Questionnaire bref de perception de la maladie / Questionnaire de perception de la maladie – Version courte / Questionnaire de perception de la maladie

Le Brief Illness Perception Questionnaire (BIPQ / IPQ-K) est un outil psychométrique validé évaluant les représentations cognitives et émotionnelles de la maladie selon le modèle d’autorégulation de Leventhal.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Le Brief Illness Perception Questionnaire (BIPQ), également adapté en néerlandais sous les appellations Illness Perception Questionnaire-Kort (IPQ-K) et Ziekteperceptievragenlijst, est un instrument psychométrique ultra-court conçu pour évaluer rapidement les représentations cognitives et émotionnelles qu’un individu se fait de sa maladie. Développé initialement par Elizabeth Broadbent et ses collaborateurs en 2006 en tant que version condensée de l’Illness Perception Questionnaire-Revised (IPQ-R ; Moss-Morris et al., 2002), cet outil opérationnalise les dimensions centrales du modèle d’autorégulation du sens commun (Common-Sense Model of Self-Regulation) élaboré par Howard Leventhal.

Le questionnaire se compose de 9 items. Les huit premiers items évaluent chacun une composante spécifique de la perception de la maladie à l’aide d’une échelle visuelle analogique / numérique continue en 11 points allant de 0 à 10 : les conséquences perçues (item 1), la durée anticipée ou chronicité (item 2), le contrôle personnel (item 3), le contrôle par le traitement (item 4), l’identité des symptômes (item 5), l’inquiétude générale (item 6), la cohérence ou compréhension de la pathologie (item 7) et l’impact affectif ou réponse émotionnelle (item 8). Le neuvième item est une question ouverte qualitative demandant au patient de lister, par ordre hiérarchique, les trois causes principales qu’il attribue à la survenue de son affection.

Sur le plan psychométrique, le BIPQ présente une excellente validité concurrente avec les sous-échelles de l’IPQ-R d’origine, une remarquable sensibilité au changement à la suite d’interventions thérapeutiques ou de réadaptation, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation de Pearson variant typiquement de 0,48 à 0,75 selon les dimensions sur des intervalles de trois à six semaines). Un score composite global de « menace perçue de la maladie » (overall illness threat) peut être obtenu par l’inversion des items de contrôle (items 3, 4 et 7) et la sommation des huit items quantitatifs (score de 0 à 80), bien que l’analyse item par item demeure la modalité d’exploitation clinique et conceptuelle la plus recommandée.

2. Mots-clés / Keywords

Perception de la maladie, Modèle de Leventhal, Autorégulation du sens commun, Psychologie de la santé, Évaluation psychométrique, Représentations cognitives, Déterminants de santé, Comportements de santé, Qualité de vie, Adaptation à la maladie, Maladie chronique, Coping, BIPQ, IPQ-K, Fidélité test-retest

3. Auteurs / Authors

Le développement initial et les adaptations transnationales majeures du BIPQ reposent sur les travaux conjoints de chercheurs de renommée internationale en psychologie médicale et en sciences de la santé :

  • Elizabeth Broadbent, Ph.D. : Professeure de psychologie de la santé à la Faculty of Medical and Health Sciences de l’Université d’Auckland (Nouvelle-Zélande). Ses recherches pionnières explorent l’influence des croyances relatives à la maladie et au stress sur la guérison, la fonction immunitaire et l’observance thérapeutique.
  • Keith J. Petrie, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie comportementale appliquée à la médecine, Department of Psychological Medicine, Université d’Auckland (Nouvelle-Zélande). Co-développeur des échelles IPQ, IPQ-R et BIPQ.
  • John Weinman, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie appliquée aux médicaments à l’Institute of Pharmaceutical Science et au King’s College London (Royaume-Uni). Auteur principal de la version princeps de l’Illness Perception Questionnaire (IPQ) en 1996.
  • Rona Moss-Morris, Ph.D. : Professeure de psychologie appliquée à la médecine au King’s College London, responsable de la révision psychométrique approfondie ayant abouti à l’IPQ-R en 2002.
  • E. J. de Raaij, PT, MSc, et collaborateurs (2007, 2012) : Chercheurs et cliniciens aux Pays-Bas responsables de l’adaptation transculturelle et de la validation psychométrique de la version néerlandaise, l’IPQ-K / BIPQ-DLV (Brief Illness Perception Questionnaire – Dutch Language Version / Ziekteperceptievragenlijst), notamment au sein de populations souffrant de troubles musculo-squelettiques chroniques.

