Liste des symptômes borderline (BSL-23)

La Liste des symptômes borderline (BSL-23) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par Martin Bohus pour mesurer la sévérité des symptômes du trouble de la personnalité borderline. Découvrez son cadre théorique, sa validité, sa fidélité et ses items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

La Liste des symptômes borderline (BSL-23), ou Borderline Symptom List 23, est un instrument d’auto-évaluation psychométrique développé par Martin Bohus et ses collaborateurs en 2009 à l’Institut central pour la santé mentale de Mannheim. Conçue comme une version abrégée de l’outil original à 95 items (BSL-95 ; Bohus et al., 2007), la BSL-23 vise à quantifier de manière rapide, valide et sensible la sévérité globale de la symptomatologie spécifique éprouvée par les personnes présentant un trouble de la personnalité borderline (TPB) au cours de la semaine écoulée.

L’instrument est composé de 23 énoncés évaluant un spectre psychopathologique multidimensionnel résumé en un score général unidimensionnel, couvrant la dysrégulation émotionnelle, l’instabilité affective, les sentiments chroniques de vide, l’auto-dépréciation intense, la dépersonnalisation, les tensions internes intolérables et les conduites d’auto-agression ou pensées suicidaires. Les participants cotent chaque item sur une échelle ordinale de type Likert en cinq points, variant de 0 (« pas du tout ») à 4 (« très fortement »). Un score moyen compris entre 0,00 et 4,00 (ou un score total sommé de 0 à 92) est calculé pour les protocoles complétés à au moins 90 %.

Sur le plan métrologique, la BSL-23 affiche des propriétés psychométriques exceptionnelles : une consistance interne remarquable attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,935 et 0,969, une corrélation quasi parfaite avec l’échelle princeps BSL-95 (r compris entre 0,958 et 0,963), une excellente validité convergente avec les mesures d’anxiété, de dépression et de détresse psychologique générale, ainsi qu’une sensibilité avérée aux changements thérapeutiques induits par des approches spécialisées telles que la thérapie comportementale dialectique (TCD). Validée internationalement, notamment en langue française par Nicastro et ses collaborateurs (2016), la BSL-23 constitue aujourd’hui l’un des étalons-or pour le suivi longitudinal et l’évaluation des interventions empiriquement fondées dans le domaine des troubles de la personnalité.

2. Mots-clés / Keywords

Trouble de la personnalité borderline, BSL-23, Borderline Symptom List, évaluation psychométrique, dysrégulation émotionnelle, thérapie comportementale dialectique, suivi thérapeutique, auto-évaluation, validité factorielle, sensibilité au changement.

3. Auteurs / Authors

L’échelle abrégée BSL-23 a été développée et formalisée par une équipe multidisciplinaire de psychiatres, psychologues cliniciens et méthodologistes reconnus internationalement pour leurs travaux sur le trouble de la personnalité borderline :

  • Martin Bohus, MD : Directeur médical et scientifique du Département de psychiatrie psychosomatique et de psychothérapie à l’Institut central pour la santé mentale (Zentralinstitut für Seelische Gesundheit, ZI), Faculté de médecine de Mannheim, Université de Heidelberg, Mannheim, Allemagne. Pionnier de l’implantation de la thérapie comportementale dialectique en Europe.
  • Nikolaus Kleindienst, PhD : Biostatisticien et psychologue chercheur, Département de psychiatrie psychosomatique et de psychothérapie, Institut central pour la santé mentale, Mannheim, Allemagne. Spécialiste de la méthodologie quantitative et de la modélisation psychométrique.
  • Monika F. Limberger, PhD : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée au Département de psychologie clinique et de psychothérapie, Université de Bâle, Bâle, Suisse, et à l’Institut central pour la santé mentale de Mannheim.
  • Rolf-Dieter Stieglitz, PhD : Professeur émérite de psychologie clinique et de psychiatrie, Département de psychiatrie (UPK), Université de Bâle, Bâle, Suisse. Expert en diagnostic psychopathologique et en psychométrie clinique.
  • Melanie Domsalla, MSc : Chercheuse clinicienne, Institut central pour la santé mentale, Mannheim, Allemagne.
  • Alexander L. Chapman, PhD, RPsych : Professeur au Département de psychologie, Université Simon Fraser (SFU), Burnaby, Colombie-Britannique, Canada. Directeur du Personality and Emotion Regulation Laboratory (PERL).
  • Markus Wolf, PhD : Psychologue et chercheur, Département de psychothérapie générale, Hôpital universitaire de Heidelberg, Allemagne.

