient (Brief PHQ)

Découvrez le Questionnaire abrégé sur la santé du patient (Brief PHQ) : fondements théoriques, propriétés psychométriques, validité diagnostique et items complets pour le dépistage de la dépression et de l’anxiété.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Le Questionnaire abrégé sur la santé du patient (communément désigné sous l’appellation anglophone Brief Patient Health Questionnaire ou Brief PHQ) constitue une déclinaison ultracompacte et multidimensionnelle issue du système d’évaluation PRIME-MD (Primary Care Evaluation of Mental Disorders). Développé à la fin des années 1990 par Robert L. Spitzer, Janet B. W. Williams, Kurt Kroenke et leurs collaborateurs, cet outil d’auto-évaluation a été conçu pour répondre aux contraintes temporelles drastiques de la médecine de premier recours et des consultations ambulatoires. Le Brief PHQ condense l’évaluation des troubles psychiatriques les plus prévalents en soins primaires : le trouble dépressif majeur via le module intégral du PHQ-9 (9 items cotés de 0 à 3 explorant les critères du DSM-IV), le trouble panique (items de dépistage et de confirmation séquentielle), les stresseurs psychosociaux contemporains (10 items évaluant les charges financières, interpersonnelles, professionnelles et traumatiques), les antécédents d’agressions physiques ou sexuelles récentes, ainsi qu’un module gynéco-obstétrique spécifique destiné aux femmes explorant les fluctuations thymiques périmenstruelles et périnatales.

D’un point de vue psychométrique, le Brief PHQ présente des propriétés d’une robustesse exceptionnelle. Pour son volet dépressif (PHQ-9), la cohérence interne oscille régulièrement entre un alpha de Cronbach de 0,86 et 0,89 selon les populations cliniques, avec une sensibilité diagnostique variant de 88 % à 92 % et une spécificité avoisinant 88 % pour un seuil standard fixé à 10. Le module d’anxiété panique démontre une sensibilité de 81 % et une spécificité de 99 % par rapport aux entretiens diagnostiques structurés conduits par des cliniciens indépendants. L’échelle évalue également le retentissement fonctionnel global sur une échelle d’incapacité en 4 points. Gratuit, libre de droits grâce au soutien institutionnel initial de Pfizer, et traduit dans des dizaines de langues, le Brief PHQ s’impose comme une référence incontournable tant dans la recherche épidémiologique internationale que dans la pratique clinique quotidienne pour le dépistage, le diagnostic syndromique et le suivi longitudinal des troubles mentaux communs.

2. Mots-clés

Brief PHQ, Patient Health Questionnaire, dépistage psychiatrique, soins primaires, trouble dépressif majeur, trouble panique, stresseurs psychosociaux, psychométrie, validité diagnostique, PHQ-9.

3. Auteurs

Le Brief Patient Health Questionnaire a été conçu et validé par une équipe pionnière de la nosologie et de l’épidémiologie psychiatrique américaine, affiliée à l’Université Columbia, au New York State Psychiatric Institute et à l’École de médecine de l’Université de l’Indiana :

  • Robert L. Spitzer, M.D. (1932–2015) : Professeur émérite de psychiatrie à l’Université Columbia et directeur du département de recherche biométrique au New York State Psychiatric Institute. Figure monumentale de la psychiatrie moderne, il a été l’architecte en chef du DSM-III et du DSM-III-R, instaurant la nosographie critériologique opérationnelle contemporaine.
  • Janet B. W. Williams, D.S.W. : Professeure émérite de psychiatrie clinique au Département de psychiatrie de l’Université Columbia et chercheuse senior au New York State Psychiatric Institute. Elle a codéveloppé les critères d’évaluation diagnostique du DSM et mené les travaux fondamentaux sur la fidélité inter-évaluateurs des entretiens cliniques.
  • Kurt Kroenke, M.D., MACP : Médecin interniste, professeur de médecine à l’École de médecine de l’Université de l’Indiana et chercheur principal au Regenstrief Institute (Indianapolis, USA). Pionnier mondial de la recherche sur les symptômes somatiques, la dépression et la douleur chronique en médecine générale.

Le développement initial du Brief PHQ a bénéficié d’une subvention éducative accordée par la division pharmaceutique de Pfizer Inc. Les auteurs ont expressément stipulé que l’instrument appartient au domaine public médical, ne nécessitant aucune redevance financière ni autorisation préalable pour son utilisation, sa traduction ou sa reproduction à des fins cliniques ou de recherche.