4. Objectif / Purpose

Le Brief Illness Perception Questionnaire (BIPQ) a été spécifiquement élaboré pour pallier une contrainte pratique majeure dans la recherche biomédicale et la pratique clinique quotidienne : la longueur prohibitive de ses prédécesseurs. L’Illness Perception Questionnaire (Weinman et al., 1996) et l’Illness Perception Questionnaire-Revised (Moss-Morris et al., 2002) comptent respectivement plus de 38 et plus de 80 items. Bien que ces versions étendues fournissent une cartographie détaillée et exhaustive des croyances liées à la maladie, leur administration se heurte fréquemment à la fatigabilité des patients sévèrement atteints, aux contraintes temporelles strictes des consultations hospitalières ou ambulatoires, ainsi qu’au fardeau cognitif imposé lors d’études longitudinales à protocoles répétés.

L’objectif fondamental du BIPQ est de fournir une évaluation quasi instantanée, standardisée et théoriquement ancrée de la manière dont les patients structurent cognitivement et émotionnellement leur condition médicale. Les croyances des patients quant à leur état morbide ne constituent pas de simples reflets passifs des diagnostics biomédicaux ; elles agissent comme de puissants régulateurs psychologiques guidant la sélection des stratégies de gestion de la maladie (coping), l’observance médicamenteuse, la fréquentation des services d’urgence, la reprise de l’activité professionnelle et l’ajustement psychosocial global.

Dans le domaine clinique, le BIPQ offre au praticien (médecin, psychologue clinicien, physiothérapeute, infirmier de pratique avancée) une grille de lecture immédiate mettant en évidence les discordances ou les distorsions cognitives. Par exemple, un patient atteint d’insuffisance rénale chronique présentant un score minimal de cohérence (item 7) combiné à un score d’inquiétude maximal (item 6) et à un sentiment d’absence totale de contrôle (items 3 et 4) nécessitera une intervention psychoéducative urgente visant à clarifier la nature de l’affection et à restaurer l’agentivité thérapeutique.

Dans la recherche épidémiologique et interventionnelle, le BIPQ permet un suivi dynamique des trajectoires de croyances. Grâce à sa rapidité de passation (moins de trois minutes), il peut être administré de manière répétée au cours d’essais cliniques randomisés, d’interventions de réadaptation cardiaque ou pulmonaire, ou encore lors de consultations de télémédecine, rendant possible l’analyse des médiations cognitives par lesquelles une intervention améliore la survie ou la qualité de vie liée à la santé.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le BIPQ est la représentation de la maladie (illness representation), conçue comme un réseau multidimensionnel de schémas cognitifs et d’affects qui s’activent lorsqu’un individu est confronté à une menace pour son intégrité somatique. Conformément au cadre de référence, chaque item quantitatif du BIPQ a été rédigé de façon à sonder une dimension spécifique, distincte et théoriquement isolée :

1. Les conséquences perçues (Item 1 : Consequences)

Cette dimension mesure l’étendue de l’impact perturbateur que la maladie exerce sur le fonctionnement global de l’individu, englobant ses activités quotidiennes, sa vie relationnelle, son travail et son indépendance. Une croyance en des conséquences dévastatrices est souvent prédictive d’un arrêt de travail prolongé et de niveaux élevés d’incapacité fonctionnelle, indépendamment de la sévérité clinique objective.