4. Objectif / Purpose

La création de la BSL-23 s’enracine dans un besoin clinique et méthodologique précis : disposer d’un instrument psychométrique standardisé qui saisit l’extrême complexité phénoménologique du trouble de la personnalité borderline sans imposer une charge cognitive et émotionnelle excessive aux personnes évaluées. L’échelle BSL-95 originale, conçue en 2007 auprès de 379 patients borderline, représentait déjà une avancée majeure par rapport aux instruments généraux comme le Symptom Checklist-90-Revised (SCL-90-R). Néanmoins, ses 95 items rendaient son administration hebdomadaire particulièrement fastidieuse et difficilement soutenable dans le cadre de suivis longitudinaux intensifs ou de protocoles ambulatoires fréquents.

L’objectif fondamental de la BSL-23 est donc de quantifier la sévérité actuelle des symptômes spécifiques du trouble borderline sur une période définie (les sept derniers jours) et de mesurer avec précision la trajectoire de changement symptomatique au fil du temps. Il convient de souligner avec rigueur que la BSL-23 n’est pas un outil de diagnostic catégoriel : elle n’a pas été conçue pour statuer sur la présence ou l’absence du trouble selon les critères du DSM-5 ou de la CIM-11, mais exclusivement pour évaluer l’intensité continue des états de souffrance et des manifestations dysfonctionnelles inhérentes au trouble.

Dans la pratique clinique courante, la BSL-23 remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Évaluation initiale de base (baseline) : dresser un profil d’intensité de la détresse du patient avant toute intervention, fournissant une cartographie précise des domaines symptomatiques les plus aigus (auto-haine, impulsivité autodestructrice, sentiments d’abandon, dissociation).
  • Monitoring hebdomadaire de processus : grâce à sa brièveté (durée de passation moyenne comprise entre 3 et 5 minutes), l’échelle peut être remplie avant chaque séance hebdomadaire, par exemple en thérapie comportementale dialectique (TCD) ou en psychothérapie focalisée sur le transfert (TFP), permettant au thérapeute d’adapter immédiatement ses cibles d’intervention aux fluctuations émotionnelles récentes.
  • Évaluation de l’efficacité thérapeutique : l’outil possède une grande sensibilité aux variations induites par les traitements pharmacologiques ou psychothérapeutiques, permettant d’objectiver les rémissions partielles, les plateaux de stagnation ou les rechutes aiguës.
  • Recherche translationnelle et essais contrôlés randomisés : la BSL-23 constitue une mesure standardisée d’efficacité principale ou secondaire plébiscitée dans les études cliniques internationales évaluant de nouveaux protocoles thérapeutiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par la BSL-23 reflète la structure psychopathologique centrale du trouble de la personnalité borderline, telle que modélisée par les critères diagnostiques modernes et les théories contemporaines de la personnalité. Bien que l’outil produise un score global unifié représentant la gravité générale du syndrome borderline, les 23 items couvrent de façon exhaustive plusieurs composantes phénoménologiques interconnectées :

Dysrégulation émotionnelle et labilité affective

Cette dimension capture l’incapacité fondamentale à moduler l’intensité et la cinétique des états affectifs. Les patients présentent une hyperréactivité aux déclencheurs interpersonnels, des montées émotionnelles fulgurantes et un retour extrêmement lent à la ligne de base. Dans l’échelle, cela s’exprime par une alternance brutale entre plusieurs affects aversifs (item 7 : « My mood rapidly fluctuated between anxiety, anger and depression ») et un sentiment profond de perte de contrôle émotionnel (item 8 : « I had no control over my feelings »).

Tension interne aversive et vulnérabilité physique

L’expérience subjective des personnes souffrant de trouble borderline est souvent dominée par un état d’activation neurovégétative intolérable et diffus, non canalisé par les mécanismes habituels de régulation. Ce sentiment permanent d’urgence interne se traduit cliniquement par des tensions musculaires et somatiques (item 4 : « I experienced physical tensions » ; item 20 : « I felt internal tension ») et une sensation omniprésente d’extrême vulnérabilité face aux agressions de l’environnement (item 6 : « I felt vulnerable »).