4. Objectif

Nécessité épidémiologique et clinique en soins primaires

Dans les consultations de médecine générale et les services ambulatoires, les troubles mentaux courants — au premier rang desquels figurent la dépression caractérisée et les troubles anxieux — représentent l’un des premiers motifs d’incapacité fonctionnelle et d’utilisation disproportionnée des ressources de santé. Pourtant, les études épidémiologiques menées dans les années 1980 et 1990 ont révélé qu’environ 50 % des épisodes dépressifs majeurs et des attaques de panique n’étaient pas reconnus par les omnipraticiens. Cette sous-détection s’expliquait principalement par le mode d’expression somatique des souffrances psychologiques, le manque de temps en consultation (rarement plus de 15 minutes allouées par patient) et la lourdeur des instruments diagnostiques disponibles à l’époque, tels que le SCID (Structured Clinical Interview for DSM) ou le DIS (Diagnostic Interview Schedule), réservés à des experts formés et requérant souvent plus de 60 à 90 minutes de passation.

De l’entretien PRIME-MD à l’auto-questionnaire Brief PHQ

Pour remédier à cette impasse, le groupe de Robert L. Spitzer avait initialement conçu le système PRIME-MD en 1994. Bien qu’efficace, le PRIME-MD original nécessitait encore une étape d’entretien guidé par le clinicien d’une dizaine de minutes, ce qui demeurait un obstacle majeur dans les cabinets médicaux surchargés. Le Patient Health Questionnaire (PHQ complet), puis sa déclinaison condensée, le Brief PHQ, ont été créés pour automatiser totalement le recueil initial : le patient remplit lui-même le questionnaire dans la salle d’attente en moins de cinq minutes. Le médecin n’a plus qu’à jeter un regard rapide sur les réponses positives pour confirmer l’adéquation diagnostique avec le DSM et initier la démarche thérapeutique appropriée.

Applications cliniques et en recherche

Le Brief PHQ remplit plusieurs fonctions majeures au sein des structures de soins et des protocoles scientifiques :

  • Dépistage systématique en population clinique : Détection précoce du trouble dépressif majeur et du trouble panique chez des patients consultant pour des plaintes somatiques inexpliquées, des céphalées, des dorsalgies ou une asthénie chronique.
  • Évaluation du fardeau psychosocial global : Identification des facteurs de stress de vie (problèmes conjugaux, précarité financière, difficultés professionnelles, isolement relationnel) qui modulent la symptomatologie et constituent des cibles d’intervention non médicamenteuses indispensables.
  • Détection des traumatismes et violences interpersonnelles : Repérage confidentiel des violences domestiques physiques et sexuelles subies au cours des 12 derniers mois, souvent tues spontanément par les patientes et les patients.
  • Investigation des composantes hormonales et gynécologiques : Exploration du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), du post-partum et des antécédents d’avortement ou d’infertilité chez les femmes.
  • Mesure de la sévérité et suivi longitudinal : Utilisation du score dimensionnel du PHQ-9 (de 0 à 27) pour quantifier la réponse thérapeutique aux antidépresseurs ou à la psychothérapie cognitivo-comportementale et documenter l’atteinte de la rémission clinique.

5. Construit psychologique

Le Brief PHQ n’est pas une échelle unidimensionnelle ; il s’agit d’un système diagnostique modulaire articulé autour de plusieurs construits cliniques et psychosociaux fondamentaux. Chaque module opérationnalise une dimension spécifique de la psychopathologie ou de l’environnement du sujet.

1. Le trouble dépressif majeur (Module PHQ-9)

Le premier module correspond fidèlement aux neuf critères sémiologiques du trouble dépressif caractérisé du DSM-IV / DSM-5. L’instrument explore la fréquence d’apparition de chaque signe au cours des deux dernières semaines :

  • Humeur dépressive et anhédonie : Les deux symptômes cardinaux, dont au moins un doit être présent pour valider le diagnostic selon les critères nosographiques de l’American Psychiatric Association.
  • Symptômes neurovégétatifs : Perturbations du sommeil (insomnie initiale, médiane ou hypersomnie), dysrégulation pondérale ou de l’appétit, asthénie et perte d’énergie vitale.
  • Symptômes cognitifs et affectifs : Sentiments de dévalorisation, culpabilité excessive ou sentiment d’être un échec pour soi et ses proches, altérations attentionnelles et difficultés de concentration.
  • Composantes psychomotrices et risque suicidaire : Ralentissement psychomoteur ou agitation observable par l’entourage, et idéations de mort ou de conduites auto-agressives, nécessitant une évaluation clinique immédiate.