2. La durée perçue ou chronicité (Item 2 : Timeline)

Il s’agit de la représentation temporelle que le patient se fait de sa maladie : est-elle perçue comme un trouble transitoire, aigu, cyclique ou définitif (« pour toujours ») ? L’adhésion à une vision aiguë d’une maladie par nature chronique (comme l’hypertension artérielle ou le diabète) constitue une cause fréquente d’interruption unilatérale du traitement dès la disparition des symptômes.

3. Le contrôle personnel (Item 3 : Personal Control)

Cette dimension évalue le sentiment d’auto-efficacité et de contrôle personnel exercé sur l’évolution de la pathologie. Elle renvoie à la croyance selon laquelle ses propres actions, changements de comportement, autosoins et adaptations de mode de vie peuvent influencer positivement l’évolution ou la maîtrise des symptômes.

4. Le contrôle par le traitement (Item 4 : Treatment Control)

Le contrôle par le traitement mesure le degré de confiance accordé à l’efficacité des thérapeutiques médicales, chirurgicales, pharmacologiques ou physiques. Une note faible reflète un scepticisme ou un découragement quant à l’utilité des prescriptions, augmentant dramatiquement le risque de non-observance thérapeutique intentionnelle.

5. L’identité de la maladie / Charge symptomatologique (Item 5 : Identity)

Cette échelle quantitative unique condense l’attribution somatique : dans quelle mesure le patient perçoit-il et ressent-il des symptômes associés à son diagnostic ? Une forte attribution symptomatique conduit souvent à une hypervigilance somatosensorielle, augmentant la détresse et amplifiant la perception subjective de la douleur ou de la fatigue.

6. L’inquiétude générale (Item 6 : Concern)

L’inquiétude représente l’évaluation cognitive du danger ou du niveau de préoccupation générale induit par la maladie. Elle reflète l’appréhension mentale continue quant à la détérioration possible de l’état de santé, aux récidives ou aux complications à long terme.

7. La compréhension / Cohérence de la maladie (Item 7 : Illness Coherence)

La cohérence évalue à quel point le patient estime posséder une représentation lucide, ordonnée et sensée de son affection. Une faible cohérence se traduit par un sentiment de perplexité, de confusion ou d’incompréhension face aux fluctuations des symptômes, ce qui génère une impuissance acquise.

8. La représentation émotionnelle (Item 8 : Emotional Representation)

Cette composante explore la réactivité affective directe engendrée par la pathologie, notamment la peur, la colère, l’abattement, l’anxiété et le désespoir. Elle sépare explicitement la réponse affective brute des cognitions relatives aux conséquences matérielles de la maladie.

9. Les attributions causales (Item 9 : Causal Representation)

Composante qualitative ouverte, elle invite le patient à formuler ses trois principales hypothèses causales (ex. : hérédité, stress, tabagisme, vieillissement, malchance, facteurs environnementaux). L’analyse de ces causes permet de comprendre la dynamique du blâme (auto-culpabilisation vs fatalisme externe) qui oriente les efforts d’ajustement.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique indissociable du BIPQ est le Common-Sense Model of Self-Regulation (CSM), conceptualisé au début des années 1980 par Howard Leventhal et continuellement affiné depuis (Leventhal, Meyer, & Nerenz, 1980 ; Leventhal, Brissette, & Leventhal, 2003). Ce paradigme cognitivo-comportemental postule que l’être humain se comporte face à la maladie en « théoricien du sens commun », cherchant activement à donner une signification intelligible à ses sensations corporelles déviantes et aux informations diagnostiques fournies par les soignants.