Altération profonde de l’identité et auto-dévalorisation toxique

Contrairement aux tableaux dépressifs classiques où l’estime de soi est simplement affaiblie, le trouble borderline se caractérise par des distorsions cognitives identitaires massives, marquées par le dégoût de soi, la honte corrosive et l’auto-haine destructrice. Les items 9 (« I hated myself »), 15 (« I felt like a failure »), 16 (« I felt ashamed of myself »), 19 (« I felt disgusted with myself »), 21 (« I couldn’t be trusted ») et 22 (« I felt worthless ») traduisent cette défaillance structurale de l’image de soi où le sujet se perçoit comme intrinsèquement mauvais, indigne de confiance et défaillant.

Hypersensibilité interpersonnelle et angoisse d’abandon

Le domaine des relations interpersonnelles chez le patient borderline est saturé par la peur phobique de la rupture du lien et des distorsions paranoïdes légères ou transitoires. L’isolement physique ou psychique déclenche des vécus catastrophiques de panique ou d’anéantissement (item 5 : « I felt lonely » ; item 12 : « I experienced distress when left alone »). Simultanément, la méfiance et le sentiment d’être jugé négativement sont constants (item 17 : « I thought that people disliked me » ; item 18 : « I thought others were criticizing me or looking down on me »).

Manifestations dissociatives et intrusions mnésiques

Sous l’effet d’un stress interpersonnel intense, le fonctionnement intégratif de la conscience s’altère fréquemment. La BSL-23 explore les ruptures attentionnelles et la rêverie intrusive (item 1 : « It was difficult for me to concentrate » ; item 3 : « I felt absent-minded / daydreamed / lost in thoughts »), la dépersonnalisation corporelle et l’étrangeté de soi (item 23 : « I felt distant from myself and my body »), ainsi que les reviviscences traumatiques douloureuses (item 13 : « I suffered from agonizing, bad memories »).

Comportements auto-dommageables et suicidabilité

Enfin, l’échelle saisit l’aboutissement comportemental et cognitif ultime de cette souffrance insupportable : l’impuissance radicale (item 2 : « I felt helpless » ; item 10 : « I felt terrified ») débouchant sur des pulsions d’automutilation non suicidaire utilisées comme mécanisme de régulation affectivo-somatique (item 11 : « I thought about hurting myself ») et sur des idéations suicidaires explicites (item 14 : « I thought about killing myself »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La BSL-23 repose sur une solide assise théorique contemporaine articulant le modèle neurobiologique du stress, la psychopathologie cognitive-comportementale et, tout particulièrement, la théorie biosociale du trouble de la personnalité borderline conceptualisée par Marsha M. Linehan (1993), créatrice de la thérapie comportementale dialectique (TCD).

Le modèle biosocial transactionnel de Linehan

Selon cette théorie, le trouble de la personnalité borderline émerge d’une transaction développementale dysfonctionnelle continue entre deux composantes primordiales :

  • Une vulnérabilité émotionnelle biologique innée : caractérisée par une sensibilité extrême aux stimuli émotionnels même mineurs, une réponse affective disproportionnée par son intensité subjective, et un retour particulièrement lent vers un état de calme physiologique.
  • Un environnement invalidant : caractérisé par un milieu social ou familial précoce qui rejette systématiquement l’expression des expériences intérieures de l’individu, les punit, les banalise ou les étiquette comme erronées et inacceptables. L’enfant ne parvient pas à développer la métacognition nécessaire pour nommer ses émotions, tolérer la détresse et réguler son activation.

Cette incapacité chronique à réguler les affects aboutit à une détresse psychologique extrême qualifiée par Bohus d’« aversive inner tension » (tension interne aversive intense). L’individu apprend alors à utiliser des stratégies désespérées de régulation d’urgence (automutilations, conduites à risque, décharges agressives, dissociation) qui fonctionnent comme des renforçateurs négatifs à court terme en interrompant momentanément la douleur mentale intolérable, mais au prix d’une désorganisation relationnelle et d’une auto-dépréciation accrues à long terme.

L’apport de Bohus et l’approche comportementale dialectique européenne

Martin Bohus et son équipe ont enrichi le modèle transactionnel en démontrant expérimentalement que la tension interne des patients borderline est couplée à des déficits neurocognitifs dans le traitement du feedback social, une altération de la perception de la douleur (analgésie induite par le stress) et une vulnérabilité aux états dissociatifs. Dans cette perspective, la BSL-23 a été méticuleusement conçue pour capturer les reflets immédiats de ces boucles de rétroaction émotionnelles et cognitives. En fournissant une photographie hebdomadaire de la détresse, l’instrument traduit empiriquement les postulats du modèle théorique : l’interdépendance étroite entre la souffrance affective, la désintégration identitaire et la propension aux comportements autodestructeurs.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la BSL-23 a fait l’objet d’investigations poussées dans de multiples échantillons cliniques et non cliniques, confirmant des qualités métrologiques remarquables à travers divers contextes culturels et linguistiques.