2. Le trouble panique et l’angoisse paroxystique

Le construit de l’attaque de panique repose sur une logique algorithmique en cascade (skip pattern). Il évalue l’émergence soudaine d’une peur intense (« montée brutale de terreur ou de panique ») au cours des 4 dernières semaines, son caractère récurrent, son imprévisibilité (« surgissant de nulle part »), l’anxiété anticipatoire associée et la présence d’un cortège neurovégétatif riche (palpitations, dyspnée, sueurs profuses, vertiges, paresthésies, nausées).

3. Retentissement fonctionnel global

Un construit pivot de la nosologie moderne réside dans le critère de détresse ou d’altération du fonctionnement. L’item d’impact fonctionnel mesure à quel point les symptômes identifiés rendent pénible le travail quotidien, les charges domestiques et les interactions sociales, distinguant ainsi une simple détresse émotionnelle passagère d’un trouble psychiatrique avéré.

4. Facteurs de stress psychosociaux et adversité environnementale

Cette dimension évalue l’impact subjectif d’une série de stresseurs chroniques ou aigus au cours du dernier mois : préoccupations liées à la santé physique, dysmorphophobie ou insatisfaction corporelle, dysfonctions sexuelles (baisse de libido ou anorgasmie), conflits conjugaux ou de couple, fardeau de l’aidant familial (soin des enfants ou des aînés), stress académique ou professionnel, précarité financière, isolement social (absence de confident ou de soutien), événements négatifs récents et intrusions traumatiques (reviviscences ou cauchemars liés à des traumatismes passés de type agression, catastrophe naturelle ou accident grave).

5. Violences interpersonnelles et santé reproductive féminine

Ces deux sous-construits ciblent des déterminants majeurs de morbidité psychiatrique. L’évaluation des violences physiques et sexuelles subies durant l’année écoulée permet de contextualiser la dépression et l’anxiété sous l’angle du traumatisme relationnel. Le volet réservé aux femmes explore les fluctuations de l’humeur en phase lutéale tardive (trouble dysphorique prémenstruel) ainsi que la vulnérabilité psychique associée à la période périnatale (post-partum, fausse couche) et à la souffrance liée à l’infertilité.

6. Cadre théorique

Le Brief PHQ s’enracine directement dans le courant de la psychiatrie critériologique néo-kraepelinienne, qui a triomphé à partir des années 1980 sous l’impulsion de l’école de Washington (Université de Saint-Louis) menée par Eli Robins et Samuel Guze, et institutionnalisée par Robert L. Spitzer lors de la parution du DSM-III.

La rupture néo-kraepelinienne et la standardisation diagnostique

Avant cette révolution épistémologique, la nosologie psychiatrique souffrait d’un manque criant de fiabilité diagnostique. Les définitions d’inspiration psychanalytique prévalant dans le DSM-I et le DSM-II laissaient une marge d’interprétation subjective colossale aux cliniciens. Spitzer et ses collaborateurs ont posé le principe que les entités cliniques devaient être définies par des critères descriptifs précis, observables et mutuellement exclusifs, éliminant toute présomption étiologique a priori. Le Brief PHQ représente l’aboutissement pragmatique de cette posture épistémologique : traduire chaque critère diagnostique sous forme d’une question rédigée dans un langage direct, limpide et compréhensible par tout profane, sans jargon médical.

Le modèle biopsychosocial d’Engel

L’intégration explicite des modules évaluant les stresseurs de vie, les violences interpersonnelles et les statuts gynéco-obstétriques positionne également le Brief PHQ au carrefour du modèle biopsychosocial promu par George L. Engel. Le Brief PHQ ne conçoit pas la dépression ou l’angoisse comme de simples anomalies neurochimiques désincarnées, mais comme des manifestations complexes résultant de l’interaction entre une vulnérabilité biologique, des facteurs stresseurs environnementaux (financiers, relationnels, professionnels) et des événements traumatiques passés ou présents.