Le modèle de Leventhal s’articule autour d’une architecture homéostatique en trois étapes dynamiques interconnectées par des boucles de rétroaction :

  • Étape 1 : Représentation de la menace (Perception) : Lorsqu’un signal d’alarme apparaît (ex. : dyspnée, douleur thoracique, annonce d’une sérologie positive), deux processus de traitement d’information parallèles et interactifs s’enclenchent : un système de traitement cognitif (définissant l’identité, les causes, la temporalité, le contrôle et les conséquences) et un système de traitement émotionnel (générant la peur, la détresse ou la sidération).
  • Étape 2 : Élaboration et sélection des procédures d’adaptation (Coping) : En fonction de la nature exacte des représentations construites, l’individu mobilise des stratégies d’action (ex. : prise de médicaments, arrêt de l’activité, recherche d’informations sur internet, déni, évitement, expression émotionnelle). Si la maladie est jugée incontrôlable (faible score aux items 3 et 4 du BIPQ), le patient aura davantage tendance à recourir à un coping passif ou évitant.
  • Étape 3 : Évaluation de l’efficacité (Appraisal) : Le patient évalue le succès ou l’échec de ses actions d’adaptation sur la réduction de la menace et de la détresse. Si l’objectif n’est pas atteint, les boucles de rétroaction modifient en retour les représentations de la maladie, réactivant le cycle d’autorégulation.

Le BIPQ opérationnalise ce système avec une élégance psychométrique rare, car il saisit à la fois les entrées cognitives du modèle (items 1 à 5 et 7), les entrées émotionnelles (item 8), le moteur affectivo-cognitif de la préoccupation (item 6) et la conceptualisation étiologique fondatrice (item 9).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du BIPQ a fait l’objet de centaines d’études de validation à travers le monde, recouvrant un spectre pathologique étendu : infarctus du myocarde, asthme, diabète de type 1 et 2, insuffisance rénale terminale, cancers, lombalgies chroniques et affections rhumatologiques.

Validité concurrente et convergente

Dans l’étude princeps de Broadbent et al. (2006), la validité concurrente a été établie en corrélant directement chaque item unique du BIPQ avec la sous-échelle correspondante de l’IPQ-R chez des patients atteints d’insuffisance rénale et de diabète. Les corrélations de Pearson ont révélé une convergence modérée à très forte :

  • Conséquences (BIPQ Item 1 vs IPQ-R Consequences) : r = 0,59 à 0,72 (p < 0,001).
  • Temporalité (BIPQ Item 2 vs IPQ-R Timeline) : r = 0,66 à 0,73 (p < 0,001).
  • Contrôle personnel (BIPQ Item 3 vs IPQ-R Personal Control) : r = 0,42 à 0,63 (p < 0,001).
  • Contrôle par le traitement (BIPQ Item 4 vs IPQ-R Treatment Control) : r = 0,44 à 0,65 (p < 0,001).
  • Identité (BIPQ Item 5 vs IPQ-R Identity subscale) : r = 0,62 à 0,64 (p < 0,001).
  • Inquiétude (BIPQ Item 6) et Émotions (BIPQ Item 8) vs IPQ-R Emotional Representations : r = 0,61 à 0,74 (p < 0,001).
  • Cohérence (BIPQ Item 7 vs IPQ-R Illness Coherence) : r = 0,57 à 0,78 (p < 0,001).

De plus, des corrélations convergentes significatives ont été démontrées avec des échelles standardisées de détresse psychologique comme la Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS), le SF-36 (mesure de qualité de vie) et des biomarqueurs physiologiques (comme le taux d’HbA1c chez les patients diabétiques).

Validité prédictive

Le BIPQ a démontré une validité prédictive remarquable. Chez les patients ayant subi un infarctus aigu du myocarde, les scores aux items de conséquences et de temporalité à l’admission hospitalière prédisent de manière statistiquement significative le délai et le taux de reprise du travail à 3 et 6 mois, indépendamment de la fraction d’éjection ventriculaire gauche ou de l’âge. Dans les pathologies douloureuses chroniques, des scores élevés d’identité et de conséquences prédisent l’incapacité fonctionnelle prolongée et la surutilisation des prestations de soins.