Validité convergente et discriminante

Dans l’étude princeps de Bohus et al. (2009), la BSL-23 a démontré une validité convergente très élevée avec la version intégrale BSL-95, les corrélations de Pearson oscillant entre r = 0,958 et r = 0,963, indiquant que la version courte préserve quasiment l’intégralité du contenu informatif de la version longue. De plus, des corrélations positives substantielles ont été établies avec des échelles mesurant des dimensions psychopathologiques connexes, telles que :

  • Le Beck Depression Inventory (BDI) : corrélations comprises généralement entre r = 0,70 et r = 0,84, reflétant le chevauchement émotionnel important entre dépression majeure et TPB.
  • Le State-Trait Anxiety Inventory (STAI) : r > 0,65, attestant de la présence massive d’anxiété diffuse chez ces patients.
  • Le Symptom Checklist-90-Revised (SCL-90-R), notamment l’indice de sévérité globale (GSI) : r avoisinant 0,80.

Concernant la validité discriminante, la BSL-23 différencie de façon statistiquement significative et avec de fortes tailles d’effet (d de Cohen souvent supérieurs à 1,50) les patients présentant un trouble borderline avéré d’individus témoins sains, mais également de patients souffrant d’autres troubles psychiatriques de l’Axe I (dépression unipolaire, troubles anxieux, schizophrénie) ou d’autres troubles de la personnalité de l’Axe II (Bohus et al., 2009 ; Nicastro et al., 2016).

Validité transculturelle et validation francophone

La validation de la version française menée par Nicastro, Prada, Kung et leurs collaborateurs (2016) au sein des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) a confirmé la robustesse de ces résultats. Dans une cohorte de patients borderline francophones comparée à des groupes contrôles cliniques (troubles de l’humeur, TDAH) et sains, la version française a reproduit la structure unidimensionnelle, avec des corrélations convergentes robustes et une excellente capacité de discrimination clinique. Des résultats similaires ont été observés pour la version espagnole (Soler et al., 2013).

Sensibilité au changement thérapeutique

L’une des propriétés les plus documentées de la BSL-23 est sa sensibilité au changement (responsiveness). L’échelle est capable de détecter des améliorations cliniques significatives dès quelques semaines de thérapie. Les indices de taille d’effet de réponse (standardized response mean, SRM) et de changement fiable (Reliable Change Index, RCI) calculés dans les essais cliniques montrent que les diminutions de score BSL-23 corrèlent étroitement avec la réduction des gestes suicidaires, la diminution des visites aux urgences et l’amélioration de la qualité de vie globale (Kleindienst et al., 2020).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la BSL-23 est l’un de ses atouts méthodologiques les plus robustes, démontrant une homogénéité des items et une stabilité de mesure de premier plan.

Consistance interne

Dans l’ensemble des études de réplication, la consistance interne de la BSL-23 atteint des niveaux exceptionnels. Dans l’échantillon princeps de validation (Bohus et al., 2009), le coefficient alpha de Cronbach s’est établi dans une fourchette allant de 0,935 à 0,969 selon les sous-groupes cliniques considérés. Dans la validation francophone de Nicastro et al. (2016), l’alpha de Cronbach était de 0,94, confirmant une cohérence interne identique à travers les langues. Le coefficient oméga de McDonald (ω), souvent supérieur à 0,94, corrobore le fait que la variance commune des items est très majoritairement attribuable au construit latent ciblé.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée dans des conditions méthodologiques rigoureuses. En raison de la fluctuation rapide propre aux symptômes du trouble borderline, l’intervalle de retest doit être soigneusement calibré pour distinguer l’instabilité de l’outil du changement clinique réel :

  • Sur un court intervalle (par exemple 24 à 48 heures sans intervention thérapeutique active), les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou de Pearson dépassent régulièrement r = 0,82 à 0,89, attestant d’une excellente stabilité à court terme.
  • Sur un intervalle d’une à deux semaines chez des patients en phase stable, la corrélation test-retest se maintient autour de r = 0,75 à 0,84.