La théorie de la mesure en psychométrie clinique : approche catégorielle versus dimensionnelle

Le Brief PHQ combine de façon novatrice l’approche nosologique catégorielle (présence ou absence d’un diagnostic DSM par l’application d’un algorithme booléen) et l’approche psychométrique dimensionnelle (sommation continue des scores d’items du PHQ-9). Cette dualité conceptuelle permet d’utiliser l’outil aussi bien comme guide pour poser une indication diagnostique formelle que comme instrument de mesure de sévérité globale et de changement thérapeutique, aligné sur la théorie classique des tests (TCT).

7. Validité

Les propriétés de validité du Brief PHQ et de son module central PHQ-9 ont été documentées au travers de vastes études multicentriques internationales englobant plusieurs dizaines de milliers de patients en soins primaires et en gynécologie-obstétrique.

Validité de critère (sensibilité et spécificité)

Dans l’étude princeps de Spitzer et al. (1999) portant sur 3 000 patients issus de 8 cliniques de premier recours, les diagnostics portés par le PHQ ont été confrontés à des entretiens cliniques indépendants à l’aveugle menés par des professionnels de la santé mentale (psychologues et psychiatres) :

  • Trouble dépressif majeur : Pour un score seuil de 10 sur le PHQ-9, l’instrument présente une sensibilité moyenne de 88 % (IC 95 % : 83–92 %) et une spécificité de 88 % (IC 95 % : 86–90 %). L’aire sous la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) atteint 0,95, ce qui dénote une précision discriminante remarquable.
  • Trouble panique : L’algorithme décisionnel du module anxiété démontre une sensibilité de 81 % et une spécificité excellente de 99 %, avec une valeur prédictive positive de 66 % et une valeur prédictive négative de 99 %.

Validité convergente

Le score du PHQ-9 montre de fortes corrélations positives avec d’autres échelles d’évaluation de la dépression solidement établies :

  • Corrélation avec l’Échelle de dépression de Hamilton (HAM-D) : r = 0,84.
  • Corrélation avec l’Inventaire de dépression de Beck (BDI-II) : r = 0,73 à 0,80.
  • Corrélation avec l’échelle de détresse psychologique du SF-20 / SF-36 : r = -0,73 (corrélation inverse avec le bien-être mental).

Validité discriminante et de construit

Le Brief PHQ discrimine nettement les patients souffrant de dépressions caractérisées de ceux présentant d’autres troubles médicaux chroniques non psychiatriques (hypertension, arthrose sans comorbidité thymique). De plus, une élévation du score sur le PHQ-9 et sur le module des stresseurs est associée de manière linéaire et statistiquement significative à des jours d’arrêt de travail accrus, une baisse du score d’utilité de santé générale et une augmentation de la fréquence des consultations médicales ambulatoires.

8. Fidélité

La fidélité de l’instrument a été éprouvée sous diverses conditions méthodologiques, attestant de l’excellente stabilité métrologique des items qui le composent.

Cohérence interne

La cohérence interne du module dépressif à 9 items (PHQ-9) a été évaluée à de multiples reprises :

  • Dans l’échantillon initial de validation de Kroenke et al. (2001) comprenant 6 000 patients (3 000 en médecine générale et 3 000 en clinique gynécologique), l’alpha de Cronbach était de 0,89 dans le groupe des soins primaires et de 0,86 dans le groupe gynécologique.
  • Dans une cohorte de 344 patients atteints de diabète de type 2 (mentionnée dans les données de Stanford), l’alpha de Cronbach s’élevait à 0,88 pour une moyenne de score de 6,40 (écart-type = 5,73).
  • Les coefficients de corrélation item-total corrigés s’échelonnent entre 0,55 et 0,74, aucun item n’affaiblissant la consistance interne globale en cas de suppression.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été documentée lors d’administrations répétées à court terme (intervalle de 48 heures à 7 jours) auprès de patients stables n’ayant pas reçu de modification thérapeutique. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score global du PHQ-9 se situe à 0,84. Pour le dépistage catégoriel du trouble panique et des violences physiques, la concordance Kappa de Cohen (κ) oscille entre 0,71 et 0,82, ce qui traduit une fidélité substantielle à presque parfaite selon les standards de Landis et Koch.

9. Analyse factorielle

Bien que le Brief PHQ soit un assemblage modulaire d’outils hétérogènes, la structure dimensionnelle de ses sous-composantes, particulièrement le PHQ-9 et la liste des stresseurs, a fait l’objet d’investigations factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) poussées.