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer des pathologies de pronostics contrastés. Des études comparatives ont montré que des patients souffrant de rhume commun obtiennent des scores de chronicité (item 2) proches de zéro, alors que des patients atteints de diabète ou d’ostéoarthrite affichent des scores médians supérieurs à 9. De même, les patients souffrant de maladies aiguës rapportent un contrôle perçu beaucoup plus fluctuant et réactif aux traitements que les sujets atteints de maladies neurodégénératives.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité du BIPQ exige une distinction conceptuelle essentielle en psychométrie. Chaque item du BIPQ ayant été intentionnellement formulé pour représenter à lui seul un domaine théorique distinct (single-item construct indicator), le calcul traditionnel du coefficient alpha de Cronbach sur l’ensemble des 8 items n’a pas le même sens que sur une échelle unidimensionnelle homogène.

Néanmoins, lorsque les chercheurs emploient le score global de menace perçue (Overall Illness Threat Score), calculé après inversion des items 3, 4 et 7, les études rapportent des coefficients de cohérence interne acceptables à bons, se situant généralement entre α = 0,70 et α = 0,82 selon les échantillons cliniques considérés.

La fidélité test-retest constitue l’indicateur méthodologique le plus robuste pour valider des mesures par item unique. Broadbent et al. (2006) ont administré le BIPQ à des intervalles de 3 et 6 semaines chez des cohortes stables de patients asthmatiques et diabétiques :

  • Conséquences (Item 1) : r = 0,65 (à 3 semaines) ; r = 0,58 (à 6 semaines).
  • Temporalité (Item 2) : r = 0,70 (à 3 semaines) ; r = 0,73 (à 6 semaines).
  • Contrôle personnel (Item 3) : r = 0,54 (à 3 semaines) ; r = 0,57 (à 6 semaines).
  • Contrôle par le traitement (Item 4) : r = 0,51 (à 3 semaines) ; r = 0,48 (à 6 semaines).
  • Identité (Item 5) : r = 0,70 (à 3 semaines) ; r = 0,60 (à 6 semaines).
  • Inquiétude (Item 6) : r = 0,65 (à 3 semaines) ; r = 0,64 (à 6 semaines).
  • Cohérence (Item 7) : r = 0,48 (à 3 semaines) ; r = 0,55 (à 6 semaines).
  • Représentation émotionnelle (Item 8) : r = 0,75 (à 3 semaines) ; r = 0,72 (à 6 semaines).

Ces coefficients confirment une stabilité temporelle substantielle des représentations de la maladie, tout en préservant une marge de fluctuation permettant à l’outil de capturer la réactivité thérapeutique (sensibilité au changement après éducation thérapeutique).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du BIPQ a suscité d’abondants débats méthodologiques. Dès sa conception, le BIPQ n’a pas été conçu pour satisfaire une analyse factorielle confirmatoire (AFC) unidimensionnelle pure, mais plutôt comme un index synthétique composé d’indicateurs de facettes distinctes (Broadbent et al., 2006 ; Broadbent et al., 2015).

Cependant, les modélisations par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) conduites dans diverses populations de patients (notamment dans la version néerlandaise de de Raaij et al., 2012, et dans des cohortes oncologiques et cardiologiques européennes) dégagent de manière constante une structure sous-jacente en deux ou trois méta-facteurs de second ordre :

  • Facteur 1 : Menace cognitive et émotionnelle (Illness Threat / Severity) : Regroupe les items de Conséquences (item 1), de Temporalité (item 2), d’Identité (item 5), d’Inquiétude (item 6) et d’Impact émotionnel (item 8). Les saturations factorielles de ces items sur ce premier axe oscillent communément entre 0,60 et 0,84, expliquant entre 35 % et 48 % de la variance totale.
  • Facteur 2 : Contrôle et maîtrise (Controllability / Agency) : Regroupe le Contrôle personnel (item 3) et le Contrôle par le traitement (item 4), avec des saturations factorielles souvent supérieures à 0,70.
  • Facteur 3 : Cohérence / Compréhension (Understanding) : L’item 7 (Compréhension) sature parfois de façon autonome ou se joint négativement au facteur de menace, soulignant que l’absence de compréhension majore la perception de détresse incontrôlable.