Ces données démontrent que l’instrument capture fidèlement un trait-état caractéristique : suffisamment stable pour refléter la gravité du trouble, mais suffisamment ductile pour enregistrer les modulations cliniques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de la BSL-23 a fait l’objet de discussions méthodologiques approfondies lors de la transition de la BSL-95 vers la BSL-23.

Processus de réduction d’items et Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Pour dériver les 23 items à partir des 95 items initiaux, Bohus et al. (2009) ont combiné des critères statistiques stricts et une expertise clinique qualitative :

  1. Sélection des items présentant les saturations factorielles les plus élevées sur le premier facteur général non tourné issu de l’AFE de la BSL-95.
  2. Conservation d’une sensibilité maximale au changement clinique dans des protocoles de traitement empiriquement validés.
  3. Maintien d’une représentativité clinique équilibrée couvrant l’ensemble des critères diagnostiques du trouble borderline sans redondance sémantique excessive.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Lors de l’application de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) aux données de la BSL-23, les indices d’ajustement soutiennent très majoritairement une solution unidimensionnelle (un facteur général unique de « sévérité des symptômes borderline ») :

  • Dans l’étude princeps, le ratio χ²/df, l’indice de Tucker-Lewis (TLI > 0,90) et le Comparative Fit Index (CFI > 0,92) ont validé l’adéquation d’un modèle à un seul facteur général latent.
  • La valeur du Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) se situe généralement entre 0,055 et 0,078, ce qui représente un ajustement statistique satisfaisant à acceptable selon les standards méthodologiques conventionnels.
  • L’ensemble des saturations factorielles standardisées (λ) des 23 items sur le facteur latent central est particulièrement élevé, la grande majorité oscillant entre 0,60 et 0,85, ne laissant aucun item marginal ou sous-performant.

Bien que certains chercheurs aient testé des modèles hiérarchiques ou bifactoriels (isolant des sous-dimensions spécifiques telles que l’auto-dépréciation ou l’instabilité affective aux côtés d’un facteur général), le modèle unidimensionnel unifié reste le plus parcimonieux et le plus recommandé tant sur le plan pratique que théorique pour le calcul du score global.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire structuré, rapide et standardisé, destiné à des adolescents (à partir de 14-16 ans selon les adaptations) et des adultes :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (self-report inventory).
  • Période de référence temporelle : La semaine écoulée (les 7 derniers jours).
  • Nombre d’items : 23 items principaux (un item visuel analogique global de 0 % à 100 % sur l’état général de bien-être est parfois adjoint de façon complémentaire dans certaines versions, de même qu’une liste de comportements dysfonctionnels concrets, mais le cœur psychométrique réside dans les 23 items obligatoires).
  • Format de réponse (Échelle ordinale de Likert à 5 points) :
    • 0 = Pas du tout (not at all)
    • 1 = Un peu (a little)
    • 2 = Moyennement / Assez (rather)
    • 3 = Beaucoup (much)
    • 4 = Très fortement (very strong)
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Règle de complétion minimale : Au moins 90 % des items doivent avoir été renseignés par le sujet pour que le score soit jugé valide et interprétable (soit au minimum 21 items répondus sur 23) (Mannheim, 2007).
    • Calcul du score moyen (Standard international) : Le score global recommandé s’obtient en divisant la somme arithmétique des items complétés par le nombre total d’items répondus. Ce score moyen varie donc de 0,00 à 4,00. Ce format permet une comparabilité directe avec l’échelle princeps BSL-95.
    • Calcul du score total sommé : Alternativement, la somme simple des 23 items peut être utilisée, variant de 0 à 92.
    • Inversion d’items : Aucun item n’est inversé (aucun score n’est codé de manière récursive) ; tous les items sont cotés positivement en direction de la gravité psychopathologique.
  • Repères cliniques d’interprétation (seuils indicatifs moyens) :
    • 0,00 à 0,99 : Niveau faible / rémission symptomatique clinique.
    • 1,00 à 1,99 : Sévérité légère à modérée.
    • 2,00 à 2,99 : Sévérité modérée à élevée (score typique d’une patientèle TPB en ambulatoire).
    • 3,00 à 4,00 : Sévérité extrême (souvent observée lors d’hospitalisations en phase de crise aiguë).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2009 pour la version abrégée BSL-23 (l’instrument princeps BSL-95 datant de 2007).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le test est la propriété intellectuelle des auteurs (Martin Bohus et ses collaborateurs) et du Zentralinstitut für Seelische Gesundheit (Institut central pour la santé mentale de Mannheim, Allemagne).
  • Accès et tarification : La BSL-23 est mise à disposition gratuitement pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et la pratique clinique non commerciale. Les formulaires officiels (dans de nombreuses traductions linguistiques : allemand, anglais, français, espagnol, italien, etc.) ainsi que les guides de cotation sont téléchargeables librement sur le portail scientifique du ZI Mannheim.
  • Usage commercial : Toute intégration dans une application payante, un système informatique propriétaire à visée lucrative ou un protocole d’évaluation sponsorisé par l’industrie pharmaceutique nécessite une autorisation écrite formelle et un accord de licence auprès des auteurs ou du ZI Mannheim.