Structure unifactorielle vs bifactorielle du PHQ-9

La majorité des analyses factorielles confirmatoires menées sur le PHQ-9 confirme l’adéquation d’un modèle unidimensionnel sous-jacent représentant la « sévérité globale de la dépression » (RMSEA < 0,05 ; CFI > 0,96 ; TLI > 0,95). Dans ce modèle, l’ensemble des 9 items présente des saturations factorielles très élevées, généralement comprises entre 0,60 et 0,82 :

  • Item 1 (Anhédonie) : saturation λ ≈ 0,74
  • Item 2 (Humeur dépressive) : saturation λ ≈ 0,81
  • Item 3 (Sommeil) : saturation λ ≈ 0,63
  • Item 4 (Fatigue / Énergie) : saturation λ ≈ 0,72
  • Item 5 (Appétit) : saturation λ ≈ 0,58
  • Item 6 (Culpabilité / Dévalorisation) : saturation λ ≈ 0,76
  • Item 7 (Concentration) : saturation λ ≈ 0,68
  • Item 8 (Ralentissement / Agitation) : saturation λ ≈ 0,61
  • Item 9 (Idéations suicidaires) : saturation λ ≈ 0,64

Certains auteurs (ex. Krause et al.) ont mis en évidence un modèle bifactoriel distinguant une composante affective/cognitive (items 1, 2, 6, 9) et une composante somatique/neurovégétative (items 3, 4, 5, 7, 8). Néanmoins, en pratique clinique et épidémiologique, l’utilisation du score total unidimensionnel demeure la recommandation standard privilégiée par les psychométriciens.

Dimensionnalité des stresseurs psychosociaux

L’analyse factorielle exploratoire des dix items explorant les stresseurs de vie (Question 4) isole trois facteurs distincts expliquant plus de 62 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Tensions interpersonnelles et familiales (conflits de couple, charge liée aux enfants ou parents, isolement relationnel).
  • Facteur 2 : Préoccupations matérielles et existentielles (finances, travail, santé physique).
  • Facteur 3 : Traumatisme et image corporelle (reviviscences traumatiques, insatisfaction corporelle, difficultés sexuelles).

10. Instrument de mesure

Le Brief PHQ est un instrument papier-crayon auto-administré ou numérisable, conçu pour une complétion rapide et autonome par le patient.

  • Format du test : Questionnaire d’auto-évaluation structuré en 8 grandes sections cliniques.
  • Nombre d’items :
    • Module dépressif (PHQ-9) : 9 items sémiologiques.
    • Module trouble panique : 5 items séquentiels (1 item filtre principal et 4 sous-questions).
    • Impact fonctionnel : 1 item global.
    • Stresseurs psychosociaux : 10 items thématiques.
    • Violences interpersonnelles : 1 item dichotomique.
    • Question ouverte de stress : 1 champ libre narratif.
    • Traitements psychotropes : 1 item dichotomique.
    • Santé des femmes : 6 sous-items (statut menstruel, dysménomie, grossesses récentes, fertilité).
  • Échelles de réponse :
    • Module dépressif : Échelle ordinale en 4 points : 0 = « Not at all » (Jamais), 1 = « Several days » (Plusieurs jours), 2 = « More than half the days » (Plus de la moitié des jours), 3 = « Nearly every day » (Presque tous les jours).
    • Module panique : Format binaire dichotomique (NO / YES).
    • Impact fonctionnel : Échelle ordinale en 4 points (Not difficult at all / Somewhat difficult / Very difficult / Extremely difficult).
    • Stresseurs psychosociaux : Échelle en 3 points (Not bothered / Bothered a little / Bothered a lot).
    • Violences et médicaments : Format dichotomique (NO / YES).
    • Module femmes : Choix multiple pour le statut menstruel, et NO / YES pour les questions périnatales et prémenstruelles.
  • Cotation et seuils cliniques :
    • Score PHQ-9 : Somme arithmétique des 9 items (plage de 0 à 27). Si deux chiffres consécutifs sont entourés, coder le chiffre le plus élevé. Si plus d’un item manque, invalider l’échelle.
      – 0 à 4 : Dépression minime ou absente.
      – 5 à 9 : Symptômes dépressifs légers.
      – 10 à 14 : Dépression modérée (seuil clinique d’alerte).
      – 15 à 19 : Dépression modérément sévère / Trouble dépressif caractérisé probable.
      – 20 à 27 : Dépression sévère.
    • Algorithme catégoriel de la dépression majeure : Au moins 5 des 9 items doivent être cotés « More than half the days » (score ≥ 2) au cours des 2 dernières semaines, et l’un des deux premiers items (anhédonie ou humeur dépressive) doit obligatoirement être présent. (Note : l’item 9 compte s’il est coté ≥ 1).
    • Algorithme du trouble panique : Présence impérative de 4 réponses « YES » aux items 2.a, 2.b, 2.c et 2.d, combinée à au moins 4 symptômes physiques positifs parmi la liste de l’item 2.e.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication : 1999 (version originale du PRIME-MD PHQ / Brief PHQ ; PHQ-9 validé spécifiquement en 2001).
  • Droits d’auteur et copyright : © 1999, Pfizer Inc. Développé par Robert L. Spitzer, Janet B. W. Williams, Kurt Kroenke et leurs collaborateurs grâce à un mécénat institutionnel accordé par les laboratoires Pfizer.
  • Politique de licence et tarification : L’instrument est entièrement gratuit et libre d’accès (open access / public domain). Les auteurs et la société Pfizer ont expressément stipulé qu’aucune autorisation préalable n’est requise pour reproduire, traduire, afficher ou distribuer le PHQ, le PHQ-9 ou le Brief PHQ, que ce soit à des fins de pratique clinique, d’enseignement ou de recherche scientifique biomédicale.
  • Marques déposées : Les appellations PRIME-MD® et PRIME-MD TODAY® sont des marques déposées de Pfizer Inc.