Dans les modèles d’équations structurelles, l’utilisation du score agrégé global de menace perçue (après inversion des items 3, 4 et 7) a montré des indices d’adéquation très satisfaisants (CFI > 0,92 ; RMSEA < 0,06) dans de vastes cohortes internationales, justifiant l’emploi soit des scores distincts de chaque item, soit du score global composite selon la question de recherche posée.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Brief Illness Perception Questionnaire (BIPQ) ; Version néerlandaise : Illness Perception Questionnaire-Kort (IPQ-K / BIPQ-DLV) ou Ziekteperceptievragenlijst.
  • Nature de l’outil : Questionnaire auto-administré (ou hétéro-administré par interview clinique si nécessaire).
  • Population cible : Adultes et personnes âgées présentant une maladie aiguë ou chronique, ou un trouble musculo-squelettique ou somatique. Versions adaptées disponibles pour adolescents et proches aidants (BIPQ-R / BIPQ for Family Caregivers).
  • Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes.
  • Nombre total d’items : 9 items (8 quantitatifs + 1 qualitatif).
  • Échelle de réponse :
    • Items 1 à 8 : Échelle continue de type visuelle analogique / numérique en 11 points (allant de 0 à 10), ancrée par des descripteurs verbaux bipolaires spécifiques à chaque question.
    • Item 9 : Question ouverte à réponse courte invitant le participant à classer par ordre d’importance décroissante les 3 facteurs causaux majeurs (1. le plus important, 2. deuxième, 3. troisième).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Analyse par item individuel (fortement recommandée) : Chaque item de 1 à 8 est analysé séparément en tant que score continu de 0 à 10 représentant la dimension théorique correspondante de Leventhal.
    • Score global de menace perçue (Overall Illness Threat Score) : Permet d’obtenir un indice composite du degré auquel la maladie est vécue comme une menace pour l’existence. Ce score est obtenu par la somme :
      Score Total = Item 1 + Item 2 + (10 - Item 3) + (10 - Item 4) + Item 5 + Item 6 + (10 - Item 7) + Item 8
      Les items 3, 4 et 7 sont inversés (10 moins la réponse de l’item). Les items 1, 2, 5, 6 et 8 conservent leur valeur directe. L’étendue du score composite s’étend de 0 à 80 ; un score plus élevé reflète une perception plus menaçante, sévère et accablante de la maladie.
    • Item 9 (Causes) : Analyse thématique qualitative ou catégorisation selon des grilles de codage empiriques (causes biologiques, comportementales, psychologiques, environnementales, accidentelles ou fatales).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de parution : 2006 pour la version princeps du BIPQ (Broadbent et al.) ; 2007-2012 pour les études d’adaptation transculturelle néerlandaise (IPQ-K / de Raaij et al.). L’IPQ original date de 1996 (Weinman et al.) et l’IPQ-R de 2002 (Moss-Morris et al.).
  • Statut des droits d’auteur : Le BIPQ est protégé par le droit d’auteur académique de ses auteurs originaux (Elizabeth Broadbent, Keith J. Petrie, John Weinman).
  • Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’utilisation du Brief IPQ est entièrement gratuite à des fins de recherche académique, de travaux universitaires non commerciaux et de pratique clinique courante. Les auteurs mettent librement à disposition le questionnaire ainsi que ses nombreuses traductions validées sur le site officiel de l’équipe de recherche de l’Université d’Auckland. Toute utilisation commerciale, intégration dans des plateformes logicielles payantes ou utilisation dans le cadre d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique requiert une demande d’autorisation formelle auprès des auteurs détenteurs des droits.