12. Références / References

  • Bohus, M., Kleindienst, N., Limberger, M. F., Stieglitz, R.-D., Domsalla, M., Chapman, A. L., Steil, R., Philipsen, A., & Wolf, M. (2009). The short version of the Borderline Symptom List (BSL-23): Development and initial data on psychometric properties. Psychopathology, 42(1), 32–39. https://doi.org/10.1159/000173701
  • Bohus, M., Limberger, M. F., Frank, U., Chapman, A. L., Kühler, T., & Stieglitz, R.-D. (2007). Psychometric properties of the Borderline Symptom List (BSL). Psychopathology, 40(2), 126–132. https://doi.org/10.1159/000098493
  • Kleindienst, N., Kockler, T. D., Ebner-Priemer, U. W., Linehan, M. M., & Bohus, M. (2020). Validation of the Borderline Symptom List short form (BSL-23) in a longitudinal clinical trial. Journal of Personality Disorders, 34(4), 543–558. https://doi.org/10.1521/pedi_2019_33_414
  • Linehan, M. M. (1993). Cognitive-behavioral treatment of borderline personality disorder. Guilford Press.
  • Mannheim, P. Z. (2007). Borderline Symptom List 23 (BSL-23) Analysis Information. Zentralinstitut für Seelische Gesundheit. https://www.zi-mannheim.de/fileadmin/user_upload/downloads/forschung/PSM_downloads/BSL_23_english_scoring_06_2007.pdf
  • Nicastro, R., Prada, P., Kung, A.-L., Salamin, V., Dayer, A., Aubry, J.-M., Pham, E., & Perroud, N. (2016). Psychometric properties of the French borderline symptom list, short form (BSL-23). Borderline Personality Disorder and Emotion Dysregulation, 3(1), Article 4. https://doi.org/10.1186/s40479-016-0038-0
  • Soler, J., Vega, D., Feliu-Soler, A., Trujols, J., Soto, Á., Elices, M., Soriano, J., Álvarez, E., Pérez, V., & Pascual, J. C. (2013). Validation of the Spanish version of the borderline symptom list, short form (BSL-23). BMC Psychiatry, 13, Article 139. https://doi.org/10.1186/1471-244X-13-139

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instruction & Response Scale:

Please rate your symptoms during the past week using the following response format:
0 = not at all  | 
1 = a little  | 
2 = rather  | 
3 = much  | 
4 = very strong

  1. It was difficult for me to concentrate.
  2. I felt helpless.
  3. I felt absent-minded / daydreamed / lost in thoughts.
  4. I experienced physical tensions.
  5. I felt lonely.
  6. I felt vulnerable.
  7. My mood rapidly fluctuated between anxiety, anger and depression.
  8. I had no control over my feelings.
  9. I hated myself.
  10. I felt terrified.
  11. I thought about hurting myself.
  12. I experienced distress when left alone.
  13. I suffered from agonizing, bad memories.
  14. I thought about killing myself.
  15. I felt like a failure.
  16. I felt ashamed of myself.
  17. I thought that people disliked me.
  18. I thought others were criticizing me or looking down on me.
  19. I felt disgusted with myself.
  20. I felt internal tension.
  21. I couldn’t be trusted.
  22. I felt worthless.
  23. I felt distant from myself and my body.
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Looti, M. (2026, septembre 30). Liste des symptômes borderline (BSL-23). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/borderline-symptom-list-bsl-23/
Looti, Mohammed. “Liste des symptômes borderline (BSL-23).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/borderline-symptom-list-bsl-23/.
Looti, Mohammed. “Liste des symptômes borderline (BSL-23).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/borderline-symptom-list-bsl-23/.