12. Références

Les publications fondatrices et validations métrologiques ci-dessous constituent la documentation scientifique de référence pour l’utilisation du Brief PHQ :

  • Kroenke, K., & Spitzer, R. L. (2002). The PHQ-9: A new depression diagnostic and severity measure. Psychiatric Annals, 32(9), 509–515. https://doi.org/10.3928/0048-5713-20020901-06
  • Kroenke, K., Spitzer, R. L., & Williams, J. B. W. (2001). The PHQ-9: Validity of a brief depression severity measure. Journal of General Internal Medicine, 16(9), 606–613. https://doi.org/10.1046/j.1525-1497.2001.016009606.x
  • Kroenke, K., Spitzer, R. L., Williams, J. B. W., & Löwe, B. (2010). The Patient Health Questionnaire Somatic, Anxiety, and Depressive Symptom Scales: A systematic review. General Hospital Psychiatry, 32(4), 345–359. https://doi.org/10.1016/j.genhosppsych.2010.03.006
  • Spitzer, R. L., Kroenke, K., & Williams, J. B. W. (1999). Validation and utility of a self-report version of PRIME-MD: The PHQ primary care study. JAMA, 282(18), 1737–1744. https://doi.org/10.1001/jama.282.18.1737
  • Spitzer, R. L., Williams, J. B. W., Kroenke, K., Hornyak, R., & McMurray, J. (2000). Validity and utility of the PRIME-MD Patient Health Questionnaire in assessment of 3000 obstetric-gynecologic patients: The PHQ Ob-Gyn study. American Journal of Obstetrics and Gynecology, 183(3), 759–769. https://doi.org/10.1067/mob.2000.106580
  • Williams, J. B. W. (1988). A structured interview guide for the Hamilton Depression Rating Scale. Archives of General Psychiatry, 45(8), 742–747. https://doi.org/10.1001/archpsyc.1988.01800320058007

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Questions about anxiety
2

If you checked off any problems on this questionnaire so far‚ how difficult have these problems made it for you to do your work‚ take care of things at home‚ or get along with other people?
3

In the last 4 weeks‚ how much have you been bothered by any of the following problems?
4

In the last year‚ have you been hit‚ slapped‚ kicked‚ or otherwise physically hurt by someone‚ or has anyone forced you to have an unwanted sexual act?
5

What is the most stressful thing in your life right now? -‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-‎-
6

Are you taking any medication for anxiety‚ depression‚ or stress?
7

FOR WOMEN ONLY:  Questions about menstruation‚ pregnancy‚ and childbirth.
8

Thoughts that you would be better off dead‚ or of hurting yourself in some way
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Questionnaire abrégé sur la santé du patient (Brief PHQ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/brief-patient-health-questionnaire-brief-phq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire abrégé sur la santé du patient (Brief PHQ).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/brief-patient-health-questionnaire-brief-phq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire abrégé sur la santé du patient (Brief PHQ).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/brief-patient-health-questionnaire-brief-phq/.