12. Références / References

  • Broadbent, E., Petrie, K. J., Main, J., & Weinman, J. (2006). The Brief Illness Perception Questionnaire. Journal of Psychosomatic Research, 60(6), 631–637. https://doi.org/10.1016/j.jpsychores.2005.10.020
  • Broadbent, E., Wilkes, C., Koschwanez, H., Weinman, J., Norton, S., & Petrie, K. J. (2015). A systematic review and meta-analysis of the Brief Illness Perception Questionnaire. Psychology & Health, 30(11), 1361–1385. https://doi.org/10.1080/08870446.2015.1070851
  • de Raaij, E. J., Schröder, C., Maissan, F. J., Pool, J. J., & Wittink, H. (2012). Cross-cultural adaptation and measurement properties of the Brief Illness Perception Questionnaire-Dutch Language Version. Manual Therapy, 17(4), 330–335. https://doi.org/10.1016/j.math.2012.03.001
  • Leventhal, H., Brissette, I., & Leventhal, E. A. (2003). The common-sense model of self-regulation of health and illness. In L. D. Cameron & H. Leventhal (Eds.), The self-regulation of health and illness behaviour (pp. 42–65). Routledge.
  • Leventhal, H., Meyer, D., & Nerenz, D. (1980). The common sense representation of illness danger. In S. Rachman (Ed.), Contributions to medical psychology (Vol. 2, pp. 7–30). Pergamon Press.
  • Moss-Morris, R., Weinman, J., Petrie, K. J., Horne, R., Cameron, L. D., & Buick, D. (2002). The Revised Illness Perception Questionnaire (IPQ-R). Psychology & Health, 17(1), 1–16. https://doi.org/10.1080/08870440290001494
  • Weinman, J., Petrie, K. J., Moss-Morris, R., & Horne, R. (1996). The Illness Perception Questionnaire: A new measure for assessing the cognitive representation of illness. Psychology & Health, 11(3), 431–445. https://doi.org/10.1080/08870449608400270

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: For the following questions, please circle the number that best corresponds to your views:
Response Scale: Items 1–8: 11-point continuous visual analogue scale (0 to 10) with item-specific anchors; Item 9: Open-ended qualitative causal item.
Scoring / Reverse Items: Items 1, 2, 5, 6, and 8 are scored directly (higher score = higher perception of illness threat). Items 3, 4, and 7 are reverse-scored (10 minus the item score) when computing an overall illness threat score, or each item can be assessed individually as representing a separate dimension of illness representation (Consequences, Timeline, Personal Control, Treatment Control, Identity, Concern, Understanding/Coherence, and Emotional Representation). Item 9 provides open-ended qualitative causal attributions.
1

How much does your illness affect your life? (0 = no affect at all, 10 = severely affects my life)
2

How long do you think your illness will continue? (0 = a very short time, 10 = forever)
3

How much control do you feel you have over your illness? (0 = absolutely no control, 10 = extreme amount of control)
4

How much do you think your treatment can help your illness? (0 = not at all, 10 = extremely helpful)
5

How much do you experience symptoms from your illness? (0 = no symptoms at all, 10 = many severe symptoms)
6

How concerned are you about your illness? (0 = not at all concerned, 10 = extremely concerned)
7

How well do you feel you understand your illness? (0 = don't understand at all, 10 = understand very clearly)
8

How much does your illness affect you emotionally? (e.g. does it make you angry, scared, upset or depressed?) (0 = not at all affected emotionally, 10 = extremely affected emotionally)
9

Please list in rank-order the three most important factors that you believe caused your illness. The most important causes for me: 1. _____, 2. _____, 3. _____
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Questionnaire bref de perception de la maladie / Questionnaire de perception de la maladie – Version courte / Questionnaire de perception de la maladie. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/brief-illness-perception-questionnaire-bipq/
Looti, Mohammed. “Questionnaire bref de perception de la maladie / Questionnaire de perception de la maladie – Version courte / Questionnaire de perception de la maladie.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/brief-illness-perception-questionnaire-bipq/.
Looti, Mohammed. “Questionnaire bref de perception de la maladie / Questionnaire de perception de la maladie – Version courte / Questionnaire de perception de la maladie.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/brief-illness-perception-questionnaire-bipq/.